23/01/2004
Communiqué de presse
CS/2619



Conseil de sécurité

4899e séance – matin


POUR DE NOMBREUSES DELEGATIONS, L’ADOPTION DE STRATEGIES INTEGREES ET LE RENFORCEMENT DES CAPACITES DE LA CEDEAO CONTRIBUERAIENT A INSTAURER LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST


Le Conseil de sécurité a entendu ce matin de nombreuses délégations dans le cadre de son débat sur les progrès accomplis dans l’application des recommandations de sa mission en Afrique de l’Ouest, qui ont été présentés par le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, M. Tuliameni Kalomoh


Prenant la parole au cours de ce débat, le représentant du Ghana, qui s’exprimait au nom des 15 pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a déclaré que beaucoup d’efforts restaient à accomplir pour que la paix et la sécurité règnent dans cette région.  Reprenant certaines des inquiétudes exprimées par le Secrétaire général, le représentant a noté que la Guinée-Bissau avait besoin de ressources supplémentaires et d’un soutien accru du Conseil et du Groupe consultatif de l’ECOSOC, pour assurer le succès du processus de retour à la vie constitutionnelle qui y a été engagé.  Concernant le Libéria, il a émis le vœu que tous les effectifs de la Mission des Nations Unies, qui y opère en ce moment, soient rapidement déployés.  A l’instar de nombreuses délégations, il a dit que la CEDEAO attendait beaucoup de la conférence des donateurs pour la reconstruction du Libéria qui aura lieu au Siège de l’ONU, les 5 et 6 février prochain.  Exprimant ensuite un point de vue partagé par toutes les délégations, il a souhaité un renforcement des capacités humaines, techniques et financières de la CEDEAO pour lui permettre de mieux agir.


Abondant dans le même sens que le représentant de la France, les délégations du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Chili et de la Roumanie ont exprimé leur soutien à la pleine mise en œuvre des termes de l’Accord de Linas-Marcoussis, qui seule, à leurs yeux, peut permettre le retour de la paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire.  Le processus de paix a enregistré des progrès majeurs depuis le mois de décembre, a constaté le représentant de la France, avec notamment le retour des ministres des Forces nouvelles au gouvernement, le cantonnement des armes lourdes, le règlement de la question du mandat du Premier Ministre et l’examen des principaux textes, conformément à l’Accord de Marcoussis.  Les principales étapes à franchir sont encore à venir, a-t-il toutefois noté, soulignant la nécessité pour l’ONU de s’engager fermement en Côte d’Ivoire.


La transformation de l’actuelle Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (MINUCI), qui est recommandée dans le rapport du Secrétaire général présenté par le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, a été demandée par de nombreuses délégations dont celles de la France, de l’Algérie, de l’Egypte, des Philippines, du Bénin, de l’Angola, de la Syrie et de la Chine.  Tout en étant en faveur des opérations de maintien de la paix, le représentant du Japon a souhaité que les propositions concernant une opération en Côte d’Ivoire fassent l’objet d’un débat incluant les Etats non membres du Conseil de sécurité qui participent, comme son pays, au financement du maintien de la paix.  Il faudrait en outre, a-t-il ajouté, inclure dans le mandat de ces opérations des stratégies de sortie claires et respectant un calendrier précis.


Le développement et la mise en œuvre de stratégies de règlement de conflits et de rétablissement de la paix de type régional et multidimensionnel ayant été proposé par le Secrétaire général, les délégations ont été unanimes à reconnaître que ce genre de démarche pouvait permettre de contrer l’impact négatif de certains phénomènes transfrontières -comme le mercenariat, les trafics d’armes, l’exploitation illégale de ressources naturelles et le recrutement d’enfants soldats- sur les efforts de règlement des conflits d’Afrique de l’Ouest.  Tant qu’on ne met pas fin au conflit du Libéria, il sera difficile de faire régner la paix en Côte d’Ivoire ou en Sierra Leone, a fait remarquer le représentant de la France.


MISSION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ


Rapport du Secrétaire général sur les progrès accomplis dans l’application des recommandations de la mission du Conseil de sécurité en Afrique de l’Ouest (S/2003/1147)


Le rapport du Secrétaire général, soumis pour faire suite à la déclaration du Président du Conseil de sécurité datée du 25 juillet 2003, donne un aperçu des dispositions prises ou envisagées en vue d’appliquer les recommandations de la mission du Conseil de sécurité concernant la Guinée-Bissau, la Côte d’Ivoire, le Libéria et la Sierra Leone.  Il contient également une évaluation préliminaire des moyens concrets mis en œuvre pour répondre aux problèmes intéressant l’ensemble de la sous-région recensés par la mission.  Le rapport aborde les questions par pays et, s’agissant de la Guinée-Bissau, il couvre la préparation des élections législatives -initialement prévues le 12 octobre 2003 mais reportées, à la suite du coup d’Etat militaire du 14 septembre, au 28 mars 2004 au plus tard; et évoque la poursuite de la collaboration entre le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social dans le domaine de la consolidation de la paix après les conflits et l’appui des donateurs au processus électoral. 


Pour ce qui est de la Côte d’Ivoire, le rapport rappelle que la mission du Conseil de sécurité a engagé vivement le Président, le Gouvernement et ses partisans et toutes les parties à l’Accord de Linas-Marcoussis à prendre les dispositions nécessaires pour que le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion puisse se poursuivre comme prévu.  Par ailleurs, conformément aux recommandations de la mission du Conseil de sécurité, le rapport du Secrétaire général aborde la question de la nomination des ministres de la défense et de la sécurité nationale, annoncée le 12 septembre 2003 par le Président Laurent Gbagbo mais rejetée par les Forces nouvelles au motif que le Gouvernement n’avait pas suivi la procédure prévue dans l’Accord d’Accra II du 8 mars 2003.  Les questions de sécurité des acteurs politiques et d’amnistie sont également évoquées dans ce rapport qui aborde en outre le développement de l’administration sur l’ensemble du territoire national et l’accélération du processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, ainsi que le démantèlement des milices et la cessation des activités de mercenaires.  S’agissant du renforcement des effectifs de la MINUCI, le Secrétaire général indique que les procédures administratives et budgétaires nécessaires sont en cours pour renforcer ces effectifs en particulier, grâce à l’affectation des spécialistes des questions politiques et des droits de l’homme dont le détachement a été autorisé. 


Abordant ensuite la situation au Libéria, le Secrétaire général rappelle que les recommandations de la mission du Conseil de sécurité portaient, entre autres, sur les éléments suivants: l’application stricte du cessez-le-feu afin de créer un climat de sécurité suffisamment stable pour permettre la reprise des activités humanitaires dans le pays et la résolution du conflit sur la base d’un accord négocié; l’autorisation d’une force internationale de stabilisation; la fourniture rapide d’un appui financier ou logistique à la CEDEAO et à ses Etats membres pour faciliter le déploiement d’une force de stabilisation; une réponse urgente de la communauté des donateurs aux besoins humanitaires les plus pressants de la population libérienne.  Il examine ensuite l’application de l’accord de cessez-le-feu; les préparatifs en vue du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion -un plan d’action prévoyant le désarmement, la démobilisation et la réinsertion de 38 000 combattants, dont 8 000 enfants soldats et 1 000 femmes, a été mis au point; la stabilisation du Libéria– par le biais de la MINUL déployée depuis le 1er octobre 2003; le suivi de l’application de l’accord de cessez-le-feu; le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme.  Pour ce qui est de la réponse des donateurs aux besoins humanitaires urgents de la population libérienne, le Secrétaire général indique que, de manière générale, les donateurs ont bien réagi à l’appel lancé par le Conseil de sécurité, les Etats-Unis ayant par exemple donné plus de 400 millions de dollars pour financer plusieurs activités sur le terrain.  Enfin, il rappelle que sur recommandation de la mission du Conseil de sécurité, il a nommé un Représentant spécial pour le Libéria, M. Jacques Klein, dont le mandat consistait initialement à coordonner les opérations du système des Nations Unies dans le pays et à soutenir les nouvelles mesures transitoires.  M. Klein est maintenant le chef de la MINUL et est assisté de deux adjoints qui sont notamment chargés de veiller à ce que les activités de maintien et de consolidation de la paix soient étroitement coordonnées avec les programmes de développement et les programmes humanitaires.


Le rapport couvre aussi la situation en Sierra Leone et insiste tout particulièrement sur les efforts déployés par le Gouvernement pour renforcer les capacités des forces armées et de la police sierra-léonaises; sur les liens entre l’établissement de la paix au Libéria et la consolidation de la paix en Sierra Leone et dans la sous-région de l’Union du fleuve Mano; sur l’évaluation du programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion; sur les enseignements tirés de la coordination des opérations de maintien et de consolidation de la paix, de l’action humanitaire et des efforts de développement; sur la contribution des femmes au rétablissement et à la consolidation de la paix; sur le contrôle des zones diamantifères; sur l’appui apporté par les donateurs au Tribunal spécial et à la Commission vérité et réconciliation -les contributions volontaires pour le Tribunal spécial se sont élevées à 16 689 569 dollars pour la première année et à 21 478 915 dollars la seconde année; sur l’organisation des élections locales et l’assistance de l’ONU. 


Le rapport évoque ensuite des questions intéressant l’ensemble de la sous-région ouest africaine, notamment l’intensification de la coopération avec la CEDEAO et le renforcement de ses capacités; le renforcement du Moratoire sur les armes légères en Afrique de l’Ouest; le renforcement du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, la mobilisation d’un appui en faveur de la réactivation de l’Union du fleuve Mano; l’appui des donateurs à la réforme du secteur de la sécurité; ou encore la lutte contre l’emploi de mercenaires et d’enfants soldats; la protection des enfants et des femmes contre la violence et l’exploitation sexuelles. 


Des ses conclusions, le Secrétaire général note que des progrès appréciables ont été réalisés dans l’application des recommandations de la mission du Conseil de sécurité en ce qui concerne la Sierra Leone et le Libéria.  Dans le cas de la Guinée-Bissau et de la Côte d’Ivoire, on espère que les initiatives récemment prises par la CEDEAO et d’autres acteurs internationaux aideront ces deux pays à prendre les mesures nécessaires pour rétablir durablement la paix et la stabilité, indique-t-il ensuite.  Des mesures encourageantes ont par ailleurs été prises pour tenter de régler les questions qui intéressent l’ensemble de la région.  Toutefois, les efforts déployés pour stabiliser la sous-région de l’Afrique de l’Ouest et promouvoir le développement et la bonne gouvernance continuent de se heurter à plusieurs obstacles.  A ce titre, le Secrétaire général appelle les parties ivoiriennes à s’attacher de nouveau à appliquer effectivement et intégralement l’Accord de Linas-Marcoussis, notamment pour permettre au Gouvernement de réconciliation nationale de fonctionner avec la participation de tous les signataires.  La stabilisation du Libéria reste une entreprise difficile dont le succès dépendra de la rapidité avec laquelle pourront être mobilisées et déployées dans l’ensemble du pays les troupes nécessaires, surtout à un moment où la MINUL s’engage dans cette phase cruciale du processus de paix que constituent le désarmement et la démobilisation des combattants, note-t-il ensuite, avant d’indiquer, concernant la Sierra Leone, qu’il reste beaucoup à faire pour garantir que le retrait progressif et programmé de la MINUSIL continuera d’être modulé en fonction de la capacité du Gouvernement à assumer la responsabilité principale qui est la sienne en matière de sécurité intérieure et extérieure, à exercer un contrôle plus efficace sur les richesses naturelles du pays et à étendre l’administration civile à l’ensemble du territoire. 


Déclaration


M. TULIAMENI KALOMOH, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, a déclaré que le rapport du Secrétaire général contient une évaluation initiale de la manière dont les problèmes que rencontrent un certain nombre de pays d’Afrique de l’Ouest peuvent être résolus.  En Guinée-Bissau, le gouvernement de transition a pris l’engagement de rétablir la légitimité constitutionnelle.  Des élections présidentielles et législatives auront lieu dans ce pays en 2005.  Concernant les élections législatives, les ressources nécessaires à leur organisation sont disponibles.  S’agissant de la Côte d’Ivoire, la mise en œuvre de l’Accord de Linas-Marcoussis continue de faire face à des obstacles du fait des parties qui refusent encore d’appliquer tous ses termes.  Des progrès ont cependant été accomplis.  Les ministres des Forces nouvelles ont repris leur place au Gouvernement, et le processus de paix a repris.  Le rôle de la CEDEAO a été positif, et le rapport se félicite que le Conseil de sécurité soit en train d’examiner la possibilité d’adopter une résolution créant une mission de la paix des Nations Unies.  Quant au Libéria, nous savons que la MINUL n’a pas encore tous ses effectifs.  C’est pourquoi, le rapport demande aux pays qui ont promis d’envoyer des contingents de le faire le plus tôt possible.  Une fois opérationnelle, la MINUL permettra l’envoi de secours humanitaires aux populations dans le besoin.  Une conférence des donateurs pour la reconstruction du Libéria est prévue d’ici le 6 février prochain.


Pour ce qui est de la MINUSIL, le Conseil a décidé qu’il fallait envoyer une mission d’évaluation en Sierra Leone afin de déterminer les besoins de ce pays après le retrait de la Mission.  Des questions transversales continuent de créer une certaine instabilité en Afrique de l’Ouest.  Le Secrétaire général poursuit les consultations, en vue de trouver des solutions aux problèmes transfrontaliers qui sont sources de tension et de dangers.  Dans les semaines qui viennent, le Secrétaire général fera des recommandations, demandant aux membres du Conseil de soutenir des actions qui permettraient à l’Afrique de l’Ouest de ne pas sombrer de nouveau dans le chaos.


M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) s’est félicité des changements intervenus en Afrique de l’Ouest en soulignant la nécessité pour le Conseil de sécurité de rester engagé dans son appui aux «solutions africaines».  Parlant de l’approche régionale encouragée par le Conseil, le représentant a jugé qu’elle doit surtout viser à traiter les problèmes transfrontières tels que ceux liés au mercenariat et à l’imposition de régimes de sanctions régionaux pour lutter contre ce phénomène.  Toujours au titre de cette approche régionale, le représentant s’est dit heureux de la désignation d’un Représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest qui a organisé depuis une série de réunions de consultations très utiles.  Il s’est aussi félicité des initiatives prises par le Département des opérations de maintien de la paix.  Le représentant a en outre jugé que l’approche régionale doit permettre au Conseil d’établir des ponts avec les organisations régionales.  Il a ensuite passé en revue les défis qui restent à relever dans chaque pays concerné de l’Afrique de l’Ouest avant de préconiser, en toutes choses, une démarche cohérente sur les trois fronts de la Côte d’Ivoire, du Libéria et de la Sierra Leone. 


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a dit que l’Afrique de l’Ouest se trouvait à un tournant crucial.  Le Conseil doit s’engager dans une approche régionale, dans cette région où la situation a évolué dans le bon sens depuis la dernière mission du Conseil.  Au Libéria, la MINUL, qui compte en ce moment 9 000 hommes et en aura à terme 13 000, est en train de changer la donne sur le terrain.  Il en est de même en Sierra Leone, le pays semblant être sur la bonne voie.  En Guinée-Bissau, les bases de la bonne gouvernance semblent avoir été jetées.  En Côte d’Ivoire, des avancées positives se sont produites depuis le mois de décembre, et les consultations menées au sein du Conseil ont constaté qu’il y avait une dynamique qu’il fallait soutenir.


Au Libéria, la reconstruction est une tâche immense qui demandera d’importantes ressources, et la conférence des donateurs des 5 et 6 février prochain sera importante.  Mais nous savons que certaines parties s’opposent déjà à cette perspective, des bandes armées trouvant refuge en Côte d’Ivoire.  La stabilité de la Sierra Leone continue, elle aussi de dépendre de l’évolution de la situation au Libéria.  La Côte d’Ivoire ne pourra continuer d’aller de l’avant sans un engagement substantiel des Nations Unies.  La France espère que le Conseil sera bientôt en mesure d’adopter le projet de résolution créant une opération des Nations Unies dans ce pays.   Nous nous réjouissons des résultats obtenus par la mission conduite par l’Ambassadeur Jeremy Greenstock l’an dernier et qui avait permis d’imprimer une stratégie régionale dans le règlement des crises de la région.  La France pense qu’il faut appuyer les efforts et la participation de la CEDEAO qui, malheureusement, a atteint les limites de ses capacités matérielles.  La France estime que la communauté internationale devrait fournir à la CEDEAO des moyens et aider les Africains à mettre en œuvre leurs engagements, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre du Moratoire des pays de la région sur les armes et les munitions.  L’ordre du jour du Conseil a compté un certain nombre de points concernant l’Afrique de l’Ouest, et nous sommes convaincus qu’il en sera de même en 2004.


M. JOEL WASSI ADECHI (Bénin) a estimé que dans la région de l’Afrique de l’Ouest, la dynamique pour une paix durable passe par le renforcement de la capacité de la CEDEAO à rétablir la paix et la stabilité dans la sous-région.  La dynamique pour une paix durable passe aussi par l’édification d’alliances de paix et de coopération à l’échelle de la coordination transfrontalière des groupes armés non étatiques.  Le représentant a ensuite décrit les conditions préalables au rétablissement de la paix.  Au plan interne, il a cité la volonté des parties de faire la paix, le rétablissement entre elles de la confiance et du dialogue.  Au plan externe, il a qualifié d’important le soutien militaire, financier et humanitaire.  C’est à ce stade, a-t-il dit, que le Conseil doit se sentir interpellé.  Une trêve, un cessez-le-feu, un accord de paix ne valent que par leur mise en œuvre effective.  Un défi important est lancé au Conseil, celui de consolider la dynamique de paix en Côte d’Ivoire en accompagnant de manière adéquate, au plan logistique et financier, le processus de désarmement et de démobilisation en cours, en déployant rapidement des troupes onusiennes pour le maintien de la paix, afin de rétablir et renforcer la confiance et de favoriser le retour à l’état de droit, a conclu le représentant.


M. GÜNTER PLEUGER (Allemagne) a déclaré que l’approche régionale préconisée par le rapport exige la mise en place d’une stratégie multidimensionnelle.  De nombreuses questions transfrontalières affectent l’Afrique de l’Ouest, et tant qu’elles ne seront pas résolues, cette stratégie ne pourra avoir de succès.  Seule une approche coordonnée permettant de bien utiliser les ressources disponibles pourra permettre d’obtenir de bons résultats.  L’Allemagne soutient le renforcement de l’appui apporté à la CEDEAO.  La communauté internationale doit lui apporter l’appui technique et matériel dont elle a besoin.  Les missions de maintien de la paix de l’ONU dans la région doivent développer une coopération cohérente qui leur permettrait de résoudre les questions transversales.  Le dialogue politique devrait être revitalisé au sein de l’Union du fleuve Mano.  Au niveau administratif, le secrétariat de cette institution devrait être renforcé.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a souligné que les observations du Secrétaire général sur les questions transfrontières confortent sa délégation dans sa conviction sur la nécessité d’inscrire désormais les efforts dans le cadre d’une stratégie sous-régionale.  Ces observations, a-t-il tranché, montrent que la communauté internationale n’a pas seulement manqué de volonté politique pour régler durablement «la guerre régionale du fleuve Mano» mais également d’un cadre d’action global intégré et cohérent.  A condition que la volonté politique existe, a estimé le représentant, la communauté internationale dispose de tous les éléments pour définir un cadre d’action pour la prévention et la consolidation de la paix au niveau de cette région.  Après avoir souligné la nécessité d’une coopération entre le Conseil et les organisations régionales, le représentant a constaté que l’aide fournie à la CEDEAO n’est pas à la mesure des sacrifices qu’elle consent «en notre nom à tous».  Il a ensuite estimé que l’approche régionale doit aussi reposer sur le renforcement de la concertation et de la coordination entre tous les organes du système des Nations Unies.  Les missions conjointes Conseil de sécurité-Conseil économique et social, une plus grande association des institutions de Bretton Woods sont pertinentes, a-t-il insisté, tant il est évident qu’une paix durable a besoin d’un développement économique tout aussi durable.  Il a ainsi reproché à la communauté internationale d’investir des ressources considérables pour le rétablissement et le maintien de la paix mais de rechigner à financer des projets socioéconomiques, pourtant, moins coûteux mais néanmoins indispensables, pour enraciner définitivement la paix et la stabilité dans les pays sortant des conflits.  Le Conseil, a-t-il conclu, doit se doter d’une doctrine concernant l’approche sous-régionale qui soit claire et orientée vers l’action.  Le représentant a invité les membres du Conseil d’envisager de confier au Groupe de travail ad hoc sur le règlement et la prévention des conflits en Afrique le soin d’examiner cette question et faire des propositions. 


M. LAURO L. BAJA (Philippines) a déclaré que les Africains avaient déployé beaucoup d’efforts pour résoudre les conflits qui les affectent.  L’Afrique doit continuer à s’examiner elle-même bien au-delà de son passé colonial, comme l’a dit le Secrétaire général.  Malgré leurs différences politiques ou culturelles, les pays de la CEDEAO, créée il y a 29 ans, ont pu contribuer au règlement de nombreux conflits dans leur région.  Mais les questions transfrontières continuent de poser problème à la CEDEAO et à la région, et notre pays soutient une assistance internationale accrue à la CEDEAO.  Les Philippines soutiennent le point de vue de la France sur cette question.  Nous sommes prêts à entériner la proposition visant la création d’une opération de maintien de la paix onusienne en Côte d’ivoire.  Notre pays a un contingent au Libéria, et nous comptons contribuer à la conférence des donateurs qui aura lieu les 5 e 6 février prochain, a indiqué le représentant.  


M. MIHNEA MOTOC (Roumanie) a estimé qu’une réponse durable à l’instabilité qui continue de menacer et de compromettre la paix en Afrique de l’Ouest, exige un traitement adéquat des questions transfrontières, et partant, une approche régionale intégrée.  Le représentant a donc jugé que le Bureau de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest doit avoir la responsabilité de la coordination, au niveau régional, des activités de toutes les institutions des Nations Unies.  Le Moratoire sur les armes légères de la CEDEAO, a-t-il fait remarquer, doit être envisagé sous l’angle de son interaction avec les mesures prises au niveau international.  Le représentant est allé plus loin.  Il a proposé que le Bureau de l’ONU aille au-delà de son rôle de coordination et fournisse des idées et des suggestions sur les solutions à apporter aux questions régionales.  Le représentant a conclu en attirant l’attention du Conseil sur l’examen par l’Union européenne d’une stratégie régionale pour l’Afrique de l’Ouest qui devrait se concentrer sur la prévention et le règlement des conflits, y compris la mise sur pied d’un partenariat spécial avec la CEDEAO.  Le but ultime de tous ces efforts, a insisté le représentant, doit être d’aider les pays de la région à mettre en œuvre eux-mêmes des mesures d’établissement de la confiance tant au niveau politique qu’au niveau économique.  Rien n’est plus important que l’appropriation nationale, a-t-il dit.


M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a déclaré qu’il fallait accorder une attention particulière au retrait programmé de la MINUSIL de Sierra Leone.  On ne doit pas laisser un vide s’instaurer après ce retrait.  Le Brésil présidera un groupe de travail sur la question, et nous comptons nous assurer qu’il n’y aura pas de vide sécuritaire dans le pays après le retrait des troupes de la MINUSIL.  Le cas de la Guinée-Bissau nous tient à cœur, ce pays faisant partie de la communauté des Etats lusophones.  Nous demandons que la communauté internationale s’acquitte de ses devoirs dans ce pays.  Nous nous félicitons des travaux accomplis par le Groupe consultatif de l’ECOSOC pour la Guinée-Bissau.  Le cas de ce pays montre que le Conseil de sécurité et l’ECOSOC peuvent travailler main dans la main pour le règlement des conflits et la reconstruction.  Le Brésil se félicite de la réunion d’aujourd’hui, qui montre que les problèmes communs aux pays d’une même région peuvent être discutés dans un cadre unique.  Nous soutenons les efforts de l’Union du fleuve Mano, et demandons que soient prévues des modalités de coopération entre ce mécanisme régional et le Bureau des Nations Unies en Afrique de l’Ouest.  Notre pays soutient la mise en œuvre du NEPAD, qui est un cadre de développement conçu par les Africains, car ils connaissent mieux que quiconque les réalités de leurs pays et de leurs peuples.  Le Président Lula, qui s’est rendu en Afrique, a déclaré qu’il fallait que les pays en développement coopèrent beaucoup plus entre eux.  Le Brésil est pour le développement d’une coopération renforcée avec l’Afrique.


M. INOCENCIO ARIAS (Espagne) a estimé qu’il existe aujourd’hui de véritables possibilités de faire progresser les processus de paix dans les pays concernés.  Il s’est ensuite félicité des progrès enregistrés dans la mise en œuvre d’une approche régionale, en saluant, en particulier, les efforts de coordination entre les opérations de maintien de la paix dans la sous-région.  Il a conclu en disant attendre avec impatience le rapport du Secrétaire général sur les solutions à apporter aux questions transversales.


M. ALEXANDER V. KONUZIN (Fédération de Russie) a donné le détail des défis qui restent à relever dans les pays concernés, en mettant l’accent sur la nécessité impérieuse de mobiliser l’aide internationale.  Il a souhaité que dans les prochains jours, le Conseil consacre une réunion spécifique à l’examen du Secrétaire général sur les questions transfrontières et les réponses à y apporter.


M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) a déclaré que le Conseil devrait maintenir l’envoi de missions sur le terrain et améliorer le cadre de travail de ces missions.  L’Angola soutient le déploiement d’une mission de maintien de la paix de l’ONU en Côte d’Ivoire.  Le nombre de troupes faisant partie de cette mission doit être adéquat.  Le Conseil doit aussi soutenir le processus lancé en Guinée-Bissau avec la collaboration de l’ECOSOC et de la CEDEAO.  Le type d’expérience que nous menons en Guinée-Bissau pourrait être répété au Burundi et dans d’autres zones de conflit civil.  La conférence des donateurs pour la reconstruction du Libéria prévue pour les 5 et 6 février prochain devra fournir suffisamment de contributions et être suivie de mesures concrètes permettant de faire sortir ce pays de la zone des dangers.  L’Angola estime par ailleurs que les stratégies visant à résoudre les questions transfrontières bénéficieront de l’apport des organisations régionales africaines.  Il est impératif, a estimé également le représentant, de faire participer à toute réflexion ou action le Conseil de paix de l’Union africaine.  Concernant la question du mercenariat, notre délégation demande que des mesures sévères soient prises au niveau international pour la combattre en Afrique de l’Ouest.  


M. STUART HOLLIDAY (Etats-Unis) a jugé nécessaire de mettre au point d’une approche régionale pour régler les problèmes dont est affectée l’Afrique de l’Ouest.  Il s’est félicité des progrès réalisés jusqu’ici en annonçant la présence du Secrétaire d’Etat, Colin Powell, à la conférence des donateurs pour la reconstruction du Libéria qui doit se tenir les 5 et 6 février prochain.  Passant ensuite en revue la situation spécifique de chaque pays concerné, le représentant a jugé important que la CEDEAO continue à développer ses capacités tout comme l’organe pertinent de l’Union africaine.  Il a ensuite dit attendre que le Secrétaire général définisse la nature de l’appui que le Conseil doit apporter au règlement des questions transfrontières, dont celles de la circulation des armes légères et de la démobilisation et du désarmement des anciens combattants.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déclaré que les recommandations contenues dans le rapport ont été faites à un moment où la tendance générale était positive en Afrique de l’Ouest.  Les progrès constatés au Libéria devraient renforcer la stabilité en Sierra Leone.  Les recommandations faites par la mission du Conseil sont, à notre avis, pertinentes dans l’analyse que l’on devrait faire des questions transversales et transnationales.  Le Pakistan pense qu’il faut mettre fin en premier lieu à l’exploitation illégale des ressources naturelles de la région, dont les bénéfices alimentent le conflit e les trafics d’armes.  La délégation pakistanaise estime qu’on ne pourra mettre fin aux conflits que si on offre de réelles perspectives de développement aux groupes et aux peuples de la région.  Le Pakistan est fier de contribuer aux opérations de maintien de la paix qui se déroulent dans la région.  Nous espérons que la communauté internationale répondra aux besoins de renforcement des capacités de la CEDEAO.


M. ZHANG YISHAN (Chine) a qualifié d’encourageante la situation générale dans les pays concernés de l’Afrique de l’Ouest.  A cet égard, il a dit s’attendre à ce que le Conseil prenne rapidement une décision sur le déploiement d’une opération de maintien de la paix en Côte d’Ivoire.  A son tour, le représentant a appuyé l’adoption d’une approche régionale pour régler les questions transfrontières en jugeant important que la communauté internationale apporte aux protagonistes les moyens de régler ces questions. 


M. HERALDO MUNOZ (Chili) a apprécié l’initiative du Secrétaire général, qui a attiré l’attention du Conseil sur les questions transfrontières.  Nous soutenons la poursuite harmonieuse du processus lancé en Guinée-Bissau.  Quant au Libéria, le Chili se prononce en faveur d’un déploiement rapide de tous les effectifs de la MINUL.  Concernant la Sierra Leone, nous encourageons la communauté internationale à mener à bien le retrait des troupes de la MINUSIL, tout en mettant en place un cadre qui évite un vide de sécurité dans le pays.


M. RICHARD RYAN (Irlande), s’exprimant au nom de l’Union européenne, des pays candidats et des pays associés, a, du fait des progrès enregistrés jusqu’ici dans la sous-région, lancé un appel urgent à toutes les parties pour qu’elles mettent pleinement en œuvre tous les éléments des accords de paix respectifs.  Il a en outre souligné la nécessité pour la communauté internationale de continuer à appuyer l’Afrique de l’Ouest.  Pour lui, la prochaine conférence des donateurs pour la reconstruction du Libéria sera une occasion importante de donner un appui international au processus de paix et à la reconstruction dans son pays.  Poursuivant, le représentant a félicité la CEDEAO pour son engagement continu, en annonçant l’intention de l’Union européenne de resserrer ses liens de travail avec elle.  L’Union européenne, a-t-il dit, est convaincue que la coopération régionale et le dialogue ne peuvent que renforcer la sécurité de la sous-région.  Enumérant les problèmes transfrontières qui frappent la sous-région, le représentant a, à son tour, prôné une approche régionale.  Il a d’ailleurs confirmé que, de son côté, l’Union européenne est en train de réfléchir à une stratégie régionale pour l’Afrique de l’Ouest qui mettra l’accent sur la prévention et le règlement des conflits.  Le représentant a conclu en se félicitant de l’interaction accrue entre le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social pour relever les défis de la consolidation de la paix dans les pays émergeant des conflits.


M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a déclaré que sa délégation soutenait l’appel lancé par le Secrétaire général qui a demandé à la communauté internationale de donner au processus lancé en Guinée-Bissau les moyens nécessaires à sa bonne conduite.  La Syrie soutient la mise en œuvre de l’Accord de Linas-Marcoussis en vue du règlement du conflit ivoirien et nous félicitons les forces françaises pour le rôle qu’elles jouent dans ce pays.  Nous nous félicitons également du rôle que joue la CEDEAO au Libéria, et demandons que la communauté internationale lui apporte tout son soutien. 


M. CARLOS PUJALTE (Mexique) a appelé le Conseil à continuer d’appliquer une démarche régionale pour traiter des problèmes transfrontières en Afrique de l’Ouest.  Il s’est dit favorable à une stratégie régionale qui comprenne l’Union du fleuve Mano, les institutions des Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales.  Il a souhaité un franc succès à la conférence des donateurs pour la reconstruction du Libéria avant d’appuyer le renforcement des mécanismes de coopération entre les bureaux des Nations Unies sur le terrain.  A ce propos, le représentant a jugé important qu’un équilibre soit établi entre les mandats et la mise à disposition des ressources financières.  A son tour, le représentant a dit attendre avec impatience le rapport du Secrétaire général sur les questions transfrontières et les réponses à leur apporter.  Il a souhaité des recommandations sur la mise en place des mesures de confiance, en particulier la relance du processus de Rabat, pour resserrer les liens entre la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria. 


M. AHMED ABOUL GHEIT (Egypte) a déclaré que le renforcement des capacités de la CEDEAO est indispensable, si l’on veut avoir plus de chances de mener avec succès des opérations de paix en Afrique de l’Ouest.  Nous attendons donc avec intérêt les recommandations qui seront faites par la mission conjointe chargée d’étudier cette question.  Il est également nécessaire de travailler avec les pays exportateurs d’armes légères, afin de mettre fin au flux incontrôlés de ce type d’armes dans la région et de permettre à la CEDEAO de mettre en œuvre le Moratoire signé par les pays de la région sur les armes et les munitions.  Le retrait de la MINUSIL de Sierra Leone doit se faire de manière progressive, afin de ne pas mettre en danger le fragile équilibre que connaît le pays.  La paix étant un phénomène multidimensionnel, il faudrait en outre que les missions de paix et de résolution de conflits soient accompagnées ou suivies de solides programmes de développement.  La conférence des donateurs pour la reconstruction du Libéria nous donnera, nous l’espérons, l’exemple de ce qui doit être fait.


M. SYLVESTER EKUNDAYO ROWE (Sierra Leone) a soulevé la question du retrait de la MINUSIL que le Secrétaire général a conditionné à la capacité de la police et de l’armée du pays de prendre la relève.  Le représentant a ainsi mis l’accent sur l’existence d’une force armée restructurée, professionnelle, disciplinée et loyale et d’une police prête à jouer son rôle dans la défense et la sécurité du peuple.  Invoquant la relation entre les processus de paix dans son pays et au Libéria, le représentant a jugé important que son pays ait une capacité réelle de prévenir la répétition d’une invasion rebelle comme celle qui s’est produite en 1991.  Si l’armée et la police sont en bonne voie, il faut néanmoins, a dit le représentant, mobiliser des ressources supplémentaires pour qu’elles soient réellement en mesure d’assumer leur tâche.  Il ne sert à rien de déployer la police et les militaires dans les zones où opérait la Mission de l’ONU s’ils ne disposent pas des infrastructures minimales, a insisté le représentant en saluant la décision du Secrétaire général de procéder à une évaluation globale du plan de retrait de la MINUSIL et des progrès accomplis dans la consolidation de la paix et la stabilité en Sierra Leone.  Il a espéré que le Conseil tiendra dûment compte des observations et des recommandations que le Secrétaire général fera à cet égard.  Il ne fait aucun doute, a-t-il insisté, que le Conseil tiendra également compte des vues du Gouvernement dans la détermination de l’avenir de la MINUSIL.


M. NANA EFFAH-APENTENG (Ghana) a déclaré, au nom des Etats membres de la CEDEAO, que beaucoup reste à faire pour que la paix et la sécurité règnent en Afrique de l’Ouest.  La Guinée-Bissau a besoin de ressources supplémentaires, comme l’a fait remarquer le Groupe consultatif de l’ECOSOC, pour assurer le succès du processus de retour à la vie constitutionnelle qui a été engagé.  Nous espérons, en ce qui concerne le Libéria, que tous les effectifs de la MINUL pourront bientôt être déployés.  Nous ne pouvons cependant oublier que tous les jeunes Libériens, qui n’ont connu que la guerre, sont en danger de devenir des mercenaires, et pourquoi pas un jour des terroristes.  Nous attendons donc beaucoup de la conférence des donateurs pour la reconstruction du Libéria qui aura lieu ici le mois prochain.  S’il faut 20 ans de paix pour éduquer un homme, il ne suffit en revanche que d’une année pour le détruire et le rendre nuisible à sa propre société.  Le soutien de la communauté internationale à la reconstruction doit donc être continu et substantiel.  En Côte d’Ivoire, des progrès ont été constatés dans la mise en œuvre de l’Accord de Linas-Marcoussis.  Les Forces nouvelles sont revenues au gouvernement.  Mais le Conseil ne doit pas relâcher ses efforts.  C’est maintenant que les Nations Unies devraient fournir des garanties de sécurité à toutes les parties.  Il est temps de déployer une véritable opération de maintien de la paix dans ce pays.  Nous soutenons les propositions faites à cet égard par le Secrétaire général, a indiqué le représentant.


M. KOICHI HARAGUCHI (Japon) a salué la contribution de la CEDEAO dans le règlement des crises dans la sous-région, en appelant la communauté internationale à encourager de telles initiatives régionales et à appuyer la CEDEAO dans le renforcement de ses capacités à mener des opérations de paix.  Passant en revue les forces déployées dans cette sous-région, le représentant a souligné le caractère limité des ressources que les Nations Unies peuvent mobiliser pour ces situations.  Ces ressources, a-t-il dit, ne viennent pas seulement des membres du Conseil mais aussi des Etats non membres.  Les Etats Membres de l’ONU, a-t-il précisé, ont donc l’obligation d’examiner, à tout moment, la manière de diminuer la taille des opérations.  Contributeur d’environ 20% du budget de chaque opération de maintien de la paix sans pour autant avoir une voix au débat de fond, a poursuivi le représentant, le Japon encourage le Conseil à examiner très sérieusement les moyens de réaliser les objectifs de maintien de la paix et de la sécurité de la manière la plus efficace et la plus effective.  Il est tout aussi important, a-t-il encore dit, que, dès la création d’une mission, le Conseil connaisse déjà les contours de la stratégie de sortie.  Parlant du déploiement éventuel d’une opération de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, le représentant a voulu que les conditions préalables mentionnées dans le rapport du Secrétaire général soient réunies avant tout déploiement.  Il a aussi souhaité qu’avant toute décision du Conseil, le Secrétariat des Nations Unies justifie aux Etats non membres du Conseil, le nombre d’hommes demandés qu’ils s’agissent des effectifs militaires ou des effectifs de la police civile.


M. DJANGONE-BI (Côte d’Ivoire) a déclaré que le Président Laurent Gbagbo a publiquement réaffirmé son soutien à la mise en œuvre de l’Accord de Linas-Marcoussis.  L’année 2004 sera celle de la paix, même si l’implantation de celle-ci aura besoin d’assistance et de soutien.  Cette paix ne peut cependant être envisagée que dans une perspective sous-régionale.  La question du chômage des jeunes doit être résolue si l’on veut une paix durable.  Le Conseil, nous l’espérons, transformera bientôt l’actuelle mission de l’ONU en Côte d’Ivoire en véritable opération de maintien de la paix.  La communauté internationale semble avoir fait une fixation sur certaines des armes que détient l’armée nationale de Côte d’Ivoire.  Il s’agit notamment d’avions de combat et d’hélicoptères.  Etat souverain, la Côte d’Ivoire a le droit d’acquérir les armes dont elle a besoin là où elle le veut.  Même en temps de paix, les appareils en question pourraient servir à préserver l’intégrité territoriale du pays.  Les avions et hélicoptères n’ont jamais été utilisés de manière offensive par les FANCI, qui n’en ont fait usage que lorsque les institutions républicaines étaient attaquées.  Il en sera toujours ainsi.


M. NDEKHEDEHE EFFIONG NDEKHEDEHE (Nigéria) a plaidé pour qu’en Sierra Leone, le Conseil de sécurité mette en place une série de mesures de secours pour aider le pays à surmonter ses difficultés économiques.  Passant à la Côte d’Ivoire, il a demandé instamment au Conseil d’établir d’urgence les dispositions nécessaires pour le déploiement d’une opération de maintien de la paix.  Le représentant a poursuivi en félicitant l’ONU pour avoir facilité les divers processus de paix dans la sous-région, notamment au Libéria et en Sierra Leone.  Il a toutefois préconisé une extrême prudence dans l’élaboration du plan de retrait de la MINUSIL pour, a-t-il dit, préserver les acquis. 


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