16/06/2003
Communiqué de presse
SG/SM/8752



            HR/4678

            OBV/356


CONTRE LA TORTURE, KOFI ANNAN APPELLE A LA PLEINE APPLICATION DES MECANISMES EXISTANTS ET A LA MISE AU POINT DE NOUVELLES STRATEGIES


On trouvera ci-après le message du Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, à l’occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, le 26 juin 2003:


Chaque année, le 26 juin, nous réaffirmons notre détermination à éliminer la torture, cette pratique odieuse qui vise à briser la volonté et le moral des victimes.  Nous réaffirmons également notre ferme volonté de traduire les bourreaux en justice et de prendre soin des victimes innocentes. La torture est un acte barbare qui porte gravement atteinte à la dignité humaine et aux droits de l’homme. Aucune cause, qu’elle soit politique, militaire, religieuse ou autre, ne peut la justifier.


Malheureusement, nous avons encore beaucoup à faire pour éliminer la torture. S’il nous arrive d’entendre le témoignage de ceux qui ont été torturés par des régimes brutaux et de voir les salles dans lesquelles les actes de torture ont été commis, nous ne devons pas oublier pour autant que la plupart des victimes n’ont jamais l’occasion de raconter leur histoire et que la torture n’est pas limitée à une région particulière, à un système politique particulier ou à quelques pays.


Aussi sûrement que l’Organisation des Nations Unies est pour la paix et le développement, elle défend le droit de chacun de ne pas être soumis à la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et s’emploie à ce que les auteurs de crimes d’une telle gravité soient traduits en justice. Il existe toute une série de mécanismes juridiques et autres sur lesquels l’Organisation des Nations Unies s’appuie pour lutter contre la torture. Nous devons néanmoins continuer de mettre au point de nouvelles stratégies et appliquer jusqu’au bout celles qui sont déjà en place.


C’est pourquoi je me félicite de l’adoption par l’Assemblée générale, en décembre 2002, du Protocole facultatif à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, qui définit un cadre devant permettre à des organes nationaux et internationaux indépendants de visiter les lieux où des personnes sont privées de liberté. En réduisant l’isolement des personnes placées en détention, qui sont souvent les plus exposées aux mauvais traitements, nous espérons les mettre à l’abri de la torture, même si, comme nous le savons, c’est aux gouvernements qu’il incombe en tout premier lieu de respecter et de protéger les droits de l’homme. Il est aussi évident que les mécanismes nationaux et internationaux de protection sont complémentaires. Le Protocole créera de nouvelles voies de dialogue avec les autorités nationales et entre celles-ci et contribuera à ce que le droit d’être protégé contre la torture devienne une réalité. Je demande à tous les États qui ne l’ont pas encore fait de ratifier la Convention et son Protocole facultatif en tant que mesure concrète de lutte contre la torture dans le monde.


Si elles ne meurent pas de leurs blessures, les victimes de la torture en portent souvent les marques physiques et psychologiques tout au long de leur vie. Durant l’année écoulée, les contributions de gouvernements, d’ONG et de particuliers au Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture ont permis de financer quelque 200 projets d’ONG dans le monde entier et ainsi, d’apporter aux quelque 100 000 victimes de la torture une assistance vitale dans les domaines psychologique, médical, social, juridique, économique et autres. Je remercie ces contributeurs pour leur solidarité avec les victimes de la torture et j’espère vivement que beaucoup d’autres suivront cet exemple en donnant généreusement au Fonds, pour que davantage de projets puissent être financés durant l’année qui vient.


A l’occasion de cette Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, réaffirmons notre indignation contre cette pratique et engageons-nous à prendre des mesures concrètes pour y mettre fin une fois pour toutes. Nous le devons aux victimes de la torture et à l’humanité.


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