13/05/03
Communiqué de presse
SG/SM/8699



                                                            GA/PAL/914


L’APPLICATION DE LA « FEUILLE DE ROUTE » DU QUATUOR EXIGERA DES PARTIES

DES DECISIONS DIFFICILES ET DE LA DETERMINATION, SOULIGNE KOFI ANNAN


On trouvera ci-après le message du Secrétaire général, M. Kofi Annan, lu par le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, le 13 mai à Kyiv, à l’occasion de la Réunion internationale des Nations Unies à l’appui de la paix au Moyen-Orient:


C’est un grand plaisir pour moi de m’adresser à vous tous qui participez à cette importante manifestation internationale organisée à Kiev sous les auspices du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. Je tiens à vous saluer tous chaleureusement et à remercier très sincèrement le Gouvernement et le peuple ukrainiens d’avoir bien voulu accueillir cette réunion.


Nous nous trouvons aujourd’hui à un tournant historique dans la quête de la paix entre Israéliens et Palestiniens. Les mesures audacieuses que les dirigeants palestiniens ont prises récemment, comme la nomination d’un Premier Ministre crédible et d’un nouveau gouvernement, ont conduit le Quatuor – formé des États-Unis, de la Fédération de Russie, de l’Union européenne et de l’ONU – à rendre publique la « feuille de route ».


Cette « feuille de route » propose un calendrier en trois étapes pour parvenir à un règlement négocié du conflit israélo-palestinien et s’inscrit dans une initiative plus large qui vise à instaurer une paix globale dans la région. Elle a pour objet d’aider les parties à concrétiser l’idée de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, comme le prévoit la résolution 1397 du Conseil de sécurité. Elle suppose que les parties prendront l’une comme l’autre des mesures en matière de sécurité, de secours humanitaire et de renforcement des institutions ainsi que dans le domaine politique, sous la surveillance et avec l’aide du Quatuor.


C’est aux parties elles-mêmes que revient au premier chef la responsabilité de mener ce processus à bonne fin. Elles doivent respecter pleinement les obligations qui leur sont faites aux termes de la « feuille de route » et en vertu du droit international. Toutes les mesures unilatérales quelles qu’elles soient – attaques terroristes contre des civils, assassinats, arrestations et détentions arbitraires, destruction de logements, bouclages et blocus étouffants, activités de peuplement – doivent prendre fin. Il ne faut pas que de nouvelles victimes viennent s’ajouter aux plus de 3 000 morts et aux milliers de blessés que l’on dénombre déjà. Les enfants, les femmes et tous les civils innocents doivent enfin pouvoir vivre en paix et en sécurité.


On attend des parties qu’elles reprennent les négociations en vue de régler les détails du règlement final sur la base des résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité. Il faut que toutes deux reconnaissent qu’elles sont des partenaires dans cette entreprise et ne peuvent qu’échouer ou réussir ensemble. Elles ne doivent pas laisser des extrémistes s’approprier le processus et dicter la suite des événements.


Bien sûr, les parties peuvent compter sur le concours de la communauté internationale. Le Quatuor a été le fer de lance des efforts en faveur de la paix. Les puissances régionales doivent elles aussi continuer de jouer un rôle constructif, tout comme la communauté internationale des donateurs dont l’assistance généreuse permettrait d’atténuer les souffrances du peuple palestinien.


L’ONU est résolue à faire tout ce qu’il faut par l’entremise du Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), du Programme alimentaire mondial, du Programme des Nations Unies pour le développement et d’autres organismes du système. Depuis plus de 50 ans, l’UNRWA prête une assistance indispensable aux réfugiés de Palestine. À l’heure où il peine à faire face aux demandes d’aide croissantes qui lui sont adressées, l’Office mérite que les donateurs continuent de lui apporter leur appui.


L’évolution récente, pour être positive, ne doit pas pour autant nous inciter à un optimisme excessif. La violence n’a pas encore reculé et des efforts considérables seront nécessaires pour prévenir des attaques terroristes et des incursions militaires qui remettraient en cause l’application de la « feuille de route » conçue par le Quatuor. La mise en oeuvre de cette « feuille de route » ne sera pas aisée, car des deux côtés, il faudra prendre des décisions difficiles, faire preuve de détermination et agir sans faillir. Pour surmonter les obstacles et obtenir les résultats escomptés, il demeure essentiel que la communauté internationale, vous tous ici réunis et ceux que vous représentez, continuent d’appuyer le processus.


Je tiens à vous assurer qu’il me tient particulièrement à cœur que ces efforts soient couronnés de succès.


J’espère que la réunion de Kiev contribuera à faire progresser la cause de la paix au Moyen-Orient. Je sais gré au Comité d’avoir organisé cette manifestation à point nommé et de s’acquitter fidèlement du mandat qui lui a été confié par l’Assemblée générale. Je vous souhaite à tous une réunion productive.


Je vous remercie.


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