29/10/2003
Communiqué de presse
CS/2577



Conseil de sécurité

4852e séance – matin et après-midi


LE CONSEIL DE SECURITE EVALUE LES PROGRES REALISES DANS L’AMELIORATION

DE LA CONDITION DES FEMMES DANS LES CONFLITS ARMES


Le Conseil de sécurité s’est réuni aujourd’hui pour étudier les progrès accomplis dans l’application de la résolution 1325 (2000) relative à la protection des femmes en situation de conflit et à leur meilleure participation aux processus de paix.  La plupart des délégations se sont accordées à reconnaître qu’il restait encore beaucoup à faire pour parvenir à la pleine mise en œuvre des possibilités offertes par cette résolution.  Pour sa part, la délégation mexicaine a proposé une réflexion sur la création d’un mécanisme de suivi de l’application de cette résolution, voire l’adoption d’une nouvelle résolution l’an prochain, à l’occasion de la présentation du deuxième rapport du Secrétaire général sur la question des femmes, de la paix et de la sécurité.


La faible représentation des femmes dans les opérations de maintien de la paix a été unanimement déplorée, en dépit des mesures prises par certains membres du Conseil, comme l’Espagne ou le Royaume-Uni.  Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, a lancé un appel aux Etats Membres pour qu’ils redoublent d’efforts en vue de fournir davantage de personnels féminins aux forces de police et militaires des missions des Nations Unies.  Saluant ensuite le rôle important que jouent aujourd’hui les conseillers en sexospécificité dans les situations de conflit, le Conseil de sécurité a entendu Mme Amy Smythe, qui occupe ces fonctions auprès de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC).  Au-delà des questions de parité qui se posent en matière de recrutement, l’équipe de Mme Smythe a aussi pour tâche d’aider les femmes à s’impliquer davantage dans le dialogue intercongolais.


La culture d’impunité dont bénéficient les auteurs de violences à l’encontre des femmes entrave la participation de celles-ci dans les phases de reconstruction post-conflits.  Selon Mme Smythe, seule une réforme constitutionnelle permettrait la création de mécanismes juridiques adéquats pour protéger les femmes des violences auxquelles elles sont encore trop exposées en RDC.  De leur côté, les délégations allemande, islandaise et timoraise se sont félicitées de l’inclusion des crimes à caractère sexuel dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, que la France et l’Espagne ont reconnue comme un élément clef en matière de protection des femmes dans les situations de conflit.


Le débat a également souligné le rôle indispensable des femmes dans le processus de reconstruction politique et sociale au lendemain des conflits.  C’est ainsi que le représentant du Timor-Leste a affirmé que 27% de femmes siégeaient au Parlement de ce pays, alors que le représentant de la Croatie a indiqué que 15% de femmes étaient désormais intégrées dans les forces armées locales.  Par ailleurs, de nombreuses délégations contribuent à une participation plus active des femmes au processus de relance économique, notamment les Etats-Unis qui se sont portés coauteurs d’une résolution visant à augmenter la participation des femmes à la vie politique.  De son côté, le Japon a introduit une perspective sexospécifique dans tous les programmes d’aide et de reconstruction en Afghanistan.


Outre les orateurs déjà cités, les délégations suivantes ont pris la parole: République arabe syrienne, Pakistan, Chine, Bulgarie, Chili, Fédération de Russie, Cameroun, Guinée, Angola, Pays-Bas, Fidji, Italie, Australie, Afrique du Sud, Colombie, Bangladesh, République de Corée, Indonésie, République-Unie de Tanzanie, Ukraine, Philippines, Canada, Azerbaïdjan, République démocratique du Congo, Liechtenstein, Norvège, Islande et Inde.  Le représentant du Pakistan a exercé son droit de réponse.


LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SECURITE


Déclarations


M. JEAN-MARIE GUEHENNO, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a déclaré qu’au cours des 12 derniers mois, son Département avait franchi des étapes décisives dans l’application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité prise il y a trois ans.  C’est particulièrement le cas pur les opérations en Sierra Leone, en République démocratique du Congo, au Kosovo, au Timor-Leste et en Afghanistan.  Dans toutes ces missions, les experts en sexospécificité ont joué un rôle actif, mettant ces questions au centre du travail des opérations de maintien de la paix.


En ce qui concerne la parité parmi le personnel des opérations de la paix, le Secrétaire général adjoint a prié les Etats Membres de fournir plus de personnel féminin dans les forces de polices et militaires, car ce personnel ne représente aujourd’hui que 4% du nombre total.  Il a en outre souligné que des conseillers en sexospécificité multifonctionnelle oeuvraient dans cinq missions: au Kosovo, en Sierra Leone, en République démocratique du Congo, au Timor-Leste et en Afghanistan.  En outre, deux postes de conseillers étaient en cours de création au Libéria et en Côte d’Ivoire, a-t-il noté.  Concernant les dangers que présente le VIH/sida sur le terrain, le Secrétaire général adjoint a souligné que l’accent avait été mis par le passé sur la formation, avec 350 éducateurs envoyés par les Etats Membres.  Par ailleurs, les graves allégations d’exploitation sexuelle qui auraient été commises par les travailleurs humanitaires se sont posées pour la première fois en Afrique de l’Ouest, a-t-il précisé.  Des mesures disciplinaires ont été prises, a-t-il dit, en précisant que dans les années à venir, son Département disposera d’une stratégie active pour éviter et répondre à ces problèmes d’abus et d’exploitation sexuelle. 


Mme AMY SMYTHE, Conseillère principale pour la parité entre les sexes à la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), a rappelé que 3,5 millions de personnes ont péri en République démocratique du Congo, que 3,4 millions d’autres sont actuellement déplacées et qu’enfin 1,3 million de personnes sont aujourd’hui infectées par le VIH/sida.  Cette catastrophe est due en partie à l’effondrement des institutions politiques, à l’impossibilité de cultiver les sols et à l’impunité dont jouissent les auteurs de crimes sexuels.  C’est dans ce contexte que l’équipe qu’elle dirige sur le terrain a eu pour tâche d’intégrer la perspective sexospécifique au sein de la MONUC et de travailler avec la société congolaise sur la situation des femmes et leur sous-représentation dans le processus de reconstruction.  La Conseillère a rappelé les activités de dissémination des informations visant à sensibiliser le personnel de la MONUC à la situation des femmes, spécialement les contingents militaires.  En outre, a-t-elle précisé, la première grande mission de son équipe a été d’appuyer la participation des femmes au dialogue intercongolais et aux négociations.  La Conseillère a regretté qu’à ce jour seuls 7% des représentants au Parlement, au Sénat et dans le reste des institutions politiques soient des femmes.  Revenant sur la question de la violence sexuelle, en particulier à l’est de la RDC, où des centaines de milliers de femmes ont été violées, Mme Smythe a affirmé que des mécanismes juridiques devraient être mis en place afin de condamner la culture de l’impunité qui prévaut actuellement.


Consciente du prix fort que paient les femmes dans les conflits, Mme KERSTIN MÜLLER (Allemagne) a souligné l’importance d’intégrer les crimes et la violence à caractère sexuel dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.  Elle a déclaré que la résolution 1325 n’était crédible que si elle constituait une étape cruciale et était appliquée par les forces de maintien de la paix.  Rappelant que l’Allemagne serait appelée à diriger prochainement une mission du Conseil de sécurité en Afghanistan, la représentante a indiqué que la participation accrue des femmes dans le processus de prise de décisions devrait figurer au centre des discussions pour l’application de mesures concrètes.  Elle a salué la nomination de conseillers spéciaux dans les opérations de maintien de la paix. 


M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a déclaré que les femmes et les jeunes filles étaient les plus vulnérables dans les conflits, notamment en cas d’occupation étrangère.  Le représentant a souligné que la situation des Palestiniennes à Gaza et en Cisjordanie était préoccupante, et il a demandé à cet égard le respect de la Convention de Genève.  En outre, il a estimé nécessaire d’intégrer des perspectives sexospécifiques dans les opérations de maintien de la paix, et de fournir les ressources nécessaires pour intégrer réellement des femmes dans ses missions.  Il a également réaffirmé l’importance qu’il attachait à l’identification de barrières sociales et culturelles qui empêchent les femmes d’avoir accès au travail dans certains pays, entravant ainsi leur participation active à la reconstruction économique.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déploré qu’en dépit de l’attention croissante portée à leur protection, les femmes continuaient à être les premières victimes des catastrophes –qu’elles soient naturelles ou non- dans les situations de conflit.  Il a estimé que la souffrance des femmes dans le conflit en cours pour la libération du Jammu et du Cachemire était symbolique de la souffrance des femmes du monde entier.  L’armée indienne utilise le viol comme arme de guerre, a-t-il notamment déclaré, appelant à ce que ces actes soient considérés comme crimes de guerre, susceptibles d’être puni aux niveaux national et international.  Il a encore indiqué que des milliers de femmes du Cachemire se trouvaient sans ressources du fait du conflit et a appelé les Nations Unies à les recenser, en vue de leur apporter des secours. 


M. WANG GUANGYA (Chine) a rappelé que la résolution 1325 était devenue un modèle d’activités pour assurer la protection des femmes et a demandé que ces activités reçoivent plus d’importance dans les opérations de maintien de la paix.  Toutefois, pour mettre pleinement cette résolution en œuvre, la Chine a appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts, exigeant notamment que les crimes violents contre les femmes fassent l’objet de sanctions pénales et que les parties au conflit respectent le droit international en la matière.  En même temps la délégation a appuyé la politique de tolérance zéro du Conseil de sécurité.  En conclusion, la Chine a réitéré son soutien à la participation des femmes à toutes les phases du processus de paix, convaincue qu’une paix durable, tant au niveau régional que national, ne peut être accomplie sans elles.


M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) a déclaré que le bilan de la résolution 1325 n’était pas tout à fait satisfaisant et qu’il serait souhaitable que le Conseil de sécurité procède à un suivi approprié de sa mise en application.  La résolution 1325, a-t-il dit, constitue le cadre normatif et il est temps d’inaugurer «une ère du respect et mise en œuvre des normes».  Il s’est déclaré très attaché à la parité des sexes dans l’administration de la justice internationale et a salué la création de postes de conseillers pour les questions sur les questions de sexospécificité dans de nombreuses missions de l’ONU et particulièrement au sein du Département des opérations de maintien de la paix. 


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a rappelé la nécessité de mettre en place une prévention appropriée pour toutes les femmes et jeunes filles victimes des conflits, mettant tout particulièrement l’accent sur le sort des petites et jeunes filles-soldats et celle de leur réintégration.  Abordant ensuite le problème de la justice, le représentant français a souligné que, par sa double dimension préventive et répressive, le Statut de Rome de la Cour internationale de Justice était un élément-clé pour protéger les femmes.  M. de La Sablière s’est enfin dit convaincu que la stabilisation et la reconstruction de sociétés minées par les conflits ne connaîtraient aucun succès durable sans la participation active des femmes à la vie publique, soulignant que les missions du Conseil de sécurité sur le terrain devraient toujours nouer des contacts avec les associations de femmes locales.


M. INOCENCIO ARIAS (Espagne) a regretté que trop de femmes continuent d’être aujourd’hui victimes des conflits malgré les engagements de la communauté internationale à punir les crimes commis contre elles.  Il s’est toutefois félicité de la tenue de la conférence de Beijing comme de l’adoption du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, qui constituent à son avis  des mécanismes efficaces en la matière.  Pour sa part, l’Espagne a rappelé que le recrutement de ses contingents de casques bleus se signalait par une présence croissante des femmes.  En conclusion, la délégation espagnole a appelé à une coordination accrue des organes du système des Nations Unies dans les questions qui relèvent de la protection des femmes et de leur meilleure représentation au cours dans le processus de paix.


M. HERALDO MUNOZ (Chili) a souligné que si la communauté internationale acceptait l’idée que l’habilitation des femmes était nécessaire pour relever les défis du développement durable et des opérations d’assistance humanitaire, de maintien et de consolidation de la paix, il était temps que l’ONU en fasse de même.  Il est temps de combler l’écart entre la parole et l’action, a-t-il lancé.  Il a par ailleurs estimé que l’une des voies à suivre pour appliquer la résolution 1325 serait la création de mécanismes d’évaluation et a proposé la participation de sa délégation à cet exercice.


Mme MARIA ANGELICA ARCE DE JEANNET (Mexique) a jugé nécessaire d’augmenter le nombre de femmes dans les opérations de maintien de la paix, notamment concernant les personnels de polices et militaires.  La représentante a également souligné l’importance que le Conseil de sécurité attachait à la création de mécanismes de suivi de l’application de la résolution 1325.  Par ailleurs, elle a proposé l’adoption d’une nouvelle résolution sur le thème des femmes, de la paix et de la sécurité, thèmes sur lesquels le Secrétaire général présentera en octobre prochain un deuxième rapport.  Il est certain que les possibilités de la résolution 1325 ne sont pas complètement épuisées, et qu’au contraire beaucoup restait à faire pour l’appliquer, a-t-elle estimé, avant d’affirmer qu’une nouvelle résolution permettrait de maintenir la mobilisation du Conseil de sécurité et de tous les Membres de l’Organisation sur ce thème.


M. SERGEY KAREV (Fédération de Russie) a salué les progrès accomplis dans l’application de la problématique sexospécifique dans toutes les activités de l’ONU, manifestant son intérêt tout particulier pour les mesures prises par le Groupe d’activités interinstitutions en vue de mettre en œuvre la résolution 1325 (2000) sur la protection des femmes en situation en conflits.  Il a également déclaré qu’il fallait éviter d’aboutir à des recommandations trop stéréotypées, qui ne tiennent pas compte des souffrances et des demandes concrètes des femmes et des jeunes filles sur le terrain dans les situations pré ou post-conflits.  En la matière, il s’est félicité de l’apport précieux des organisations non gouvernementales et de la société civile.  En conclusion, le représentant a proposé que les questions de lutte contre la discrimination dans la représentation des femmes fassent l’objet d’un examen régulier.


M. IYA TIDJANI (Cameroun) a rappelé que si de réels progrès avaient été accomplis dans la mise en oeuvre de la résolution 1325 (2000), le nombre relativement faible de femmes nommées envoyées ou représentantes spéciales du Secrétaire général témoignait de l’insuffisance des mesures  prises sur la question de la sexospécificité au sein de l’Organisation.  Par ailleurs, le Cameroun défend une approche globale dans la protection des femmes qui tienne davantage compte de leur plus grande implication dans le processus de paix a-t-il affirmé, rappelant le soutien de son pays à un partenariat entre hommes et femmes pour renforcer la vision pluridimensionnelle au sein des opérations de maintien de la paix.  Saluant les progrès constatés dans les différentes missions, notamment celles déployées en RDC et en Sierra Leone, il a souligné la nécessité de sensibiliser davantage les acteurs aux problèmes des femmes, notamment aux violences spécifiques dont elles sont victimes.  En conclusion la délégation camerounaise, qui a déclaré que son gouvernement avait souscrit à un plan d’action régional sur cette question, a affirmé sa conviction qu’il fallait aboutir à une véritable valorisation de la participation de la femme à la vie publique.


M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) a estimé qu’il convenait de continuer de conjuguer les efforts pour une meilleure coordination des actions des différents acteur pour la mise en œuvre efficace de la résolution 1325.  En Afrique de l’Ouest, les femmes de l’Union du Fleuve Mano ont continué à s’impliquer activement dans le processus de résolution des conflits et de consolidation de la paix, a-t-il affirmé.  Elles ont accompli de nombreuses activités d’assistance aux réfugiés et personnes déplacées, notamment aux femmes et aux filles en détresse.  Pour conclure, le représentant a demandé un soutien accru de la communauté internationale pour appuyer leurs initiatives.  


M. ISAMEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) a estimé que l’adoption d’une perspective sexospécifique dans les opérations de maintien de la paix pouvait donner un nouvel élan à la mise en œuvre du développement des pays après les situations de crise.  Les femmes et les jeunes filles sont toujours la principale cible dans les conflits armés, ainsi que les premières victimes du VIH en raison des abus sexuels, a-t-il déploré.  Il a salué tout particulièrement le rôle des femmes angolaises, qui, pendant les longues années de guerre civile ont été un instrument indispensable du maintien de la paix sociale.  Beaucoup reste à faire pour associer les femmes au développement des sociétés après les conflits, a-t-il déploré, même si des progrès ont été réalisés vers l’égalité des sexes.  Il a regretté que les femmes continuent d’être sous-représentées dans les processus de prise de décision et il s’est prononcé pour une meilleure représentation dans ce type de débat.


Rappelant le retentissement de la résolution 1325, M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni), a déclaré que les considérations de parité doivent être intégrées à toutes les étapes de son application.  Pour sa part, a-t-il assuré, le Royaume-Uni a axé le recrutement de ses contingents sur une meilleure représentation des femmes, ayant mis en place une base de données recensant les femmes britanniques avec des compétences dans le domaine du maintien de la paix.  Par ailleurs, le Royaume-Uni œuvre à l’implication plus importante des Irakiennes dans le processus de reconstruction de leur pays et encourage la participation des femmes afghanes à la vie sociale, a-t-il précisé.  En matière de protection des femmes, le représentant a salué le fait que la Cour pénale internationale ait accepté d’inclure certains crimes commis à l’encontre des femmes.  En conclusion, il a exhorté le Conseil de sécurité à intégrer les questions de parité dans ses rapports et ses résolutions.


Mme AGNES VAN ARDENNE-VAN DER HOEVE, Ministre des affaires étrangères des Pays-Bas, a souligné qu’un des grands mérites de la résolution 1325 est de présenter les femmes, non seulement en tant que victimes, mais aussi en tant qu’élément actif de la résolution des conflits.  La Ministre a noté que la question de la sexospécificité devait retenir l’attention du Conseil de sécurité, soulignant le rôle primordial des organisations non gouvernementales dans ce domaine.  Elle a également invité les Etats Membres à présenter des femmes aux postes-clés des opérations de maintien de la paix précisant que l’an dernier son Gouvernement avait commandité une étude sur le rôle des femmes dans les situations d’après-conflit.  Un des résultats de cette étude a-t-elle indiqué est que nous essayons à présent d’avoir un meilleur équilibre des sexes dans les forces armées hollandaises.  Mme Van Ardenne a enfin appelé l’attention du Conseil de sécurité sur l’importance de la participation des femmes dans le processus de reconstruction de l’Iraq et de l’Afghanistan.


S’exprimant au nom du Forum des îles du Pacifique, M. KALIOPATE TAVOLA (Fidji), a déploré que seules 15% des résolutions soumises au Conseil de sécurité au cours de l’année dernière fassent référence aux femmes.  Il a encouragé les membres du Conseil à inclure systématiquement des femmes comme conseillères ou spécialistes dans les missions constituées.  Il a également exprimé sa satisfaction d’annoncer que les représentants du Forum avaient insisté sur l’importance du déploiement des femmes dans les opérations de maintien de la paix.  Son pays, les Fidji, a pour sa part déjà envoyé des femmes dans des opérations de paix et de sécurité au Cambodge et en Croatie, ainsi qu’au Kosovo et aux Iles Salomon, a-t-il précisé.


Répondant aux observations de l’Allemagne sur le retard accusé dans l’attribution d’un poste de D-1 en matière de questions de parité au sein de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (UNAMA), M. GUEHENNO a répondu qu’il y avait déjà un poste de P-4 créé sur ces questions.  Il a par ailleurs précisé qu’un rapport sur les femmes en situation de conflits pourrait aider à mieux faire connaître leur situation et à mobiliser les ressources nécessaires pour œuvrer à l’amélioration de leur sort.


Mme SMYTHE, a souligné que les femmes sont non seulement des victimes de la guerre, mais aussi des agents actifs de la reconstruction.  Elle a remercié les Etats Membres de l’avoir souligné.  Elle a également indiqué qu’elle souhaiterait travailler avec tous les organes gouvernementaux en République démocratique du Congo, notamment dans la formation de parlementaires, des sénateurs et des membres de l’appareil judiciaire aux questions de parité.  Mme Smythe a remarqué à ce sujet que le Ministère de l’éducation l’avait contactée pour travailler avec les Universités, mais a indiqué que les moyens à leur disposition étaient limités.  Le Ministère de la santé fait quant à lui œuvre comme chef de file pour lutter contre la violence envers les femmes, a-t-elle finalement indiqué.


M. MARCELLO SPATAFORA (Italie), au nom de l’Union européenne, a informé le Conseil de sécurité que son Groupe avait récemment discuté d’une nouvelle initiative basée sur la résolution 1325, qui permettrait d’établir une Feuille de route pour renforcer la place des femmes dans la gestion européenne des conflits.  Il a toutefois déploré que, trois ans après l’adoption de cette résolution, son objectif était loin d’être atteint.  Dans les conflits actuels, les femmes et les filles sont de plus en plus souvent prises pour cibles, et les viols et autres violences sexuelles continuent à être utilisées comme armes de guerre, a-t-il affirmé.  Le représentant a notamment demandé que des réponses effectives soient apportées par la communauté internationale à ces questions et a appelé les Etats à coopérer avec la Cour internationale de Justice pour lutter contre l’impunité des crimes contre les femmes.


M. JOHN DAUTH LVO (Australie) a expliqué que son pays avait été convaincu de l’utilité de la pleine participation des femmes au processus de reconstruction de la paix lors des expériences qu’il avait vécues dans la région du Pacifique.  Il a ainsi appelé les Nations Unies à s’en inspirer.  Le représentant a cité notamment l’exemple des Iles Salomon, où son Gouvernement s’est impliqué dans le soutien de fonds permettant aux organisations de femmes, particulièrement celles consacrées à la paix et à la réconciliation, d’avoir accès à des opportunités en termes d’assistance et de développement.  Saluant les progrès effectués dans l’utilisation des femmes comme conseillères au sein des opérations de maintien de la paix, il a cependant déploré la lenteur de l’application de la résolution 1325, demandant au Conseil de s’interroger sur les obstacles qui empêchent son application effective, et sur les mécanismes à mettre en place pour y remédier.


Mme TILANA GROBBELAAR (Afrique du Sud) a indiqué que son pays avait pris certaines initiatives au niveau national concernant l’application de la résolution 1325.  Au niveau régional, elle a expliqué que l’Union africaine avait décidé d’inclure les femmes dans les processus de paix, notamment en renforçant leur participation à ce niveau.  Sa délégation a apprécié la nomination d’une femme Conseillère par intérim au Département des opérations de maintien de la paix, souhaitant toutefois que ce poste devienne rapidement permanent.  Il a enfin salué le travail remarquable accompli par les femmes de l’OSAGI dans le récent processus de paix au Libéria et souhaité que les capacités de l’organisme soient étendues, en accord avec les objectifs de la résolution.


Rappelant que son pays fait partie d’un groupe chargé d’étudier la question de la parité entre les sexes et la présence des femmes dans les conflits du monde entier, M. LUIS GUILLERMO GIRALDO (Colombie) a dénoncé les violences causées en Colombie par les groupes illégaux, qui enrôlent des femmes pour les transformer en véritables machines à donner la mort.  La Colombie a donc défini un plan national de développement, qui vise à désarmer, démobiliser et réinsérer les femmes combattantes et les enfants qui représentent aujourd’hui la moitié des effectifs des groupes illégaux, a indiqué le représentant.  Celui-ci a précisé par ailleurs que le 14 octobre dernier un accord national pour l’équité entre hommes et femmes avait été signé et qu’à cette occasion, le Président colombien avait lancé un appel aux femmes combattantes pour qu’elles déposent les armes et jouent pleinement leur rôle de constructrices de la paix et du développement.


Mme SAIDA MUNA TASNEEM (Bangladesh) a déclaré que son pays était très engagé dans les questions sexospécifiques, qui ont contribué à la modernisation de la société bangladeshi.  C’est pour cela que le Bangladesh pense qu’il faut réfléchir aux meilleurs moyens de mettre en œuvre la résolution 1325, dont nous marquons le troisième anniversaire, a-t-elle dit.  La déléguée a proposé une représentation des femmes à toutes les étapes de la reconstruction des sociétés d’après conflits et a plaidé pour la protection des femmes en cas de crimes de guerre.  La participation des femmes dans les situations d’après conflits sera une contribution à la façon dont la société, une fois reconstruite, considérera les femmes par la suite, a-t-elle assuré.  En ce qui concerne l’implication des femmes dans le microcrédit, la représentante a indiqué que l’accès immédiat aux ressources pour les veuves de guerre avait contribué à la reconstruction de la société du Bangladesh.  Elle a souligné qu’à cet égard son pays était disposé à partager son expérience avec la communauté internationale.


M. TOSHIRO OSAWA (Japon) a souligné que donner du pouvoir aux femmes est assurément un des éléments clés pour maintenir la paix et la sécurité.  Il s’est déclaré convaincu que dans un pays en reconstruction tel que l’Afghanistan, la participation des femmes était absolument essentielle et a affirmé qu’une perspective sexospécifique serait intégrée dans tous les programmes de reconstruction et d’assistance que le Japon met en place en Afghanistan.  De plus, a-t-il ajouté, pour la première fois dans l’histoire du Japon, une opération de maintien de la paix a intégré sept femmes.  Certes, a-t-il indiqué, les femmes n’ont pas la même expérience des conflits que les hommes, mais elles sont souvent victimes de la violence inhérente à leur sexospécificité.  Cependant, leur rôle est en train de changer et elles ont aujourd’hui l’occasion de dire comment elles peuvent participer à la résolution des conflits.  Enfin, le représentant a émis l’espoir que le Conseil de sécurité et l’Organisation des Nations Unies, les ONG, et la société civile dans son ensemble feraient de leur mieux pour appliquer cette résolution.


M. KIM SAM-HOON (République de Corée) s’est déclaré satisfait des progrès accomplis par le Secrétariat des Nations Unies dans la mise en œuvre de la résolution 1325, soulignant que des spécialistes en sexospécificité étaient maintenant affectés à 10 missions de maintien de la paix.  Il a toutefois déploré le manque d’avancées dans certains domaines, soulignant par exemple qu’il n’y avait pas eu d’augmentation du nombre de femmes nommées représentantes ou envoyées spéciales du Secrétaire général.  Le représentant a souhaité enfin que l’investissement dans le recrutement de personnels, d’expertise et de formation, sur les questions sexospécifiques, constitue le catalyseur pour matérialiser la vision contenue dans la résolution 1325.


M. REZLAN ISHAR JENIE (Indonésie) a déclaré qu’en dépit des progrès réalisés, beaucoup restait à faire pour que les femmes cessent d’être la cible des groupes qui veulent semer la terreur comme tactique de guerre.  Tant que les conflits se produiront, nous devrons traiter des questions des femmes et d’autres groupes vulnérables, a-t-il déclaré.  Elles sont victimes d’abus sexuels, de l’esclavage et de l’exploitation, a indiqué le représentant, qui a invité les pays fournisseurs de contingents à prendre des mesures disciplinaires contre les responsables de violences contre les femmes.  Il a soutenu l’intention d’établir une base de donnée de spécialistes en sexospécificité, ainsi que des groupes et réseaux de femmes dans les régions de conflits.  A cet égard, il a demandé aux Etats Membres, aux donateurs et à la société civile de se mobiliser afin de fournir un appui financier, politique et technique aux initiatives de construction de la paix par les femmes. 


Mme AUGUSTINE MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a salué les efforts du Conseil de sécurité pour rendre effective la résolution 1325 en Afrique de l’Est et en Afrique australe.  Le représentant a affirmé que les femmes de ces régions avaient pris goût aux questions relatives à la paix et à la sécurité.  La direction politico-militaire des pays, ainsi que les groupes armés, ont également commencé à prendre conscience de leur rôle essentiel en la matière, a-t-il poursuivi, citant l’implication des femmes du Burundi dans le processus de paix de leur pays.  Elle a par ailleurs indiqué que la Communauté de développement d’Afrique australe s’était fixé l’objectif d’intégrer 30% de femmes dans ses représentations politiques et ses structures décisionnelles d’ici à 2005.  Enfin, elle a souhaité que la République-Unie Tanzanie puisse travailler étroitement avec les Nations Unies pour aider les quelque 500 000 réfugiés qu’elle accueille, y compris des femmes et des filles, à bénéficier de conditions de vie satisfaisantes.


M. VALERY KUCHINSKY (Ukraine) a estimé que pour répondre efficacement aux besoins et priorités des femmes et des jeunes filles dans les conflits armés, les perspectives sexospécifiques devraient être systématiquement intégrées dans les efforts de construction de la paix, ainsi qu’au cours des opérations humanitaires et de reconstruction.  Il a regretté que dans les conflits, les femmes soient directement visées et a demandé que les réponses humanitaires aux conflits incluant systématiquement un rapport sur les violences sexuelles.  Il a en outre demandé que des mesures concernant le VIH/sida soient incorporées dans les opérations de maintien de la paix.  Les associations de femmes ont contribué au maintien de la paix et ont eu un impact important dans de nombreux pays, notamment au Libéria, Burundi, Afrique du Sud, au Moyen-Orient, dans les Balkans et en Asie du Sud-Est, a-t-il déclaré.  Il a regretté par ailleurs le manque d’information sur le rôle des femmes dans les opérations de maintien de la paix, précisant toutefois que son pays comptait huit femmes dans son personnel militaire. 


M. BAYANI MERCADO (Philippines) a affirmé que le maintien de la paix et la résolution des conflits devaient contenir une dimension sexospécifique.  Pour que la paix soit durable, a-t-il dit, les processus de négociations et les activités d’édification des infrastructures nationales doivent également comprendre des femmes.  Aux Philippines, a expliqué le représentant, les femmes ont joué un rôle de premier plan dans la résolution des conflits.  Par ailleurs, le Bureau du Conseil présidentiel pour le processus de paix est dirigé par une femme, a-t-il conclu.


M. VLADIMIR DROBNJAK (Croatie) a expliqué qu’en Croatie, la Commission pour l’égalité des sexes a reçu pour tâche d’aider les femmes à tous les niveaux.  Certains résultats concrets ont déjà été obtenus, a-t-il indiqué, rappelant la création du Comité pour l’égalité des sexes et la participation à hauteur de 15% des femmes dans les forces armées croates dont la Ministre elle-même.  De plus, au sein de l’Académie militaire, les questions relatives aux droits de l’homme et au droit humanitaire ont été intégrées dans l’enseignement et une place spéciale est accordée et à la promotion des femmes.  Pour ce qui est de la participation des femmes aux opérations de paix, la Croatie a appliqué directement ce principe et a fourni quatre femmes officiers au contingent allemand en Afghanistan.  Par ailleurs, le représentant a estimé que les ONG jouaient un rôle actif en Croatie dans la promotion du rôle des femmes dans la prévention des conflits.  Il a enfin affirmé que la transition post-conflit ne pouvait se matérialiser si les droits de la femme n’y étaient pas présents.


M. GILBERT LAURIN (Canada) a affirmé qu’il restait encore beaucoup à faire pour la mise en œuvre de la résolution 1325.  Il a par ailleurs interrogé le chef du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU sur la possibilité de prendre une initiative semblable à celle du Département des affaires de désarmement et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires en vue de favoriser une plus grande intégration des questions d’égalité des sexes dans leur travail.  M. Laurin a par ailleurs demandé à M. Guéhenno à quel point s’est opérée l’intégration des perspectives sexospécifiques dans tous les types de formations et a demandé que les considérations de ce type figurent explicitement dans les mandats du Conseil de sécurité. 


M. YASHAR ALIYEV (Azerbaïdjan) a estimé que notre époque voyait l’affirmation des droits des femmes, alors que, en même temps, les femmes étaient la cible première des violences.  Le représentant a par ailleurs souligné le rôle de catalyseur des ONG dans la lutte pour la protection des femmes et s’est félicité que des cadres juridiques internationaux aient été mis en place pour protéger les femmes et les jeunes filles dans les conflits armés.  D’autres formes de violences, y compris les prises d’otage, doivent être reconnues par les institutions juridiques, notamment la Cour internationale de Justice, a affirmé le représentant, qui a également attiré l’attention sur le sort peu enviable des femmes et leurs filles réfugiées.  Il a estimé que les femmes réfugiées devraient participer au processus d’évaluation des besoins, a-t-il conclu.


M. ILEKA ATOKI (République démocratique du Congo) a déclaré que la paix et la sécurité durables ne pourraient être réalisées sans l’émancipation et la pleine participation des femmes.  Selon la Constitution de transition de la République démocratique du Congo, l’Etat a l’obligation d’assurer la pleine participation des femmes au développement de la Nation, a-t-il dit.  La femme congolaise s’attache à résoudre les problèmes spécifiques que connaissent les veuves, les femmes combattantes, les femmes de soldats ainsi que leurs familles et elle est également impliquée dans la prise en charge des femmes, filles en enfants infectés par le VIH/sida, a-t-il ajouté.  Nous nous félicitons de l’ouverture d’un bureau de l’UNIFEM en République démocratique du Congo, a lancé le représentant, attirant toutefois l’attention du Conseil sur les violences que continuent de subir femmes et enfants dans la région de l’Ituri.


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a rappelé le besoin constant d’une coopération étroite entre le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale dans l’élimination de la discrimination et de la violence domestique à l’encontre des femmes.  Il a affirmé par ailleurs que l’attention accordée à la participation des femmes devait être aussi soutenue que celle accordée à leur protection, soulignant le rôle actif des femmes dans les situations de conflits armés, notamment dans les phases de post-conflit.  Rappelant que la nomination de femmes en tant que représentantes spéciales peut jouer un rôle catalyseur dans les processus de paix et avoir des incidences positives sur le niveau de perspectives sexospécifiques dans les débats du Conseil de sécurité, le représentant a regretté le peu de progrès accomplis en ce domaine.


M. JOAHAN L. LOVALD (Norvège) a déclaré que l’adoption de la résolution 1325 a sans aucun doute sensibilisé l’opinion à la question de la contribution des femmes à la paix et à la sécurité dans le monde.  Il est temps de faire le bilan de la mise en œuvre de la résolution, a-t-il noté priant le Secrétaire général de souligner fortement désormais les questions de sexospécificité dans tous ses rapports au Conseil de sécurité.  De plus, il a appelé le Conseil de sécurité à intégrer les éléments de la résolution 1325 dans toutes ses futures résolutions.  Le représentant a en outre salué et soutenu la politique de tolérance zéro du Secrétaire général relative aux actes de violence sexuelle, d’exploitation et d’abus perpétués par le personnel de l’ONU sur le terrain.  Sondant la situation au Sri Lanka, le représentant a expliqué que les parties au processus de paix avaient mis en place un mécanisme d’intégration des femmes dans le processus de paix et a précisé que la Norvège avait nommé un conseiller spécial sur la parité entre les sexes dans le cadre de ce processus.


M. HJALMAR W. HANNESSON (Islande) a rappelé le soutien constant de son Gouvernement au principe de l’égalité des sexes et rappelé que celui-ci finançait depuis trois ans un poste de conseiller sur les questions de parité des sexes au Bureau de l’UNIFEM au Kosovo.  Saluant l’arrivée d’une conseillère intérimaire en sexospécificité au Département des opérations de maintien de la paix, il s’est prononcé pour que davantage de femmes soient nommées envoyées spéciales et représentantes du Secrétaire général.  En conclusion, la délégation islandaise a réitéré son soutien au Statut de Rome, qui représente à son avis une avancée majeure puisqu’il sanctionne la violence sexuelle et met fin à l’impunité autorisant les poursuites à l’encontre des auteurs de crimes et de violences sexuelles.


M. JOSE LUIS GUTERRES (Timor-Leste) a reconnu l’importance de la résolution 1325 pour le maintien de la paix, mais il a noté que beaucoup restait à faire pour la mettre en œuvre.  Au Timor-Leste, a-t-il dit, l’UNIFEM a joué un rôle clé en matière sexospécificité; comme résultat, 27% des membres du Parlement du pays sont des femmes.  Ce pourcentage est proche des 30% de représentation féminine retenue par le Plan d’action de Beijing, a-t-il noté.  Timor-Leste est engagé dans un processus d’édification de la nation. 


M. V.K. NAMBIAR (Inde) a noté qu’aujourd’hui la majorité des victimes des conflits étaient des civils, particulièrement des femmes, affirmant que son pays était victime de terrorisme transfrontalier qui a fait 63 000 victimes, notamment des femmes.  En outre, le succès des élections au Jammu-et-Cachemire est dû aux femmes qui ont participé massivement au scrutin, a-t-il précisé.  Le représentant a ensuite mis l’accent sur ce qu’il a appelé le contraste saisissant entre les politiques en matière de femmes de l’Inde et du Pakistan, et cité, à cet égard, une lettre adressée au Président du Pakistan, par l’ONG «Human Rights Watch» qui déplore la politique discriminatoire des minorités religieuses envers les femmes en Inde. 


M. JOHN NEGROPONTE (Etats-Unis) a rappelé que les Etats-Unis s’investissaient beaucoup dans la participation des femmes dans les zones d’après conflit.  Ainsi, 175 projets à l’intention des femmes étaient en cours en Afghanistan et un stage de formation sur les questions d’intérêt pour les femmes afghanes militantes était actuellement dispensé.  En Iraq par ailleurs, de nombreuses réunions ont eu lieu avec les composantes de la société iraquienne sur la question de la participation des femmes et des conseillères intérimaires consultatives ont été nommées dans les domaines du droit matrimonial, de la prévention des violences contre les femmes et de l’égalité des chances en matière d’emploi.  En République démocratique du Congo, le représentant a rappelé que le Conseil de sécurité avait financé de nombreux programmes visant à faciliter la mise en œuvre de la résolution 1325.  Les Etats-Unis se sont d’ailleurs portés coauteurs d’une résolution en vue d’augmenter la participation des femmes à la vie politique, a ajouté M. Negroponte.  Il a en conclusion attiré l’attention sur l’engagement de son pays dans la lutte contre le commerce sexuel et de la traite d’êtres humains, rappelant l’aide de 50 millions de dollars versée par son Gouvernement aux associations qui luttent contre ce trafic.


La Conseillère principale pour la parité entre les sexes à la MONUC a conclu le débat en soulignant que la sensibilisation à l’égard des questions de sexospécificité était une réalité.  Elle a noté qu’en République démocratique du Congo, la question des élections retenait l’attention d’un grand nombre de femmes.


Droit de réponse


Le représentant du Pakistan a affirmé que les actes de tortures dont sont victimes les femmes du Cachemire et les violences perpétrées par les soldats indiens n’ont pas été inventés par le Pakistan.  Un acte de viol collectif commis par les soldats indiens reste toujours impuni, a souligné le représentant, malgré les rapports rédigés sur la question.


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