14/10/2003
Communiqué de presse
CS/2567



Conseil de sécurité

4841e séance – matin et après-midi


CONSEIL DE SECURITE: LES ETATS ARABES DEMANDENT L’ARRET DE LA CONSTRUCTION

PAR ISRAEL DU MUR «DE LA CONQUETE EXPANSIONNISTE»


Pour Israël, la partie palestinienne est l’architecte principal de

la «clôture de sécurité» en raison de son incapacité à prévenir le terrorisme


A la demande du Groupe arabe que préside la Syrie, le Conseil de sécurité a tenu aujourd’hui une réunion d’urgence sur la situation au Moyen-Orient, et plus particulièrement sur la poursuite par Israël de la construction, dans les territoires occupés, d’un mur de séparation.  Alors que les Etats arabes ont qualifié ce dernier de «mur de la conquête expansionniste», la grande majorité des intervenants a demandé à Israël de mettre un terme à sa construction.  Signifiant pour beaucoup d’orateurs une annexion de facto de la terre palestinienne, l’édification du mur a été perçue comme étant de nature à réduire à néant tout espoir de paix au Moyen-Orient. 


Pour l’Ambassadeur d’Israël en revanche, la construction d’une «clôture», selon ses propres termes, représente une méthode non violente destinée à empêcher le passage de terroristes du centre des villes palestiniennes au cœur des zones civiles israéliennes.  Réfutant les affirmations du représentant de la Syrie qui s’exprimait en sa qualité de Président du Groupe arabe, le représentant d’Israël a refusé de donner une signification politique à la construction du mur qui, selon lui, ne vise pas à créer de frontière.  Il a d’ailleurs rejeté la responsabilité de son édification sur les Palestiniens, en leur reprochant de demeurer passifs face au terrorisme. 


S’exprimant à l’ouverture de cette réunion qui a associé les 15 membres du Conseil de sécurité et une quinzaine d’Etats arabes, Nasser Al-Kidwa, Observateur de la Palestine, a estimé pour sa part que ce mur allait de pair avec la politique de construction des colonies de peuplement.  Israël, a–t-il affirmé, a ainsi transféré illégalement plus de 400 000 colons israéliens dans le Territoire palestinien occupé sur des terres qui constituent 8% de terre palestinienne.  Ces activités constituent selon lui une négation de l’existence nationale d’un peuple autonome et interfèrent sérieusement avec le droit des peuples à l’autodétermination.  Déplorant que 12 à 20% de la Cisjordanie se trouvent de fait annexés par la construction de ce mur, les nombreux Etats arabes qui sont intervenus aujourd’hui ont jugé que cette édification avait pour objectif final d’annexer Jérusalem-Est et, par là, d’enterrer définitivement la vision de deux Etats vivant côte à côte dans des frontières sûres.


A cet égard, le représentant des Etats-Unis a aussi estimé que la construction du mur n’était pas cohérente avec la vision de deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité et qu’elle ne devrait pas entraver la vie quotidienne des Palestiniens.  Les conséquences humanitaires, géographiques et démographiques de la construction du mur ont en effet suscité de vives inquiétudes, notamment de la part du représentant de la France, lequel, au rang des propositions avancées, a envisagé la mise en place sur le terrain d’un mécanisme crédible de supervision par une tierce partie.  Plus globalement, la Feuille de route a été présentée comme le document de référence susceptible de régler le conflit.  De l’avis du représentant de la Fédération de Russie, ce document devrait même faire l’objet d’une résolution spéciale confirmant ses recommandations.


Les représentants des pays suivants sont également intervenus: République arabe syrienne, Royaume-Uni, Espagne, Bulgarie, Mexique, Chili, Guinée, Allemagne, Chine, Angola, Pakistan, Cameroun, Malaisie, République islamique d’Iran, Yémen, Egypte, Cuba, Jordanie, Emirats arabes unis, Japon, Bahreïn, Qatar, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Jamahiriya arabe libyenne, Tunisie, Brésil, Indonésie, Turquie, Italie, au nom de l’Union européenne et des pays associés, Norvège, Nouvelle-Zélande, Liban, Soudan et Népal.  Les observateurs de l’Organisation de la Conférence islamique et de la Ligue des Etats arabes sont également intervenus de même que le Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. 


LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, Y COMPRIS LA QUESTION PALESTINIENNE


Déclarations


M. NASSER AL-KIDWA, Observateur permanent de la Palestine, a déclaré qu’Israël, qui construit un mur expansionniste, commet un immense crime de guerre contre le peuple palestinien dont la magnitude est celle des crimes contre l’humanité.  Si la communauté internationale n’y met pas un terme, Israël sera en mesure de transférer un nombre important de civils palestiniens tout en emprisonnant le reste de notre peuple.  La puissance occupante a commencé à ériger la première tranche de ce mur dans les zones du nord-ouest de la bande de Gaza occupée.  En avril 2003, 27 km du mur expansionniste avaient été construits et à la fin de l’été, 150 kilomètres avaient été achevés.  Le mur de ciment est haut de huit mètres, flanqué de tours fortifiées et de barrières électriques.  De plus, ce mur empiète largement sur le territoire palestinien et a ainsi isolé 105 000 «dunums» de terre.  Il s’agit donc d’une annexion de facto de la terre palestinienne.  La confiscation des terres a déjà eu des conséquences destructrices sur la vie de plus de 200 000 Palestiniens dans 65 villages de chaque côté du mur.  Il a par exemple complètement encerclé la ville de Kalkilia dont les points d’entrée ne sont ouverts que quelques heures par jour.


En ce qui concerne Jérusalem-Est occupé, M. Al-Kidwa a dénoncé l’isolement et les tentatives de modification démographiques de la ville ainsi que la construction du mur nord qui constitue déjà 8 km de long et conduit à la confiscation de 800 «dunums» de terre palestinienne.  Tout cela fait partie des tentatives de création du «Grand Jérusalem» tandis que la ville de Bethléem a connu le même sort.  Le premier octobre, le Gouvernement israélien a adopté les plans de construction de la deuxième phase du mur dont la construction doit commencer avec l’établissement du mur à l’est des colonies de peuplement Ariel et Kedumin.  Si la communauté internationale laisse faire, le mur couvrira 500 km d’un coût de plus d’un milliard de dollars.  Ce mur est une violation de la quatrième Convention de Genève ainsi que de la résolution 242 du Conseil de sécurité.


L’Observateur de la Palestine a estimé que la construction de ce mur va de pair avec la politique d’implantation de colonies de peuplement.  Israël a ainsi transféré illégalement plus de 400 000 colons israéliens dans le Territoire palestinien occupé sur 8% de terre palestinienne.  Israël a mis en œuvre ses politiques expansionnistes en totale violation du Protocole I de la quatrième Convention de Genève et du Statut de la Cour pénale internationale.  Nous estimons que ces mesures sont encore pires que celles prises au cours de la période de colonisation ou d’apartheid.  Il s’agit d’une négation de l’existence nationale d’un peuple autochtone.  L’amputation du territoire palestinien par le mur interfère sérieusement avec le droit des peuples à l’autodétermination.  Israël prétend que la construction de ce mur vise à arrêter les attentats-suicide, ce qui n’est pas logique et ne sert qu’à pérenniser les mêmes allégations pour valider ses crimes.  Israël n’a qu’à construire un mur le long de la ligne d’armistice d’une hauteur de 80 mètres s’il cela lui chante.  Cette mesure qui ne serait pas positive en termes de coexistence entre les deux parties, aurait au moins le mérite de ne pas être illégale et permettrait vraiment de croire qu’Israël entend prendre des mesures en matière de sécurité.  En fait, a précisé M. Al-Kidwa, les visées expansionnistes d’Israël sont au cœur du problème.  Il a donné des exemples pour étayer ses accusations en remontant à la création d’Israël en 1948 et aux guerres ayant suivi avec les pays arabes, précisant que 5,5 millions de «dunums» de terre, soit près de la moitié du territoire israélien, étaient la propriété privée de réfugiés palestiniens, à l’exclusion du désert du Negev.  La construction du mur doit cesser, a insisté l’Observateur de la Palestine.


M. DAN GILLERMAN (Israël) a estimé que le Conseil de sécurité applique une politique de «deux poids, deux mesures» lorsqu’il se réunit pour examiner la construction de la clôture mais ne le fait pas au lendemain d’attentats terroristes qui tuent des centaines de civils innocents.  Par ailleurs, il a fait valoir qu’en optant pour le Jihad plutôt que pour la négociation avec les autorités israéliennes et en foulant de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité, notamment en ce qui concerne le démantèlement des infrastructures terroristes, Arafat avait lui-même condamné toute voie de négociation.  Aucun dirigeant palestinien n’a encore énoncé la vérité morale simple selon laquelle il ne faut pas tuer des innocents, a-t-il poursuivi, soulignant que les Palestiniens avaient récemment refusé de condamner les actes terroristes dans une résolution.


En ce qui concerne la question de la clôture, le représentant a fait valoir que si les Palestiniens avaient lutté fermement contre les terroristes, la construction de la clôture de sécurité n’aurait pas été nécessaire.  En décidant de rester passive face au terrorisme, et même de le soutenir, l’actuelle Autorité palestinienne a été l’architecte même de cette clôture, a poursuivi le représentant d’Israël, qui a précisé que son pays n’avait que peu d’outils pour lutter efficacement contre le terrorisme et que la clôture de sécurité représentait à cet égard une des méthodes les plus efficaces, une méthode non violente, permettant d’empêcher le passage des terroristes et de leurs armes du centre des villes palestiniennes au cœur des zones civiles.  Cette méthode a déjà fait ses preuves, a-t-il ajouté, faisant valoir que la construction d’une clôture dans la bande de Gaza avait permis qu’aucun terroriste ne franchisse Gaza pour lancer des attaques contre Israël.  En outre, le représentant a déclaré que la construction de la clôture permettrait également à Israël de réduire sensiblement la présence de ses forces et la fréquence de ses contrôles dans les villes palestiniennes, accordant ainsi une plus grande liberté de mouvement et une meilleure qualité de vie pour les Palestiniens.  Il a également estimé que la construction de cette clôture, en déjouant les options terroristes, faciliterait peut-être l’avancée des négociations à l’avenir.  Le représentant d’Israël a en outre souligné que les dirigeants locaux palestiniens avaient été consultés sur la construction de la clôture et que de nombreux arrangements avaient été trouvés pour que les agriculteurs puissent continuer à cultiver leurs terres et que les enfants puissent accéder aux écoles et que tous les résidents avaient eu la possibilité de présenter des objections qui sont actuellement étudiées.


Contrairement à ce qu’affirment les Palestiniens, cette clôture n’est pas un mur, a-t-il tenu à préciser, puisque 90% de la clôture n’est pas en dur et que les passages et les mouvements sont garantis.  Elle n’a pas non plus de signification politique, n’annexe pas les territoires palestiniens de facto et ne vise pas à créer une frontière contrairement à ce qui est affirmé, a-t-il souligné, faisant valoir que son seul but était de protéger la sécurité vitale de civils israéliens en danger et qu’Israël espérait bien qu’un jour, la clôture serait démantelée.  Son tracé n’a été dicté que par les terroristes, a-t-il poursuivi, et sa construction vise aussi à contribuer à créer une atmosphère de paix qui permettrait aux deux peuples de reprendre des négociations, a-t-il conclu.


M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a réfuté les accusations portées par le représentant d’Israël qui, selon lui, constitue une manipulation de l’opinion publique.  Ce mur est construit dans le Territoire palestinien occupé, a-t-il insisté, ajoutant qu’Israël a annexé de facto des terres sur lesquels le mur sera construit.  Israël en fait cherche à s’emparer de ce qui reste du territoire palestinien selon la méthode habituelle du mensonge.  La construction de ce mur raciste et expansionniste vise à annexer des territoires occupés depuis 1967 et à confiner les Palestiniens dans des «bantoustans».  Israël s’efforce également d’étendre son annexion à Jérusalem-Est occupé et cherche à y implanter des colonies de peuplement.  Aucune légitimité ne devrait être conférée à de telles pratiques.  Israël s’efforce de justifier ses pratiques en prétendant lutter contre le terrorisme alors qu’il perpétue lui-même des crimes de guerre.  Israël exporte sa campagne expansionniste au Liban et en Syrie.  Le représentant a appelé le Conseil de sécurité à condamner ces pratiques et à dissuader Israël en lui rappelant clairement que leur politique colonialiste et leur l’agression contre la Syrie et le Liban sont illégales.  Si le Conseil manque à assumer ses responsabilités, il devra en assumer un coût élevé en termes de crédibilité.  Le Groupe arabe, qui est présidé ce mois par la Syrie, est coauteur du projet de résolution que nous espérons présenter à la fin de cette séance, a indiqué M. Mekdad.


M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) s’est dit attaché à la Feuille de route et a salué à cet égard les efforts de l’Autorité palestinienne à établir une certaine stabilité.  Le reste du monde jugera les mesures que l’Autorité palestinienne prendra pour condamner et lutter contre le terrorisme, a-t-il poursuivi.  Nous reconnaissons le droit d’Israël à lutter contre le terrorisme, mais l’utilisation disproportionnée de la force par les autorités israéliennes ne fait qu’exacerber le cercle vicieux de la violence, a affirmé le représentant qui, à cet égard, s’est dit particulièrement préoccupé par la construction du mur en dehors de la ligne verte, un mur qui met en péril la vision de deux Etats vivant côte à côte dans la paix.  A cause du mur, les Palestiniens doivent demander l’autorisation de cultiver leurs terres dans leurs propres villages et leur quotidien est bouleversé, ce qui ne fait qu’engendrer la violence, a-t-il en outre estimé.  Par ailleurs, le représentant a souligné que la sécurité d’Israël ne pouvait être obtenue que par un règlement juste et durable et a exhorté les deux parties à mettre en œuvre leurs obligations respectives telles qu’elles figurent comprises dans la Feuille de route pour créer enfin un climat de paix et de sécurité.  Les Palestiniens doivent tout mettre en œuvre pour lutter contre le terrorisme et Israël ne doit pas chercher la solution dans la force et doit démanteler le mur de séparation, a-t-il conclu.


M. INOCENCIO ARIAS (Espagne) a déclaré que cette séance avait pour but d’étudier les conséquences de la construction du mur.  Cette construction ne contribue pas à instaurer un climat de confiance, car le tracé suivant le mur rend plus difficile encore la vision de deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.  La communauté internationale a toujours demandé aux parties de ne pas modifier les réalités sur le terrain.  Cette mesure, notamment la confiscation des terres, a déjà eu des incidences directes sur la mobilité de la population palestinienne et aggrave la crise humanitaire que connaissent les Palestiniens.  Le représentant a ajouté que rien ne peut justifier les attentats commis récemment dans la région mais que cela ne saurait écarter les membres du Conseil du thème dont il est saisi aujourd’hui, à savoir la construction du mur sur le territoire palestinien.


M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) a condamné avec force les attentats-suicide perpétrés par les extrémistes palestiniens et a lancé un appel à l’Autorité palestinienne pour démanteler leurs structures et lutter activement contre leurs actes.  En outre, il a appelé Israël à agir conformément au droit international et s’est dit opposé à la construction inacceptable du mur, un mur qui donnait lieu parfois à la confiscation de terres palestiniennes, empêchait le libre mouvement des Palestiniens et minait tous les espoirs de paix et de négociations équitables.  La Feuille de route est l’unique solution, a-t-il estimé, insistant sur la nécessité pour les deux parties de se conformer aux obligations qu’elle implique.  Le représentant a appelé à cet égard la communauté internationale à convaincre davantage les deux parties à mettre en œuvre cette Feuille de route afin que l’horizon de la paix et de la sécurité soit enfin dégagé.


M. SERGEY LAVROV (Fédération de Russie) s’est dit profondément préoccupé par la situation actuelle au Moyen-Orient, condamnant fermement les attaques terroristes contre la population civile israélienne.  Ce terrorisme, a–t-il précisé, sape les perspectives de création d’un Etat palestinien.  Par ailleurs, le représentant a condamné l’implantation illégale de colonies sur le territoire palestinien et la construction du mur qui doivent cesser dans la mesure où ils vont également à l’encontre de la cohabitation de deux Etats, la Palestine et Israël.  Seule la mise en œuvre de la Feuille de route est valable pour un règlement de la situation.  Si nous ne nous montrons pas fermes sur la mise en œuvre de la Feuille de route, elle risque de rester lettre morte.  Nous réitérons notre proposition visant l’adoption d’une résolution spéciale qui souscrirait à la Feuille de route.  Il est nécessaire de créer un mécanisme de surveillance des obligations des parties et d’organiser la tenue d’une conférence sur la paix au Moyen-Orient, a souligné M. Lavrov.


M. ADOLFO AGUILAR ZINSER (Mexique), condamnant la destruction du camp de Rafah par les forces israéliennes, a déclaré que les méthodes utilisées par Israël pour lutter contre le terrorisme allaient à l’encontre du droit international et contribuaient à exacerber le cercle vicieux à l’origine de l’insécurité qui menace Israël.  Par ailleurs, le représentant a estimé que dans le cadre du processus de paix, Israël avait l’obligation d’éviter la construction d’un tel mur de séparation qui, en dépit de son caractère transitoire, ne faisait qu’attiser les tensions et éloignait un peu plus l’espoir des négociations de paix.  Son existence est lourde de conséquences sur la vie des Palestiniens et pour l’exercice de leurs droits fondamentaux, comme d’ailleurs le déclarent plusieurs ONG indépendantes, a-t-il poursuivi, appelant à cet égard Israël à en suspendre immédiatement la construction.


M. CRISTIAN MAQUIEIRA (Chili) a estimé que la construction du mur par Israël doit être étudiée dans le contexte de la situation générale dans la région.  Ainsi, l’application de la Feuille de route est en pleine crise compte tenu de la destruction de logements civils et la poursuite de la construction de nouvelles colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé.  Rien ne saurait justifier le recours à une force excessive et la prise de mesures qui menaceraient l’édification d’un Etat palestinien.  Nous souhaiterions qu’un processus soit lancé permettant de reprendre le dialogue et de mettre un terme à la construction de ce mur qui, indéniablement, constitue un obstacle insurmontable au problème israélo-palestinien.  Le Conseil de sécurité doit se prononcer sur la question et c’est la raison pour laquelle le Chili appuie le projet de résolution.


M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) a déploré l’aggravation du cycle de violence au Moyen-Orient, dans un climat de défiance réciproque, ainsi que l’exacerbation de la tension.  Dans ce contexte, a-t-il indiqué, la volonté affirmée du Gouvernement israélien d’aller de l’avant dans la construction du mur de séparation constitue une source de grave préoccupation.  Il ne fait aucun doute, a-t-il ajouté, que cette pratique illégale, au nom d’un souci de sécurité, est de nature à renforcer les sentiments de frustration et de haine des populations palestiniennes brimées.  Cette décision conduit inévitablement à élargir le fossé de l’incompréhension entre les deux parties et met en péril l’essence même du processus de paix, à savoir la Feuille de route du Quatuor, laborieusement négociée et dont la mise en œuvre est à peine entamée.  Par leur obstination à établir une barrière entre des populations que rien ne saurait séparer et qui sont condamnées par l’histoire à vivre en harmonie, les autorités israéliennes ont choisi la plus mauvaise option sécuritaire, a regretté le représentant de la Guinée, estimant par ailleurs que le mur de séparation constitue un moyen pernicieux de poursuivre et d’étendre la colonisation des territoires occupés.  Il est de surcroît l’expression avérée de «bantoustanisation» », a fait remarquer, dont le but est de créer des enclaves non viables déniant toute liberté de mouvement au peuple palestinien et réservant les terres les plus fertiles et les plus productrices à l’occupant.  M. Sow a réitéré la condamnation de sa délégation à l’encontre du mur de séparation, qui ne satisfera pas, selon lui, le besoin légitime de sécurité d’Israël.  La Guinée soutient pleinement le projet de résolution présenté par le Groupe arabe sur la question.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a souligné que la construction d’un mur de séparation déviant de la ligne verte et empiétant sur les territoires palestiniens occupés et la poursuite des activités d’implantation de colonies dans les territoires occupés était une question d’une importance vitale pour l’avenir du règlement du conflit israélo-palestinien.  L’enjeu est historique, a-t-il précisé, car il s’agit rien moins que de la possibilité d’un règlement négocié.  Le représentant a rappelé que la France avait marqué publiquement son opposition à la construction du mur de séparation, pour trois raisons principales.  Tout d’abord, la construction selon le tracé choisi est illégale au regard du droit international et ne saurait être justifiée au nom de la lutte contre le terrorisme.  Reconnaissant le droit imprescriptible d’Israël à la sécurité et à son droit à se défendre et à lutter contre les attentats terroristes, M. de La Sablière a fait remarquer que cette défense devait se faire dans le respect du droit.  Ce qui est directement critiquable, a-t-il indiqué, n’est pas tant le mur lui-même que le tracé retenu par le Gouvernement israélien, qui empiète largement sur les territoires occupés en 1967 et ouvre la voie à des confiscations contraires au droit international humanitaire, en particulier à la quatrième Convention de Genève ainsi qu’aux accords signés entre Israéliens et Palestiniens.  A Jérusalem-Est, a fait observer le représentant, la construction du mur remettait en cause un principe fondamental du processus de paix, qui devait permettre que la ville devienne la capitale de deux Etats indépendants et qui devait préserver le statut particulier des lieux saints.  La construction du mur selon le tracé retenu, a-t-il poursuivi, a des conséquences humanitaires inadmissibles, en perturbant gravement les mouvements des personnes et des biens.  Enfin, a-t-il estimé, la construction du mur est contraire à la Feuille de route, qui demande expressément au Gouvernement israélien de n’entreprendre aucune action qui mine la confiance.  Le mur est une structure fixe qui va modifier durablement les données géographiques et démographiques, et préjuge des frontières du futur Etat palestinien, a estimé M. de La Sablière qui a exhorté le Conseil de sécurité à réagir par l’adoption d’une résolution qui marque son opposition à la construction du mur selon le tracé choisi.  Il a en outre recommandé l’organisation d’une conférence internationale et la mise en place sur le terrain d’un mécanisme crédible de supervision par une tierce partie.


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a déclaré que l’effusion de sang qui avait eu lieu ces dernières semaines en Israël et dans les territoires occupés ne devrait pas saper la mise en œuvre de la Feuille de route, qui constitue selon lui l’unique solution à la paix.  Tout en reconnaissant les besoins d’Israël en matière de sécurité, il a estimé que la construction de la clôture de sécurité compromettait la mise en œuvre de la Feuille de route, empêchait la liberté de mouvement des Palestiniens et compromettait leur quotidien.  Par ailleurs, condamnant les terribles attentats-suicide d’Haïfa, il a appelé la direction palestinienne à tout faire pour lutter contre les groupes violents et à démanteler les groupes terroristes.  Enfin, le représentant de l’Allemagne a fait valoir qu’il n’y avait pas d’autre option que la mise en œuvre de la Feuille de route pour faire aboutir la paix et la sécurité dans la région.


M. WANG GUANGYA (Chine), appuyant la tenue du présent débat, a déploré la décision israélienne de poursuivre la construction du mur de séparation.  La cause profonde du problème est l’occupation par Israël des terres arabes et ce mur ne conduira qu’à davantage de violence.  La situation est très préoccupante et le processus de paix se trouve à la croisée des chemins.  Il faut rompre le cercle vicieux de la violence au plus tôt.  Les Israéliens doivent cesser la construction de ce mur, le bouclage des territoires palestiniens et la construction de colonies de peuplement.  Les Palestiniens doivent mettre un terme aux attentats-suicide qui ne servent pas leur juste cause.  La violence ne fait qu’inspirer la violence.  A cet égard, la communauté internationale doit se montrer plus créative.  Certains pays ont proposé le déploiement d’une mission d’établissement des faits ou une conférence sur le Moyen-Orient.  Toutes ces propositions méritent une considération sérieuse.


M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) a réitéré le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et s’est dit attristé par le conflit entre ce peuple et le peuple israélien qui, tous deux, ont tant apporté au monde.  Les actes commis sur le terrain vont à l’encontre de la volonté de la communauté internationale, a-t-il affirmé, jugeant à ce titre la construction du mur comme l’un des plus terribles obstacles à la paix et la sécurité dans la région.  Sa construction crée un climat de peur qui ne donnera aucun résultat positif et qui engendrera même de nouveaux problèmes, anéantissant ainsi toute perspective de paix, a estimé le représentant.  Israël doit être persuadé que sa sécurité à long terme réside dans les négociations et non dans la construction du mur de séparation, qui sape la confiance des Palestiniens à l’égard de la Feuille de route, a-t-il affirmé.  A cet égard, il a exhorté la communauté internationale à soutenir les deux parties dans la mise en œuvre de la Feuille de route, et a estimé que le projet de résolution présenté par la Syrie, au nom du Groupe arabe, adresserait un signe positif aux deux parties. 


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déclaré que le Conseil de sécurité s’était réuni pour débattre une fois de plus de la question de Palestine.  La construction du mur de séparation en territoire palestinien est illégale, a-t-il déclaré.  Il entraînera sûrement des souffrances terribles pour le peuple palestinien.  M. Akram a rappelé à cet égard un principe fondamental énoncé par de la Charte des Nations Unies, à savoir l’illégalité de l’acquisition de territoires par la force.  Toutes les résolutions requièrent le retrait d’Israël des territoires palestiniens, tout comme la Feuille de route du Quatuor.  Or, a rappelé M. Akram, le mur ne suit pas la «ligne verte»; l’argument selon lequel le mur est une mesure temporaire ne peut être retenu.  Sans occupation, il n’y aurait pas de terrorisme.  Le mur a toutes les caractéristiques d’une infrastructure définitive, a déclaré le représentant, soulignant que cette séparation a pour but de maintenir les colonies de peuplement.  Les Conventions de Genève et l’Accord intérimaire entre Israël et l’Autorité palestinienne, a rappelé M. Akram, interdisent de porter atteinte à l’intégrité territoriale palestinienne.  Par ailleurs, a-t-il souligné, la construction du mur est contraire à la Feuille de route.  L’engagement d’Israël à cet égard n’est pas négociable.  La construction du mur aura des conséquences drastiques pour la population: au moins 210 000 Palestiniens seront affectés par le mur.  C’est une annexion illégale, qui doit être déclarée telle par le Conseil de sécurité, a déclaré M. Akram, convaincu que le processus de paix doit être rétabli, et conduire à la réalisation de la vision de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix.


M. MARTIN BELINGA EBOUTOU (Cameroun) a réaffirmé l’attachement de son pays à la Feuille de route et appelé les parties en présence à s’abstenir de toutes mesures de nature à aggraver la situation.  La poursuite des colonies de peuplement et le blocus n’ont-elles pas pour conséquences d’entraver davantage le processus de paix? s’est interrogé le représentant, soulignant ensuite, à l’instar du Quatuor, que la construction du mur de séparation n’est pas de nature à apaiser la situation.  Dans un contexte de défiance mutuelle, Israéliens et Palestiniens ne peuvent parvenir à la paix, a dit M. Belinga Eboutou, plaidant pour un désarmement des cœurs et des esprits.  Sans l’implication résolue de la communauté internationale, le désarmement ne pourra être obtenu avant longtemps, a-t-il ensuite indiqué, invitant le Quatuor à tout mettre en œuvre pour s’assurer que les parties reviennent aux négociations. 


M. JOHN NEGROPONTE (Etats-Unis) a déclaré que les Etats-Unis avaient activement engagé l’Autorité palestinienne et Israël à prendre des mesures pour appliquer la Feuille de route établie par le Quatuor.  Ce processus progresse lentement, notamment en raison de la poursuite des colonies de peuplement et des attentats terroristes.  Il y a quelques jours seulement, le Jihad islamique a revendiqué un attentat qui a fait plus de 20 victimes innocentes.  Les Etats-Unis ont réitéré qu’Israël avait le droit de se défendre.  Toute résolution concernant le Moyen-Orient doit porter sur le tableau d’ensemble, et mentionner notamment les attaques terroristes dévastatrices qu’Israël a dû subir ces derniers jours.  La position des Etats-Unis est que la construction de ce mur n’est pas cohérente avec la vision de deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.  Il est essentiel que sa construction n’entrave pas la vie quotidienne des Palestiniens, et qu’elle n’apparaisse pas comme une infrastructure définitive.  Nous ne pensons pas qu’une nouvelle résolution, portant spécifiquement sur le mur, soit favorable aux progrès sur cette question.  Le Quatuor devra poursuivre ses activités pour promouvoir la vision mise en avant par le Président Bush, de deux Etats vivant côte à côte.  Le Gouvernement américain, par l’intervention de M. Colin Powell et de Mme Condoleezza Rice, reste engagé en faveur de la Feuille de route.


M. YAHYA MAHMASSANI, Observateur permanent de la Ligue des Etats arabes, a considéré que les colonies de peuplement constituaient une menace à la paix et à la sécurité tandis que la construction du mur de séparation par Israël est une nouvelle manifestation de la volonté expansionniste de ce pays qui entend confisquer les terres palestiniennes.  De ce fait, 12 à 20% de la Cisjordanie seraient annexés par la construction de ce mur, et à terme, plus de 45% de la Cisjordanie seront annexés par Israël qui isole déjà les Palestiniens dans des bantoustans entre la «ligne verte» et le mur en question, a ajouté l’Observateur de la Ligue.  Israël a le droit de construire des murs sur son territoire mais certainement pas en terre palestinienne, a fait remarquer M. Mahmassani,

considérant que le mur en construction réduit à néant tout espoir de paix au Moyen-Orient.  Ce mur devrait être immédiatement détruit, a-t-il jugé ensuite, car il étouffera le peuple palestinien en le contraignant à vivre dans un ghetto et aggravera la misère dans les territoires palestiniens.  Faire croire que la construction de ce mur s’inscrit dans la lutte contre le terrorisme est une aberration, a-t-il dit ensuite, mettant en garde contre le risque de voir toute la région précipitée dans la spirale de la guerre.  Le Conseil de sécurité et la communauté internationale doivent faire pression sur Israël pour renoncer à ce mur et retourner à la table des négociations. 


M. RASTAM MOHD ISA (Malaisie), s’exprimant au nom du Mouvement des pays non alignés, a souligné que la construction du mur expansionniste par Israël en territoire palestinien préoccupait profondément les pays non alignés.  Condamnant tant l’escalade de la campagne militaire exercée par Israël à l’égard du peuple palestinien que les attaques-suicide frappant quotidiennement des civils israéliens, le représentant de la Malaisie a toutefois appelé le Gouvernement israélien à faire preuve de retenue.  L’usage disproportionné de la force à l’encontre du peuple palestinien, de même que la mise en œuvre et le renforcement de mesures et pratiques drastiques dans le cadre de l’occupation ne garantira pas une sécurité accrue du peuple d’Israël, a estimé le représentant malaisien.  Au contraire, a-t-il ajouté, les actions entreprises par Israël ont provoqué une violente riposte de groupes militants palestiniens.  Le représentant s’est également inquiété des récentes déclarations d’Israël annonçant son intention de construire quelque 600 maisons dans trois colonies de Cisjordanie.  Pour sa part, le Rapporteur spécial de la Commission des Nations Unies des droits de l’homme dans le Territoire palestinien occupé estime que le mur couperait environ 210 000 Palestiniens des services sociaux, des écoles et de leurs emplois, a ajouté le représentant de la Malaisie, appelant la communauté internationale à réagir face à ce traitement «inhumain et dégradant».  Pour la Malaisie, la crise actuelle s’est davantage aggravée et nécessite dès lors une action immédiate du Conseil de sécurité.


M. MOHAMMAD HASSAN FADAIFARD (République islamique d’Iran), a déclaré que la construction du mur de séparation marquait une nouvelle phase du fléau qui s’est abattu sur le peuple palestinien, et constituait une nouvelle source d’injustice grave à l’égard des Palestiniens. Ce mur, a-t-il déclaré, est un nouveau moyen pour Israël de parvenir à son objectif, à savoir priver les Palestiniens de leurs droits nationaux intrinsèques.  «Ce dont nous sommes témoins à présent est l’impact clair et visible d’une annexion territoriale sous l’apparence de la sécurité», a-t-il déploré, la construction du mur de séparation entraînant la confiscation de territoires palestiniens, la démolition de nouvelles habitations et de commerces, et la dégradation de l’environnement. M. Fadaifard a déclaré que le mur ne pouvait être qualifié de simple barrière, puisqu’il comprenait de larges zones tampons, des tranchées, et des réseaux électrifiés. Les populations prises entre le mur et la ligne d’armistice, a-t-il indiqué, se trouveront coupés de leurs terres agricoles, de leurs lieux de travail, de leurs écoles et de leurs hôpitaux.  Ils resteront pris dans une prison ouverte, où la vie sera si intenable qu’ils finiront déplacés, constituant une nouvelle génération de réfugiés. Le mur, a déclaré le représentant iranien, accompagne la politique illégale d’établissement des colonies, qui seront à son avis les principales bénéficiaires de la construction du mur.  De même, a-t-il indiqué, «les colonies juives illégales continuent de s’étendre parallèlement à la création du mur raciste». 

«Cette décision et les nouvelles colonies constituent une preuve supplémentaire de ce que le régime israélien n’a jamais été sérieux quant à sa volonté de paix, et que son objectif est d’établir des frontières de façon arbitraire et de saboter la possibilité d’établir un Etat palestinien viable».  M. Fadaifard a prévenu que les conséquences de la construction du mur s’étendraient à la région tout entière, notamment à la lumière des «aventures en Iraq», et précisé qu’une réaction tiède de la part de Washington serait interprétée par les Israéliens comme un signe d’approbation implicite de leur décision. L’acquisition de territoires par la force est interdite par la Charte des Nations Unies, a rappelé le représentant iranien, précisant qu’il incombait au Conseil de sécurité de se montrer à la hauteur de ses responsabilités et des attentes de la communauté internationale, et de prendre les mesures nécessaires pour condamner la construction du mur de séparation, et en exiger le démantèlement. 


M. ABDULLAH M. ALSAIDI (Yémen) a rappelé que le Conseil de sécurité se réunissait une seconde fois en moins d’une semaine pour se pencher sur une nouvelle agression israélienne qui menace le processus de paix au Moyen-Orient, à savoir la construction du mur de séparation.  Le Conseil de sécurité est totalement défié par Israël qui foule du pied toutes les résolutions adoptées sur cette question, a déclaré le représentant, dénonçant par ailleurs les allégations sécuritaires mises en avant par le Gouvernement israélien.  La réelle motivation de ce mur est de procéder à de nouvelles annexions territoriales et de détruire l’entité palestinienne en gestation, a-t-il indiqué, déplorant que la communauté internationale soit mise devant un fait accompli.  Le Gouvernement Sharon n’a cessé ses implantations de colonies dans les territoires palestiniens ainsi que les exécutions extrajudiciaires, a poursuivi le représentant, avant de mettre en garde contre une tentative claire de réoccuper les territoires palestiniens et de poursuivre une politique expansionniste.  La sécurité réelle, contrairement à ce qu’affirment les autorités israéliennes, est fondée sur le respect mutuel et le respect des frontières, a affirmé le représentant yéménite, exhortant le Conseil de sécurité à exercer au plus vite des pressions sur Israël en adoptant une résolution lui enjoignant de cesser la construction du mur de séparation et d’observer ses obligations au regard du droit international humanitaire.


M. AHMED ABOUL GHEIT (Egypte) s’est déclaré convaincu que tous les membres du Conseil de sécurité, comme la communauté internationale, comprenaient les difficultés et les dangers de la situation au Moyen-Orient.  Il serait très dangereux de ne tirer les conséquences des actes israéliens, qui peuvent aboutir à des conflits d’une ampleur supérieure, comme l’a illustré l’attaque israélienne en Syrie.  Nous avons condamné cette attaque, a déclaré le représentant égyptien, et le comportement israélien nous conduit à penser qu’Israël n’est pas attaché à la vision de deux Etats vivant à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, mais adopte au contraire un comportement opposé à cette voie.  Le mur de séparation empêche plus de 200 000 Palestiniens de poursuivre une vie normale, et constitue une violation de la quatrième Convention de Genève, a-t-il indiqué.  Ce mur, qui est sensé assurer la sécurité d’Israël et de ses colonies, devrait être construit derrière les lignes de 1949, a poursuivi le représentant égyptien. 

En outre, s’est-il demandé, que penser de la poursuite de la politique de destruction de maisons, de mesures de punition collectives, qui ont pour conséquence d’encourager des actes de représailles, et les attaques contre des civils, que nous avons condamnées.  Le Conseil de sécurité doit maintenir sa détermination et condamner la construction de ce mur afin de préserver la situation dans la région, a déclaré M. Aboul Gheit, avant de lancer un appel à Israël pour qu’il cesse la construction de ce mur, qu’il mette fin à la division du territoire palestinien et qu’il suspende sa politique de construction de colonies.  Comme l’a dit M. Kofi Annan, le 26 septembre 2003, la situation exige la prise de décisions courageuses en vue de sortir de l’impasse actuelle.  Il nous faut des instruments cohérents, un calendrier clair afin de rétablir la situation, a-t-il conclu.


M. BRUNO RODRIGUEZ PARRILLA (Cuba) a dénoncé les politiques d’occupation, le terrorisme d’État et la pratique humiliante du blocus infligés par Israël aux territoires palestiniens.  Rappelant que la communauté internationale avait toujours refusé de reconnaître les conquêtes territoriales illégales d’Israël, notamment celle de Jérusalem-Est, M. Rodriguez Parrilla a invité le Conseil de sécurité à rejeter la construction du mur de séparation qui comprend plus de 7% du territoire palestinien, sans compter les colonies de peuplement de ces dernières années qui constituent de fait une expansion territoriale.  La création de bantoustans sur le terrain rend par ailleurs impossible la création d’un État palestinien et compromet les négociations sur un statut final, a poursuivi le représentant, déplorant que le veto américain soit à l’origine de cette arrogance d’Israël qui foule du pied les résolutions adoptées.  Il a réaffirmé l’appui de Cuba à la cause palestinienne et à la création d’un Etat avec Jérusalem pour capitale et a invité le Conseil de sécurité à tout mettre en œuvre pour contraindre Israël à renoncer à la construction de ce mur de séparation.


M. ZEID RA’AD ZEID AL-HUSSEIN (Jordanie) s’est déclaré très préoccupé par la situation au Moyen-Orient, alors que la Jordanie se trouve au centre de la zone de turbulences.  C’est pourquoi, son pays soutient la vision du Président Bush, qui est d’établir la paix au Moyen-Orient par la coexistence de deux Etats, Israël et la Palestine, et l’application de la Feuille de route.  La Feuille de route définit un calendrier et des mesures précises.  C’est sur cette base que nous devrions œuvrer pour garantir la mise en œuvre des engagements des parties, a insisté le représentant jordanien.  C’est la voie qui nous permettra de parvenir à une paix juste et équitable.  Mais Israël continue ses pratiques illégales en ignorant la quatrième Convention de Genève et en opprimant le peuple palestinien.  Pour sa part, la Jordanie a pris position contre les attentats-suicide, d’un point de vue moral et politique.  Les circonstances actuelles ne feront que renforcer la position des parties les plus extrémistes, et elles ne parviendront jamais à établir la paix en faveur d’Israël.  Nous condamnons cette construction, qui impose une situation de facto au futur Etat palestinien, et qui n’est pas conforme à la Feuille de route.  La construction du mur conduira à l’annexion de plus de 10% du territoire, emprisonnant plus de 210 000 entre les lignes de 1967.  Nous appelons Israël à cesser la construction du mur de façon immédiate, à respecter les lignes de 1967 et à démanteler les colonies de peuplement mises en place depuis mars 2001.  La poursuite de ces constructions est contraire à la vision de deux Etats vivant en paix et en sécurité côte à côte.


M. ABDULAZIZ NASSER AL-SHAMSI (Emirats arabes unis) a estimé que la réaction rapide du Conseil de sécurité face à la détérioration de la situation provoquée par les actions israéliennes était louable.  Il a condamné la construction du mur de séparation qui est dans sa seconde phase et qui viole à son avis les résolutions du Conseil de sécurité et les règles élémentaires du droit international.  Mentionnant les rapports périodiques de M. Roed-Larsen sur la situation au Moyen-Orient, il a mis en garde contre les conséquences humanitaires et politiques du mur de séparation qui contribuera à confisquer les terres palestiniennes.  Le mur qui s’enfonce jusqu’à six kilomètres dans les terres palestiniennes affecte par ailleurs la vie des populations civiles qui ne peuvent plus se déplacer, a dénoncé M. Al-Shamsi.  Il a déploré ensuite les tentatives d’annexion de Jérusalem-Est et de la plus grande partie de la Cisjordanie et regretté que le Conseil de sécurité ne prenne aucune mesure pour mettre un terme à l’agression israélienne contre les Palestiniens.  Il a condamné ensuite les raids aériens et la destruction de maisons palestiniennes, ainsi que les exécutions extrajudiciaires ou les violations de la Ligne bleue, autant de pratiques israéliennes qui doivent cesser immédiatement.  Le Conseil de sécurité doit contraindre Israël à se soumettre au droit international, par une résolution, et à raser le mur de séparation, afin de ne pas détériorer davantage la situation et compromettre les perspectives de paix, a conclu le représentant. 


M. KOICHI HARAGUCHI (Japon) a réitéré sa condamnation des attaques terroristes à l’encontre des populations civiles israéliennes, notamment l’attentat commis à Haïfa le 4 septembre dernier.  Toutefois, l’attaque israélienne contre la Syrie risquait de conduire, à son avis, à une détérioration supplémentaire de la situation dans la région.  Comme l’illustre cet incident, a-t-il déclaré, la situation au Moyen-Orient s’est détériorée, et le «mur de séparation» coupe la ligne verte, notamment autour de la colonie d’Ariel.  Bien que cette barrière ait pour objectif d’empêcher l’intrusion de terroristes, elle a aussi pour effet de préjuger du statut final des négociations, a affirmé le Représentant du Japon, qui a appelé Israël à réviser sa décision de mettre en place la barrière.  Parallèlement, a indiqué M. Haraguchi, le Japon attend de l’Autorité palestinienne qu’elle lutte avec détermination contre la violence des extrémistes, et qu’elle prenne des mesures à cette fin.  Il est indispensable, a-t-il ajouté, que l’Autorité palestinienne reconnaisse pleinement cet impératif.  L’absence de telles mesures de la part de l’Autorité palestinienne ne ferait que donner à Israël des raisons supplémentaires de poursuivre la construction de la barrière, a dit M. Haraguchi, qui a exhorté les deux parties à exercer le maximum de retenue et à reprendre la mise en œuvre de la Feuille de route.


M. TAWFEEQ AHMED ALMANSOOR (Bahreïn) a affirmé que le mur construit par Israël isolait les villages palestiniens les uns des autres, divisait des terres cultivables et coupait la population de son travail, de ses proches et de ses écoles.  La poursuite de la construction de ce mur de séparation signifie la confiscation de nouveaux territoires palestiniens, a-t-il fait valoir, jugeant que l’arrogance d’Israël à persister dans cette entreprise prouvait sa détermination à saboter le processus de paix.  En outre, le représentant du Bahreïn a estimé qu’Israël ne gagnerait pas ainsi la sécurité escomptée et ne mettrait pas fin aux attaques suicide, bien au contraire.  Ce mur raciste ne fait qu’aggraver la situation, a-t-il ajouté.  Il a également estimé que la poursuite de la conquête expansionniste illégale d’Israël constituait une violation flagrante de la Charte des Nations Unies et était en totale contradiction avec la Feuille de route, appelant à cet égard la communauté internationale à faire pression sur Israël pour l’amener à renoncer au mur et d’une manière générale à sa politique expansionniste.


M. JAMAL NASSER AL-BADER (Qatar) a rappelé qu’il y a 54 ans, l’Assemblée générale avait prévu la création de deux Etats ayant des liens économiques et la prévision d’un statut particulier pour Jérusalem.  Il a ajouté que lorsque l’Etat d’Israël a été créé, les Palestiniens n’ont malheureusement pas été en mesure de créer leur propre Etat, en raison des violations par Israël de ses obligations internationales.  La Feuille de route, a indiqué M. Al-Bader, stipule que les parties au conflit doivent entamer des négociations aboutissant à l’instauration de la paix au Moyen-Orient.  A l’heure actuelle, les événements ne nous permettent pas de présager de l’avenir au regard des violations par Israël du droit international et de la quatrième Convention de Genève, a-t-il dit.  Parallèlement, nous constatons une répression accrue de la population palestinienne, qui se traduit par la multiplication de mesures d’imposition d’un couvre-feu, de blocage de l’accès aux organisations internationales, d’isolation du Président Arafat et des dirigeants palestiniens élus, de destruction de maisons.  «Ces actes doivent inciter la communauté internationale à condamner Israël», a déclaré le délégué.  A son avis, la construction du mur aura un impact bien plus grave que le mur de Berlin, qui avait fait l’objet d’une condamnation unanime, puisqu’il aura un effet sur la vie quotidienne des Palestiniens comme sur les négociations de paix.  En conséquence, a-t-il dit, la violence doit cesser, avec le retour des réfugiés palestiniens, et l’établissement d’un Etat dans le cadre du principe «la terre contre la paix».


M. DUMISANI S. KUMALO (Afrique du Sud) a affirmé que la réunion d’aujourd’hui mettait à l’épreuve la capacité du Conseil de sécurité de faire face à la menace à la paix et la sécurité internationales que pose la construction du mur de séparation par Israël.  A ce titre, il a rappelé que le projet de résolution demandait qu’il soit mis fin à la construction de ce mur du fait qu’il est illégal en vertu du droit international et qu’il ne respecte pas la ligne d’armistice de 1949.  La construction de ce mur dont la deuxième phase des travaux avait été récemment approuvée par le Cabinet israélien, empiète sur le territoire palestinien, a déclaré le délégué sud-africain, indiquant que cette nouvelle action d’Israël s’inscrit dans ces tentatives d’expansion territoriale qui remontent à plus de 10 ans.  Se ralliant à la position du Rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme qui a qualifié la situation actuelle d’acte d’annexion territoriale sous couvert d’arguments sécuritaires, le délégué a affirmé que le mur de séparation rendait bien plus difficile un règlement négocié du conflit du Moyen-Orient.


M. ABDULAZIZ AL-BADI (Arabie saoudite) a déclaré que les récents événements dans les territoires palestiniens confirmaient la volonté d’Israël de confisquer et de judaïser davantage ces territoires.  Quiconque rejette cette humiliation, et trouve pour seul recours le sacrifice de sa vie se trouve qualifié de terroriste.  Son clan est aussi puni, alors que l’oppresseur continue d’exercer son droit à la légitime défense, a fait observer le représentant.  La construction du mur a commencé sous le prétexte de garantir la sécurité, mais c’est en réalité un plan élaboré par Ariel Sharon dans les années 70 et appliqué dans les années 80, en vue d’effacer la «ligne verte» et d’annexer ces territoires au territoire israélien.  La dernière phase, un mur de séparation de 90 kilomètres, entame un tiers du territoire palestinien, contraignant de ce fait 200 000 Palestiniens à vivre dans de réelles prisons sans pouvoir se déplacer.  L’objectif de ce mur n’est donc pas la sécurité, mais la conquête de nouvelles terres, et l’humiliation supplémentaire des Palestiniens.  La meilleure preuve de cette humiliation figure dans le rapport

du Rapporteur spécial chargé de la situation au Moyen-Orient: Israël est déterminé à créer une situation de facto d’annexion, qui est loin de réaliser la sécurité du peuple israélien.  Israël n’aurait pas poursuivi ses actions, si le Conseil de sécurité avait assumé ses responsabilités et n’avait pas adopté une politique des «deux poids deux mesures».  Israël n’aurait pas poursuivi la construction des colonies, s’il n’était pas assuré de la protection et de l’immunité de sanctions.  L’Arabie saoudite exhorte donc le Conseil de sécurité à demander à Israël de mettre fin immédiatement à ces constructions et à créer une force d’interposition.


M. LUIS ENRIQUE CAPPAGLI (Argentine) a déploré l’exacerbation de la crise au Moyen-Orient ces dernières semaines, déclenchée par le terrible attentat barbare de Haïfa le 5 octobre dernier.  A cet égard, il a lancé un appel aux autorités palestiniennes pour qu’elles prennent des mesures urgentes pour démanteler les structures terroristes et se conforment aux exigences de la Feuille de route en restructurant leurs services de sécurité.  L’Argentine condamne ces actes de terrorisme qui ne servent pas la cause palestinienne, bien au contraire, a ajouté le représentant.  Reconnaissant le droit de légitime défense d’Israël face à ces attentats, le représentant a cependant estimé que ce droit devait s’exercer conformément au règles du droit international.  Il a exhorté Israël à démanteler les colonies de peuplement illégales, qui constituent un obstacle à la paix.  En outre, il a estimé que la construction du mur en cours était un obstacle supplémentaire aux négociations, puisque le mur entraîne une aggravation de la situation économique et sociale des Palestiniens.  Le représentant a par ailleurs rappelé que son pays avait condamné l’attaque aérienne israélienne envers la Syrie, de même que les attentats terroristes commis envers les civils israéliens et a jugé le risque de montée des tensions entre Israël et la Syrie très inquiétant.  Enfin, il a estimé que la mise en œuvre de la Feuille de route représentait l’unique solution pour que la paix et la sécurité règnent dans la région.


M. ALI ABDUSSALAM TREKY (Jamahiriya arabe libyenne) a indiqué que la construction du mur de séparation révélait le but à long terme d’Israël, à savoir annexer le territoire palestinien par la force.  Cette politique va aboutir à détruire la vie de milliers de Palestiniens, désormais isolés de leur travail et de leurs institutions. Cela constitue également une annexion par Israël de Jérusalem-Est, a-t-il ajouté. Voilà qui démontre le manque de sérieux d’Israël à l’égard de la recherche d’une solution pacifique du problème.  La prise pour cible de Palestiniens innocents, «la destruction récente du camp de Rafah», a-t-il avancé, relève de la responsabilité du Conseil de sécurité, qui doit contraindre Israël, en tant qu’autorité d’occupation, à  mettre fin à toutes les activités entreprises pour annexer de nouvelles terres. Il n’y a pas de raison de ne pas résister à cette forme d’occupation, comme les Européens ont résisté contre les Nazis et les Américains à la colonisation. Le véritable terrorisme est celui poursuivi par les autorités d’occupation. L’Italie fasciste avait utilisé le même prétexte contre les combattants libyens. Les prétextes concernant la sécurité ne sont que des atermoiements, pour justifier l’occupation du territoire palestinien. Or la sécurité ne peut être assurée que lorsque l’occupation du territoire prendra fin.  M. Treky a appelé le Conseil de sécurité à agir en vue de faire pression sur Israël afin qu’il se retire du Territoire. Ce mur n’est qu’une manifestation de cette occupation illégitime, a-t-il conclu.


M. ALI HACHANI (Tunisie) a estimé que l’accélération de la situation au Proche-Orient prouvait combien une action du Conseil de sécurité était nécessaire.  La construction d’un mur sur les terres d’avant la guerre de 1967 constitue une violation flagrante du droit international, de la quatrième Convention de Genève et de la Charte des Nations Unies, a estimé le représentant, qui a jugé la logique israélienne inacceptable et a appelé le Conseil de sécurité à adopter une résolution claire condamnant la construction de ce mur expansionniste de la conquête.  C’est par la détermination politique réelle et non par la création de nouveaux obstacles psychologiques et réels que l’on parviendra à faire avancer le processus de paix dans la région, a fait valoir le représentant tunisien.


M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a déclaré que la dégradation de la situation au Moyen-Orient appelait une réaction du Conseil de sécurité, faisant remarquer que ses réunions d’information mensuelles étaient insuffisantes et risquaient de mettre en jeu sa propre crédibilité. En l’absence de mesures d’envergure, nous risquons une crise de premier plan, a-t-il souligné. Le Brésil condamne la poursuite de la violence, et en particulier toutes les formes de terrorisme.  Seule la reprise des négociations sera à même d’apporter la paix à tous les peuples de la région, a indiqué M. Sardenberg.  Mais l’annonce de la reprise des colonies de peuplement dans les territoires occupés par Israël est de nature à remettre en cause la confiance qui, selon le représentant, est indispensable à l’heure actuelle.  Appelant les parties à retourner à la table des négociations, M. Sardenberg a déclaré que la vision de deux Etats à l’intérieur de frontières reconnues internationalement était le seul moyen viable pour instaurer la paix et la stabilité au Moyen-Orient.


M. REZLAN ISHAR JENIE (Indonésie) a estimé que la construction du mur entravait l’accès des Palestiniens aux services sociaux de base, ces derniers ne pouvant circuler et accéder à leurs terres librement et connaissant donc des conditions de vie encore plus difficiles.  En outre, la construction du mur a conduit à la confiscation de nombreuses terres palestiniennes cultivables, a poursuivi le représentant qui a affirmé que la politique menée par Israël visait uniquement à éroder la capacité du peuple palestinien à survivre.  Par ailleurs, le représentant a estimé que la Feuille de route représentait l’unique solution en vue de la paix et a soutenu l’adoption du projet de résolution, projet équilibré destiné à faire avancer la situation au Moyen-Orient, a-t-il ajouté.


M. UMIT PAMIR (Turquie) a affirmé que les deux parties devraient commencer à appliquer la Feuille de route pour le Proche-Orient.  La construction du mur de sécurité en Cisjordanie compromet sérieusement la réalisation de cet objectif, a-t-il dit.  Cette structure, a ajouté M. Pamir, aggrave les conditions de vie de la population palestinienne et pénètre profondément à l’intérieur des territoires palestiniens.  Dès lors, a-t-il dit, le mur devient l’un des obstacles les plus visibles à une paix juste et équitable pour la région.  Par ailleurs, la délégation turque invite les Palestiniens à faire preuve de détermination dans leur lutte contre les responsables des actes de terrorisme et à démanteler l’infrastructure du terrorisme par tous les moyens.  Toutefois, le mur punit la population dans son ensemble et jette le doute sur les intentions d’Israël, a-t-il affirmé, soutenant que la meilleure solution pour les deux parties serait une adhésion aux dispositions de la Feuille de route.


M. AHMAD HAJIHOSSEINI (Observateur de la Conférence islamique - OCI) a estimé que la construction de la «clôture de sécurité», comme l’appelle Israël est une manifestation flagrante de sa politique expansionniste.  Ce mur est en violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire et son seul but est de compromettre l’intégrité territoriale de la Cisjordanie et d’annexer de facto certaines parties du Territoire palestinien occupé.  Ce mur s’inscrit dans la logique de «bantustanisation» de la Cisjordanie en centaines de petites entités non autosuffisantes, de véritables prisons en plein air entourées de tours de contrôle israéliennes et de colonies de peuplement, a poursuivi M. Hajihosseini.  La forme d’apartheid pratiquée par Israël est semblable sur tous les plans au crime d’apartheid tel que défini dans la Convention internationale contre l’apartheid de 1976, a-t-il ajouté.  Rappelant que l’OCI a condamné la construction du mur de l’expansion dans son communiqué final de septembre 2003, il a également réitéré la demande de l’Organisation qu’une force internationale soit déployée dans les territoires palestiniens occupés.  Un tel mécanisme devrait permettre de superviser le retrait des forces d’occupation israéliennes de ces territoires, a-t-il précisé.  Selon lui, il s’impose d’autant plus qu’on assiste dans les territoires à une escalade de la violence à l’égard des Palestiniens qui doivent être protégés.  Pour l’Observateur, la seule issue possible pour le Conseil de sécurité consiste à obliger Israël à mettre fin à sa campagne militaire brutale et à sa politique de colonies de peuplement et de revenir à la table de négociations.


Au nom de l’Union européenne (UE) et des pays associés, M. MARCELLO SPATAFORA (Italie) s’est dit être fermement opposé à la construction par Israël d’un mur de séparation en Cisjordanie.  Il a exhorté le Gouvernement d’Israël à mettre terme à cette construction dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem et dans ses environs, ainsi qu’aux confiscations de terrain et aux démolitions de maisons.  La construction du mur mine la confiance des Palestiniens dans la Feuille de route et semble préjuger des frontières définitives du futur Etat palestinien, a ajouté le représentant, qualifiant d’inacceptable le tracé actuel et prévu de cette «barrière de sécurité».  Le représentant a par ailleurs vivement condamné les attaques terroristes perpétrées contre des citoyens israéliens et demandé à l’Autorité palestinienne de prendre immédiatement des mesures énergiques contre les individus et les groupes responsables de ces attaques.  L’Union européenne demande en outre au Gouvernement d’Israël de prendre des mesures immédiates pour soulager la situation dramatique qu’endurent les Palestiniens sur les plans économique et humanitaire, ainsi que pour faciliter le mouvement des biens et des individus et assurer l’accès aux organisations humanitaires internationales.  Le représentant a réaffirmé l’importance stratégique de l’Autorité palestinienne comme partenaire de la paix et lui a réitéré son appel pour qu’elle déploie des efforts visibles visant à démanteler les organisations terroristes et à poursuivre les réformes économiques et sécuritaires.  Ayant rappelé la nécessité d’une action coordonnée de la communauté internationale, M. Spatafora a en conclusion souligné le besoin d’un mécanisme de contrôle efficace et crédible sur le terrain afin de mettre en œuvre la Feuille de route.


M. JOHAN L. LOVALD (Norvège) a lancé un appel aux parties au conflit du Moyen-Orient pour qu’elles relancent l’application de la Feuille de route, soulignant que ce plan avait l’appui de la communauté internationale et avait été accepté par les parties.  Rappelant la position de la Norvège qui condamne fermement le terrorisme, position que le Ministre des affaires étrangères d’Oslo ne manquera pas de répéter au Président Arafat lors de leur entrevue d’aujourd’hui, le représentant norvégien a indiqué que cette occasion serait pour demander au Président Arafat de consolider les organisations sécuritaires palestiniennes en les dotant de réels pouvoirs.  Tout en reconnaissant le droit à l’autodéfense d’Israël, la Norvège est profondément préoccupée par la récente décision du Gouvernement israélien portant sur la trajectoire de la deuxième partie du mur qui empiète largement sur le territoire cisjordanien, a-t-il dit.  Cette trajectoire entraînera selon lui des confiscations de terres palestiniennes, empêchera les fermiers d’accéder à leurs terres et entravera la liberté de mouvement des habitants de certains villages palestiniens.  Constatant qu’aux yeux des Palestiniens cette trajectoire traduit en réalité les frontières décidées unilatéralement par le Gouvernement israélien du futur Etat palestinien, M. Lovald a expliqué que la construction de ce mur entame aussi la confiance que portent les Palestiniens au processus de paix, ce qui remet en cause les chances de la solution basée sur deux Etats.  Pour sa part, le Gouvernement de la Norvège aurait préféré que ce mur n’existe pas, partant du principe que les problèmes d’ordre sécuritaire d’Israël ne trouveront leur solution que dans l’arrêt de l’occupation et la création d’un Etat palestinien vivant côte à côte avec Israël en paix et en sécurité.  Cependant, si le Gouvernement israélien décide de continuer la construction de ce mur, le Gouvernement norvégien estime qu´il devrait suivre le trajet de la ligne verte en territoire israélien, mais pas en Cisjordanie, a conclu le délégué.


M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande) s’est dit très préoccupé par l’escalade de la violence ces derniers mois au Moyen-Orient et notamment par les terribles attentats de Haïfa, qui ont fait des dizaines de morts civils innocents.  A cet égard, il a jugé essentiel que les actes d’un petit nombre ne détruisent pas tous les espoirs pour la paix, et a exhorté la communauté internationale à faire pression sur les deux parties pour qu’elles mettent en œuvre la Feuille de route, seule solution pour une paix durable dans la région.  Par ailleurs, le représentant a exhorté Israël à revenir sur sa décision de poursuivre la construction du mur « dit de sécurité » et a appelé l’Autorité palestinienne à tout mettre en œuvre pour lutter contre le terrorisme et démanteler les organisations terroristes.  Enfin, il a estimé que la communauté internationale devait encourager de nouvelles étapes de réforme au sein de l’Autorité palestinienne.


M. SAMI KRONFOL (Liban) a compté parmi les dangers qui se manifestent aujourd’hui au Moyen-Orient la poursuite de la construction d’un mur gigantesque qui empiète sur la Cisjordanie et qui accentue encore l’isolement des Palestiniens.  La construction de ce mur s’inscrit dans un contexte plus vaste que nous voyons se concrétiser dans la bande de Gaza, qu’Israël coupe de force en quatre secteurs, pour soumettre la population à son autorité, a poursuivi le représentant.  Le mur comprend un système intégré de gros œuvre avec des tours d’observation et des casernes.  Il dépasse de trois fois la taille du mur de Berlin et les coûts qu’engendre sa construction sont astronomiques.  La politique expansionniste qu’Israël mène depuis sa création a provoqué une grave crise humanitaire pour la population palestinienne et s’est traduite par le déplacement de quatre millions de personnes.  Nous avons maintenant une troisième génération de Palestiniens qui n’ont pour issue que de vivre dans des camps de réfugiés, a déploré le représentant avant de souligner qu’Israël continue, dans le même temps, de mettre en place des colonies de peuplement en dépit de l’opposition de la communauté internationale.  Le peuple palestinien ne connaît que des tragédies du fait du vol patent de son territoire.  La poursuite par Israël de la construction du mur isolera la Palestine du reste du monde et de son environnement physique.  Selon le représentant, l’avenir proche montrera qu’Israël renforce l’isolement du peuple palestinien dans un ghetto semblable à celui révélé par l’histoire en Europe.  Si le Gouvernement d’Israël continue d’ignorer les avis de la communauté internationale et poursuit cette construction, il donnera un témoignage supplémentaire des injustices perpétrées contre le peuple palestinien, de son égoïsme et de l’attitude inhumaine de son peuple.


M. MAGDI TAHA (Soudan) a estimé que l’on s’approchait d’un point de non-retour en ce qui concerne la situation au Moyen-Orient et a souhaité que le Conseil de sécurité adopte aujourd’hui une position juste et décisive afin qu’il retrouve sa crédibilité dans cette région du monde.  La gravité de la situation actuelle et la politique expansionniste d’Israël ont mis fin aux espoirs d’une mise en œuvre de la Feuille de route a-t-il estimé, ajoutant que la construction du mur bafouait davantage le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité, ce dernier n’étant plus qu’un spectateur passif qui regarde Israël dévorer de force les territoires palestiniens.  A ce titre, il a estimé que, plus que jamais, le Conseil de sécurité était aujourd’hui appelé à prendre des décisions qui lui permettraient de restaurer sa crédibilité face à la situation au Moyen-Orient et de remettre la Feuille de route sur les rails.


M. MURARI RAJ SHARMA (Népal) a rappelé que le peuple palestinien a le droit de vivre dans la sécurité et de protéger ses terres.  Les Israéliens ont quant à eux le droit de vivre à l’intérieur de frontières sûres.  Le représentant a cependant regretté que le mur de séparation ne fasse qu’aggraver la situation sur le terrain.  Le Népal ne verrait pas d’inconvénient à sa construction si elle était prévue sur le territoire israélien.  En ce qui concerne l’attaque israélienne perpétrée en territoire syrien, le Népal réitère qu’il est illégal d’attaquer un pays sans qu’il y ait eu de provocation de sa part.  Le représentant a souligné que les mesures audacieuses prévues par la Feuille de route doivent être mises en œuvre.  La communauté internationale doit tout faire pour éviter de nouvelles effusions de sang au Moyen-Orient, a souligné le représentant, estimant que le moment est peut-être venu pour déployer une force internationale afin de sauvegarder la paix.  Enfin, il a exhorté le Conseil de sécurité de lancer un appel clair aux parties et de les encourager à reprendre les négociations.


M. PAPA LOUIS FALL, Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, a noté que, selon divers témoignages, le mur dit de séparation mordrait jusqu’à 6 km à l’intérieur de la Cisjordanie, séparant des dizaines de milliers de Palestiniens de leur environnement naturel, même existentiel, tout en encerclant hermétiquement nombre de localités et zones palestiniennes, avec pour graves conséquences la remise en question de la continuité territoriale du futur Etat palestinien et des négociations sur le statut définitif.  Donnant dans ce qui est dénoncé comme de la provocation ou de l’arrogance, le Gouvernement israélien, a fait remarquer M. Fall, vient d’approuver de récentes informations, d’approuver la deuxième phase de construction du mur d’«Elkan» à Jérusalem, où un réseau distinct de barrières serait en cours d’installation.  Contrevenant à la quatrième Convention de Genève,

ces travaux de construction auront pour effet de créer des enclaves murées dans lesquelles seraient confinés des milliers de Palestiniens dans des «camps de détention à ciel ouvert», comme le stigmatise le président de «Médecins sans frontières».  Le mur affecte non seulement le peuple palestinien mais aggrave également les tensions et compromet gravement la stabilité de la région ainsi que l’espoir du processus de paix.  C’est pourquoi, M. Fall a jugé impérieux que le Conseil de sécurité exhorte Israël à cesser l’expansion de ce mur et à le démanteler, et l’a appelé à tout mettre en œuvre pour réactiver la Feuille de route, qui constitue la meilleure alternative pour la région.


Reprenant la parole, l’Observateur permanent de la Palestine est revenu sur la déclaration que le représentant d’Israël a prononcée de ce matin devant le Conseil de sécurité regrettant qu’aucun représentant palestinien n’ait condamné le meurtre de civils innocents.  Cette allégation est fausse, a tenu à rectifier M. Al-Kidwa qui a réaffirmé que l’on ne peut donner la mort à des innocents, qu’ils soient Israéliens ou Palestiniens.  La décision d’Israël de construire ce mur ne pouvait constituer l’unique option pour assurer sa sécurité.  Ce choix aurait été justifié s’il avait été édifié sur la base de la ligne d’armistice de 1949 ou sur le territoire israélien.  Le représentant israélien a dit en outre que la ligne verte n’était pas une frontière.  En d’autres termes, il estime qu’il n’existe pas de territoire occupé.  C’est là le fond même du problème, a fait observer M. Al-Kidwa qui considère que le Gouvernement israélien rejette en somme la paix.  Tant que cette position sera défendue, il ne pourra y avoir de paix dans la région, a conclu l’Observateur de la Palestine.


Le représentant d’Israël a estimé que ceux qui voulaient censurer Israël aujourd’hui avaient beaucoup parlé mais montré peu de faits convaincants.  L’argument palestinien selon lequel l’occupation serait la source de tous les maux sonne bien creux lorsque l’on sait que la partie palestinienne a rejeté toutes les possibilités de négociations de paix, a-t-il affirmé.  Le peuple palestinien rejette le droit du peuple juif à l’autodétermination, a poursuivi le représentant, estimant que ce n’était que lorsque les Palestiniens auraient accepté ce droit et auraient assumé un certain sens des responsabilités que les deux parties pourraient avancer vers la paix.  Le représentant israélien a également fait valoir que ce mur de sécurité avait permis d’épargner beaucoup de vies.  Les personnes tuées dans l’attentat d’Haïfa perpétré par des terroristes qui avaient réussi à s’infiltrer auraient été sauvées aujourd’hui si un tel mur avait existé à cet endroit, a-t-il enfin affirmé.


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