29/09/2003
Communiqué de presse
CS/2560



Conseil de sécurité

4834e séance – matin


LE CONSEIL DE SECURITE SE FELICITE DE L’ADOPTION DE LA CHARTE DE LA TRANSITION QUI OUVRE LA VOIE AUX ELECTIONS EN GUINEE-BISSAU


«Pays en détresse» ou «pays en déclin social et économique risquant de sombrer dans une guerre civile», la Guinée-Bissau a fait l’objet, ce matin, d’une réunion d’information du Conseil de sécurité à laquelle ont participé le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, Tuliameni Kalomoh, le Ministre des affaires étrangères de la République démocratique du Timor-Leste et Envoyé spécial de la Communauté des pays lusophones (CPLP) en Guinée-Bissau, Jose Ramos Horta, et le Représentant permanent de la Guinée-Bissau, Alfredo Lopes Cabral. 


Le Sous-Secrétaire général a fait part de l’évolution de la situation depuis le coup d’Etat du 14 septembre dernier qui a conduit à la démission du Président Kumba Yala et à l’adoption, ce 28 septembre, d’une Charte de la transition.  Cette dernière, qui prévoit la mise en place d’une Présidence de la transition, d’un Comité militaire pour la restauration de l’ordre constitutionnel et démocratique, d’un Conseil national de transition et d’un gouvernement de transition, fixe les élections législatives au 28 mars 2004 au plus tard et les élections présidentielles dans l’année qui suit l’installation de l’Assemblée nationale. 


Après la prestation de serment, intervenue hier, de MM. Henrique Pereira Rosa et Arthur Sanha, respectivement comme Président et Premier Ministre de la transition, le Sous-Secrétaire général a affiché un certain optimisme qu’il a néanmoins modéré en raison de la persistance des tensions économiques et sociales qui, selon lui, risquent de faire sombrer le pays dans une guerre civile.  La situation actuelle a incité le représentant de la Guinée, Alpha Ibrahima Sow, à souligner que l’échec du Président Kumba Yala tient, entre autres, à l’inadéquation du soutien international qui a inévitablement conduit à de faibles résultats socioéconomiques.  Selon lui, la situation de la Guinée-Bissau permet, en fait, de tester les mécanismes à mettre en place en période de transition dans un pays démuni et miné par de multiples contradictions et qui, en outre, ne bénéficie pas du concours financier du FMI et de la Banque mondiale. 


Le pays a un besoin énorme d’assistance économique, a dit en écho l’Envoyé spécial de la Communauté des pays lusophones, en plaidant ainsi auprès des institutions de Bretton Woods.  Ces mêmes institutions, le représentant de l’Angola, Ismael Abraao Gaspar Martins, les a appelées à faire preuve de souplesse en évitant d’assortir leur aide à des conditionnalités qui pourraient être politiquement exploitées.  En règle générale, les membres du Conseil se sont félicités du rôle joué par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine et la Communauté des pays lusophones. 


Condamnant, une nouvelle fois, le coup d’Etat du 14 septembre, les membres du Conseil se sont surtout attachés à l’examen du processus préparatoire des élections générales.  Ils ont donc appelé à un strict respect des échéances fixées par la Charte de la transition en souhaitant savoir le rôle que les Nations Unies peuvent jouer en la matière.  Sur le plan économique, les membres du Conseil ont salué les efforts du PNUD avant d’entendre le représentant de la Guinée-Bissau lui-même rappelant que l’existence d’un fonds de gestion économique d’urgence «qui s’il est bien alimenté pourra aider le pays à répondre à certaines exigences d’ordre financier».


Parlant ainsi au nom d’un «pays en détresse», M. Lopes Cabral a défendu le coup d’Etat du 14 septembre en arguant qu’on ne peut demander à un peuple de souffrir indéfiniment du fait d’une mauvaise gestion des affaires du pays.  Dans les circonstances actuelles, le représentant a souligné qu’avec l’aide Conseil de sécurité et du reste des membres de la communauté internationale, il sera possible de relever les défis du rétablissement de l’ordre constitutionnel et de la création des conditions propices à une démocratie véritable.  Le pays fera tout, a-t-il promis, pour mériter la confiance de la communauté internationale.



LA SITUATION EN GUINÉE-BISSAU


Déclarations


M. TULIAMENI KALOMOH, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, a fait part de l’évolution de la situation en Guinée-Bissau depuis le coup d’Etat du 16 septembre dernier.  Décrivant les conditions difficiles qui y prévalaient avant ce coup d’Etat, le Sous-Secrétaire général a souligné que les militaires qui l’ont perpétré avaient pour objectifs de rétablir l’autorité de l’Etat, d’éliminer les politiques partisanes, d’établir un gouvernement de transition et de paver la voie aux élections.  Après le coup d’Etat, la CEDEAO a lancé un effort de facilitation et de médiation avec le soutien actif de la Communauté des pays lusophones.  L’Accord conclu après les efforts de médiation prévoyait le retour des forces armées dans leurs casernes, l’établissement d’un gouvernement dirigé par un civil et la tenue d’élections générales, a rappelé M. Kalomoh.  Le jour de la signature de l’Accord, le Président Kumba Yala a donné sa démission et les membres de la CEDEAO se sont rendus en Guinée-Bissau afin de dégager un consensus sur les dispositions de la transition.


Entre-temps, la Commission technique composée des représentants de tous les partis politiques et de la société civile a commencé à élaborer une Charte pour la transition, a-t-il encore indiqué.  Par ailleurs, le Comité militaire a nommé M. Henrique Rosa, Président de la transition et M. Arthur Sanha, Premier Ministre de cette transition.  Après deux semaines de négociations, la Charte de la transition a été signée, le 28 septembre, par le Comité militaire.  La Charte se définit comme un instrument capable d’assurer le retour à la situation constitutionnelle normale.  Elle prévoit en effet la mise en place des organes suivants: la Présidence de la transition, le Comité militaire pour la restauration de l’ordre constitutionnel et démocratique, le Conseil national de transition et le Gouvernement de transition.  La Charte précise par ailleurs que les élections législatives doivent se tenir dans les six mois après la signature de la Charte, à savoir le 28 mars 2004 au plus tard.  Les élections présidentielles devraient quant à elles, se tenir dans l’année qui suit l’installation de l’Assemblée générale. 


Hier, MM. Henrique Pereira Rosa et Arthur Sanha ont prêté serment comme Président et Premier Ministre de la transition.  La classe politique, les militaires et la société civile semblent avoir repris le dessus et sont parvenus à une solution de consensus pour la période de transition.  Il existe aujourd’hui une atmosphère de concessions réciproques, a estimé le Sous-Secrétaire général, qui a souligné toutefois la persistance des tensions économiques et sociales dans le pays.  Il faut absolument assurer une transition harmonieuse en répondant aux besoins économiques et budgétaires du Gouvernement de transition, a-t-il lancé pour conclure.


M. JOSE RAMOS HORTA, Ministre des affaires étrangères de la République démocratique du Timor-Leste et Envoyé spécial de la Communauté des pays lusophones en Guinée-Bissau, a rappelé qu’il avait visité la Guinée-Bissau en août 2003, en amont des élections qui devaient avoir lieu en octobre pour s’assurer qu’elles se dérouleraient dans le calme et la confiance.  A cette occasion, il a rencontré l’ancien Président, plusieurs ministres, des représentants du Gouvernement et de la police ainsi que du corps diplomatique, des chefs religieux et des syndicalistes.  Lors des entretiens qu’il a eus, M. Horta s’est aperçu du désenchantement généralisé que provoquait l’administration du pays et était convaincu qu’une intervention militaire aurait lieu.  Selon M. Horta, cette intervention a été bien accueillie et d’autant qu’il n’y a pas eu de violence; en outre, ceux qui sont actuellement au pouvoir se sont engagés à ramener l’ordre et la tranquillité dans le pays, a-t-il indiqué. 

M. Horta a été impressionné par la grande dignité et la fierté dont ont fait preuve dans le passé les habitants de la Guinée-Bissau compte tenu du fait qu-e les soldats et les officiers n’avaient pas reçu leurs soldes pendant des mois.  Dans une région ébranlée par la violence, la Guinée-Bissau était une oasis de calme, a-t-il estimé.  Par ailleurs, l’ONU a joué un rôle extrêmement utile de médiateur.  A cet égard, M. Horta a formulé l’espoir que son mandat serait prolongé, affirmant que le pays avait un besoin énorme d’assistance économique.  C’est pourquoi il a invité les institutions de Bretton Woods à être plus pragmatiques et à instaurer un moratoire pour permettre au pays de revenir à la normale.  Il y a une forte pluviométrie en Guinée-Bissau et ce pays peut devenir le grenier à blé de la région si on lui en donne les moyens, a souligné M. Horta.  Il faut par ailleurs donner aux militaires le bénéfice du doute car ils ne souhaitent pas rester au pouvoir et entendent s’engager dans la restructuration du pays, a conclu l’Envoyé spécial. 


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a espéré que les prévisions d’un avenir plus radieux en Guinée-Bissau ne seraient pas démenties.  Il a rappelé que son pays avait condamné le coup d’Etat et a salué une nouvelle fois le rôle constructif de la CEDEAO.  Il a souhaité un retour rapide à l’ordre constitutionnel et la non-remise en question du processus électoral en cours.  La Guinée-Bissau, a-t-il ajouté, est à un tournant de son Histoire.  Craignant la faillite de l’Etat en raison des conditions difficiles qui règnent dans le pays, le représentant a jugé urgent de redresser la situation afin que le peuple de la Guinée-Bissau ait un avenir de prospérité.


M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) s’est félicité de la réaction rapide des deux organisations régionales face à la crise en Guinée-Bissau.  Il a également remercié la communauté internationale pour sa réaction en rappelant que la situation actuelle en Guinée-Bissau était un exemple d’un cycle dangereux qui peut mener à une situation incontrôlable.  Il est donc important, a-t-il souligné, que la communauté internationale agisse de manière constructive.  Tout doit être fait pour que l’installation du Gouvernement de transition se fasse sans heurts, a-t-il dit.  La communauté des donateurs doit renoncer à assortir sa réponse aux besoins du pays de conditions que l’on peut instrumentaliser.  Se félicitant, une nouvelle fois, des efforts régionaux et soulignant l’importance du Groupe de travail du Conseil économique et social sur la Guinée-Bissau, le représentant a conclu en attirant l’attention du Conseil sur l’urgence de la situation.


M. ALEXANDER KONUZIN (Fédération de Russie) s’est dit préoccupé par la situation en Guinée-Bissau qui, ces derniers mois, s’inscrit dans une série de coups d’Etat.  Il a rappelé que lors de la mission du Conseil de sécurité dans la région, les contacts établis avec l’opposition politique et la société civile avaient montré que le Président de la Guinée-Bissau vivait dans un vide social et un désordre gouvernemental total.  La Russie, comme un grand nombre de pays, a condamné le coup d’Etat.  Cependant, cela ne suffit pas.  Il faut aussi comprendre les raisons de ce qui s’est passé.  A cet égard, le représentant a fait remarquer qu’il existe des traits communs à beaucoup de régimes africains, à savoir une faiblesse de l’Etat et des institutions.  L’absence d’un mécanisme démocratique qui fonctionne empêche la société de garantir une alternance du pouvoir constitutionnel.  Ce dont ont besoin un grand nombre de pays, c’est d’une volonté politique de consolider les normes universelles de la démocratie et de faire en sorte qu’elles soient respectées car là où la démocratie s’est enracinée, le pourvoir constitutionnel n’est pas menacé.  L’ONU et l’Union africaine ont un rôle particulier à jouer dans ce domaine, a souligné le représentant.  Le Conseil de sécurité doit, quant à lui, s’assurer que les élections se dérouleront dans de bonnes conditions.  A cet égard, le représentant a demandé de préciser les moyens dont dispose l’ONU pour appuyer le processus démocratique et pour faire en sorte que les élections qui sont prévues aient lieu à temps. 


M. JAMES CUNNINGHAM (Etats-Unis) s’est félicité, à son tour, du rôle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et des autres membres de la communauté internationale.  Nous avons tous le même intérêt, a-t-il dit, à savoir le rétablissement d’un gouvernement civil, l’amélioration de la situation économique et sociale et le retour à l’ordre constitutionnel.


Prenant note des mises en garde concernant un dérapage de la situation en Guinée-Bissau, M. MASOOD KHALID (Pakistan) a appelé la communauté internationale à déployer tous les efforts nécessaires.  La Guinée-Bissau, a-t-il dit, peut redevenir un exemple pour l’ONU, la communauté des donateurs et l’ensemble de la communauté internationale.  Un échec dans ce pays serait fatal pour la crédibilité et l’efficacité de l’ONU, étant donné que la situation de ce pays est examinée à la fois par le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social.  Les efforts des Nations Unies doivent être déterminés et fondés sur des principes tout en exerçant la souplesse nécessaire.  La transition démocratique doit être soutenue, a –t-il ajouté, en se disant surpris d’apprendre qu’un pays comme la Guinée-Bissau, qui a du mal à payer ses fonctionnaires, n’a jamais pourtant dérogé à ses obligations à l’égard du Fonds monétaire international.  Le représentant a donc plaidé pour que la communauté internationale ne laisse pas la Guinée-Bissau s’abîmer dans un gouffre aux conséquences incalculables.


M. MARTIN CHUNGONG AYAFOR (Cameroun) a rappelé la ferme désapprobation de son pays du coup d’Etat militaire en Guinée-Bissau.  Il s’est aussi félicité de ce que la junte militaire ait refusé de se maintenir au pouvoir et ait ouvert la voie à une sortie de crise.  Il a ensuite salué l’action politique prompte des Présidents Kufuor, Obasanjo et Wade ainsi que celle de la CEDEAO.  A présent, l’armée doit maintenir sa promesse de ne pas intervenir dans le processus politique.  Le représentant a ajouté qu’en raison de la persistance de la crise sociale et politique, le pays a plus que jamais besoin de l’assistance internationale pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets.  Le Conseil de sécurité doit, pour sa part, encourager toutes les parties à suivre de près l’évolution de la situation.


M. HERALDO MUNOZ (Chili) a salué le rôle fondamental de la CEDEAO dans le règlement de la crise en Guinée-Bissau et s’est dit satisfait de l’adoption d’une Charte de transition.  Néanmoins, le Conseil de sécurité doit suivre de très près le gouvernement intérimaire pour veiller à ce qu’il ne commette pas les mêmes erreurs que le gouvernement précédent. 


M. INOCENCIO ARIAS (Espagne) a condamné le coup d’Etat en Guinée-Bissau en dépit du fait qu’il n’y ait pas eu de victimes et a lancé un appel aux militaires pour qu’ils rétablissent la légitimité constitutionnelle.  Le rétablissement des institutions civiles devra aboutir à la tenue d’élections libres et démocratiques à court terme.  Enfin, le représentant a lancé un appel pour une aide internationale en faveur de la Guinée-Bissau.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a réitéré sa condamnation du coup d’Etat en Guinée-Bissau tout en appuyant la démarche de la CEDEAO.  Dans une telle situation, les organisations régionales peuvent être d’un grand secours, a-t-il insisté.  La situation reste toutefois très préoccupante et il est important que le Conseil de sécurité la suive de très près.  Ayant pris note des informations communiquées ce matin, le représentant a jugé que la voie est désormais ouverte pour la restauration de l’ordre constitutionnel.  Il a donc jugé indispensable que les autorités de la transition mettent tout en œuvre pour organiser les élections législatives.  Que peuvent faire les Nations Unies pour garantir le respect du calendrier fixé? a demandé en conclusion M. La Sablière. 


M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) a appelé à une vigilance accrue et au suivi régulier de l’évaluation de la situation.  La déposition du Président Kumba Yala, a-t-il argué, vient une nouvelle fois révéler qu’en Afrique, seule une réponse collective et ferme de la sous-région peut s’opposer et empêcher le succès d’un coup d’Etat.  A cet égard, il a salué l’action rapide de la CEDEAO et de l’Union africaine.  Il s’est aussi félicité de la contribution positive de l’ONU et de la Communauté des pays lusophones.  La démission du Président Kumba Yala, l’appel qu’il a lancé à la formation d’un gouvernement civil d’unité nationale et à l’organisation d’élections générales, ont été favorablement accueillis par le peuple de la Guinée-Bissau, les pays de la sous-région et certains membres de la communauté internationale, a rappelé le représentant.  C’est cela, a-t-il affirmé, qui a permis d’aboutir à la Charte de la transition.  Maintenant qu’une paix relative est instaurée, il faut consolider les choses par des mesures politiques, économiques et sociales concrètes.  Le représentant a donc sollicité l’aide des organisations pertinentes.  La Guinée-Bissau a plus que jamais besoin de l’appui de la communauté internationale pour sa reconstruction politique et économique.  L’échec du Président Kumaba Yala, a expliqué le représentant, tient, entre autres, à l’insuffisance des résultats socioéconomiques et à la faiblesse du soutien de la communauté internationale.  Les promesses internationales n’ont jamais été tenues, a dénoncé le représentant en ajoutant que l’exemple de la Guinée-Bissau est un test de la pertinence des mécanismes à mettre en place en période de transition dans un pays démuni et miné par de multiples contradictions et qui, en outre, ne bénéficie pas du concours financier du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.  Le Conseil doit s’investir aux côtés de la CEDEAO et de l’Union africaine, a insisté le représentant.


M. MILAD ATIEH (République arabe syrienne) a estimé que la crise en Guinée-Bissau doit être redressée avant qu’elle ne tourne à la catastrophe.  Il a également lancé un appel pour un règlement rapide des différends politiques et un retour à l’ordre constitutionnel.  Tout en se disant favorable au rôle de l’ONU, de la CEDEAO et de l’Union africaine, il a aussi appelé la communauté internationale à déployer une assistance économique d’urgence à la Guinée-Bissau afin d’empêcher l’aggravation des situations économique et sociale du pays.


M. ZHANG YISHAN (Chine) s’est dit préoccupé par la situation en Guinée-Bissau et a salué les nominations d’un Président et d’un Premier Ministre intérimaires.  Tout en saluant le rôle de la CEDEAO, il a également formulé l’espoir que la situation revienne à la normale et qu’il soit possible de redresser l’économie du pays. 


M. ADOLFO AGUILAR ZINSER (Mexique) a rappelé que la mission du Conseil de sécurité qui s’étaient rendue dans le pays avait pu voir à quel point le processus politique était fragile et que des risques imminents de renversement du pouvoir existaient.  La mission a également constaté une situation économique et sociale catastrophique.  Dans ce contexte, le Mexique regrette et condamne le coup d’Etat et, étant donné les conditions très graves dans lesquelles vit le pays, le Mexique salue l’Union africaine et la CEDEAO pour leurs efforts visant à permettre la reprise du processus politique et la tenue d’élections législatives et présidentielles.  L’ONU et la communauté internationale doivent agir pour assurer la participation de tous les citoyens à la reconstruction du pays, a poursuivi le représentant.  Il faut répondre aux problèmes de la Guinée-Bissau dans une perspective internationale de règlement des conflits.  Le Conseil de sécurité doit travailler en coopération avec l’ECOSOC pour que chacun dans son domaine de compétence puisse donner une réponse à la situation qui règne actuellement dans le pays.


M. ALFREDO LOPES CABRAL (Guinée-Bissau) a décrit son pays comme un pays en détresse, affirmant que les interventions faites ce matin le confortait dans sa conviction qu’avec l’aide du Conseil de sécurité et du reste des membres de la communauté internationale, il serait possible de relever les défis, à savoir le rétablissement de l’ordre constitutionnel et la création des conditions propices à une démocratie véritable.  En élisant le Président Kumba Yala en janvier 2000, a-t-il expliqué, le peuple de Guinée-Bissau souhaitait que son pays opte définitivement pour la démocratie.  Mon pays, a-t-il précisé, souhaite par ailleurs que toutes les conditions soient réunies pour qu’une démocratie participative voit le jour et, qu’à travers une gestion rigoureuse des maigres ressources, une répartition équitable soit assurée.  Les circonstances actuelles, a-t-il tranché, sont la conséquence directe d’une mauvaise gestion des affaires de l’Etat.  Nous déplorons avoir eu recours à un coup d’Etat, a confié le représentant, mais on ne peut demander à un peuple de souffrir indéfiniment.  Il faut comprendre ce pays et faire en sorte que les changements voulus interviennent dans la sécurité et la stabilité et avec la participation de tous, a ajouté le représentant.  L’ONU, a-t-il rappelé, a créé, grâce au PNUD, un fonds de gestion économique d’urgence qui, généreusement alimenté, pourrait aider la Guinée-Bissau à répondre à certaines exigences d’ordre financier.  Le pays fera tout pour mériter la confiance de la communauté internationale, a-t-il assuré en conclusion.


Répondant aux observations formulées par les délégations, M. KALOMOH a estimé qu’au sujet du rôle de l’ONU dans le déroulement des élections, il faut suivre la situation de près, appuyer les efforts des acteurs locaux et veiller à ce que ces derniers tiennent leurs engagements.  Les dirigeants de la sous-région doivent quant à eux aider au respect du calendrier.  L’appui de la communauté des donateurs est également très important.  Par exemple, le problème des salaires non versés pourrait avoir une incidence négative.  C’est pourquoi, il faut mobiliser des ressources auprès de la communauté des donateurs pour aider le Gouvernement à payer les salaires.  M. Kalomoh a en outre noté avec satisfaction le fait que tous les orateurs de la matinée aient souligné la nécessité de stabiliser la situation économique et sociale du pays.  Nous savons en effet que des élections en elles-mêmes n’apporteront pas la stabilité.  Il faut aussi appuyer les programmes de développement car c’est cela qui amènera la stabilité. 


Reprenant la parole, le représentant de la Fédération de Russie a demandé si, dans un contexte où les élections prévues auraient en effet lieu le 14 octobre, les fonds disponibles étaient suffisants. 


Sur ce point, M. KALOMOH a précisé que si les élections avaient lieu le 14 octobre, les ressources disponibles seraient suffisantes.  Ces dernières sont d’ailleurs gérées par le PNUD, a-t-il conclu.


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