18/08/2003
Communiqué de presse
CS/2539



Conseil de sécurité                                        CS/2539

4809e séance – après-midi                                    18 août 2003


LE VICE-PREMIER MINISTRE SERBE MET EN GARDE LE CONSEIL DE SECURITE

CONTRE L’IMPACT DES CRIMES RECENTS SUR LA STABILISATION DU KOSOVO


Dénonçant un regain de violence de caractère ethnique qui s’est notamment traduit par une attaque violente contre un groupe de jeunes serbes le 13 août dernier dans la région de Pec au Kosovo, le Vice-Premier Ministre de la République de Serbie M. Nebojsa Covic, a exhorté cet après-midi les quinze membres du Conseil de sécurité à prendre des mesures pour appliquer pleinement la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité qui définit les contours d’une société multiethnique et démocratique.  Cette réunion a été convoquée à la demande de la Mission de Serbie-et-Monténégro à la suite du double assassinat de Pec. 


En quatre ans le Kosovo et Metohija ont connu 6 013 attaques contre les Serbes provoquant la mort de 1 021 d’entre eux, a précisé le Vice-Premier Ministre.  Afin de normaliser la situation, il a recommandé à la communauté internationale de prendre une série de mesures en vue notamment de garantir que la résolution 1244 du Conseil de sécurité est appliquée de manière équitable pour toutes les parties et tous les groupes ethniques.  Car, a-t-il prévenu, si la communauté internationale n’arrive pas à extirper de manière forte les facteurs d’instabilité, elle sera responsable devant l’histoire de la résurgence du fascisme dans cette partie de l’Europe.  Parmi les autres mesures proposées figurent également, le démantèlement du Corps de protection du Kosovo et la poursuite en justice des auteurs des crimes, ce qui exige la protection des témoins. 


Les délégations ont été unanimes à condamner l’incident meurtrier contre le groupe de jeunes serbes dans la région de Pec.  De son côté le représentant du Royaume-Uni a jugé infondés des propos du Vice-Premier Ministre accusant la communauté internationale d’inertie au Kosovo, compte-tenu des efforts importants qu’elle déploie depuis quatre ans dans cette région. 


Si l’ensemble des délégations ont salué les efforts du nouveau Représentant spécial du Secrétaire général, M. Hari Holkerri, notamment sa récente décision de nommer un Procureur spécial en vue de traduire devant la justice les auteurs des récents crimes, elles ont également souligné la nécessité d’améliorer les services de police et du système judiciaire et de renforcer la MINUK et la KFOR. 


A l’instar de la France, plusieurs délégations ont souligné le rôle des institutions autonomes provisoires dans la promotion d’une société multiethnique et démocratique et la nécessité pour les différentes parties de favoriser un climat de dialogue. 


Sont intervenus au cours de ce débat les quinze membres du Conseil de sécurité ainsi que le Vice-Premier Ministre de la République de Serbie.


*lettre – document S/2003/815


RESOLUTIONS 1160 (1998), 1199 (1998), 1203 (1998), 1239 (1999) ET 1244 (1999) DU CONSEIL DE SECURITE


Déclarations


M. NEBOJSA COVIC, Vice-Premier Ministre de la République de Serbie et Président du Centre de coordination de Serbie-et-Monténégro et de la République serbe pour le Kosovo et Metohija auprès des Nations Unies, a indiqué que depuis l’arrivée de l’ONU en juin 1999, le Kosovo et Metohija avaient connu 6 013 attaques contre les Serbes, leur héritage culturel et leurs propriétés, provoquant la mort de 1 021 serbes.  52 reliques sacrées chrétiennes ont été démolies, incluant monastères et églises, et 55 autres lieux de culte orthodoxes ont été endommagés.  Il a dénoncé l’horrible attaque perpétrée le 13 août dernier contre de jeunes innocents qui se baignaient dans une rivière et qui ont été tués ou blessés pour la seule raison qu’ils étaient Serbes et pour montrer que certains ne voulaient pas d’une société multiethnique au Kosovo.  Il s’est inquiété de la nouvelle escalade de violence et d’actes qualifiés de terroristes qui vient de frapper le Kosovo, visant à intimider les Serbes qui y sont installés.  Par ces actes de violences, a-t-il ajouté, les extrémistes albanais et terroristes souhaitent envoyer un message au nouveau Représentant spécial du Secrétaire général. 


Même s’il s’est dit persuadé que tous les Albanais du Kosovo n’approuvent pas la violence et la brutalité exercées contre des Serbes, il a fait remarquer que la majorité d’entre eux demeurent silencieux face à ces crimes.  Il a tout particulièrement regretté ce qu’il a appelé l’inertie des représentants de la communauté internationale en déclarant que la MINUK et la Force internationale de sécurité KFOR aient, selon lui, fait beaucoup moins que ce qui aurait pu être attendu.  Face à cette situation, il s’est demandé si les forces du mal du nationalisme étaient trop fortes pour être contrées par la communauté internationale?  Il a salué les efforts du nouveau Représentant spécial du Secrétaire général et de sa récente décision de nommer un Procureur spécial en vue de traduire devant la justice les auteurs des récents crimes qui s’inscrivent dans une série d’activités systématiques menées par une minorité qui souhaitent chasser les Serbes du Kosovo et de Metohija. 


La communauté internationale est-elle déterminée à réussir au Kosovo, s’est-il demandé?  Il a formé le vœu que le nouveau Représentant spécial puisse accomplir ce que ses prédécesseurs n’ont pu réussir.  Et pour se faire nous devons prendre des mesures vigoureuses et appliquer pleinement la résolution 1244.  Il est urgent, a-t-il estimé, d’avancer dans le processus du retour des personnes déplacées et d’assurer la sécurité de tous les groupes ethniques présents au Kosovo.  Nous sommes préoccupés de constater que les extrémistes albanais mettent tout en œuvre pour saboter le processus de stabilisation.  Il a regretté qu’au rythme actuel, compte tenu de l’instabilité qui règne, il faudra plus de 100 ans pour que les Serbes qui ont du fui le Kosovo puissent y retourner.


Afin de normaliser la situation, le Vice-Premier Ministre de la République serbe a recommandé à la communauté internationale de prendre 14 mesures parmi lesquelles l’affirmation d’une communauté multiethnique tolérante et la réaffirmation des objectifs de la résolution 1244 du Conseil de sécurité ainsi que sa mise en œuvre équitable.  Il est nécessaire, a-t-il ajouté, que la KFOR et la MINUK assurent la protection  de la ligne administrative entre la Serbie et le Kosovo et Metohija et s’assurent que les responsables de crimes soient punis et les témoins protégés de façon à encourager les civils à témoigner sans crainte.  Les auteurs de crimes de guerre doivent être jugés par le Tribunal spécial pour l’ex-Yougoslavie et les forces du Kosovo et Metohija doivent coopérer avec les forces de sécurité de la région, notamment les forces de Serbie-et-Monténégro.  Il est nécessaire de fixer des calendriers précis et d’évaluer objectivement les résultats.  Si la communauté internationale n’arrive pas à extirper de manière forte les facteurs d’instabilité, elle sera responsable devant l’histoire de la résurgence du fascisme dans cette partie de l’Europe. 


M. JAMES CUNNINGHAM (Etats-Unis) a rappelé que son pays avait condamné l’attaque perpétrée le 13 août contre de jeunes Kosovars.  Il s’agit d’un crime atroce et nous adressons nos sincères condoléances aux familles.  Nous sommes satisfaits du fait que la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) a lancé une enquête rapidement.  Ces actes violents doivent être punis dans la mesure où ils nuisent à l’avenir de tous les Kosovars.  Le meilleur hommage à ces victimes serait de redoubler d’efforts pour permettre la pleine application de la résolution 1244.


M. WOLFGANG TRAUTWEIN (Allemagne) a condamné les meurtres brutaux de jeunes au Kosovo le 13 août dernier et a adressé ses condoléances aux familles des victimes.  Ces attaques empoisonnent les relations entre les divers groupes ethniques et nuisent aux relations entre les membres de la communauté internationale au Kosovo.  Si les auteurs de ces actes pensent pouvoir influer sur le statut final du Kosovo, ils se trompent.  Nous veillerons à ce que les coupables soient traduits en justice.  Les parties doivent comprendre qu’aucun acte unilatéral ne pourra influencer le statut final du Kosovo qui ne sera déterminé qu’après la pleine application des normes de base identifiées comme critères de succès par le Représentant spécial du Secrétaire général.


M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) a également jugé atroce les meurtres de deux jeunes au Kosovo qu’il a condamné catégoriquement.  Il a présenté les condoléances de son pays aux familles des victimes.  Les organes d’administration provisoire devraient non seulement condamner fermement une telle manifestation de violence, mais également contribuer aux activités des forces de police locales et de la MINUK pour identifier le plus rapidement possible les responsables de ces crimes et permettre à la justice de suivre son cours.  Il s’agira d’un test pour les institutions provisoires dans le cadre du processus de transfert des compétences.  Il est important que la communauté internationale fasse savoir à toutes les forces politiques locales que de tels actes sont inacceptables pour la communauté internationale.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a appelé à mettre fin à l’impunité pour que tous ceux qui ont commis des crimes ces quatre dernières années soient traduits en justice.  L’état de droit constitue l’élément principal de la stabilité au Kosovo.  Le retour des réfugiés et la reconstruction économique ne pourront être réalisés tant que la sécurité ne sera pas restaurée au Kosovo.  Il a formé l’espoir que la MINUK donnera la plus grande priorité à la question de la sécurité et de l’état de droit, pour que soit mis un terme à ces crimes fondés sur l’appartenance ethnique.  Le représentant a rappelé qu’il existe une force de 1 700 personnes conduite par l’OTAN pour assurer la protection d’une population de deux millions d’habitants.  Il a invité le Conseil de sécurité à procéder rapidement à une analyse rapide de cette situation d’urgence, regrettant qu’il ait fallu attendre trois ans pour décider d’envoyer 8 000 soldats en République démocratique du Congo.  Le meurtre récent de Gorazdevac témoigne de l’existence de problèmes politiques sous-jacents qui doivent être surmontés et de la haine nationaliste qui doit être abandonnée des deux côtés.


M. INOCENCIO ARIAS (Espagne) a défini d’acte terrorise le récent meurtre de jeunes Sserbes et a appelé la communauté internationale à le traiter comme un crime terroriste et à y répondre de manière ferme.  Si la communauté internationale s’est mobilisée dans la région pour arrêter une «purification ethnique» voilà quatre années, il serait injuste qu’elle reste immobile maintenant, parce que nous faisons face à des faits isolés.  Il a prévenu que ces faits isolés peuvent entraîner une réaction en chaîne qui risque de menacer toute une communauté et toute une région.  Le terrorisme ne doit bénéficier d’aucune circonstance atténuante.  Les dirigeants politiques, a souligné le représentant, continueront de mettre en œuvre avec la plus grande sincérité la résolution 1244 et l’objectif visant à réaliser une société multiethnique et démocratique.  

      M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a également condamné tous les actes de violence et d’extrémisme.  Tous les efforts doivent être déployés pour traduire en justice les auteurs de tels actes.  Nous nous félicitons que le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général ait ordonné une enquête et le déploiement de 300 hommes dans la région.  Le représentant a par ailleurs démenti tous sentiments d’inertie de la part de la communauté internationale, accusations qu’il juge infondées et injustes.  Des actes d’extrémisme isolés ne doivent pas polariser la communauté du Kosovo.  Nous appuyons la MINUK dans ses efforts de lutte contre les activités terroristes au Kosovo.  Le Tribunal pénal international pour l’ex -Yougoslavie doit juger tous les auteurs de crimes de guerre, quelle que soit leur appartenance ethnique.  Le dialogue sur les questions techniques doit se poursuivre.  Malheureusement, un barrage de positions et d’accusations proférées par Belgrade et Pristina ne font qu’alimenter la violence.  Le dialogue entre Belgrade et Pristina ne doivent pas préjuger de la forme des discussions sur le statut final du Kosovo.  Il reste encore beaucoup à faire avant de voir naître un Kosovo, stable, multiethnique et prospère.  La route vers l’Europe du Kosovo ne peut pas passer par le meurtre et le nettoyage ethnique.  Une protection crédible pour les minorités, le droit des réfugiés de retourner dans leur foyer, la prééminence des droits de l’homme sont des conditions préalables à un avenir stable.

M. JULIO HELDER DE MOURA LUCAS (Angola) s’est dit préoccupé par les violents incidents intervenus au Kosovo qu’il a fermement condamnés.  Les coupables doivent être traduits en justice le plus rapidement possible.  Ces crimes odieux constituent un grave recul dans les efforts que déploie la communauté internationale même si des progrès importants au plan politique et institutionnel ont été réalisés.  Malheureusement, de tels progrès n’ont pas été enregistrés sur le plan ethnique.  Il convient alors de continuer la lutte contre les éléments extrémistes et la criminalité transnationale qui constituent une grave menace à la reconstruction du Kosovo.  Nous attachons également une grande importance aux relations entre Pristina et Belgrade.  Nous réaffirmons que la stratégie «normes avant le statut» est la bonne voie à suivre au Kosovo.


M. ADOLFO AGUILAR ZINSER (Mexique) a appuyé les efforts de la MINUK en vue de faire traduire en justice les responsables des crimes du 13 août dernier.  Il a défini cet acte criminel comme une agression visant l’avenir du Kosovo et contre le principe même de l’édification d’une société multiethnique où prime le respect du droit.  Il a noté que ces événements s’inscrivent dans une série d’incidents qui dénotent une tendance claire à laquelle il est urgent de mettre un terme.  Il a estimé que le tissu de la société kosovare était encore fragile.  Il faut que les dirigeants politiques de toutes les parties concernées fassent un effort sérieux et décidé pour contribuer à la création d’un espace d’entente.  Il faut adresser un signal clair et précis aux habitants du Kosovo en les invitant à rejeter toutes les formes de violence.  Il a fait sien l’avis du nouveau Représentant spécial selon lequel il est important de mener de pair l’établissement de l’état de droit et la lutte contre les activités terroristes et extrémistes, la promotion du dialogue entre les communautés ou encore la promotion de la culture et le développement économique.  Il a également souligné la nécessité d’améliorer l’aide au retour des personnes déplacées et des réfugiés dans leur communauté d’origine dans des conditions réelles de sécurité.  Il s’est dit préoccupé que le Gouvernement serbe ait adopté récemment un document qui ne contribue pas à favoriser un climat de dialogue entre Belgrade et le Gouvernement du Kosovo et a mis en garde contre toute initiative unilatérale. 


M. CRISTIAN MAQUIEIRA (Chili) a déclaré que rien ne pouvait justifier un crime quel qu’il soit et s’est dit inquiet par l’impact que risquait d’avoir celui commis le 13 août sur la mise en place d’une société multiethnique et démocratique au Kosovo.  Il a souligné la nécessité de traduire en justice les auteurs de tous les crimes perpétrés ces dernières années et a noté avec satisfaction que la MINUK avait intensifié ses activités en ce sens.  Il a souligné le rôle central des institutions provisoires du Kosovo pour promouvoir une société démocratique et multiethnique.  L’avenir du Kosovo présente un grand défi, a-t-il ajouté, et il faut renforcer l’état de droit, la lutte contre le crime organisé et les efforts pour la promotion du développement économique. 


M. IYA TIDJANI (Cameroun) a qualifié d’odieux les actes de violence perpétrés le 13 août.  Ces actes vont à l’encontre de la dynamique de normalisation au Kosovo et de la mise en place d’institutions démocratiques dans une société où règnerait le respect de la différence.  Aujourd’hui, ces actes pourraient constituer les prémices d’une stratégie visant à faire barrage au dialogue et à rendre impossible la restauration de la confiance entre les diverses composantes de la société kosovare.  Le processus de retour des personnes déplacées et des réfugiés risque de pâtir de ces incidents meurtriers qui véhiculent la peur et la méfiance.  Nous réitérons également l’attachement du Cameroun aux «normes avant le statut».  Evoquant le nombre important d’armes en libre circulation dans la province autonome, le représentant a encouragé tous les Kosovars à participer au nouveau programme de désarmement en cours.  Nous lançons également un appel aux parties pour qu’elles nouent un dialogue direct entre Pristina et Belgrade.  Un tel dialogue peut désamorcer les tensions de toute nature.  Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de remplir nos objectifs, mais cela est possible comme le montre le travail réalisé par le corps multiethnique de police du Kosovo qui bénéficie de l’aide significative de la MINUK et la KFOR.  Seule l’adhésion de tous les Kosovars à la culture de la paix permettra la paix des esprits.


M. GENNADI GATILOV (Fédération de Russie) a estimé que l’incident violent du 13 août dernier exige une action ferme.  Il s’agit sans aucun doute d’un acte terroriste, ce qui est particulièrement dangereux dans la mesure où il ne fait qu’exacerber les tensions dans un contexte difficile, sous-tendu par des considérations ethniques.  Nous notons l’efficacité des mesures adoptées par la présence internationale pour appréhender les criminels, a indiqué M. Gatilov, qui souligne que les incidents intervenus récemment au Kosovo montrent clairement la complexité des tâches qui attendent le Représentant spécial du Secrétaire général dans la province.  Depuis l’adoption de la résolution 1244, un chemin considérable a été parcouru.  Cependant, la province fait face à de graves problèmes comme l’insécurité et la poursuite des actes de violence à motivation ethnique.  A ce jour, les auteurs du meurtre d’une famille serbe commis le 4 juin à Obilic n’ont toujours pas été traduits en justice.  La représentation adéquate des minorités au sein des institutions provisoires n’est pas non plus satisfaisante.  Sans une amélioration rapide de la situation, l’idée d’une société multiethnique continuera de piétiner et de fournir un terrain fertile à la violence ethnique.  C’est pourquoi, nous demandons instamment à la Mission des Nations Unies de s’employer plus activement à faire obstacle à toute manifestation de violence ethnique et de s’opposer aux mouvements extrémistes.


M. CHENG JINGYE (Chine) s’est dit choqué par les assassinats du 13 août et a demandé que les efforts nécessaires soient entrepris immédiatement par la communauté internationale pour retrouver et juger les auteurs de ces crimes.  Cette tragédie montre une fois encore que malgré l’adoption la résolution 1244 en 1999, l’objectif visant à la mise en place d’une société multiethnique stable ou prime l’état de droit reste lointain.  Il a souhaité que la MINUK fasse tout ce qui est en son pouvoir pour améliorer la situation sécuritaire et garantisse le droit de tous les groupes ethniques de promouvoir le développement de la province.  En outre, il a invité les parties concernées, notamment la République de Serbie et le Gouvernement provisoire du Kosovo à établir un dialogue réel dans l’intérêt de l’avenir du Kosovo. 


M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) a déclaré que sa délégation condamnait les actes criminels qui ont provoqué la mort d’un Commandant de la police civile de la MINUK et récemment celle de jeunes Serbes après le massacre d’une famille entière au mois de juin.  Les auteurs de ces crimes doivent être traduits en justice.  La Guinée soutient les efforts en cours visant l’amélioration du système judiciaire et des services de police, qui est indispensable à la restauration de la sécurité.  A cet égard, la Guinée accueille avec satisfaction la décision de la MINUK relative au programme de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes au Kosovo.  Nous exhortons toutes les parties concernées à tout mettre en oeuvre pour la réussite de ce programme, dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er septembre prochain.  Le succès de la normalisation au Kosovo reste avant tout tributaire de la volonté et de la détermination des Kosovars eux-mêmes qui, a souligné M. Sow, doivent faire preuve de tolérance et de respect mutuel pour transcender leurs différences afin de favoriser la réconciliation.


M. MICHEL DUCLOS (France) a déclaré que la France a condamné avec la plus grande fermeté le crime odieux dont a été victime mercredi 13 août un groupe d’adolescents serbes du village de Gorazdevac, et qui a coûté la vie à deux d’entre eux.  La France s’associe à la douleur des familles, et elle soutient les mesures qui ont été prises pour appréhender les auteurs de ces crimes.  Elle souhaite qu’ils soient arrêtés au plus vite et traduits en justice.  Les nouvelles violences, dont une nouvelle fusillade qui aurait eu lieu dimanche contre des jeunes, suscitent de notre part la même condamnation sans équivoque, a dit le représentant.  Ces crimes doivent renforcer notre détermination à avancer dans la mise en place d’un Etat de droit dans un Kosovo moderne, démocratique et multiethnique.  Après avoir écouté M. Covic, le Vice-Premier Ministre de Serbie, nous partageons l’objectif de réduction de la violence.  Il appartient au nouveau Représentant spécial du Secrétaire général et à la MINUK, en concertation avec la KFOR, et en consultation avec les acteurs locaux, de déterminer les nouvelles mesures qui seraient nécessaires dans ce but.


M. MIKHAIL WEHBE (République arabe syrienne) a condamné les actes récents ayant causé la mort de deux jeunes Kosovars.  Toutes les parties doivent respecter les accords conclus.  Nous transmettons nos sincères condoléances aux familles des victimes et lançons un appel pour que de tels actes cessent.  Nous nous félicitons des mesures prises par les institutions provisoires du Kosovo et de l’enquête diligente qui a été lancée.  La Syrie réitère son soutien à la MINUK et au nouveau Représentant spécial du Secrétaire général au Kosovo, Harri Holkeri.  Elle insiste sur la nécessité de permettre la coexistence de tous les citoyens au Kosovo, sans tenir compte de leur origine ethnique et de leur religion.


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