06/08/03
Communiqué de presse
CS/2536



Conseil de sécurité                                         CS/2536

4805e séance – matin                                        6 août 2003


LE SUCCES DE LA PHASE II DU DESARMEMENT OUVRE LA VOIE AUX PREPARATIFS D’ELECTIONS A BOUGAINVILLE ET A LA MISE EN PLACE D’UN GOUVERNEMENT AUTONOME


Le succès de la phase II du désarmement ouvre la voie à une nouvelle étape décisive du processus de paix avec la mise en œuvre des arrangements constitutionnels, la préparation des prochaines élections et la mise en place du futur gouvernement autonome de Bougainville, a déclaré ce matin M. Noël Sinclair, Directeur du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville (UNPOB) en présentant devant le Conseil de sécurité les progrès réalisés dans l’application de l’Accord de paix à Bougainville depuis le 28 mars 2003*.


La mise en œuvre du processus de paix a évolué de façon radicale, de telle sorte que les habitants de Bougainville ont aujourd’hui un sentiment de sécurité et de confiance sans précédent, a-t-il encore ajouté, au cours de son exposé sur la situation concernant la transition vers l’autonomie, la poursuite du désarmement, la participation de M. Francis Ona des Forces de défense Me’ekamui au processus de paix, le rôle du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville, l’Equipe de transition à Bougainville, et enfin le rôle des Nations Unies après le départ du Bureau politique. 


Le processus de désarmement se poursuit même si la phase II est maintenant terminée, ont rappelé de nombreuses délégations, le représentant de l’Australie précisant que 1 900 armes avaient été placées dans des containers.  Selon l’Accord de paix, les parties ont quatre mois après l’adoption des amendements constitutionnels pour prendre une décision finale sur le devenir des stocks d’armes récupérées.  La phase III devra débarrasser totalement la population de Bougainville de ce fléau d’ici la fin de l’année, qui marque le terme du mandat du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville.


Alors que de nombreuses délégations ont regretté la non-participation au processus de paix de Francis Ona et de ses forces de défense Me’ekamui, situation qu’elles ont définie comme préoccupante malgré les progrès importants réalisés, le représentant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a relativisé ce problème en précisant que ceux qui sont restés en dehors du processus ont néanmoins respecté la paix là où elle a été rétablie et que la guerre était désormais bel et bien terminée. 


Tout en se félicitant des progrès enregistrés sur le terrain grâce à la contribution du Bureau politique des Nations Unies, l’ensemble des délégations a relevé que Bougainville reste confronté à de nombreux défis qui freinent la mise en place d’une administration autonome et efficace, l’adoption des mesures juridiques et judiciaires nécessaires, la réintégration des anciens combattants et les opportunités pour un développement économique et social à long terme.  Répondant à des observations sur ce point, M. Sinclair a souligné la nécessité pour le Bureau politique des Nations Unies de coopérer avec le Programme des


Nations Unies pour le développement, qui assumera la seule présence internationale à Bougainville à partir du 1er janvier 2004, dans le souci d’assurer une transition sans heurt.  L’assistance du PNUD, a-t-il souligné, sera essentielle pour aider les futures institutions autonomes à faire face à leurs défis en matière de renforcement des capacités, tout en assurant que les Bougainvilliens disposent aujourd’hui de la volonté et des moyens de réaliser la paix et de la rendre irréversible. 


Outre les membres du Conseil de sécurité et les délégations déjà citées, les représentants de la Nouvelle-Zélande, du Japon et de Fidji ont pris la parole.


* Voir le dernier communiqué du Conseil de sécurité sur cette question CS/2470 du 28 mars 2003



LA SITUATION A BOUGAINVILLE


Déclarations


M. NOËL SINCLAIR, Directeur du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville, a présenté les progrès réalisés à Bougainville dans la mise en oeuvre de l’Accord de paix depuis la dernière présentation de la situation devant le Conseil de sécurité en date du 28 mars 2003.  Il a notamment souligné les progrès accomplis dans la préparation en vue de la transition vers l’autonomie, la poursuite du désarmement, la participation de M. Francis Ona au processus de paix, le rôle du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville (UNPOB), l’équipe de transition à Bougainville, et enfin le rôle des Nations Unies après l’expiration du mandat du Bureau politique des Nations Unies. 


Il s’est félicité que la mise en œuvre du processus de paix ait évolué de façon radicale, de telle sorte que les habitants de Bougainville ont aujourd’hui un sentiment de sécurité et de confiance.  Il a regretté la séparation des partisans de Francis Ona du processus de paix, situation qu’il a définie comme une source de préoccupation malgré les progrès importants réalisés.  Le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville a informé le Comité consultatif du processus de paix de la fin de l’étape II du désarmement. 


Les choses sont prêtes pour les prochaines mesures à prendre, à savoir la tenue des prochaines élections et les préparatifs pour la future mise en place du Gouvernement autonome de Bougainville.  Après l’approbation du budget par les autorités provinciales, des décisions doivent encore être prises pour trouver des sources de financement.  Le processus de collecte des armes se poursuit même si la phase II est maintenant terminée.  Selon l’Accord de paix, les parties ont quatre mois après l’adoption des amendements constitutionnels pour prendre une décision finale sur le devenir des stocks d’armes récupérées.  Il est essentiel que toutes les parties intensifient leurs efforts pour permettre à Francis Ona de participer au processus de paix. 


Au cours des derniers mois de son mandat, le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville continuera à soutenir la mise en oeuvre du processus de paix sur la base de l’expérience acquise par le passé.  Nous pensons que nous pourrons continuer de compter sur l’appui des partenaires régionaux, a dit M. Sinclair, saluant à cet égard le rôle du Groupe de transition qui a succédé au Groupe de surveillance de la paix à Bougainville dont le mandat a pris fin le 30 juin dernier, et de sa contribution aux opérations de désarmement.  Il est aujourd’hui essentiel, a-t-il ajouté, que le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville et le Département des affaires politiques travaillent de concert avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour mettre en place une démarche commune pour une transition sans heurts. 


La mise en œuvre de l’étape III du désarmement qui échoit à la mi-décembre fait l’objet de négociations sérieuses.  Les Bougainvilliens montrent qu’ils sont déterminés à aller au-delà du désarmement et à mettre en

place  de nouvelles institutions.  Nous veillons à ce que les Bougainvilliens soient bien informés de ce qui se passe en matière de mise en oeuvre de l’Accord de paix signé en  1998.  Les Bougainvilliens ont aujourd’hui entre les mains les moyens de réaliser la paix et de la rendre irréversible.


M. ROBERT AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a rappelé que le Directeur du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville, Noël Sinclair, a présenté son rapport au Gouvernement national le 29 juillet dernier, estimant que le plan d’élimination des armes avait progressé au point que l’on peut dire que la phase II a été menée à bien.   Le chapitre XIV de la Constitution et la nouvelle loi organique sur le maintien de la paix à Bougainville devraient être pleinement opérationnels d'ici à la fin de la semaine.  Le cadre pour la prise progressive de responsabilités et la gestion quotidienne du gouvernement autonome sera établi tout comme sera en place le processus référendaire qui prévoira l’indépendance de Bougainville comme option possible.  Tout nouvel arrangement constitutionnel devra être approuvé par une majorité absolue des deux tiers du Parlement. 


Le fait que les parties aient accepté de confier les changements constitutionnels au Bureau politique des Nations Unies est une preuve de la confiance qu’accordent les parties aux Nations Unies.  Le maintien de cette confiance est un point critique du processus de paix. Il est également le produit du processus de vérification du plan d’élimination des armes.  Le contrôle ne doit pas simplement se limiter à recenser les armes saisies mais doit plutôt viser à créer des bases solides pour la paix et le rétablissement de l’autorité civile.  C’est dans cette optique que le Bureau politique a lancé un processus de consultations dont les absents  notoires ont été Francis Ona et ses partisans.  Pourtant, un consensus s’était dégagé lors de la réunion du 25 juillet sur la franchise et la transparence du processus de paix.


La lacune la plus importante dans le processus de paix et d’élimination des armes est l’absence de Francis Ona et de ses partisans bien que l’on doit reconnaître que ces derniers ont respecté le processus de paix.  Dans ces conditions, il est regrettable que certains documents circulent à Bougainville diffusant des allégations mensongères.  Le Gouvernement de la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui est tenu de contribuer à élaborer la constitution du gouvernement de Bougainville, a continué d’inviter instamment les parties à se réunir pour décider le sort final des armes.  La certification de la phase II ne signifie pas la fin des responsabilités  du Bureau politique des Nations Unies sur le terrain dans la mesure où celui-ci reste responsable de la supervision des stocks d’armes et jouera un rôle important dans l’application des décisions  qui seront prises aux termes de la phase III.  


Ce processus de paix a bénéficié du soutien des amis de la Papouasie-Nouvelle-Guinée comme le Groupe de surveillance de la paix après la conclusion de l’Accord de cessez-le-feu en 1998.  Les pays contributeurs ont accepté de fournir une équipe de transition pour appuyer le processus de paix jusqu’à la fin de l’année.  Les défis à relever sont évidents et multiples. 

Nous sommes conscients de la nécessité de respecter l’esprit de l’Accord de paix. Nous sommes également conscients de la nécessité de lancer des consultations sur la constitution de Bougainville.  Nous continuerons de déployer tous nos efforts en appui au processus de paix, a assuré le représentant.


M. MICHEL DUCLOS   (France) s’est félicité de la conclusion de la phase II du désarmement qu’il a définie comme un point de grande satisfaction après les retards observés les années précédentes.  S’agissant de la situation de Francis Ona et de ses  partisans qui ne souhaitent toujours pas se joindre au processus de paix, il a appelé à poursuivre les efforts et contacts avec cette partie, sans que cela n’entraîne de retard dans la mise en oeuvre du processus de paix.  En outre, il a salué l’évolution très positive de la situation à Bougainville qui permet d’entrevoir l’organisation et la tenue des prochaines élections et la formation d’un gouvernement autonome.


M.   GUNTER PLEUGER (Allemagne) s’est dit satisfait de l’achèvement de la phase II concernant le désarmement, de l’engagement actif du Bureau politique des Nations Unies et de la poursuite des initiatives régionales dans le cadre du Groupe de surveillance de la paix. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a fait montre de son attachement au processus de paix en ayant permis à l’Equipe de transition de commencer ses travaux.  Le Bureau au cours des six prochains mois devrait mettre en place un calendrier très strict en vue de la proclamation de la nouvelle constitution.  S’agissant de la phase III concernant la collecte des armes, nous insistons sur la nécessité de détruire toutes les armes.  Les accomplissements à ce jour montrent que le processus de paix avance et continuera d’avancer et les efforts en vue d’inclure Francis Ona dans les pourparlers de paix doivent se poursuivre.


M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni) a félicité la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour son rôle très positif dans la mise en œuvre du processus de paix et s’est dit très satisfait de l’appui régional en ce domaine.  Il a salué la portée des nouveaux arrangements constitutionnels, qu’il a qualifiés d’historiques pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée.  Le fait que Francis Ona et ses partisans restent en dehors du processus de paix est certes un sujet de préoccupation, a-t-il fait observer mais cela ne devrait pas en freiner la mise en œuvre.  A cet égard, il a salué les efforts du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville pour garder le contact avec M. Ona et encourager sa participation au processus de paix.  Par ailleurs, il a souhaité que l’on insiste sur les résultats accomplis sur le terrain et que l’on ne retarde pas la mise en œuvre de la phase III du processus.  Le représentant s’est dit heureux d’entendre que le Gouvernement de la Papouasie-Nouvelle-Guinée est déterminé à contribuer activement à la tenue d’élections et à la mise en place d’un gouvernement autonome.  L’élimination des armes, a-t-il insisté, est une condition incontournable pour aboutir à une paix irréversible à Bougainville. 


M. DIEGO SIMANCAS (Mexique) s’est félicité de la décision de déployer une équipe de transition, ce qui montre l’importance que la communauté internationale attache au processus de paix et la mise en place d’un gouvernement autonome à Bougainville.  Il est important que le Conseil exhorte les parties à poursuivre le processus de collecte et de destruction des armes.  Les instances responsables doivent déployer tous les efforts en vue de l’adoption de la constitution de l’île.  Le développement économique et social viable de l’île est également important et dans ce contexte, il est indispensable de promouvoir la réhabilitation des anciens combattants.


M. VADIM S. SMIRNOV (Fédération de Russie) a félicité l’attachement de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de la communauté de Bougainville à l’application du processus de paix.  Il a salué la mise en oeuvre de la phase II concernant la collecte des armes, qui a été réalisée tout particulièrement grâce à la collaboration du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville.  Il a regretté que certaines parties ne se soient toujours pas jointes au processus de paix, rappelant que le mandat du Bureau politique doit être rempli dans les délais impartis, à savoir le 31 décembre 2003.  Il est important de continuer la coopération avec le PNUD et les autres organisations de l’ONU pour assurer la consolidation de la paix et la reconstruction après l’expiration de ce mandat. 


M. ISMAEL GASPAR MARTINS (Angola) s’est réjoui des progrès importants réalisés sur le plan constitutionnel ainsi que dans le cadre du programme de désarmement dont l’étape II a été certifiée par le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville.  Ces développements sont une manifestation de l’engagement en faveur de la paix du peuple de Bougainville.  Il est important d’achever la rédaction d’un projet de constitution qui occupe une place centrale dans la mise en œuvre de l’Accord de paix.  L’achèvement de la phase II permettra au processus constitutionnel de progresser rapidement.  Nous sommes heureux de constater que le niveau de confiance et de coopération avec le Gouvernement national s’est accru et s’est manifesté dans des domaines comme celui de la démobilisation et de la réintégration.  Nous encourageons l’Equipe de transition de Bougainville récemment mise en place à s’assurer que les engagements pris au titre du Plan d’action sont bien remplis.


Mme ANA MARIA MENENDEZ PEREZ (Espagne) a noté avec satisfaction les progrès réalisés dans le domaine du désarmement et des préparatifs des futures élections ainsi que pour la mise en place d’un gouvernement autonome.  Elle a souhaité avoir des précisions sur la coopération qui a été établie d’une part entre le PNUD et d’autres organismes des Nations Unies et d’autre part, le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville en vue d’assurer une transition sans heurt pour la reconstruction et le développement de Bougainville.


M. HERALDO MUNOZ (Chili) a salué le succès de la mise en œuvre du processus de paix qui a été réalisé et accéléré par le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville.  L’un des éléments les plus importants de ce processus est le renforcement de la confiance mutuelle entre les habitants de Bougainville.  Le représentant a souligné l’importance de la nouvelle constitution qu’il considère comme le point central des Accords de paix d’août 2001.  Il est fondamental que la Commission constitutive de Bougainville poursuive son travail.  Il a souligné les étapes décisives que constituent l’établissement de l’Assemblée constitutive, l’adoption de la charte fondamentale ainsi que la tenue des futures élections pour la réussite totale de ce processus.  M. Munoz a rendu hommage au travail accompli durant cinq ans par le Groupe de surveillance de la paix à Bougainville et de l’Equipe de transition qui lui a succédé, soulignant par ailleurs le rôle très important qu’auront à jouer le PNUD et l’UNICEF après le retrait du Bureau des Nations Unies. 


M. MASOOD KHALID (Pakistan) a fait part de sa satisfaction quant à l’achèvement de la phase II du plan de collecte des armes, étape cruciale qui a permis de lancer le processus constitutionnel le mois dernier.  Ce processus en effet ouvrira la voie aux élections des membres d’un gouvernement autonome à Bougainville en 2004 ainsi qu’à la tenue éventuelle d’un référendum.  Il reste cependant encore des progrès à réaliser notamment en vue d’amener toutes les parties à joindre le processus de paix.  Une paix durable est indispensable à la promotion du développement socioéconomique.  Nous encourageons la communauté des donateurs à faire preuve de générosité.  Le mandat du Bureau politique des Nations Unies est également indispensable dans le cadre de ce processus et nous espérons que le rôle des Nations Unies à Bougainville n’expirera pas avec le mandat du Bureau politique.


M. JAMES B. CUNNINGHAM (Etats-Unis) s’est dit encouragé par les progrès enregistrés à Bougainville.  C’est pourquoi, sa délégation se prononce en faveur du passage à la phase III du désarmement aussi rapidement que possible.  Le représentant a tout particulièrement salué la contribution de la Nouvelle-Zélande, de Fidji et de Vanuatu dans la mise en place de l’équipe de transition, contribution qu’il a définie comme un élément important et exemplaire de l’expression du soutien régional à ce processus de paix. 


M. MARTIN CHUNGONG AYAFOR (Cameroun) a retenu principalement de l’exposé du Directeur du Bureau des Nations Unies à Bougainville, Noël Sinclair, que le processus de paix a épousé une dynamique irréversible bien que des défis subsistent encore avant la tenue d’un référendum et la mise en place d’un gouvernement autonome.  L’achèvement de la phase II de la collecte des armes est un développement important.  Un nouvel espace politique s’est mis en place sur l’île qui est davantage respectueux des aspirations de ses habitants.  L’action en faveur de la paix du Gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée s’est concrétisée par le retrait des forces de Papouasie et leur participation au processus de consultations mutuelles sur tous les aspects de la mise en place de l’autonomie.  Les pays membres du Groupe de surveillance de la paix ont également contribué à la stabilité de la région. La conclusion de la phase III du processus de désarmement, le processus constitutionnel et la tenue d’élections devant mener à la mise en place d’un gouvernement autonome sont désormais les appels auxquels devront répondre la population de Bougainville.  Il est urgent par ailleurs que la communauté internationale s’engage davantage dans le processus de développement économique sans lequel la paix sera illusoire.  La paix est possible et elle est même à portée de main à Bougainville.


M. BOUBACAR DIALLO (Guinée) s’est félicité des derniers développements qui confirment l’espoir suscité par les progrès réalisés dans l’application de la phase II du plan d’élimination des armes.  Il a souligné à cet égard l’importance de l’achèvement de cette deuxième phase, qui revêt un caractère crucial pour l’avenir de l’île, dans la mesure où elle ouvre la voie au processus constitutionnel devant conduire à l’autonomie.  La présentation officielle du rapport y afférent, faite le 29 juillet passé par le chef du Bureau politique des Nations Unies, devant le Gouvernement de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le mentionne clairement.  En outre, le récent déploiement à Bougainville d’une équipe civile de transition après le départ du Groupe de surveillance de la paix, mérite d’être salué, car il est le signe annonciateur d’un règlement à court terme de la question bougainvillaise et de la cessation des activités du Bureau politique des Nations Unies, en décembre 2003, conformément à la décision antérieure du Conseil de sécurité.


Toutefois, la participation effective de tous les protagonistes au processus de paix en cours, et la réinsertion des anciens combattants demeurent une priorité pour parvenir à une solution définitive du différend.  De même, nous sommes persuadés de l’impérieuse nécessité d’assurer le relèvement économique de l’île, sans lequel la paix ne saurait être une réalité durable.  C’est pourquoi, nous réitérons notre appel à la communauté des donateurs pour qu’elle s’engage davantage en faveur du développement économique et social de Bougainville.


M. YISHAN ZHANG (Chine) s’est félicité de la mise en œuvre de la loi organique et des arrangements constitutionnels à Bougainville.  Nous attendons avec impatience la mise en œuvre de la phase III de la collecte des armes dont dépendront la tenue d’élections et le processus de paix dans le futur et contribuera à renforcer un sentiment de sécurité parmi la population de Bougainville.  Les ex-combattants doivent pouvoir bénéficier d’un programme de réinsertion, la collecte des armes n’étant qu’un aspect du processus de paix.


M. RAYKO S. RAYTCHEV (Bulgarie) s’est réjoui des progrès accomplis à Bougainville depuis la dernière réunion du Conseil de sécurité à ce sujet.  Il a salué l’achèvement de la phase II de désarmement, qui permet désormais au peuple de Bougainville d’exercer son droit aux élections et à la mise en place d’un gouvernement autonome.  Il a apprécié le fait que l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Vanuatu et Fidji aient accepté de poursuivre leur contribution au Groupe civil de transition et d’appui à la paix qui a succédé le 30 juin dernier au Groupe de surveillance de la paix à Bougainville.  L’aboutissement de la phase II du désarmement ne signifie pas la fin des défis à relever et nous saluons l’engagement de toutes les parties qui veulent encourager Francis Ona et sa Force de défense Me’ekamui (MDF) à rejoindre le processus de paix.  Il a souhaité avoir des informations sur les projets des organismes des Nations Unies en matière de réinsertion des anciens combattants après le retrait du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville à la fin de l’année. 


M. MIKHAIL WEHBE (République arabe syrienne) a estimé que des faits nouveaux, notamment les mesures constitutionnelles et la création d’un nouveau gouvernement, sont source d’optimisme.  Le Groupe de surveillance de la paix a achevé son mandat tandis que le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville a certifié la fin de la deuxième étape du plan de désarmement concernant la collecte des armes.  Nous attendons avec optimisme la mise en œuvre de la phase III.  Mais le fait que Francis Ona et sa Force de défense ne participent pas au processus de paix continue d’être une source de préoccupation.  La Syrie réaffirme son appui au processus de paix de Bougainville.


M. ISIKIA SAVUA (Fidji), s’exprimant au nom des pays du Forum des îles du Pacifique, a rappelé que le Forum avait toujours activement soutenu le processus de paix de Bougainville depuis près de cinq ans, y compris les activités du Groupe de surveillance de la paix à Bougainville.  Ce Groupe a travaillé en étroite collaboration avec le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville.  Notre soutien au processus de paix se traduit désormais par le déploiement  d’une équipe civile de transition.  Nous croyons fermement pouvoir apporter des solutions aux problèmes que connaît la région tout en reconnaissant qu’en définitive, une solution durable doit provenir du pays lui-même.  Notre rôle est de faciliter le processus de paix.  Avec l’achèvement de la phase II du processus de destruction des armes, la voie est désormais ouverte aux modifications juridiques nécessaires à l’autonomie de Bougainville.  Nous encourageons les parties à parvenir le plus tôt possible à un accord sur le sort à réserver aux armes et, dans ce contexte, le rôle du Bureau politique des Nations Unies est essentiel d’autant que son mandat expire à la fin de l’année. L’établissement d’une administration autonome à Bougainville sera source de nombreux défis et nous demandons instamment à la communauté internationale et aux Nations Unies de rester engagées à Bougainville.


M. JOHN DAUTH (Australie) a également fait part de son soutien au processus de paix en rappelant que son pays avait assumé la direction du Groupe de surveillance de la paix, contribuant ainsi  au cours des cinq dernières années à promouvoir la stabilité dans la région, y compris par un soutien important au Bureau politique des Nations Unies à Bougainville et à son processus de désarmement.  La décision le 1er juillet dernier de déployer une Equipe de transition est la preuve de la capacité de la communauté du Pacifique Sud de travailler de concert à la paix et à la sécurité dans la région.  Il s’agit également d’un signe de l’évolution de la situation qui s’est traduit en deux ans, date de la signature de l’Accord de paix, par la saisie de plus de 1 900 armes, par l’élaboration d’une constitution et par le retrait des Forces de défense (MDF) de Bougainville.


L’Australie accueille avec satisfaction la fin de la phase II concernant la collecte des armes et appelle instamment les parties à mettre en œuvre rapidement les prochaines phases.  Le Bureau politique des Nations Unies doit conclure le processus de paix avant la fin de l’année, date à laquelle sont mandat expire.  Bien que beaucoup ait été accompli, les défis que doit relever Bougainville sont nombreux et portent sur l’établissement d’une administration autonome efficace, la mise en œuvre de mesures juridiques et judiciaires crédibles et la promotion du développement économique.


M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande) a rappelé la contribution des pays de la région du Pacifique qui, depuis cinq ans, participent aux efforts du Groupe de surveillance de la paix à Bougainville.  Il a défini l’achèvement de la phase II de désarmement comme une étape décisive, rappelant les conséquences graves d’un accès trop facile aux armes légères, qui circulaient depuis longtemps à Bougainville.  Il a invité les factions à s’entendre sur le sort final des armes et leur destruction totale.  Se félicitant des efforts visant à encourager M. Francis Ona de participer au processus de

paix, le représentant a toutefois fait observer que le processus de paix ne peut se permettre d’attendre M. Ona et que ce dernier n’aura d’autre choix que la destruction totale des armes de ses forces lors de la mise en œuvre de la phase III du désarmement.  M. McKay a rappelé la volonté de son pays de contribuer à long terme à la stabilité et au développement de Bougainville ainsi que des îles Salomon. 


M. YOSHIYUKI MOTOMURA (Japon) a estimé que l’achèvement de la phase II montre la détermination des parties à obtenir une paix durable.  Cet aspect est d’autant plus important qu’il ouvre la porte à l’autonomie de Bougainville.  Le Groupe de surveillance de la paix, qui a achevé son mandat en juin dernier, a joué un rôle déterminant dans la réalisation de la phase II concernant la collecte des armes.  Depuis sa création en 1998, le Groupe a également fourni une aide à la conclusion de l’Accord de paix de Bougainville, à la surveillance de la paix et au processus de paix.  Au cours de la troisième réunion du Sommet du Forum des îles du Pacifique qui s’est tenue au Japon, les dirigeants de la région ont mis en place des mesures pour « une sécurité accrue dans la région du Pacifique »  qui fait partie de «l’initiative d’Okinawa », adoptée par ces dirigeants à cette occasion.  Un « Plan d’action » a également été formulé et sur cette base, le Gouvernement du Japon a l’intention de soutenir la collecte de petites armes à Bougainville.  Nous envisageons également de fournir une aide dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures, a indiqué le représentant.


Répondant aux questions des délégations, M. SINCLAIR a souligné le rôle décisif que le PNUD aura à jouer à Bougainville à partir du 1er janvier 2004 lorsque le mandat du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville (UNPOB) et de l’Equipe de transition prendront fin.  Le PNUD, qui sera la seule présence internationale sur le terrain à partir de cette date, aura une grande responsabilité pour répondre aux attentes de la population.  C’est pourquoi, a-t-il précisé, j’ai commencé à encourager le PNUD à se préparer à ses nouvelles responsabilités. 


A cet égard, M. Sinclair a rappelé que la crise a détruit l’infrastructure matérielle, sociale et intellectuelle et que l’un des premiers défis à relever par la future administration autonome sera d’assurer le renforcement des capacités, afin de rétablir un système administratif anéanti.  Le PNUD pourra apporter une assistance technique à la future administration autonome.


M. Sinclair a fait remarquer que les forces de police et l’ordre juridique ont été detruits et que la population n’a plus confiance en une police qui a été partie intégrante du conflit.  C’est pourquoi, il faut un système de police et de justice qui mette à profit la tradition et l’expérience propres à Bougainville, avec toute l’aide que le PNUD pourra fournir.  Il faudra un effort du PNUD pour coordonner l’aide au développement des pays de la région, notamment de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, pour une meilleure efficacité.  La transition vers une administration autonome devrait se faire de manière souple.


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