29/07/2003
Communiqué de presse
CS/2530



Conseil de sécurité

4798e séance – matin


LES ETATS SONT APPELES DEVANT LE CONSEIL A FAIRE PLUS D’EFFORTS

DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME


Le Président du Comité chargé de suivre le régime de sanctions instauré à l’encontre des membres et associés d’Al-Qaida par le Conseil de sécurité, M. Heraldo Munoz (Chili), a présenté ce matin son dernier rapport devant ce dernier.  Il a souligné que bien que des victoires aient été remportées contre Al-Qaida, les Etats Membres devaient faire plus d’efforts pour améliorer leur coopération avec le Comité créé en vertu de la résolution 1267 (1999).  Les bombes qui ont récemment fait de nombreuses victimes en Arabie saoudite, au Maroc et en Tchétchénie illustrent le besoin de renforcer la coopération internationale contre Al-Qaida, a-t-il dit.  Relevant les insuffisances qui existent encore en matière de collaboration et au niveau même des Etats Membres, M. Munoz a constaté qu’un tiers seulement de ces Etats avaient soumis au Comité leurs rapports nationaux d’application du régime de sanctions.  Il a demandé aux Etats qui ne l’ont pas encore fait d’honorer leurs obligations en soumettant les informations qui leur sont demandées, selon les directives arrêtées par le Comité, et a indiqué que celui-ci se verrait obligé de rapporter toute insuffisance ou manquement de la part d’un Etat Membre dans son rapport annuel dont la publication est prévue à la fin de cette année.  Le Président du Comité créé en vertu de la résolution 1267 s’est ensuite félicité de la collaboration qui s’est établie entre ce Comité et le Comité contre le terrorisme créé par la résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité.


Déclarant que le Comité créé en vertu de la résolution 1267 constitue un élément important de la structure internationale de lutte contre le terrorisme, plusieurs délégations ont insisté sur le fait qu’il faut mettre fin au financement des activités terroristes.  Ainsi, le représentant des Etats-Unis, M. John Negroponte, a demandé que les transferts informels de fonds, comme les «Hawalas», soient inscrits sur le programme de travail du Comité.  Selon M. Negroponte, les Etats qui refusent de s’acquitter des obligations qui leur incombent dans la lutte antiterroriste devaient être soumis à des pressions contraignantes, car la communauté internationale ne saurait accepter de voir ses efforts minés par l’intransigeance de quelques-uns de ses membres. 


La majorité des délégations ont exhorté les pays qui ne l’ont pas encore fait, et surtout ceux sur le territoire desquels la communauté internationale soupçonne la présence d’Al-Qaida, à fournir au Comité les informations ayant trait à cette présence, ainsi qu’aux noms et aux activités des personnes et entités liées à ce réseau terroriste mondial.  Le financement du terrorisme étant de plus en plus assuré par le trafic de drogues illicites, des délégations, dont celles de la Colombie et de l’Ukraine, ont pour leur part demandé une meilleure surveillance des circuits internationaux de drogues, et notamment de l’opium en provenance d’Afghanistan.


Outre les délégations déjà citées, ont pris la parole les représentants des pays suivants: Chine, Royaume-Uni, Pakistan, Bulgarie, République arabe syrienne, Angola, Guinée, Allemagne, France, Fédération de Russie, Mexique, Cameroun, Espagne, Italie, Liechtenstein, Japon, Inde, Argentine, Israël et Australie.



MENACES A LA PAIX ET A LA SECURITE INTERNATIONALES CAUSEES PAR DES ACTES TERRORISTES


Déclarations


M. HERALDO MUNOZ (Chili), Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1267, a déclaré en présentant le rapport de ce Comité au Conseil, que celui-ci est une suite du rapport oral précédemment présenté au Conseil sur l’application de cette résolution et des mesures imposées par les résolutions 1333 (2001) et 1390 (2002).  Les mesures dont traite le Comité s’appliquent aux membres et entités associées à Al-Qaida et aux Taliban, a rappelé M. Munoz.  Nous devons examiner l’efficacité des mesures adoptées, afin de préserver la paix et la sécurité internationales.  Depuis l’adoption de la résolution 1455, la communauté internationale a marqué des points contre Al-Qaida.  Mais les bombes qui ont explosé en Arabie saoudite et en Tchétchénie montrent cependant que beaucoup reste à faire.  Les travaux de ce Comité ne peuvent avoir des effets positifs que si les Etats prennent des mesures efficaces de lutte contre le terrorisme.  Le Conseil doit appuyer le Comité dans ses tâches.


Grâce au soutien que lui ont apporté le Groupe de suivi et le Secrétariat, le Comité a pu régulièrement actualiser la liste des membres d’Al-Qaida et des membres des Taliban, ainsi que celle des entités qui leur sont affiliées.  Mise sur Internet, cette liste peut être consultée partout à travers le monde.  Ces informations ont permis d’améliorer la qualité de celles figurant sur la liste du Comité.  Les Etats sont encouragés à adapter leurs rapports nationaux aux directives qui ont été élaborées et proposées par le Comité.  Un document d’orientation permettra pour sa part de déterminer les besoins en soutien des Etats et les mesures qui pourraient être prises pour les aider à améliorer leurs structures de lutte contre le terrorisme.  Si les informations fournies par certains Etats sur l’application des termes de la résolution 1267 s’avèrent insuffisantes, le Comité se verra obligé de refléter ces manquements dans son rapport annuel.  Les Etats peuvent transmettre certaines informations sous le sceau de la confidentialité.  Nous savons que certains Etats pensent qu’ils seront stigmatisés s’ils reconnaissent une présence d’Al-Qaida sur leur territoire.  A ce jour le Comité a seulement reçu 64 rapports d’Etats, ce qui représente à peine le tiers des Etats Membres.  Or, on sait que des individus ou des cellules liées à Al-Qaida se trouvent dans un plus grand nombre de pays.


Concernant la collaboration entre le Comité 1267 et le Comité contre le terrorisme, a dit M. Munoz, elle est bonne.  Les deux Comités sont arrivés aux mêmes conclusions en ce qui concerne l’application de mesures contre le terrorisme par les Etats Membres.  Le Groupe de suivi a, quant à lui, poursuivi ses visites dans les Etats Membres.  Il a participé aux travaux du Groupe d’action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI), chargé de la lute contre les financements illicites.  En examinant la situation du réseau Al-Qaida, le Groupe a demandé aux Etats de faire preuve de beaucoup plus de volonté politique pour faire face à cette nébuleuse mondiale qui continue de recruter des militants et qui, il faut le reconnaître, bénéficie souvent de la sympathie de certaines couches de population dans certaines régions.  Al-Qaida continue d’autre part de recevoir des financements à travers le trafic de drogues, notamment l’opium en provenance d’Afghanistan.  Le Groupe de suivi a d’autre part constaté que des ressources

destinées à des organisations caritatives ou humanitaires continuent de financer des activités liées à Al-Qaida.  Un autre souci est celui lié aux organisations liées à Al-Qaida et composées par des individus qui ont reçu une formation à l’usage d’explosifs en Afghanistan.  Ces groupuscules sont aujourd’hui actifs dans leurs régions d’origine.  Le Groupe de suivi demande aux Etats Membres d’accentuer la lutte contre ces groupuscules.  Pour une meilleure information et une meilleure application des termes de la résolution 1267, nous voulons poursuivre les réunions publiques avec les Etats Membres et organiser des visites dans les Etats afin de les inciter à améliorer leur action antiterroriste.


M. ZHANG YISHAN (Chine) a déclaré que le terrorisme est un ennemi que partage toute la communauté internationale, comme l’ont encore montré les récents attentats qui ont frappé l’Arabie saoudite, la Tchétchénie, le Maroc et l’Afghanistan.  Il a souligné toute l’importance du mécanisme de sanctions que constituent la résolution 1267 et les mesures de suivi visant à adapter l’action aux nouvelles réalités.  Il a estimé que le Comité créé au terme de la résolution 1267 doit avoir les capacités d’analyse et de recherche lui permettant de mettre en œuvre des sanctions améliorées et adaptées aux nouvelles réalités des réseaux terroristes.  Il a encouragé le Comité et le Groupe de suivi à se procurer des informations de première main et a souhaité que soit renforcée la coopération avec le Comité contre le terrorisme créé au terme de la résolution 1373 afin d’éviter les doubles emplois et de progresser rapidement dans la lutte contre le terrorisme.  Le représentant a présenté les efforts de la Chine dans la lutte contre le terrorisme dans le Turkestan oriental, et tout particulièrement contre le mouvement islamique du Turkestan oriental. 


SIR EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a souligné toute l’importance du rapport du Groupe de suivi pour mieux passer de la théorie à la mise en œuvre sur le terrain.  Il a formé le vœu que les experts de ce groupe sauront fournir des conseils judicieux pour faciliter la mise en œuvre par les Etats Membres des objectifs communs de la communauté internationale en matière de lutte contre le terrorisme.  Dans cette lutte, a-t-il ajouté, mettre un terme au financement du terrorisme est au cœur des efforts.  A cet égard il a souligné toute l’importance de reconnaître le rôle potentiel des organisations régionales, en citant tout particulièrement la contribution de l’Union européenne.  Il a souhaité que l’on fasse le nécessaire afin d’éviter tout double emploi entre les différents comités et organismes impliqués dans la lutte contre le terrorisme.  Dans ce contexte, il a estimé que les efforts ne porteront leurs fruits que lorsque les Etats Membres dans leur ensemble appliqueront sérieusement la résolution 1455 du Conseil de sécurité. 


M. MASOOD KHALID (Pakistan) a invité les Etats Membres à offrir toute leur coopération au Comité 1267, tout en estimant qu’il fallait préciser le rôle du Comité 1267 par rapport au Comité contre-terrorisme (CCT).  Le représentant a également mis en garde contre l’abus de rapports, qui peut conduire à une attitude purement bureaucratique.  Le Pakistan a subi les actes des terroristes mais n’a pas cédé à leur violence, a-t-il dit, affirmant que son gouvernement ne se laisserait jamais intimider par ces actes.  Le terrorisme étant devenu un phénomène universel, il faut que toute la communauté internationale se penche sur ses causes.  Nous devons reconnaître qu’il y a un lien évident entre terrorisme et grande pauvreté, et c’est pourquoi il ne faudrait pas avoir simplement recours à des mesures purement répressives et administratives, a précisé M. Khalid.  Le représentant a par ailleurs souligné qu’il ne faudrait pas sacrifier les droits de l’homme à la lutte antiterroriste, et légitimer certaines formes d’actions qui sont du terrorisme d’Etat.


M. RAYKO RAYTCHEV (Bulgarie) a indiqué que le succès de la lutte contre le terrorisme et les individus coupables ou associés à ces activités exige une synergie d’action sur la base d’objectifs clairs et partagés entre les membres de la communauté internationale.  Il a souligné la nécessité d’une interaction dans la confiance aux niveaux national, régional et international afin de permettre de mieux atteindre les objectifs communs dans ce domaine.  Il faut aider les autorités nationales à créer une base de lutte contre le terrorisme, a-t-il souhaité, tout en saluant la contribution des experts du groupe de suivi pour leur contribution.  En outre, dans le souci d’une meilleure efficacité dans la lutte contre le terrorisme internationale, le représentant a jugé nécessaire d’approfondir la coopération entre les pays membres, mais aussi entre les différents comités et organismes chargés de la lutte contre ce fléau. 


M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a souligné l’importance des travaux du Comité créé par la résolution 1267 dans la lutte menée par la communauté internationale contre le terrorisme.  Les résultats obtenus démontrent l’engagement du Conseil et des Etats dans cette lutte.  Concernant la présentation des rapports, déjà soumis par un grand nombre d’Etats, nous encourageons ceux qui ne l’ont pas encore fait à soumettre rapidement leurs informations sur l’application de la résolution 1267 au Comité.  La Syrie a pour sa part soumis à temps tous les rapports demandés.  Nous sommes heureux que les documents fournis par le Groupe de suivi aient été rédigés dans un esprit de transparence et en tenant réellement compte des résultats de ses visites sur le terrain.  La Syrie souhaite, sur une autre question, que les mandats du Comité 1267 et celui du CCT soit clairement définis et séparés afin d’éviter toute confusion et de permettre une meilleure collaboration des Etats Membres avec ces deux entités.  Notre désir est que les Nations Unies continuent à jouer leur rôle de «gardien de la paix et de la sécurité internationales» et que les Etats respectent ce rôle.


M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) s’est félicité de la qualité des propositions concrètes avancées dans le rapport du Président du Comité créé au terme de la résolution 1267.  Il a souligné toute l’importance des résolutions 1390 et 1455 du Conseil de sécurité qui ont permis de développer les sanctions contre l’organisation Al-Qaida et les Taliban et de les adapter aux nouvelles réalités.  Il a défini ces résolutions comme des outils décisifs pour lutter contre la menace à la paix et à la sécurité internationales que constitue le terrorisme international.  Mais, pour atteindre nos objectifs, a-t-il ajouté, il faut une mise en œuvre plus efficace des résolutions du Conseil de sécurité.  Tout en se félicitant des succès notables enregistrés ces deux dernières années, notamment en ce qui concerne l’identification des nouvelles menaces, les sources de financement et d’approvisionnement, il a déclaré que les capacités d’Al-Qaida étaient loin d’être épuisées.  A cet égard, il a souligné la nécessité pour la communauté internationale de faire preuve d’un effort commun durable se traduisant par une meilleure coopération et des échanges d’information entre les Etats Membres et tous les acteurs de la lutte contre le terrorisme international.


M. BOUBACAR DIALLO (Guinée) a estimé qu’il restait encore beaucoup à faire pour éliminer le système d’approvisionnement d’Al-Qaida, en dépit des succès rencontrés dans la lutte contre ce réseau terroriste.  Il a lancé un appel à tous les Etats Membres pour qu’ils signent et ratifient la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme et multiplient les efforts visant à repérer et à geler les avoirs des donateurs et sympathisants d’Al-Qaida.  Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour lutter contre le blanchiment d’argent, mais aussi contre le trafic international de drogue et le commerce illicite de ressources minérales qui sont autant de sources d’approvisionnement des réseaux terroristes. 

En ce qui concerne les réponses à apporter à ce fléau, il a souligné toute l’importance que revêt le renforcement des relations de travail entre le Comité créé par la résolution 1267(1999) et celui créé par la résolution 1373 (2001).  En conclusion, il a rappelé que la communauté internationale n’était toujours pas à l’abri des actes maléfiques d’Al-Qaida, des Taliban et de leurs associés et de la menace qu’ils constituent pour la paix et la sécurité internationales.


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a jugé que le régime de sanctions imposé par la résolution 1267 aux Taliban et aux membres d’Al-Qaida demeurait un élément clef de la lutte contre le terrorisme.  L’application de ces sanctions suppose avant tout que chaque Etat Membre des Nations Unies assume ses responsabilités, a poursuivi M. Pleuger, invitant ces Etats à contribuer au renforcement de la crédibilité et de l’efficacité du régime des sanctions par la tenue de consultations régulières.  L’Allemagne a contribué pour sa part à affiner la liste des individus et entités ciblés par ces sanctions ainsi qu’à améliorer le système d’informations transfrontières, a insisté le représentant.  Elle a en outre adapté sa législation et son système de sécurité en étroite coopération avec le Comité créé par la résolution 1267 et le Groupe de surveillance conduit par M. Chandler.  Le représentant a souhaité le renforcement des critères d’inscription sur la liste d’individus ou d’entités du Comité pertinent.  Selon lui, ces critères doivent être plus clairs et il faut considérer la possibilité d’effacer des individus ou entités qui auraient défendu leur cas devant le Comité, et ce afin de ne pas pénaliser des innocents. 


Mme EMMANUELLE D’ACHON (France) a affirmé que des succès réguliers avaient été remportés contre Al-Qaida, mais a mis en garde la communauté internationale contre la capacité de cette organisation à se régénérer.  La représentante s’est par ailleurs félicitée des travaux du Comité 1267 et du CCT et a apporté son appui au recrutement prochain de trois jeunes experts qui aideront le Comité 1267 dans ses tâches.  Nous demandons instamment aux Etats qui ne l’ont pas encore fait de déposer leurs rapports nationaux au Comité, a lancé la représentante, invitant tous les Etats à coopérer étroitement pour faire face au fléau du terrorisme qui n’épargne aucun Etat.


M. GENNADY GATILOV (Fédération de Russie) s’est félicité du rapport semestriel présenté ce matin en rappelant les efforts de son pays pour lutter contre le terrorisme sur son territoire.  Il a salué le travail du Comité pour tenir à jour la liste de personnes ou organismes qui doivent subir des sanctions.  Nous partons du principe, a-t-il ajouté, que cette liste est un document qui oblige les Etats Membres des Nations Unies d’expulser de leur territoire les personnes visées.  Il a estimé nécessaire d’accorder une attention particulière au paragraphe 6 de la résolution 1455 en rappelant que les rapports nationaux doivent servir de base à une analyse sérieuse sur l’application du régime de sanction.  Il s’est par ailleurs dit très préoccupé par le fait qu’un nombre important d’Etats, suspectés d’accueillir des groupes terroristes, n’aient toujours pas présenté leur rapport.  En revanche, il s’est félicité de la série de visites intensives prévues dans un certain nombre de pays, qui permettra selon lui d’apporter l’aide consultative nécessaire aux pays dans le besoin.  S’agissant des liens entre le trafic des stupéfiants et le terrorisme, il s’est dit vigoureusement favorable au renforcement de pratiques de la communauté internationale visant à réduire les flux de stupéfiants en provenance de l’Afghanistan.  En conclusion, le représentant russe a défini cette réunion comme une nouvelle confirmation de la nécessité de mettre en place un front antiterroriste universel coordonné par les Nations Unies. 


M. ADOLFO AGUILAR ZINSER (Mexique) a rappelé que la lutte contre le terrorisme est une priorité pour son pays et une responsabilité internationale.  Dans ce contexte, l’échange d’informations est une condition fondamentale pour lutter contre ce fléau.  Les membres d’Al-Qaida et les Taliban ne pourront être traduits en justice que par des efforts coordonnés de la communauté internationale.  C’est pourquoi le travail réalisé par le Comité 1267 revêt une importance fondamentale en ce qu’il permet de coordonner les efforts dans la lutte contre la menace terroriste.  Le travail du Comité s’effectue dans la transparence, ce qui permet de faciliter l’échange d’informations.  Le Mexique se félicite également du travail du Groupe de surveillance pour son travail et ses compétences.  Dans son dernier rapport, le Groupe rappelle la menace importante que représente Al-Qaida pour la paix et la sécurité internationales et les ressources importantes dont cette organisation terroriste dispose en raison du trafic de stupéfiants en Afghanistan.  Nous souhaitons aussi féliciter le Groupe pour sa contribution à la mise à jour de la liste regroupant les noms des Taliban, a précisé l’ambassadeur mexicain.  Les rapports du Groupe d’observation sont toujours d’excellente facture, a-t-il conclu, soulignant toutefois le besoin d’étoffer son personnel pour l’analyse de l’information.


M. JOHN NEGROPONTE (Etats-Unis) a déclaré qu’aucune nation ne peut à elle seule mettre fin à la menace posée par Al-Qaida, et qu’un partenariat international s’impose dans ce domaine.  Les Etats-Unis considèrent le Comité 1267 comme une part importante de la structure internationale de lutte contre le terrorisme.  Après avoir estimé qu’il était essentiel de mettre fin au financement des activités terroristes, M. Negroponte a précis qu’à ce jour, environ 135 millions de dollars ont été saisis depuis les attentats du 11 septembre.  Mais c’est toute la communauté internationale qui devrait participer à cet effort, et nous notons que 39 Etats Membres n’ont pas encore introduit de législation nationale en faveur du gel des avoirs des personnes ou entités soupçonnées d’être impliquées dans ces financements illicites, a-t-il déploré.  Les Etats-Unis exhortent ces pays à agir dans le bon sens, conformément aux attentes du Conseil de sécurité.  Nous devons par ailleurs tourner notre attention vers les transferts de fonds informels, comme le système de Hawala, a-t-il dit.


Notre pays se félicite de la coopération qui s’est instaurée entre le Comité 1267 et le CCT.  Le Comité 1267 cible les terroristes, dont les activités montrent combien il est essentiel de renforcer les capacités internationales en la matière, a précisé le représentant qui s’est en revanche déclaré déçu qu’un plus grand nombre d’Etats n’aient pas saisi l’occasion qui leur est offerte de fournir les informations nécessaires au renforcement des sanctions définies dans la résolution 1267.  Compte tenu de l’ampleur de la menace posée par Al-Qaida, il est anormal que seuls 30% des Etats Membres aient soumis des rapports nationaux, empêchant ainsi le Comité de travailler à pleine capacité, a-t-il déclaré.  Le travail qui reste à faire au cours de l’année 2003 est celui d’une évaluation sérieuse de la mise en œuvre du régime de sanctions dont les Etats-Unis attendent une analyse robuste contenant des recommandations, notamment sur les Hawalas et sur toutes les formes de financements à buts caritatifs.  M. Negroponte a par ailleurs souhaité que les autorités américaines procèdent à l’amélioration de la surveillance de leurs frontières, et précisé que le nouveau Département du «Homeland Security» a investi beaucoup de ressources pour savoir qui entre dans le pays et qui en sort.  L’état de nos ports continue de nous préoccuper, et nous comptons améliorer notre collaboration avec nos deux voisins, le Canada et le Mexique, a poursuivi le représentant américain, proposant que les Etats qui refusent de s’acquitter de leurs obligations soient soumis à des pressions contraignantes, car la communauté internationale ne saurait accepter de voir ses efforts minés par l’intransigeance de certains.


M. MARTIN BELINGA-EBOUTOU (Cameroun) a salué la référence que constitue la résolution 1267 et la série de résolutions qui complètent et renforcent son régime, à savoir les résolutions 1363(2000), 1390(2002) et 1455 (2003), qui prescrivent un train de mesures, notamment dans le domaine du blocage des avoirs financiers et économiques des terroristes ciblés, leur interdiction de voyager et l’embargo sur les armes.  Il s’est tout particulièrement félicité des propositions du Président du Comité 1267, en ce qui concerne la forme et la teneur que devait revêtir la liste récapitulative des cibles identifiées, l’adoption de procédures claires et transparentes dans le traitement des informations soumises par les États, l’adoption de directives précises visant à orienter les Etats dans la préparation des rapports nationaux et l’instauration d’un dialogue ouvert et constructif avec ces Etats.  S’agissant de l’aide accordée pour renforcer les capacités nécessaires à la lutte contre le terrorisme, il a formé le vœu que l’engagement souscrit par la Banque mondiale et les autres organisations internationales pour appuyer les principales organisations sous-régionales africaines soit suivi d’effet. 


M. INOCENCIO ARIAS (Espagne) s’est félicité des travaux du comité 1267 et de son groupe de suivi. Il a fait siennes les propositions du président de ce Comité en ce qui concerne le format et le contenu de la liste récapitulative des cibles identifiées, l’adoption de procédures claires et transparentes dans le traitement des informations soumises par les Etats et l’adoption de directives précises visant à orienter les Etats dans la préparation des rapports nationaux.  Il a également souligné la nécessité d’une meilleure collaboration entre les comités de lutte contre le terrorisme et rappelé l’importance vitale pour les pays de respecter leurs engagements et obligations au titre des textes et conventions internationales en matière de lutte contre le terrorisme. 


M. MARCELLO SPATAFORA (République d’Italie), intervenant au nom de l’Union européenne, des pays candidats et des pays associés, a condamné fermement les actes terroristes sous toutes leurs formes.  Le terrorisme est injustifiable, a-t-il poursuivi, avant de souligner le rôle crucial joué par le Comité établi en vertu de la résolution 1267 en imposant des sanctions contre les individus et entités affiliées aux Taliban et au réseau Al-Qaida.  Après les attentats du 11 septembre 2001, les résolutions 1390 (2002) et 1455 (2003) ont renforcé le dispositif de sanctions imposées aux Taliban et à Al-Qaida et élargi les compétences du Comité, a constaté M. Spatafora, rappelant que l’Union européenne et ses États membres avaient immédiatement consolidé leur coopération avec le Comité.  Un certain nombre d’instruments juridiques ont été adoptés au niveau des États membres qui ont intensifié leur coopération avec le Groupe de surveillance, a ajouté le représentant de l’Italie, notamment par l’échange d’informations.  Il a soutenu les efforts du Comité visant à améliorer ses méthodes de travail, son efficacité, sa transparence et sa portée.  Soulignant que le respect des droits de l’homme et du droit sont fondamentaux dans la lutte contre le terrorisme, M. Spatafora a plaidé pour une meilleure coordination des actions menées par le Comité créé en vertu de la résolution 1267, par le Comité sur le contre-terrorisme, et par l’unité antiterroriste de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime.


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a informé le Conseil que le 9 juillet dernier, son pays a déposé les instruments de ratification de la Convention sur la lutte contre le financement du terrorisme, ce qui le place parmi les pays qui ont ratifié les 12 conventions pertinentes.  Son pays, a indiqué le représentant, est en train d’amender sa législation pour la rendre conforme à la Convention, en particulier dans le domaine du droit pénal et du droit administratif.  Soulignant que le Liechtenstein épargne aucun effort pour éviter que le centre financier qu’il est ne serve aux activités terroristes, le représentant a estimé qu’au moment où le Conseil prend des décisions qui ont un impact direct sur les droits des individus, il est important de fournir à ces individus les moyens de faire valoir leurs préoccupations.  En conséquence, il a encouragé le renforcement de la coopération entre le Comité, le Groupe de surveillance et les Etats membres, afin, a-t-il dit, de renforcer le respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et de la règle de droit dans la lutte contre le terrorisme. 


M. KOICHI HARAGUCHI (Japon) a souligné l’importance d’une approche intégrée pour combattre avec succès Al-Qaida, incluant l’application par la communauté internationale dans son ensemble des sanctions décidées et le renforcement des capacités des pays en développement afin de leur permettre de faire face à leurs responsabilités.  Tout en se félicitant de la contribution du Groupe de suivi du Comité établi par la résolution 1267 et des propositions présentées ce matin par le Président de ce Comité, il s’est dit inquiet de constater qu’une nouvelle génération de terroristes entraînés hors de Afghanistan avait émergé.  Tout en reconnaissant les progrès réalisés dans la promotion de nouvelles législations auprès des Etats Membres, il a insisté sur la nécessité de mettre en place de nouveaux moyens afin de supprimer toutes les ressources pouvant servir le terrorisme international.  En ce qui concerne le risque que constitue la prolifération des armes, il a exhorté les pays qui ne l’avaient pas encore fait à adhérer à la Convention sur la protection physique du matériel nucléaire.  Par ailleurs, il a invité les Etats Membres à mettre à jour les informations qu’ils sont censés soumettre au Comité 1267, notamment la liste des personnes et organisations incriminées, mais aussi sur les législations mises en place. 


M. V.K. NAMBIAR (Inde) a déclaré que les Taliban et Al-Qaida sont en train de se regrouper en Afghanistan.  Le terrorisme est un mal universel et il faudrait que les pays ou les sociétés qui l’encouragent le comprennent, a-t-il dit.  Plusieurs personnes ont trouvé la mort ces derniers dans le Jammu-et-Cachemire et à Bombay, des suites d’attentats à la bombe.  S’il n’est pas prouvé que Al-Qaida y est mêlé, les raisons avancées pour ces attentats sont les mêmes que celles qu’invoque souvent cette organisation terroriste.  L’Inde met en garde contre le danger que représente l’acquisition d’armes de destruction massive par les terroristes.  Le Groupe de suivi souligne que des organisations soi-disant caritatives continuent de financer des activités terroristes, et que les interdictions de voyages décrétées à l’encontre de certains individus ne sont pas respectées.  D’autre part, nous aimerions savoir pourquoi les approvisionnements en armes des groupes qui opèrent en Afghanistan à travers le territoire du Pakistan, se poursuivent.  Nous déplorons que les travaux du Comité 1267 semblent être teintés par des considérations purement politiques appuyées par certains Etats.


M. LUIS ENRIQUE CAPPAGLI (Argentine) a rappelé l’engagement de son pays dans la lutte contre le terrorisme.  En témoignage de cet engagement, l’Argentine a présenté ses rapports conformément aux résolutions 1390 et 1455 du Conseil de sécurité portant sur les moyens pris pour mettre en œuvre leurs dispositions.  A la lecture du rapport du Groupe de suivi, nous sommes préoccupés par la menace que représente toujours Al-Qaida à la paix et à la sécurité internationales et par le fait que cette organisation recrute toujours des adeptes et dispose de fonds ainsi que d’armes pour accomplir ses attaques.  Il est également particulièrement préoccupant de constater que le trafic international de stupéfiants continue d’être une source de revenus pour les groupes terroristes.  Nous estimons par conséquent que la communauté internationale doit prendre les mesures adéquates pour intensifier la lutte contre le terrorisme dans toutes ses formes.  C’est pourquoi, les recommandations du Groupe de suivi doivent être étudiées attentivement par le Conseil de sécurité afin d’améliorer le régime des sanctions et combler les lacunes identifiées, en particulier en matière de financement, de recrutement, de liberté de mouvement et d’embargo sur les armes. 


M. ARYE MEKEL (Israël) a salué la contribution importante du Comité créé en vertu de la résolution 1267 aux efforts de lutte contre le terrorisme déployés par la communauté internationale.  Il s’est inquiété des tentatives du réseau d’Al-Qaida de recruter des terroristes palestiniens et de commettre des attentats sur le sol israélien.  Estimant qu’aucun pays n’avait les moyens d’empêcher à lui seul les actes terroristes, il a déclaré que la destruction des réseaux terroristes exige une action commune de longue haleine qui doit se traduire par une réelle coopération et collaboration internationales.  Mais, a-t-il ajouté, il suffit qu’un seul Etat abrite Al-Qaida pour lui permettre de se régénérer et de se reconstituer.  A cet égard, il s’est dit très inquiet par le fait que de nombreux Etats n’ont  toujours pas honoré leurs obligations en présentant un rapport national conformément aux termes de la résolution 1455.  Le représentant a affirmé que les éléments extrémistes islamistes continuent d’avoir les moyens de faire de nombreuses victimes au sein des populations civiles.  


M. LUIS GUILLERMO GIRALDO (Colombie) a salué les recommandations du Groupe de surveillance créé par la résolution 1455 (2003), contenues dans son rapport et concernant le gel des avoirs économiques et financiers du réseau terroriste Al-Qaida.  La bonne nouvelle concernant le gel de ces avoirs et les progrès réalisés par la communauté internationale pour priver les réseaux terroristes de sources de financement sont ternis par le constat de plus en plus fréquent du financement des réseaux terroristes par le trafic international de drogue.  Sur les six milliards de dollars issus l’an dernier de ce trafic, 1,2 milliard provenait du trafic d’opium et d’héroïne d’Afghanistan où il bénéficie aux seigneurs de guerre et à des résidus du réseau Al-Qaida, a déploré le représentant.  Cela est d’autant plus alarmant qu’à l’heure actuelle, seuls 125 millions de dollars ont été gelés, a poursuivi M. Giraldo, avant de souligner que le rapport du Groupe de surveillance constate ce phénomène ailleurs qu’en Afghanistan: en Tchétchénie, en Georgie et dans d’autres zones d’Asie centrale.  Il a exhorté le Groupe de surveillance à enquêter de nouveau afin de déterminer si le trafic de drogue est à l’origine du financement des récents attentats commis en Indonésie, en Arabie saoudite, au Maroc ou au Kenya, dans la mesure où le réseau Al-Qaida a mis au point de nouvelles sources d’approvisionnement en fonds pour ses structures dans le monde.  Enfin, M. Giraldo a suggéré au Comité créé par la résolution 1267 d’étendre son champ d’action à toutes les entités terroristes listées par le Département d’Etat américain en prenant soin de garder à l’esprit le lien étroit entre trafic de drogue et financement des activités terroristes. 


M. VALERY KUCHINSKY (Ukraine) a informé le Conseil de sécurité qu’une délégation du Gouvernement ukrainien s’est rendue à Kaboul le 4 juillet dernier et a discuté avec le Président Karzaï et des membres du Gouvernement afghan des problèmes liés à la sécurité, à la reconstruction et à la mise en place de relations commerciales bilatérales.  Il s’est félicité de la contribution du Comité créé en vertu de la résolution 1267 et de son Groupe de suivi à la question des sanctions à l’encontre des membres et associés d’Al-Qaida et des Taliban et s’est dit persuadé que la clef de la réussite de la lutte contre le terrorisme réside dans notre capacité à tarir ses sources de financement.  Mais pour ce faire, a-t-il souligné, il faut une pression politique et économique associée à une coopération et une coordination internationales et une assistance technique aux pays qui en ont besoin pour leur permettre de faire face à leurs obligations.  Dans ce contexte, il a estimé nécessaire de renforcer encore le rôle du Comité créé en vertu de la résolution 1267 du Conseil de sécurité, comme un instrument de choix pour développer la coopération internationale dans le souci de combattre les menaces que constituent Al-Qaida et les Taliban.  Par ailleurs, il a présenté les efforts de son pays pour contrôler la destination finale de ses exportations d’armes et assurer la sécurité des conteneurs expédiés. 


M. JOHN DAUTH (Australie) a souligné la nécessité de s’attaquer au problème des transferts de fonds provenant des associations caritatives et d’autres formes de fonds non conventionnelles, y compris les fonds provenant d’actions criminelles vers les groupes terroristes.  Il a également jugé important que le Comité travaille, de manière efficace, avec d’autres organismes du système des Nations Unies pour assurer une approche globale et intégrée de prévention des attaques terroristes.  A cet égard, il s’est félicité du partenariat renforcé entre le Comité 1267 et le Comité contre le terrorisme.  Pour sa part, a poursuivi le représentant, l’Australie continue de donner la priorité à la lutte contre le terrorisme.  Le pays a d’ailleurs nommé un Ambassadeur du contre-terrorisme chargé de promouvoir, intensifier et coordonner les efforts internationaux.  L’Australie vient aussi de rationaliser ses procédures de gel des avoirs terroristes conformément à la résolution 1267.


Reprenant la parole en fin de réunion, M. MUNOZ, Président du Comité créé en vertu de la résolution 1267, a remercié les membres du Conseil d’avoir apporté leur appui au programme de travail envisagé par le Comité jusqu’à la fin de cette année.  Ce Comité et le Comité contre le terrorisme attacheront une attention particulière au lien entre financement du terrorisme et trafic de stupéfiants. 


Après lui, M. MICHAEL CHANDLER, Président du Groupe de suivi des travaux du Comité créé en vertu de la résolution 1267, a pris la parole et a prié les Etats de fournir au Groupe de suivi les informations qu’il leur a demandées dans les meilleurs délais.  Les Etats devraient rédiger leurs rapports nationaux en suivant les directives qui leur ont été soumises.


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