06/05/2003
Communiqué de presse
CS/2492



Conseil de sécurité

4752e séance – après-midi


LE PREMIER MINISTRE ESPAGNOL, JOSE MARIA AZNAR, APPELLE

A LA TOLERANCE ZERO FACE AU TERRORISME


Depuis le 4 avril dernier, l’Espagne préside le Comité contre le terrorisme


Le Premier Ministre de l’Espagne, Jose Maria Aznar, a cet après-midi assuré le Conseil de sécurité de la détermination de son pays à jouer un rôle ferme dans la lutte contre le terrorisme international quelques semaines après que l’Espagne ait pris la présidence du Comité contre le terrorisme.  Depuis le 28 septembre 2001, l’action du Conseil pour contrer les menaces à la paix et à la sécurité internationales repose sur la résolution 1343 qui a défini le cadre général de la lutte contre le terrorisme de la communauté internationale et créé son mécanisme de mise en œuvre par le biais du Comité contre le terrorisme.  Ainsi, les Etats sont tenus de présenter au Comité des rapports nationaux sur les mesures prises pour prévenir et réprimer le financement d’actes de terrorisme; accélérer les échanges d’informations et appliquer intégralement les conventions et protocoles internationaux relatifs au terrorisme.  Jusqu’au 4 avril dernier, le Royaume-Uni assumait la présidence du Comité contre le terrorisme.


Décrivant le terrorisme comme la réincarnation d’une nouvelle forme de totalitarisme, le Premier Ministre espagnol a appelé la communauté internationale à faire preuve d’une réponse concertée plus ambitieuse face à ce qu’il considère comme l’un des défis les plus importants posés à la sécurité internationale.  Il a notamment placé au rang des priorités la coopération avec les institutions chargées de l’élimination d’armes de destruction massive.  Il a également suggéré au Comité de dresser une liste des organisations terroristes dans le monde.  Pour mettre en œuvre une réelle «politique de tolérance zéro» face au terrorisme, Jose Maria Aznar a également insisté sur l’importance de démanteler les réseaux économiques qui financent les activités terroristes, de renforcer la coopération technique entre les pays et de relancer le processus de paix au Moyen-Orient.


Les membres du Conseil ont réaffirmé, à leur tour, la place centrale qui doit revenir aux Nations Unies dans la lutte contre le terrorisme, certaines délégations disant attendre avec impatience que l’Assemblée générale adopte une définition précise du terrorisme.  Pour le représentant du Royaume-Uni, Sir Jeremy Greenstock, ancien Président du Comité contre le terrorisme, ce n’est qu’à ce moment que la communauté internationale pourra envisager, comme le propose le Premier Ministre espagnol, de dresser une liste d’organisations terroristes dans le monde.  Certains pays, comme la Syrie et le Pakistan, ont rappelé que la lutte des peuples pour l’exercice de leur droit à l’autodétermination ne doit pas être assimilée au terrorisme.  D’autres, à l’instar de Jose Maria Aznar, ont souligné qu’il n’existait ni un bon ni un mauvais terrorisme.


Outre ceux déjà cités, les représentants des pays suivants ont pris la parole: Etats-Unis, Mexique, France, Allemagne, Guinée, Fédération de Russie, Bulgarie, Chine, Cameroun et Chili.


MENACES À LA PAIX ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES CAUSÉES PAR DES ACTES TERRORISTES


Déclarations


M. JOSE MARIA AZNAR, Premier Ministre de l’Espagne, a déclaré que son pays avait pris la présidence du Comité contre le terrorisme le 4 avril dernier avec un sentiment de responsabilité et de solidarité pour les hommes, les femmes et les pays victimes du terrorisme.  Le terrorisme a acquis une dimension mondiale le 11 septembre, mais ce phénomène n’est pas apparu à cette date.  La nature et la magnitude de cette menace ont toujours été évidentes.  Le terrorisme est une menace à la civilisation, à toutes les civilisations.  Le terrorisme est primitif.  Il vise à étouffer les voix qui s’élèvent par la violence, corrompant la liberté et la liberté d’expression qui sont à la base de toute civilisation.  Il s’agit d’une menace à la démocratie.  C’est la réincarnation d’une nouvelle forme de totalitarisme.  Le terrorisme est aussi une menace à la paix et à la sécurité internationales.  Il constitue une source majeure de déstabilisation.  Au cours de ces dernières années, nous nous sommes opposés non pas à un choc de civilisations, mais à un choc entre une nouvelle forme de barbarie et la civilisation.  Accorder un quelconque crédit à l’existence d’un antagonisme entre les civilisations, les religions et les cultures c’est tomber dans le piège de la dialectique mise en place par les terroristes qui sont les ennemis du dialogue.  Le terrorisme constitue l’un des défis les plus importants posés à la sécurité internationale.


Nous devons élaborer des réponses collectives plus ambitieuses face au terrorisme.  Pour cela, il est important de renforcer le Comité contre le terrorisme.  Nous devons accroître ses capacités en matière de supervision et d’assistance aux Etats, de coordination avec les autres organisations régionales et internationales.  La coopération avec les institutions chargées du désarmement, en particulier celles qui sont responsables de l’élimination d’armes de destruction massive, doit être une priorité.  Pour cela, il serait utile d’envisager la possibilité pour le Comité de dresser une liste d’organisations terroristes dans le monde, similaire à celle élaborée par le Comité créé par la résolution 1267 concernant Al-Qaida et les Taliban.  Il est également essentiel de renforcer les mécanismes qui visent à endiguer la prolifération d’armes de destruction massive et leur diffusion à des groupes terroristes.  Il faut en outre améliorer les structures existantes permettant de démanteler les réseaux économiques qui financent les activités des terroristes en profitant de l’ouverture de nos marchés et de nos systèmes financiers. 


Nous devons également adopter une politique de tolérance zéro qui doit guider tout code de conduite que promulguerait la communauté internationale.  Nous devons accroître la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme.  L’assistance en la matière doit être intégrée dans tous les programmes de coopération multilatéraux, régionaux et bilatéraux.  La Banque mondiale, le Fonds monétaire international ainsi que le G-8 sont appelés à jouer un rôle important dans ce contexte.  Des procédures devraient être établies pour empêcher les groupes terroristes de se servir des Nations Unies comme d’une plate-forme leur permettant de diffuser leur message violent, de justifier leurs actions et d’obtenir des avantages politiques.  Les victimes du terrorisme doivent pouvoir être entendues grâce à un mécanisme institutionnel servant de forum de discussion.  Il faut priver les terroristes de toute légitimité et, pour cela, relancer le processus de paix au Moyen-Orient avec l’aide de la Feuille de route.  Nous devons influer sur les facteurs sociaux qui servent d’excuses aux agissements des groupes terroristes et prendre des mesures pour favoriser le dialogue entre les civilisations, les religions et les cultures, a souligné le Premier Ministre espagnol.


M. JOHN NEGROPONTE (Etats-Unis) a souligné que le terrorisme constitue un danger clair et présent, menaçant la capacité des peuples à vivre en paix et en sécurité.  Tant que les terroristes pourront agir, aucun territoire, aucune frontière ne sera sûr.  En 2002 seulement, le Département d’Etat a compté 199 incidents terroristes importants.  Ici à New York, nous travaillons dans le souvenir des attentats du 11 septembre 2001.  Le Conseil de sécurité s’est acquitté de son devoir en s’attaquant au terrorisme de façon exemplaire: ainsi, la résolution 1373 (2001) a entraîné des transformations sur le plan juridique dans le monde entier.  Les Etats Membres ont accéléré leur adhésion aux conventions pertinentes.  En septembre 2001, seuls deux Etats étaient parties aux douze Conventions internationales; aujourd’hui, nous en sommes à 31, dont six membres du Conseil de sécurité et 36 autres Etats sont sur le point de le faire. 


Avec la résolution 1373 (2001), le Conseil de sécurité a pris la bonne décision, a poursuivi M. Negroponte en saluant le travail du Comité contre le terrorisme.  Ce Comité maintient un dialogue continu avec les Etats Membres et a identifié les lacunes dans la lutte contre le terrorisme.  Le Conseil de sécurité a créé, grâce au Comité, un réseau mondial de lutte contre le terrorisme, incluant toute une série d’organisations régionales et internationales.  Le Conseil de sécurité a entamé sa lutte contre les Taliban et Al-Qaida avec les résolutions 1267, 1390, 1452 et 1455: ceci a permis un gel mondial des avoirs d’Al-Qaida d’un montant de 134 millions de dollars dont 98 millions hors des frontières américaines.  La liste des Nations Unies établie en vertu de la résolution 1267 compte aujourd’hui 355 individus ou entités, et à ce jour, 41 pays ont soumis leur rapport au Comité.  Ces chiffres et cette liste ne donnent qu’un aperçu de l’histoire qui vise, a-t-il rappelé, à priver les terroristes des moyens de commettre leurs crimes.


M. JEREMY GREENSTOCK (Royaume-Uni) a souligné l’importance d’une démarche internationale, les Etats ne pouvant pas s’attaquer seuls à la lutte contre le terrorisme si puissants soient-ils.  Les travaux du Comité visaient à créer une coalition mondiale par le biais du système des Nations Unies.  Le Conseil doit désormais faire en sorte que chaque Etat Membre de l’Organisation prenne les mesures qui s’imposent pour combattre cette menace à la paix et à la sécurité internationales.  Sous la houlette de l’Espagne, le Comité affronte un défi mondial.  Le Royaume-Uni maintiendra son engagement tout en étant conscient que nous devons intensifier nos efforts dans certains domaines clefs comme la fourniture de l’assistance aux pays qui en ont besoin.  Les organisations régionales ont un rôle important à jouer dans la mesure où nous devons pouvoir vérifier sur le terrain les résultats de nos efforts. 


Notre Groupe d’experts se fait une idée de plus en plus précise de la mise en œuvre à l’échelle mondiale de la résolution 1373 par laquelle le Comité contre le terrorisme a été créé.  Il est désormais nécessaire que le Comité prenne des mesures à l’encontre d’Etats qui n’ont pas mis en œuvre la résolution 1373.  Nous nous approchons du moment où nous devrons organiser des visites dans les Etats, ce qui aiderait à affiner notre évaluation des besoins techniques.  Au sujet de la proposition espagnole d’établir une liste mondiale d’organisations terroristes, nous pensons que cela ne sera pas possible tant que l’Assemblée générale des Nations Unies n’aura pas adopté une définition de ce qu’est une organisation terroriste.


M. ADOLFO AGUILAR ZINSER (Mexique) a jugé qu’il était plus urgent que jamais que la communauté internationale renforce ses efforts de lutte contre le terrorisme.  Il a indiqué que, ces derniers temps, l’Espagne et le Mexique ont renforcé leur coopération dans ce domaine avec une volonté politique nécessaire pour agir de manière efficace.  Confiance et respect régissent ces relations; des traités entre les deux pays sur l’extradition et l’assistance judiciaire forment la base des accords; la coopération bilatérale entre les deux pays s’inscrit dans le cadre des efforts collectifs de la communauté internationale.  Ce processus est fondé sur un ensemble d’instruments, d’accords et de traités émanant des Nations Unies, dont le plus important est le Comité contre le terrorisme présidé aujourd’hui par l’Espagne.


Le Mexique réaffirme le rôle prioritaire que doit jouer l’ONU pour relever les défis de portée mondiale.  Le Mexique est convaincu que la lutte contre le terrorisme sera d’autant plus efficace que la volonté des Etats se manifeste dans le cadre d’efforts communs.  La lutte contre le terrorisme est un combat pour la liberté et la protection des valeurs humaines, a-t-il enfin rappelé, estimant que la pire séquelle que le terrorisme pourrait laisser serait l’effondrement des valeurs juridiques et des libertés démocratiques. 


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France), saluant la présence du Président du Gouvernement espagnol, Jose Maria Aznar, a estimé que l’Espagne, pays durement et de longue date frappé sur son sol par le terrorisme, peut utilement faire part de son expérience chèrement acquise dans la lutte contre le fléau du terrorisme aux autres membres du Conseil de sécurité.  Affectés à des degrés divers par le terrorisme, les Etats membres de l’Union européenne n’ont pas hésité à unir leurs efforts, notamment depuis le 11 septembre 2001, en vue de renforcer dans tous les domaines les mesures concrètes pour combattre plus efficacement le terrorisme, a indiqué ensuite M. La Sablière.  Citant à ce titre quelques exemples, notamment l’accélération de la mise en place d’un espace judiciaire européen et d’une police européenne, la définition commune de ce qui constitue un acte de terrorisme, la création d’un mandat d’arrêt européen pour remplacer le système d’extradition antérieur, ou encore le renforcement d’Europol, le représentant de la France a jugé que le fléau du terrorisme, de par son caractère global et multiforme, rendait encore plus indispensable la mobilisation et la coopération active de la communauté internationale. 


Les Nations Unies et le Conseil de sécurité ont à cet égard un rôle majeur à jouer comme l’a notamment souligné la résolution 1456 adoptée le 20 janvier par le Conseil réuni au niveau ministériel, a poursuivi M. La Sablière.  Cette mobilisation indispensable ne pourra cependant être réellement effective que dans la mesure où les pays qui en ont besoin recevront une assistance technique accrue pour les aider à renforcer leur dispositif national de lutte contre le terrorisme, a-t-il ajouté, rappelant la proposition faite par le Ministre français des affaires étrangères de créer un fonds de coopération et d’assistance.  S’agissant du lien entre le terrorisme et d’autres menaces globales, telles que la prolifération d’armes de destruction massive, il a annoncé que la France ferait prochainement des propositions concrètes en vue de l’élaboration d’une convention internationale renforçant le contrôle de l’utilisation et du transfert de sources radioactives et a suggéré par ailleurs que les agences ou institutions internationales disposant de compétences dans ces secteurs soient activement impliquées.  Réaffirmant l’attachement de la France à la ratification universelle des douze instruments internationaux qui visent à réprimer divers actes terroristes, M. La Sablière a invité le Comité du contre-terrorisme à faire part au Conseil de sécurité des difficultés ou problèmes que rencontrent les Etats dans la mise en œuvre de la résolution 1373. 


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a déclaré que le terrorisme international est une menace stratégique à la paix et à l'ordre international.  Il est donc essentiel de combattre et d'affaiblir les structures terroristes existantes avec détermination.  La gamme complète des mesures diplomatiques, de police, judiciaires et même militaires doit être appliquée avec diligence.  Il est également important d'empêcher les individus de devenir des terroristes.  Par conséquent, la prévention des crises et le règlement des conflits de même que le dialogue entre les civilisations sont d’importance égale.  Dans ce contexte, il faut souligner la récente Feuille de route pour la paix au Moyen-Orient qui offre des perspectives de règlement d'un conflit qui a pendant longtemps servi de base pour le terrorisme.  Suivons cette voie vers la paix avec persévérance et dévouement.


La lutte contre le terrorisme requiert en outre une coopération internationale.  La coopération qui a émergé après le 11 septembre doit être approfondie.  Les Nations Unies et le Comité contre le terrorisme fournissent à cet égard un cadre d'action globale approprié.  Enfin, notre lutte doit être légitime au regard du droit international et respecter en particulier les droits nationaux, les droits de l'homme et la Charte de l'ONU. 


M. BOUBACAR DIALLO (Guinée) s’est félicité des nouvelles mesures prises par l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité en matière de lutte contre le terrorisme, dans le souci de faire face à la nouvelle nature de ce fléau.  Il a également salué les dispositions prises par d’autres acteurs, notamment les organisations et institutions internationales, régionales et sous-régionales qui s’inscrivent dans la même logique.  Il s’est dit convaincu que la lutte contre le terrorisme est une épreuve de longue haleine dont l’ampleur et la complexité nécessitent la coopération de tous les membres de la communauté internationale. 


Soulignant l’importance particulière de l’assistance en matière de lutte contre le terrorisme, il a appelé les donateurs à mieux coordonner leurs actions avec le Comité contre le terrorisme.  En conclusion, il a précisé que son pays continuera d’apporter sa contribution aux efforts de la communauté internationale pour combattre et éliminer définitivement ce fléau. 


M. SERGEY LAVROV (Fédération de Russie) a estimé que le temps avait montré la vérité stratégique du système mondial de lutte contre le terrorisme sous l’égide des Nations Unies.  Aujourd’hui, des forces nouvelles de la communauté internationale s’opposent au terrorisme.  Le Comité contre le terrorisme, créé à la suite des événements du 11 septembre 2001, demeure l’élément clef de l’architecture mondiale contre le terrorisme.  La majorité des pays perfectionnent actuellement leurs arsenaux juridiques de lutte contre le terrorisme, tandis que les terroristes ont de plus en plus de mal à trouver des havres de protection où se mettre à l’abri.


On renforce les structures existantes et on en crée de nouvelles, a noté le représentant.  Les interactions doivent devenir périodiques et concrètes pour que le Comité contre le terrorisme puisse s’appuyer sur les organisations régionales.  Les différents organes des Nations Unies, sous l’égide du Conseil de sécurité, ont également un rôle à jouer, a-t-il insisté.  Il faut aussi s’attaquer à différents domaines urgents comme la prolifération des armes de destruction massive ou la criminalité transnationale organisée.  Au plan juridique, le représentant a regretté que les travaux sur les différents projets de convention internationale contre le terrorisme nucléaire ne progressent pas et il a demandé aux Etats de faire preuve de sagesse pour finaliser ces textes à temps.


M. MIKHAIL WEHBE (République arabe syrienne) a dit condamner le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, y compris le terrorisme d’Etat.  Il a également assuré l’Espagne de son soutien.  Estimant que l’occupation des terres du peuple palestinien est une des manifestations les plus odieuses du terrorisme, le représentant a appelé le Conseil de sécurité et le Comité contre le terrorisme à y mettre fin.  Il a précisé que son pays avait été l’un des premiers à soumettre ses rapports nationaux au Comité et compte poursuivre sa collaboration, notamment au sein de l’Assemblée générale dans le cadre des discussions sur une définition du terrorisme.  Les relations entre le terrorisme et les armes de destruction massive est une préoccupation cruciale.  La délégation syrienne présentera prochainement un projet de résolution visant à faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes de destruction massive et espère que ce texte sera largement appuyé.  La paix dans la région du Moyen-Orient doit être juste et durable et reposer sur les résolutions pertinentes du Conseil et le principe de l’échange de la terre contre la paix


M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) a estimé que les priorités, les directives, la philosophie même de la lutte contre le terrorisme vont entièrement dans le sens de la Bulgarie sur ce problème.  La coopération du Comité contre le terrorisme avec les organisations régionales est indispensable, a-t-il relevé rappelant que la réunion du 6 mars avait témoigné de l’immense potentiel de ces organisations.  Aussi, a-t-il assuré que la future présidence bulgare de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) accordera toute la priorité à la lutte contre le terrorisme.  Il faut éviter à tous les niveaux l’accès des groupes terroristes aux armes de destruction massive: ceci est une priorité absolue et un objectif immédiat, a-t-il insisté.  Pour le représentant, la réunion du 15 mai prochain du Comité avec les représentants de l’AIEA et d’Interpol notamment doit offrir l’occasion de choisir les formes de coopération entre le Comité et les organisations internationales.


L’objectif principal des organisations terroristes, a poursuivi le représentant, est de saper la légalité internationale et il faut donc que la lutte contre le terrorisme respecte les normes du droit international, sinon la bataille sera gagnée par les terroristes eux-mêmes.  Il convient d’éviter tout choc des civilisations et des religions du monde car, a-t-il conclu, il n’y a ni bon ni mauvais terrorisme: c’est un fléau terrible qui doit être combattu sans relâche.


M. WANG YINGFAN (Chine) a estimé que le terrorisme est une menace à l’humanité.  Le Comité contre le terrorisme a joué un rôle important dans la lutte contre ce fléau en aidant les pays à mettre en œuvre la résolution 1373, en particulier pour renforcer les législations nationales et la coopération internationale.  Sous la présidence de l’Espagne, le Comité contre le terrorisme continuera de progresser et nous continuerons de coopérer pleinement.  La promotion active d’un dialogue entre les civilisations, la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive sont des questions cruciales.  Dégager un consensus international pour poursuivre la lutte contre ce fléau constitue maintenant la question clef tout en sachant que les Nations Unies doivent rester au centre de ces efforts.


M. MARTIN BELINGA-EBOUTOU (Cameroun)a estimé que la présence du Premier Ministre espagnol renforçait l’élan politique que les Ministres des affaires étrangères ont donné le 20 janvier dernier aux structures de la coalition mondiale de lutte contre le terrorisme et réaffirme le rôle central des Nations Unies dans le combat commun contre le terrorisme.  L’Espagne, a-t-il relevé, a une longue expérience en matière de lutte contre le terrorisme et connaît depuis de nombreuses années des vagues d’attentats terroristes. 


Notre sécurité commune, a poursuivi le représentant, ne peut être assurée que si nous nous engageons à mener tous ensemble une lutte implacable contre les auteurs des actes terroristes; les liens établis entre le terrorisme et la criminalité transnationale appellent vigilance et réponse globale; le combat contre le terrorisme doit être multidimensionnel.  Le représentant a rappelé que le Président du Cameroun avait suggéré, il y a quelques mois, les pistes suivantes: une stratégie nationale de lutte au niveau de chaque pays; une intensification de la coopération internationale par des échanges d’information, d’expériences et par des actions communes concertées; l’extirpation du mal à la racine car la misère, l’injustice et les conflits sont souvent le terreau où se développe le terrorisme.  Sur le plan juridique, un droit international fort est nécessaire pour lutter contre ce fléau; il faut dès lors compléter les normes existantes en adoptant rapidement le projet de convention générale sur le terrorisme et le projet de convention pour la répression des actes de terrorisme nucléaire.  Notant que les écarts technologiques entre Etats constituent une faille qu’utilisent les groupes terroristes, le représentant a estimé que pour colmater cette brèche, il faut passer nécessairement par une solidarité internationale sans faille qui se traduirait notamment par un programme d’assistance ambitieux et réaliste, facilement accessible aux Etats qui en ont besoin.  Enfin, pour le représentant, la lutte contre le terrorisme doit s’inscrire dans la durée.


M. GABRIEL VALDES (Chili) a estimé que la lutte douloureuse du Gouvernement et du peuple espagnols contre le terrorisme leur donne la plus grande légitimité dans ce domaine.  Aujourd’hui, l’action coordonnée du Comité contre le terrorisme créé par la résolution 1373 (2001) et du Comité 1267 constituent une base essentielle pour assurer le succès des efforts menés au sein des Nations Unies.  Evitant tout double emploi, les travaux de ces Comités répondent aux questions qui se posent.  Les deux Comités doivent inclure l’ensemble des membres de l’Organisation en vue de bloquer les moyens financiers destinés aux actions terroristes et pour empêcher leur circulation et celle des armes qui leur sont destinées, a-t-il prôné.  Pour le représentant, il faut aussi féliciter les Etats qui améliorent leur arsenal législatif et adoptent de nouvelles lois sur la base des résolutions du Conseil. 


Le travail des deux Comités et la participation active des membres du Conseil et de tous les membres de la communauté internationale prouvent que le rôle des Nations Unies est irremplaçable en matière de lutte contre le terrorisme, a ajouté le représentant.  Les Nations Unies présentent la meilleure garantie d’un combat efficace contre ce fléau.  Dans un monde marqué par la mondialisation, ce qui fait souffrir un pays nous fait tous souffrir, a poursuivi le représentant, qui a insisté en conclusion sur la nécessité de travailler dans le cadre de la légitimité, de la légalité, du respect des libertés et des droits de l’homme.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a indiqué que depuis plus de vingt ans, son pays est également victime du terrorisme, y compris le terrorisme d’Etat, fléau qu’il condamne fermement.  Le Conseil de sécurité doit jouer un rôle central dans la lutte contre le terrorisme.  Les propositions du Premier Ministre espagnol méritent d’être examinées avec soin.  Quatre autres considérations doivent être prises en compte.  Il faut tout d’abord s’attaquer aux causes profondes des activités terroristes  Il faut également veiller à ce que les mesures de lutte contre terrorisme ne dissimulent pas des violations des droits de l’homme.  Il faut aussi veiller à ce que le droit à l’autodétermination ne soit pas dénaturé par une assimilation au terrorisme.  Enfin, le respect mutuel et la tolérance sont essentiels pour venir à bout de la haine.  L’Espagne est bien placée pour mener cette lutte.  C’est en Espagne, en effet, que les trois grandes religions monothéistes se sont rencontrées.


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