27/03/03
Communiqué de presse
CS/2468



Conseil de sécurité

4726e séance (reprise)– matin


LA RELANCE DU PROGRAMME «PETROLE CONTRE NOURRITURE» SOUTENUE COMME CADRE DE L’INTERVENTION HUMANITAIRE EN IRAQ


Le rôle central des Nations Unies dans les

efforts de reconstruction du territoire iraquien est défendu


Le Conseil de sécurité a repris ce matin la réunion qu’il avait entamée hier, à la demande de la Ligue des Etats arabes et du Mouvement des pays non alignés, et qui était sa première réunion publique depuis le déclenchement des opérations militaires en Iraq.  Les délégations qui ont pris la parole ce matin, la plupart ayant exprimé le souhait que ces opérations soient brèves et les moins meurtrières possible, ont centré leurs interventions sur la situation humanitaire. 


Plus d’une trentaine de délégations, parmi elles les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, ont ainsi apporté leur appui à la relance d’une version révisée du Programme «pétrole contre nourriture» comme base de l’intervention humanitaire de la communauté internationale en Iraq.  La conclusion rapide d’une résolution du Conseil de sécurité permettant de soulager les populations civiles des conséquences de la guerre a ainsi été demandée à de nombreuses reprises. 


Depuis le samedi 22 mars, un groupe d’experts travaille sous l’égide de l’Allemagne à l’élaboration d’un projet de résolution qui devrait déterminer les modifications à apporter au programme pour que les approvisionnements parviennent à la population en fonction des réalités sur le terrain.  Le Programme «pétrole contre nourriture» mis en place en 1995 pour répondre aux besoins de base du peuple iraquien avait été suspendu le 17 mars par le Secrétaire général à cause du déclenchement des hostilités. 


Les délégations comme la France et la Fédération de Russie, pays fortement opposés à la campagne militaire en Iraq, se sont dits prêts à répondre aux besoins humanitaires de la population iraquienne, le représentant français précisant toutefois que la responsabilité principale en la matière revient aux forces d’occupation dans les zones qu’elles contrôlent.  De son côté, son homologue russe a précisé que compte tenu du caractère exceptionnel des circonstances dans lesquelles se trouve la population iraquienne, son pays est prêt à trouver une solution temporaire à la question de la révision des procédures du Programme «pétrole contre nourriture».  Le représentant a cependant rejeté toute proposition visant à modifier cette procédure pour l’ajuster au scénario militaire.  Chefs de file de la coalition militaire, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont également apporté leur appui au Programme «pétrole contre nourriture» tout en assurant le Conseil de leur détermination à assumer leurs obligations en vertu du droit humanitaire international.  


Les délégations ont dans leur grande majorité insisté sur le rôle central qui doit incomber aux Nations Unies lors de la phase de reconstruction des infrastructures et du tissu socioéconomique de l’Iraq.  Deux principes directeurs devront présider au règlement de la question iraquienne, à savoir le respect de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de l’indépendance de l’Iraq ainsi que le droit du peuple iraquien à décider de son avenir et à bénéficier des dividendes de leurs ressources naturelles.  Une question abordée également par le représentant des Etats-Unis qui a précisé que son gouvernement souhaitait restituer le contrôle de la souveraineté de l’Iraq à sa population et qu’il prendra pour cela le temps nécessaire à la réalisation de cet objectif, mais pas un jour de plus.


Prenant la parole en fin de séance, le représentant de l’Iraq a exhorté le Conseil de sécurité à adopter, en priorité, une résolution pour mettre fin à «l’agression dont est victime son pays».


Outre ceux déjà cités, les représentants des pays suivants ont également pris la parole: Liechtenstein, Canada, Iles Marshall, Uruguay, Thaïlande, Lituanie, Slovaquie, El Salvador, Arabie saoudite, Micronésie, Tanzanie, Costa Rica, Timor-Leste, Honduras, République dominicaine, Ouganda, Sri Lanka, Ethiopie, Kirghizistan, Jordanie, Kenya, Slovénie, Mexique, Angola, Pakistan,  Cameroun, Chine, Espagne, Chili, Bulgarie, République arabe syrienne, Allemagne, Guinée, Iraq, ainsi que l’Observateur permanent de la Palestine.  Quarante-six délégations avaient pris la parole hier.


LA SITUATION ENTRE L’IRAQ ET LE KOWEIT


Déclarations


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a rappelé la position de son pays, à savoir que le Conseil de sécurité a le devoir de poursuivre tous les moyens pacifiques pour régler un conflit avant de recourir à la force, et que seule une intervention armée autorisée par le Conseil de sécurité peut être considérée comme légitime.  C'est la raison pour laquelle il regrette profondément qu'une action militaire ait été engagée sans l'autorisation explicite du Conseil de sécurité.  Le Liechtenstein ne considère pas pour autant qu'il s'agit là d'un échec du Conseil de sécurité, ou des Nations Unies.  En tant que petit pays, il est particulièrement préoccupé par le fait que le Conseil de sécurité et le droit international aient été délibérément contournés sur une question aussi importante et estime que cela aura des ramifications plus profondes dont il va falloir discuter.  Cependant, compte tenu des besoins concrets et urgents du peuple iraquien, M. Wenaweser est d'avis que le Conseil doit prendre des mesures très concrètes dans l'immédiat pour faire face à cette situation.


Rappelant les dispositions du droit international humanitaire en matière de responsabilité à l’égard de la population civile, M. Wenaweser a toutefois insisté sur le fait que les Nations Unies doivent jouer un rôle essentiel et être en charge de la coordination de l'aide humanitaire pour l'Iraq, dès que les conditions sur le terrain le permettront.  Compte tenu de cela, l'initiative du Secrétaire général proposant une reprise rapide du Programme «pétrole contre nourriture» est bienvenue, même si cela peut avoir des implications politiques et légales.  Le représentant a estimé que le Conseil de sécurité est dans l'obligation de placer le sort du peuple iraquien au centre de ses préoccupations, et qu'il doit rapidement retrouver son unité pour pouvoir assumer un rôle crucial dans l'organisation de l'avenir pacifique de l'Iraq, sur la base des principes de l'intégrité territoriale et de la souveraineté.  Il serait très difficile de justifier une quelconque division au sein du Conseil de sécurité pour ce qui est de la question de l'aide humanitaire à l'Iraq, a insisté M. Wenaweser.  Pour sa part, le Gouvernement du Liechtenstein a décidé de fournir à cet effet 100 000 dollars au Comité international de la Croix- Rouge et au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et envisage une contribution supplémentaire.


M. PAUL HEINBECKER (Canada) a regretté profondément que la guerre n’ait pu être évitée.  Notre principale préoccupation désormais est d’assurer la protection des populations civiles face aux hostilités.  Nous devons répondre aux besoins urgents des Iraquiens qui ont été trop longtemps victimes des brutalités de leur Gouvernement.  Les parties au conflit doivent également assurer la sécurité et la liberté de mouvement du personnel humanitaire.  Nous appelons les pays voisins à faciliter l’accès sans entrave des organisations humanitaires aux populations dans le besoin et à respecter le droit international humanitaire en offrant un abri aux réfugiés.  Nous savons que plus la guerre est longue, plus les besoins seront grands et nous appelons le Conseil à adapter le Programme «pétrole contre nourriture» qui peut répondre aux besoins pressants de la population iraquienne.  Le Conseil doit accorder un mandat à la communauté internationale pour que celle-ci puisse mettre en œuvre un système de relèvement.  Le représentant a rappelé que les prisonniers de guerre ne doivent pas faire l’objet de propagande et que les populations civiles ne devraient pas être utilisées comme bouclier humain.  Le Gouvernement du Canada a décidé de verser 70 millions de dollars américains pour l’assistance humanitaire à la population iraquienne.


M. Alfred CAPELLE (Iles Marshall) a rappelé que son pays est très attaché à la paix.  Notre peuple et nos terres souffrent toujours des effets des armes de destruction massive.  Nous avons été les témoins de la dévastation totale qui peut être déclenchée par de telles armes.  C’est pourquoi nous estimons que le désarmement de l’Iraq est une priorité essentielle.  Nous appuyons également les objectifs ultimes des opérations en cours en Iraq, à savoir garantir que ce pays respecte ses obligations en matière de désarmement et que la souveraineté de son peuple sur le pays est restaurée.  Les désastres de la guerre deviennent de plus en plus manifestes alors que nous voyons les événements évoluer en Iraq.  Nous devons à présent nous concentrer sur les besoins humanitaires du peuple iraquien.  Nous exhortons par conséquent le Conseil de sécurité à faire tout ce qui est en son pouvoir pour garantir un acheminement rapide et efficace de l’aide humanitaire à ceux qui en ont si désespérément besoin. 


M. FELIPE PAOLILLO (Uruguay) a estimé qu’il s’agissait en priorité de promouvoir les mécanismes permettant de répondre aux besoins humanitaires les plus urgents de la population iraquienne, particulièrement médicaux et alimentaires.  Il faudrait donc, selon lui, autoriser le Secrétaire général à disposer de larges pouvoirs pour relancer le Programme «pétrole contre nourriture» ou établir un mécanisme alternatif assurant une action collective efficace en la matière.  Il convient de recourir pleinement à tous les organismes et agences du système des Nations Unies qui disposent de l’expérience technique et de la compétence juridique.  Le représentant a également appelé à apporter tout l’appui nécessaire aux activités du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et à des organisations comme la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.  Il a enfin souligné la nécessité de respecter de manière stricte les normes du droit international humanitaire.


M. CHUCHAI KASEMARN (Thaïlande), regrettant que la guerre ait éclaté en Iraq, a appelé la communauté internationale à faire immédiatement face aux réalités actuelles, en particulier aux besoins urgents des centaines de milliers de civils qui subiront les conséquences de cette guerre.  Il faut alléger les souffrances de ces civils innocents, surtout les femmes et les enfants et, pour cela, il est indispensable de mettre en place une coalition internationale afin de mobiliser et coordonner l'aide humanitaire à fournir au peuple iraquien, a-t-il poursuivi.  Cette tâche revient selon lui aux Nations Unies, qui doivent pour cela bénéficier du plein appui de la communauté internationale afin de leur permettre d'assurer l'aide humanitaire requise dans les temps.  La Thaïlande émet l'espoir de voir cette guerre prendre fin rapidement de manière à ce que le peuple iraquien puisse vivre à nouveau dignement sa vie dans la paix et la liberté.  Elle appuie l'initiative du Secrétaire général pour ce qui est de planifier et mettre en œuvre l'aide humanitaire, y compris les ajustements du Programme «pétrole contre nourriture», et est entièrement disposée à joindre la coalition pour l'aide humanitaire en faveur de l'Iraq.


M. GEDIMINAS SERKSNYS (Lituanie) a dit regretter l’échec des efforts diplomatiques déployés par le Conseil.  Personne ne devrait bafouer les résolutions du Conseil de sécurité.  Notre gouvernement a proposé son aide pour ce qui est de l’acheminement des secours et de l’aide humanitaire.  Par ailleurs, les efforts de reconstruction seront un vrai défi qui exigera l’implication des Nations Unies.  Après le conflit, les actions devront être coordonnées avec l’aide des institutions internationales pertinentes.  Sur cette question de la reconstruction de l’Iraq, nous nous associons à la position de l’Union européenne.  Il sera également important que la communauté internationale et les Etats-Unis travaillent étroitement ensemble.


Mme KLARA NOVOTNA (Slovaquie) a regretté que la diplomatie ait échoué en ce qui concerne le règlement de la question iraquienne et que le Conseil de sécurité n’ait pu combler le fossé existant pour une question aussi délicate.  La Slovaquie souhaitait que les instruments diplomatiques fassent la différence.  Actuellement, notre première priorité doit être de traiter les besoins humanitaires des populations iraquiennes.  Le moment est venu pour le Conseil de sécurité de retrouver son unité et d’effacer ses différences.  C’est pourquoi, nous estimons qu’il est essentiel d’apporter les modifications indispensables au Programme «pétrole contre nourriture» le plus rapidement possible afin que ses recettes soient mises à disposition des objectifs humanitaires et profitent au peuple iraquien.  Il faut adopter rapidement une décision qui permette au Secrétaire général de gérer efficacement ce programme.  La Slovaquie s’engage pour sa part à atténuer les souffrances du peuple de l’Iraq et a déjà envoyé une unité d’experts visant à venir en aide aux victimes potentielles des armes de destruction massive. 


M. VICTOR MANUEL LAGOS (El Salvador) a estimé que le Gouvernement iraquien était directement responsable de la guerre pour ne s’être pas acquitté de ses obligations internationales et n’avoir pas entendu les appels des Etats membres à éviter le conflit armé.  Regrettant que le Conseil de sécurité n’ait pas réussi à maintenir son unité affichée avec l’adoption de la résolution 1441, il a appelé néanmoins les Nations Unies à être le moteur des efforts de reconstruction et de réhabilitation de l’Iraq à travers l’adoption d’un programme intégral d’assistance humanitaire.  Ainsi, les Etats membres assumeront-ils la responsabilité pratique de reconstruire et de renforcer l’unité et la confiance dans le système des Nations Unies.  Les actions de l’Organisation ne devront générer aucun doute sur leur efficacité, impartialité et légalité, a-t-il ajouté. 


Le représentant a par ailleurs attiré l’attention du Conseil de sécurité sur l’importance et l’urgence de poursuivre le Programme «pétrole contre nourriture», ajoutant que son pays soutiendrait le Secrétaire général dans l’élaboration d’un programme répondant aux besoins de la population iraquienne.


M. FAWZI BIN ABDUL MAJEED SHOBOKSHI (Arabie saoudite) a indiqué que la guerre est la preuve de l’échec des Nations Unies et plus particulièrement du Conseil de sécurité.  Cette guerre ne fera qu’engendrer la violence, la haine et l’extrémisme.  Nous avions tenté de parvenir à un règlement pacifique en intervenant au niveau national et au niveau des pays arabes.  Malgré nos efforts et l’opposition internationale à une guerre destructrice, le couperet est tombé avec son cortège de conséquences sur les populations civiles.  La raison nous

dicte l’arrêt immédiat des opérations militaires en Iraq et la reprise de négociations diplomatiques.  Les conséquences écologiques et économiques seront importantes.  Par ailleurs, nous nous opposons fermement à l’occupation de l’Iraq par une force étrangère, le peuple iraquien étant parfaitement capable de décider de son propre destin.  Prochainement, nous allons fournir une aide humanitaire de manière à répondre aux besoins des 28 000 personnes déplacées le long de notre frontière avec l’Iraq. 


M. MASAO NAKAYAMA (États fédérés de Micronésie) a rappelé que personne, parmi les membres de la coalition et le peuple iraquien, ne voulait véritablement de la guerre qui est en cours.  L’intervention militaire est due au fait que le régime de Bagdad n’a pas saisi la chance qui lui était offerte par la résolution 1441.  Indiquant ensuite que son pays s’était joint à la coalition internationale convaincu que le recours à la force était la seule voie pour parvenir à l’élimination des armes de destruction massive et au désarmement complet du régime iraquien, le représentant s’est toutefois inquiété des conséquences humanitaires en Iraq.  Le régime iraquien est pleinement responsable de cette situation, a poursuivi M. Nakayama, et il est impératif que l’aide puisse être acheminée en toute liberté et en toute sécurité vers les zones les plus touchées.  Même si dans un premier temps, l’aide humanitaire sera acheminée par les forces de la coalition, il nous semble important de voir rapidement les divers programmes des Nations Unies reprendre leurs activités, a-t-il dit.  Il a à cet égard lancé un appel à la communauté internationale afin que les Nations Unies puissent disposer du soutien nécessaire dans leurs efforts visant à apporter l’assistance humanitaire et à la reconstruction.  Il a enfin lancé un appel au régime iraquien afin que ce dernier respecte pleinement les dispositions de la Quatrième convention de Genève relatives à la protection des prisonniers de guerre.


Mme LIBERATA MULAMULA (République-Unie de Tanzanie) a estimé que la décision de recourir à la force contre l’Iraq était nulle et non avenue au regard de la résolution 1441 alors que les inspecteurs en désarmement des Nations Unies étaient en train d’accomplir leur tâche.  La décision des Etats-Unis et de leurs alliés d’envahir l’Iraq va à l’encontre des règles, procédures et de l’éthique de la communauté internationale ainsi que des principes de la Charte des Nations Unies.  Cette décision non seulement affaiblit les Nations Unies, seule organisation rassemblant tous les pays du monde, mais met également en danger la paix et la sécurité internationales.  Nul ne peut prédire avec certitude ce qui se passera dans une région aussi volatile que le Moyen-Orient.  La question de Palestine appelle également une action urgente qui ne peut être repoussée. 


Rappelant que la mission assignée aux Nations Unies lors de leur création était de préserver les générations futures du fléau de la guerre, la représentante a jugé que cette mission n’avait pas changé.  Elle a craint que l’économie de l’Iraq et celle de nombreux autres pays en développement ne soient affectées par les conséquences de la guerre et a appelé le Conseil de sécurité à faire tout son possible pour mettre un terme immédiat à celle-ci.


M. NASSER AL-KIDWA (Observateur permanent de la Palestine) a regretté que la guerre ait été lancée en dehors du contexte des Nations Unies.  La majorité des membres du Conseil de sécurité et des Nations Unies était opposée à la guerre.  Cette guerre aura en outre des répercussions à long terme sur l’ensemble de la région du Moyen-Orient et le système des relations internationales.  La communauté internationale doit donc réfléchir de manière approfondie à des solutions qui empêchent des tendances destructrices.  Le peuple palestinien ne peut que s’opposer au recours à la force pour le règlement des différends.  Nous sommes pleinement solidaires avec le peuple iraquien dans les souffrances qu’il connaît.  Nous demandons par conséquent un retrait des troupes, un cessez-le-feu et le respect de l’indépendance de l’Iraq.  Nous devons aussi respecter pleinement les conventions de Genève concernant les prisonniers de guerre et la protection des civils.  Nous sommes préoccupés de ce qui se produit sur le terrain et aussi par le fait que M. Sharon tire profit de la situation et procède à une escalade meurtrière contre notre peuple.  Nous appelons par conséquent le Conseil de sécurité à s’attacher à régler la question de Palestine dans les semaines à venir car rien ne révoltera la population palestinienne que de s’apercevoir qu’il n’existe pas de critères d’intervention lorsqu’il s’agit de défendre des Arabes ou des Palestiniens. 


M. BRUNO STAGNO UGARTE (Costa Rica) a appelé les parties belligérantes à respecter l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Iraq, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies; à la fin du conflit, les parties qui maintiendront des troupes dans ce pays devront également s’acquitter de leurs devoirs conformément aux règles du droit international humanitaire et aux Conventions de Genève.  Pour le représentant, seule une action multilatérale avec les Nations Unies garantira une paix durable et légitime en Iraq.  C’est pourquoi, il convient de mettre en place un régime d’administration temporaire sous contrôle de l’ONU afin de garantir la stabilité et le respect des droits de l'homme. 


Les Nations Unies auront également un rôle fondamental à jouer dans la définition et la mise en œuvre des principes et objectifs de la reconstruction de l’Iraq, a-t-il poursuivi.  Il reviendra à l’Organisation d’administrer les ressources naturelles du pays, en particulier le pétrole, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et dans le meilleur intérêt du peuple iraquien. 


      M. JOSE LUIS GUTERRES (Timor-Leste) a rappelé que, en tant que membre du Mouvement des pays non alignés, Timor-Leste partage la position exprimée dans la déclaration finale du Sommet de Kuala Lumpur, en particulier la nécessité pour le Gouvernement iraquien de pleinement respecter la résolution 1441. De plus, le Gouvernement de Timor-Leste a publié une déclaration le 19 mars, dans laquelle il faisait part de sa consternation face à l'incapacité du Conseil de sécurité de parvenir à un consensus sur l'application de ses résolutions relatives à l'Iraq.  En tant que petit pays épris de paix, Timor-Leste favorise une approche multilatérale du règlement de situations de conflits dans le monde.  Il espère que, dans la situation militaire actuelle, toutes les parties respecteront le droit international humanitaire, en particulier pour ce qui est de la protection des civils et du traitement des prisonniers de guerre. 

En outre, il appelle le Conseil de sécurité à trouver un consensus, d'une part, pour fournir une aide humanitaire adéquate et urgente au peuple iraquien, et d'autre part, sur les moyens de rétablir une paix durable en Iraq qui respecte l'intégrité territoriale, et de développer des stratégies post-conflit.  Pour l'avoir vécu, le Timor-Leste est convaincu que lorsque les Nations Unies sont déterminées à agir, elles peuvent être extrêmement efficaces pour rétablir la paix et la légalité internationales en contribuant à la mise en place des bases nécessaires pour un pays démocratique respectueux des droits de l'homme.  M. Guterres a également saisi cette occasion pour souligner la nécessité pour la communauté internationale de donner suite aux demandes du peuple palestinien afin qu'il retrouve sa liberté et son indépendance, faute de quoi il sera difficile de parvenir à une paix durable dans la région.


M. MANUEL ACOSTA BONILLA (Honduras) a déclaré que le Conseil de sécurité tient en attente tous les pays du monde car c’est de son action que dépend l’avenir de l’humanité.  Le calme relatif de l’après-guerre froide est perdu à présent.  Les cinquante dernières années avaient eu pour acteur principal l’ONU qui a pu faire face, malgré ses faiblesses, à la longue liste de conflits et de pénuries.  Le Honduras souhaite que le monde soit régi par le droit international et que tous les hommes de la planète jouissent du bien-être.  Les Nations Unies doivent procéder avec efficacité et nous avons espoir que le Conseil de sécurité fera valoir son unité pour mener correctement les affaires du monde qui lui incombent.  Il est en outre urgent de veiller à ce que l’aide humanitaire ne soit pas interrompue en Iraq.  Les médicaments et les aliments doivent continuer de parvenir à ceux qui en ont besoin. 


M. PEDRO PADILLA TONOS (République dominicaine) a déclaré que dans les circonstances actuelles, la République dominicaine s’engage à participer à tous les efforts des Nations Unies et de la communauté internationale pour répondre aux besoins humanitaires du peuple iraquien.  Nous estimons en outre que le Conseil de sécurité doit accorder au Secrétaire général l’autorité suffisante et les moyens adéquats lui permettant de mener à bien cette tâche.  La République dominicaine formule également l’espoir que les opérations militaires en cours en Iraq soient de courte durée, que les pertes en vies humaines et matérielles des deux côtés soient réduites au minimum, que les Conventions de Genève soient respectées conformément au droit international humanitaire et que l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique de l’Iraq soient préservées.  De même, nous souhaitons que le peuple iraquien vive au sein d’un régime de liberté et de démocratie et que l’Iraq puisse être pleinement et rapidement réintégré dans l’ordre international. 


M. FRED BEYENDEZA (Ouganda) a rappelé que son pays avait décidé, le 21 mars, de soutenir la coalition conduite par les Etats-Unis pour désarmer l’Iraq.  Il a aussi réaffirmé son soutien au peuple de Palestine à avoir un Etat vivant côte à côte avec Israël.  La préoccupation essentielle de l’Ouganda, a-t-il fait valoir, se concentre sur le terrorisme et les armes de destruction massive.  Il a rappelé que Saddam Hussein avait apporté un soutien actif à certains mouvements terroristes opérant contre l’Ouganda et que le risque de voir un jour les armes de destruction massive tomber entre les mains de ces mouvements terroristes était réel.


Souhaitant que le conflit en cours soit bref et que tous les efforts soient faits pour que le nombre des victimes soit minimisé, le représentant a estimé que l’attention de la communauté internationale devait se concentrer sur les mécanismes de l’immédiat après-guerre, après la levée des sanctions commerciales contre l’Iraq, afin de faciliter le contrôle de leurs propres ressources par les Iraquiens à l’expiration du Programme «pétrole contre nourriture».  La communauté internationale, a-t-il poursuivi, doit soutenir les efforts du Secrétaire général pour mobiliser les ressources nécessaires notamment les revenus du Programme «pétrole contre nourriture» pour résoudre la crise humanitaire à laquelle est confrontée la population iraquienne.  Il s’agit en outre de restaurer le rôle des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Dans ce domaine, il a cité plusieurs point-clés, selon lui: résoudre le conflit israélo-palestinien, élaborer une campagne soutenue contre le terrorisme et lutter contre la marginalisation de l’Afrique et d’autres pays en développement pour assurer une équitable répartition des bénéfices de la globalisation.


M. CHITHAMBARANATHAN MAHENDRAN (Sri Lanka) a rappelé que son Gouvernement avait, à de nombreuses reprises, exhorté l’Iraq à mettre en œuvre les résolutions des Nations Unies l’obligeant à détruire ses armes de destruction massive.  Il a regretté que le recours à la force ait été inévitable en dernier ressort et a déploré que, faute de consensus au sein du Conseil de sécurité, le processus d’inspections des Nations Unies n’ait pu être mené à son terme.  M. Mahendran s’est ensuite inquiété des conséquences de la guerre en Iraq pour l’ensemble de la région du Moyen-Orient, en particulier dans les domaines politique, économique et surtout humanitaire.  Il a invité les membres de la coalition à tout mettre en œuvre pour s’assurer que les populations civiles souffrent le moins possible de cette guerre et a souhaité que la communauté internationale coordonne rapidement ses efforts dans la perspective de la reconstruction de l’Iraq.  M. Mahendran a souligné le rôle clé que devront jouer les Nations Unies dans ce processus et, à cet égard, il a jugé urgent de répondre aux besoins humanitaires du peuple iraquien.  Il a enfin appelé la communauté internationale et les Nations Unies à rétablir leur unité et a souhaité que la crédibilité et l’autorité du Conseil de sécurité soient renforcées dans les prochaines semaines afin de poursuivre l’action internationale dans des domaines tels que la lutte contre le terrorisme. 


M. TERUNEH ZENNA (Ethiopie) a regretté que le Gouvernement iraquien n’ait pas saisi la dernière chance offerte par la résolution 1441.  Le Gouvernement iraquien avait la possibilité d’éviter la guerre mais il a laissé passer cette occasion.  Le Conseil de sécurité, qui a la crise iraquienne à son ordre du jour depuis 12 ans, doit retrouver son unité.  Nous avons un grand défi humanitaire à relever et le Conseil doit y jouer un rôle pivot tout comme il doit jouer un rôle central dans les efforts de reconstruction.  Nous lançons un appel aux membres du Conseil, en particulier aux cinq membres permanents, pour qu’ils fassent preuve de qualités de leadership, comme le leur demande la Charte des Nations Unies.


      M.    . KAMIL M. BAIALINOV (Kirghizistan) a déploré que l’occasion politique de régler pacifiquement le problème iraquien n’ait pas été saisie.  Nous formulons cependant l’espoir que l’on pourra épargner les civils et éviter le recours aux armes de destruction massive.  La communauté internationale a la responsabilité d’empêcher une crise humanitaire dans la région.  En ce qui concerne les demandes présentées par la coalition pour utiliser notre espace aérien en vue d’intervenir en Iraq, nous voulons réaffirmer qu’elle ne peut être utilisée que pour poursuivre des entreprises anti-terroristes en Afghanistan. 

M. ZEID RA’AD ZEID AL-HUSSEIN (Jordanie) a indiqué que son pays multipliait les contacts avec les autres Etats arabes pour mettre fin rapidement aux hostilités.  Il a regretté la situation humanitaire en Iraq et exprimé sa préoccupation sur ce point.  Dans ce cadre, il a réaffirmé l’engagement de son pays à fournir assistance et secours nécessaires, notamment dans le cas où il y aurait des réfugiés iraquiens.  Le Roi Abdallah de Jordanie, a-t-il dit, a assuré que son pays fera son possible pour mettre fin rapidement à la guerre et soulager les souffrances des Iraquiens.  A cet égard, le représentant jordanien a appelé à reprendre au plus vite le Programme «pétrole contre nourriture».  Dans le même temps, il a jugé qu’il fallait également faire tout ce qui est possible pour aboutir rapidement à un règlement du conflit israélo-palestinien.


M. BOB F. JALANG’O (Kenya) a fait part de son soutien à la position exprimée par le représentant du Mouvement des pays non-alignés.  Il est également important que la voie de la raison que représente le Secrétaire général continue de se faire entendre et envoie un signal d’espoir.  Les dispositions de la résolution 1441 étaient opportunes pour régler la question des armes de destruction massive par des moyens pacifiques.  Aujourd’hui, le rôle de l’ONU est miné tandis que nous assistons chaque jour à une augmentation importante du nombre de victimes.  Il faut répondre à la situation humanitaire en Iraq de toute urgence.  Nous demandons également le respect de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de la maîtrise des ressources naturelles par les Iraquiens eux-mêmes qui doivent également être en mesure de choisir librement leur gouvernement.


M. ROMAN KIRN (Slovénie) a appelé à respecter le droit international humanitaire et les droits de l'homme et souhaité que tous les efforts soient faits pour minimiser l’impact de la guerre sur les populations civiles iraquiennes.  Le représentant a espéré que le Programme «pétrole contre nourriture» pourrait reprendre rapidement et a apporté son soutien au Secrétaire général sur ce point appelant lors des négociations sur l’extension de ce programme à se souvenir qu’une majorité d’Iraquiens en dépendent. 


Il revient aux Nations Unies de résoudre la crise iraquienne et d’en gérer les conséquences, a poursuivi le représentant, et nous espérons que les conditions politiques et de sécurité pourront être créées pour permettre un retour du personnel de l’ONU dans les régions affectées, afin d’y apporter une aide humanitaire urgente.  La Slovénie est prête à contribuer à ces efforts en faveur du peuple iraquien et des peuples des pays voisins, a ajouté le représentant.  En conclusion, il a appelé la communauté internationale à restaurer son unité au plus vite pour résoudre la crise iraquienne dans le cadre de l’ONU et du Conseil de sécurité.


M. ADOLFO AGUILAR ZINSER (Mexique) a rappelé que le Conseil de sécurité s’est engagé à être transparent et c’est ainsi qu’il a entendu plus d’un tiers des membres des Nations Unies qui ont évoqué les besoins humanitaires et les obligations que le droit humanitaire international impose aux parties.  Ces membres ont exposé des préoccupations communes et ont posé les questions de savoir dans quelles circonstances la guerre prendra fin, que pouvons-nous faire pour l’arrêter et quel est l’avenir des Nations Unies?  Aux yeux du monde, le Conseil de sécurité est divisé.  Dans ces circonstances, le Mexique réaffirme son attachement aux Nations Unies car ce n’est que dans ce cadre que l’humanité trouvera des formules de sécurité collectives qui interdiront le recours à la force dans les relations internationales, qui arrêteront la guerre et rétabliront la paix dans des conditions justes.  Le Conseil de sécurité a été établi avec une responsabilité spéciale, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Aujourd’hui, rien ne vient modifier ce mandat.  Le Conseil de sécurité doit adopter des mesures diplomatiques pour tenter de parvenir à la fin du conflit.  Ce qui ce passe en Iraq doit être un signe qui montre que le monde ne peut se passer de l’ONU. 


Nous déplorons les pertes en vies humaines et nous répétons la conviction selon laquelle cette guerre n’aurait pas du éclater.  Nous devons à présent chercher des positions et des actions qui nous permettront de rétablir la paix en Iraq.  Le défi immédiat consiste à ne pas se laisser aller à l’immobilité.  Nous devons parvenir à un consensus qui nous permettra d’assumer les responsabilités humanitaires du Conseil de sécurité.  Il faut notamment rappeler à cet égard que le Programme «pétrole contre nourriture» appartient aux Iraquiens.  Dans la mesure où le Conseil sera capable de répondre aux besoins humanitaires, nous serons capables d’influer sur l’établissement de conditions qui permettront de mettre fin au conflit armé.  Le Mexique contribuera à l’effort de reconstruction humanitaire.  Toutes les parties au conflit doivent en outre respecter le droit international humanitaire.  Plusieurs tâches urgentes nous incombent aujourd’hui, au premier rang desquelles figurent le renforcement du multilatéralisme et la recherche d’un consensus sur les moyens de parvenir réellement à la destruction de toutes les armes de destruction massive.  Tous les Etats Membres doivent participer à ce processus de réflexion en présentant des idées en vue du renforcement des Nations Unies.


M. HELDER LUCAS (Angola) a estimé que le fait que son pays ait vécu de nombreuses années de guerre le pousse à se joindre aux efforts du Conseil de sécurité pour trouver une solution à la situation en Iraq.  C’est pourquoi l’Angola déplore le recours à la guerre.  Dans les circonstances actuelles, il convient de tout faire pour réduire le calvaire du peuple iraquien et de déployer nos efforts pour faire face à la situation humanitaire, a plaidé le représentant.  Appuyant les propositions du Secrétaire général, il a souhaité qu’elles soient rapidement opérationnelles.  Pour le représentant, la communauté internationale et les pays arabes en particulier qui partagent un patrimoine culturel commun doivent aider le pays à se relever de la guerre pour que l’Iraq puisse occuper la place qui lui revient de droit dans le concert des nations. 


Il faut éviter les récriminations et de mettre en doute l’efficacité du Conseil de sécurité.  Il faut au contraire déployer des efforts collectifs pour que le Conseil puisse continuer de jouer son rôle de garant de la paix internationale.  Ces moments difficiles peuvent être surmontés, a assuré le représentant, estimant en outre que le moment était propice pour engager un débat sur l’avenir du monde et celui du Conseil de sécurité.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déploré le recours à la force en Iraq.  Il s’agit d’une guerre que le Pakistan avait tenté d’éviter en plaidant en faveur d’un régime renforcé des inspections de l’ONU.  Il faut à présent aider le Conseil de sécurité à trouver un cheminement commun pour traiter des défis auxquels il doit faire face.  L’éclatement de la guerre ne reflète pas l’échec du Conseil de sécurité.  Ce dernier reste le premier organe légitimé à rétablir la primauté du droit.  Le temps de la diplomatie ne prend jamais fin.  Le Conseil de sécurité doit rétablir la paix et ne peut abandonner les efforts pour aboutir à une cessation des hostilités.  A l’évidence, nous ne serons pas en mesure d’y parvenir par la condamnation et les récriminations.  Nous pouvons le faire en recherchant les voies pacifiques.


Personne ne veut voir les pertes injustifiées de vies, notamment de civils innocents.  Les populations doivent être à l’avant-plan des préoccupations de la communauté internationale.  Le Pakistan a été le premier à appeler le Conseil de sécurité à traiter la question des civils.  Nous portons le deuil des victimes du conflit.  Le Conseil de sécurité doit exiger le strict respect du droit humanitaire international.  Outre la protection des civils et des infrastructures, les détenus doivent être traités avec humanité.  Comme le stipule la quatrième Convention de Genève, ceux qui occupent un pays sont responsables des besoins humanitaires de la population.  Le peuple iraquien dépend du Programme «pétrole contre nourriture».  Le Secrétaire général n’a eu d’autre choix que de retirer le personnel des Nations Unies.  Cependant, ce dernier doit reprendre sa tâche et le Conseil de sécurité doit réaffirmer la souveraineté permanente du peuple iraquien sur ses ressources naturelles.  Les sanctions doivent rapidement prendre fin après le conflit. 


Enfin, pour mettre un terme aux hostilités et stabiliser la région, il sera essentiel d’adopter une démarche de paix globale pour la région.  Ce conflit se déroule pour assurer le respect des résolutions du Conseil de sécurité.  Il faut alors que les résolutions 242 et 338 soient également pleinement appliquées afin de parvenir à l’instauration de deux Etats – Israël et la Palestine - vivant en paix dans des conditions de justice et de sécurité.  Il faut donner suite aux intentions positives annoncées pour le Moyen-Orient.  Il en va de même pour le règlement de la question du Cachemire.  L’Inde doit à cet égard accepter le dialogue et appliquer les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. 


M. JEREMY GREENSTOCK (Royaume-Uni) a déclaré qu’il était conscient de la déception que certains Etats Membres des Nations Unies pouvaient ressentir devant la situation actuelle tout en précisant que son pays n’avait eu de cesse de tenter d’unir le Conseil autour d’une position commune sur la base de la résolution 1441.  Dans le cadre des actions  militaires de la coalition pour désarmer l’Iraq, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire l’impact de la campagne militaire sur les populations civiles et les infrastructures du pays et pour garantir l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations dans le besoin.  Nous acceptons totalement nos obligations en vertu du droit international humanitaire.  Nous avons déjà alloué 80 millions de dollars pour soutenir les activités d’organisations humanitaires et nous prévoyons de déployer 300 millions de dollars supplémentaires.  Nous contribuons pour un cinquième de l’enveloppe humanitaire de l’Union européenne.  Un navire de la marine royale auxiliaire devrait arriver prochainement dans le port de Oum-Qasr avec à son bord le premier chargement humanitaire de la coalition.


      Estimant que le recours à la force était autorisé en vertu des résolutions 678, 687 et 1441 du Conseil, le représentant a regretté vivement les dissensions au sein du Conseil.  Il est maintenant urgent que le Conseil retrouve son unité et agisse rapidement pour subvenir aux besoins de la population iraquienne.  Notre première priorité est de faire en sorte que les réalités sur le terrain soient reflétées dans le Programme «pétrole contre nourriture» dont dépendent 60% de la population.  Nous avons fait des progrès dans l’élaboration d’un projet de résolution à cet égard.  A l’avenir, il nous faudra examiner le rôle que les Nations Unies pourront jouer dans l’édification d’un Iraq prospère.   Il est clair que les Nations Unies devront y jouer un rôle central.

      Une autre priorité pour notre Gouvernement est la relance du processus de paix au Moyen-Orient avec la publication de la Feuille de route du Quatuor.   Le processus de paix ne doit pas être mis de côté en raison de la guerre en Iraq.

M. MARTIN BELINGA-EBOUTOU (Cameroun) a regretté et déploré que le Conseil de sécurité n’ait pas pu arriver à un consensus sur l’affaire iraquienne, mais l’heure n’est plus aux récriminations même si, a-t-il souligné, nous avons tous failli et manqué de nombreuses occasions de nous maintenir sur le chemin de la paix.  L’heure est aujourd’hui au réalisme, au pragmatisme et à la gestion de l’urgence.  La réponse aux besoins humanitaires du peuple iraquien est une préoccupation essentielle qu’il importe d’inscrire au premier rang des priorités.  Le Cameroun, a-t-il poursuivi, soutient pleinement les propositions du Secrétaire général et souhaite leur mise en œuvre.  Le Conseil devrait donner une autorisation claire au Secrétaire général pour conduire une politique d’assistance humanitaire d’urgence en Iraq mobilisant toutes les agences de l’ONU en commençant par le Bureau du Programme «pétrole contre nourriture». 


Rappelant qu’il y avait urgence à intervenir sur le terrain, le représentant a jugé que toute discussion politique sur la gestion de la crise humanitaire était inopportune.  Viendra le temps de faire le bilan des manquements collectifs et individuels des Etats membres du Conseil et de tirer les leçons de la gestion de cette crise par le système international.  Pour l’heure, il faut engager au plus vite des actions concrètes pour prendre en charge les populations iraquiennes en détresse, engager dès aujourd’hui les Nations Unies dans la gestion du drame humanitaire iraquien.  Nous avons manqué notre objectif de prévention de la guerre, essayons ensemble d’atteindre celui du rétablissement de la paix, a conclu le représentant.


M. JOHN NEGROPONTE (Etats-Unis) a souhaité voir l’existence d’un meilleur Iraq et a rappelé que ce pays est responsable de la situation actuelle en ayant refusé de répondre aux ouvertures diplomatiques qui lui ont été offertes.  Les mesures que les forces de la coalition ont prises représentent une réponse appropriée.  Il ne s’agit pas d’une guerre contre la population mais contre un régime.  Il est regrettable que le Gouvernement iraquien n’ait pas saisi la dernière chance qui lui était offerte de désarmer pacifiquement.  La résolution 687 imposait une série d’obligations à l’Iraq.  Depuis longtemps, il était clair qu’une violation flagrante de cette résolution annulait le cessez-le-feu et légitimait l’usage de la force.  Comme l’a dit le Président Bush, nous agissons pour forcer l’Iraq à respecter les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité car les risques de l’inaction sont trop grands.


La situation humanitaire actuelle en Iraq est fragile et d’autant plus suite aux mesures prises par le régime iraquien.  Les Etats-Unis coopèrent avec tous les organismes des Nations Unies dans l’évaluation des besoins en vue de fournir l’aide nécessaire.  Nous intéressons à cette entreprise la société civile, les organisations internationales et régionales et, bien entendu, les Nations Unies.  300 millions de dollars en aide alimentaire, pour les services de santé et autres formes d’aide humanitaire ont été débloqués tandis que de nombreuses ONG ont également reçu des fonds.  10 millions de dollars ont en particulier été octroyés à la Croix-Rouge.  Nous avons en outre mis en place une équipe de réaction d’urgence pour évaluer les besoins et établir des liens avec les partenaires. 


Nous nous félicitons également de la lettre du 18 mars du Secrétaire général rédigée en vue d’assurer la reprise du programme «pétrole contre nourriture».  Nous sommes convaincus que les autres membres du Conseil de sécurité appuient la reprise des livraisons de biens dans le cadre de ce programme.  Il faut laisser de côté les débats politiques pour éviter les graves répercussions humanitaires.  La coalition a pris les mesures nécessaires pour appliquer les résolutions du Conseil de sécurité et la communauté internationale doit prendre les mesures humanitaires adéquates.


Nous devons montrer à la population de l’Iraq que les Etats-Unis aspirent à libérer leur pays et non pas à l’occuper, a poursuivi le représentant.  Les objectifs des Etats-Unis et de la coalition sont de désarmer l’Iraq et de détruire son infrastructure terroriste tout en respectant son intégrité territoriale.  Il faut également assurer la sécurité pour éviter tout chaos.  A cet égard, nous devons commencer le processus de reconstruction politique et économique du pays.  Comme l’a dit le Président Bush au monde entier, nous ne savons pas combien de temps va durer le conflit mais nous savons ce qu’en sera le résultat.  Le peuple

d’Iraq mérite la liberté et la reconstruction de leur pays ne sera possible que si l’on travaille avec la communauté internationale.  Nous voulons restituer le contrôle de la souveraineté de l’Iraq à sa population et nous resterons aussi longtemps que nécessaire pour la réalisation de cette tâche, mais pas un jour de plus.


            M. SERGEY LAVROV (Fédération de Russie) a déclaré que l’Iraq est victime d’un acte de guerre qu’il n’a pas provoqué.  Le nombre de victimes de la guerre augmente chaque jour, de même que les conséquences écologiques, économiques et politiques.  L’adoption en novembre 2002 de la résolution 1441 et les pressions exercées sur Bagdad avaient vraiment ouvert la voie à un règlement pacifique de la question iraquienne.  Il est regrettable que les inspections aient été interrompues à un moment où elles fonctionnaient bien.  Les pays qui ont lancé cette intervention militaire en violation des résolutions du Conseil n’ont toujours pas prouvé que l’Iraq présentait une menace à la paix et à la sécurité internationales.  Le recours à la force contre l’Iraq vise un changement de régime, ce qui viole la Charte des Nations Unies.  Cette guerre est devenue une source de déstabilisation au Moyen-Orient et dans le monde entier.


Nous soutenons les efforts que déploie le Secrétaire général en vue de mobiliser des fonds volontaires.  Il est prévu de créer un hôpital de 5 000 lits en Iran et des camps de réfugiés en Turquie.  Compte tenu du caractère exceptionnel des circonstances dans lesquelles se trouve la population iraquienne, nous sommes prêts à rechercher une solution temporaire à la question de la révision des procédures du programme «pétrole contre nourriture», mais nous n’approuverons pas de proposition visant à modifier cette procédure pour l’ajuster au scénario militaire.  Ce qui est urgent aujourd’hui est de ramener la situation dans le cadre politique du Conseil de sécurité.  Nous nous opposerons à toute tentative visant à légitimer l’emploi de la force en Iraq et c’est dans cet esprit que nous aborderons toute discussion sur le dossier iraquien.  Nous réitérons la nécessité de respecter les principes de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iraq. 


M. WANG YINGFAN (Chine) a déclaré que l’action militaire des Etats-Unis contre l’Iraq constituait une violation de la Charte des Nations Unies et de la légalité internationale.  La guerre aura des répercussions négatives sur la stabilité et le développement de la région, a-t-il estimé.  Le Gouvernement chinois a toujours été en faveur d’un règlement politique de la question iraquienne dans le cadre des Nations Unies.  Pour le représentant, il faut que le Conseil de sécurité continue de se saisir de la question iraquienne, notamment en reprenant le Programme «pétrole contre nourriture» sur lequel le représentant a souhaité un consensus rapide, pour répondre aux besoins de la population iraquienne.  La Chine de son côté envoie de l’aide en Jordanie et continuera de fournir de l’aide dans la limite de ses capacités, a-t-il assuré.


Le Gouvernement chinois a toujours cherché à maintenir la paix par des voies pacifiques et s’oppose au recours à la force dans les affaires internationales.  Le représentant a donc appelé les belligérants à mettre fin à leur action militaire et à régler les différends par des voies pacifiques.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a regretté que l’action militaire ait été engagée sans l’aval des Nations Unies et a prédit que ce conflit sera lourd de conséquences.  Notre principal préoccupation est aujourd’hui le sort des populations civiles en Iraq.  Nous souhaitons que ces opérations militaires soient les plus rapides et les moins meurtrières possible et nous enjoignons les belligérants à tout mettre en œuvre pour que les vies humaines soient épargnées.  Ils doivent respecter scrupuleusement les règles que leur impose le droit international humanitaire, en particulier les Conventions de Genève.


La France se tient prête à répondre aux besoins humanitaires de la population iraquienne, en appui des efforts des Nations Unies et de l’Union européenne.  Nous rappelons cependant que la responsabilité principale en la matière revient aux forces d’occupation dans les zones qu’elles contrôlent.  C’est dans ce cadre que le Conseil de sécurité doit aboutir rapidement à l’adoption d’une résolution permettant de soulager la situation humanitaire des populations iraquiennes, notamment par la relance du Programme «pétrole contre nourriture».


Nous réaffirmons notre attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Iraq.  Nous appelons les pays de la région à s’abstenir de toute action qui aggraverait encore la situation.  La souveraineté de l’Iraq appartient aux Iraquiens.  Le rétablissement d’une paix durable ne pourra être assuré que dans un cadre collectif au centre duquel devront se trouver les Nations Unies.  Aussitôt que la situation le permettra, les Nations Unies devront être en mesure d’exercer toutes leurs responsabilités dans le strict respect de leur indépendance.  Elles devront vérifier le désarmement de l’Iraq comme le prévoient les résolutions en vigueur.  Elles devront aider le peuple iraquien à retrouver la maîtrise de leur destin.


M. INOCENCIO ARIAS (Espagne) a souhaité que les opérations militaires en cours se terminent rapidement et avec un minimum de pertes humaines.  Partageant les conclusions du récent sommet européen de printemps sur le respect de l’intégrité territoriale de l’Iraq, sa souveraineté et le respect des droits de l'homme et des minorités, il a également défendu le droit des Iraquiens à définir leur avenir politique et à contrôler leurs ressources naturelles. 


La priorité de l’Espagne, a poursuivi son représentant, concerne pour le moment la population iraquienne et la nécessité de répondre promptement à la situation humanitaire.  Elle a déjà versé 34 millions d’euros à la mise en œuvre des programmes des Nations Unies, de la Croix-Rouge et aux pays voisins de l’Iraq.  Le Conseil de sécurité doit accorder la marge de manœuvre la plus large possible aux Nations Unies et à leur Secrétaire général pour répondre aux besoins humanitaires qui se présentent, y compris la possibilité de modifier l’application du Programme «pétrole contre nourriture».  Quoiqu’il en soit, l’aide humanitaire doit pouvoir arriver au plus vite à ses destinataires.  Il serait incompréhensible que pour des raisons politiques nous privions des centaines de milliers d’êtres humains d’une aide qui peut s’avérer vitale pour leur survie, a-t-il conclu.


M. GABRIEL VALDES (Chili) a rappelé que son pays avait plaidé jusqu’au dernier moment pour une solution pacifique à la crise.  Néanmoins, il nous paraît aujourd’hui urgent de considérer l’avenir et particulièrement celui de l’Organisation, a-t-il indiqué en rappelant que le Chili privilégie le multilatéralisme.  Pour cette raison, il attribue un rôle vital aux Nations Unies dont chacun reconnaît qu’elles constituent le seul cadre à notre disposition en

termes de légalité et de légitimité internationales.  L’ONU est toutefois confrontée à des risques majeurs.  C’est pourquoi, les membres du Conseil de sécurité doivent faire des efforts supplémentaires pour rapprocher leurs positions et rétablir le dialogue permettant à l’Organisation de retrouver ses capacités d’action.


Le représentant a estimé que toute action doit reposer, comme l’avait dit la veille le Secrétaire général, sur le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de l’Iraq ainsi que sur le respect du droit du peuple iraquien à déterminer son avenir politique et à contrôler ses ressources naturelles.  Il faut aujourd’hui axer les efforts sur les moyens de régler la situation humanitaire en Iraq, a-t-il poursuivi. Si l’on n’adopte pas dans les deux ou trois prochains jours une résolution en ce sens, on risque de provoquer la pire catastrophe humanitaire que l’ONU n’ait jamais connue.  Le Conseil de sécurité doit également tout faire pour stabiliser la région et à cet égard, le représentant a souhaité que la Feuille de route sur le conflit israélo-palestinien, récemment évoquée par le Président Bush, permettra d’avancer.  La création d’un Etat palestinien coexistant en paix avec l’Etat d’Israël est une priorité à laquelle le Conseil doit accorder toute son énergie, a-t-il souligné.


M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) a regretté que les efforts diplomatiques n’aient pas produit le résultat escompté en ce qui concerne la crise iraquienne.  La Bulgarie a toujours eu des positions claires et cohérentes visant à la mise en œuvre de la résolution 1441 du Conseil de sécurité.  L’action militaire s’étant avérée le dernier recours pour désarmer l’Iraq, nous réaffirmons que le Gouvernement de l’Iraq est le seul responsable des conséquences fâcheuses qu’il subit.  Notre pays lance un appel à toutes les parties engagées à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire.


La communauté internationale doit, quant à elle, déployer tous les efforts nécessaires pour la reconstruction du pays après le conflit et fournir une aide humanitaire urgente.  La Bulgarie exprime sa gratitude au Secrétaire général pour les mesures qu’il a prises en vue d’alléger les souffrances de la population iraq uienne.  Nous estimons cependant qu’il faut adopter le plus tôt possible, peut-être dès demain, une résolution sur la question humanitaire.  Parvenir à un accord sur ce sujet est particulièrement important pour consolider la légitimité du Conseil de sécurité.  L’impératif du moment exige que l’on agisse avec efficacité et surtout célérité. 

Le Secrétaire général est le meilleur garant du succès d’une telle action.  C’est pourquoi, le Conseil de sécurité doit lui accorder toute la souplesse requise pour l’aider dans sa tâche.  Nous devons déployer tous les efforts nécessaires pour faciliter l’émergence d’institutions démocratiques, favoriser l’Etat de droit, lever les sanctions contre l’Iraq et rétablir des conditions de vie normales.  Enfin, nous réaffirmons notre vœu de voir l’ONU demeurer au centre de l’ordre international.


M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a indiqué que tout le monde, y compris le Conseil de sécurité, avait averti du danger à aller au-delà d’une résolution du Conseil de sécurité et que toute action unilatérale déboucherait sur un schisme international; il a regretté l’effondrement d’un système de valeurs que la communauté internationale avait mis en place de façon concertée et qui s’était grandement développé jusqu’à un niveau d’excellence.  Cette agression portée par les Etats-Unis restera comme une page sombre dans l’histoire car les Américains ont tourné le dos à la cause d’opinions publiques opposées à la guerre.  C’est également une provocation au Conseil de sécurité.  Cette guerre n’est pas acceptable, a-t-il insisté, en rappelant que les inspecteurs en désarmement avaient indiqué que rien ne prouvait la présence d’armes de destruction massive sur le territoire iraquien.  L’objectif de cette guerre, selon le représentant, est d’aider Israël à poursuivre son occupation du Territoire palestinien en violation de la légitimité internationale. 


Il a rappelé la déclaration des chefs d’Etat arabes appelant à un retrait immédiat des forces de la coalition.  La guerre n’est jamais propre, a-t-il relevé, exprimant la crainte que la victoire que recherchent les Etats-Unis ne soit à payer par le sang de milliers d’Iraquiens que les Américains prétendent vouloir sauver et libérer.  Il faut maintenant réagir pour répondre aux besoins de la population, mais les aspects humanitaires ne doivent pas être exploités à des fins politiques étroites ou pour manipuler l’opinion publique internationale.  La Syrie, a-t-il indiqué, prie le Conseil de sécurité de tout mettre en œuvre pour mettre fin à cette guerre destructrice et empêcher qu’elle ne fasse encore plus de morts.  Le Conseil de sécurité est la référence dans des circonstances internationales aussi difficiles et il doit demander à l’agresseur de retirer immédiatement ses forces d’Iraq et de respecter le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève.  Il faut mettre un terme à la politique des «deux poids, deux mesures» dans les affaires internationales, a insisté le représentant.


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a dit regretter profondément que les efforts déployés pour trouver une solution pacifique au sein du Conseil n’aient pas été couronnés de succès.  Toutefois, il s’agit maintenant de mettre l’accent sur le futur et sur les défis immédiats que doit relever la communauté internationale.  Cette guerre doit prendre fin aussi rapidement que possible mais tant qu’elle se déroule, nous appelons les parties à respecter leurs responsabilités en matière de droit humanitaire international énoncé dans les diverses Conventions de Genève, notamment pour ce qui est du traitement des prisonniers de guerre. 


Nous sommes profondément préoccupés par le risque de catastrophe humanitaire qui menace le peuple iraquien.  Même avant la guerre, le peuple iraquien dépendait du Programme «pétrole contre nourriture» qui est désormais suspendu.  Comme le disait le Secrétaire général, la responsabilité de l’aide humanitaire incombe maintenant aux belligérants qui contrôlent le territoire.  Toutefois, la communauté internationale et les institutions spécialisées des Nations Unies doivent faire tout ce qui est en son pouvoir pour éviter une catastrophe humanitaire et l’Allemagne est prête à contribuer à ces efforts.  En sa qualité de président du Comité des sanctions, l’Allemagne travaille activement à adapter le Programme «pétrole contre nourriture» à la situation qui prévaut aujourd’hui.  Nous souhaitons que le Conseil retrouve son unité un adoptant une résolution sur cette question le plus vite possible.


Nous sommes convaincus que les Nations Unies et le Conseil de sécurité doivent jouer un rôle central dans le règlement de la crise iraquienne.  Nous convenons avec l’analyse faite par le Secrétaire général selon laquelle les deux principes directeurs qui doivent présider au règlement de la question iraquienne sont le respect de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de l’indépendance de l’Iraq ainsi que le droit du peuple iraquien à décider de son avenir et de bénéficier des dividendes de leurs ressources naturelles.

M. MAMADY TRAORE (Guinée) a rappelé que son pays a, jusqu’au bout, cru en une solution pacifique à la crise et regrette profondément que le Conseil de sécurité n’ait pu être à même de transcender ses divisions pour adopter une démarche commune.  Nous estimons que le moment est suffisamment grave pour que nous tous fassions preuve de responsabilité afin de surmonter les nouveaux défis.  Nous devons ensemble nous employer dans les jours à venir à la recherche des voies et moyens susceptibles de retrouver l’unité de notre organe, de manière à lui conférer l’efficacité et le dynamisme requis.  Plusieurs jours après le déclenchement des hostilités, la communauté internationale s’interroge sur l’efficacité du Conseil de sécurité qui, pourtant, a initié de nombreuses actions pour un dénouement heureux de la question iraquienne.  C’est dans ce cadre que le Conseil de sécurité a accédé immédiatement à la tenue de la présente séance. 


Les négociations en cours pour l’adoption d’une résolution axée sur les besoins humanitaires d’urgence de l’Iraq méritent également d’être retenues.  Le risque de catastrophe humanitaire auquel fait face la population iraquienne constitue à cet égard un motif de préoccupation pour la Guinée.  De plus, la suspension des activités du Programme «pétrole contre nourriture» accentue la précarité de la situation, étant donné que plus de 60% de la population en était fortement tributaire.  Nous souscrivons par conséquent à l’appel du Secrétaire général aux Etats Membres afin qu’ils mobilisent les ressources financières nécessaires pour faire face à la nouvelle situation d’urgence qui prévaut sur le terrain et alléger les souffrances des populations iraquiennes meurtries.  Nous réitérons enfin notre appel aux belligérants en vue de prendre toutes les dispositions pour que les combats épargnent les populations civiles et limitent les dégâts des infrastructures économiques et sociales.


M. MOHAMMED ALDOURI (Iraq) a estimé que ceux qui s’étaient exprimés en faveur de la guerre l’avaient fait en raison des mises en garde lancées par les Etats-Unis, qui ont cherché à intimider d’autres pays et à amener des Etats à leur obéir.  Concernant la situation humanitaire, le représentant a indiqué qu’il ne fallait pas négliger les résultats de l’agression contre l’Iraq car la population est privée de nourriture, de médicaments et d’autres produits de première nécessité.  Il a cependant fait une distinction entre l’optique humanitaire et celle des Etats-Unis ou du Royaume-Uni, qui voulaient que leur agression militaire soit présentée sous un jour favorable.  Les nouveaux colonialistes nous disent qu’ils sont venus comme libérateurs et non comme conquérants et qu’il leur faudra un certain temps avant qu’ils se retirent.  Le Conseil de sécurité doit cependant y faire attention, a-t-il insisté.


Les Etats-Unis ont conclu des contrats pour reconstruire les infrastructures de l’Iraq en 1997, a rappelé le représentant iraquien.  Certaines entreprises américaines s’occupent déjà de l’industrie pétrolière et vont aussi s’occuper des ports.  Et ceux qui participent à cette coalition, Espagne, Bulgarie et autres, n’auront aucune part du gâteau, a-t-il prévenu: les contrats sont en sécurité quelque part et les entreprises américaines s’y préparent depuis des années.  Par ailleurs, a-t-il indiqué, les Américains et les Britanniques se sont leurrés quand ils ont pensé qu’ils seraient reçus avec des fleurs et de la musique.  Au contraire, la population iraquienne réagit mais les Etats-Unis vont la détruire en raison de la haine qu’elle leur voue.


Le représentant a donc demandé au Conseil de sécurité de faire en sorte qu’il soit mis un terme à la guerre, avant même de se pencher sur la situation humanitaire.

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