26/03/2003
Communiqué de presse
CS/2467



Conseil de sécurité

4726e séance – après-midi et soir


LA LIGUE ARABE ET LE MOUVEMENT DES NON-ALIGNES APPELLENT, DEVANT LE CONSEIL, A LA FIN DES HOSTILITES CONTRE L’IRAQ ET A UNE REPONSE ADEQUATE AUX BESOINS HUMANITAIRES DE SON PEUPLE


Au sixième jour des opérations militaires lancées contre l’Iraq par une coalition menée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, le Mouvement des pays non alignés et la Ligue des Etats arabes ont, cet après-midi, obtenu du Conseil de sécurité une réunion d’urgence pour «mettre fin à l’agression, procéder au retrait des troupes d’invasion, réaffirmer l’indépendance politique et l’intégrité territoriale de l’Iraq, et empêcher l’ingérence de tout Etat dans ses affaires intérieures»*.


Reprenant ces propos qu’il a adressés aux 66 autres orateurs prévus à ce débat, le représentant de l’Iraq a ainsi inauguré, après le Secrétaire général de l’ONU, la première réunion publique du Conseil depuis le début des frappes américano-britanniques, le 20 mars dernier.  Si Kofi Annan a surtout insisté sur la situation humanitaire de l’Iraq, décrite par les délégations comme «la tâche la plus importante», Mohammed Aldouri a, aux côtés des mêmes délégations, demandé au Conseil de sécurité, en sa qualité de garant de la paix et de la sécurité internationales, à faire respecter, par tous les Membres de l’ONU, le droit international, les principes de la Charte et ses propres résolutions. 


Le représentant iraquien a condamné avec la majorité des délégations, le recours unilatéral à la force sans l’assentiment du Conseil.  Il a stigmatisé cette «dérive dangereuse» pour la paix et la sécurité en dénonçant, dans ce cadre, «l’objectif clairement affiché des agresseurs de changer le régime de Bagdad et de redessiner la carte géopolitique du Moyen-Orient».  Les appels à une décision rapide du Conseil ont été relayés par de nombreuses délégations. 


Aussi, le représentant de la Ligue des Etats arabes, Yahya Mahmassani,  après avoir rappelé la condamnation, le 23 mars dernier, des opérations militaires par le Conseil des Ministres de la Ligue, a-t-il exhorté le Conseil de sécurité à rétablir une crédibilité qui «s’effrite de jour en jour au rythme des bombardements de Bassorah et de Bagdad».  Du côté des 115 pays membres du Mouvement des non-alignés, des positions similaires ont été mises en avant.  Le Président du Mouvement, le représentant de la Malaisie, Rastam Mohd, a voulu que le Conseil fasse valoir son rôle, sa légitimité et la primauté de ses décisions. 


Résumant le sentiment général, le représentant de l’Indonésie, Slamet Hidayat, a estimé que ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est le sort du peuple iraquien; l’avenir politique, stratégique et économique des pays voisins; l’impact écologique de la guerre; mais d’abord et avant tout le fondement même du système des Nations Unies, à savoir le multilatéralisme.  Le silence du Conseil devenant insoutenable, il est temps qu’il retrouve son unité et se joigne aux appels des gouvernements et des peuples qui réclament la fin de la guerre, a souhaité le représentant indonésien.


Dans la défense du multilatéralisme, le Secrétaire général n’a pas été en reste.  Nous vivons, a-t-il dit, une époque de grandes divisions qui, maintenues, peuvent avoir des conséquences graves pour le système international et les relations entre Etats.  Kofi Annan a donc encouragé les cinq membres permanents du Conseil à déployer des efforts renouvelés pour surmonter leurs divergences.  La question du multilatéralisme est revenue dans le cadre des problèmes humanitaires de l’Iraq; des délégations rejetant l’idée que les décisions en la matière soient, comme les décisions militaires, arrêtées unilatéralement en dehors des Nations Unies. 


Intervenant sur ces problèmes, le Secrétaire général a d’abord insisté sur la quatrième Convention de Genève qui attribue la responsabilité de l’action humanitaire, en période de conflit armé, à ceux qui contrôlent un territoire.  Il a néanmoins souligné que les institutions de l’ONU étaient disposées à intervenir et a annoncé le lancement prochain d’un appel interinstitutions consolidé aux donateurs.  A ce propos, le représentant de la Suisse, Jeno Staehelin, a attiré l’attention du Conseil sur la première réunion du Groupe de liaison relative à l’Iraq qui doit se tenir prochainement à Genève. 


Comme de nombreuses délégations, le Secrétaire général a aussi appelé à la reprise et l’ajustement, dans les plus brefs délais, du programme «pétrole contre nourriture» dont le mandat a été interrompu pour des raisons de sécurité.  Il a prévenu, à cet égard, que tout rôle de l’ONU dépassant le cadre humanitaire nécessitera un nouveau mandat du Conseil.  Un projet de résolution étant à l’examen, des délégations ont jugé important que ce texte ne contienne pas d’approbation implicite des opérations militaires contre l’Iraq.  Des appels ont, au contraire, été lancés pour que l’autorité et la souplesse nécessaires soient offertes au Secrétaire général, conformément à ses propositions qui ont reçu aujourd’hui l’aval de toutes les délégations.


Outre les orateurs cités, les représentants des pays suivants ont pris la parole: Algérie, Egypte, Yémen, Koweït, Libye, Grèce (au nom de l’Union européenne), Afrique du Sud, Cuba, Nouvelle-Zélande, Inde, Pologne, Singapour, Australie, Brésil, Turquie, Soudan, Viet Nam, Jamaïque, République islamique d’Iran, République de Corée, Liban, Tunisie, Argentine, Bélarus, Japon, Ouzbékistan, ex-République yougoslave de Macédoine, Colombie, Géorgie, Lettonie, Nicaragua, Norvège, Maroc, Albanie, Venezuela, Islande, République démocratique populaire lao et Guatemala.


Le Conseil de sécurité poursuivra son débat demain, jeudi 27 mars, à partir de 9 heures 30.


* Lettres adressées au Président du Conseil par les Représentants permanents de l’Iraq et de la Malaisie S/2003/362 et S/2003/363.


LA SITUATION ENTRE L’IRAQ ET LE KOWEIT


Déclarations


M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, a déploré que les efforts de tous pour trouver une solution pacifique n’aient pas abouti.  Si de nombreuses personnes, a-t-il dit, se demandent pourquoi l’Iraq n’a pas coopéré de la manière voulue par la communauté internationale, beaucoup s’interrogent sur la légitimité et l’opportunité d’une action, prise sans une décision collective du Conseil, qui a des conséquences allant au-delà de l’aspect militaire.  Le Conseil, qui a inscrit l’Iraq à son ordre du jour depuis 12 ans, doit recouvrer son unité d’action.  Il est essentiel, a insisté le Secrétaire général, que pendant la guerre tout soit fait pour protéger la population civile, les blessés et les prisonniers de guerre, et pour porter secours aux victimes.  Cette obligation est valable pour tous les belligérants, a souligné Kofi Annan en appelant au plein respect des Conventions de Genève et de tous les autres instruments du droit international humanitaire. 


Le Secrétaire général a particulièrement insisté sur la quatrième Convention de Genève qui prévoit que ceux qui contrôlent un territoire sont tenus de répondre aux besoins humanitaires de la population civile et doivent maintenir le dialogue et la coopération avec les organisations internationales impliquées dans les efforts de secours humanitaire.  Personne ne peut faire obstruction aux secours, a insisté le Secrétaire général avant d’appeler le Conseil à réfléchir à la manière d’ajuster le programme pétrole contre nourriture à la nouvelle donne et de permettre la fourniture des biens essentiels au peuple iraquien. 


Le conflit, a-t-il prévenu, a créé de nouveaux besoins que le Programme ne saurait couvrir.  Les institutions humanitaires de l’ONU sont disposées à apporter leur aide et même si le personnel international a été retiré provisoirement, la plupart de ces institutions avaient du personnel local qui continuent de travailler en ces temps de guerre.  Insistant sur le coût de l’effort humanitaire qui sera requis dans les semaines à venir, le Secrétaire général a annoncé le lancement d’un appel aux donateurs en les mettant néanmoins en garde contre l’abandon des autres cas d’urgence qui existent dans d’autres parties du monde. 


Par rapport à cette crise, a poursuivi le Secrétaire général, la responsabilité du Conseil est lourde.  Il a ajouté que pour tout rôle dépassant le strict cadre humanitaire, l’ONU aura besoin d’un mandat du Conseil.  Les responsabilités du Conseil vont au-delà de l’Iraq, a-t-il dit en citant le conflit entre Israélien et Palestinien qui attendent toujours la concrétisation de la vision de deux Etats.  Ces derniers mois, a conclu le Secrétaire général, les peuples du monde ont été amèrement déçus des Nations Unies et du Conseil de sécurité, en particulier.  Leur foi en l’ONU ne peut être rétablie que si le Conseil est capable d’identifier et de travailler de manière constructive à des objectifs spécifiques.  Il a appelé les cinq membres permanents du Conseil à montrer la voie en faisant un effort concerté pour surmonter leurs divergences.


Dans ce cadre, le Secrétaire général a insisté sur les principes de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de l’Iraq, et celui du respect des droits du peuple iraquien à déterminer son avenir politique et à contrôler ses propres ressources naturelles.  Nous vivons une époque de grandes divisions qui, maintenues, peuvent avoir des conséquences graves pour le système international et les relations entre Etats.  Par vos interventions aujourd’hui, vous pouvez combler le fossé ou l’élargir.  Il est essentiel que le Conseil retrouve son rôle de premier responsable du maintien de la paix et de la sécurité internationales, a souhaité le Secrétaire général.


M. MOHAMMED ALDOURI (Iraq) a déclaré que l’Iraq était soumis à une agression militaire barbare et criminelle américano-britannique.  Notre pays abrite un peuple millénaire, notre pays a vu naître la civilisation, et notamment Babylone, a-t-il dit.  Les Américains et les Britanniques ont d’abord essayé de tuer ce peuple par le biais des sanctions qui ont entraîné la perte de centaine de milliers d’enfants pendant treize ans, a-t-il ajouté.  L’agression américano-britannique a débuté le 20 mars et son objectif clairement affiché est de changer le régime de Bagdad et de redessiner la carte géopolitique du Moyen-Orient pour assurer la sécurité d’Israël et ce en violation totale de la Charte des Nations Unies, a dénoncé M. Aldouri.  Il a dénoncé la destruction des infrastructures électriques et hydrauliques dans la ville de Bassorah qui aura des conséquences graves sur la vie des populations civiles, ainsi que le bombardement d’un marché à Bagdad aujourd’hui.  Plus de 2 000 missiles ont été tirés en moins de deux jours de guerre et plus de 1 000 sorties aériennes ont été enregistrées, a-t-il dit, ajoutant ensuite que les forces américano-britanniques avaient violé la frontière entre l’Iraq et le Koweït après avoir fait partir les agents des Nations Unies chargés de sa surveillance.


M. Aldouri a ensuite rappelé que la tâche du désarmement de l’Iraq incombait en premier lieu aux Nations Unies à travers la CCVINU et l’AIEA qui ont établi le 7 mars dernier qu’elles n’avaient pas trouvé de preuves de la présence d’armes interdites en Iraq.  Aussi, la vraie raison de cette guerre est la colonisation de l’Iraq et le contrôle de ses richesses, a-t-il poursuivi.  La résolution 1441 ne prévoyait pas le recours à la force et malgré la coopération de l’Iraq avec les inspecteurs des Nations Unies et l’opposition de la communauté internationale à cette guerre, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont lancé leur agression au mépris de la position exprimée par le reste des Etats Membres des Nations Unies.  Cette agression coloniale a lieu dans un pur mépris de la position de la communauté internationale qui a rejeté massivement le recours unilatéral à la force, a dit le représentant.  Cette agression militaire coloniale et barbare constitue une dérive dangereuse pour la paix et la sécurité internationales, a-t-il dit, demandant au Conseil de sécurité d’exiger le départ des agresseurs du territoire iraquien et de les tenir pour responsables des dommages causés à l’Iraq et des souffrances infligées au peuple iraquien.  Il a mis en garde contre le risque de voir une puissance dominer pleinement les Nations Unies, au risque de détruire à terme cette organisation.  Il s’est dit consterné de voir le Conseil de sécurité se pencher sur les aspects humanitaires de la guerre sans se prononcer sur l’agression caractérisée subie depuis une semaine par l’Iraq, ce qui revient à mettre la charrue avant les bœufs ou à empêcher le Conseil de sécurité de jouer pleinement son rôle de garant de la sécurité internationale. 


Le Conseil de sécurité a-t-il autorisé le départ des inspecteurs, a-t-il autorisé la suspension du programme pétrole contre nourriture, a-t-il autorisé le recours à la force, a demandé M. Aldouri.  Le représentant de l’Iraq s’est inquiété du fait que les membres du Conseil soient exclus du processus de prise de décisions.


M. RASTAM MOHD ISA (Malaisie) a déclaré, au nom des Etats membres du Mouvement des non-alignés, que les millions de personnes qui, à travers le monde, voient se dérouler sur les écrans de télévision la guerre que subit l’Iraq sauront aujourd’hui quelle est la position que le Conseil adopte sur cette question.  La tenue de cette session est un développement positif.  Le Mouvement des non-alignés estime que tous les Etats Membres de la communauté internationale et des Nations Unies doivent obéir à la Charte de l’Organisation et aux principes reconnus du droit international, quand il s’agit de régler des différends entre nations.  Les non-alignés s’opposent donc fermement à la guerre unilatérale qui a été lancée contre l’Iraq sans autorisation du Conseil de sécurité.  Toute action militaire unilatérale est un acte illégitime d’agression qui doit être condamné par la communauté internationale.  La guerre lancée contre l’Iraq doit donc immédiatement cesser, et la solution à apporter aux problèmes qui se posent en Iraq et dans sa région doit être débattue au sein du Conseil de sécurité.


Les pays non alignés réaffirment le rôle central des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Nous appelons donc le Conseil de sécurité à user de ses pouvoirs pour remettre sur les rails le processus multilatéral garanti par la Charte, en vue de résoudre la question iraquienne.  Concernant le peuple iraquien, nous espérons que les souffrances qu’il endure en ce moment seront rapidement soulagées.  Toutes les parties au conflit doivent respecter les normes relatives aux droits de l’homme et à la protection des civils.  Elles doivent strictement se conformer à la Quatrième Convention de Genève.  Les pays non alignés regrettent d’autre part que les inspecteurs en désarmement de l’ONU n’aient pu mener à bien leur tâche, comme cela était souhaité par la majorité du Conseil et par la CCVINU.  Nous lançons donc un appel au retour à la table des négociations pour une solution pacifique.


En ce qui concerne son point de vue national, la Malaisie condamne la guerre unilatérale lancée contre l’Iraq.  C’est une violation flagrante du droit international et de la Charte de l’ONU.  Nous condamnons donc ce conflit, et nous lançons un appel aux Etats-Unis et à leurs alliés pour qu’ils reviennent au Conseil de sécurité pour assurer la mise en œuvre des résolutions du Conseil concernant le désarmement de l’Iraq.


M. YAHYA MAHMASSANI (Ligue des Etats arabes) a souligné que depuis le 20 mars, les forces armées de deux membres permanents du Conseil ont lancé, sans l’autorisation de ce dernier, une guerre injuste et illégale contre un membre de l’ONU.  Il a rappelé que le Conseil ministériel du 23 mars avait déclaré cette agression en violation de la Charte des Nations Unies et des principes du droit international.  La Ligue avait qualifié l’agression de manquement à la légimtitmé internationale, de menace à la paix et à la sécurité internationales, et de défi au droit international exigeant que les différends soient réglés par des moyens pacifiques.  La Ligue des Etats arabes, a poursuivi le représentant, avait demandé le retrait des forces et exigé que les pays concernés soient tenus responsables matériellement, moralement et juridiquement.  Au nom de la Ligue des Etats arabes, le représentant a demandé au Conseil d’adopter une décision pour arrêter l’agression, réaffirmer le respect de la souveraineté, de l’indépendance politique, de l’intégrité territoriale de l’Iraq et empêcher l’ingérence de tout Etat dans ses affaires intérieures.


Les forces étrangères, a regretté le représentant, sont arrivées à un moment où l’Iraq coopérait avec les inspecteurs de l’ONU.  Il a estimé que seules la CCVINU et l’AIEA sont habilitées à désarmer l’Iraq.  Pourquoi cette précipitation et cette guerre qui aura de graves conséquences pour le monde et pour la région?  La guerre a lieu malgré le refus du Conseil de donner son aval à un projet de résolution qui était en fait un subterfuge pour lancer la guerre.  Aujourd’hui, a encore estimé le représentant, tout porte à croire que la question n’a jamais été celle des armes de destruction massive mais bien celle du lancement d’une ère dangereuse de pouvoir absolu visant à mettre en place des projets imposés de redéfinition de la carte du Moyen-Orient.  C’est une chose inacceptable qui ne peut que provoquer le chaos dans la région.  Les régimes politiques arabes doivent être choisis sans ingérence extérieure.  Alors que les pays arabes attendaient la concrétisation de la vision de deux Etats au Moyen-Orient, ils voient avec consternation un cas d’occupation s’ajouter dans la région. 


Le système international mis en place après la deuxième guerre mondiale est désormais en péril, a poursuivi le représentant.  Le monde se transforme en un lieu de chaos et de frustration.  La sécurité et la sûreté des Etats affaiblis sont gravement menacées.  Le recours unilatéral à la force ramène le monde à l’avant 1939 et aux guerres porteuses de tragédies et de souffrances.  La communauté internationale doit assumer ses responsabilités dans le domaine de la paix et de la sécurité internationales.  Comment le Conseil peut-il rester muet devant cette guerre et détourner le regard de la dévastation de milliers de victimes?  Le Conseil doit mettre fin à cette guerre.  Il y va de sa crédibilité et de celle de l’ensemble de la communauté internationale, laquelle crédibilité s’effondre sous les bombardements de Bassorah et de Bagdad, a conclu le représentant.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) s’est demandé comment justifier le recours à des moyens aussi extrêmes, aussi disproportionnés quand aucun danger présent et immédiat ne menaçait la paix et la sécurité internationales et que les inspections de l’ONU allaient dans le sens souhaité.  Comment qualifier les dommages irréparables infligés à ces millions d’enfants déjà maladifs et faméliques par le fait des sanctions que le Conseil leur a imposées, s’est-il encore demandé?  L’Algérie qui, dès le début de la crise avait appelé à un règlement pacifique du conflit, exprime ici son immense douleur et sa grave préoccupation face à la terrible épreuve imposée au peuple iraquien.  Elle le fait avec d’autant plus de conviction qu’elle sait d’expérience que la guerre est toujours la pire des solutions et que ce sont les populations civiles qui en paient le prix le plus élevé.


Nous regrettons profondément que les inspections aient été brutalement interrompues alors qu’elles commençaient à porter leurs fruits grâce à la coopération active de l’Iraq.  Nous rappelons que le recours à la force dont l’Iraq est l’objet n’a pas été dûment autorisé et qu’il ne remplit donc pas les conditions de légalité et de légitimité requises.  Il s’agit là d’un précédent d’une gravité exceptionnelle dans les relations internationales.  De plus, il est patent que les objectifs de cette guerre vont au-delà des objectifs de la résolution 1441 du Conseil de sécurité.  Pour ces raisons, l’Algérie fait sienne la résolution adoptée le 24 mars dernier par le Conseil des Ministres de la Ligue des Etats arabes appelant à la cessation immédiate des actes de guerre et au retrait inconditionnel des forces étrangères.


Nous alertons le Conseil sur le fait que la suspension du programme pétrole contre nourriture est sur le point de provoquer une véritable catastrophe humanitaire, notamment à Bassorah. Nous appelons sans délai à la reprise du programme qui doit se poursuivre sous l’autorité du Conseil mais uniquement pour la concrétisation des contrats déjà signés, étant entendu qu’à partir du moment où les sanctions seront levées, le régime de sanctions n’aura plus lieu d’être et que tout éventuel ajustement du programme ne doit en aucun cas préjuger l’avenir, attenter à l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iraq ou violer le principe de la libre disposition par le peuple iraquien de ses richesses.  Il est dès lors de notre devoir, nous les Etats membres mais également celui que nous avons élu à la tête du Secrétariat, de veiller à ce que l’Organisation ne soit contournée, ni marginalisée, ni affaiblie, ni réduite à un rôle mineur.


M. AHMED ABOULGHEIT (Egypte) a déclaré que le Conseil de sécurité était confronté à de nombreux défis, à savoir la poursuite de l’occupation des territoires palestiniens par Israël et l’agression menée par la coalition contre l’Iraq.  Il a plaidé pour la recherche collective de solutions pacifiques afin de mettre un terme aux destructions, aux dévastations et d’anticiper l’impact à long terme de cette guerre qui risque d’être catastrophique.  L’Egypte a contribué ces dernières années à la consolidation d’un système de sécurité collective et à cet égard, nous sommes fermement attachés à l’intégrité territoriale de l’Iraq et des autres États de la région, a-t-il dit.  Si l’on avait donné aux inspecteurs la possibilité de parvenir à des résultats dans le désarmement de l’Iraq, a-t-il poursuivi, on aurait pu faire l’économie de ces images tragiques qui défilent depuis une semaine sur nos écrans de télévision.  Le Conseil de sécurité doit appeler à la fin des combats, réaffirmer la souveraineté de l’Iraq sur son territoire et ses ressources, et assumer ses responsabilités en assurant le respect du droit et de la légalité internationale. 


M. Aboulgheit a rappelé la position des membres de la Ligue arabe exprimée le 23 mars dernier et qui demandait la fin de l’agression, le retrait des troupes et la reprise du désarmement pacifique de l’Iraq.  Il a estimé que le désarmement de l’Iraq ne doit être vu que comme une étape visant à faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes de destruction massive mais cela exige qu’Israël coopère avec l’AIEA, a-t-il observé.  Je ne vois aucune circonstance qui permettrait au Conseil de sécurité d’esquiver ses responsabilités par rapport à une tragédie qui menace des milliers de personnes et sape l’édifice des Nations Unies, a-t-il dit, jugeant toutefois que la paix doit reposer sur des fondements solides qui garantissent le droit des populations à vivre sans la menace des armes de destruction massive. 


M. ADBULLAH ALSAIDI ………………..(Yémen) a déclaré que le Yémen soutient le peuple iraquien dans la terrible tragédie qui lui est imposée.  Nous regrettons que des Etats aient lancé une guerre meurtrière contre l’Iraq sans autorisation du Conseil de sécurité.  Cette guerre illégale ne peut que provoquer une vague de violence et de terrorisme.  Le Yémen dénonce la petite minorité qui a mis fin aux inspections de désarmement qui se déroulaient de manière satisfaisante en Iraq.  L’invasion militaire à laquelle nous assistons laisse augurer des lendemains sombres en Iraq et dans la région.  Le Yémen considère que cette invasion n’a aucune justification morale ou légale, l’Iraq s’étant plié aux exigences de désarmement qui lui étaient imposées par le Conseil.  Il est étrange que les pays qui attaquent l’Iraq contre l’avis du Conseil ne se soient jamais souciés de l’énorme arsenal d’armes de destruction massive que détient Israël. 


Cette politique des «deux poids, deux mesures» ne peut qu’amoindrir la confiance qui devrait régner sur la scène internationale à l’égard des règles communes du droit international.  Le Yémen demande que soient respectées l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Iraq, et soutient le même point de vue en ce qui concerne l’intégrité et la souveraineté du Koweït.  La délégation du Yémen appelle toutes les parties à mettre fin aux combats qui se poursuivent en ce moment en Iraq.


M. MOHAMMED ABULHASAN (Koweït) a rappelé la réserve que son pays a émise à la déclaration finale du Conseil des ministres de la Ligue des Etats arabes, du 24 mars.  Il s’est ensuite dit «triste et inquiet» devant les victimes innocentes du peuple iraquien et des pays de la coalition.  Le Koweït se joint à la position selon laquelle le recours à la force doit être la dernière option.  Le peuple koweïtien, a affirmé le représentant, se rend compte des effets de l’opération militaire en Iraq qui sont le résultat de la persistance de l’Iraq à refuser de respecter les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Rappelant les conditions difficiles que l’Iraq a imposées à son pays pendant l’occupation de 1990, le représentant a estimé que la situation est bien différente aujourd’hui.  Il a exhorté les forces de la coalition à continuer à prendre toutes les précautions qui s’imposent pour éviter des souffrances supplémentaires.  Il a appelé au respect du droit international et des Conventions de Genève.  L’Etat koweïtien, a-t-il souligné, réaffirme qu’il ne participera pas aux opérations militaires visant l’Iraq.  Pourtant, ce dernier poursuit ses politiques agressives vis-à-vis du Koweït comme le montre le lancement, dès le 20 mars, de missiles iraquiens qui visaient des zones résidentielles. 


A cet égard, le représentant a rendu hommage aux forces des pays du Golfe qui travaillent côte à côte avec les forces armées du Koweït et celles des pays amis.  Il a lancé un appel au Conseil pour qu’il condamne l’agression de l’Iraq et qu’il exige de lui qu’il y mette fin et respecte la sécurité, l’indépendance et l’intégrité territoriale du Koweït.  L’Iraq a tout fait pour entraîner le Koweït dans cette guerre.  A ce propos, le représentant a indiqué que les missiles lancés contre son pays ont une portée qui dépasse les 150 km autorisés et, ce, en violation des résolutions pertinentes du Conseil.  L’Iraq est responsable et pleinement responsable des conséquences graves auxquelles il est confronté aujourd’hui, en a-t-il conclu en stigmatisant le rejet par l’Iraq de toute initiative visant à trouver une issue pacifique au différend.  Il a demandé au Conseil d’intervenir rapidement auprès du Gouvernement de l’Iraq pour exiger qu’il respecte le droit international humanitaire et donne des réponses précises sur le sort des prisonniers de guerre koweïtiens.  Le représentant a réservé son dernier mot à la situation humanitaire en Iraq en souscrivant à la proposition de modifier le programme «pétrole contre nourriture».  A cet égard, il a donné le détail des efforts déployés par son pays dans le domaine humanitaire. 


M. AHMED OWN (Jamahiriya arabe libyenne) a salué le courage du peuple iraquien qui fait face à une agression qui aura des répercussions dans les années à venir sur l’ensemble de la région.  Les troupes américano-britanniques bombardent constamment les positions civiles iraquiennes comme en témoignent les médias internationaux, a-t-il observé, à l’exception de ceux de la puissance d’agression qui se font le relais de la propagande et désinforment la population de ce pays.  Il a réaffirmé que les Nations Unies ont été créées pour jouer le rôle central dans le règlement pacifique des différends avant de regretter que l’Organisation se soit retrouvée marginalisée actuellement.  Il a condamné la violation flagrante du droit international que constitue l’agression de l’Iraq par les Etats-Unis et le Royaume-Uni et a rappelé que la résolution 1441 n’impliquait pas le recours automatique à la force.  Or il est apparu que l’objectif de ces deux États n’était pas de désarmer pacifiquement l’Iraq mais bien de provoquer un changement de régime, a-t-il dit, ce alors que les inspecteurs ont clairement fait savoir au Conseil de sécurité qu’ils n’avaient rien trouvé de suspect en Iraq en matière d’armement au cours des quatre mois d’inspections.  Aussi, est-il légitime de renverser un régime au prix de milliers de bombes larguées sur des populations civiles, a demandé le représentant, avant de condamner l’interruption du programme «pétrole contre nourriture» décidée sans l’aval du Conseil de sécurité. 


Le représentant s’est demandé si au lieu d’aborder la question de l’assistance humanitaire au peuple iraquien le Conseil de sécurité ne ferait pas mieux d’exiger qu’il soit mis un terme à l’agression.  Il a ensuite dénoncé le fait que l’aide humanitaire soit financée sur les fonds propres de l’Iraq prélevés sur le compte du programme pétrole contre nourriture.  Il a dénoncé la politique de deux poids deux mesures de certains États qui font usage de leur droit de veto pour prévenir toute mesure contraignante contre Israël alors que cet État assujettit le peuple palestinien à une occupation humiliante.  Comment ne pas s’interroger sur les motivations de ceux qui invoquent la quatrième Convention de Genève pour condamner le régime iraquien dans le traitement réservé aux prisonniers de guerre de la coalition alors que dans le même temps, ils imposent leur  veto lorsque le Conseil de sécurité entend soumettre Israël au respect de la même convention.  Il a invité le Conseil de sécurité et la communauté internationale à condamner fermement l’agression contre l’Iraq, à exhorter les Etats-Unis et le Royaume-Uni à retirer leurs troupes et à garantir la souveraineté territoriale de l’Iraq. 


M. ADAMANTIOS TH. VASSILAKIS (Grèce) a déclaré, au nom de l’Union européenne et des pays associés et candidats, que l’Union européenne s’engage fermement à soutenir l’intégrité territoriale, la souveraineté, la stabilité politique et le désarmement complet de l’Iraq sur tout son territoire.  L’Union européenne soutient également les droits du peuple iraquien et de toutes ses minorités ethniques ou religieuses.  L’Union européenne pense que l’ONU doit continuer à jouer un rôle central dans la crise qui déchire en ce moment l’Iraq et qu’elle doit y rester engagée après ce conflit.  Bénéficiant d’une grande expérience en matière de secours humanitaire et d’assistance au relèvement post-conflit des pays affectés par la guerre, l’ONU doit recevoir un mandat ferme du Conseil de sécurité pour lui permettre de venir en aide au peuple iraquien.  Nous soutenons les propositions avancées sur cette question par le Secrétaire général, en vue d’adapter le programme «pétrole contre nourriture» aux circonstances changeantes actuelles de manière à pouvoir faire face aux besoins humanitaires de l’Iraq.  L’Union européenne veut contribuer effectivement à la mise en place de conditions qui permettraient à tous les Iraquiens de vivre dans la dignité, la liberté et la prospérité sous la direction d’un gouvernement représentatif.


Sur le plan régional, l’Union européenne soutient la création de conditions qui permettraient le renforcement de la stabilité au Moyen–Orient.  Nous appelons tous les pays de la région à faire preuve de retenue, en vue d’éviter toute action qui pourrait déstabiliser la région et à prendre les mesures qui s’imposent pour prévenir les actes de terrorisme.  Nous travaillerons à relancer le processus de paix du Moyen-Orient en favorisant la publication et la mise en œuvre immédiate de la feuille de route qui a été adoptée par le Quatuor.  L’Union européenne renforcera d’autre part son dialogue et sa coopération avec les mondes arabe et islamique.  Nous espérons à ce sujet que le processus lancé à Barcelone pourra être mis à profit.  L’Union européenne réitère ensuite son engagement envers le rôle central et fondamental que doit jouer l’ONU dans le maintien de la paix mondiale et dans la préservation du système de sécurité international, et elle continuera à contribuer au renforcement de la coalition internationale contre le terrorisme.


M. SLAMET HIDAYAT (Indonésie) a demandé l’arrêt immédiat de l’agression dont est victime l’Iraq en précisant que la réunion que tient le Conseil de sécurité aujourd’hui constitue un progrès dans la restauration de son autorité.  Même si les combats devaient prendre fin demain, nous faisons face à une grave crise humanitaire, 300 000 personnes déplacées à l’intérieur de leurs frontières sont déjà massées au nord de l’Iraq.  Nous ne devons pas perdre de vue qu’il incombe aux pays qui ont choisi la voie de la guerre de faire face aux souffrances humanitaires qui découlent de leurs actions.  Nous réaffirmons que toute solution à la question iraquienne doit veiller au respect de l’intégrité territoriale et  de la souveraineté nationale de l’Iraq.  La communauté internationale ne doit pas perdre de vue que la question du désarmement de l’Iraq a été et continue d’être le problème central.  La résolution 1441 constituait une feuille de route permettant de venir à bout de cette question par le biais d’inspections.  Nous avions toujours appelé l’Iraq à honorer ses obligations en vertu de cette résolution. Nous étions encouragés par les rapports que nous avaient présentés MM. Hans Blix et El Baradei.  La diplomatie couplée à des pressions judicieuses produisait déjà des résultats. La délégation indonésienne souligne que le Conseil ne doit pas sous-estimer les enjeux actuels qui détermineront l’avenir des Iraquiens mais également le futur de la région. 


M. DUMASANI S. KUMALO (Afrique du Sud) a estimé que le moment tant redouté est arrivé.  L’Iraq est engagé dans une guerre amère du fait que certains Etats ont choisi de l’envahir sans l’autorisation des Nations Unies.  En la matière, le représentant a rappelé la position de l’Union africaine et du Mouvement des non-alignés.  Il a estimé que plus que jamais, les Nations Unies doivent jouer un rôle pivot pour mettre fin à la guerre, garants qu’elles sont de la légitimité internationale.  Craignant une occupation qui compliquerait davantage la stabilité dans la région, le représentant a rappelé les principes et les valeurs de la Charte de l’ONU.  Aussi imparfaites soient-elles, a-t-il dit, les Nations Unies sont l’institution chargée par la communauté internationale de régir les relations internationales.  Si nous avions persévéré, l’Iraq aurait pu être désarmé pacifiquement et le monde aurait pris une décision collective ayant une plus grande légitimité, a insisté le représentant. 


La tragédie de la guerre en Iraq, a-t-il ensuite estimé, est qu’elle continue de faire des victimes parmi les civils comme parmi les militaires.  Il a voulu que le Conseil de sécurité s’assure que des dispositions soient prises pour apporter des secours humanitaires au peuple iraquien.  Il a mis le Conseil en garde contre un projet de résolution qui constituerait une approbation implicite ou tacite des opérations militaires en Iraq.  Le Conseil doit adopter une résolution qui assure que les ressources naturelles de l’Iraq restent aux mains des Iraquiens.  Les sanctions punitives endurées depuis 12 ans par le peuple iraquien doivent prendre fin, a encore dit le représentant en voulant qu’en tant que mesure intérimaire, le programme «pétrole contre nourriture» soit ajusté à la nouvelle situation.  La guerre en Iraq ne doit pas détruire le système de sécurité collective fondé sur la Charte.  Les Nations Unies sont plus que jamais pertinentes dans un monde aux multiples défis, a conclu le représentant.


M. BRUNO RODRIGUEZ PARRILLA (Cuba) a invité la communauté internationale à condamner fermement l’agression américano-britannique dont fait l’objet l’Iraq et a exigé qu’elle cesse immédiatement.  Il a exhorté le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités et a rappelé que l’Assemblée générale avait également un rôle à jouer pour assurer la paix, la sécurité, l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Iraq, du Koweït et des autres États de la région.  Rappelant ensuite que plus des deux tiers des membres du Conseil de sécurité, dont trois de ses membres permanents, avaient tenté d’empêcher le recours à la force pendant des semaines, M. Rodriguez Parrilla a déploré que le travail des inspecteurs ait été interrompu alors que des progrès tangibles étaient enregistrés.  Nous avions averti à l’époque des risques de manipulation de la résolution 1441, a-t-il souligné ensuite, assurant que la sentence contre l’Iraq avait été prononcée , il y a bien longtemps , alors que ce pays ne représente aucunement une menace à la sécurité des Etats-Unis et que cette agression avait été planifiée bien avant les attaques terroristes du 11 septembre 2001.  Il a dénoncé le traitement des pays du tiers-monde par les pays développés qui regorgent d’armes de destruction massive et considèrent ces États en développement comme de sombres recoins de la communauté internationale. 

Le représentant a dénoncé également le cynisme des pays développés qui ont imposé un ordre mondial peu durable car trop injuste dans la mesure où il entend prélever les richesses des pays en développement par tous les moyens.  Nous devons mettre fin à cette évolution si nous voulons préserver les Nations Unies comme organe central du maintien de la paix et de la sécurité internationales, a dit M. Rodriguez Parrilla, avant d’inviter le Conseil de sécurité à tout faire pour mettre fin à l’agression contre l’Iraq, aux bombardements des villes iraquiennes et aux velléités d’occupation de ce territoire par les Etats-Unis.  Rien ne doit être fait qui remettrait en cause la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iraq, a-t-il dit, invitant le Secrétaire général et les Nations Unies à ne pas se rendre complices d’une occupation de l’Iraq par les Etats-Unis.  L’opinion publique sera particulièrement sévère lorsqu’elle jugera de notre conduite, a-t-il mis en garde.


      M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande) a regretté l'échec du processus diplomatique dans le règlement de la question iraquienne ainsi que les hostilités en cours.  Cependant, notre préoccupation principale doit maintenant être l'avenir.  Notre objectif commun doit être de mettre un terme le plus rapidement possible aux hostilités afin de pouvoir notamment fournir au peuple iraquien l'aide humanitaire dont il a besoin.  La communauté internationale doit répondre à l'appel des Nations Unies pour la mobilisation de fonds humanitaires.  A cet égard, la Nouvelle-Zélande a déjà annoncé qu'elle contribuerait au financement des agences humanitaires.  Nous cherchons en outre d'autres moyens de fournir une aide à mesure que les besoins sont clairement définis.  Le Conseil de sécurité doit aussi régler les problèmes pratiques liés au programme «"pétrole contre nourriture"».  Cette période a été difficile pour le Conseil de sécurité et nous souhaitons à présent que les divergences soient mises de côté afin de pouvoir axer nos efforts sur le bien-être du peuple iraquien.  Il est entendu que la Nouvelle-Zélande oeuvrera avec les autres Etats Membres des Nations Unies pour recon struire le pays et régler les questions humanitaires.

M. VIJAY K. NAMBIAR (Inde) a déclaré que la poursuite des inspections en coopération avec l’Iraq aurait dû demeurer la seule priorité du Conseil de sécurité.  Cela n'a malheureusement pas été le cas.  Nous nous trouvons dans une situation où quelques membres du Conseil ont décidé d'agir unilatéralement.  Notre pays a pris connaissance des informations concernant l’action militaire en Iraq avec une inquiétude profonde.  Nous formulons par conséquent l’espoir que la campagne militaire, que l’on aurait pu éviter, soit de courte durée.  Nous exhortons en outre toutes les parties impliquées dans la guerre à respecter leurs obligations à l’égard des civils en vertu du droit international.  Nous sommes également préoccupés par le sort des civils ainsi que par les flux de réfugiés.  La communauté internationale doit garantir que l’intégrité de l’Iraq sera pleinement respectée ainsi que ses traditions séculaires. 


Le Secrétaire général a déjà attiré l’attention sur les difficultés croissantes rencontrées par les habitants de la ville de Bassorah.  Nous souhaitons apporter notre appui à tout effort visant à fournir une aide humanitaire à la population civile dans cette ville et dans les autres parties du pays qui en ont besoin.  Nous appuyons également la décision du Secrétaire général de convoquer aujourd'hui une réunion des agences humanitaires de l’ONU pour coordonner les efforts en la matière en Iraq.  De même, nous estimons que la reprise du programme pétrole contre nourriture doit être une priorité pour apporter une aide immédiate au peuple iraquien.  L’Inde, a indiqué son représentant, a déjà annoncé sa volonté de participer à la reconstruction et à la réhabilitation de l’Iraq.  Des divergences peuvent exister sur la nécessité de la guerre, mais personne ne peut en avoir en ce qui concerne le besoin urgent de restaurer la paix.  La guerre est parfois menée de façon unilatérale mais c’est ensemble que nous devons rétablir la paix. 


M. JANUSZ STANCZYK (Pologne) a regretté que l'Iraq ne se soit conformé à la résolution 1441, de même qu'il n'avait pas respecté, au cours des douze dernières années, les dispositions des nombreuses résolutions adoptées par le Conseil de sécurité.  L'Iraq n'a pas rempli ses obligations en matière de désarmement et n'a pas coopéré pleinement avec les inspecteurs de la CCVINU et l'AIEA.  Il a manqué à son obligation de supprimer ses armes de destruction massive dont l'existence a été confirmée par les inspecteurs de l'ONU.  Dans ces conditions, les moyens pacifiques de désarmer l'Iraq ayant été épuisés, le recours à la force est apparu comme la seule option.  L'intervention de la coalition internationale visant à imposer à l'Iraq l’obligation de respecter les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, y compris la 1441, n'est pas dirigée contre le peuple iraquien.  Elle a été mise en oeuvre pour parvenir à l'élimination des armes de destruction massive qui menacent la paix et la sécurité internationales. 


L'objectif de la coalition internationale est également d'établir la primauté du droit en Iraq.  L'opération militaire sera achevée dès que ces objectifs seront atteints.  La nation entière et toutes les composantes de la société iraquienne verront alors leurs droits respectés et pourront participer au processus de construction d'un nouvel Etat fondé sur les principes de l'autodétermination et de liberté, sans discrimination politique ou ethnique.  En vue d'alléger les souffrances du peuple iraquien, l'opération militaire doit être efficace et courte.  Nous souhaitons que les conséquences humanitaires du conflit soient les plus faibles possible.  Un engagement précoce de la communauté internationale dans le domaine humanitaire peut contribuer à réduire l'impact humanitaire de la situation actuelle et, dans le même temps, lancer un message clair selon lequel l'Organisation a l'intention de participer activement aux efforts de reconstruction du pays.


M. KISHORE MAHBUBANI (Singapour) a déclaré que, comme beaucoup d’Etats Membres, Singapour a jusqu’au dernier moment espéré que la guerre pourrait être évitée en Iraq.  Nous regrettons que le Gouvernement iraquien n’ait pas saisi la dernière chance qui lui était offerte par la résolution 1441 pour se plier complètement aux exigences de désarmement qui lui ont été imposées par le Conseil.  Cependant, Singapour aurait souhaité, comme d’autres pays, que l’action militaire lancée contre l’Iraq soit autorisée par le Conseil de sécurité.  Mais nous estimons aussi qu’il revenait à l’Iraq de tout faire pour éviter la guerre.  Cependant, au vu de la longue habitude de l’Iraq de ne pas respecter les résolutions contraignantes du Conseil, Singapour pense que l’incapacité du Conseil de sécurité à trouver une position partagée par tous ses membres ne pouvait pas longtemps servir de politique finale susceptible d’assurer le désarmement de l’Iraq. 


Malgré les combats en cours, il est indispensable de faire face à certaines urgences, dont la première est celle posée par la dégradation de la situation humanitaire.  Le programme «pétrole contre nourriture» doit rapidement redémarrer, 60% des Iraquiens dépendant de ses distributions de rations alimentaires.  Nous soutenons par conséquent les propositions faites à ce sujet par le Secrétaire général, et nous espérons que le Conseil pourra rapidement parvenir à un consensus.  Ensuite, Singapour pense que quelle que soit la durée du conflit, les secours d’urgence doivent impérativement commencer à être acheminés.  Nous soutenons d’autre part l’appel au respect du droit humanitaire international lancé par le Secrétaire général aux parties en conflit.  Sur le plan des secours, Singapour est encouragé par les engagements de certains pays à soutenir la reconstruction de l’Iraq.  Nous sommes prêts à nous acquitter de notre devoir de solidarité envers les Iraquiens, et notre Gouvernement a décidé de verser un demi-million de dollars sur les 90 millions de dollars nécessaires au fonds de l’Appel humanitaire d’urgence lancé par les agences de secours du système de l’ONU.


M. JOHN DAUTH (Australie) a appelé les membres du Conseil de sécurité à dépasser l'acrimonie, les ambitions politiques étriquées et les préoccupations individuelles pour prendre leurs responsabilités et envisager l'avenir du peuple iraquien.  L'incapacité du Conseil à répondre à la menace posée par l'Iraq a déçu la communauté internationale et la question qui se pose aujourd'hui à ses membres est de savoir s'ils sont capables de renverser cette tendance à l'impuissance et d'aider l'Iraq à se redresser.  Sinon, a poursuivi le représentant, le Conseil sera tout simplement contourné par des pays qui pensent que le peuple iraquien mérite leur aide.


Rappelant que son pays fait partie de la coalition engagée pour désarmer l'Iraq, le représentant australien a assuré que cette participation était conforme à la légalité internationale en vertu des résolutions 687, 678 et 1441 du Conseil.  Il a également annoncé que son pays avait versé 17,5 millions de dollars aux agences humanitaires des Nations Unies, au Comité international de la Croix-rouge et aux ONG et envoyé par bateau 100 000 tonnes d'aide alimentaire à l'Iraq.  L'Australie ne s'arrêtera pas là: nous sommes prêts à participer sur le long terme à la reconstruction de l'Iraq afin d’aider le pays à reprendre sa place dans la communauté internationale.  Mais nous préfèrerions grandement que le Conseil de sécurité y soit associé.  Le représentant a ensuite pressé les membres du Conseil de se mettre rapidement d'accord sur une aide humanitaire rapide à l'Iraq et de regarder les faits en face: l'Iraq est en train d'être désarmé par la force en partie parce que le Conseil a été incapable de s'en occuper avec efficacité.


M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a dit déplorer l’action militaire déployée en Iraq et en particulier le fait que le recours à la force se soit fait sans l’autorisation du Conseil de sécurité.  Nous appelons à la cessation des hostilités, à la restauration de la paix et du respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Iraq.  Nous insistons par ailleurs sur la nécessité de respecter les principes du droit humanitaire international, en particulier ceux qui portent sur la protection des populations civiles, des réfugiés et du traitement des prisonniers de guerre.  La question iraquienne a acquis une dimension qui dépasse le conflit lui-même et pourrait avoir des conséquences négatives sur les activités des Nations Unies.  L’autorité du Conseil de sécurité doit être préservée et renforcée par la mise en œuvre intégrale de ses résolutions, par l’amélioration de ses méthodes de travail et par le biais d’une réforme qui permettrait au Conseil de mieux refléter les réalités de ce monde, a-t-il précisé. 


Mais la question urgente qui se pose aujourd’hui est de savoir comment acheminer l’aide humanitaire au peuple iraquien qui dépend à 60% du programme «pétrole contre nourriture».  La suspension du programme dès le début du conflit a encore aggravé leur situation, a déclaré le délégué, précisant que toute action militaire menée sans l’autorisation expresse du Conseil de sécurité risque d’avoir de profondes conséquences juridiques et politiques.


M. UMIT PAMIR (Turquie) a regretté les divisions qui sont apparues au sein du Conseil en cette période fondamentale.  Nous avons, a-t-il dit, demandé aux parties d’agir conformément au droit humanitaire international.  La Turquie, a-t-il poursuivi, chérit ses liens historiques et culturels avec l’Iraq.  Il a souligné que si l’Iraq avait fourni la coopération nécessaire, cette spirale abominable aurait pu être évitée.  Venant à la situation humanitaire, il a appelé à la poursuite du programme pétrole contre nourriture en souscrivant aux suggestions du Secrétariat en la matière.  Nous devons, a-t-il insisté, adopter une démarche souple et pragmatique.


Le représentant a, par ailleurs, souligné le respect par son pays de l’intégrité territoriale de l’Iraq.  La Turquie attend l’avènement d’un système représentatif en Iraq et estime que les ressources naturelles de l’Iraq appartiennent à tous les Iraquiens.  La Turquie n’a aucun plan caché.  Le peuple de la Turquie ne peut qu’être gêné lorsqu’il voit la rhétorique parfois insultante et cynique provenant de certains milieux.  La Turquie ne peut se permettre un nouveau flux de réfugiés comme en 1991.  Elle souhaite que tout mouvement de déplacés reste cantonné à l’intérieur de l’Iraq.  La Turquie ne peut permettre aux terroristes du PKK/KADEK installés dans la partie nord de l’Iraq à abuser des conditions actuelles pour se livrer au terrorisme et à la provocation en compromettant ainsi les efforts de la coalition.  La Turquie, dont certains éléments des forces armées sont stationnées à la frontière depuis 1991, n’a pas l’intention d’entrer en Iraq.  Et s’il en était besoin, ce ne serait pas pour se battre mais pour contrôler une crise de réfugiés qui pourrait avoir lieu et pour répondre à des  problèmes d’insécurité au voisinage de nos frontières. 


M. JENÖ C.A. STAEHELIN (Suisse) a déclaré que c'est avec une grande déception que son pays a dû constater que malgré les efforts visant à désarmer l'Iraq dans le cadre des résolutions 1284 et 1441, une action militaire contre ce pays est intervenue sans autorisation explicite du Conseil de sécurité.  Cependant, au-delà des divergences de vues relatives aux conditions dans lesquelles l'opération des forces coalisées a été lancée, la situation d'urgence qui prévaut actuellement en Iraq requiert aujourd'hui de la communauté internationale un effort de responsabilité et d'unité en vue de rétablir la paix, relever les défis humanitaires, assurer le bien-être et l'avenir du peuple iraquien ainsi que la reconstruction de son pays.  La Suisse appelle en outre les deux parties à respecter les obligations stipulées par les Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels. 


Le principe de distinction entre personnes civiles et combattants revêt une importance particulière.  La Suisse souligne que le droit humanitaire international impose des limites aux méthodes et moyens de conduire les hostilités et que l'usage des armes qui causent des maux superflus est interdit.  Elle exhorte en outre les parties au conflit à s'abstenir de toute utilisation d'armes de destruction massive.  La Suisse soutient fermement l'appel du Secrétaire général aux parties au conflit à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour permettre le retour du personnel humanitaire de l'ONU dans les régions touchées par le conflit.  Enfin, préoccupées par les conséquences directes du conflit armé sur l'approvisionnement des civils, les autorités suisses encouragent le Conseil de sécurité à réactiver sans délai le programme «pétrole contre nourriture».


M. ELFATIH MOHAMED AHMED ERWA (Soudan) a rendu hommage aux membres du Conseil de sécurité qui ont résisté aux tentatives visant à légitimer le recours à la guerre.  Ces efforts louables marqueront  l’histoire comme preuve de la primauté du droit et du refus de la logique de la force, a-t-il ajouté.  Il a réaffirmé le soutien du Soudan à la position de la Ligue des Etats arabes qui condamne l’agression américano-britannique comme violation flagrante de la Charte des Nations Unies, exige le retrait immédiat des forces de la coalition du territoire iraquien et souligne la nécessité de leur faire porter la responsabilité de cette agression et de ses conséquences.  Le représentant a rappelé que le Soudan avait toujours privilégié le règlement pacifique de la crise iraquienne avant de mettre en garde contre une guerre qui se prolongera dans le temps et infligera des souffrances multiples aux populations civiles.  Il a dénoncé le bombardement d’un marché de Bagdad aujourd’hui qui a fait de nombreuses victimes, avant d’appeler le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités pour assurer la souveraineté de l’Iraq et permettre le retour des inspecteurs en désarmement après avoir mis un terme à l’agression. 


M. NGUYEN THANH CHAU (Viet Nam) a déclaré que l’usage de la force contre un Etat souverain, indépendant et Membre des Nations Unies est une violation flagrante de la Charte de l’ONU et des principes fondamentaux du droit international.  Cette agression rend les Nations Unies obsolètes et inefficaces, et crée un précédent extrêmement dangereux dans les relations internationales tout en minant la paix et la stabilité de la région du Moyen-Orient et du reste du monde.  Le Viet Nam pense que cet acte unilatéral et «préventif» ne résoudra rien et ne fera que jeter de l’huile sur le feu de la complexité des questions internationales.  La sécurité du monde n’en sortira pas renforcée mais, bien au contraire, les mésententes et les fossés vont encore davantage se creuser, tandis que la violence et la radicalisation des attitudes s’aggraveront au Moyen-Orient.  Le conflit actuel va, en fait, créer un terreau fertile pour les terroristes internationaux.  La guerre est une sentence de mort pour la paix, et le Viet Nam se joint à la majorité des Etats du monde pour exiger la cessation immédiate des actions militaires lancées contre l’Iraq.  Pour soulager les souffrances du peuple de ce pays déjà durement éprouvé, nous soutenons un redémarrage urgent du programme «pétrole contre nourriture», les Nations Unies devant y jouer un rôle central de coordination des secours et de l’appui à la reconstruction de l’Iraq.  Le Viet Nam est prêt, à cet égard, à prendre activement part aux efforts de la communauté internationale.


M. STAFFORD NEIL (Jamaïque) a profondément regretté qu'une action militaire contre l'Iraq ait été initiée par une coalition transatlantique la semaine dernière.  Il existait en effet une alternative crédible à la guerre, à savoir le désarmement pacifique de l'Iraq par le biais d'un processus d'inspection qui, malheureusement n'a pu être mené à terme.  Les bombardements aériens de Bagdad, les sirènes stridentes et les explosions assourdissantes sont sans aucun doute parvenus à semer la panique en Iraq, en particulier parmi les civils.  Nous craignons qu'il ne s'agisse que d'un début et redoutons les conséquences humanitaires du siège de Bagdad et des combats dans d'autres villes iraquiennes.  Dans ces circonstances, la protection des civils incombe en premier lieu aux belligérants. 


Les Nations Unies doivent, quant à elles, s'assurer que l'aide humanitaire est fournie aux victimes de la guerre et exercer leur pouvoir pour qu'un cessez-le-feu soit conclu afin de mettre un terme au massacre d'Iraqiens innocents.  La Jamaïque estime en effet qu'il n'est jamais trop tard pour la paix.  Nous exhortons par conséquent le Conseil de sécurité à demeurer engagé et à prendre les mesures nécessaires à la cessation des hostilités.  Au-delà de ce qui se passe actuellement en Iraq, nous devons tous faire en sorte que la sagesse des Nations Unies et du Conseil de sécurité ne soit pas érodée par la volonté de quelques-uns.  Le Conseil de sécurité doit demeurer la source de la légitimité de toute action collective et son efficacité ne doit pas être compromise par toute nouvelle doctrine ou politique incompatible avec la Charte des Nations Unies.


M. JAVAD ZARIF (République islamique d’Iran) a estimé que l’action unilatérale contre l’Iraq ne répond à aucune norme de la légimitélégitimité internationale.  De plus, l’objectif avoué de changer le régime en Iraq est une violation flagrante des normes et des principes du droit international de même que le principe de la guerre préventive qui est une négation de la Charte de l’ONU.  La démocratie ne s’exporte pas à l’aide de tanks et les Iraquiens ont montré qu’ils n’acceptent pas une libération qui passerait par une occupation étrangère.  Le monde, les peuples de la région et les Iraquiens n’ont pas oublié que ceux qui veulent maintenant imposer la démocratie en Iraq à coups de missiles sont connus pour avoir appuyé et fait durer des dictatures dans le monde.  L’Iran, par sa position, a déjà reçu non seulement des réfugiés mais aussi des tirs de roquettes et de missiles dont certains ont atteint des centres urbains.  Le représentant a donc exprimé les protestations les plus fermes de son Gouvernement et souligné la nécessité pour les belligérants de prendre des mesures propres à prévenir de tels incidents. 


On finit toujours par payer ses violations du droit international, a poursuivi le représentant en citant en exemple le cas des prisonniers de guerre américains que montraient les chaînes de télévision.  Cet exemple montre que les pays, petits comme grands, bénéficient tous des principes du droit international.  En la matière, la sélectivité n’est pas acceptable et même dangereuse.  Concluant sur la situation humanitaire, le représentant a jugé impératif que le bien-être futur des Iraquiens et la réponse à leurs besoins ne soient pas décidés unilatéralement en dehors des Nations Unies.  Il a donc souscrit aux propositions du Secrétaire général.  Le représentant a enfin appelé le Conseil à honorer ses obligations en appelant au cessez-le-feu et au retrait des troupes étrangères.


M. SUN JOUN-YUNG (République de Corée) a dit regretter que le non-respect par l’Iraq de ses obligations en matière de désarmement ait mené à la situation actuelle.  Au cours des 12 dernières années, l’Iraq a constamment refusé de respecter ses obligations conformément aux résolutions du Conseil de sécurité.  Nous estimons que l’Iraq avait largement le temps de désarmer et qu’il ne doit s’en prendre qu’à lui-même s’il subit aujourd’hui «les graves conséquences» dont il avait été prévenu dans la résolution 1441.  Dans ces circonstances, les actions de la coalition internationale doivent être vues comme des mesures de dernier recours inévitables, prises après que l’on ait épuisé toutes les voies diplomatiques pour trouver une solution pacifique.  Avec le début des hostilités, nous sommes profondément préoccupés par le sort de la population civile iraquienne innocente qui souffre de la détérioration de la situation humanitaire.  Nous soutenons entièrement les efforts déployés par le Secrétaire général pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire par le biais d’ajustements au programme «pétrole contre nourriture», comme cela est envisagé dans sa récente lettre au Conseil de sécurité.


M. HOUSSAM ASSAD DIAB (Liban) a rappelé la position des pays membres de la Ligue arabe le 21 mars dernier au Caire qui ont dénoncé l’agression unilatérale des Etats-Unis et du Royaume-Uni contre l’Iraq qui ne répond à aucun critère moral ou juridique et doit cesser.  Il a salué la position de la majorité des membres du Conseil de sécurité qui, se fondant sur les rapports de la CCVINU et de l’AIEA, ont encouragé la poursuite des inspections en Iraq et refusé le recours à la force qui n’était pas prévu dans la résolution 1441.  Justifier une agression militaire contre l’Iraq par la nécessité de changer de régime à Bagdad constitue une violation flagrante de la Charte des Nations Unies.  Il a ensuite jugé que le droit à la légitime défense n’est pas valable dans le cas présent dans la mesure où la Charte des Nations Unies ne prévoit ce volet que dans le cas d’une agression contre un État Membre.  Par ailleurs, a poursuivi le représentant, les inspecteurs de la CCVINU et de l’AIEA ne sont parvenus à aucune conclusion quant à la possession d’armes de destruction massive par l’Iraq.  Le Liban entend mettre en garde contre les conséquences de cette guerre, qui se font déjà sentir, pour la sécurité et la stabilité de la région.  Il a invité le Conseil de sécurité à être à la hauteur de ses responsabilités et à reprendre en main la question iraquienne en exigeant la fin des hostilités et le respect de la souveraineté de l’Iraq sur son territoire et ses richesses. 


M.………………..ALI HACHANI(Tunisie) a déclaré que le conflit a éclaté contre la volonté de la majorité des Etats Membres, qui souhaitaient une solution pacifique à la question du désarmement de l’Iraq.  La Tunisie, par la voix de son Président, regrette les conséquences désastreuses que va entraîner le conflit actuel sur la stabilité du Moyen-Orient.  La Tunisie demande donc aux parties de mettre fin aux combats actuels et d’épargner à la région de nouvelles souffrances.  Notre pays demande aussi que soit mis fin aux violations dont est victime depuis trop longtemps le peuple palestinien vivant sous occupation.


M. ARNOLDO M. LISTRE (Argentine) a profondément regretté qu’il n’ait pas été possible pendant 12 ans d’obtenir le désarmement pacifique de l’Iraq et que ce dernier n’ait pas voulu faire preuve de la coopération requise.  Il a également regretté qu’un Conseil divisé n’ait pu trouver une solution à la crise.  Il a dit regretter encore davantage le conflit armé et la catastrophe humanitaire qui s’annonce pour le peuple iraquien.  Le recours à la force, a-t-il dit, doit intervenir en dernier recours et être autorisé par le Conseil de sécurité.  Néanmoins, les discussions politiques et juridiques sur la légalité du conflit armé ne peuvent que diviser et éloigner le Conseil de la priorité de l’heure qui est la situation humanitaire du peuple iraquien.  L’action de l’ONU, en particulier celle du Conseil de sécurité doit viser à faciliter les activités des organisations humanitaires.  Le représentant a demandé à toutes les parties de coopérer en vue de cet objectif en soulignant que cela ne préjuge en rien de la légitimité du conflit armé mais vise à apporter la protection nécessaire à la population civile.  Il a donc appuyé les propositions du Secrétariat en vue d’adapter le programme «pétrole contre nourriture».  Si, a-t-il conclu, face aux drames quotidiens de milliers d’Iraquiens innocents, le Conseil est paralysé, l’opinion publique finira par se demander à quoi servent les Nations Unies et ce serait un coup fatal à une Organisation déjà affaiblie aux yeux des peuples du monde.  Le Conseil doit être à la hauteur des responsabilités qui lui ont été confiées.


M. JAGDISH KOONJUL (Maurice) a rappelé que la résolution 1441 traduisait la volonté de la communauté internationale de donner une dernière chance à l’Iraq de procéder et de coopérer à son désarmement.  Si l’Iraq avait respecté cette résolution, nous n’en serions pas arrivés au recours à la force, même si nous considérons que plus de temps aurait pu être accordé aux inspections dans la mesure où elles se poursuivaient à un rythme satisfaisant.  Il a regretté que le Conseil de sécurité n’ait pu trouver de solution consensuelle avant de déplorer les conséquences de la guerre et de demander que celle-ci s’achève au plus vite.  Maurice souhaite en outre que toutes les mesures soient prises pour alléger les souffrances des populations civiles et que le droit international humanitaire soit respecté s’agissant de la protection des prisonniers de guerre.  Il a annoncé la création par son Gouvernement d’un fonds de solidarité avec le peuple iraquien dont les ressources seront allouées par le truchement des Nations Unies. 


M. ALEG IVANOU (Bélarus) a déclaré qu’aujourd’hui, nous assistons à une agression armée contre un Etat Membre souverain des Nations Unies.  Nous regrettons que les efforts de règlement pacifique de la question iraquienne n’aient pas permis d’éviter la crise.  La position de la communauté internationale a été totalement ignorée tout comme l’a été le processus de règlement pacifique de la question.  Nous condamnons l’agression contre l’Iraq et nous nous opposons résolument à toutes tentatives unilatérales d’imposer tout système administratif et de gouvernance aux peuples du monde.  Nous lançons un appel au Conseil de sécurité pour qu’il mette un terme immédiatement à cette agression et prévienne d’autres morts parmi les civils.  Il est important en ce moment critique que l’Organisation examine ses prérogatives en matière de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde et de la primauté du droit.  Le règlement de la question iraquienne ne peut se faire que par des moyens pacifiques.


M. KOICHI HARAGUCHI (Japon) a déclaré que le Conseil de sécurité doit agir de manière unie pour préserver la paix et la sécurité internationales.  Le Japon regrette que le Conseil ait échoué à cet égard en ce qui concerne l’Iraq, qui a violé les résolutions de la communauté internationale depuis 12 ans.  L’Iraq n’a pas saisi les chances qui lui étaient offertes, notamment par les termes de la résolution 1441.  Le Japon espère que les combats qui ont lieu en ce moment s’achèveront le plus rapidement possible en faisant le moins de victimes possibles.  Il est impératif qu’à la fin du conflit, la communauté internationale agisse de concert pour assurer la réhabilitation et la reconstruction de l’Iraq.  Conformément à sa politique, le Japon a décidé de mettre en œuvre des mesures d’aide humanitaire en vue de porter secours aux réfugiés iraquiens et aux pays voisins de l’Iraq affectés par les retombées de la guerre.  Notre pays consacrera 112,53 millions de dollars aux efforts humanitaires en faveur de l’Iraq.  Le Japon a aussi décidé de venir en aide à la Jordanie, à hauteur de 100 millions de dollars, et de verser 4,2   millions de dollars aux réfugiés Palestiniens à travers l’UNRWA.  Nous renforcerons en outre notre dialogue et nos échanges avec le Moyen-Orient, afin de favoriser l’établissement de la paix dans la région.

M. SRGJAN KERIM (ex-République yougoslave de Macédoine) a, à son tour, regretté que le Conseil n’ait pu parvenir à un consensus sur l’Iraq.  Malheureusement, a-t-il ajouté, le régime iraquien n’a pas compris la gravité de la situation.  Si l’Iraq avait fait un effort réel de coopération sur le fond et, surtout en tenant compte de la résolution 1441, il aurait été possible d’éviter la situation actuelle.  Ainsi, l’action de la coalition est conforme aux résolutions pertinentes du Conseil.  L’énergie du Conseil, a jugé le représentant, doit maintenant se concentrer sur l’aspect humanitaire de la crise iraquienne,

ce qui exige le retour de l’unité au sein du Conseil.  Le représentant a appuyé l’adaptation du programme «pétrole contre nourriture» en souscrivant aux propositions du Secrétaire général.  A son tour, il a souligné la nécessité de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iraq et appelé à une levée rapide des sanctions.  En concluant, il a appelé les membres du Conseil à réaliser, de manière consensuelle, les objectifs humanitaires en Iraq.


M. LUIS GUILLERMO GIRALDO (Colombie) a souligné la nécessité de fournir de manière urgente au peuple iraquien l’assistance humanitaire nécessaire.  Il a estimé que le Conseil de sécurité devait éviter que les tergiversations des trois semaines passées n’affectent sa capacité de répondre aux besoins de secours du peuple iraquien.  Il a défendu le droit de ce dernier à bénéficier d’un cadre de développement démocratique et a jugé indispensable que le Conseil de sécurité et les Nations Unies apportent l’aide nécessaire à la reconstruction des infrastructures dans les semaines à venir.  Il a exhorté les membres du Conseil de sécurité à se pencher sur des enjeux réels, au premier rang desquels la poursuite du programme «pétrole contre nourriture», et à adopter rapidement le projet de résolution à l’examen sur la question.  Notre préoccupation est de voir le Conseil de sécurité être à la hauteur de l’éthique de son époque, a dit M. Giraldo, avant de recommander aux Nations Unies de passer des mots aux actes. 


M. GEORGE VOLSKI (Géorgie) a déclaré que l’Iraq avait refusé d’appliquer les résolutions adoptées par le Conseil au cours des 12 dernières années et était en dernier ressort responsable du conflit actuel.  Cependant, le Conseil doit faire face aujourd’hui d’urgence à la crise humanitaire qui menace les populations iraquiennes.  Il est du devoir du Conseil de donner au Secrétaire général les pouvoirs dont il a besoin pour venir rapidement en aide au peuple iraquien.  La Géorgie restera engagée dans la recherche de solutions durables aux questions qui se posent au Moyen-Orient et dans d’autres parties du monde.


M. ALISHER VOHIDOV (Ouzbékistan) a regretté que le non-respect des résolutions du Conseil par l’Iraq ait conduit le monde à la situation actuelle.  Il a espéré que le conflit serait court et ferait un nombre limité de victimes.  Regrettant que le consensus ait été cassé au sein du Conseil, le représentant a voulu que cet état de choses ne cache pas la tâche principale qui est le désarmement biologique, chimique, nucléaire et en missiles de l’Iraq.  Venant à la situation humanitaire, il a lancé un appel au Conseil pour qu’il relance le plus rapidement possible le programme «pétrole contre nourriture».  Les besoins humanitaires du peuple iraquien doivent être satisfaits dans les plus brefs délais, a-t-il dit en appuyant les propositions du Secrétaire général.  En conclusion, le représentant  a appelé de ses voeux le retour de l’unité au sein du Conseil.


M. GINTS JEGERMANIS (Lettonie) a déploré que la situation ait évolué très rapidement depuis la dernière réunion publique du Conseil de sécurité au cours de laquelle les pays non-membres avaient pris la parole.  Il a regretté que Saddam Hussein soit parvenu à polariser la communauté internationale et à la paralyser dans la recherche d’une solution pacifique à la crise du désarmement.  Il a jugé que le régime iraquien était pleinement responsable de la situation en cours avant de lancer un appel à la communauté internationale pour qu’elle réponde aux besoins humanitaires du peuple iraquien.  M. Jegermanis a exhorté le Conseil de sécurité à s’unir pour agir, à rétablir le programme «pétrole contre nourriture» et à appuyer une pleine orientation démocratique en Iraq.


M. EDUARDO SEVILLA SOMOZA (Nicaragua) a déclaré que le Nicaragua a soutenu toutes les résolutions visant le désarmement pacifique de l’Iraq qui, malheureusement, a défié la volonté collective de la communauté internationale.  Après les divisions qui sont apparues au sein du Conseil, il est maintenant temps qu’il retrouve son unité en vue de porter assistance au peuple iraquien victime du régime de Bagdad.  Nous devons actualiser le programme «pétrole contre nourriture» et donner au Secrétaire général les pouvoirs dont il a besoin sur cette question.


M. PETER KOLBY (Norvège) a estimé qu’aujourd’hui la tâche la plus importante est d’assurer la protection des civils et d’alléger leurs souffrances.  Alors que la guerre se déroule, la communauté internationale doit être prête à répondre aux besoins humanitaires du peuple iraquien et la Norvège entend jouer un rôle actif en la matière.  Le pays, a dit le représentant, poursuivra son dialogue avec les Nations Unies, les institutions spécialisées et les sociétés de la Croix-Rouge.  La Norvège envisage également une assistance à la reconstruction des infrastructures.  Des ressources considérables existent au sein du programme «pétrole contre nourriture», a indiqué le représentant en demandant la reprise du Programme qui doit pouvoir répondre aux besoins humanitaires et en reconstruction.  Le Conseil doit prendre une décision rapide en la matière et il est important que l’assistance internationale globale soit menée par l’ONU.  Si le Conseil doit jouer son rôle de garant de la paix et de la sécurité internationales, il est indispensable qu’il retrouve son unité.  Voilà la leçon qu’il faut tirer des évènements actuels, a conclu le représentant.


M. MOHAMED BENNOUNA (Maroc) a déclaré que le temps est aux pleurs et aux larmes et non plus aux longs discours face à la guerre en Iraq.  La guerre fait rage dans une des régions les plus chargées d’histoire et les plus sensibles du globe, a-t-il dit, avant de mettre en garde contre les conséquences de cette guerre sur un Moyen-Orient déjà affecté par le conflit israélo-palestinien.  La guerre n’est plus une affaire de rapports d’experts, a-t-il dit; ce n’est non plus de la littérature, ni une référence à telle ou telle disposition juridique.  La guerre est bien une réalité qui nous fait douter de nos valeurs et de notre humanisme, a déclaré le représentant.  Réaffirmant que la force doit constituer le dernier recours, il a condamné le recours unilatéral à la force au détriment de la notion de sécurité collective qui est le meilleur garant contre le retour des démons de l’expansionnisme et de la domination. 


En tant que pays arabe et pays membre du Mouvement des non-alignés, le Maroc a clairement exprimé sa position par rapport à la perspective de guerre en Iraq, a rappelé le représentant.  Il a regretté que le Conseil de sécurité n’ait pu permettre aux inspecteurs d’aller au terme de leur travail en Iraq et ait assisté au retrait des équipes de la CCVINU et de l’AIEA avant le déclenchement de la guerre.  Il nous appartient à tous, les puissants et les autres, à ne pas nous résoudre à la fatalité de la mort et de la destruction d’une terre où Dieu a appelé les hommes à faire prévaloir l’esprit sur l’instinct et la passion, d’une terre où la civilisation tire ses racines, a plaidé M. Bennouna.  Rappelant ensuite le droit inaliénable de l’Iraq à disposer de ses ressources et à définir son mode de gouvernement, le représentant du Maroc a lancé un appel à la solidarité de la communauté internationale pour venir en aide au peuple iraquien en détresse. 


M. AGIM NASHO (Albanie) a déclaré que le régime iraquien était responsable de la situation actuelle et devrait, de l’avis de son Gouvernement, immédiatement démissionner pour laisser le peuple d’Iraq choisir son destin.  Notre délégation soutient les propositions faites par le Secrétaire général pour faire redémarrer, sur des bases améliorées et adaptées aux circonstances actuelles, le programme «pétrole contre nourriture».  L’Albanie, qui est membre de la «coalition des volontaires» oeuvrera auprès des Etats-Unis et du Royaume-Uni afin d’assurer la reconstruction de l’Iraq et son retour dans la famille des nations.


M. MILOS ALCALAY (Venezuela) a estimé que la situation actuelle est telle que chacun d’entre nous doit assumer dans l’urgence sa propre responsabilité face à la situation en Iraq.  Devant la peur et la frustration, il faut trouver des solutions donnant espoir aux peuples du monde qui rejettent le recours à la force contre l’Iraq.  Ces peuples attendent que le Conseil adopte les décisions propres à surmonter le conflit actuel.  Ces décisions doivent se fonder sur l’unité et le respect des principes des Nations Unies.  Aujourd’hui, nous devons examiner de manière particulière l’aide humanitaire qui est une conséquence de la guerre.  Il est encore temps d’éviter des maux plus importants et le Conseil a encore un espace pour réaliser la paix.  Pour ce faire, il doit assumer ses responsabilités de garant de la paix et de la sécurité internationales.  Ses efforts doivent s’orienter vers un cessez-le-feu immmédiat et il s’agit là de la meilleure aide humanitaire qu’il serait possible d’apporter aujourd’hui.  Le Conseil doit réaffirmer son respect du droit international, faire respecter ses propres décisions, et adopter des décisions qui facilitent une aide humanitaire d’urgence.


M. THORSTEINN INGOLFSSON (Islande) a regretté que l’Iraq soit confronté à une guerre qui n’aurait pas eu lieu si le régime de Bagdad avait coopéré activement et pleinement à la mise en œuvre de la résolution 1441.  Il a lancé un appel à l’ensemble de la communauté internationale pour permettre au peuple iraquien de s’élever dans la prospérité, la démocratie et la dignité.  M. Ingolfsson a invité à cet égard les membres du Conseil de sécurité à agir de manière unie et en concertation pour répondre aux besoins humanitaires et de reconstruction de l’Iraq. 


M. ALOUNKEO KITTIKHOUN (République démocratique populaire lao) a déclaré que l’Iraq était victime d’un acte d’agression injustifié et non mandaté par l’ONU qui constitue une sérieuse violation de la Charte de l’Organisation et du droit international.  Notre pays a lancé le 20 mars dernier un appel à un arrêt immédiat de l’attaque armée que subit l’Iraq, afin d’épargner les vies iraquiennes innocentes.  Nous continuons à croire qu’une solution pacifique reste possible dans le cadre de l’ONU.  Contrairement à la guerre rapide dont certains parlaient, il apparaît que la communauté internationale va faire face à un conflit prolongé qui fait planer le spectre d’une crise humanitaire majeure.  La communauté internationale doit donc lancer une action urgente, afin de mettre immédiatement fin à une guerre qui a déjà fait trop de victimes parmi le peuple iraquien durement éprouvé.


M. BAATAR CHOISUREN (Mongolie) a rappelé que depuis de nombreuses années, la Mongolie n’a cessé de condamner la politique agressive du Président Saddam Hussein.  La communauté internationale, a—t-il ajouté,  a déployé des efforts considérables pour régler la question iraquienne de façon pacifique sans pour autant que le régime iraquien ne soit incité à s’acquitter de ses obligations.  Si tel avait été le cas, le recours à la force n’aurait pas été nécessaire.  C’est donc ce régime qui doit assumer la pleine responsabilité de la situation actuelle.  Le représentant s’est aussi attardé sur la nécessité de répondre aux besoins humanitaires du peuple iraquien.  La communauté internationale doit trouver les moyens de reprendre ce Programme.  Il est évident que des ressources importantes seront nécessaires à cette fin, a reconnu le représentant en soulignant, une nouvelle fois, l’urgence de la tâche.  Le Conseil, a-t-il dit, doit donner au Secrétaire général un mandat adéquat assorti de l’autorité et de la souplesse nécessaires.


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a regretté les divisions apparues au sein du Conseil de sécurité concernant les mesures à prendre pour faire appliquer la résolution 1441 mais a expliqué que le Guatemala n’avait pas souhaité contribuer davantage à la polarisation des Etats Membres sur ces questions.  Il a rappelé que sa délégation avait souhaité jusqu’au bout ´qu’une solution consensuelle soit adoptée par le Conseil de sécurité sur la voie à suivre pour régler la question du désarmement de l’Iraq.  M. Rosenthal a exprimé sa préoccupation face à la situation humanitaire apparue en Iraq et dans les pays voisins et a demandé la poursuite du programme «pétrole contre nourriture».  Il a invité les parties au conflit à respecter et protéger les populations civiles et a jugé que les autorités ayant contrôle sur les territoires où se trouvent ces populations avaient la responsabilité de les protéger.  Il a souhaité que la population iraquienne puisse prendre en main son propre destin et que la souveraineté de l’Iraq ne soit pas affectée. A cet égard, il a invité les agences des Nations Unies à prendre les mesures nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires et de reconstruction.  Malgré les tensions de ces dernières semaines, il a fait part de sa confiance dans la capacité des membres du Conseil de sécurité à surmonter leurs divisions et les a invités à rétablir leur unité et leur cohésion. 


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