11/03/2003
Communiqué de presse
CS/2458



Conseil de sécurité

4717e séance – après-midi


LE MOUVEMENT DES PAYS NON ALIGNES INVITE LE CONSEIL DE SECURITE

A PRIVILEGIER LA POURSUITE DES INSPECTIONS EN IRAQ


Quatre jours après la présentation par MM. Blix et El Baradei de leurs rapports devant le Conseil de sécurité, qui a donné lieu à un débat contradictoire entre les Ministres des affaires étrangères des Etats membres concernant les mesures à prendre à court terme pour mettre fin à la crise iraquienne, le Mouvement des pays non-alignés* a réaffirmé cet après-midi son ferme attachement à la poursuite des inspections en Iraq par les équipes de la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations Unies (CCVINU) et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  A son récent Sommet, qui s’est tenu à Kuala Lumpur, en Malaisie, les 24 et 25 février dernier, le Mouvement des pays non alignés s’est inquiété de la détérioration du climat international à la suite des divergences de vues sur la gestion de la crise iraquienne et des menaces de recours à la guerre, a déclaré le représentant de la Malaisie qui intervenait devant le Conseil de sécurité au nom des 115 Etats membres du Mouvement.  En effet, a-t-il poursuivi, les non-alignés sont préoccupés par le risque de voir la crédibilité et l’intégrité du Conseil de sécurité et des Nations Unies menacées et foulées aux pieds par certains Etats. 


Une date butoir fixée par le Conseil de sécurité serait contre-productive et contraire à la résolution 1441, a fait valoir pour sa part le représentant de l’Afrique du Sud, s’opposant à toute perspective de recours à la guerre.  Rappelant la position exprimée lors du Sommet de Charm el-Cheikh le 1er mars dernier par la Ligue des Etats arabes, son représentant s’est interrogé sur la réalité de la menace que fait peser aujourd’hui l’Iraq sur la sécurité internationale alors que les rapports d’inspections admettent que Bagdad coopère et que les inspections progressent.  S’interrogeant également sur les motivations exactes de ceux qui souhaitent recourir à la force sans permettre aux inspections de fournir davantage de résultats, il a déclaré que la mise en place de gouvernements et les changements de régime ne peuvent être décidés que par les peuples concernés et en aucun cas imposés par la guerre.  A son tour, le représentant de l’Iraq a mis en doute les réelles motivations des Etats-Unis et du Royaume-Uni quant à la mise en œuvre de la résolution 1441.  Mettant en avant les mesures prises par son pays en application de la résolution 1441, notamment la déclaration unilatérale de son programme de missiles Al Samoud 2, en cours de destruction, il a dénoncé le fait que les services de renseignements américains aient fourni un document falsifié pour prouver que l’Iraq avait importé de l’uranium d’un pays africain. 


MM. Blix et El Baradei ont admis, le 7 mars, que l’Iraq coopérait maintenant de manière proactive avec les inspecteurs en désarmement et demandé un délai supplémentaire –de quelques mois- pour mener à bien le processus d’inspections, ont indiqué ensuite de nombreuses délégations.  A l’instar de l’Inde, elles ont invité le Conseil de sécurité à faire suite à cette demande tout en définissant clairement un échéancier et des objectifs clairs à atteindre dans les prochaines semaines par les équipes de la CCVINU et de l’AIEA. 


Toutefois, la poursuite des inspections suppose la coopération pleine et entière de l’Iraq, ont admis la majorité des intervenants, le Canada proposant de limiter à trois semaines le délai imparti à l’Iraq pour vérifier qu’il coopère sur le fond et sur la forme à son désarmement tout en plaidant pour que le Conseil de sécurité épuise toutes les voies pacifiques avant de recourir à la guerre.  Le représentant du Canada a cependant jugé que le Conseil de sécurité devait s’engager dès à présent à adopter un texte autorisant les Etats membres à prendre toutes les mesures nécessaires si, sur la base des rapports des inspecteurs, la non-coopération de l’Iraq était établie et, ce, afin de ne pas relâcher la pression sur Bagdad. 


La destruction des missiles Al Samoud 2 ne constitue pas une preuve suffisante pour relâcher la pression sur l’Iraq, a déclaré de son côté le représentant de l’Australie qui a fait valoir que sans la coopération de l’Iraq les réponses aux nombreuses questions en suspens demeureront difficiles à trouver.  Donner plus de temps ou de moyens aux inspecteurs ne mènera à rien sans une véritable coopération de la part de l’Iraq, a-t-il insisté, jugeant ensuite que dans la mesure où Bagdad n’a pas saisi la dernière chance que lui offrait la résolution 1441, le Conseil de sécurité doit, dans une nouvelle résolution, lui adresser un message clair sur la nécessité de désarmer.  Pour l’Albanie, le deuxième projet de résolution que souhaitent présenter les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Espagne a le mérite de redéfinir avec clarté et fermeté la détermination de la communauté internationale à préserver la paix et la sécurité dans le monde en procédant au désarmement de l’Iraq par le recours à la force, a déclaré son représentant. 


Son homologue de Singapour a déclaré que, compte tenu du temps limité qui reste à l’Iraq avant de faire face aux «conséquences graves», le régime de Bagdad devrait coopérer immédiatement, activement, pleinement et inconditionnellement avec les inspecteurs en désarmement de l’ONU.  Une position unie du Conseil de sécurité constituerait un message clair à l’Iraq et au reste du monde sur le caractère intolérable du non-respect des résolutions de l’ONU et de la prolifération des armes de destruction massive, a-t-il ajouté.  A son tour, le représentant de la Turquie a estimé que seules les résistances de l’Iraq sont la cause des difficultés que rencontre en ce moment le Conseil de sécurité.  La Turquie, qui plaide pour une solution pacifique à la crise iraquienne, a l’obligation de prendre certaines mesures de précaution en vue de limiter les risques que font peser sur elle la menace d’un conflit en Iraq, a dit ensuite le représentant, assurant que la Turquie n’avait aucunement l’intention de faire payer cher sa collaboration au conflit qui se profile mais que son attitude relevait de choix clairs. 


Outre les délégations déjà citées, les représentants des pays suivants se sont exprimés au cours du débat: Koweït, Algérie, Egypte, Jamahiriya arabe libyenne, République islamique d’Iran, Suisse, Norvège, Brésil, Colombie, Nouvelle-Zélande, Cuba, Islande, République de Corée, République démocratique populaire lao, Indonésie, Viet Nam, Liban et Bélarus.  L’Observateur de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) a également pris la parole. 


* S/2003/283


LA SITUATION ENTRE L’IRAQ ET LE KOWEIT


Déclarations


M. MOHAMMED ALDOURI (Iraq) a axé son intervention sur les déclarations faites par les Etats-Unis et le Royaume-Uni la semaine dernière devant le Conseil de sécurité qu’il a qualifiées de mensongères et d’inexactes.  Il a précisé que l’Iraq avait coopéré avec l’UNSCOM pendant huit ans et que 95% des activités de désarmement ont été finalisées entre 1991 et 1994 alors que la coopération s’est poursuivie jusqu’en 1998.  Il a cité notamment M. Scott Ritter, ancien inspecteur américain de l’UNSCOM, qui a affirmé que l’Iraq ne possédait plus d’armes de destruction massive.  Aujourd’hui, a-t-il dit, MM. Blix et El Baradei ont indiqué à leur tour, le 7 mars, que l’Iraq coopérait avec les inspecteurs et qu’il n’y avait plus d’obstacles aux inspections puisque les équipes ont accès à tous les sites.  Est-ce que les inspecteurs ont découvert des armes de destruction massive? a-t-il demandé ensuite, avant de rappeler que MM. Blix et El Baradei avaient admis qu’ils n’avaient trouvé ni armes de destruction massive ni programme nucléaire.  L’Iraq a déclaré unilatéralement son programme de missiles et détruit actuellement ses missiles Al Samoud 2, a-t-il fait remarquer avant de dénoncer les manœuvres des Etats-Unis et du Royaume-Uni qui ont présenté des documents falsifiés.  Un des documents fournis par les services de renseignements américains et prouvant que l’Iraq avait importé de l’uranium d’un pays africain s’est avéré être un faux, a déclaré M. Aldouri.


Par ailleurs, a-t-il poursuivi, les allégations de M. Powell le 5 février, ne correspondaient pas aux résultats des inspections auxquelles procèdent MM. Blix et El Baradei depuis près de quatre mois.  Y aurait-il des lacunes dans le travail et dans les moyens à disposition des inspecteurs, a-t-il demandé?  Les inspecteurs disposent de radars, d’aéronefs, de sonars, de détecteurs de vibrations et ont accès à des moyens technologiques très perfectionnés pour accomplir leurs tâches et l’Iraq ne peut en aucun cas interférer dans ce travail.  Cependant, a-t-il dit, le fait que l’Iraq ait accepté la résolution 1441 et ait mis en œuvre toutes ses dispositions a privé les Etats-Unis et le Royaume-Uni d’un motif pour déclarer la guerre et ils ont cherché par conséquent à émettre des doutes sur le lien avec le terrorisme, la menace sur les pays voisins, avant de plaider ouvertement pour un désarmement par la force.  S’agissant du document présenté par la CCVINU à la dernière réunion du Conseil de sécurité portant sur les questions de désarmement en suspens, M. Aldouri a rappelé que M. Blix avait lui-même déclaré que ce document ne fournit aucune preuve selon laquelle l’Iraq dispose de programmes d’armes de destruction massive mais contient une série de questions auxquelles aura à répondre l’Iraq dans les prochaines semaines.  L’Iraq a demandé depuis quelques temps à la CCVINU de lui soumettre un tel document et est prêt à prendre connaissance des questions en suspens et à y répondre dans les temps, a-t-il dit. 


Convaincu que l’objectif des Etats-Unis et du Royaume-Uni n’est pas de procéder au désarmement de l’Iraq, qui a déjà été réalisé en grande partie, il a souligné qu’ils ont en réalité l’intention de contrôler la région et de mettre la main sur le pétrole iraquien et de revoir les frontières pour assurer une colonisation durable de la région.  L’Iraq a pris la décision stratégique de se débarrasser de ses armes de destruction massive, a-t-il réaffirmé, avant d’assurer que son pays est disposé à coopérer pleinement et de manière constructive avec les inspecteurs pour parvenir à un désarmement total et à la levée des sanctions. 


M. MOHAMMAD A. ABULHASAN (Koweït) a noté que le Conseil de sécurité tenait ainsi sa troisième séance publique en quelques semaines en réponse à une demande du Mouvement des non-alignés: pour lui, ceci montre que le Conseil est soucieux de la transparence de ses travaux et d'associer les Etats Membres à sa prise de décisions.  Il a ensuite dénoncé la politique intransigeante du Gouvernement iraquien qui a manqué à ses obligations contenues dans les résolutions pertinentes du Conseil, ce qui, selon lui, a suscité les tensions dans la communauté internationale.  Pour le représentant, seul le Gouvernement iraquien porte la responsabilité des souffrances du peuple iraquien.  Le Koweït appuie pleinement les efforts qui sont faits pour aboutir à un règlement pacifique de la question du désarmement iraquien.  Il a souligné à cet égard que les pays non alignés, les chefs des Etats de la Ligue arabe et l’Organisation de la Conférence islamique n'avaient pas seulement plaidé pour ce règlement pacifique mais également appelé l'Iraq à coopérer immédiatement et sans réserve avec les inspecteurs en désarmement, conformément à la résolution 1441.


Le représentant a émis l’espoir que le Gouvernement iraquien profitera de l'occasion qui lui est actuellement donnée par le Conseil de sécurité, celle d’un délai supplémentaire, pour faire la preuve de la destruction de ses armes de destruction massive.  Il a souhaité que l'usage de la force soit évité mais estimé que seul le Gouvernement iraquien peut éviter aux peuples de la région les retombées négatives d'une action militaire, en changeant  d’attitude au plus vite et en coopérant activement au lieu de faire semblant.  Il est également, selon lui, essentiel de préserver l'unité du Conseil de sécurité, élément clef pour la mise en œuvre des résolutions du Conseil.  Cette unité, appuyée par la détermination concrète, est le message qui doit être adressé clairement aux dirigeants iraquiens.  Par ailleurs, pour le représentant, les obligations imposées au Gouvernement iraquien par le Conseil de sécurité ne s'arrêtent pas à la destruction des armes de destruction massive mais concernent aussi d'autres questions en suspens avec le Koweït, notamment la question des prisonniers de guerre et disparus ou celle de la restitution des avoirs et archives koweïtiens.  A cet égard, a fait remarquer M. Abulhasan, nous n'avons pas, lors des réunions communes, constaté la volonté iraquienne de coopérer pleinement.  Il ne s'agissait que de coopération superficielle et procédurale, a-t-il insisté, jugeant que l'Iraq avait ignoré ses obligations.


M. YAHYA ZAINUDDIN (Malaisie) a déclaré, au nom du groupe des Etats membres du Mouvement des non-alignés, que les 116 Etats de ce Mouvement, qui représentent aussi les deux tiers de l’humanité, ont demandé un débat public sur la question de l’Iraq.  Le XIIIe sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement des pays non alignés, qui a eu lieu à Kuala Lumpur les 24 et 25 février derniers, a été un succès indéniable, a dit M. Zainuddin.  Le Mouvement des non-alignés représente les espoirs d’un monde pacifique, juste et prospère.  Cette vision du monde peut être mieux servie par un système multilatéral fort, fondé sur une Organisation des Nations Unies représentative de tous les peuples et démocratique, et non dominée par une seule superpuissance, quand bien même celle-ci se déclarerait bénigne et magnanime.  Le Sommet de Kuala Lumpur a adopté une déclaration qui réaffirme l’importance de relations internationales fondées sur les principes de la Conférence de Bandung et sur la Charte des Nations Unies.  Le Sommet a aussi adopté deux déclarations concernant respectivement l’Iraq et la Palestine.  M. Mahathir Mohammed, Premier Ministre de la Malaisie, a écrit le 3 mars dernier, en tant que Président des non-alignés, à tous les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres du Conseil de sécurité.


Il a stipulé que les non-alignés sont préoccupés par la détérioration du climat international, liée à la dégradation de la situation concernant l’Iraq et aux menaces de guerre.  Les non-alignés ont réitéré leur attachement aux principes fondamentaux du non-usage de la force et du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats, ainsi qu’à ceux du respect de leur indépendance politique et de leur sécurité nationale.  Nous pensons que triste sera le jour où la crédibilité et l’intégrité du Conseil de sécurité et des Nations Unies seront menacées et foulées aux pieds par certains Etats.  Nous nous félicitons de la décision de l’Iraq de coopérer activement au processus d’inspections mené par l’ONU conformément à la résolution 1441.  Nous lançons un appel à l’Iraq pour qu’il continue de respecter les engagements relatifs à cette résolution.  Nous tenons à souligner que le processus actuel de désarmement n’est pas une fin en soi, mais doit constituer un pas vers la levée des sanctions imposées à l’Iraq conformément à la résolution 687 du Conseil.  Nous pensons que la résolution pacifique de la crise iraquienne doit mener le Conseil à garantir la souveraineté de ce pays et l’inviolabilité de son intégrité territoriale.  Le Conseil doit aussi garantir la sécurité de l’Iraq, son indépendance politique et, en vertu des termes de sa résolution 687, doit aussi veiller à faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes de destruction massive, Israël devant aussi se plier à cet impératif.


La Malaisie prend note des conclusions de MM. Hans Blix et El Baradei, qui ont dit que rien ne prouve à l’heure actuelle l’existence d’armes chimiques ou biologiques en Iraq, ni celle de soit-disant «laboratoires mobiles de production».  M. El Baradei a d’autre part clairement prouvé que les accusations relatives à l’importation par l’Iraq d’uranium en provenance du Niger sont sans fondement.  Porter des accusations mensongères devant le Conseil de sécurité nous inquiète, et est totalement irresponsable.  Le Conseil doit œuvrer en faveur d’une solution pacifique à la crise actuelle.  Le Moyen-Orient n’a que trop souffert.  L‘agression israélienne et les souffrances du peuple palestinien ne peuvent nous faire accepter d’autres souffrances pour cette partie du monde déjà fortement affectée.  L’histoire montre combien il est facile de déclencher une guerre, mais si difficile d’y mettre fin et de ramener la paix.


M. DUMISANI S. KUMALO (Afrique du Sud) a estimé qu’une guerre en Iraq aurait de graves conséquences politiques, socioéconomiques et humanitaires pour le monde entier.  Il a rappelé que les fondateurs des Nations Unies étaient motivés par le souci de régler pacifiquement les conflits internationaux et par le biais d’une démarche collective.  Il a souligné que la guerre met toujours en danger la vie de civils innocents dont les voix sont rarement entendues et ne peut être un moyen de réaliser des objectifs en contradiction avec la Charte des Nations Unies.  Dans ce contexte, il a exhorté le Conseil de sécurité à garantir l’intégrité et la souveraineté de tout Membre des Nations Unies et à rester sensible à la diversité culturelle, ethnique ou religieuse. 


Pour nous, a par ailleurs insisté M. Kumalo, la question fondamentale est le désarmement de l’Iraq et la résolution 1441 qui prévoit le désarmement par les inspecteurs n’est pas une déclaration de guerre.  Il a déclaré que l’utilisation de la force n’est pas le meilleur moyen de mettre en place une démocratie ou de promouvoir les droits de l’homme, dans quelque pays que ce soit.  Il a également réitéré sa totale confiance aux travaux de MM. Blix et El Baradei et s’est dit favorable au programme de travail et calendrier proposés par M. Blix.  Il a estimé que toute date-butoir qui serait imposée par le Conseil de sécurité serait en contradiction avec les résolutions 1284 et 1441 et a conclu qu’une nouvelle résolution n’était pas nécessaire tant que toutes les opportunités offertes par les résolutions 1284 et 1441 n’avaient pas été exploitées. 


M. YAHYA MAHMASSANI, Observateur de la Ligue des Etats arabes, a rappelé la position du Sommet de la Ligue arabe, qui s’est tenu le 1er mars à Charm el-Cheikh, qui a rejeté toute attaque contre l’Iraq, réaffirmé la souveraineté territoriale de ce pays et considéré que toute agression contre l’Iraq serait une attaque contre l’ensemble des pays arabes.  L’Iraq doit coopérer pour régler les problèmes en suspens avec le Koweït, souligne également la position de la Ligue arabe, a dit M. Mahmassani, et elle invite l’Iraq à continuer de coopérer pleinement avec les équipes d’inspections de la CCVINU et de l’AIEA.  Enfin, a-t-il ajouté, la Ligue arabe demande également au Conseil de sécurité de donner plus de temps à MM. Blix et El Baradei qui ont indiqué clairement dans leurs rapports des 28 février et 7 mars que des progrès avaient été enregistrés et qu’une coopération volontaire de l’Iraq était maintenant effective.  Citant M. Blix, l’Observateur de la Ligue arabe a rappelé que les inspecteurs n’avaient pu établir l’existence d’aucun programme d’armes de destruction massive et que la destruction des missiles Al Samoud 2 était une preuve claire du désarmement volontaire de l’Iraq. 


Quelle est la menace que représente l’Iraq à un moment où ce pays coopère et où les inspections progressent? a-t-il demandé, s’interrogeant sur les objectifs cachés de la stratégie de certains pays.  La mise en place de gouvernements et les changements de régimes ne peuvent être décidés que par les peuples, a-t-il mis en garde.  M. Mahmassani s’est interrogé sur la politique de deux poids deux mesures qui entend attaquer l’Iraq quand Israël menace les Etats arabes avec ses armes de destruction massive, ses armes chimiques et biologiques et rejette les résolutions du Conseil de sécurité qui lui demandent de placer ses installations nucléaires sous le contrôle de l’AIEA.  L’Observateur de la Ligue des Etats arabes a rappelé que les inspecteurs avaient demandé quelques mois de plus pour finaliser leurs inspections, quelques mois de plus pour éviter une guerre qui risque de déstabiliser toute la région et le monde entier.  La guerre visant l’Iraq entraînera l’humanité vers une perte de ses valeurs et dans le chaos, a mis en garde M. Mahmassani. 


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a déclaré qu’au moment où le doute taraude certains de ses membres non permanents, soumis à une pression insoutenable, le Conseil de sécurité doit entendre tous les Etats Membres de l’ONU, ainsi que les organisations régionales et les autres regroupements qui se sont prononcés au cours de ces dernières semaines sur la question de l’Iraq.  L’Union africaine, l’Union européenne, le Mouvement des non-alignés, la Ligue des Etats arabes, et l’Organisation de la Conférence islamique se sont prononcés pour un règlement pacifique de la crise et pour le respect de la primauté du rôle des Nations Unies et de la légalité internationale.  Le Conseil ne peut, d’un revers de main, rejeter les rapports des missions d’inspection qu’il a lui-même créées, mises en place, et instruites pour la mise en œuvre de ses résolutions.  MM. Blix et El Baradei demandent quelques mois supplémentaires pour achever leurs travaux et aboutir au désarmement pacifique de l’Iraq.  Des démentis clairs ont été apportés par MM. Blix et El Baradei concernant les accusations et les allégations portées contre l’Iraq, et ils ont conforté notre conviction que seule une inspection impartiale échappant aux jeux des puissances peut établir de manière indubitable les faits et conduire, dans la clarté et le respect du droit, au désarmement de l’Iraq.


L’Iraq doit, pour sa part, faire des efforts et convaincre les inspecteurs qu’il a bien éliminé les armes de destruction massive dont il a disposé dans le passé.  Les inspecteurs doivent disposer de plus de ressources humaines et matérielles et compter sur une coopération accrue de la part des autorités iraquiennes.  Les menaces d’un conflit armé, qui se font plus pressantes, font craindre le pire.  Tout doit être entrepris pour éviter le recours à la force.  L’Algérie appelle de tous ses vœux un règlement pacifique de la crise et le respect par tous de la légalité internationale.  Elle soutient sans réserve tous les efforts visant à parvenir au désarmement de l’Iraq dans la paix à travers une inspection sans doute renforcée, des objectifs ciblés, un calendrier précis, et l’établissement, par le chef de la CCVINU, des tâches de désarmement qui restent à accomplir.  La crédibilité et l’autorité du Conseil doivent être sauvegardées et confortées.  Elles le seront encore plus s’il s’emploie, avec la même détermination et rigueur, à veiller au respect, partout et en toutes circonstances, de ses résolutions, notamment dans cette partie du monde, où Israël, agresseur en série de ses voisins, foule aux pieds la légalité internationale, amasse en toute quiétude et impunité les armes de destruction massive les plus meurtrières, et menace constamment de ses foudres les Etats de la région.


M.   AHMED ABOUL GHEIT(Egypte) a noté que pour la troisième fois en quelques semaines le Conseil de sécurité se penche sur la situation de l'Iraq, mettant ainsi en exergue la gravité de cette question qui peut avoir des répercussions imprévisibles pour la communauté internationale.  Faisant référence aux rapports de MM. Blix et El Baradei, le représentant a estimé qu'ils contenaient des éléments montrant des progrès dans la destruction des armes de destruction massive: d'où la nécessité, selon lui, de donner davantage de temps aux inspecteurs en désarmement, afin qu'ils puissent achever leur mission en Iraq.  L'AIEA n'a pas conclu que l'Iraq avait ranimé son programme nucléaire, a-t-il rappelé.  Par ailleurs, a poursuivi M. Aboul Gheit, la façon dont le Conseil de sécurité traite de cette question est vitale et aura de profondes répercussions sur les relations internationales pendant des décennies.  Aussi, a-t-il prié les membres du Conseil de s'engager en faveur de la Charte de l'ONU afin d'éviter une guerre qui aurait des répercussions profondes pour tous.

Le Sommet arabe en Egypte a rejeté l'idée qu'on puisse menacer l'intégrité et la sécurité de tout Etat arabe; il a demandé suffisamment de temps pour que les inspecteurs puissent achever leur mission en Iraq; enfin, le Sommet a rappelé la responsabilité du Conseil de sécurité pour que l'on évite de frapper l'Iraq et son peuple.  Le Moyen-Orient doit, de l’avis de la délégation égyptienne, atteindre l'objectif de paix et de sécurité et doit donner à ses populations des possibilités de croissance politique et économique.  La très grave situation en Palestine n'est pas de nature à encourager le développement, a-t-il souligné en se déclarant favorable à une paix juste et globale dans cette région sensible.  Toutes les conditions doivent être réunies à cet effet: droit à l'autodétermination, élimination des armes de destruction massive et respect de la Charte des Nations Unies.  Par conséquent, le représentant a demandé à la communauté internationale d’accorder suffisamment de temps aux inspections pour éviter une guerre qui aurait de graves conséquences.  Il est de notre devoir à tous de tout faire pour l'éviter et pour sauver des vies, ainsi que pour sauver les principes édifiés sur les ruines de la Seconde guerre mondiale, a rappelé M. Aboul Gheit.


M. VIJAY K. NAMBIAR (Inde) a déclaré que les rapports présentés le 7 mars par MM. Blix et El Baradei avaient clairement établi la réalité des progrès dans le processus d’inspections en Iraq.  Il s’est inquiété de la phase critique dans laquelle se retrouve le Conseil de sécurité aujourd’hui, forcé de poser des choix, et a rappelé que l’objectif devait demeurer le désarmement de l’Iraq par des moyens pacifiques.  Pour ce faire, a-t-il dit, l’Iraq doit coopérer activement et respecter le processus d’inspections jusqu’à son terme sur la base de la résolution 1441 tandis que le Conseil de sécurité doit demeurer uni et conserver un esprit collectif pour affirmer son autorité.


Le représentant a proposé au Conseil de sécurité de donner davantage de temps aux inspections et d’assortir ce calendrier d’échéances et d’objectifs clairs pour éviter de payer le prix humain et matériel qu’entraînerait une guerre dans la région.  Le Conseil de sécurité ne doit pas perdre de vue le fait que les Iraquiens seront les premiers à souffrir d’une guerre et il a le devoir de garantir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iraq.  M. Nambiar a également mis en garde contre des atteintes qui pourraient être portées aux intérêts d’autres pays présents dans la région.  Il a invité le Conseil de sécurité à tenir compte des réalités auxquelles devraient faire face les autres Etats de la région.


M. AHMED OWN .(Jamahiriya arabe libyenne) a déclaré que la communauté internationale dans sa grande majorité rejette la manipulation que l’on voudrait imposer au Conseil de sécurité pour justifier une guerre contre l’Iraq.  Les grandes organisations régionales et politiques, dont l’Union africaine, la Ligue des Etats arabes, et l’Union européenne, ont clairement rejeté les bruits de bottes qui se font jour autour de l’Iraq, traduisant ainsi le sentiment de l’opinion publique mondiale.  Les inspecteurs, dirigés par MM. Blix et El Baradei, ont clairement dit pour leur part que le processus d’inspections en Iraq donne des résultats probants.  Malgré cela, certains Etats, minoritaires, veulent à tout prix se lancer dans la guerre, en violation du droit international.  La résolution 1441 ne comprenait pas d’échéancier, contrairement à ce que l’on voudrait nous imposer aujourd’hui.  Cette résolution n’a jamais non plus parlé de changement de régime en Iraq. 


Les Etats Membres de l’ONU, et notamment ceux qui font partie du Conseil de sécurité, ont clairement exprimé leur réticence à obéir aux injonctions et aux pressions de certains pays puissants.  Ils tiennent à ce que le droit international soit respecté.  Les pays non alignés ont clairement exprimé ce point de vue, il y a quelques semaines à Kuala Lumpur en Malaisie.  Le fait que certains prétendent mener leur guerre, même sans mandat du Conseil, est une menace sérieuse à la structure internationale de droit et de sécurité.  La Libye espère que la crise iraquienne sera réglée dans la paix et sans recours injustifié à la force brutale.  En dehors de l’Iraq, nous tenons en outre à dire que le peuple palestinien doit recouvrer tous ses droits.  Il a droit à un Etat souverain, et Israël doit, pour sa part, se débarrasser lui aussi de ses armes de destruction massive.


M. JAVAD ZARIF (République islamique d'Iran) a demandé pourquoi, après avoir adopté la résolution 1441 et déployé les inspecteurs en désarmement, le Conseil de sécurité devrait changer prématurément de cap.  Au moment où les inspecteurs réclament qu'on leur accorde un peu plus de temps, pourquoi se précipiter vers la guerre?  Il est vrai, a-t-il reconnu, que le désarmement de l'Iraq n'aurait pas dû traîner douze ans et que ce pays aurait dû bien plus tôt honorer ses obligations.  Et l'Iran, qui fut la seule victime de ses armes de destruction massive, comprend la frustration de la communauté internationale.  Mais la guerre n'est pas quelque chose à quoi se résoudre facilement et rapidement.  Il a jugé que la guerre serait moralement et politiquement inacceptable si des considérations de météo, de pleine lune et de lassitude des troupes devaient l'emporter. 


La crise humanitaire en Iraq et dans la région pourrait prendre des dimensions catastrophiques, a prévenu le représentant; la menace d'une désintégration de l'Iraq et d'une déstabilisation de la région est bien réelle; les extrémistes tireront le meilleur parti d'une guerre.  Ni le peuple iraquien ni la communauté internationale ne peuvent accepter une telle atteinte à la souveraineté et à l'indépendance d'un Etat membre.  L'enjeu dépasse largement l'Iraq: la précipitation vers la guerre a déjà mis en péril le fonctionnement du système international et il est tout à fait irresponsable de se réjouir, comme un éditorialiste du camp des faucons l'a fait hier, de la perspective «d'un monde post-Nations Unies».  Le représentant iranien a exprimé la préoccupation de son Gouvernement face aux tentatives d'affaiblir le système des Nations Unies: pour éviter d'en arriver là, toute occasion, même petite, doit être saisie.  Surtout à un moment où des propositions novatrices et claires permettant de poursuivre les inspections et de garantir la souveraineté de l'Iraq ont été faites: il revient avant tout au Gouvernement iraquien de prendre des mesures concrètes et irréversibles pour rassurer ses voisins et la communauté internationale, a-t-il estimé.


M. JOHN DAUTH (Australie) a estimé que le Conseil de sécurité se trouve à une étape historique de son existence en arguant que c’est l’architecture même de la paix et de sécurité internationales qui est en jeu aujourd’hui.  Les membres de cet organe, a-t-il dit, sont confrontés à la double responsabilité d’assurer le désarmement de l’Iraq et de montrer la pertinence du Conseil de sécurité dans le règlement des affaires du monde.  A ce jour, a poursuivi le représentant, l’Iraq n’a pas montré sa volonté de désarmer et personne, pas même les inspecteurs, n’ont été en mesure de se féliciter d’une coopération «  immédiate, inconditionnelle et active  ».  En conséquence, a estimé le représentant, la position de l’Iraq ne permet aucune autre conclusion au regard de la résolution 1441.  Pour lui, la destruction des missiles Al Samoud 2 ne constitue pas une raison suffisante pour lâcher la pression.  Les initiatives que l’Iraq multiplie aujourd’hui, a-t-il indiqué, ne sont que le résultat d’une présence militaire massive dans la région. 


Sans la coopération de l’Iraq, les réponses aux nombreuses questions en suspens demeureront difficiles à trouver.  Donner plus de temps ou de moyens aux inspecteurs ne mènera à rien sans une véritable coopération à l’Iraq, a insisté le représentant.  Maintenant que la menace terroriste est bien connue, a-t-il poursuivi, le Conseil doit la contrer en désarmant les nations qui possèdent des armes chimiques et biologiques tout en flouant le régime international de non prolifération.  Comme l’Iraq n’a pas saisi la dernière chance que lui offrait la résolution 1441, le Conseil doit, par le biais d’une nouvelle résolution, lui adresser un message clair sur la nécessité de désarmer. 


M. PAUL HEINBECKER (Canada) a souligné l’enjeu auquel est confronté le Conseil de sécurité qui doit choisir entre la guerre et la paix.  Aussi, a-t-il invité le Conseil de sécurité à décider humainement de la réponse à apporter à la crise iraquienne, à examiner tout compromis et à ne ménager aucun effort pour résoudre cette question dans l’unité.  Il a estimé que les deux tendances qui s’affrontent au sein du Conseil de sécurité avancent des arguments valables, jugeant que seule la pression extérieure militaire a forcé l’Iraq à coopérer ces dernières semaines et que la poursuite des inspections sans échéance relâcherait la pression sur l’Iraq.  Cependant, d’un autre côté, réduire la durée des inspections et aller à la guerre sans l’aval du Conseil de sécurité jetterait un doute sur les intentions réelles du désarmement et discréditerait le Conseil de sécurité, a dit M. Heinbecker.  Il a rappelé la proposition du Canada faite le 18 février consistant à établir une liste d’obligations que l’Iraq devrait remplir dans un laps de temps défini, conformément aux appels de M. Blix qui demandait davantage de temps. 


Insistant sur la nécessité de fixer une échéance pour s’assurer que l’Iraq met en œuvre la résolution 1441, le représentant a salué toutefois les efforts qui ont facilité l’accès aux sites et contribué à la destruction des missiles Al Samoud 2.  Mais il s’est inquiété des hésitations de l’Iraq à accepter les entretiens à l’étranger avec les scientifiques et a indiqué que son pays jugeait peu convaincantes les preuves apportées à ce jour quant au fait que l’Iraq ne disposerait plus d’armes de destruction massive.  M. Heinbecker a invité le Conseil de sécurité à exercer davantage de pression sur la base des priorités qui seront définies par M. Blix d’ici à la fin de la semaine et des mesures urgentes que le Gouvernement iraquien devra présenter.  Il a jugé que le Conseil de sécurité devrait fixer un délai de trois semaines à l’Iraq pour assurer un désarmement effectif.  Il a jugé que le Conseil de sécurité devrait s’engager maintenant à adopter un texte autorisant des Etats Membres à prendre toutes les mesures nécessaires en cas de non-respect de ce délai et sur la base des rapports des inspecteurs.  Le représentant a également ouvert la voie à un nouveau délai supplémentaire dans le cas où les inspecteurs établiraient au terme de ces trois semaines que l’Iraq a coopéré.  La décision du Conseil de sécurité sur l’Iraq aura un impact sur le peuple iraquien, la région et le reste du monde, a-t-il dit, avant de lancer un appel à une solution pacifique et à recourir à la guerre qu’en dernier ressort.  Il a formulé le vœu de voir les Nations Unies sortir renforcées de cette crise. 


M. JENO STAEHELIN (Suisse) a déclaré qu’en dépit des lacunes indéniables qui demeurent en matière de coopération entre le Gouvernement iraquien et les Nations Unies, de réels progrès ont

été enregistrés récemment.  Le processus de destruction des missiles Al Samoud 2 constitue un résultat concret de la pression diplomatique et militaire exercée sur le Gouvernement iraquien. Par ailleurs, la CCVINU et l’AIEA ne disposent pas, à ce jour, d’éléments concluants qui indiquent que l’Iraq possède ou continue de produire des armes de destruction massive.   Nous saluons la proposition du Directeur exécutif de la CCVINU de soumettre au Conseil une liste de toutes les questions de désarmement en suspens ainsi qu’un programme de travail destiné à réaliser, dans un délai raisonnable, les objectifs de la résolution 1441.  Aussi longtemps que, selon les experts, les inspections continuent à donner des résultats, la Suisse considère qu’il faut donner la priorité au désarmement pacifique de l’Iraq.   Nous ne pouvons donc qu’appuyer les initiatives tendant à accorder un délai raisonnable aux inspecteurs de la CCBVINU et de l’AIEA.


Si toutes les tentatives venaient à échouer, la Suisse invite toutes les délégations à veiller à ce que toute décision prise sur la base du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies inclue l’exigence inconditionnelle pour toutes les parties de respecter et faire respecter le droit international humanitaire.  Nous réitérons notre inquiétude face aux effets potentiellement destructeurs, notamment sur les plans humanitaire et social, d’un éventuel conflit militaire.  La dépendance de 60% de la population vis-à-vis des distributions de nourriture et de médicaments par le biais du programme «pétrole contre nourriture», la détresse morale et physique de millions d’Iraquiens et l’état préoccupant des infrastructures médicales et d’assainissement plaident aussi en faveur de la poursuite du renforcement des inspections en vue de concrétiser le désarmement de l’Iraq par des moyens pacifiques.  Nous exhortons les autorités iraquiennes à coopérer pleinement avec les inspecteurs des Nations Unies.


M. ALTAY CENGIZER (Turquie) a associé sa délégation à la position de l’Union européenne sur la crise iraquienne.  Il a déclaré que son pays est conscient des difficultés que rencontrent MM. Blix et El Baradei dans la conduite des tâches qui leur ont été confiées.  L’Iraq, a estimé le représentant, n’a pas fait preuve de la volonté qui permettrait de dire qu’il coopère pleinement, activement, et inconditionnellement, avec les inspections de la CCVINU.  C’est la résistance de l’Iraq qui est la cause des difficultés que rencontre en ce moment le Conseil de sécurité.  En ce qui la concerne, la Turquie est désireuse de trouver une issue pacifique à la crise actuelle.  Néanmoins, pays voisin de l’Iraq, elle est obligée de prendre certaines mesures de précaution en vue de limiter les risques que font peser les menaces actuelles de conflit.  La Turquie ne peut rester les bras croisés, et nous regrettons que certains prétendent que le seul souci de notre Gouvernement est de faire payer cher sa collaboration au conflit qui se profile à l’horizon.  Rien n’est plus éloigné de la vérité. 


L’attitude de la Turquie se fonde sur une série de principes connus qui sont en premier, le respect de l’intégrité territoriale, de la souveraineté nationale et de l’unité politique de l’Iraq.  Ensuite, que l’avenir de l’Iraq doit être défini par les Iraquiens eux-mêmes, et nous entendons par là toutes les composantes humaines de ce pays.  Enfin, troisièmement, la Turquie estime que les richesses naturelles de l’Iraq appartiennent à tous les Iraquiens, qui, en dernier ressort, doivent en avoir le contrôle.  Nous n’avons donc aucun agenda caché en ce qui concerne l’Iraq, et nous espérons qu’il en est de même en ce qui concerne les autres Etats qui ne devraient donc rien nous cacher.  Toute décision prise démocratiquement par le peuple iraquien sera acceptable pour nous.  Notre pays n’a par ailleurs aucune intention de s’opposer aux Kurdes du Nord de l’Iraq, avec qui nous partageons de nombreux liens humains, de parenté, de culture, et d’histoire vieux de plusieurs millénaires.  Honte donc à tous les Cassandres qui veulent nous opposer à eux, en vue d’accomplir leurs sombres desseins égoïstes.


M. OLE PETER KOLBY (Norvège)a jugé positif que l'Iraq coopère désormais plus activement et que des progrès aient été enregistrés dans les inspections.  La destruction des missiles Al Samoud 2 est encourageante et ces progrès sont le résultat de la position ferme et unie de la communauté internationale, a-t-il ajouté.  Cependant, le représentant a regretté que l'Iraq n'ait pas coopéré avec les inspecteurs dans le sens que réclamait la résolution 1441, immédiatement, sans condition et activement.  Les inspecteurs n'ont pas reçu les informations nécessaires pour tirer de conclusions sur la possession par l'Iraq d'armes de destruction massive. 


Dans la situation actuelle, a-t-il estimé, les inspections doivent se poursuivre aussi longtemps qu'elles peuvent apporter des résultats sensés et concrets.  Il faut imposer à l'Iraq une limite dans le temps et des critères précis pour qu'il se plie à la résolution 1441 et cette limite dans le temps doit être précise mais raisonnable, a-t-il souligné.  Pour le représentant, il est encore possible de parvenir à un désarmement pacifique de l'Iraq et la Norvège entend y travailler car il y a beaucoup d'enjeux.  Mais l'Iraq ne doit pas manquer l'occasion qui lui est offerte.  Il a par ailleurs indiqué que son pays était prêt à contribuer aux efforts humanitaires dans l'hypothèse d'un conflit armé, aux côtés des Nations Unies qui devront alors jouer un rôle de coordination.  Enfin, le représentant a jugé que dans la situation présente, il est essentiel que le Conseil de sécurité reste uni dans ses efforts pour débarrasser l'Iraq de ses armes de destruction massive. 


M. LUIZ TUPY CALDAS DE MOURA (Brésil) a déclaré que son pays est inquiet de l’évolution de la situation concernant la question iraquienne et en particulier des énormes coûts qu’entraînerait la guerre.  Cette dernière met en danger les vies humaines et ne peut être, à ce stade, une alternative plausible à la diplomatie.  Tout conflit militaire requiert la mobilisation d’importantes ressources.  Au niveau économique mondial, la guerre aggravera certainement la récession, qui pèse déjà sur de nombreux pays, en particulier ceux en voie de développement.  En termes humanitaires, la guerre provoque la désolation et la souffrance.  Elle peut également déstabiliser davantage la région.  Nos efforts collectifs contre le fléau du terrorisme pourront en outre être mis en danger par des réactions radicales, d’autant plus si l’action est prise sans l’aval du Conseil de sécurité. 


Les rapports présentés par M. Blix et M. El Baradei indiquent que certains progrès ont été accomplis.  Ils montrent également que davantage de temps est nécessaire pour mener à bien les inspections.  Certaines propositions ont été formulées dans ce sens et devraient pleinement être explorées afin que les inspecteurs puissent achever leur travail et présenter leurs conclusions devant le Conseil.  Les membres du Conseil de sécurité doivent prendre une décision importante.  Nous formulons l’espoir qu’une fois la décision prise, elle sera respectée par chacun d’entre nous car c’est le seul moyen d’assurer l’autorité de l’Organisation.


M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande) a expliqué que le Gouvernement de la Nouvelle-Zélande estime que tant que les inspecteurs font des progrès en matière de désarmement de l’Iraq, il faut leur permettre de continuer leur travail.  Fort du constat que le dernier rapport fait par M. Blix confirme qu’en dépit du fait qu’il reste de nombreuses questions en suspens, des progrès réels ont été possibles, notamment la destruction des missiles Al Samoud 2, le Gouvernement de la Nouvelle-Zélande demeure opposé à une intervention militaire en Iraq sans qu’il y ait un mandat du Conseil de sécurité, et estime qu’en ce moment, il ne serait pas justifié que le Conseil de sécurité donne un tel mandat.  Il partage néanmoins le sentiment de frustration des membres du Conseil de sécurité et de la communauté internationale face à la lenteur du processus de désarmement.  Pour M. Mackay, l’usage de la force devrait constituer le dernier recours possible du Conseil de sécurité pour pouvoir faire respecter ses résolutions.  Or, compte tenu de la teneur des rapports de l’AIEA et de la CCVINU, le moment n’est pas venu pour cela.  Il a cependant ajouté que l’Iraq ne doit pas se méprendre sur la préférence pour une solution diplomatique manifestée par de nombreux pays, dans la mesure où cela ne traduit nullement l’idée que ces pays tolèrent le fait qu’il ne se conforme pas pleinement aux exigences du Conseil.    La Nouvelle-Zélande exige par conséquent de l’Iraq qu’il se conforme sans plus tarder aux demandes du Conseil de sécurité dans la mesure où cela représente la seule voie possible pour éviter la guerre.


M. BRUNO RODRIGUEZ PARRILLA (Cuba) a déclaré qu’une guerre déclenchée unilatéralement contre l’Iraq aura des conséquences dévastatrices sur le monde entier.  Ce sera la fin d’une certaine démocratie dans les rapports internationaux et la source de menaces insoutenables contre les économies des pays en développement et ce sera le début de la déstabilisation totale de la région du Moyen-Orient.  Une guerre contre l’Iraq sera le summum de l’injustice, et serait totalement fallacieuse.  Les constatations des inspecteurs ont clairement montré que l’Iraq est loin d’être une menace à la sécurité des Etats-Unis.  Nous savons tous que l’acte d’agression qui se prépare n’est pas une guerre préventive, mais un conflit prédateur.  On nous annonce en grande fanfare l’utilisation prochaine de nouvelles armes de haute technologie et un spectacle belliqueux sans précédent dans l’histoire.  Mais on veut nous faire croire que les pertes en vies innocentes seront quasi nulles, et on croit nous cacher le désastre humanitaire qui suivra le conflit. 


Fidèles à leur esprit, les pays non alignés viennent d’exprimer leur opposition à la guerre lors du Sommet de Kuala Lumpur.  Le Secrétaire général, quant à lui, a clairement déclaré que toute attaque militaire contre l’Iraq sans l’aval du Conseil sera une violation flagrante de la Charte de l’ONU.  Nous savons que la prétendue «deuxième résolution» que l’on veut faire adopter par le Conseil, est en réalité une déclaration de guerre.  C’est une supercherie qui ne vise qu’à tromper l’opinion publique.  Cuba est heureux de voir les Etats Membres, dans leur grande majorité, s’opposer à ce sombre dessein. Face aux tentatives d’intimidation de «l’Empire» les membres élus du Conseil, qui parlent en notre nom à tous, ne doivent pas céder.  Ils ont l’opportunité, en cette occasion unique, de faire entendre leurs voix de nations souveraines, fortes de la légitimité que leur octroie le vote qui leur a donné un siège au Conseil.  Ils ont notre soutien total, face aux menaces et aux pressions qu’ils subissent.  Pour une fois, malgré son caractère anachronique et antidémocratique, Cuba soutient l’usage du veto par les membres permanents du Conseil qui s’opposent à la guerre.


M. THORSTEINN INGOLFSSON (Islande) a indiqué que son Gouvernement était profondément préoccupé par la situation en Iraq et espérait que le Conseil de sécurité réussirait à maintenir son unité pour faire appliquer la résolution 1441.  Aucun effort ne doit être épargné en ce sens, a-t-il ajouté.  Devant l'Assemblée générale, en septembre dernier a-t-il rappelé, le Ministre islandais des affaires étrangères avait loué le consensus qui émergeait au sein de la communauté internationale sur la meilleure façon de traiter les provocations au Conseil de sécurité.  Une telle approche constructive de la part du Conseil est de nouveau désespérément nécessaire aujourd'hui.  L’Iraq n'a pas activement coopéré avec les inspecteurs en désarmement conformément aux exigences de la résolution 1441, fait remarquer le représentant, rappelant que la communauté internationale avait déjà toléré ses obstructions incessantes aux inspections pendant douze ans. 


Par conséquent, il est plus que temps de faire preuve de détermination et la crédibilité des Nations Unies en dépend, a-t-il indiqué.  Le Gouvernement de l'Islande souhaite une nouvelle fois que l’on parviendra à une solution pacifique et estime qu’il ne faut recourir à la guerre qu’en  dernier ressort.  Mais il revient au Gouvernement iraquien d’éviter un conflit en procédant à son désarmement de manière rapide et crédible.  La communauté internationale doit faire la preuve de sa détermination et les Nations Unies de leur force.


M. KISHORE MAHBUBANI (Singapour) a rappelé les «principes fondamentaux» selon lesquels il revient à l’Iraq et non à la communauté internationale de respecter les résolutions de l’ONU.  Il est impératif, a-t-il dit, que l’Iraq désarme immédiatement et en pleine conformité avec ces résolutions.  Le représentant a rappelé que la résolution 1441 n’était pas la première du Conseil sur l’Iraq qui, a-t-il souligné, détient un record misérable en matière de respect des résolutions de l’ONU.  En fait, depuis 1990, le Conseil a adopté 17 résolutions sur l’Iraq; la résolution 1441 lui offrant une dernière chance.  Cette dernière résolution était spécialement élaborée pour décourager l’Iraq de revenir à l’attitude de non-coopération du passé. 


Compte tenu du temps limité qui reste au pays avant de faire face aux «conséquences graves», le représentant a souhaité que, cette fois, il coopère «immédiatement, activement, pleinement et inconditionnellement» avec les inspecteurs en désarmement de l’ONU.  L’Iraq doit encore répondre à de nombreuses questions non réglées, a-t-il ajouté avant d’appeler le Conseil de sécurité à agir à l’unisson et à préserver l’unité acquise dans la résolution 1441.  Une position unie serait un message clair à l’Iraq et au reste du monde sur le caractère intolérable du non-respect des résolutions de l’ONU et de la prolifération des armes de destruction massive.  Le représentant a toutefois appelé le Conseil à ne pas perdre de vue la situation humanitaire du peuple iraquien. 


M. SUN JOUN-YUNG (République de Corée) a déclaré que l’Iraq doit répondre, dans les meilleurs délais, aux questions qui se posent encore sur ses programmes d’armes de destruction massive. Bien que les inspecteurs aient fait mention de certains progrès, l’Iraq ne coopère pas encore avec eux de manière «immédiate, inconditionnelle et active» comme l’exige la résolution 1441.  Les inspections ne peuvent continuer indéfiniment.  Une date limite de désarmement total doit être imposée à l’Iraq, à qui incombe, en premier, la responsabilité de son désarmement réel.  Au vu de la mauvaise volonté dont fait preuve le régime iraquien, le Conseil de sécurité doit envoyer à ce dernier un message fort, résolu, et unifié.


M. ALOUNKEO KITTIKHOUN (République démocratique populaire lao) a déclaré que la question de l’Iraq touche à la paix, la sécurité, la coopération et le développement dans cette région névralgique que constitue le Moyen-Orient.  Nous sommes d’avis de tout faire pour que cette question soit résolue rapidement et surtout pacifiquement.  L’usage de la force pour régler le conflit provoquerait des dégâts matériels, de grandes pertes en vies humaines et laisserait des cicatrices profondes à long terme.  De l’avis de sa délégation, il faudrait mettre tout en œuvre pour éviter l’éclatement de la guerre, qui ne pourrait que causer encore plus de souffrance au peuple iraquien.


En dépit des problèmes et difficultés rencontrés, nous avons constaté certains résultats positifs en matière de désarmement.  A l’instar de la majorité des Etats Membres de notre Organisation, nous pensons que les travaux d’inspection ont commencé à porter des fruits et sommes d’avis que le désarmement de l’Iraq par des moyens pacifiques peut encore être réalisé.  Nous sommes arrivés à un moment crucial de l’histoire.  Le Conseil de sécurité se trouve devant un choix historique.  Les peuples de par le monde nous regardent avec gravité.  Toute solution au problème par des moyens politiques et dans le cadre de l’ONU empêche non seulement la destruction, mais sauve surtout des vies humaines innocentes.  Le peuple iraquien, qui n’a commis aucun crime, a déjà trop souffert et ne mérite pas de souffrir encore davantage.


M. MOCHAMAD SLAMET HIDAYAT (Indonésie) a estimé que sur la question iraquienne, toutes les voies diplomatiques n'ont pas été épuisées pour faire appliquer la résolution 1441 et que le Conseil de sécurité pouvait encore trouver une solution pacifique.  Il est également important d'être certain que toutes les responsabilités sont assumées envers le maintien de la paix, conformément à la Charte des Nations Unies, et qu'il ne s'agit pas seulement d'une série de mesures devant mener à la guerre.  A cette fin, le représentant a souhaité que les inspections conduites par la CCVINU et l'AIEA aient encore une chance, qu'on leur accorde davantage de temps, de personnels et de ressources.  Nul ne peut nier les progrès enregistrés jusqu'à présent, ni le fait que la CCVINU et l'AIEA s’acquittent bien de leur tâche, mais personne ne peut juger de leurs résultats tant que les inspecteurs poursuivent encore leur travail, a-t-il fait valoir.  Dans ce cadre, a-t-il souligné, l'Indonésie défend un renforcement du régime d'inspections.  Mais il faut que l'Iraq continue de coopérer activement et immédiatement avec eux, tel qu'exigé par la résolution 1441.


Par ailleurs, le représentant a estimé qu'il ne peut y avoir de solution au Moyen-Orient sans qu’elle n’englobe toute la région et il suffit, a-t-il ajouté, de considérer la situation en Palestine aujourd'hui qui continue de se détériorer au quotidien.  Les membres du Conseil de sécurité doivent se rappeler qu'ils doivent la paix, au monde dans son ensemble.


M. AGIM NESHO (Albanie) a, à son tour, stigmatisé le manque de volonté de l’Iraq de désarmer «immédiatement, activement et inconditionnellement».  Il s’est félicité, à cet égard, que le deuxième projet de résolution que se proposent de présenter les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Espagne, redéfinit, de manière claire et ferme, la détermination de la communauté internationale à préserver la paix et la sécurité dans le monde.  Appuyant, en particulier, la position déterminée des Etats-Unis, le représentant s’est prononcé en faveur de ce projet de résolution.  L’Albanie, a-t-il insisté, fait partie de la coalition internationale pour le désarmement de l’Iraq et, à ce titre, réaffirme sa participation à la «coalition des bonnes volontés».  Citant les propos de son Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères, le représentant a déclaré «nous pensons que l’intervention est inévitable pour écarter le scénario du pire qui verrait la légitimation d’un régime susceptible de prendre en otage la sécurité régionale et mondiale et de défier l’autorité du Conseil de sécurité et des Nations Unies dont notre pays est membre».  


Ni les réunions sans fin, ni les discussions improductives, ni la crainte des incertitudes de l’avenir, ni le statu quo, ni l’inertie ne conduiront à la paix et à la sécurité, a souligné le représentant.  Pour lui, la prolongation du processus de désarmement en Iraq offrirait, à son régime, une nouvelle occasion de défier la communauté internationale et les Nations Unies et, en conséquence, de remettre gravement en cause la crédibilité même de l’ONU.  L’Organisation doit agir conformément à ses responsabilités.  Nous devons rester unis et déterminés, a conclu le représentant en ajoutant qu’absence de guerre ne veut pas dire existence de paix.


M. NGO DUC THANG (Viet Nam) a déclaré que sa délégation se félicite du travail accompli sur le terrain par les inspecteurs de la CCVINU.  Des progrès notables ont été accomplis dans la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité, et cela est évident à travers la manière dont l’Iraq a déclaré l’existence des missiles Al Samoud 2 et en a commencé la destruction.  Cet exemple montre que le désarmement de l’Iraq peut s’opérer de manière pacifique.  Aussi le Viet Nam estime-t-il qu’une nouvelle résolution sur le désarmement de l’Iraq n’a pas de raison d`être. 


Nous accueillons donc positivement toutes les propositions visant à établir des normes et des objectifs précis de désarmement en Iraq, et nous demandons au Conseil de sécurité de sérieusement prendre en considération les propositions avancées par la France, la Fédération de Russie et l’Allemagne, dans le mémorandum que ces pays lui ont transmis le 24 février dernier.


M. MOKHTAR LAMANI, Observateur de l’Organisation de la Conférence islamique, s’est inquiété des risques de recours à la force en Iraq et a réaffirmé que le désarmement de l’Iraq devait se poursuivre par des moyens pacifiques conformément à la résolution 1441 et dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iraq.  Il a rappelé que les Etats membres de l’Organisation se sont réunis, le 5 mars à Doha, pour rejeter le recours à la force et plaider pour une solution pacifique à la crise iraquienne et pour la poursuite des inspections.  L’Observateur a fait valoir qu’au moment où l’Iraq coopère, le recours à la guerre constituerait une attaque inacceptable au rôle central des Nations Unies, affaiblirait la campagne internationale contre le terrorisme, déstabiliserait toute la région et aurait des conséquences graves sur les relations internationales.  Il a invité l’Iraq à coopérer pleinement avec les inspections, à régler la question des prisonniers de guerre koweïtiens, et à ne plus menacer la sécurité de ses voisins.  M. Lamani s’est interrogé sur la pertinence de la politique des «deux poids, deux mesures» qui fait qu’Israël défie le droit international et continue de disposer d’armes de destruction massive à l’heure où l’on menace l’Iraq de recours à la guerre pour les mêmes raisons.  Le Conseil de sécurité doit prouver à la communauté internationale et aux peuples du monde qu’il mérite la confiance qui a été placée en lui. 


M. HOUSSAM ASAAD DIAB (Liban) a estimé que le recours à la force de façon unilatérale est un manquement à la Charte des Nations Unies et réduit la crédibilité des Nations Unies.  Les rapports de MM. Blix et El Baradei ont démontré un progrès constant dans plusieurs domaines grâce à la coopération de l'Iraq avec les inspecteurs.  Cette coopération proactive est illustrée notamment par la destruction des missiles Al Samoud 2; mais l'insistance de certains à choisir la guerre amène la communauté internationale à envisager une autre résolution et ceci fragilise le Conseil de sécurité, a estimé le représentant.  Les efforts internationaux auraient dû aller aux inspections, en vue de lever les sanctions imposées à l'Iraq.  Le nouveau projet de résolution soumis au Conseil donne droit à la guerre et fixe un délai irréaliste à l'Iraq pour qu’il se plie aux exigences de la résolution 1441, délai contraire à l'échéancier suggéré par M. Blix lui-même.  Pour le représentant, l'intérêt de la communauté internationale réside sans aucun doute dans le renforcement du régime d'inspection pour débarrasser le Moyen-Orient des armes de destruction massive, y compris en Israël, a-t-il conclu.


M. ALEG IVANOU (Bélarus) a déclaré que le Bélarus réitère son attachement sans faille à un processus de désarmement pacifique de l’Iraq.  Les travaux des inspecteurs apportent jusqu’à ce jour la preuve que le désarmement de l’Iraq s’opère de manière satisfaisante et le recours à la force ne peut être justifié dans ces circonstances.  Le Bélarus reste opposé à toute forme d’ultimatum concernant les opérations de désarmement de l’Iraq.  La CCVINU et l’AIEA doivent pouvoir mener leur mandat dans les meilleures conditions, et nous appelons les membres du Conseil à faire preuve de bon sens et de fermeté pour éviter au peuple iraquien le fléau injustifié de la guerre.


*   ***   *