13/02/2003
Communiqué de presse
CS/2446



Conseil de sécurité                                              CS/2446

4704e séance – matin                                               13 février 2003


L’ARRET DE LA VIOLENCE AU MOYEN-ORIENT DEPEND DES PROGRES SUR LE FRONT POLITIQUE, DECLARE LE SECRETAIRE GENERAL ADJOINT AUX AFFAIRES POLITIQUES DEVANT LE CONSEIL DE SECURITE


Dans le cadre de ses réunions d’information mensuelles sur la situation au Moyen-Orient, le Conseil de sécurité a entendu, ce matin, l’exposé du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Kieran Prendergast.  Le Conseil a ainsi été informé des efforts déployés, sur les plans régional et international, pour mettre fin à un conflit qui a provoqué, depuis septembre 2000, la mort de 2 344 Palestiniens et de 698 Israéliens et donné lieu à une grave situation humanitaire dans les territoires palestiniens occupés.  Les initiatives du Gouvernement israélien, de l’Autorité palestinienne, de l’Egypte, du Gouvernement britannique, du Quatuor et du Coordonnateur pour le processus de paix au Moyen-Orient ont été ainsi soulignées devant le Conseil.  Sans perspective d’avancée sur le front politique, il est difficile d’envisager l’arrêt de la violence et de la contre-violence, a déclaré le Secrétaire général adjoint en se déclarant convaincu qu’une mise en œuvre rapide de la feuille de route du Quatuor mettrait un terme à l’impasse actuelle et permettrait aux parties de réaliser la vision de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte, que consacre la résolution 1387 du Conseil de sécurité.


Dans son exposé, le Secrétaire général adjoint a souligné que depuis sa dernière intervention le 16 janvier, les violences se sont poursuivies dans la région entraînant une aggravation de la crise humanitaire.  Sur le front politique, les élections parlementaires du 28 janvier, a-t-il rappelé, ont assuré une augmentation des sièges pour le Likoud, le parti du Premier Ministre israélien, Ariel Sharon.  Le nouveau Gouvernement, a dit Kieran Prendergast, peut être assuré du plein appui de la communauté internationale s’il prend des mesures pour faire passer le conflit israélo-palestinien à la solution de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte que consacre la résolution 1387 du Conseil de sécurité.  A cet égard, le Secrétaire général adjoint s’est félicité de la tenue d’une réunion entre le Premier Ministre israélien et le Président du Conseil législatif palestinien qui, a-t-il espéré, peut marquer le début d’un nouveau dialogue entre les parties en vue de trouver un accord sur le cessez-le-feu.


Sans perspective d’avancée sur le front politique, il est difficile d’envisager l’arrêt de la violence et de la contre-violence, a souligné le Secrétaire général adjoint.  Il a en effet indiqué que, depuis le 16 janvier, 65 Palestiniens et 7 Israéliens ont été tués augmentant ainsi le nombre des victimes à 2 344 Palestiniens et à 698 Israéliens.  Les évènements des derniers mois ne laissent aucune place à l’optimisme, a poursuivi le Secrétaire général adjoint en attirant l’attention sur l’action des forces de défense israéliennes et les mesures de punition collective.  Tout en reconnaissant qu’Israël a le droit de se défendre, il a rappelé qu’il ne peut le faire que dans le respect des principes de droit international.  En tant que puissance occupante, Israël doit respecter la quatrième Convention de Genève. 


Du côté palestinien, le Secrétaire général adjoint a attiré l’attention sur les attaques de groupes palestiniens qui ont fait 7 morts du côté israélien, y compris un civil.  Il a rappelé qu’une nouvelle fois, le Secrétaire général a condamné ces attaques terroristes qui sapent la légitimité des aspirations palestiniennes à la reprise d’un processus de paix durable.  Le Secrétaire général adjoint a donc salué les efforts du Gouvernement égyptien qui a organisé des réunions au Caire pour encourager les groupes palestiniens à conclure un cessez-le-feu.  Venant à la situation humanitaire, le Secrétaire général adjoint a indiqué qu’Israël n’a toujours pas rempli l’engagement pris en août dernier.  Les couvre-feux et les blocages continuent d’aggraver la situation économique et entraver l’action humanitaire.  Alors que la situation humanitaire continue de se détériorer, la capacité de la communauté internationale à répondre aux besoins des Palestiniens est en train de diminuer.  L’UNRWA risque de manquer de ressources d’ici à la fin du mois prochain.  L’Agence, qui assiste 1,1 million de personnes dans les territoires occupés, n’a pas reçu la réponse attendue à son appel visant à collecter 94 millions de dollars pour la reconstitution de son fonds d’urgence.  L’aide des donateurs et la réponse à l’appel de l’UNRWA sont essentielles, a souligné le Secrétaire général adjoint. 


Ce dernier est ensuite passé à ce qu’il a appelé des «signes provisoirement positifs».  A ce titre, il a cité la poursuite du processus de réforme palestinien.  Il a indiqué que la réunion que le Premier Ministre britannique a tenue le mois dernier sur la question sera suivie d’une autre série de réunions dont celles des émissaires du Quatuor, du Comité spécial de liaison sur l’assistance au peuple palestinien et celles du Groupe spécial sur la réforme palestinienne.  Toutes ces réunions auront lieu à Londres entre le 18 et 20 février prochain.  Les Nations Unies espèrent faire fond de la réunion de janvier pour donner un nouvel élan au processus de réformes et aux efforts des donateurs pour juguler la crise humanitaire. 


Le Secrétaire général adjoint a aussi indiqué que le Coordonnateur pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Terje Roed-Larsen et deux de ses homologues de l’Union européenne et de la Fédération de Russie ont rencontré le 11 février le Président Arafat et des hauts fonctionnaires de l’Autorité palestinienne.  Ils ont évoqué les réunions à venir à Londres et demandé au Président Arafat de prendre des mesures courageuses pour appuyer la réforme institutionnelle et en matière de sécurité avant la tenue de ces réunions.  Les représentants du Quatuor ont prévu des réunions de suivi avec le Président Arafat et ses hauts fonctionnaires, ainsi qu’avec des responsables israéliens et des pays voisins.


Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a ajouté qu’il y a eu un regain de tension le long de la Ligne bleue depuis la dernière réunion d’information du Conseil de sécurité.  Le 21 janvier, le Hezbollah a pris pour cible à l’aide de missiles et tirs de mortiers les forces de défense israéliennes dans le secteur des fermes de Cheba’a.  Le Secrétaire général et le Conseil de sécurité ont confirmé en juin 2000 le retrait des forces israéliennes du Liban conformément à la résolution 425 du Conseil de sécurité.  Les Gouvernements du Liban et d’Israël se sont engagés à respecter la ligne de démarcation identifiée par les Nations Unies et que l’on appelle la Ligne bleue.  Le Gouvernement libanais doit faire face à ses responsabilités et maintenir le calme le long de cette Ligne.  Nous avons noté que les forces conjointes de sécurité libanaises ont accru leurs effectifs et nous espérons qu’il s’agit d’un signe de la détermination des autorités libanaises à maintenir le calme. 


Les avions israéliens continuent de violer la Ligne bleue et l’espace aérien libanais sur une base régulière.  De diverses sources, y compris la FINUL, nous avons appris que des avions israéliens ont survolé à basse altitude des zones habitées.  Ces vols ne feront qu’encourager une escalade des tensions. 


La question relative à l’eau dans le secteur de Wazzani/Hasbani continue d’être une source de tensions.  Le Gouvernement du Liban a exprimé sa volonté de trouver une solution négociée par le biais des activités de bons offices du Secrétaire général.  Cependant, le Gouvernement d’Israël n’a toujours pas fait part de son intention de recourir aux bons offices des Nations Unies.  Toutefois, le Gouvernement du Liban doit continuer de respecter son engagement qui consiste à ne pas développer son projet d’adduction en eau au-delà  de ce qui figure dans son rapport tant qu’une solution n’est pas trouvée, a souligné M. Prendergast. 


Evoquant la mort d’un soldat syrien le 8 janvier dernier, le Secrétaire général adjoint a rendu hommage aux Gouvernements syrien et israélien pour leurs efforts en vue de contenir les tensions.  Cet accident nous rappelle cependant à quel point la situation relative au Golan est sensible.  En cette période instable, je lance un appel à toutes les parties pour qu’elles fassent preuve de la plus grande retenue en mot et en action.


La situation au Moyen-Orient reste très préoccupante.  La meilleure voie pour garantir la sécurité des Israéliens et des Palestiniens est de mettre en œuvre la Feuille de route du Quatuor.  L’approche choisie, qui lie les questions de sécurité à celles portant sur le développement économique et politique, permettrait de réaliser des progrès dans chaque domaine.  Nous sommes convaincus qu’une mise en œuvre rapide de la Feuille de route mettrait un terme à l’impasse actuelle et permettrait aux parties de mettre en œuvre leur vision de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité. 


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