05/08/2002
Communiqué de presse
AG/1302



Assemblée générale            AG/1302

Dixième session extraordinaire d’urgence            5 août 2002

18e et 19e séances plénières – matin et après-midi


L'ASSEMBLEE DEMANDE LA CESSATION DES INCURSIONS MILITAIRES D'ISRAEL DANS LES ZONES PALESTINIENNES ET LE RETOUR DES FORCES AUX POSITIONS DE SEPTEMBRE 2000


Elle appuie les efforts de reconstruction de l'Autorité palestinienne,

la réforme de ses institutions et la tenue d'élections libres et démocratiques


Après l’examen du rapport du Secrétaire général sur les évènements survenus à Djénine et dans d’autres villes palestiniennes, du début du mois de mars au 7 mai 2002, l’Assemblée générale a adopté, cet après-midi, par 114 voix pour, 4 voix contre (Etats-Unis, Iles Marshall, Israël et Micronésie) et 11 abstentions, une résolution sur les «mesures illégales prise par Israël à Jérusalem-Est occupée dans le reste du territoire palestinien occupé»*.  Réunie en session extraordinaire d’urgence, en fonction de l’actualité au Moyen-Orient, l’Assemblée a demandé la cessation immédiate des incursions militaires et de tous les actes de violence, de terreur, de provocation et de destruction.  Elle a, par conséquent, demandé le retrait des forces d'occupation d'Israël des zones palestiniennes jusqu'aux positions tenues avant septembre 2000.  Condamnant les attaques contre les populations civiles de toutes les parties, l'Assemblée a souligné la nécessité pour ces parties d'assurer la sécurité des civils et de respecter les normes universellement acceptées du droit humanitaire international.  Elle a, par ailleurs, appuyé les efforts de reconstruction de l'Autorité palestinienne, la réforme de ses institutions et la tenue d'élections démocratiques et libres.


Les délégations d'Israël et des Etats-Unis ont contesté la pertinence de la session d’urgence et d’une résolution qui ne condamne pas explicitement les organisations terroristes, et ce, comme l’a rappelé le représentant israélien, vingt-quatre heures à peine après la perpétration, en Israël, de cinq différents attentats terroristes qui ont causé la mort de treize personnes et blessé de nombreuses autres.  Le terrorisme, a souligné le même représentant, ne saurait être une tactique de négociation.  Dénonçant une Autorité palestinienne qui, d’une main, signe des accords de paix et de l’autre, des chèques aux terroristes, le représentant a plaidé pour l’émergence d’une nouvelle direction palestinienne en réitérant l’attachement de son pays à la vision de deux Etats vivant côte à côte, à la reprise de négociations fondées sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité et l'acceptation de compromis «difficiles» nécessaires à la sécurité, à la dignité et à la prospérité des deux peuples. 


La paix au Moyen-Orient ne peut se réaliser tant qu’une partie poursuit ses attaques contre les civils de l’autre partie, a dit en écho le représentant des Etats-Unis qui a rappelé la mort de cinq Américains victimes de l’attaque perpétrée, le 31 juillet, à l’Université hébreuse de Jérusalem.  Le représentant a rendu compte des efforts de son Gouvernement pour faire progresser le processus de paix et jeter les bases de la reprise des négociations entre les deux parties.  Il a ainsi annoncé l’arrivée à Washington à la fin de cette semaine «de collègues palestiniens» invités, après le Ministre des affaires étrangères d’Israël, à discuter de la situation humanitaire et sécuritaire ainsi que des réformes en cours au sein de l’Autorité palestinienne.  Les discussions, a précisé le représentant, devraient également porter sur les responsabilités d’Israël.


De nombreuses délégations ont appelé Israël à contribuer aux efforts de réforme de l’Autorité palestinienne notamment par la levée du bouclage des territoires, la restitution des revenus fiscaux, la fin des programmes de colonies de peuplement ou encore la cessation des châtiments collectifs.  La question de ces châtiments et celle plus large des violations du droit international humanitaire par Israël ont fait l’objet de nombreux commentaires au regard du rapport du Secrétaire général**.  Des délégations, en particulier celle du Groupe des Etats arabes, ont d'abord remis en question la validité d'un rapport faible et, comme l'a souligné le représentant libyen, élaboré en dehors du terrain, sans la coopération d'Israël et sous la pression de son puissant allié.  Refusant que ce rapport sonne le glas de l'enquête sur les évènements de Djénine, des intervenants dont le représentant de l'Indonésie ont souhaité qu'une pression soit exercée sur Israël pour qu'il accorde l'accès à une véritable équipe d'établissement des faits. 


Les délégations se sont néanmoins félicitées que le rapport reconnaisse le caractère disproportionné de la réponse d’Israël à l’attentat terroriste mené, le 27 mars à Netanya, où 28 personnes avaient trouvé la mort.  Ainsi, après avoir réitéré sa «condamnation claire» des attentats-suicide à la bombe, l'Observateur permanent de la Palestine a appelé la communauté internationale à prendre les mesures qui s’imposent au regard de l'entrée en vigueur du statut de la Cour pénale internationale.  Le représentant israélien s'est, de son côté, déclaré satisfait que le rapport du Secrétaire général conclut à l'inexistence d'un massacre contrairement aux allégations palestiniennes et à une décision délibérée des militants palestiniens de mettre en danger leurs propres populations.  Des appels ont été lancés par les délégations pour que l'Autorité palestinienne mette fin au terrorisme et pour qu'Israël fasse preuve de retenue; certaines d'entre elles arguant que le droit de légitime défense ne saurait devenir un chèque en blanc. 


Face à l'attachement déclaré des deux parties au processus de paix, les délégations ont appuyé les efforts du Quatuor -Etats-Unis, Fédération de Russie, Union européenne et ONU- et demandé aux parties de coopérer pleinement à ces efforts dans l'application des initiatives et des plans visant à faire redémarrer le processus de paix pour mener, en particulier, comme l'a rappelé la représentante du Danemark, au nom de l'Union européenne, à la création d'un Etat palestinien dans un délai de trois ans.


Outre les délégations citées, ont pris part au débat les représentants des pays suivants: Chine, Koweït, Pakistan, Qatar, Bahreïn, Soudan, Fédération de Russie, République arabe syrienne, Norvège, Cuba, Iraq, Inde, Jordanie, Malaisie, Japon, République populaire démocratique de Corée, Singapour, Iran, Egypte, République de Corée, Bangladesh, Thaïlande, Chili, Afrique du Sud, au nom du Mouvement des pays non alignés, Maroc, Costa Rica, au nom du Groupe de Rio, Turquie, Namibie et Maurice.  Le Président du Comité sur l'exercice des droits inaliénables des peuples du peuple palestinien et les représentants de la Ligue des Etats arabes et de l'Organisation de la Conférence islamique sont également intervenus.  Ont expliqué leur vote les représentants du Canada, d'Israël, de l'Australie, du Danemark, au nom de l'Union européenne et des pays associés, du Guatemala, du Pérou et du Paraguay.  L'Observateur de la Palestine a fait une dernière déclaration.


* La résolution paraîtra dans sa version française sous la cote A/ES-10/L.11


**Le résumé du rapport du Secrétaire général A/ES-10/186 est paru dans notre communiqué de presse SG/2077 du 1er août 2002


MESURES ILLÉGALES PRISES PAR ISRAËL À JÉRUSALEM-EST OCCUPÉE ET DANS LE RESTE DU TERRITOIRE PALESTINIEN OCCUPÉ


Déclarations


M. NASSER AL-KIDWA (Observateur permanent de la Palestine) a regretté que le rapport présenté par le Secrétaire général ne couvre que la période de début mars au 7 mai 2002 et qu’Israël ait refusé de fournir les informations demandées par le Secrétaire général.  Il a réaffirmé la nécessité d'envoyer une équipe d'enquête à Djénine pour pouvoir découvrir ce qui s'y est passé.  Tout en regrettant l'absence de conclusions attendues, il s'est félicité que ce rapport apporte la confirmation que les forces israéliennes ont commis des crimes de guerre et autres violations graves de la quatrième Convention de Genève, en particulier des exécutions extrajudiciaires, l'utilisation de boucliers humains, l'usage excessif et disproportionné de la force, des arrestations arbitraires, la torture, des punitions collectives et enfin le ciblage d'ambulance et de personnel médical.  Il a évoqué la responsabilité de la communauté internationale et appelé cette dernière à prendre des mesures adéquates à un moment où la Cour pénale internationale devient une réalité et doit s'appliquer à tous les membres des Nations Unies.  Il a regretté en outre que des centaines de milliers de Palestiniens subissent les vexations d’un couvre-feu toujours en vigueur et qu’ils se voient refuser l'accès à des besoins essentiels.  Il a dénoncé l'ampleur des pertes humaines et des destructions physiques, le confinement du peuple palestinien qui a abouti à des dégâts socioéconomiques et à une crise humanitaire profonde pour laquelle Israël doit être tenu responsable.  1710 Palestiniens ont été tués par les forces d'occupation israéliennes depuis septembre 2000, des milliers de Palestiniens ont été blessés et des milliers de foyers endommagés.  Il a dénoncé les assauts répétés du siège du dirigeant palestinien à Ramallah empêchant l'Autorité palestinienne d'exercer ses responsabilités.  Le Gouvernement de Monsieur Sharon a essayé de présenter sa politique comme une simple réaction aux attaques-suicide.  Il a rappelé que l'occupation israélienne a débuté en 1967 alors que la première attaque-suicide ne remonte qu'à 1994.  Il s'agit d'une occupation étrangère, a-t-il ajouté, et c'est là la véritable source du problème, une occupation qui s'est transformée en colonisation. 


L'Observateur a regretté que la communauté internationale ne soit jamais intervenue pour mettre un terme à cette politique de colonisation et les visées expansionnistes d'Israël.  En dépit des faits, l'autorité palestinienne a pris une position très claire et a condamné les attaques-suicide, mais a émis des doutes sur la volonté des Israéliens de mettre un terme aux exécutions extrajudiciaires.  A cet égard, il a cité la récente attaque sur un immeuble palestinien qui a tué 9 enfants et 6 autres palestiniens.  Nous sommes attachés à un règlement négocié pacifique et nous demandons aux Israéliens d'emprunter la voie de la paix et de mettre un terme à leur occupation.  Il y a une puissance d'occupation avec une armée puissante qui commet des crimes de guerre et un terrorisme d'Etat sous le couvert des autorités politiques et de l'autre côté un peuple désespéré avec une minorité qui commet des actes terroristes condamnés par les dirigeants politiques.  Il a dénoncé la responsabilité des Etats-Unis qui fournissent une assistance financière et militaire à Israël et qui a opposé 26 veto sur des projets de résolution du Conseil de sécurité sur la situation du Moyen-Orient.  Il a rappelé le consensus international qui s'est dégagé autour de la nécessité d'aboutir à l'établissement de deux pays dans des frontières internationalement reconnues et qu'il s'agit maintenant de dresser un plan nous permettant d'aboutir à cet objectif. 


M. ZHANG YISHAN (Chine) a regretté l'escalade de la violence malgré les efforts de la communauté internationale.  Il a imputé l'aggravation de la situation aux autorités israéliennes qui poursuivent, a-t-il souligné, leur politique radicale.  Pour lui, le fait que le Gouvernement israélien ait refusé une mission d'établissements des faits a fait perdre à l'ONU l'occasion de savoir avec précision ce qui s'est passé sur place.  Le problème, a poursuivi le représentant, est l'occupation israélienne et les conséquences sur les populations et les infrastructures.  Il a condamné les meurtres de civils innocents par les Forces de défense israélienne et a estimé qu'il est temps qu'Israël respecte les résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité.  Le représentant a condamné les attentats-suicide de «quelques extrémistes» palestiniens qui, selon lui, ne fait que compliquer la situation.  Pour lui, l'ONU doit déployer davantage d'efforts pour promouvoir une solution juste et globale de la situation au Moyen-Orient permettant aux deux pays de coexister dans la paix, à l'intérieur de frontières sûres et reconnues.


M. JOHN NEGROPONTE (Etats-Unis) a déclaré que l'Assemblée n'aurait pas dû se réunir aujourd'hui alors que les attentats terroristes se poursuivent en Israël.  Il n'y aura pas de paix au Moyen-Orient si une partie continue ses attaques contre les civils de l'autre partie, a souligné le représentant.  Evoquant tout particulièrement l'attentat à Hebrew University qui a causé la mort de ressortissants américains, le représentant a estimé que l'Assemblée doit entamer cette session en condamnant les organisations terroristes comme le Hamas et en appelant les pays concernés à assumer leur responsabilité dans l'élimination des réseaux terroristes.  L'Assemblée et le Conseil de sécurité, a-t-il estimé, sont trop longtemps restés silencieux devant les souffrances du peuple israélien.  Il faut arrêter la rhétorique selon laquelle la situation sur le terrain justifie le terrorisme, a-t-il souligné.  Appelant à une «clarté morale», à l'instar du Secrétaire général, le représentant s'est félicité que dans son rapport, ce dernier ait précisé le contexte dans le camp de Djénine où opéraient quelque 200 hommes armés dont des membres du Hamas.  Le rapport, s'est encore félicité le représentant, rejette les allégations d'un massacre et à ce stade, ce qui compte, c'est l'appel à des efforts constructifs pour mettre fin à l'effusion de sang, résoudre les problèmes humanitaires, et encourager les parties reprendre les négociations.  Or, il semble qu'avec cette réunion, a-t-il regretté, certains tentent de remplacer le rapport du Secrétaire général. 


Les Etats-Unis appellent à un engagement diplomatique direct de la part de la communauté internationale comme étant le seul élément susceptible de faire avancer l'agenda de la paix.  Les Etats-Unis, les autres membres du Quatuor et les dirigeants arabes oeuvrent dans cette voie, a insisté le représentant.  Réitérant la vision de son pays de deux Etats vivant côte à côte, il a souligné que les Etats-Unis mettent tout en oeuvre pour encourager les parties à reprendre les négociations, l'objectif étant de mettre un terme à la violence.  Il a annoncé qu'au cours de cette semaine, le Gouvernement américain compte rencontrer «les collègues palestiniens» pour évaluer la situation sur le terrain sans oublier la responsabilité d'Israël dans le processus de paix.  Le représentant a informé l'Assemblée des efforts concrets de son Gouvernement pour améliorer la situation humanitaire en Cisjordanie et à Gaza. 


Les Etats-Unis sont prêts à faire davantage, a-t-il souligné en appelant Israël à prendre des mesures très concrètes, en particulier, à faciliter la liberté de mouvement.  Il a encouragé le dialogue ministériel israélo-palestinien en cours et a espéré qu'il conduira à des progrès.  Le représentant a conclu en estimant que le projet de résolution ne propose aucune solution pour sortir de l'impasse.  Selon lui, le texte insiste injustement sur les actes d'une partie.  Les Etats-Unis, a-t-il annoncé, voteront contre ce texte parce qu'ils ont choisi de se concentrer sur la recherche de résultats concrets.  Les Etats-Unis pensent que la rhétorique de condamnation d'Israël ne contribuera pas au processus de paix.  Ceux qui pensent que ce type de résolutions peut aider le peuple palestinien se trompent.  Ils ne font que saper la crédibilité de la cause palestinienne, a insisté le représentant.


M. AARON JACOB (Israël) a précisé que ce débat s'engage 24 heures à peine après que cinq différents attentats palestiniens aient coûté la vie à treize civils israéliens.  Il a regretté que le projet de résolution présenté méconnaisse la campagne d'attentats-suicide palestiniens.  Il a déclaré qu'il n'y avait pas eu de massacre à Djénine et qu'il y a eu une propagande détestable à ce sujet.  Il y a eu une dure bataille entre les terroristes et les forces israéliennes, dans un environnement qui n'était pas le choix des Israéliens mais des terroristes palestiniens qui ont établi leurs bases dans des habitations civiles.  Israël a pris la décision d'utiliser des troupes terrestres pour se battre de maison en maison plutôt que de recourir à un bombardement aérien dans le souci de préserver la vie de civils palestiniens.  Il a rappelé que cette opération a coûté la vie à 23 soldats israéliens.  Les civils palestiniens sont mis en danger parce que c'est ce que souhaitent les terroristes palestiniens, a-t-il ajouté.  Le rapport constate qu'en n’empêchant pas le terrorisme, l'Autorité palestinienne foule aux pieds ses obligations internationales, car il doit empêcher les groupes présents sur son territoire de mener des attaques terroristes.  En violation des engagements pris et des résolutions du Conseil de sécurité, l'Autorité palestinienne et sa force de police forte de 40 000 personnes n'a toujours pas été capable de mettre un terme aux agissements des groupes terroristes présents sur son territoire.  Nous n'avons toujours pas entendu un dirigeant palestinien déclaré que le meurtre de civils était intolérable et injustifié.  Il a déclaré que les dirigeants palestiniens n'ont pas l'intention de régler les questions en suspens par la négociation.


Le représentant précisé que le terrorisme ne peut être considéré comme une tactique de négociation.  A cet égard, il a salué le courage des hommes des femmes et des enfants israéliens qui continuent de voyager, de prendre le bus, de se rendre sur leur lieu de travail et d'études.  La possibilité d'évoluer vers la paix passe par un changement de direction à la tête de l'Autorité palestinienne, a-t-il précisé.  Avec une direction nouvelle naîtra un nouveau soutien de la communauté internationale.  Il a dénoncé une certaine partialité du rapport et s'est demandé où était l'Assemblée générale lorsque 29 Israéliens sont décédés à la suite d’un attentat lors de la dernièrepâqueet lorsque 21 jeunes israéliens sont décédés à la suite de l'attentat dirigé contre une discothèque.  Il a réaffirmé qu'il était conscient qu'il n'y avait pas de solution militaire à ce conflit.  Il a précisé que le Gouvernement israélien s'est engagé dans la voie faisant suite à la vision exprimée dans les résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité, de toutes les conditions requises et compromis douloureux nécessaires pour garantir la paix et la sécurité.  En conclusion, il a appelé les Etats Membres à rejeter le projet de résolution présenté pour ne pas récompenser l'Autorité palestinienne pour son incapacité à lutter contre le terrorisme. 

M. ABUZED OMAR DORDA (Jamahiriya arabe libyenne) a évoqué le rapport du Secrétaire général et la situation générale de la Palestine.  Il a estimé que le rapport du Secrétaire général démontre la faiblesse des Nations Unies.  Il s'agit d'un rapport inodore et insipide qui met sur un pied d'égalité la victime et l'agresseur.  Ce rapport, a estimé le représentant, ignore la réalité et les informations rapportées par les agences de presse.  Ce rapport n'exprime pas la conscience humaine mais les desiderata de ceux qui ont voulu cacher la vérité et défendre leur point de vue «dans cet immeuble de 38 étages».  La faiblesse des Nations Unies est un reflet de la faiblesse des Etats Membres, a-t-il dit en constatant que certains de ceux qui travaillent dans le Département des affaires politiques ne sont pas souvent «internationalistes» comme l'exige leur statut.  Leurs responsabilités sont conformes aux intérêts de leurs maîtres.  Le représentant a souhaité que les Etats Membres tiennent compte de ce fait dans leur travail.  Il a rappelé que lorsque le Secrétaire général était revenu de Bagdad, il y a quelques années, il a été reçu en héros par le personnel de l'ONU.  C'était là, s'est-il souvenu, une image très emblématique du début de la libération de l'ONU.  Il a reproché aux Etats Membres d'avoir abandonné le Secrétaire général aux pressions des puissants.  Qu'avons-nous fait pour préserver l'indépendance des Nations Unies qui doivent être le parapluie des faibles et non un instrument au service des puissants pour battre les faibles, a dit en outre le représentant en déplorant que l'ONU soit aujourd'hui incapable de protéger son propre Secrétariat.  La Libye, a-t-il annoncé, tiendra des consultations pour renforcer l'ONU car il faut une Organisation forte et non faible.


Venant à la situation en Palestine, il a rappelé qu'au commencement de ce monde aucun Etat ne s'appelait Israël.  La Palestine a toujours existé et abrité des Juifs, des Musulmans et des Chrétiens.  Or aujourd'hui, le prétendu Israël abrite des ressortissants qui n'ont originairement aucun rapport avec la région.  Souhaitant démontrer ainsi que la question de la Palestine est une question d'occupation, le représentant s'est dit surpris que la communauté internationale continue de tout exiger des Palestiniens.  Ces derniers ont négocié dans tous les coins du monde, ils ont signé tous les accords et ils ont condamné les terroristes.  Pourquoi cette même communauté conteste-t-elle leurs dirigeants, s’est interrogé le représentant?  Pendant ce temps, a-t-il rappelé, les colonies de peuplement continuent de se multiplier.  Quatre millions de Palestiniens sont des réfugiés qui ne peuvent pas rentrer chez eux.  Alors, a encore demandé le représentant, de quelle sorte de paix parle Israël?  Quelle est cette comédie sarcastique?  Pour le représentant, ceux qu'on appelle des terroristes sont des feddayin qui seront immortalisés dans l'histoire.  Notre patience a des limites, notre tolérance et notre autosatisfaction aussi.  Le rapport du Secrétaire général devrait être jeté.  Il ne mérite pas d'être examiné, a-t-il conclu.


M. MOHAMMAD ABULHASAN (Koweït) a dénoncé les actes, qu'il a qualifiés d'atroces, perpétrés par les forces israéliennes dans les territoires palestiniens ainsi que le refus de la partie israélienne d'accueillir une Commission d'établissement des faits à Djénine.  Il a regretté que l'on mêle les causes et les événements et que l'on mette sur un pied d'égalité les obligations de la puissance occupante et de la population occupée.  Il a rappelé que ce rapport fait suite au refus israélien de communiquer des informations tel que cela avait été demandé par le Secrétaire général.  Il a dénoncé la récente attaque contre la ville de Gaza le 22 juillet dernier qui a vu l'utilisation d'avions de combat israéliens qui ont détruit des quartiers résidentiels.  Face à cette situation, il a souligné le droit légitime du peuple palestinien de se défendre et à vivre en liberté. 


Israël, a ajouté le représentant du Koweït, a eu recours à des moyens qui constituent un terrorisme d'Etat et qui a entraîné la suppression de toutes les bases de la sécurité, en alimentant la haine et la vengeance, en menant le peuple palestinien dans un état de désespoir.  Il a regretté l'attitude des Israéliens consistant à donner l'impression de pouvoir entreprendre tout acte sans avoir à en rendre compte devant la communauté internationale.  Face à cette situation les organes internationaux et notamment le Conseil de sécurité doivent s'acquitter de leurs responsabilités afin de préserver la paix et la sécurité internationales.  Il a demandé au Conseil de sécurité de prendre les mesures nécessaires contre ceux qui ont commis des crimes de guerre contre le peuple palestinien, en accord avec l'esprit de la Cour pénale internationale qui vient d'entrer en vigueur.  Les Israéliens, a-t-il encore ajouté, sont responsables de tout ce qui s'est passé au Moyen-Orient et cette situation ne pourra être résolue qu'avec le retrait des forces israéliennes de tous les territoires arabes occupés, et ce en accord avec les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité.  En conclusion,  il a appelé Israël à mettre un terme aux exécutions extrajudiciaires, aux arrestations arbitraires et aux châtiments collectifs. 


M. AKRAM (Pakistan) a rappelé que le rapport du Secrétaire général a été publié dans des circonstances difficiles.  Regrettant ainsi que les membres du Secrétariat n'aient pu se rendre dans les territoires occupés en raison du refus d'Israël, le représentant a estimé que l'illégalité de l'occupation israélienne est la cause principale de la situation de violence.  Il a ainsi dénoncé les programmes de colonies de peuplement en précisant que le droit de légitime défense n'a jamais été reconnu à l'occupant et qu'il ne saurait en aucun cas représenter un chèque en blanc.  Israël, a-t-il dit, continue de violer les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité qui exigent son retrait des territoires occupés.  Il continue aussi de violer les résolutions lui interdisant de modifier les caractéristiques démographiques de ces territoires et celles demandant une enquête directe sur les évènements de Djénine.  Venant à l'applicabilité de la Convention de Genève et des autres dispositions du droit humanitaire international, le représentant a souligné que, malgré ses insuffisances, le rapport du Secrétaire général a confirmé de graves violations du droit international.


Les mots «massacre» et «terrorisme» n'ont pas été juridiquement définis, a-t-il reconnu en estimant que tout permet de dire que les évènements de Djénine relève de crimes de guerre qu'il faut punir.  Il a voulu que l'Assemblée établisse le cadre juridique de mesures contre les auteurs de ces crimes mais aussi contre ceux qui ont décidé de la politique en vigueur.  Les violations du droit humanitaire doivent inclure, a-t-il estimé, des faits comme l'étouffement économique, le châtiment collectif ou encore le traitement arbitraire contre les populations civiles.  Le Pakistan s'est engagé dans la lutte contre le terrorisme, a rappelé le représentant.  Il reconnaît pourtant que la campagne antiterroriste peut être utilisée pour faire perdurer l'occupation étrangère d'un territoire comme c'est le cas au Jammu-et-Cachemire.  L'occupation est la cause du terrorisme, a insisté le représentant avant d'appeler, pour préserver l'ordre international, au respect des principes de la Charte, des résolutions du Conseil de sécurité et aux châtiments des forces d'occupation.


M. FAISAL ABDULLA HAMAD AL-ATHBA (Qatar) a déclaré que depuis la signature de la déclaration de principe sur l'autonomie du 13 septembre 1993, la situation est des plus graves en raison du blocus israélien, des contraintes imposées à la liberté de mouvements des Palestiniens, mais aussi du personnel des organisations internationales.  Il a dénoncé l'opération dénommée «bouclier défensif» lancée par les forces israéliennes le 29 mars 2002 qui a abouti le 3 avril à l'occupation de Djénine.  Il a regretté qu’Israël n'ait levé le blocus de Djénine qu'après que des massacres, d'ailleurs dénoncés par la communauté internationale, aient été commis.  Même si nous acceptons que le nombre de tués ne soit pas supérieur à 52 personnes, cela reste un massacre et il est regrettable que le rapport du Secrétaire général n'ait pas utilisé le terme de massacre.  Il a appelé la communauté internationale à faire cesser le terrorisme d'Etat et les crimes de guerre perpétrés par les Israéliens.  Il a regretté que l'on ne se soit pas plus basé sur des informations d'organisations non gouvernementales pour la rédaction de ce rapport et que l'on mette sur un pied d'égalité la résistance palestinienne avec ses fusils et ses pierres et la violence des forces israéliennes qui ont recours à des avions, des tanks et autres armes lourdes. 


Il a également précisé que le rapport du Secrétaire général comporte beaucoup de contradictions et qu'il est déséquilibré.  Il aurait dû insister sur la nécessité pour les Israéliens de collaborer avec l'Organisation des Nations Unies pour permettre à la Commission d'établissement des faits de se rendre à Djénine.  Pour que les Nations Unies puissent jouer leur rôle, a-t-il ajouté, la Charte des Nations Unies doit être respectée.  Il a exhorté les Nations Unies à faire preuve de neutralité dans toute épreuve.  En conclusion il a regretté que les résolutions du Conseil de sécurité soient restées sans suite.


M. JASSIM MOHAMMED BUALLAY (Bahreïn) a regretté la dégradation constante de la situation dans les territoires occupés.  Il a, dans ce contexte, voulu faire la distinction entre le terrorisme et le droit des peuples de se libérer du joug de l'occupation.  Les territoires palestiniens occupés, a-t-il estimé, sont un exemple probant de ce postulat.  Les évènements de Djénine ont suscité la colère internationale, a affirmé le représentant en estimant que les conclusions du rapport du Secrétaire général sont restées en deçà des attentes.  Il n'a pas été possible de mener une enquête pour montrer la réalité des faits, a-t-il regretté en disant comprendre que la cause palestinienne et l'occupation israélienne sont deux choses compliquées et complexes.  Mais il faut, comme tous les hommes de paix, reconnaître le droit des peuples à lutter contre l'occupation.  Il faut donc se garder de mettre sur un pied d'égalité l'occupant et l'occupé.  Les Nations Unies sont aujourd'hui le seul rempart du peuple palestinien.  Ce peuple attend de l'ONU qu'elle fasse respecter la loi et le droit jusqu'à la création d'un Etat palestinien, a conclu le représentant.


Mme ILHAM IBRAHIM MOHAMED AHMED (Soudan) a réitéré sa condamnation dans les termes les plus vifs des méthodes employées par Israël et son refus de coopérer avec la communauté internationale et notamment de recevoir l'équipe d'enquête du Secrétaire général.  Le rapport du Secrétaire général a été présenté tardivement et ne comprend pas les recommandations attendues, car il repose sur une approche alambiquée contraire aux évènements tels que perçus sur les écrans de télévisions.  Les crimes de guerre de l'armée israélienne semblent être présentés comme une réaction normale en faisant fis de la situation réelle sur le terrain, à savoir celle d'une occupation étrangère.  Le rapport dépeint la résistance légitime des Palestiniens comme une activité terroriste et établit un parallèle entre la victime et celui qui opprime.  Enfin, le rapport est partisan étant donné qu'il repose essentiellement sur des sources israéliennes malgré le refus de ce pays de collaborer à la réalisation de ce rapport.  Elle a rappelé que depuis mars dernier Israël fait la sourde oreille aux appels internationaux et aux résolutions du Conseil de sécurité et persiste dans son attitude à commettre des crimes contre des femmes et des enfants palestiniens.  Elle a regretté qu'Israël se place au-dessus de la loi, n'accorde aucun crédit à la communauté internationale et mine le prestige de l'Organisation des Nations Unies en ignorant ses recommandations.  Dans ce contexte, elle a demandé le retrait immédiat et inconditionnel des forces israéliennes de tous les territoires occupés conformément aux résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité.  En conclusion, elle a demandé à tous les pays d'adopter une position qui obligera Israël à répondre aux appels de la communauté internationale pour assurer la protection du peuple palestinien, la paix et la sécurité internationales et rétablir le prestige des Nations Unies.


M. GENNADY M. GATILOV (Fédération de Russie) s'est dit profondément préoccupé par la situation dans les territoires palestiniens occupés par Israël.  Ces deux derniers jours, a-t-il rappelé, plusieurs dizaines de personnes sont mortes ou ont été blessées.  Il a, une nouvelle fois, condamné ces activités criminelles qui non seulement coûtent cher en vies humaines mais empêchent la reprise de négociations.  Les actes terroristes, a-t-il poursuivi, sont un obstacle à la paix.  Le conflit n'a pas de solution militaire, solution qui ne peut assurer la sécurité d'Israël.  Le statu quo n'est pas acceptable, a estimé le représentant en appelant l'Autorité palestinienne à prendre des mesures d'urgence pour faire cesser les activités terroristes et le Gouvernement israélien à poursuivre la marche vers la détente.  Il a appelé les deux parties à faire preuve de modération et à éviter les actes de violence qui permettent aux forces extrémistes de reprendre l'initiative.


Le représentant a félicité Israël pour sa déclaration promettant de s'abstenir d'actes de représailles contre la population civile et a estimé qu'une contribution importante au processus de paix serait une interaction entre Israël et la Palestine dans le domaine de la sécurité et la relance des pourparlers.  Israéliens et Palestiniens doivent déployer davantage d'efforts pour faire cesser la violence et assurer un environnement favorable à la relance du processus de paix.  Le représentant a réaffirmé la validité des résolutions du Conseil de sécurité dont la vision de deux Etats.  Saluant les réformes entreprises au sein de l'organisation de l'Autorité palestinienne, il a estimé que les progrès dans ses réformes doivent être complétés par des efforts parallèles.  Il a appelé Israël à contribuer à la modernisation de la Palestine en réduisant le blocus des quartiers palestiniens, en débloquant les fonds qu'il doit à l'Autorité, en assurant un véritable accès à l'aide humanitaire et en mettant fin aux programmes de colonies de peuplement.


M. MIKHAIL WEHBE (République arabe syrienne) a formé le voeu que les délégations ne se contenteront pas de parler de l'attitude israélienne à Djénine, mais de toutes les activités israéliennes commises à l'encontre du droit humanitaire international depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.  Il a regretté que le rapport du Secrétaire général ne fournisse aucune proposition reposant sur les faits qui se sont déroulés à Djénine.  Il a regretté qu'Israël ait réussi à contourner le droit international et à se soustraire à ses obligations en refusant l'envoi d'une Commission d'enquête à Djénine. 

Il a estimé que ce rapport n'évoque pas le refus d'Israël de coopérer avec le Secrétaire général et n'évoque pas non plus la non-exécution de la résolution adoptée lors de la session extraordinaire de l'Assemblée générale à ce sujet.  Il a déclaré que les forces israéliennes ont recours à toutes sortes de méthodes «barbares» que l'on a connues lors des deux guerres mondiales, comme l'utilisation d'armes lourdes contre des civils. 


A titre d'illustration, le représentant s'est demandé comment on pouvait justifier les attaques de chars vendredi dernier contre une ville aussi petite que Naplouse qui a abouti à la destruction d'habitations et à la mort de leurs occupants civils.  Les massacres commis par les forces israéliennes, l'utilisation de boucliers humains, le recours à la torture, le déni de soins médicaux nous amènent à nous demander si cela ne constitue pas une violation grave du droit humanitaire international?  Les crimes commis par Israël correspondent à des crimes de guerre et l'ONU doit s'assurer que toutes les nations respectent les dispositions de ses instruments.  Ceux qui ont rédigé ce rapport, a-t-il ajouté, auraient dû analyser les conséquences de l'occupation par les Israéliens de territoires palestiniens.  Les militaires israéliens sont ceux qui ont envahi le camp de Djénine et les habitants de ce camp avaient le droit de défendre leurs maisons.  En conclusion, il a fait sien le commentaire du président de l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch qui a déclaré que l'ONU ne peut être fière de ce rapport. 


M. WEGGER STROMMEN (Norvège) a qualifié le rapport du Secrétaire général de substitut de ce qui aurait dû être présenté par la mission d'établissement des faits qui n'a jamais pu être déployée en raison du choix d'Israël de refuser, une nouvelle fois, de coopérer avec les Nations Unies.  Toutefois, s'est félicité le représentant, le rapport confirme que les militants palestiniens ont établi des bases militaires dans des zones à forte densité de population.  Le rapport confirme aussi, a-t-il souligné, la responsabilité de l'Autorité palestinienne de protéger les civils israéliens des attaques.  Mais, a poursuivi le représentant, le rapport indique clairement que la réponse israélienne a été hors de proportion.  Pour lui, les évènements de Djénine et des autres villes palestiniennes illustrent, une nouvelle fois, que le conflit israélo-palestinien ne peut être résolu par les armes et la guerre.  Se déclarant encouragé par les efforts de réformes de l'Autorité palestinienne, le représentant a lancé un appel urgent à Israël pour qu'il coopère avec l'Autorité palestinienne et la communauté internationale afin d'assurer le succès à ces réformes.  Israël doit mettre fin à sa politique de déplacement forcé et de punitions collectives.  Les incidents quotidiens ne peuvent influencer la stratégie plus large visant à ramener les deux parties à la table des négociations.  La Norvège appuie fermement les efforts du Quatuor.


M. RODOLFO ELISEO BENITEZ VERSON (Cuba) a regretté qu'Israël ignore de manière flagrante la résolution 1405 du Conseil de sécurité et s'oppose à l'envoi d'une Commission d'établissement des faits à Djénine.  Il a regretté les limites du rapport et les manœuvres d'Israël pour éviter que l'on connaisse la vérité.  Mais cette vérité, a-t-il précisé, sera connue et inscrite sur une page noire de l'histoire du monde.  Il a dénoncé les innombrables menaces de veto qui paralyse les travaux du Conseil de sécurité sur cette question.  Il a demandé aux Etats-Unis de suspendre immédiatement l'appui financier et militaire qu'ils accordent à l'Etat d'Israël à des fins belliqueuses.  La violation flagrante et constante des droits de l'homme doit s'arrêter et l'occupation illégale du territoire palestinien doit prendre fin.  Il a dénoncé les crimes commis contre le peuple palestinien tout en regrettant les victimes civiles israéliennes, qui, selon lui, sont une conséquence de la politique irresponsable du Gouvernement israélien.  Il faut envisager très sérieusement la proposition du Secrétaire général d'établir une force multinationale dans les territoires occupés et pour ce faire l'Assemblée générale doit agir pour sauver le peuple palestinien et la crédibilité des Nations Unies. 


Mme ELLEN MARGRETHE LOJ (Danemark) au nom de l'Union européenne et des pays associés, s'est félicitée du rapport du Secrétaire général tout en regrettant le refus d'Israël d'y coopérer.  Les actions militaires et violentes ne peuvent qu'entretenir la haine et compromettre les efforts visant à assurer la réconciliation et un règlement négocié de la situation au Moyen-Orient.  Elle a regretté la poursuite de la violence au moment même où la communauté internationale coopère avec les parties pour remettre sur les rails le processus de paix.  Les attaques indiscriminées contre les civils et la destruction des infrastructures civiles ne peuvent être justifiées, a-t-elle insisté.  La légitime défense n'est pas un chèque en blanc et les mesures antiterroristes ne libèrent pas Israël de ses obligations en vertu du droit international.  Réaffirmant l'applicabilité de la Convention de Genève dans les territoires occupés, elle a appelé Israël à éviter les pertes civiles.  Elle a souligné la responsabilité de l'Autorité palestinienne de protéger les civils, de faire cesser les attaques terroristes et de traduire les responsables en justice.  Revenant au rapport du Secrétaire général, elle a dit avoir noté avec préoccupation que les militants palestiniens ont adopté des mesures contraires au droit international.  Elle a regretté la décision d'Israël de refuser l'accès au personnel humanitaire et de les prendre parfois pour cible.  La représentante a appelé les deux parties à respecter scrupuleusement le droit international.


Le rapport du Secrétaire général, a-t-elle poursuivi, peint un tableau poignant des souffrances humaines et montre qu'une solution militaire n'existe pas.  Elle a rappelé l'avancée qu'a constitué le Sommet de Beyrouth et la décision du Quatuor d'établir un plan d'application de la vision d'un Etat palestinien, dans un délai de trois ans.  L'Union européenne, a-t-elle confirmé, est disposée à appuyer les parties dans ce processus en vue d'un règlement juste, global et durable du conflit au Moyen-Orient.


M. MOHAMMED AL-DOURI (Iraq) a précisé qu'un certain nombre de crimes contre l'humanité commis par Israël ont été consignés dans ce rapport.  Il a dénoncé les obstacles créés par Israël pour empêcher l'équipe d'établissements des faits de remplir sa mission.  Dans ce contexte, il s'est demandé pourquoi Israël a refusé cette commission, si elle n'a rien à craindre de la vérité?  Il a défini ce refus comme une manifestation de l'attitude arrogante d'Israël qui bénéficie du soutien des Etats-Unis et qui lui permet de ne pas se conformer aux résolutions des Nations Unies.  Chacun sait, a-t-il ajouté, que le peuple palestinien est exposé à une tragédie unique dans l'histoire à cause de crimes perpétrés quotidiennement contre lui.  Le rapport montre certes qu'il y a eu des crimes brutaux perpétrés par les Israéliens, mais il établit une égalité entre la victime et l'oppresseur et donne l'impression de soutenir l'auteur des crimes.  Il a regretté que ce rapport ne s'attaque pas à la cause du problème, à savoir le fait que la population palestinienne soit privée de ses droits.  Il a regretté que le rapport ne se base pas sur les différentes communications présentées par les organisations qui travaillaient sur place au moment des faits.


Le représentant a souligné que le devoir de l'ONU est de coordonner les travaux des différents Etats Membres et de s'assurer que soit respecté le droit international.  Il a regretté le manque de courage et de virilité pour dénoncer les crimes commis par le Gouvernement israélien, qu'il a défini comme un régime nazi et fasciste qui persiste à violer le droit humanitaire international.  Israël croit être au-dessus de la loi, a-t-il ajouté en se disant persuadé que les crimes commis le sont de façon délibérée et ciblée en vue d'essayer de chasser définitivement les Palestiniens et de permettre l'expansionnisme d'Israël.  Nous devons tous nous interroger sur ce qui va advenir du peuple palestinien?  La seule solution passe par la création d'un Etat palestinien dans des frontières internationalement reconnues dans le respect des résolutions adoptées à cet effet par le Conseil de sécurité.  En conclusion, il a demandé à la communauté internationale de faire preuve de solidarité et de lutter contre l'invasion israélienne.


M. V.K. NAMBIAR (Inde) a regretté qu'Israël n'ait pas coopéré au rapport du Secrétaire général.  Il a estimé que le rapport ne remplit pas sa mission qui était de fournir à l'Assemblée générale un compte rendu détaillé des évènements et une analyse complète des responsabilités dans les domaines de la sécurité, du droit humanitaire et des droits de l'homme des parties concernées.  Il a estimé que l'économie de langage et le libellé timide du rapport compromettent quelques fois sa crédibilité.  Le représentant a estimé que les détails fournis par le rapport montrent que les pertes de vies et de biens auraient pu être évitées si la protection des civils avait figuré parmi les priorités des forces israéliennes.  Il a réitéré l'appel de son pays pour qu'Israël prenne les mesures nécessaires afin de mettre fin au bouclage des territoires et d'atténuer les difficultés économiques des populations palestiniennes.  Le représentant a demandé la cessation immédiate d'actes de violence et de terrorisme contre tous les civils non armés.  Aucun motif politique, idéologique, religieux ou autre ne peut justifier le terrorisme, a-t-il insisté en ajoutant que la situation actuelle exige des parties qu'elles reprennent immédiatement le processus conduisant à la table des négociations. 


La réforme de l'Autorité palestinienne est un élément important mais elle ne peut devenir une condition préalable à la reprise du processus de paix surtout au moment où les pays arabes montrent le désir de normaliser leurs relations avec Israël.  Appuyant les efforts du Quatuor, le représentant a fait part de la conviction de son pays selon laquelle l'Autorité palestinienne dirigée par Yasser Arafat demeure un négociateur et un partenaire crédibles dans la mise en oeuvre des accords signés jusqu'ici. 


M. RAMEZ GOUSSOUS (Jordanie) s'est félicité des efforts du Secrétaire général pour la réalisation de ce rapport dans des circonstances difficiles à la suite du refus du Gouvernement d'Israël de recevoir la Commission d'établissement de faits à Djénine.  Il a rappelé que les territoires palestiniens sont des territoires occupés et qu'Israël doit respecter les principes de la quatrième Convention de Genève.  Il a dénoncé les violations graves du droit humanitaire international, violations qui se sont traduites par la mort de 492 Palestiniens entre mars et le 7 mai 2002.  Il a dénoncé en outre les exécutions extrajudiciaires, l'utilisation de boucliers humains, l'usage disproportionnée de la force, la destruction de propriétés privées et de biens publics, les arrestations arbitraires et la torture, ou encore la destruction de lieux de prière.  Le représentant a souligné que le rapport révèle que la Convention de Genève a été violée de manière répétée par Israël.  Il a exhorté la communauté internationale à tout mettre en oeuvre afin de protéger le peuple palestinien de l'agression israélienne et les parties contractantes de la quatrième Convention de Genève à entreprendre des mesures efficaces afin qu'Israël cesse de violer ladite Convention.  En conclusion, il a appelé les Nations Unies à tout mettre en oeuvre afin que soient respectées les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité et notamment la résolution 1397 qui envisage la création de deux Etats, Israël et Palestine, qui vivraient côte à côte en toute sécurité dans des frontières internationalement reconnues. 


M. DARMANSJAH DJUMALA (Indonésie) a regretté qu'en raison du refus d'Israël de coopérer avec les efforts du Secrétaire général, le rapport dont l'Assemblée est saisie n'ait pu se fonder sur des informations recueillies sur le terrain.  Il a dénoncé le refus d'Israël d'offrir la coopération requise en jugeant surprenant mais pas étonnant que, selon ce rapport, 52 Palestiniens seulement ont été tués.  Ces informations, a-t-il jugé, sont insensées au vu des incursions dans les foyers menées par les forces de défense israéliennes.  Du fait de cette situation, il est inconcevable que le rapport soit considéré comme la fin de l'enquête.  Partant, a-t-il dit, l'Indonésie exige que des pressions soient maintenues sur Israël pour qu'il accorde l'accès à une véritable mission d'établissements des faits.  La paix n'est pas possible sans la justice et la justice n'est pas possible sans la vérité.  Le peuple palestinien a le droit de voir se réaliser son voeu de liberté et la fin de l'occupation.  Il est important, a poursuivi le représentant, que la puissance occupante ne soit pas autorisée à jouir du luxe d'ignorer les droits du peuple palestinien et de fouler du pied les résolutions de l'ONU.  Les actions d'Israël constituent un véritable affront à la communauté internationale, a conclu le représentant. 


M. ZAINUDDIN YAHYA (Malaisie) s'est félicité des efforts du Secrétaire général pour la réalisation de ce rapport tout en regrettant le manque de coopération de la partie israélienne.  Il a salué un rapport qui met en évidence les souffrances du peuple palestinien et les atrocités subies de la part de la puissance occupante.  C'est pourquoi, il a vivement condamné les actes commis par les forces israéliennes durant les différentes incursions, tout particulièrement les exécutions extrajudiciaires, l'utilisation de boucliers humains, l'usage disproportionnée de la force, la destruction de propriétés privées et de biens publics, les arrestations arbitraires et la torture, enfin le déni de soins médicaux et l'obstruction  des activités humanitaires.  Il a regretté une situation conflictuelle qui a abouti à la mort de 1539 palestiniens et 441 Israéliens depuis septembre 2000.  Dans ce contexte, il a formé le voeu que des mesures immédiates soient prises afin de répondre  aux besoins du peuple palestinien, notamment dans le domaine humanitaire,  mais aussi pour la reconstruction de l'économie palestinienne.  Il s'est dit inquiet par l'escalade de la violence et de l'augmentation des victimes civiles de part et d'autre et s'est dit persuadé que le recours à la violence par Israël n'entraînera que plus de violence.  A titre d'illustration, il a déclaré qu'il était évident que le récent attentat dans l'Université hébraïque n'est qu'une conséquence de la brutale attaque au missile perpétré à Gaza. 


Le représentant a déclaré en outre que si Israël faisait preuve de plus de discernement et de retenue, nous aboutirions plus facilement à une solution négociée.  C'est pourquoi, il a exhorté les israéliens à se conformer aux résolutions 1402 et 1403 du Conseil de sécurité et à se retirer des territoires occupés pour en revenir à la situation antérieure à septembre 2000.  Dans l'attente, a-t-il ajouté, il est urgent de tout mettre en oeuvre pour que la situation ne s'aggrave pas plus pour en venir à une situation de non retour.  Pour ce faire, l'intervention d'une force internationale de maintien de la paix dans les territoires occupés serait des plus opportunes.  En conclusion, il a réitéré le soutien de son pays aux résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité et s'est dit persuadé que la résolution du conflit réside dans les grandes lignes de la résolution 1397 dudit Conseil qui soutien la création de deux Etats, Israël et Palestine,  qui puissent vivre côte à côte dans des frontières internationalement reconnues, et ce en toute sécurité.


M. YOSHIYUKI MOTOMURA (Japon) a condamné les ripostes israéliennes et les derniers attentats perpétrés en Israël en jugeant particulièrement regrettable que ces évènements se déroulent au moment où la communauté internationale entame des efforts concertés pour ramener la paix dans la région et où les parties commencent à reprendre contact.  Le représentant a lancé un appel à la Palestine pour qu'elle mette fin aux actes terroristes et à Israël pour qu'il fasse preuve de retenue.  Il est important, a-t-il insisté, que les deux parties enrayent la violence pour remédier de toute urgence à la situation humanitaire qui prévaut dans les territoires occupés.  Faisant part des efforts du Japon dans le cadre du processus de paix, le représentant a estimé qu'afin de réaliser la vision de deux Etats vivant côte à côte, il convient de s'attaquer aux questions de sécurité, de l'assistance économique et humanitaire et de la reprise du dialogue politique, et ce, simultanément. 


Une des tâches de la communauté internationale, a-t-il estimé, est de donner un appui ferme à la réforme de l'Autorité palestinienne.  En tant que membre de l'équipe spéciale chargée de cette question, le Japon participe activement aux groupes de travail sur les questions judiciaires, de primauté du droit et des élections.  Une mission doit d'ailleurs être envoyée sur le terrain pour développer les programmes d'assistance du Japon dès la refonte de l'Autorité palestinienne.  Il revient à Israël, a souligné le représentant, de créer un environnement favorable à la réforme.  Israël doit procéder au retrait complet de ses forces de défense, au transfert des revenus fiscaux, à la fin du bouclage des territoires et à la préservation des infrastructures civiles.  La communauté internationale se doit elle d'intensifier ses efforts pour mettre fin à ce conflit et les deux parties doivent faire tous les efforts possibles pour parvenir à la paix, a conclu le représentant. 


M. KIM CHANG GUK (République démocratique de Corée) a regretté qu'aucun progrès réel n'ait été obtenu pour le Moyen-Orient et qu'Israël continu de procéder à des attaques militaires très lourdes sur l'Autorité palestinienne et dans les territoires palestiniens en général.  Il s'est dit préoccupé par une situation qui va en s'aggravant et à condamné les excès des forces israéliennes qui ne se permettraient pas ces excès si elles n'étaient pas soutenues par un certain pays.  Les Nations Unies devraient continuer à travailler à la résolution de ce conflit de manière pacifique et la session actuelle devrait prendre des mesures pratiques pour défendre les droits du peuple palestinien.  En conclusion, il a exprimé sa pleine solidarité avec le peuple palestinien et son droit à défendre ses intérêts nationaux. 


M. KISHORE MAHBUBANI (Singapour) a regretté la reprise d'actes terroristes ce week-end.  Dans ce contexte, il a demandé la cessation immédiate de ces actes déplorables.  Ila reconnu le droit d'Israël de protéger ses civils face aux actes terroristes et a appelé les forces de police de l'Autorité palestinienne à tout mettre en oeuvre afin de mettre un terme aux activités des groupes terroristes.  Il a exhorté les autorités israéliennes à faire preuve d’un maximum de retenue dans leurs opérations militaires.  Il a regretté qu'Israël se soit opposé à l'arrivée de la Commission d'établissement des faits du Secrétaire général.  Dans ce contexte, il s'est félicité de la rédaction de ce rapport sur la base d'informations de seconde main.  La réaction aux terrorismes ne libère pas Israël de ses obligations face au respect du droit international, a-t-il ajouté.  Il a partagé le point de vue du Secrétaire général selon lequel les attaques terroristes ont entraîné de lourds dégâts pour l'économie israélienne.  L'escalade de la violence est contre productive pour établir une paix durable.  Le seul moyen d'y parvenir est d'aboutir à une situation où deux Etats, Israël et Palestine, puissent vivre côte à côte en toute sécurité, dans des frontières internationalement reconnues.  En conclusion, il a soutenu la tenue d'une conférence internationale de la paix et a déclaré qu'il était vital que le Secrétaire général et les autres membres du Quatuor restent engagés dans ce processus. 


M. JAVAD ZARIF (République islamique d'Iran) a déclaré qu'en dépit de ses grands défauts, le rapport du Secrétaire général révèle, dans une certaine mesure, les crimes perpétrés par l'armée israélienne.  Il le fait, a-t-il souligné, en dépit de l'attitude obstructionniste d'Israël.  Le représentant a donc estimé que le rapport a réussi à se faire l'écho des informations des groupes indépendants des droits de l'homme et des témoins oculaires.  Le rapport, a-t-il poursuivi, est très clair sur les crimes de guerre commis par Israël et sur la gravité de la crise humanitaire.  Cependant, il reste timide dans son libellé, a regretté le représentant en imputant ce fait à l'obstruction d'Israël et aux pressions de ses alliés.  Rappelant les péripéties qui ont abouti au démantèlement de l'équipe d'établissements des faits, le représentant a estimé que le refus d'Israël de coopérer avec les auteurs du rapport ne saurait surprendre.  Mettant en garde contre l'impact de cette impunité sur le système des relations internationales, il a dit ne pas comprendre la raison pour laquelle les auteurs du rapport se sont cru obligés de citer des éléments de propagande israélienne.  Il a dit ne pas comprendre non plus la distinction faite entre les militants et les non-militants palestiniens.  Comment douter du droit des habitants de Djénine et d'autres villes devant la présence d'une armée d'occupation? s'est-il interrogé en espérant que l'ONU trouvera un moyen de corriger cette situation déséquilibrée.  Pour sa propre crédibilité, l'ONU devrait porter ses efforts et son attention sur la cessation des pratiques barbares dont Israël se rend coupable dans les territoires occupés, a estimé le représentant.


M. ABOUL ATTA (Egypte) a dénoncé la politique israélienne qui consiste à affamer le peuple palestinien et à le maintenir dans une situation économique et humanitaire déplorable.  Il a formé le souhait que la communauté internationale oblige Israël à emprunter la voix de la paix pour tout le monde.  Il a dénoncé les violations flagrantes par Israël du droit humanitaire international, des droits de l'homme et de la quatrième Convention de Genève.  Le principe du châtiment collectif adopté par Israël contre des civils palestiniens ne saurait être justifié ni accepté par la communauté internationale et ne fera qu'envenimer la haine entre les peuples et ériger des obstacles à la paix.  Il a appelé la communauté internationale à tout mettre en oeuvre pour arrêter cette agression continuelle contre des civils désarmés et mettre fin à une situation humanitaire catastrophique.  Il a appelé les deux parties à rejoindre la table des négociations et à tout mettre en oeuvre afin d'appliquer la résolution 1397 du Conseil de sécurité qui dessine les grandes lignes d'une situation où deux Etats, Israël et Palestine, puissent vivre côte à côte en toute sécurité, dans des frontières internationalement reconnues.  En conclusion, il a souligné la nécessité de faire une distinction très claire entre l'agresseur et l'agressé. 


M. SUN JOUN-YUNG (République de Corée) s'est dit convaincu que le rapport du Secrétaire général aurait pu être plus complet si une équipe d'établissements des faits avait été déployée.  Se disant préoccupé par la détérioration de la situation dans la région due aux cycles d'actes terroristes et de représailles, le représentant a souligné le coût en vies civiles de cette situation.  Il a demandé aux deux parties de faire preuve de retenue et de respecter le droit humanitaire international.  Le recours à la violence ne peut être une solution.  Au contraire, a estimé le représentant, elle réduit les perspectives d'une paix durable dans la région.  Il s'est dit convaincu de la nécessité de reprendre le processus de paix avec «zèle et sincérité» sur la base de la résolution du Conseil de sécurité fondée sur la vision de deux Etats vivant côte à côte.  Il a félicité le Quatuor pour les efforts qu'il déploie et appuyé sans réserves son plan d'action.  Les aspects humanitaires du conflit doivent être réglés d'urgence et à cet égard, l'assistance de la communauté internationale doit être maintenue.  La voie d'un règlement juste et durable doit être fondée sur une application complète des résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité, a insisté le représentant.


M. PAPA LOUIS FALL (Sénégal), Président du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, a souhaité aborder deux sujets qu'il a définis comme brûlants, tout d'abord la question du rapport du Secrétaire général puis l'incapacité du Conseil de sécurité à faire appliquer ses propres décisions et à exercer pleinement la responsabilité qui lui incombe aux termes de la Charte des Nations Unies.  Evoquant ce qu'il a défini comme l'incompréhensible refus d'Israël de coopérer avec l'équipe d'établissement des faits, le Secrétaire général n'avait d'autre solution que de recourir à des informations de seconde main.  En dépit des facteurs rédhibitoires, le rapport du Secrétaire général n'en recèle pas moins d'amples éléments de preuves donnant à penser que la puissance occupante, en réaction à des attaques terroristes, ont lancé l'opération «Bouclier de défense», en contrevenant délibérément aux obligations qui sont les siennes, au regard de la quatrième Convention de Genève, et des normes cardinales du droit humanitaire international.  La liste des atrocités commises à l'encontre des populations et l'ampleur des dommages subis par les infrastructures de l'Autorité palestinienne, sans parler des tentatives d'élimination du Président Yasser Arafat et de ses proches, sont à ce point accablants, que l'on pourrait même parler de crimes de guerre.  Il a dénoncé les pratiques illégales israéliennes qui se poursuivent dans la Palestine occupée.


Le Conseil de sécurité ainsi que les Hautes Parties Contractantes à la quatrième Convention de Genève se doivent de se pencher sérieusement sur l'opportunité de prescrire les mesures appropriées, en vue de traduire en justice les auteurs et commanditaires de ces forfaits, afin que de telles tragédies ne puissent jamais plus se renouveler.  Il a appelé les instances internationales à intervenir de façon urgente et a dénoncé les meurtres sélectifs ou collatéraux, qu'ils soient palestiniens ou israéliens, quelles qu'en soient les circonstances ou motivations.  Il a dénoncé en outre ce qu'il a appelé l'inaction collective internationale qui a permis aux violations du droit international humanitaire de prospérer.  L'occupation déshumanise deux peuples cousins et sape la légitimité de leurs desseins communs, y compris l'objectif déclaré de la sécurité d'Israël.  Il a sommé la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à intervenir plus résolument dans la région pour garantir la sécurité des civils, tant israéliens que palestiniens.  Cela passe par la concrétisation de cette vision de deux Etats à l'intérieur des frontières de 1967, et la convocation d'une conférence internationale devant déboucher sur un mécanisme précis qui couvrirait les volets politique, économique et sécuritaire, avec pour point de mire, la création d'un Etat palestinien souverain, avant l'horizon triennal énoncé par le Président Bush le 24 juin 2002.  La grande majorité des populations, israéliennes comme palestiniennes, à l'instar de l'humanité tout entière, attendent des Nations Unies, singulièrement du Conseil de sécurité, qu'elles redressent la situation, empêchent la perte d'autres vies innocentes, et oblitèrent définitivement le spectre apocalyptique d'un embrasement généralisé dans la région du Moyen-Orient.  Le dialogue politique étant la condition sine qua non de tout règlement, il a appelé à agir ici et à maintenant, en adoptant, avec une majorité aussi claire que significative, le projet de résolution soumis à l'Assemblée générale. 


M. MUNSHI FAIZ AHMAD (Bangladesh) a estimé que le rapport du Secrétaire général ne peut être considéré comme un compte rendu complet de la situation à Djénine et dans d'autres villes palestiniennes, étant donné qu'il a été élaboré en dehors du terrain.  La situation au Moyen-Orient, a-t-il estimé, continue de se développer dans un cycle désespéré de cruauté et de violence comme le montrent les mesures prises par Israël.  Dans ce processus, Israéliens et Palestiniens continuent à souffrir, a souligné le représentant en condamnant tous les actes terroristes.  Mais, a-t-il convenu, cette position n'a de valeur que pour ceux qui vivent dans des conditions saines et civilisées.  Qu'attendre d'autre d'un peuple soumis à des traitements inhumains, humiliants et cruels? s'est interrogé le représentant.  Un mal ne justifie pas un autre mais la responsabilité primordiale repose plutôt sur ceux qui ont une position relative de force.  Le Bangladesh, a-t-il poursuivi, condamne les excès d'Israël dans les territoires palestiniens.  Les deux parties ont des obligations de s'abstenir de la violence tant il est vrai que les actes violents ne peuvent assurer la sécurité d'Israël ni promouvoir les revendications de la Palestine.  Il faut rappeler qu'Israël a commis des meurtres extrajudiciaires lorsque des efforts étaient déployés pour freiner la violence et que les deux parties étaient au seuil d'un accord sur la cessation de la violence.  On peut donc légitimement s'interroger sur les motivations d'Israël, a insisté le représentant. 


Pour lui, le but est de créer deux Etats vivant côte à côte et la question est de savoir comment y parvenir.  Il faut reconnaître, a-t-il dit, que la cause principale de la situation est l'occupation israélienne.  Il a appelé les deux parties à mettre un terme au cycle de violence et à respecter leurs obligations en vertu du droit international.  La communauté internationale doit intensifier ses efforts, a-t-il dit en se félicitant des efforts déployés par le Quatuor.  Une fois remis sur les rails, le processus de paix devrait se poursuivre sans relâche.  Il ne faut pas permettre que ce processus soit compromis par les actes d'éléments violents et irresponsables. 


M. CHUCHAI KASEMSARN (Thaïlande) s'est félicité des efforts du Secrétaire général tout en regrettant que la discussion de ce rapport intervienne à un moment ou plusieurs événements tragiques ont entraîné la mort de nombreux civils innocents des deux côtés.  Cette situation a un effet négatif sur le processus de paix, a-t-il déclaré.  C'est pourquoi, il a appelé les deux parties à faire preuve de retenue afin que la vie des civils soit préservée et que le processus de paix puisse être relancé.  Il a appuyé tous les efforts internationaux pertinents, y compris le projet de paix du Prince héritier saoudien Abdullah, ainsi que le processus en cours de consultation dans le cadre des initiatives du Quartet diplomatique.  Il a formulé l’espoir que ces efforts permettront de rétablir la paix dans toute la région du Moyen-Orient. 


M. JAIME ACUNA (Chili) a fait part de sa douleur devant les morts enregistrées à Djénine et dans d'autres villes palestiniennes.  Il a estimé que le rapport du Secrétaire général donne un tableau juste d'une souffrance continue.  Il a regretté, à cet égard, l'absence d'une collaboration de la part d'Israël en l'appelant à adopter une position constructive qui permettrait d'imposer la paix.  La lutte pour la dignité humaine repose sur le principe fondamental de l'inviolabilité de la vie, l'acceptation d'avis contraires, le respect mutuel et la prudence dans les mots.  Le Chili, a déclaré le représentant, juge déraisonnables les annonces de châtiments collectifs ou de déportation.  Il est également déraisonnable de proférer des menaces contre la population israélienne.  Pour le représentant, les deux parties doivent tout mettre en oeuvre pour mettre fin à la violence dans une situation qui n'a pas de solution militaire.  La seule voie viable est le recours au dialogue et aux négociations.  Israël doit mettre fin aux opérations militaires et retirer ses troupes des zones qui relèvent de l'Autorité palestinienne.  L'occupation doit cesser et la voie vers deux Etats indépendants doit être ouverte. 


Le représentant a estimé que les efforts de la communauté internationale doivent porter sur le rétablissement du respect mutuel pour que les négociations de paix puissent se faire sur un pied d'égalité.  La reconnaissance du droit des peuples à élire leurs dirigeants sans pression doit être la clé de ses relations égalitaires.  Le représentant a conclu en se félicitant des efforts déployés par le Quatuor qui permettent des espoirs sur l'instauration d'une paix durable sur la base des résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité.


M. DUMISANI KUMALO (Afrique du Sud), s'exprimant au nom du Groupe des Non-alignés, a regretté qu'Israël ait tout mis en oeuvre pour empêcher la communauté internationale d'avoir accès à la vérité sur ce qui s'est passé à Djénine.  Les événements de Djénine comme ceux de Sabra et de Chatila vont hanter les Israéliens durant de longues années, a-t-il déclaré à cet effet.  Il a dénoncé l'utilisation de bombe guidée au laser sur des zones habitées de Gaza.  Cependant les attaques israéliennes en guise de représailles et leurs conséquences nous montrent que nous sommes loin d'accéder à la paix.  La poursuite des opérations militaires a abouti à une catastrophe humanitaire et économique.  Il a attiré l'attention de l'Assemblée générale sur les souffrances extrêmes causées à des civils innocents notamment femmes et enfants.  A cet égard, il a regretté l'usage disproportionné de la force qui a abouti à plus de 500 morts du côté palestinien durant la période allant du 1er mars au 7 mai 2002.  Il a dénoncé les exécutions extrajudiciaires, l'utilisation de civils comme boucliers humains, les tortures, la destruction de biens privés et bâtiments publics, faits qu'il a défini comme un obstacle important sur la voie d'un règlement pacifique du conflit.  Il a fait état des témoignages du personnel des Nations Unies ou personnel médical évoquant les choquantes attaques israéliennes contre des ambulances et personnel médical.  Il a également dénoncé les incursions militaires israéliennes qui ont eu pour effet d'affaiblir très fortement la capacité de l'Autorité palestinienne de faire face à ses responsabilités.  Il appartient à la communauté internationale de redoubler d'efforts pour aboutir à la mise en place d'un environnement favorable à la reprise des négociations.  Car tant que les Palestiniens n'auront pas une patrie, les peuples du Moyen-Orient ne connaîtront pas la paix, a-t-il conclu. 


M. OMAR KADIRI (Maroc) a déclaré que la reprise de la session d'urgence reflète l'inquiétude de la communauté internationale devant les agissements d'Israël dans les territoires occupés.  L'aggravation de la situation a eu pour résultat de paralyser tous les efforts de paix, y compris la dernière initiative des pays arabes adoptée lors du Sommet de Beyrouth et les initiatives du Quatuor.  Le Maroc est préoccupé devant la politique arbitraire d'Israël dans les villes palestiniennes annonciatrice de catastrophes humanitaires, a indiqué le représentant.  Commentant le rapport du Secrétaire général, il a estimé que ce document n'a pas réussi à déterminer les responsabilités et la gravité des crimes commis par les forces israéliennes étant donné qu'il a été élaboré en dehors du terrain.  Le Gouvernement israélien, a regretté le représentant, a refusé de fournir aux Nations Unies toute information sur les faits. 


Le rapport a, selon lui, prouvé les violations nombreuses du droit international humanitaire commises par les forces israéliennes.  Le cycle de la violence et de représailles ne peut qu'aggraver les pertes humaines et matérielles.  Le choix d'une logique sécuritaire ne peut mettre un terme au cycle de violence.  La communauté internationale doit plus que jamais obliger le gouvernement israélien à respecter le droit international, à mettre un terme à son occupation, à reprendre les négociations et à se conformer aux principes du processus de paix.  Le Maroc, a souligné le représentant, condamne la violence sous toutes ses formes, convaincu que le terrorisme n'a ni religion ni patrie.  Citant les propos du Roi de Maroc «qui n'épargne aucun effort pour contribuer aux efforts régionaux et internationaux visant à inciter les parties prenantes à reprendre les négociations», le représentant a estimé que l'édification de la paix exige le retrait des forces israéliennes, la création d'un Etat palestinien ayant Al Qods comme capitale et la restitution de tous les territoires occupés.


Mme MARIA ELENA CHASSOUL (Costa Rica), s'exprimant au nom des 19 pays du Groupe de Rio, s'est félicitée du rapport du Secrétaire général en dépit des circonstances très difficiles qui ont entouré son élaboration et des obstacles que le Secrétariat à rencontrés.  Le Groupe de Rio, a-t-elle ajouté, réitère sa condamnation du terrorisme sous toutes ses formes et exige la cessation immédiate de tout acte de violence et le plein respect du droit humanitaire internationale.  Elle a également appelé les parties concernées à se conformer aux résolutions 242, 338, 1397 et 1402 du Conseil de sécurité et de tout mettre en oeuvre a fin de retourner à la table des négociations.  Enfin, elle a fait sienne la volonté du Quatuor d'accorder une attention prioritaire à la nécessité de garantir la sécurité de la population civile et de répondre aux besoins humanitaires.


M. MEHMET BILMAN (Turquie) s'est associé à la déclaration faite par le Danemark au nom de l'Union européenne.  Toutefois il a condamné tous les actes terroristes, en souscrivant à la douleur des Palestiniens suite à l'attaque israélienne à Gaza en juillet dernier.  Tout en reconnaissant le droit d'Israël à se défendre contre toute attaque, il a appelé les forces israéliennes à faire preuve de la plus grande retenue, afin de ne pas répondre par des attaques militaires disproportionnées.  Il est regrettable, a-t-il ajouté, qu'Israël n'ait pas répondu à la demande de renseignements que lui demandait l'Organisation des Nations Unies et a formé le voeu que l'importance des organisations humanitaires soit reconnue à l'avenir.  Le représentant de la Turquie a déclaré qu'il était inacceptable que les groupes palestiniens exploitent et utilisent des civils.  Il a réitéré qu'il était persuadé qu'il n'y avait pas de solution militaire à ce conflit et a exhorté les deux parties à prendre les mesures voulues pour aboutir à la paix et à la coexistence de deux Etats, Israël et Palestine, vivant côte à côte en toute sécurité, dans des frontières internationalement reconnues.  La Turquie, a-t-il ajouté, qui entretient des bonnes relations avec les deux parties est prête à jouer un rôle de médiateur pour faciliter la reprise des négociations.  Il incombe à la communauté internationale tout entière, et aux parties concernées, en particulier, à tout mettre en oeuvre afin de sortir du cycle de la violence. 


M. MARTIN ANDJABA (Namibie) a regretté, tout en prenant note du rapport du Secrétaire général, qu'Israël ait non seulement refusé d'autoriser le déploiement de l'équipe d'établissement des faits mais aussi de coopérer dans l'élaboration du rapport.  Il a estimé que le rapport n'aurait pas dû contenir des coupures de presse des médias israéliens.  Il s'agit là, a insisté le représentant, d'un précédent dangereux qui voit un Etat Membre refuser sa coopération à l'ONU.  Poursuivant, il a souhaité qu'aucun effort ne soit épargné pour assurer le retour des parties à la table des négociations.  Insistant sur la situation du peuple palestinien victime de l'agression israélienne et sur la détermination d'Israël à détruire l'Autorité palestinienne, le représentant a appelé la communauté internationale à faire en sorte qu'Israël ait à rendre compte de ses violations du droit humanitaire international et de ses crimes de guerre.


Il est regrettable, a encore souligné le représentant, que le Conseil de sécurité soit paralysé et ne montre aucune intention d'agir au regard de la situation tragique qui prévaut dans les territoires occupés.  L'autorité du Conseil est encore plus écornée par son incapacité à faire respecter ses propres résolutions.  L'occupation est la cause de la violence et de l'insécurité dans la région, a souligné le représentant avant d'ajouter que la question fondamentale est donc de mettre fin sans conditions à cette occupation.  Pour ce faire, il faut de la volonté politique de la part d'Israël et de l'honnêteté de la part des médiateurs.  Les tentatives de certains milieux de chasser le Président Arafat de ses fonctions sont non seulement contraires à la démocratie mais en tout point inacceptables.  Personne d'autre que le peuple palestinien n'a le droit de décider de sa direction.  Le représentant a appuyé tous les efforts tendant à un règlement juste, durable et global sur la base des résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil.  Il s'est félicité des efforts du Quatuor en vue de créer deux Etats vivant ensemble dans la paix.


M. BIJAYEDUTH GOKOOL(Maurice) s'est dit profondément choqué par les destructions provoquées dans le cadre de l'opération «bouclier défensif».  Il a déploré les morts provoqués hier par une bombe dans un autobus, ainsi que l'attaque menée contre l'Université hébraïque.  Il a formé le voeu que l'engrenage de la violence cesse, ce qui n'est possible qu'à condition que les deux parties conviennent d'une démarche visant un règlement pacifique sur la base des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité.  Car, a-t-il ajouté, il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit.  Il s'est dit convaincu que seule une approche globale, qui traiterait à la fois les questions économiques, politiques et humanitaires sur la base de l’échange de la terre contre la paix permettra d'atteindre les objectifs recherchés en matière de paix.  Il s'est dit convaincu qu'il faut un retrait immédiat des forces israéliennes, car il est inacceptable que les dirigeants et le peuple palestiniens soient ainsi tenus en otage.  Dans ce contexte, il a exhorté les parties à s'engager vers un véritable dialogue et des négociations qui permettent d'aboutir à une désescalade de la violence au Moyen-Orient.


M. YAHYA MAHMASANI, Ligue des Etats arabes, a stigmatisé le refus d'Israël de coopérer aux efforts du Secrétaire général visant à collecter des informations sur les évènements de Djénine.  Le représentant a regretté le manque de fermeté de la communauté internationale face à l'attitude d'Israël qui continue de fouler au pied la légitimité internationale.  Il est regrettable, a-t-il dit, que le rapport du Secrétaire général n'ait osé mentionner les massacres alors qu'ils ont bien eu lieu.  Le monde est devant une situation déplorable qui ne peut que se détériorer si les violations du droit international se poursuivent.  Devant le rapport du Secrétaire général, il faut regretter, une nouvelle fois, le démantèlement de l'équipe d'établissements des faits prévue initialement.  Il est temps que l'Assemblée adopte une résolution pour rétablir la crédibilité.  L'Assemblée doit demander à Israël d'assumer ses responsabilités et d'assurer la protection des civils.  Il est temps, a insisté le représentant, de contraindre Israël à respecter les résolutions du Conseil de sécurité.  Il faut lui demander de quitter, une fois pour toutes, les territoires occupés.  Le temps est venu de créer un environnement favorable à l'établissement d'institutions palestiniennes indépendantes et de renforcer les efforts internationaux pour donner corps aux résolutions du Conseil et de l'Assemblée.  La résolution présentée aujourd'hui est peut-être un pas dans la bonne direction, a espéré le représentant.


M. SHASHID HUSAIN, Observateur de l’Organisation de la Conférence islamique, s'est dit choqué par les conclusions du rapport du Secrétaire général sur les agressions israéliennes contre la population civile.  Il a regretté le manque coopération d'Israël et le sabotage de l'initiative de la Commission d'établissement des faits qui avait le soutien du Conseil de sécurité.  Il a regretté que cette attitude israélienne s'exprime au mépris des résolutions du Conseil de sécurité, à un moment où un consensus de la communauté internationale autour de la nécessité de permettre l'émergence de deux Etats, Israël et Palestine, vivant côte à côte dans des frontières internationalement reconnues, commence à prendre forme.  Il a précisé que M. Abdelouahed Belkeziz avait suggéré à M. Kofi Annan, à l'époque où celui-ci proposait l'envoi d'une force multinationale dans les territoires occupés, d'envoyer une commission d'enquête internationale sur les atrocités commises par les forces israéliennes à l'encontre de la population civile.  Il semble, a-t-il par ailleurs souligné, que les dirigeants actuels d'Israël soient opposés à un processus de paix basé sur l'idée de la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale, et qu'ils préfèrent entretenir une situation conflictuelle plutôt que  de rechercher des solutions.  A cet égard, il a conclu que si le Gouvernement israélien veut vraiment la paix et la sécurité, il devrait retirer ses forces d'occupation de tous les territoires occupés et retourner à la table des négociations. 


Explications de vote


La représentante du Canada a déclaré que le Canada a toujours appuyé les initiatives du Secrétaire général pour disposer d'informations précises.  Elle a souligné le rôle important des Nations Unies et des deux parties concernées pour la recherche d'une solution.  Elle s'est dit déçue par la décision d'Israël de ne pas coopérer avec la Commission d'établissement des faits proposée par le Secrétaire général avec le soutien du Conseil de sécurité.  Le Canada s'est abstenu, car le projet de résolution ne traite pas de façon équilibrée et adéquate une situation qui a fait trop de morts.  Le Canada ne peut accepter que l'on isole une partie dans l'interprétation de la situation.  La représentante a regretté qu'il s'agisse d'un texte complètement différent de ce qui a été présenté en début de journée et que le temps a manqué pour examiner ce projet plus avant.  Elle a exprimé le voeu du Canada de voir reprendre les négociations et a réaffirmé sa volonté de contribuer à leur succès. 


Le représentant d'Israël a déclaré qu'il avait voté contre ce projet parce qu'il ne reflète pas la réalité du terrorisme palestinien et les propos du Secrétaire général qui y sont contenus sont déformés.  Le projet passe sous silence les nombreux morts israéliens victimes d'attentats terroristes.  Le 7 mai 2002, 15 Israéliens étaient assassinés dans une salle de billards une heure avant que l'Assemblée générale n'adopte une résolution demandant une enquête sur les actes commis par les forces israéliennes à Djénine.  Nous aurions alors souhaité qu'une résolution soit prise pour condamner le terrorisme palestinien en demandant à l'Autorité palestinienne de lutter enfin contre le terrorisme.  Aucune de ces résolutions univoques n'a apporté de solution ni à la violence ni au conflit dans son ensemble.  Elles n'ont fait que porter préjudice à la réputation de l'Assemblée générale. 


Le représentant de l'Australie a déclaré que son pays s'est abstenu parce que les responsabilités de chacun ne sont pas assez clairement définis par ce projet de résolution.  Du point de vue de l'Australie, le fait de prendre pour cible des civils est tout à fait inacceptable.  Il a considéré que la résolution ne couvre pas tous les aspects du conflits et regretté que les délégations n'aient pas eu le temps de consulter leurs capitales respectives.


La représentante du Danemark, s'exprimant au nom de l'Union européenne et des pays associés a déclaré qu'elle avait voté pour ce projet de résolution, car l'Union européenne se félicite du rapport du Secrétaire général dans son ensemble.  L'Union européenne rejette l'utilisation de la violence à l'encontre des civils par les deux parties et aurait souhaité que cette violence soit condamnée de manière plus forte dans la résolution.  L'Union européenne réaffirme sa volonté d'appuyer les parties dans un processus qui les amènerait vers un règlement juste et durable en accord avec les résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité.


Le représentant du Guatemala, expliquant que son vote positif a été un choix difficile, s'est félicité du rapport du Secrétaire général qui selon lui, contient des faits terrifiants.  Toutes les parties ont leur part de responsabilité, a-t-il estimé en imprimant le même caractère répugnant aux actes de violence des deux parties.  Se déclarant alarmé par la spirale de violence, il a souligné la nécessité pour les parties de retourner à la table de négociations.


Le représentant du Pérou a regretté que la résolution ne comprenne pas de condamnations claires des actes terroristes contre les civils israéliens.


Le représentant du Paraguay a félicité le Secrétaire général pour son rapport malgré les contraintes qu'il a connues.  Les parties, a-t-il dit, ont une responsabilité égale en ce qui concerne les évènements de Djénine.  Elles doivent prendre l'engagement de rétablir la sécurité et la protection de civils.  Le vote positif du Paraguay s'explique par le fait que le texte est semble plus équilibré, a poursuivi le représentant avant de condamner, une nouvelle fois, tout acte de violence.  Il a aussi souligné la nécessité pour les parties de renouer un processus conduisant à la table des négociations.


Déclaration


L'Observateur de la Palestine a remercié ceux qui, malgré toutes les difficultés, se sont engagées dans des négociations difficiles pour arriver à une position largement partagée sur la question à l'examen.  Répondant aux propos tenus par le représentant d'Israël, il les a qualifiés d'arrogants et de perfides non seulement vis-à-vis du peuple palestinien mais aussi de l'ensemble de la communauté internationale dont l'Assemblée générale qui représente les peuples du monde entier.  Le représentant d'Israël, a estimé l'Observateur, refuse de comprendre que son pays est une puissance occupante.  C'est le seul Etat aux Nations Unies qui est considéré comme une puissance occupante et qui colonise la terre palestinienne.  C'est le seul pays qui n'a appliqué aucune résolution du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale.  C'est le seul pays qui continue de violer le droit international et le droit humanitaire international dont la quatrième Convention de Genève.  Israël, a encore indiqué l'Observateur, a déraciné une moitié des Palestiniens et soumis l'autre moitié à une occupation brutale. 


Le problème est qu'Israël continue de nier ces faits.  Il n'est nullement besoin d'épiloguer sur les propos diffamateurs tenus contre la direction palestinienne.  La position des autorités palestiniennes est juste comme le prouve l'adoption de la résolution.  La déformation des faits et du rapport du Secrétaire général auxquelles a procédé le représentant d'Israël doit être dénoncée.  Le rapport, a souligné l'Observateur, n'a jamais conclu à l'inexistence d'un massacre.  Les chiffres ne sont pas importants.  La question est de savoir dans quelles circonstances des civils ont trouvé la mort.   Le rapport du Secrétaire général présente des faiblesses mais il traite d'aspects importants qui méritent d'être pris en compte.  Telle est la position de l'Autorité palestinienne qui attend l'avènement d'une nouvelle ère au Moyen-Orient, avec l'appui de la communauté internationale.


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