17/06/2002
Communiqué de presse
AG/1295



Assemblée générale

101e et 102e séances plénières

matin et après-midi


LA RÉDUCTION DU FOSSÉ NUMÉRIQUE EST INDISPENSABLE À LA CRÉATION

D’UNE SOCIÉTÉ MONDIALE DE L’INFORMATION


L'Assemblée générale ouvre sa réunion sur les technologies

de l'information et de la communication au service du développement


Au cours de cette première journée de la réunion de l’Assemblée générale consacrée aux technologies de l’information et de la communication au service du développement (TIC) qui se poursuivra demain, les délégations ont insisté sur le rôle que ces technologies pouvaient jouer dans l’inclusion des pays en développement à la fois aux échanges économiques de la mondialisation et aux interactions culturelles de la nouvelle société mondiale de l’information.  Le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) avait, en l’an 2000, adopté une Déclaration ministérielle sur le rôle des TIC, dans laquelle était proposé un programme d’action.  Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, avait alors créé le Groupe d’études sur les technologies de l’information et de la communication, en vue d’étudier et favoriser la coordination des efforts à déployer dans ce secteur.


Aujourd’hui, dans son allocution d’ouverture, M. Kofi Annan a, après avoir constaté que le fossé numérique qui existe entre le Nord et le Sud de la planète ne cesse de se creuser, souhaité que des efforts reposant sur les besoins réels des peuples qui sont dans le besoin puissent être déployés, en y assurant la participation des pays en développement eux-mêmes à toutes les étapes et sur un long terme. 


Hôte d’honneur de cette réunion de l’Assemblée générale, M. Abdoulaye Wade, Président de la République du Sénégal, qui s’adressait aux délégués en tant que Coordonnateur du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), a déclaré que le NEPAD a érigé la question des TIC au rang de ses principales priorités.  Répondant à l’appel du NEPAD, des grandes entreprises du secteur privé comme Microsoft, Cisco, Hewlett Packard et Tiscali, ont participé à la Conférence organisée à Dakar au mois d’avril dernier sur le «Partenariat avec le secteur privé pour le financement du NEPAD», a dit le Président Wade en soulignant que ces entreprises ont clairement ainsi manifesté leur souhait d’accompagner l’Afrique dans sa passionnante aventure technologique.  Prenant pour exemple le tout nouveau système de liaison sous-marine à fibres optiques inauguré le 28 mai dernier, et qui relie directement à moindre coût l’Afrique à l’Europe et à l’Asie, le Président du Sénégal a estimé que le continent africain était sur la voie du «désenclavement numérique» grâce à cette initiative relevant des projets TIC que le NEPAD ambitionne de promouvoir par des partenariats avec le secteur privé.


Donnant un exemple de ce qui peut être accompli à des coûts abordables quand une volonté politique et un leadership fermes existent, le Ministre de l’information et des télécommunications de la République de Corée, N. Yang Seung-Tak, a dit que son pays, dont 5% de la population seulement disposaient d’une ligne de téléphone fixe dans les années 1980, possède aujourd’hui le réseau d’information câblé et non câblé le plus complet au monde, 60% de la population sud-coréenne disposant d’autre part de la téléphonie mobile.


Pour le représentant de l’Espagne, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, le Sommet mondial sur la société de l’information qui aura lieu en 2003 à Genève et 2005 à Tunis devra se tenir au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement tout en incluant cependant les entreprises du secteur privé et les acteurs de la société civile compétents dans le domaine des TIC.  Tout en partageant ce point de vue, M. Rudolf Römer, Ministre de la science et de la technologie du Venezuela, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a estimé que la révolution des TIC peut faire la différence et offrir des opportunités à des centaines de millions de personnes à travers le monde si ces technologies sont utilisées pour atteindre les objectifs de développement du millénaire.  Mais, a dit M. Romër, nous regrettons que cette question ne soit pas abordée comme il se doit, et que les possibilités qu’elle offre continuent d’échapper aux pays en voie de développement, ce qui ne fait qu’accroître le fossé numérique. 


Pour M. Ivan Simonovic (Croatie), Président de l’ECOSOC, le Conseil économique et social jouera son rôle de coordination dans les questions concernant le développement des TIC dans les pays du Sud.  Après la Conférence sur le financement du développement tenue à Monterrey, a dit M. Simonovic, le Sommet mondial sur le développement durable devra constituer une nouvelle plate-forme pour le lancement de nouveaux partenariats dans ce domaine.


Les représentants des pays et dont la liste suit ont aussi pris la parole: Iran, Etats-Unis, Chine, Japon, Algérie, Sri Lanka, Roumanie, Andorre, Pakistan, Pérou, Qatar, Nauru, Malaisie, Estonie, Fédération de Russie, Jamaïque, République dominicaine, Kenya, Mongolie, Equateur, Norvège, ex-République yougoslave de Macédoine, Uruguay, et Ethiopie.  Le Président de la 56ème session de l'Assemblée générale, le Secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications et le Président du Groupe de travail sur les technologies de l'information et de la communication se sont également exprimés au cours du débat.


L’Assemblée générale, qui a rendu hommage à la mémoire du chef du Gouvernement de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, décédé la semaine dernière, poursuivra son débat sur la question des TIC demain, mercredi 18 juin, à 10 heures.



RÉUNION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONSACRÉE AUX TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DES COMMUNICATIONS AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT


Déclarations


M. HAN SEUNG-SOO, Président de l'Assemblée générale (République de Corée), a déclaré que malheureusement, le potentiel immense des technologies de l'information et des communications n'est pas exploité de manière appropriée.  Le fossé numérique menace de marginaliser davantage les économies et les peuples des pays en développement ainsi que les pays à économie en transition.  Le Sommet du Millénaire a reconnu la nécessité de mettre les technologies de l'information au service du développement.  La pleine exploitation de ce potentiel au niveau international exige plus qu'une politique cohérente et volontariste.  Elle exige également un engagement politique large en faveur du développement et le rôle des Nations Unies dans ce contexte est indispensable.  Je suis particulièrement reconnaissant au Président du Sénégal pour sa présence parmi nous ainsi que pour son engagement en faveur du développement des TIC.  Le secteur privé a également un rôle important à jouer, notamment de par son potentiel financier et technologique.  Une étape majeure au sein des Nations Unies a constitué en l'établissement de l'Équipe spéciale des Nations Unies sur les technologies de l'information et des communications.  Conjuguée aux initiatives multilatérales, sa contribution sera significative.  Une autre initiative importante est la mise en place lors du Sommet d'Okinawa de la Force DOT G-8 ainsi que le Programme d'action de Gènes. 


M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, a déclaré que saisir les possibilités qu'offre la révolution numérique est un des défis les plus urgents.  Beaucoup a déjà été fait.  Le Groupe d'experts de haut niveau a produit des propositions concrètes dont certaines ont déjà été mises en oeuvre.  L'Équipe spéciale sur les technologies de l'information et des communications est devenue une plate-forme de discussion clef, notamment pour ce qui touche aux objectifs de la Déclaration du Millénaire et pour la formation de partenariats, notamment avec des initiatives similaires comme l'Équipe DOT créée par le G-8 en juillet 2000.  Toutefois, le fossé numérique ne cesse de se creuser, des milliards de personnes n'étant toujours pas connectées à une société qui, de son côté, l'est de plus en plus.  Nos efforts doivent reposer sur les besoins réels de ceux que nous cherchons à aider et pour cela nous devons garantir la participation des pays en développement à toutes les étapes.  Nos efforts doivent d'autre part porter sur le long terme. 


M. ABDOULAYE WADE, Président de la République du Sénégal, a déclaré que le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) a érigé le secteur des TIC au rang de ses principales priorités.  Répondant à l’appel du NEPAD, des entreprises comme Cisco, Hewlett Packard, Microsoft, Tiscali, et bien d’autres, ont participé massivement à la Conférence organisée à Dakar au mois d’avril dernier sur le Partenariat avec le secteur privé pour le financement du NEPAD, a dit le Président Wade.  Ces entreprises ont clairement manifesté leur souhait d’accompagner l’Afrique dans sa passionnante aventure technologique.  L’Afrique réclame, après la Conférence de Dakar, l’appui de la communauté internationale dans un certain nombre d’orientations, dont notamment: la mise en place de réseaux intranet permettant la circulation de l’information par voix et image entre les Gouvernements d’une région, voire du continent, et pourquoi pas des conférences africaines en digital; l’harmonisation du cadre réglementaire du secteur des télécommunications au moins dans chacune des régions, en vue de faciliter l’investissement étranger; la numérisation du patrimoine culturel africain, notamment par la production de CD-Roms sur l’histoire de l’Afrique; la mise en place d’une e-boutique panafricaine pour les échanges de produits africains, notamment ceux issus de l’artisanat en vue de faire du e-commerce le moteur de la croissance; la création d’unités industrielles de production d’équipements informatiques de télécommunications; et l’institution d’un fonds mondial des technologies de l’information et des communications pour aider l’Afrique à résorber la fracture numérique qui la sépare du monde développé.


Le tout nouveau système de liaison sous-marine à fibres optiques, que j’ai inauguré, a dit le Président Wade, le 28 mai dernier, et qui relie sur 28 000 kilomètres, l’Europe, l’Afrique et l’Asie, montre que notre continent est sur la voie du «désenclavement numérique», en ce sens que ce système permet à l’Afrique de se connecter en toute autonomie, au réseau mondial et à un coût moindre.  Cette merveille technologique, conçue et réalisée en temps relativement court, grâce à l’association d’entreprises du Sud et du Nord, constitue une illustration concrète des projets NTIC que le NEPAD, par partenariat privé, ambitionne de promouvoir.  Le temps est venu pour l’Afrique de capitaliser sur ses ressources humaines en mettant à profit les énormes possibilités du e-commerce, du e-business, de la délocalisation digitale et de la production de solutions informatiques.  Des pays asiatiques, à partir de conditions initiales sensiblement comparables aux nôtres, y sont parvenus.  Le Sénégal technologique nourrit l’ambition d’emprunter les autoroutes de l’information plutôt que de rester sur les bas-côtés et de s’installer à la périphérie des conquêtes du nouveau millénaire.  Les TIC postulent une démocratie supérieure dans laquelle tout le monde avance à la même vitesse, celle de l’électron, ou si vous préférez, celle de la lumière.  Mais cette démocratie accessible à toutes les intelligences bien distribuées par la nature, ne sera réelle que si tout le monde a la chance d’être acteur dans l’interaction de ses forces.  Notre partenariat devrait donc se fixer pour objectif, de donner cette chance à tous les pays, à tous les hommes et à toutes les femmes.  Nous lançons un appel à tous les partenaires, gouvernements, secteur privé, ONG, institutions internationales, milieux scientifiques et autres parties prenantes.  Je les exhorte à joindre leurs efforts aux nôtres afin de relever ensemble, et pour la postérité, le gigantesque défi de la révolution numérique à laquelle aspire une Afrique debout, capable de toujours s’assumer avec dignité dans le concert des continents.


M. IVAN SIMONOVIC, Président du Conseil économique et social (Croatie), a noté la considérable concentration de connaissances et des technologies qui en découlent dans un nombre limité de pays.  Et que, par conséquent, la majorité de la population mondiale vivant en état de pauvreté, elle ne bénéficie toujours pas des fruits de la révolution de l'information et des technologies de l'information (TIC).  La vraie question concerne donc les changements structurels qui altèrent les sociétés en conséquence de ces progrès.  Les TIC peuvent s'avérer un outil très puissant pour le développement des ressources humaines, a-t-il poursuivi en rappelant que ce serait précisément le thème de la réunion de l'ECOSOC le mois prochain.  Mais, a-t-il estimé, l'impact des TIC sur l'emploi, la santé, l'éducation et le commerce devrait bénéficier à tous.  A cet égard, le Conseil économique et social a fait ses dernières années sa priorité de tenter de combler le fossé digital ces dernières années, a-t-il fait valoir.  En 2000, il avait adopté sa Déclaration ministérielle sur le rôle des TIC dans le développement, proposant tout un éventail d'actions.  Cette Déclaration appelait aussi les Nations Unies et l'ECOSOC à jouer un rôle majeur pour coordonner les efforts visant à étendre l'impact des TIC sur le développement.  En réponse, le Secrétaire général avait créé le Groupe d'études sur les technologies de communication, a-t-il rappelé.  Pour M. Simonovic, ce Groupe d'études renforce la coopération entre elles des institutions de l'ONU et donne de l'impulsion aux efforts des Gouvernements, des institutions multilatérales ainsi que des donateurs, du secteur privé, de la société civile et autres acteurs.  C'est la première fois que l'ECOSOC lançait une initiative aussi large, a-t-il souligné.  Et l'une de ses contribution majeure fut de mobiliser et de coordonner les efforts de toutes les institutions des Nations Unies qui aident les pays à intégrer les TIC et à définir des politiques spécifiques en faveur du développement national et régional.  Faisant également valoir que de nombreuses autres organisations internationales, régionales ou locales et leurs partenaires aidaient également les pays en développement à faire face aux défis que représente le développement rapide des TIC, il a estimé qu'il était important que chaque partie soit au courant de ce que font les autres, d'où le rôle essentiel de l'ECOSOC comme coordonnateur.  Partenariat et collaboration sont de plus en plus considérés comme des éléments indispensables pour atteindre les objectifs, a-t-il conclu, se disant confiant qu'après la Conférence sur le financement du développement à Monterrey, le Sommet mondial sur le développement durable allait constituer une nouvelle plate-forme pour le lancement de nouveaux partenariats.


M. YOSHIO UTSUMI, Secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT), a déclaré qu’un déferlement appelé technologies de l’information et de la communication submerge le monde.  Les avantages de ces technologies sont trop nombreux pour les citer tous, mais nombre d’habitants de la planète ne peuvent malheureusement pas y accéder.  A cet égard, il a précisé que 83 pays ont moins de dix lignes téléphoniques pour 100 personnes, tandis que dans 25, cette télédensité est de moins de 1%.  La situation est encore plus grave en ce qui concerne l’accès à Internet.  Quelque 61 pays ont moins d’un internaute pour 100 personnes.  Le Secrétaire général de l’UIT a également regretté que les coûts d’accès à ces services soient souvent trop coûteux pour les pays en développement.  A titre d’illustration, il a précisé que si à Genève, la connexion Internet coûte 5 cents à la minute, en Afrique le prix passe à 1 dollar la minute soit 20 fois plus, situation qui empêche l’intégration au monde moderne et à ses avantages.  D’où la nécessité de mettre ces technologies au service de tous et tel est le mandat de l’Union internationale des télécommunications. 


Les technologies de l’information et de la communication peuvent aider les pays à sauter les étapes en matière de développement si les mesures adéquates sont prises.  Il suffit de faire preuve de créativité avec des investissements relativement limités, à condition que les moyens de communication soient disponibles.  Il a cité l’exemple d’un petit village du Pérou qui a pu vendre ses produits agricoles par Internet à New York et ainsi multiplier ses revenus par cinq.  Il s’est dit confiant que le futur Sommet mondial sur la société de l’information aboutira à une stratégie mondiale pour mettre en place une société dans laquelle tous les habitants de la planète partageront les bénéfices des TIC.  L’objectif n’est pas seulement d’avoir davantage de téléphones et d’ordinateurs mais que l’accès à l’information soit garanti pour tous afin que les technologies de l'information et de la communication puissent permettre d’atteindre les objectifs de la Déclaration du Millénaire notamment en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté. 


M. JOSE MARIA FIGUERES-OLSEN, Président du Groupe de travail des Nations Unies sur les technologies de l’information et de la communication (TIC), a déclaré que la vraie guerre, celle du développement n’a fait que commencer, après la chute du mur de Berlin.  Il appartient à la communauté internationale de faire des choix cruciaux, entre aller vers un monde de prospérité partagée ou aller vers un monde déchiré.  Les différences et les inégalités entre nations et à l’intérieur même des pays se sont accrues avec la mondialisation.  Le sentiment d’exclusion économique et sociale s’est aggravé, et il y a aussi comme un sentiment de non-représentation politique qui est ressenti par de nombreuses populations.  Les marchés ne sont pas parvenus à assurer un partage équitable des biens publics mondiaux, comme par exemple dans le domaine de la préservation de l’environnement et de la distribution des ressources.  La Déclaration du Millénaire nous rappelle les objectifs majeurs à atteindre en matière de développement et de lutte contre la pauvreté, dont notamment celui de réduire de moitié le nombre de pauvres dams le monde d’ici 2015, et celui de donner une éducation à tous les enfants.  Nous sommes cependant bien loin d’être sur le chemin de la réalisation de ces objectifs du millénaire.


La réalisation des objectifs de développement liés aux TIC nécessite la participation de tous les partenaires, dont notamment les gouvernements, et un secteur privé qui ait un sentiment de citoyenneté mondiale, comme l’ont fait les entreprises qui ont participé au Sommet de Dakar et ont approuvé les objectifs du NEPAD.  Le Groupe de travail sur les TIC a un certain nombre d’objectifs essentiels dont entre autres, de lancer des plaidoyers en faveur de l’importance des TIC dans les pays en développement, la mobilisation de ressources nouvelles, et la vulgarisation de l’usage des outils liés aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.  Nous pouvons atteindre les objectifs assignés au Groupe par la mise en oeuvre de ses recommandations à travers des investissements étrangers directs (IED).


M. PETER HARDER, Sous-Ministre de l'industrie du Canada, a déclaré qu'il existe une corrélation entre le fossé numérique et d'autres formes d'écart socioéconomiques entre les riches et les pauvres, les grandes et petites entreprises, entre les régions rurales et urbaines et entre les pays.  Depuis quelques années, le Canada considère son programme de connectivité comme une priorité absolue pour faire du Canada le pays le plus branché du monde.  Nous avons fourni des ordinateurs à des écoles, nous avons branché toutes les écoles et bibliothèques du pays ainsi que des milliers de communautés et organismes bénévoles.  Nous avons également mis en place un cadre stratégique pour le commerce électronique, en direction en particulier des PME pour qu'elles puissent soutenir la concurrence avec les grandes entreprises.  Nous devons nous appuyer sur des partenariats public-privé pour atteindre nos objectifs, que sont la mise à niveau de notre infrastructure pour instaurer les technologies à bande large de «prochaine génération», l'accélération de l'utilisation par les entreprises, les collectivités et les administrations publiques des TIC; le développement du contenu, des applications des services et des produits canadiens. 


Au niveau international, le Canada a annoncé une contribution de 20 millions de dollars pour établir l'Institut de la connectivité dans les Amériques.  Le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) met actuellement en œuvre la phase 2 de son programme ACACIA en Afrique qui est destiné à appuyer les initiatives africaines portant sur la recherche en politiques, les cadres de réglementation ainsi que le développement et l'évaluation de services et d'applications communautaires.  D'autres projets de connectivité sont menés par l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et le Ministère canadien de l'industrie.


M. RUDOLF RÖMER, Ministre de la science et de la technologie du Venezuela intervenant au nom du Groupe des 77, a déclaré qu’au cours du Sommet du Sud qui s’est tenu à La Havane du 10 au 14 avril 2000, les chefs d’État et de gouvernement des pays membres du Groupe des 77 et la Chine ont souligné que plus que jamais les progrès scientifiques très rapides et les technologies de l’information et de la communication, notamment par le biais de la microélectronique, de la biotechnologie et de l’information en général, jouent un rôle crucial dans le développement économique et social.  Ils ont également reconnu, à cette occasion, que ces technologies pouvaient être des instruments efficaces pour la promotion d’une meilleure égalité sur le terrain de la croissance économique et du développement, pour réduire le fossé qui sépare les pays développés et ceux en développement et pour permettre l’accès à la connaissance et à l’éducation à tous les niveaux de la société.  La révolution des TIC peut faire la différence et offrir des possibilités pour des centaines de millions de personnes dans le monde si ces technologies sont utilisées pour atteindre les objectifs de développement de la Déclaration du Millénaire.  Le représentant a regretté que cette question ne soit pas abordée comme il se doit et que ces possibilités échappent aux pays en développement, ce qui ne fait qu’accroître le fossé numérique.


A cet égard, il a appelé la communauté internationale à développer une vision commune avec la participation de toutes les parties intéressées pour que les avantages de ces technologies soient accessibles à tous et permette de réduire les inégalités économiques entre les peuples du monde.  Il s’agit d’éliminer les obstacles qui s’y opposent, a-t-il ajouté.  Il a demandé des mesures internationales orientées vers l’échange d’expériences en facilitant l’accès aux techniques dans des conditions favorables.  Les institutions multilatérales de développement devraient encourager les investissements des pays développés en matière de technologies de l’information et de la communication et promouvoir des conditions favorables à la mise en place d’un climat économique favorable au développement.  Le représentant s’est félicité des efforts du Conseil économique et social (ECOSOC) pour faire de cette question des technologies de l’information et de la communication au service du développement une priorité de l’ordre du jour des Nations Unies.  Il a également salué l’adoption de la Déclaration ministérielle du Segment de Haut-Niveau de l’ECOSOC 2000, comme un témoignage de l’urgente nécessité de trouver des moyens innovants pour mettre ces technologies au service du développement pour tous.  Il s’est également félicité des conclusions du Segment de coordination de l’ECOSOC de 2001 qui insiste sur l’identification des moyens pouvant ouvrir l’accès aux technologies de l’information aux pays en développement.


Par ailleurs, il a rappelé les six priorités évoquées par le Groupe de 77 dans le cadre des préparatifs du futur sommet mondial sur la société de l’information qui se tiendra en deux étapes à Genève en 2003 et à Tunis en 2005.  Ces six priorités sont la construction de l’infrastructure, l’ouverture des accès, les services et applications, les besoins des utilisateurs, le développement du cadre et enfin la question de l’éducation et des technologies de l’information et de la communication.  En ce qui concerne tout particulièrement le Venezuela, M. Römer a souligné les efforts de ce pays pour améliorer la connectivité de la population grâce à un soutien national et international.  A cet égard, il a évoqué le fossé de la connaissance et a insisté sur la nécessité de promouvoir ce qu’il a appelé une démocratie participative.  


M. HADI NEJAD HOSSEINIAN (Iran) a déclaré que 2002 était la troisième année au cours de laquelle les Etats Membres discutaient de la question des TIC.  En tant que forum universel, l’Assemblée générale doit produire une analyse globale de cette question qui intéresse particulièrement les pays en développement.  Avant le sommet mondial prévu en Tunisie, nous devrions avoir une vue claire des questions à aborder, au vu de l’élargissement constant de la fracture numérique.  L’Iran estime que certains aspects de la question sont pressants et devraient être traités dans des rapports de fond de l’ONU.  Comment pouvons-nous renforcer le rôle de l’ONU dans les programmes de développement et comment pouvons nous assurer des transferts efficaces de technologies?  Voila les questions auxquelles nous devons répondre.  Nous déplorons la baisse constante des ressources d’aide publique au développement, et nous espérons à ce sujet que les principes contenus dans le document du «Consensus de Monterrey» pourront bientôt être mis en oeuvre.  L’Iran se félicite de la décision prise par l’ECOSOC de mettre la question des TIC au premier plan de ses priorités, mais nous estimons aussi que la communauté internationale doit veiller à assurer un transfert substantiel des connaissances et des technologies vers les pays en développement à des conditions préférentielles ou de faveur.  Concernant la diffusion de l’information sur les réseaux informatiques mondiaux, l’Iran insiste pour que la confidentialité y soit préservée par des réglementations universelles et pour que soit aussi respecté le principe de diversité culturelle et de dialogue des civilisations.


M. DAVID A. GROSS (Etats-Unis d’Amérique) s’est félicité de ce dialogue sur les moyens de promouvoir les technologies de l’information et de la communication pour les mettre au service des objectifs de développement et promouvoir des opportunités économiques et sociales pour tous les habitants de la planète.  Illustrant l’évolution de ces technologies il a rappelé que le nombre d’abonnés aux téléphones portables est passé de 491 millions de personnes à 950 millions entre 1999 et 2001.  Il a également souligné que les réseaux de technologies transforment la carte du développement.  Dans ce contexte, il a souligné que des réformes économiques et politiques sont fondamentales si tous les pays doivent profiter des technologies de l’information.  A cet égard, il a ajouté que les Etats-Unis sont décidés à étendre le cercle de la prospérité.  Il a rappelé qu’un consensus sur quatre points s’est établi en ce domaine à savoir, la libéralisation et concurrence, la détermination à respecter les règles, l’innovation dirigée par le secteur privé et enfin la promotion des ressources humaines.  Il a également déclaré que les investissements n’iront que vers les pays qui mettront en place un climat économique propice et qui sauront promouvoir la bonne gouvernance et la mise en place d’une base juridique transparente et solide en matière commerciale, éléments nécessaires pour une croissance économique durable.  Il n’y pas de modèle unique mais nous savons que les possibilités sont énormes.  Nous ne pouvons pas laisser passer cette occasion pour que tous les pays du monde profitent de tous les avantages de l’âge de l’information. 


M. MA SONGDE, Vice-Ministre, Ministère de la science et de la technologie (Chine), a déclaré que la communauté internationale devrait tout faire pour réduire le fossé numérique Nord-Sud.  Les produits de l’information et les monopoles qu’en ont les pays développés sont une des principales causes de l’existence de la fracture numérique qui menace de marginaliser la plupart des pays du Sud.  Les larges sommes indispensables à la modernisation des réseaux saignent les ressources des pays en développement.  Il pourrait pourtant être possible de marier les possibilités de croissance des pays en développement au potentiel technologique des pays riches pour assurer un partage équitable des avantages de la mondialisation et des TIC.  La Chine pense aussi à la question de l’ouverture des marchés des pays riches, qui pourrait permettre aux pays du Sud, par l’utilisation des TIC, de générer les ressources dont ils ont besoin pour leur développement.  Avec l’appui du Groupe de travail de l’ONU, un réseau régional des TIC a pu être mis en place à Shanghai et servira de base au lancement de la mise en oeuvre des recommandations du Groupe pour la région de l’Asie.  Trop de gens vivent dans la pauvreté et l’ignorance et il faudra, au-delà de la seule question des TIC, donner l’électricité, l’eau et le téléphone à la grande majorité des habitants de la planète qui vivent dans les régions les plus défavorisées.


M. KENSHIRO MATSUNAMI, Secrétaire parlementaire pour les affaires étrangères du Japon, a noté que le développement des TIC a entraîné les transformations structurelles les plus importantes qu’ait connu le monde depuis la révolution industrielle.  Il a présenté le principal avantage de ces technologies qui est d’offrir des possibilités de développement sans avoir à recourir à de lourds investissements.  C’est pourquoi, les technologies de l'information et de la communication ont le potentiel d’apporter une contribution importante au développement économique et social.  Il a évoqué le danger de voir de nombreux pays ne pas pouvoir suivre le rythme rapide d’innovations en ce domaine et le risque de voir ainsi la fracture numérique s’élargir.  Dans ce contexte, il a souligné la nécessité de passer au préalable par une transformation de la société pour que les technologies de l’information soient disponibles pour tous.  C’est pourquoi, le Japon a mis en oeuvre des projets de coopération pour contribuer dans la mesure du possible à soutenir les pays qui font preuve de motivation en ce domaine.  Il s’est félicité de la détermination dont témoigne le secteur privé pour utiliser les technologies de l’information et de la communication au service du développement et pour créer un environnement propice à l’utilisation et à la promotion de ces technologies.  En conclusion, il a appelé les pays développés à soutenir les efforts de tous les pays en développement en ce domaine.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a déclaré que les pays en développement sont conscients de l’urgente nécessité de renforcer les capacités nationales devant permettre la mise en place d’un réceptacle adéquat aux initiatives extérieures visant à développer l’usage des TIC.  Du point de vue de l’Algérie, ces derniers devraient tendre à prendre en charge la formulation des politiques stratégiques et sectorielles en la matière et à révéler les opportunités en vue de l’introduction et de la généralisation des TIC dans des secteurs qui se prêtent à une utilisation opérationnelle immédiate, comme le secteur du commerce ou celui de la santé.  La communauté du développement et le secteur privé pourraient soutenir l’instauration de programmes spécifiques aux niveaux local, national et régional afin d’assurer l’inclusion numérique des pays les plus défavorisés.  A ce titre, le NEPAD pourrait servir de projet pilote par excellence, pour favoriser cette inclusion. 

Les acteurs associés à la mise en place de cette initiative africaine ont toute latitude pour user de cette opportunité en vue de mettre en exergue le rôle déterminant des TIC au service du développement.  L’ONU se doit de jouer un rôle de chef de file pour aider à la formulation des stratégies de développement des TIC et de donner la dimension internationale nécessaire aux efforts visant à combler le fossé numérique.


M. YANG SEUNG-TAK, Ministre de l’information et des télécommunications de la République de Corée, a cité l’exemple de son pays qui a connu des progrès exemplaires depuis les années 80, alors qu’il n’y avait que 5% de lignes téléphoniques fixes.  La Corée dispose aujourd’hui d’un réseau d’information câblé et non câblé le plus complet du monde et 60% de la population est abonné à la téléphonie mobile.  Le but de la Corée n’est pas de suivre mais d’exceller en matière de technologies de l’information et de la communication, a-t-il ajouté.  Aujourd’hui 50% des Coréens utilisent Internet et à la fin de l’année près de 80% des foyers coréens seront connectés de façon que la Corée aura un des plus haut niveau d’informatisation dans le monde.  De 1980 à aujourd’hui nous sommes passés à une situation où les technologies de l’information et de la communication sont devenues un élément-clef de l’économie du pays, représentant 13% du PIB et plus de 25% du volume des exportations.  Comme élément décisif de cette évolution, il a cité la loi fondamentale de l’informatisation de 1995 qui s’est accompagnée de la création d’un fonds spécial.  Il a également cité comme élément décisif de cette évolution, la vision claire du Président de la république coréenne, la mise en place d’un programme de formation à l’Internet qui a contribué à éliminer le fossé entre les régions et les différentes classes de la société, la compétitivité sur le marché de la télécommunication qui a permis à de nombreuses personnes de s’abonner, le développement des ressources humaines et des technologies de l’information et de la communication grâce au concours du secteur privé. 


Le Ministre s’est félicité de l’occasion qu’offrira la tenue prochaine du sommet mondial sur la société de l’information de stimuler la coopération entre les différents partenaires concernés en vue de combler le fossé numérique.  Il a rappelé que la personne qui a faim doit apprendre à pêcher plutôt que d’attendre l’aumône de poissons.  Il a appelé les pays développés à soutenir les pays en développement en rappelant que la République de Corée a envoyé plus de 250 experts dans 25 pays et a offert une formation de haut niveau à 1500 jeunes talents dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.  Afin de réduire la fracture numérique, il a invité les Etats membres et toutes les entités concernées, la communauté internationale dans son ensemble à s’impliquer dans les efforts de formation ciblant les plus nécessiteux. 


Mme MARGARET HUGHES FERRARI (Saint-Vincent-et-les-Grenadines) a remercié les représentants des Etats Membres de la minute de silence observée en début de réunion en mémoire du chef d’Etat de Saint-Vincent-et-les-Grenadines récemment décédé.


M. MAHENDRAN (Sri Lanka) a regretté que le potentiel des TIC ne soit pas suffisamment mis à la disposition des pays en développement et en transition.  Quelle soit entre pays développés et en développement ou entre communautés, la fracture numérique devrait être réduite pour éliminer le fossé qui se creuse entre populations.  L’engagement politique est indispensable au plus haut niveau pour intégrer les TIC dans tous les programmes de développement et d’éducation.  Il faut trouver les moyens d’assurer une cohésion entre les actions menées par les pays, les institutions internationales, la société civile, et le secteur privé. 

Si l’engagement politique fait défaut, le monde vivra bientôt sur des rythmes différents, selon que l’on sera né dans u pays riche, un pays pauvre, ou encore dans une communauté favorisée ou mal lotie.


M. INOCENCIO F. ARIAS (Espagne), s’exprimant au nom de l’Union européenne et des pays associés, s’est dit convaincu que cette réunion spéciale et ses deux tables rondes contribueront à enrichir les travaux du Sommet mondial sur la société de l’information qui prendra place respectivement à Genève en 2003 et Tunis en 2005.  Ce sommet au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement aura pour mission de tracer les grandes lignes de la société de demain qui annonce une nouvelle civilisation, marquée par une nouvelle technologie qui va entraîner une nouvelle économie.  Il a également évoqué le rôle primordial des organisations non gouvernementales, du secteur privé et de la société civile en général dans ces changements.  Dans ce contexte, il a souhaité que ce sommet ne se limite pas aux chefs d’État mais reste ouvert dès le processus préparatoire à tous les secteurs, et tout particulièrement aux acteurs ayant un lien avec les technologies de l’information et de la communication.  Selon lui, le futur Sommet mondial devra aborder un cadre de promotion de la croissance du secteur de la technologie de l’information et de la communication dans le souci de combler le fossé numérique, le rôle de ces technologies dans la lutte contre la pauvreté et la création de richesse, la promotion de l’accès à l’information et de la connaissance, et enfin la mise en place de nouveaux mécanismes pour gérer le développement de ces nouvelles techniques.  Il est certain, a-t-il conclu, que les techniques nouvelles ne vont pas régler tous les problèmes, même elles peuvent très fortement contribuer à la lutte contre la pauvreté et ainsi aider à atteindre les objectifs de la Déclaration du Millénaire. 


M. MIQUEL ALVAREZ, Ministre de l’économie d’Andorre, a déclaré que le Gouvernement d’Andorre estime que la communauté internationale devrait appuyer les efforts déployés par certains pays pour mettre en place les infrastructures nécessaires à une société de l’information.  Ensuite, la coopération internationale devrait être renforcée dans ce domaine.  Les TIC devraient aussi être mises au service de la promotion du développement durable.  Concernant les partenariats, Andorre pense qu’ils devraient être développés entre secteurs public et privé.  Nous espérons que le Sommet mondial sera l’occasion de faire un diagnostic sûr de la situation des TIC au plan mondial et de proposer des solutions aux questions qui se posent.


M. ALEXANDRU NICULESCU (Roumanie) s’est dit convaincu que les Nations Unies devraient jouer un rôle de chef de file dans les efforts visant à accroître l’impact sur le développement des technologies de l’information et de la communication.  Il a souhaité que cette réunion aborde la question du fossé numérique dans le contexte de la mondialisation.  Il a indiqué qu’en Roumanie, une stratégie nationale pour la mise en oeuvre de la société d’information s’est développée à travers la coopération entre la société civile, la communauté des affaires et l’administration publique.  En outre, une législation sur les technologies de l’information a été élaborée par le Ministère de la communication et des technologies de l’information.  L’extension de l’utilisation de l’Internet rend possible et nécessaire l’administration publique par voie électronique, réinventant ainsi le concept de gouvernement et redéfinissant ses activités. 

Le Gouvernement est engagé dans l’utilisation des nouvelles technologies, afin de mieux remplir ses obligations vis-à-vis des citoyens.  Le représentant a par ailleurs mentionné deux projets pilotes développés au niveau national relatifs au paiement des impôts et à l’acquisition par voie électronique.  Il a rappelé que dans le cadre de la préparation du Sommet mondial sur la société de l’information, une Conférence ministérielle régionale paneuropéenne se tiendra à Bucarest du 7 au 9 novembre 2002.  Cette conférence réalisera une évaluation régionale et développera la vision d’une société fondée sur les connaissances.


M. ASHFAQ MAHMOOD (Pakistan) s’est dit convaincu du grand potentiel des technologies de l'information et de la communication pour lutter contre la pauvreté.  Néanmoins, il a regretté que ce potentiel soit miné par la réalité de la fracture numérique qui s’élargit.  Afin de combler cette fracture, il est nécessaire de concerter nos efforts au domaine des ressources humaines en matière de technologies, de la construction d’infrastructures et la diffusion des ordinateurs.  A cet égard, il a déclaré qu’il n’était pas raisonnable d’attendre de la part des pauvres qu’ils acquièrent des ordinateurs et illusoire de penser que les gouvernements des pays en développement ont les moyens de développer des infrastructures de télécommunications dans des zones rurales et pauvres et de dispenser des formations jusque dans les villages.  Il faut que les bailleurs de fonds multilatéraux, bilatéraux et grandes entreprises créent un fonds des technologies de l’information et de la communication à destination des pays les plus pauvres.  Cet investissement pourrait être considéré comme un investissement à long terme pour l’ouverture de nouveaux marchés.  La connexion à l’Internet est maintenant possible dans 700 villes au Pakistan et quatre compagnies de téléphones mobiles sont maintenant en place.  En conclusion, le représentant du Pakistan a fait part de sa volonté de contribuer aux efforts du Groupe d’études des Nations Unies sur les technologies de l’information et de la communication au service du développement.


M. HARRY BELEVAN MCBRIDE (Pérou) a déclaré que les pays membres de l’Organisation et de développement économique (OCDE)où réside moins de 20% de la population mondiale, ont plus dépensé ces dernières années en recherche technologique que le montant combiné du PNB des 80 pays les plus pauvres du monde.  80% des utilisateurs de l’Internet sont d’autre part résidents des pays de l’OCDE.  Concernant l’Amérique latine, elle a un nombre de connections à l’Internet équivalent à celui de Séoul.  Nous demandons que la communauté internationale nous aide à faire face aux goulets d’étranglement qui se présentent à la fois au niveau national et mondial en matière de TIC.  Sans éducation, il n’y aura pas de réduction de la fracture numérique.  Au Pérou, nous avons mis en place un programme visant à initier tous les élèves et étudiants aux technologies numériques.  La plupart des pays en développement n’ont cependant pas les moyens de mener ce genre de programmes.  Le Pérou se félicite que l’ONU ait tenu à relever le défi des TIC par la création du Groupe de travail y afférant.  Nous appuyons son plan de travail et espérons que le renforcement des ressources humaines, la création d’emplois, et l’identification de nouvelles sources de financement, figureront en bonne place dans ce programme.


M. JAMAL NASSIR AL-BADER (Qatar)a dit que la disponibilité des TIC permet aujourd’hui à chaque citoyen de la planète qui en a les moyens de savoir ce qui se passe à travers le globe.  Le rôle de l’ONU est de veiller à ce que tous les peuples du monde puissent avoir accès aux TIC.  Le Qatar pense aussi cependant que les mesures à prendre en matière de développement doivent être prises au niveau local et national.  Si les technologies de TIC ne sont pas la panacée à tous les problèmes de développement, elles sont cependant un outil indispensable à l’inclusion de chaque société ou Etat dans le monde.  Au niveau des Etats arabes, nous avons tenu une réunion au cours de laquelle ont été débattues les questions que nous aimerions voir examinées lors du Sommet mondial sur la société de l’information.  Le Qatar lance un appel aux grandes entreprises informatiques pour qu’elles mettent à la disposition des pays les plus pauvres, des moyens techniques d’information et de communication à des conditions préférentielles.


M. VINCI CLODUMAR (Nauru), au nom du Forum des îles du Pacifique, a indiqué que la promotion des technologies de l’information et des communications (TIC) nécessite une concertation nationale et le déploiement d’efforts régionaux.  L’objectif régional des petites îles du Pacifique est de créer un environnement dans lequel les gouvernements, les enseignants, les étudiants, les entrepreneurs, les médecins et les Organisations non gouvernementales puissent avoir accès aux outils nécessaires à leur développement.  Afin de coordonner les efforts nationaux et internationaux, la région pacifique a développé un cadre d’action intitulé «Pacific Island ICT and Strategic Plan».  Ce cadre d’action, adopté récemment par les Ministres des 16 membres du Forum des îles du Pacifique, vise à optimiser nos ressources et notre expertise, a poursuivi le représentant.  Quatre priorités se dégagent de ce plan, à savoir le développement des ressources humaines pour les professionnels des TIC, la promotion des stratégies nationales, le développement continu de la télé-médecine pour les consultations et les diagnostiques à distance et la promotion de centres de communication pour un accès universel à l’information. 


Dans le domaine de la politique internationale, de l’assistance au développement et de l’appui politique, des partenariats entre les gouvernements, les organisations régionales, le secteur industriel et des agences multilatérales ont été établis.  C’est dans ce contexte que le Forum des îles du Pacifique a proposé «l’initiative du Pacifique pour les technologies de l’information et de la communication» dont l’objectif est de fournir à chaque membre un accès aux TIC dans le contexte du développement durable.  Cette initiative représente une mise en œuvre directe du chapitre 40 d’Agenda 21 sur «l’information pour la prise décision» dont les objectifs sont, entre autres, le renforcement des mécanismes internationaux et nationaux existants en matière d’échange d’information, le renforcement des capacités nationales et la poursuite d’initiatives qui appuient le partage de l’information.


M. HASMY AGAM (Malaisie) a déclaré que les technologies de l’information et de la communication ont révolutionné le monde par les connaissances qu’elles apportent, les capacités qu’elles offrent et leur potentiel d’accélérer la croissance des pays en développement.  A cet égard, il a rappelé que plus de 400 millions de personnes sont connectés à Internet, mais que seuls 5% d’entre elles vivent dans les pays en développement.  Il s’est félicité de la tenue de cette réunion spéciale qu’il a défini comme un premier pas vers une coopération de tous les partenaires concernés, les gouvernements, le secteur privé, les organisations non gouvernementales, les institutions de développement multilatérales et les Nations Unies en général, dans le souci de répondre au problème de la disparité numérique.  Il a également salué le lancement en novembre dernier par le Secrétaire général du Groupe d’études des Nations Unies sur les technologies de l’information et de la communication dans le but d’aboutir à un monde libéré de la pauvreté.  Le défi de la communauté internationale, a-t-il précisé, consiste à permettre aux 4 milliards de marginalisés d’avoir accès aux bénéfices de la révolution des TIC.  L’Internet, a-t-il ajouté, marque la création d’une nouvelle ère de l’humanité, à laquelle les nations ont le devoir de s’adapter.  C’est dans ce contexte que la Malaisie a créé en 1994 un Conseil national de la technologie de l’information afin de promouvoir et développer ces technologies dans l’intérêt du développement national.  Les utilisateurs de l’Internet en Malaisie sont passés de 1,6 millions à 6,5 millions de personnes entre 1998 à 2001, nombre qui devrait atteindre les 10 millions d’ici 2003.  Il ne s’agit pas seulement de connecter la Malaisie avec les autres pays, mais aussi de connecter les différentes populations de la Malaisie entre elles.  A cet égard, il a identifié cinq groupes de la population marginalisée, les personnes âgées, les jeunes, les femmes, les handicapés et les personnes géographiquement isolés, groupes qui représentent près de la moitié de la population de la Malaisie.  Il a également cité une campagne de formation intitulée «Apprendre Internet pour la vie» lancée en mars 2002 à destination des jeunes en collaboration avec le PNUD, Coca-Cola et le Ministère de l’éducation. 


M. ALAR EHANDI (Estonie), Président de Look@World Foundation, a expliqué que sa fondation est une initiative conjointe de banques, de sociétés de télécommunications et de nouvelles technologies qui ont créé cette structure en 2001 pour promouvoir l’Internet et renforcer la société de l’information en Estonie.  A cet effet, la fondation entend mobiliser des fonds pour les programmes relatifs aux stratégies nationales en matière de société de l’information a expliqué M. Ehandi qui a souhaité que les pays en développement puissent bénéficier de l’expérience de pays comme l’Estonie en matière de promotion des technologies de l’information et de la communication (TIC).  Il a fait part des initiatives prises au niveau politique et dans le monde des affaires pour élargir l’accès aux TIC qui peuvent permettre de réduire les dépenses de fonctionnement des administrations.  Il a regretté que les dirigeants politiques ne soient pas toujours conscients de l’importance des TIC dans leurs stratégies de développement.  En conséquence, peu de ressources sont allouées aux TIC par les pouvoirs publics et les partenariats avec le secteur privé sont essentiels pour développer des systèmes d’information.  L’apport du secteur privé permet de mettre des équipements modernes à disposition du grand public, au niveau des mairies par exemple.  Pour réduire le fossé numérique, M. Ehandi a expliqué que quatre conditions devaient être remplies, à savoir l’accès à Internet, la mise à disposition de services, la promotion de l’Internet et des avantages de ce système et enfin la formation à l’utilisation d’Internet et des TIC.  Afin de jouer sur les coûts de l’Internet, le représentant a plaidé en faveur de la libéralisation du marché des télécommunications. 


M. ANDREY KOROTKOV, Premier Vice-Ministre chargé des communications et de l’information de la Fédération de Russie, a déclaré que des obstacles complexes se dressent sur la voie de la création de la société de l’information.  Ils sont essentiellement dus aux grands écarts entre les pays riches et ceux qui sont pauvres, comme cela est reconnu dans le Consensus de Monterrey.  La tâche la plus prioritaire est celle de la réduction de la fracture numérique, qui commence par la création d’infrastructures physiques de développement.  Concernant le contexte international actuel, marqué par la lutte contre le terrorisme, il faut, dans le domaine des TIC, assurer l’inviolabilité de l’information contre le cyberterrorisme.  En Russie, nous avons des rencontres avec les ONG et les milieux d’affaires pour examiner ensemble la manière d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés en matière de TIC et d’informatisation de notre société.  Le 29 avril 2002 à Genève, a eu lieu une réunion des réseaux régionaux et du Groupe de l’ONU sur les TIC.  Les pays d’Asie y assistaient.  La Fédération de Russie y a pensé qu’une des questions les plus importantes, celle de la santé des personnes, doit être soutenue par un usage accru des TIC.  Un autre aspect qui nous tient à coeur est celui de l’apprentissage à l’usage de l’ordinateur, qu’il faudrait donner à un maximum de personnes.  C’est vers ces objectifs que nous espérons voir un renforcement des efforts de l’ONU.


Mme PATRICIA DURRANT (Jamaïque) a suggéré que cette réunion se concentre sur les politiques qui permettraient aux citoyens d'accéder à l'information dont le public a généralement besoin.  Ceci doit être fait en s'assurant qu'un réseau numérique est disponible dans chaque région ou chaque pays; qu'existe un accès à Internet permettant de distribuer et partager l'information; que la largeur de bande utilisée est la bonne et qu’il existe des lieux publics où la population peut se connecter sur Internet.  Tandis que des progrès ont été faits dans les pays développés pour élargir l'accès public à l'information grâce aux TIC, beaucoup reste à faire pour étendre ces projets pilotes à un plus large public, a relevé la représentante.


Consciente du rôle majeur de l'information dans le développement national, la Jamaïque, a poursuivi Mme Durrant, a récemment adopté la loi sur l'accès à l'Information (Access to Information Act 2002): cette loi vise à renforcer les principes de l’obligation du gouvernement de rendre des comptes, de transparence et de participation du public au processus de décision.  Pour la mettre totalement en œuvre, la Jamaïque aura besoin d'étendre la gouvernance électronique, de développer les politiques adéquates, de former les ressources humaines et de créer les infrastructures, ainsi que d'exploiter les TIC pour s'assurer que la population aura pleinement accès à l'information officielle.  La mise en œuvre de cette loi et d'autres initiatives de développement seront grandement facilitées par l'usage des TIC aux niveaux local, national et international.  Enfin, Mme Durrant a fait valoir que les TIC ne devaient pas être considérées comme des instruments isolés mais plutôt comme des éléments clés pour l'accélération de la croissance, l'accroissement de la compétitivité, la promotion d'un développement durable, l'élimination de la pauvreté et pour faciliter une intégration réelle de tous les pays à l'économie mondiale.


M. ORLANDO JORGE MERA (République dominicaine) a indiqué qu’une loi générale des télécommunications a été promulguée dans son pays le 27 mai 1998.  Cette loi a permis la création de l’Institut dominicain des télécommunications qui est l’organe régulateur du secteur et dont les objectifs sont d’établir un service universel, de garantir les droits de l’utilisateur et de promouvoir la concurrence.  Trois principes de base régulent l’action de cet Institut: le principe d’une régulation minimale qui prévoit une intervention de l’Etat en cas de nécessité seulement; le principe de transparence qui exige que toutes les actions et les décisions de l’organe régulateur puissent être consultées par le public; le principe de neutralité technologique qui confère à l’Etat la responsabilité de garantir un service de qualité aux usagers. 


Cette coopération entre le secteur public et le secteur privé permet à la République dominicaine de relever les défis qui se posent en matière de technologies de l’information et de la communication (TIC).  Dans ce contexte, le gouvernement estime que l’éducation est un élément fondamental permettant un accès généralisé aux TIC.  L’objectif du gouvernement est donc de faire en sorte que plus de deux millions d’étudiants puissent avoir accès aux avantages offerts par les TIC.  De même, afin de réduire le fossé technologique, le gouvernement de la République dominicaine met en place des projets visant à l’installation de téléphones publics dans les zones rurales, au développement de la télé médecine, de la télé éducation et à l’installation de centres de communication communautaires. 


M. BOB F. JOLANG’O (Kenya) a souligné l’importance des technologies de l'information et de la communication tout en regrettant l’existence d’une immense fracture numérique qui fait que 4 milliards d’individus sont exclus des avantages de ces technologies.  Il s’est félicité de la création en novembre dernier du Groupe d’études des Nations Unies sur les TIC et a formé le voeu que ce groupe puisse suggérer des programmes réalisables et pratiques.  Le Kenya se prépare à faire des technologies de l’information et de la communication une priorité nationale pour lutter contre la pauvreté, grâce à des partenariats avec le secteur privé pour créer un environnement favorable.  Il s’agit de permettre l’utilisation de la technique pour faciliter et améliorer la vie des gens en fournissant des possibilités de soutenir les objectifs de développement.  Le représentant a également souligné l’importance d’offrir un accès abordable par la mise en place d’installations publiques.  Nous ne demandons pas l’aumône mais des chances égales, ce qui passe par l’élimination des barrières protectionnistes et sommes prêts à établir tous les partenariats nécessaires avec tous les partenaires potentiels.  Il a demandé aux membres du G-8 d’apporter des financements en matière de formation aux nouvelles technologies à destination des pays en développement à l’instar de ce que le Gouvernement italien a entrepris récemment.  Ce fossé qui nous sépare, a-t-il ajouté, doit être comblé si nous voulons que les pays en développement lutte contre la faim et éviter que n’augmente par exemple la proportion des personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable. 


M. PUREVJAV GANSUKH (Mongolie) a formé le voeu que cette réunion spéciale puisse contribuer à une préparation adéquate du Sommet mondial sur la société de l’information qui se tiendra à Genève en 2003 et Tunis en 2005, dans le souci d’obtenir une participation aussi large que possible de tous les partenaires concernés, des secteurs privé et public aux organisations non gouvernementales.  Il s’est félicité des différentes initiatives en cours comme la mise en place lors du récent sommet du G-8 à Okinawa d’un Groupe d’études sur les technologies de l’information et de la communication et les occasions offertes par le numérique, mais aussi le lancement du Groupe d’études des Nations Unies sur les technologies de l’information et de la communication lancé par le Secrétaire général en novembre dernier.  La Mongolie accorde une grande importance à la promotion de ces technologies comme facteur important du développement économique, social et humain.  C’est dans ce contexte que le Parlement a approuver en 2000 un «Concept de développement des TIC d’ici 2010» qui a pour objectif de définir une politique et un cadre juridique, le développement d’infrastructures, le développement de ressources humaines et le soutien du secteur privé et du monde des affaires.  Il a également souligné que du fait des difficultés particulières d’un pays très vaste, avec une faible densité de population et peu d’infrastructures, la Mongolie avait besoin d’une assistance technique et financière pour lui permettre de réaliser les objectifs qu’elle s’est fixés.


M. GALLEGOS CHIRIBOGA (Equateur) a déclaré que l’évolution extraordinaire de la technologie de l'information et de la communication représente à la fois un défi et le meilleur moyen de sortir du sous-développement, à condition que nous sachions utiliser cet instrument de manière intelligente.  Le Président de l’Equateur est convaincu de la nécessité d’étendre Internet à tous les confins du pays pour le rendre accessible à tous.  Si nous parvenons à ce que cette connectivité permette une nouvelle façon de produire et de vendre, nous aurons vaincu la pauvreté.  Mais il faut comprendre que l’effort doit venir de nous-mêmes à condition que l’on obtienne l’abaissement des barrières protectionnistes qui demeurent un frein à notre expansion.  Lorsque nous pouvons créer des liens entre toutes les populations du monde et gommer les distances, on peut résolument être optimiste.  Il faut analyser les moyens par lesquels l’ONU peut devenir un centre d’expansion des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Cela passe par la nécessité de donner à la technologie un visage humain.  Il ne faut pas accepter l’immobilisme et plus vite nous utiliserons ces capacités, plutôt nous répondrons à l’espoir de tous ceux qui attendent des lendemains meilleurs.


M. ARNE B. HONNINGSTAD (Norvège) a indiqué que les pays en développement devraient avoir la possibilité de participer à la société moderne d’information.  Partiellement, c’est ce qu’ils font, a-t-il ajouté, estimant qu’il n’existe pas un seul pays en développement qui ne soit pas doté de personnes compétentes dans ce domaine, mais elles sont handicapées par des ressources rares et des prix élevés.  Le slogan de Gênes «les affamés ne peuvent pas manger les ordinateurs» nous rappelle que les problèmes fondamentaux du monde en développement sont toujours la pauvreté, les maladies et l’illettrisme.  Les ordinateurs, a-t-il ajouté, ne sont que des outils qui peuvent nous aider à combattre ces vices, mais ils peuvent constituer des outils très puissants pour nous aider à résoudre les problèmes de développement de base.  Il a ajouté qu’il fallait continuer à lutter contre la pauvreté, dont la réduction est aussi liée à la création d’emplois et d’un surplus économique qui peut être redistribué.  Cela implique des politiques de redistribution sociale et un engagement des gouvernements.  Le représentant a cependant fait remarquer qu’en Afrique rurale, où il n’y a parfois ni livres imprimés ni enseignants compétents ou personnel médical qualifié, les perspectives d’un usage efficace des technologies modernes peuvent sembler utopiques.  La Norvège estime que les technologies de l’information et de la communication doivent être considérées comme un instrument visant à atteindre les objectifs de développement du Millénaire.  Elles devraient être intégrées afin de soutenir les principaux objectifs de la coopération norvégienne pour le développement.  En outre, les pays partenaires doivent reconnaître, par des programmes et des analyses, les avantages de ces technologies et les possibilités qu’elles présentent en tant qu’instrument pour le développement. 


M. SRGJAN KERIM (ex-République yougoslave de Macédoine) a estimé que le rôle premier de l’équipe spéciale des Nations Unies devrait être de diffuser les technologies de l'information et des communications dans le monde entier pour que l'ensemble de l'humanité jouisse des bénéfices qu'elles génèrent.  Cette équipe devrait constituer une plate-forme de discussions.  Au plan national, les TIC jouent un rôle indispensable dans la mesure où elles sont un moteur de la croissance, une source de compétitivité, facilite le développement durable ainsi que l'intégration de tous les pays dans l'économie mondiale et finalement contribuent à l'élimination de la pauvreté.  Elles offrent d'énormes possibilités en aidant les régions marginalisées à se connecter à l'économie mondiale.


En Macédoine, nouvelle démocratie en transition, nous avons choisi une stratégie de développement qui repose sur les structures de communication.  Le Président du pays a lancé une initiative intitulée «la Macédoine pour tous» pour que le pays soit connecté à l'ère de l'information et de l'économie mondiale.  Un Comité d'experts a élaboré une e-déclaration dans le but de favoriser le développement rapide d'une société de l'information et d'une économie numérisées.  Il y est recommandé d'établir une agence nationale pour les technologies de l'information, de préparer une stratégie nationale en vue du développement d'une société de l'information, d'élaborer des mesures législatives et des instruments normatifs, de procéder à des échanges d'information, d'introduire des noms de domaines et d'adresses e-mail pour les sociétés et institutions nationales.


M. FELIPE H. PAOLILLO (Uruguay) a déclaré que les pays en développement manquent de ressources qui leur permettent de participer équitablement à la société de l’information.  Il a regretté que ces pays aient un accès limité à ces technologies, ce qui risque d’accentuer la marginalisation de leur économie.  Une fracture numérique interne se produit également dans certaines sociétés, d’où la nécessité pour les pays de développer des programmes nationaux en matière de technologies de l’information pour permettre à toutes les couches de la société notamment les plus défavorisées d’avoir accès à ces avantages.  Les Nations Unies doivent jouer un rôle clef pour promouvoir les synergies entre tous les partenaires concernés et obtenir le maximum de ce que ces nouveaux instruments peuvent procurer.  Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes connaissent une des croissances les plus importantes du monde en matière de connections Internet.  Il a été convenu que d’ici 2005 les pays de la région soient pleinement membres de la société de l’information avec une économie fondée sur la connaissance.  Pour assurer la continuité des débats dans ce domaine le premier séminaire sur les technologies de l’information et de la communication pour l’Amérique latine et les Caraïbes s’est tenu sur l’Ile de Margarita au Venezuela en novembre 2000.  Nous devons nous engager à surmonter cette fracture numérique au niveau national et international.  Ne pas le faire, a-t-il conclu, contribuerait à rendre difficile d’atteindre les objectifs de la Déclaration du Millénaire. 


M. ABDULMEID HUSSEIN (Ethiopie) a formé le voeu que cette session permette à la communauté internationale de prendre conscience du rôle de leadership que les Nations Unies doivent jouer pour assurer la synergie entre tous les partenaires concernés par cette question.  L’élargissement de l’accès aux TIC a le potentiel d’accroître la croissance bien au-delà de ce que nous avons vu par le passé et d’améliorer le mode de vie des êtres humains.  Il a regretté la fracture numérique entre les pays développés et ceux en développement, car les technologies de l’information et de la communication jouent un rôle important dans l’intégration des pays en développement dans l’économie mondiale.  Dominer ces technologies, a-t-il ajouté, passe par la participation de toutes les parties prenantes et notamment le secteur privé.  Dans ce contexte, il a formé le voeu que cette réunion spéciale puisse apporter une contribution sérieuse aux préparatifs du futur Sommet mondial sur la société de l’information qui doit se tenir à Genève puis à Tunis respectivement en 2003 et 2005.  Dans le même ordre d’idées, il a souhaité que ce futur Sommet puisse élaborer un projet qui vise à intégrer les peuples en développement dans une société mondiale basée sur la connaissance. 


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