![]() | Communiqué de presse CS/2115 |
Conseil de sécurité
4285e séance - matin
CONDAMNANT LES ATTAQUES LANCEES PAR DES GROUPES ARMES AU BURUNDI, LE CONSEIL DEMANDE AUX PARTIES CONCERNEES DE SE RALLIER AU PROCESSUS DE PAIX D'ARUSHA
Dans le cadre de l’examen de la situation au Burundi, M. Valeri Kuchynski (Ukraine), qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de mars, a fait au nom des membres du Conseil la déclaration suivante: Le Conseil condamne énergiquement les attaques menées récemment par des groupes armés, en particulier celles lancées contre Bujumbura par les Forces de libération nationale (FLN). Le Conseil estime que le moment choisi pour ces opérations est particulièrement préoccupant car elles ont été lancées pendant la réunion des parties à l'Accord de paix et de réconciliation d'Arusha, convoquée le 25 février par le médiateur,
M. Nelson Mandela. Le Conseil demande aux FNL et aux Forces pour la défense de la démocratie de se rallier au processus de paix. Le Conseil prend acte du plan concernant les arrangements de partage de pouvoir entre les parties de l'Accord de paix d'Arusha élaboré lors de la quatorzième Réunion au sommet de l'Initiative régionale de paix sur le Burundi qui s'est tenue à Arusha le 26 février. Le Conseil demande à toutes les parties de conclure rapidement un accord sur les questions en suspens liées aux arrangements transitoires de partage de pouvoir et de coopérer pleinement avec le médiateur. Le Conseil se dit disposé à étudier les modalités pratiques qui permettrait au Conseil d'appuyer au mieux le processus de paix et la mise en œuvre de l'Accord d'Arusha.
Rappel historique
Longtemps fragilisé par des rivalités interethniques entre Hutus et Tutsis, le Burundi a connu en 1993 une tentative de coup d'état qui s'est soldée par la mort du premier Président démocratiquement élu du pays, un Hutu, et de six de ses ministres. Les combats qui ont suivi ces assassinats entre l'armée, en majorité Tutsie, et des groupes de rebelles Hutus, ont provoqué des déplacements massifs de populations, entraînant la mort de 200.000 personnes et déstabilisant encore plus la région des Grands Lacs.
Face à la situation prévalant dans la région, les Nations Unies qui avaient ouvert, à la demande du Conseil de sécurité, un Bureau au Burundi en 1993, se sont attachées à soutenir toutes les initiatives de paix dans la région et ont saisi l'opportunité de dialogue offerte par l'accord conclu en 1997 à Rome entre le Gouvernement de Bujumbura dirigé par M. Pierre Buyoya et le Conseil national pour la défense de la démocratie, principal mouvement d'opposition hutu, pour apporter leur caution aux efforts qui ont abouti, le 28 août 1998, au processus d'Arusha.
Grâce aux efforts du Facilitateur du processus de paix au Burundi, l'ancien Président sud-africain Nelson Mandela, 19 partis burundais ont signé l'Accord de paix d'Arusha qui prévoit outre la constitution d'une force de défense nationale composée de 50% de Hutus et de 50% de Tutsis, la mise en place d'un gouvernement de transition devant favoriser l'avènement d'une administration démocratique et le déploiement de soldats de la paix.
Soutenu par le Conseil de sécurité, M. Mandela à poursuivi les efforts visant à amener tous les groupes qui ne l'ont pas encore fait à signer l'Accord d'Arusha et à se joindre au processus de paix. Ce processus a cependant connu récemment un revers quand, le 26 février dernier, 12 partis hutus parmi les 19 signataires de l'Accord ont rejeté les propositions de M. Mandela concernant la constitution de la nouvelle armée nationale burundaise et la formation d'un gouvernement de transition, et se sont opposés à ce que l'Afrique du Sud, le Ghana et le Nigéria fassent partie de la force de paix. Le conflit burundais a fait plusieurs centaines de milliers de victimes et 500.000 réfugiés hors du pays, auxquels il faut ajouter 800.000 personnes déplacées de l'intérieur.
Projet de déclaration du Président du Conseil de sécurité
Le Conseil de sécurité condamne énergiquement les attaques menées récemment par des groupes armés au Burundi, en particulier celles lancées contre Bujumbura par les Forces de libération nationale. Le moment choisi pour ces opérations est particulièrement préoccupant car elles ont été lancées pendant la réunion des parties à l’Accord de paix et de réconciliation d’Arusha sur le Burundi (Accord d’Arusha), que le Médiateur Nelson Mandela avait convoquée le 25 février 2001 à Arusha (République-Unie de Tanzanie). Le Conseil demande qu’il soit mis immédiatement fin à ces attaques.
Le Conseil réprouve sévèrement tous les actes visant à compromettre le processus de paix au Burundi. Le Conseil engage toutes les parties à faire preuve de modération et à s’abstenir de tout acte qui pourrait aggraver encore la situation.
Le Conseil condamne le fait que les groupes armés prennent délibérément pour cible la population civile et demande à toutes les parties de respecter le droit international humanitaire et en particulier de s’abstenir de lancer de nouvelles attaques ou toute opération militaire susceptibles de mettre en danger la population civile.
Le Conseil demande à nouveau aux Forces de libération nationale et aux Forces pour la défense de la démocratie de mettre immédiatement fin aux hostilités et de se rallier au processus de paix. Le Conseil rappelle la réunion qui s’est tenue à Libreville le 9 janvier 2001 entre le Président du Burundi et le chef des Forces pour la défense de la démocratie et préconise la poursuite de ce processus. Le Conseil demande à toutes les parties, y compris aux groupes armés, d’engager immédiatement un dialogue de façon à mettre rapidement fin aux hostilités et à parvenir à un accord sur un cessez-le-feu permanent.
Le Conseil souligne qu’il importe de fournir d’urgence une aide humanitaire aux civils déplacés du fait des hostilités, et demande à toutes les parties de permettre au personnel humanitaire d’avoir accès sans entrave et en toute sécurité à ceux qui en ont besoin. Il demande de nouveau à la communauté des donateurs d’aider le Gouvernement, les organismes des Nations Unies et les organisations humanitaires à répondre efficacement aux besoins de la population. Il demande aussi instamment aux donateurs d’honorer les engagements pris à la Conférence des donateurs tenue à Paris les 11 et 12 décembre 2000.
Le Conseil prend acte du plan concernant les arrangements de partage du pouvoir entre les parties à l’Accord de paix d’Arusha élaboré lors de la quatorzième Réunion au sommet de l’Initiative régionale de paix sur le Burundi, qui s’est tenue à Arusha (République-Unie de Tanzanie) le 26 février 2001, et demande à toutes les parties de conclure rapidement un accord sur les questions en suspens liées aux arrangements transitoires de partage du pouvoir et de coopérer pleinement avec le Médiateur.
Le Conseil souligne que c’est aux parties burundaises qu’il revient essentiellement de parvenir à un accord de paix durable au Burundi. Il est convaincu que le compromis est l’unique moyen de régler le conflit et engage à cet effet toutes les parties à s’employer à résoudre les divergences qui demeurent au sujet de l’Accord de paix, et à mettre en œuvre celui-ci.
Le Conseil réitère son plein appui aux efforts que continuent de déployer le Médiateur et l’Initiative régionale de paix en vue de ramener la paix au Burundi. Il souligne aussi le rôle joué par le Comité de suivi de l’application de l’accord pour faire progresser le processus de paix. Il prend note du communiqué de la quatorzième Réunion au sommet de l’Initiative régionale de paix sur le Burundi, tenue à Arusha (République-Unie de Tanzanie) le 26 février 2001. Il rappelle également qu’il est prêt à étudier les modalités pratiques qui lui permettraient d’appuyer au mieux le processus de paix et la mise en œuvre de l’Accord d’Arusha.
Le Conseil demeurera saisi de la question.
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