21/06/2001
Communiqué de presse
AG/1163



Communiqué de base

                                                            AIDS/22


QUELQUE 2 000 PARTICIPANTS ATTENDUS A LA SESSION EXTRAORDINAIRE DES NATIONS UNIES SUR LE SIDA QUI DEMARRE LUNDI PROCHAIN


Son objectif : susciter une action

internationale à la mesure de l’ampleur que prend l’épidémie


La session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée au VIH/sida, qui commence le lundi 25 juin au Siège des Nations Unies et se poursuivra jusqu’au

27 juin, est le point d’aboutissement d’un processus qui s’est accéléré avec la tenue du Sommet du millénaire à l’automne dernier.  Le 13 septembre 2000 en effet, quelque 150 chefs d’Etat et de gouvernement reconnaissaient, aux termes de la Déclaration du millénaire, que leurs responsabilités ne s’exerçaient pas seulement à l’égard de leurs sociétés respectives mais qu’ils avaient également des devoirs à l’égard de tous les citoyens du monde.  C’est pourquoi, ce même jour, ils s’étaient engagés à arrêter la propagation du sida et à commencer à inverser la tendance actuelle d’ici à 2015.  Quelques semaines plus tard, le 3 novembre, l’Assemblée générale décidait d’organiser une session extraordinaire ayant pour objectif le lancement d’une action mondiale contre le VIH/sida.


Le Secrétaire général a, dès lors, fait de cette démarche sa «priorité personnelle» et multiplié rencontres et initiatives.  A Abuja au Nigéria, lors du Sommet mondial consacré au VIH/sida, à Philadelphie devant le Council on Foundations, organisme qui réunit quelque 1 800 associations caritatives américaines, à Washington à la Conférence annuelle du Conseil mondial sur la santé et devant la Chambre de commerce des Etats-Unis et à bien d’autres occasions, il a rappelé pourquoi la communauté internationale ne pouvait plus « se contenter de demi-mesures ».  Il y a 20 ans, a-t-il expliqué, rares étaient ceux qui avaient entendu parler du sida.  Il y a 10 ans, rares étaient ceux qui mesuraient l’étendue du désastre.  Il y deux ans encore, considérant l’épidémie comme un problème national, la plupart des Occidentaux avaient l’impression qu’on était près d’en venir à bout.  Ce n’est que maintenant que l’ensemble de la communauté internationale commence à se rendre compte de l’ampleur de la crise.  On compte actuellement dans le monde plus de 36 millions de séropositifs et de malades du sida.  Ces personnes vivent pour la plupart en Afrique subsaharienne, mais la pandémie se propage aussi à une vitesse alarmante en Asie et en Europe orientale.  Rien qu’en 2000, qui a été l’année la plus meurtrière, 3 millions de personnes sont mortes des suites du sida et 5 millions d'autres ont été infectées, ce qui correspond, en moyenne, à 13 000 nouveaux cas par jour.


A Abuja, le Secrétaire général avait également proposé de créer un fonds de lutte contre le sida et les maladies infectieuses, précisant dans un second temps, à Philadelphie, que, pour lutter efficacement contre le sida, le Fonds devait être alimenté à hauteur de 7 à 10 milliards de dollars par an.  Des engagements de contributions au Fonds mondial pour le sida et la santé ont d’ores et déjà été pris par la France (127 millions de dollars), le Royaume-Uni (100 millions), les Etats-Unis (200 millions de dollars) ainsi que par le Crédit Suisse (1 million de dollars), le Comité olympique international (100 000 dollars) et le Secrétaire général lui-même qui y verse le montant du prix (100 000 dollars) de la Médaille de la Liberté de Philadelphie qui lui a été décernée en juillet.  Le montant total de ces engagements, un mois environ après le lancement du Fonds, s’élevait à plus de 428,2 millions de dollars auquel est venu s’ajouter récemment celui de la Fondation Bill et Melinda Gates pour un montant de 100 millions de dollars,  l’engagement de la contribution privée la plus élevée à ce jour.  On s’attend à ce que de nouveaux engagements soient annoncés pendant la session extraordinaire.  Par ailleurs, les dirigeants africains réunis à Abuja s’étaient engagés à consacrer 15% de leurs budgets nationaux au secteur de la santé et à la lutte contre le sida.  Selon le Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), Dr Peter Piot, «Il semble que nous ayons atteint le point de convergence d’un ensemble de forces et de facteurs qui doit permettre la réalisation de progrès considérables dans les moyens mis en œuvre pour lutter contre l’épidémie». 


La session extraordinaire devrait servir de catalyseur à ces forces et donner un nouvel élan à l’ensemble du processus.  Dans l’immeuble de l’ONU, revêtu d’un ruban rouge symbolisant la lutte contre le VIH/sida, se succéderont à la tribune de la plénière, chefs d’Etat, de gouvernement et représentants de la quasi-totalité des 189 Etats Membres de l’Organisation.  Quatre tables rondes ayant pour thème: la prévention et les soins en matière de VIH/sida; le VIH/sida et les droits de l’homme; l’impact socioéconomique du VIH/sida, se tiendront en parallèle.  Par ailleurs, des dizaines d’autres événements se dérouleront dans l’enceinte des Nations Unies comme à l’extérieur au cours desquels une large place sera faite à la société civile, aux organisations non gouvernementales mais aussi aux dirigeants d’entreprise.  Au total, plus de 2 000 représentants de quelque 500 organisations sont attendus.


La Déclaration d’engagement «A crise mondiale, action mondiale», qui devrait être adoptée pendant la session extraordinaire, a fait l’objet de plusieurs mois de négociations. Elle devrait inclure les objectifs suivants sur lesquels un accord a déjà été trouvé:


·         réduire de 20% d’ici à 2005 et de 50% d’ici à 2010 la proportion de nouveau-nés séropositifs;


·         fixer d’ici à 2003 des objectifs nationaux assortis de délais pour réduire le nombre de jeunes âgés de 15 à 24 ans infectés par le sida, de 25% d’ici à 2005 dans les pays les plus touchés et mondialement d’ici à 2010;


·         faire en sorte que, d’ici à 2005, 90% des 15 à 24 ans aient accès aux services d’information et de santé susceptibles de les aider à être moins vulnérables;


·         mettre au point d’ici à 2003 des stratégies nationales visant à renforcer les systèmes de santé et à améliorer l’accès aux traitements notamment en en réduisant le coût.  S’efforcer de toute urgence de mettre à disposition les traitements les plus performants dont la thérapie antirétrovirale en fournissant l’encadrement nécessaire pour limiter les risques de résistance qui y sont liés; 


·         mettre au point d’ici à 2003 des stratégies nationales visant à créer un environnement favorable pour les orphelins et les enfants touchés par le sida.


Les Nations Unies sont engagées dans la lutte contre le sida depuis les premiers signes de la pandémie.  En 1987, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prenait la tête des actions menées par les Nations Unies en lançant un Programme spécial sur le sida devenu par la suite Programme mondial sur le sida.  Lors de son Assemblée mondiale sur la santé de 1993, l’OMS insistait sur la nécessité de coordonner les activités des institutions de l’ONU dans le cadre d’un programme.  C’est ainsi qu’est né en 1996 le Programme commun des Nations Unies pour le VIH/sida (ONUSIDA) qui regroupe la Banque mondiale, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), l’OMS, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID), et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dont les activités dans le domaine de la lutte contre le sida sont coordonnées par le Secrétariat d’ONUSIDA.


ONUSIDA et ses institutions partenaires ainsi que d’autres institutions du système des Nations Unies soutiennent les initiatives menées dans de nombreux pays du monde et ont jeté les bases des campagnes qui s’intensifient actuellement.


Sites Internet


Site de la session extraordinaire : http://www.un.org/ga/aids/

Banque mondiale : http://wbln0018.worldbank.org/HDNet/HDdocs.nsf/

FNUAP : http://www.unfpa.org/aids/index.htm

OMS : http://www.who.int/

ONUSIDA : http://www.unaids.org/

PNUD : http://www.undp.org/hiv/index.html

PNUCID : http://www.undcp.org/drug_demand_hiv_aids.html

UNICEF : http://www.unicef.org/programme/hiv/mainmenu.htm

UNESCO : http://www.unesco.org


Documentation


Dans un rapport du Secrétaire général sur la session extraordinaire (A/55/579) récemment publié, est présentée l’évolution de l’épidémie et ses diverses incidences démographiques, sociales et économiques.  Il souligne notamment que la propagation du VIH/sida a abouti à une épidémie mondiale d’une ampleur bien supérieure à ce qui était prédit il y a dix ans puisque le nombre de personnes atteintes est supérieur de 50% aux prévisions de 1991.  C’est l’Afrique subsaharienne qui est le plus durement touchée avec 70% des adultes et 80% des


enfants porteurs du virus ainsi qu’un nombre de décès représentant les trois quarts des 22 millions de personnes décédées dans le monde depuis le début de l’épidémie.  En Asie, où l’épidémie est relativement récente et la contamination moins élevée, on assiste à une progression de l’infection : 780 000 nouveaux cas en Asie du Sud et du Sud-Est, 130 000 en Asie de l’Est et dans le Pacifique.  L’évolution de la maladie varie considérablement d’un pays à l’autre.  Si dans des pays comme la Chine et l’Inde - qui à eux seuls comptent plus d’un tiers de la population mondiale -, les taux de contamination sont faibles, il n’en reste pas moins qu’ils signifient qu’un nombre très élevé de personnes est touché.


Au plan démographique, le sida a entraîné, dans un certain nombre de pays, une progression de la mortalité des enfants de moins de cinq ans et réduit à néant un demi-siècle de progrès réalisés grâce au développement.  L’espérance de vie à la naissance dans certains pays, en Afrique australe notamment, était passée de 44 ans dans les années 50 à 59 ans dans les années 9O.  Elle devrait retomber à 45 ans, voire moins, entre 2005 et 2010.  Par ailleurs, il est de plus en plus manifeste que le sida a des effets dévastateurs sur la croissance économique.  Selon la Banque mondiale, sans le sida, le revenu par habitant aurait progressé en Afrique, entre 1990 et 1997, de 1,1% au lieu de 0,4%.  Le chiffre d’affaires des sociétés opérant en Afrique a déjà reculé en raison du sida.  Une plantation sucrière kényenne a estimé que le sida lui avait fait perdre 8 000 jours de travail en deux ans.


Le rapport dresse en outre le bilan de l’expérience acquise depuis le début de l’épidémie et notamment les succès remportés.  Il évalue les mesures prises au regard de trois facteurs : l’esprit d’initiative, la coordination et l’adéquation des ressources engagées.  Sur ce dernier point, il insiste sur l’insuffisance des ressources financières allouées à la lutte contre le VIH/sida, indiquant à titre d’exemple que la mise en œuvre de programmes de prévention et de soins de base sur le seul continent africain nécessiterait au moins 3 milliards de dollars, thérapie antirétrovirale exclue, mais que seule une part infime de cette somme a été dégagée.


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