07/06/2001
Communiqué de presse
AG/1156



Assemblée générale

25e session extraordinaire

4e séance plénière – après-midi


LA DISPONIBILITE DES MOYENS DE LUTTER CONTRE LA PAUVRETÉ, NOTAMMENT PAR LA COOPERATION INTERNATIONALE, POSEE COMME PREALABLE A UN DEVELOPPEMENT URBAIN DURABLE


Réunie, depuis hier, en session extraordinaire sur l'évaluation des progrès accomplis dans la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat, adopté en 1996, à la Conférence d'Istanbul, l'Assemblée générale a poursuivi, cet après-midi, son débat général permettant ainsi aux délégations d'avancer des idées sur la manière "d'assurer un logement convenable pour tous et le développement d'établissements humains écologiquement et socialement durables" et d'ici 2001, d'améliorer la vie des 100 millions d'habitants des bidonvilles conformément à la Déclaration du millénaire.  La référence particulière aux habitants des bidonvilles a permis d'illustrer le lien entre lutte contre la pauvreté et développement urbain durable.  Due à la pauvreté, la croissance urbaine désordonnée, a souligné le représentant d'Haïti, peut avoir des conséquences directes pour la majorité de la population au niveau de la santé, de l'éducation et de la sécurité publique et provoquer des formes de marginalisation économique et sociale pouvant mettre en péril la stabilité même du système démocratique.


Faisant écho à ces propos, le Ministre de l'urbanisme et de l'administration du territoire du Sénégal a vu, dans l'insécurité et la pauvreté, les deux obstacles majeurs à l'édification d'une croissance urbaine maîtrisée et à l'amélioration des conditions de vie des populations urbaines.  La féminisation de la pauvreté étant bien réelle dans les villes, le Ministre a annoncé que la nouvelle Constitution sénégalaise a aboli toutes les entraves, relevant de la loi ou de la coutume, au droit à la propriété de la femme qui peut désormais accéder à la terre et posséder un patrimoine et des biens propres.  Annonçant, pour sa part, la tenue en novembre prochain au Maroc, du quatrième Forum international sur la pauvreté urbaine, organisé par le Centre des Nations Unies pour l'habitat, le Ministre chargé de l'aménagement du territoire de ce pays a, par ailleurs, évoqué l'expérience pilote de lutte contre la pauvreté que le Maroc a menée dans trois grandes villes. 


La lutte contre la pauvreté et le développement durable exigeant une très forte mobilisation de ressources, l'importance de la coopération internationale a été soulignée par les pays en développement mais aussi par les pays donateurs.  Parmi les pays en développement, le représentant de la Mongolie a estimé que plutôt que de se concentrer sur les actions menées, au cours de ces cinq dernières années, aux niveaux local et international, la session extraordinaire devrait se pencher sur les moyens de mobiliser des ressources nouvelles et additionnelles aux fins de la réalisation du Programme pour l'habitat.  En matière de coopération, beaucoup reste à faire, a dit le représentant alors que, tout en appelant à de nouvelles formes de coopération internationale, le Secrétaire d’Etat au ministère fédéral de la coopération économique et du développement de l’Allemagne a rappelé que son pays appuie actuellement 242 projets d'une valeur totale de 650 millions d'euros.


Jugeant important que la session extraordinaire ne donne à quiconque l'occasion de revenir sur les engagements pris à Istanbul, le Ministre délégué à la Ville de la France a mis l'accent sur le canal de coopération internationale que sont les organisations internationales en disant attendre de la session qu'elle aboutisse à une meilleure implication des organismes compétents des Nations Unies, dans la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat.  Il s’agit, pour lui, d’améliorer l’efficacité du système de partage des responsabilités et de renforcer le rôle d’impulsion et de coordination du Centre des Nations Unies pour les établissements humains (HABITAT). 


Le Ministre de la construction et du logement d’Israël a regretté, de son côté, qu'au lieu de se concentrer sur les moyens d'accélérer la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat, certaines délégations aient préféré déplacer le débat.  Il a ainsi argué qu'aujourd'hui, six millions de citoyens israéliens, vivant dans un pays démocratique, subissent le chantage de terroristes qui s’efforcent de rendre invivable la vie quotidienne et invoquent à tort les colonies de peuplement comme un obstacle majeur à la paix.  L'Observateur de la Palestine et le représentant de l'Egypte ont exercé leur droit de réponse ainsi que le représentant de l'Arménie en ce qui concerne la déclaration de l'Azerbaïdjan.


Outre les orateurs mentionnés, l'Assemblée générale a entendu les déclarations des Ministres, Vice-Ministres et représentants des pays suivants: Namibie, Canada, Botswana, Tunisie, Slovaquie, Cambodge, Arabie saoudite, Erythrée, Lettonie, République tchèque, Ukraine, Yémen, Italie, Azerbaïdjan, Turkménistan, Bulgarie, Maurice, Grèce, République de Moldova, Malte, Maldives et Kirghizistan.  La Présidente des ONG accréditées auprès de la Commission des établissements humains a également pris la parole.


Le débat général de la session extraordinaire reprendra demain, vendredi

8 juin à 9 heures.


Examen et évaluation des progrès accomplis dans la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat; autres mesures et initiatives visant à surmonter les obstacles entravant la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat; déclaration sur les villes et autres établissements humains en ce nouveau millénaire


Débat


M. JOSEPH OLIVA FRANKLIN, Directeur général de l’Office national d’assurance vieillesse d’Haïti : Les grands problèmes du secteur du logement reste la production insuffisante d'unités d'habitation et un déficit colossal du logement, des infrastructures et des services, conséquences d'une pénurie du foncier dans les zones urbaines même pour les projets de l'Etat, ce qui provoque une occupation anarchique du sol avec un accroissement des risques naturels mettant en péril l'environnement.  Le problème vient aussi de l'inadéquation des instruments techniques et institutionnels de promotion du logement et des infrastructures et services.  Ces problèmes trouvent leurs racines dans le manque de ressources financières du pays, la faiblesse de l'Etat paralysant le processus de décentralisation, et l'absence d'un système d'information et d'une législation adaptée aux exigences du moment.  Partant, le Gouvernement a décidé de créer une Commission intersectorielle sur l'habitat chargée d'élaborer une politique de l'habitat et du logement. 


Poursuivant dans ses efforts, le Gouvernement entend, entre autres, établir un plan d'aménagement du territoire, déterminer les pôles de développement urbain, réviser la législation foncière, et travailler à inciter le secteur financier traditionnel et les institutions publiques de logement, les municipalités et les coopératives de microcrédit.  L'action portera aussi sur des programmes de réhabilitation des bidonvilles et sur le milieu rural.  A l'aube de la célébration du bicentenaire de son indépendance, Haïti est confronté à d'immenses défis.  Il compte donc sur ses partenaires pour améliorer ses perspectives d'avenir.


M. NICKY IYAMBO, Ministre du Gouvernement régional et local et du logement de la Namibie : L’élaboration de la politique nationale en matière d’Habitat a coïncidé avec l’élaboration du deuxième Plan national de développement de la Namibie.  Le logement a été identifié comme une des priorités du Gouvernement.  Le programme de logement a amélioré le bien-être des familles au revenu modéré qui ont désormais accès au logement et bénéficient de la sécurité d’occupation.  La demande de logement et de services sociaux est très importante.  Alors que l’exode rural augmente, 13 villes ont été proclamées comme des centres de croissance.  Le Gouvernement s’efforce de promouvoir l’égalité des chances et l’intégration sociale des groupes désavantagés, en particulier les personnes âgées et les personnes handicapées.  La pandémie du sida et la rareté des ressources en eau ont un impact négatif sur les projets de développement visant à réduire la pauvreté.  Des programmes de prêts, dont 80% sont garantis par l’Etat, en faveur du secteur privé sont élaborés, conformément au Programme pour l’habitat.  La Namibie a adopté le principe de la décentralisation au profit des autorités locales et s’est engagée à créer un centre de recherches chargé de diffuser des informations sur les matériaux de construction et les meilleures pratiques de construction de logements.


M. NATAN SHARANSKY, Ministre de la construction et du logement d’Israël : L’adhésion d’Israël au Programme pour l’habitat place nos citoyens au centre de toutes nos politiques de logement et de développement durable.  Nous avons développé des solutions de logement intégrées pour les différents groupes de population, avec des stratégies qui reconnaissent les différents besoins et capacités de nos citoyens.  Pour aider à promouvoir le développement durable dans tout le pays, j’ai favorisé en ma qualité de Ministre de l’intérieur, la préparation de nombreux plans directeurs, parmi lesquels presque 30 projets pour des villes arabes. 


Je viens d’assister aux funérailles de vingt adolescents brutalement massacrés dans une discothèque de Tel-Aviv.  Même après un tel carnage, Israël fait preuve de calme et de retenue.  Israël vit une campagne de terreur sans précédent orchestrée par les dirigeants palestiniens.  Le processus de paix d’Oslo qui semblait si prometteur est fondé sur un engagement en faveur de la non violence, sur l’espoir que les terroristes d’hier étaient devenus nos partenaires pour la paix.  Huit ans plus tard, les dirigeants qui sont une fois de plus devenus les champions du terrorisme menacent la structure de la paix.  Nous compatissons aux souffrances des Palestiniens mais elles sont le résultat d’une politique erronée de leurs dirigeants.  Pour ce qui est des six millions de citoyens israéliens qui vivent sous la direction d’un gouvernement démocratique, ils subissent le chantage de terroristes qui s’efforcent de rendre invivable la vie quotidienne et décrivent à tort les établissements humains comme un obstacle central à la paix.  L’arrêt des violences n’est pas une question qui peut faire l’objet de négociations, c’est la condition préalable à tous les compromis liés au processus de paix.  La terreur et la violence doivent cesser avant que nous puissions aller de l’avant.


M. SEYDOU SY SALL, Ministre de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire du Sénégal : La présente session devrait notamment faire prendre conscience à l'humanité de la nécessité cruciale de renforcer le combat contre l'insécurité et la pauvreté.  Ce sont les deux obstacles majeurs à l'édification d'une croissance urbaine maîtrisée et à l'amélioration des conditions de vie des populations urbaines.  La nouvelle Constitution du pays garantit le droit à la propriété aussi bien à l'homme qu'à la femme.  Toutes les entraves antérieures à ce droit, relevant de la loi ou de la coutume, ont été supprimées.  La nouvelle Constitution consacre à la femme le droit d'accéder à la terre, de posséder et de gérer un patrimoine et des biens propres.  Sur un autre plan, un accent particulier est mis sur le développement des capacités d'organisation des collectivités locales auxquelles des compétences élargies ont été transférées.  Afin de répondre aux nombreuses difficultés de coordination que connaissent les intervenants dans le milieu urbain, le Sénégal vient d'adopter un programme décennal pour l'urbanisation de la région de Dakar. 


Dans le domaine des infrastructures, la période postérieure à la Conférence d'Istanbul est marquée par l'intensification de la politique des branchements sociaux.  Le Sénégal a également développé une nouvelle politique de restructuration foncière qui vient d'être renforcée par la mise sur pied d'un Fonds "Droit à la ville" chargé de coordonner les actions des différents acteurs.  Les textes législatifs et réglementaires régissant la gestion du secteur seront adaptés au nouvel environnement marqué par la décentralisation.  Le Sénégal formule le voeu que la session extraordinaire confirmera les engagements pris à Istanbul pour une mobilisation conséquente de ressources.


M. ALFONSO GAGLIANO, Ministre des travaux publics et des services gouvernementaux du Canada : Mon pays reconnaît dans son rapport que les habitants sont relativement bien logés et vivent dans des collectivités en bonne santé et dans un environnement favorable.  Il reste cependant un certain nombre de problèmes, tels que le logement des autochtones, la pénurie et les loyers abordables des logements et le phénomène des sans-abri.  Le Canada est déterminé à susciter l’adoption de pratiques conformes aux principes du développement durable et de la maison saine afin de réduire la consommation d’énergie, de protéger la santé des occupants, de garantir la qualité de l’eau et d’encourager la conception et l’aménagement de collectivités durables.  Le Canada est fier d’être une société inclusive, qui favorise l’engagement et la participation des citoyens et constitue une condition préalable à notre prospérité économique, au même titre que la croissance économique.  Grâce à son système d’impôt progressif, à des mesures actives et à son filet de sécurité sociale, le Canada a réussi à limiter les coûts sociaux et économiques de l’exclusion sociale.  Toutefois, la pauvreté et l’élimination des obstacles à la pleine participation des personnes qui continuent d’être laissés pour compte sont des défis qui restent à relever.  La promotion de l’égalité des sexes constitue un élément essentiel à la création d’établissements humains durables.  Le Canada travaille de plus en plus dans le cadre d’un partenariat avec les pays en développement et les pays en transition et concentrera davantage ses efforts dans les domaines de la santé et de la nutrition, de l’éducation de base, du VIH/sida et de la protection des enfants. Parmi les autres priorités du Canada en matière d’aide au développement, figurent les besoins humains fondamentaux, l’égalité entre les sexes, la protection de l’environnement, les droits de la personne et la gouvernance, le développement du secteur privé et les services d’infrastructures.  Le Canada est convaincu que les résultats de cette session extraordinaire apporteront une contribution importante au Sommet mondial sur le développement durable qui se tiendra à Johannesburg, en 2002. 


M. CLAUDE BARTOLONE, Ministre délégué à la Ville de la France : Je souhaite vivement, avec beaucoup d’autres, que cette session extraordinaire puisse permettre de remobiliser l’opinion internationale, sur l’ampleur, l’acuité et la complexité des défis auxquels toutes les villes du monde restent confrontées.  Nous avons pour cela besoin d’une déclaration finale vigoureuse, résolument politique, prolongeant et amplifiant les conclusions d’Istanbul, susceptible d’avoir un impact réel sur l’opinion mondiale.  Il va de soi que beaucoup reste à faire.  Même s’il faut agir vite, la mise en œuvre de «l’Agenda Habitat» s’inscrit nécessairement dans la durée.  En France, le Gouvernement auquel j’appartiens et les autorités locales se sont résolument engagés sur le chemin tracé à Istanbul.  D’importantes réformes sont venues, depuis 1996, renouveler en profondeur la politique de l’habitat et de la ville.  Dans le prolongement des lois de décentralisation des années 80, le cadre institutionnel de l’intercommunalité a été profondément réformé, pour l’adapter aux évolutions des agglomérations.  De nouveaux outils de planification urbaine ont été introduits, coordonnant mieux les politiques sectorielles, tenant mieux compte des réalités et des attentes locales.  Les moyens consacrés à la requalification des quartiers  en difficulté et à la réinsertion de leurs habitants ont été considérablement renforcés, afin que ces femmes et ces hommes bénéficient du retour de la croissance économique.  Des mesures ont également été prises pour développer la participation des habitants aux décisions qui les concernent, et faire en sorte que la ville redevienne ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, le lieu privilégié de la démocratie et de la citoyenneté. 


Mon Gouvernement considère que les pouvoirs publics ont un rôle déterminant à jouer.  Quels que soient ses mérites, le marché seul ne saurait rendre la ville économiquement efficace, écologiquement prudente et socialement harmonieuse, pas plus qu’il ne saurait permettre l’accès de chacun à un logement décent et à des services satisfaisants.  La ville doit désormais être considérée comme un objet prioritaire de l’action collective, comme un véritable enjeu de gouvernement.  Nous sommes donc particulièrement attachés à la bonne fin des travaux de cette session extraordinaire.  Nous souhaitons, bien entendu, qu’elle ne donne en aucune manière à quiconque l’occasion de revenir sur les engagements pris à Istanbul.  Elle doit permettre au contraire d’en assurer la bonne mise en œuvre dans un esprit constructif et mobilisateur.  Nous souhaitons aussi qu’elle permette de promouvoir la décentralisation et de renforcer les capacités des autorités locales, dans le respect du cadre juridique propre à chaque Etat.  Nous attendons beaucoup de la concertation entre les délégations nationales et les représentants des associations d’élus locaux, des organisations non gouvernementales et des autres partenaires de «l’Agenda Habitat».  Nous attendons aussi de cette session qu’elle aboutisse à une meilleure implication de l’ensemble des organisations internationales, et notamment des organismes compétents des Nations Unies, dans la mise en oeuvre du plan mondial d’action adopté à Istanbul.  Il s’agit d’améliorer l’efficacité du système de partage des responsabilités et de renforcer le rôle d’impulsion et de coordination dévolu au Centre des Nations Unies pour les établissements humains. 


M. MOHAMED ELYANGHI, Ministre chargé de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme, de l'habitat et de l'environnement du Maroc : Le pays s'est engagé dans un vaste programme de développement des établissements humains par le lancement de programmes de restructuration et de réhabilitation des quartiers sous-équipés.  Parallèlement à ces opérations, le Maroc a engagé durant la période 1998-2001, une expérience pilote de lutte contre la pauvreté en milieu urbain et «préurbain» dans trois grandes villes.  Cette expérience est appelée à être élargie à d'autres villes du pays.  Fort de son engagement en faveur du Programme pour l'habitat, le Maroc organisera avec le Centre pour l'habitat le quatrième Forum international sur la pauvreté urbaine qui aura lieu, à Marrakech du 16 au

19 octobre 2001.  Après un débat national sur l'aménagement du territoire, le Maroc vient d'adopter un projet de Charte nationale qui aborde les défis de l'aménagement du territoire et de l'urbanisation dans le cadre d'une vision prospective. 


Le Maroc s'est également engagé à faire de la bonne gouvernance un outil de gestion efficace des établissements humains et de la lutte contre la pauvreté.  Dans cette perspective, plusieurs chantiers ont été ouverts s'agissant de l'adoption d'un nouveau texte plus transparent sur les marchés publics, la mise en oeuvre du plan quinquennal du développement économique et social, la préparation d'un schéma national de l'aménagement du territoire, la révision de la Charte des collectivités locales dans le sens d'une plus grande responsabilisation des élus et des citoyens dans la gestion des affaires locales, et la révision du code de la presse pour donner davantage de garanties de liberté d'expression aux journalistes et aux citoyens.


M. JACOB NKATE, Ministre des biens fonciers, du logement et de l’environnement du Botswana : Les deux réalisations les plus marquantes de l’application au Botswana du Programme pour l’habitat est la politique nationale d’établissements humains et la politique nationale du logement.  Le Gouvernement a réalisé qu’il ne peut plus continuer à être le seul fournisseur de logements et a ainsi reconnu l’importance des partenariats avec toutes les parties prenantes, y compris avec le secteur privé, dans le domaine de la fourniture de services de base et de l’aménagement du territoire.  La promotion de l’accès au logement entendu comme un moyen d’émanciper les citoyens au revenu modéré est un élément nouveau de la politique du Gouvernement.  Le programme de réduction de la pauvreté et de logement est à la phase pilote de son application mais montre déjà des résultats positifs.  Les programmes qui étaient réservés aux habitants des bidonvilles vont être étendus pour bénéficier également au habitants des zones rurales.  La symbiose entre les zones urbaines et rurales et leur interdépendance est reconnue par le Gouvernement.  Des efforts sont déployés pour développer les indicateurs urbains et de logement et pour faire des études sur l’impact des différentes initiatives.  Le Gouvernement s’est engagé en faveur de l’accès équitable au logement et à la sécurité du territoire.  71% des terres appartiennent à des tribus et l’accès à la propriété de ces terres est relativement facile pour tous les groupes de revenus.  Les terres appartenant au gouvernement sont vendues à leur prix coûtant et le Gouvernement a créé un système de subventions pour favoriser l’accès au logement aux groupes à revenu faible.  Le Gouvernement s’efforce également de promouvoir l’égalité entre les sexes dans sa politique et s’efforce de gérer l’environnement afin de s’attaquer au problème de la polLution. Toutes les politiques en matière d’environnement sont menées conformément au principe de la bonne gouvernance et de la décentralisation au profit des autorités locales.  Les partenariats avec le secteur privé, la société civile et la communauté internationale doivent être renforcés, en particulier en ce qui concerne l’assistance technique, et ce, dans un contexte de déficit en ressources humaines qualifiées.


M. SLAHEDDINE BELAID, Ministre de l’équipement et du logement de la Tunisie : Le rapport de la Tunisie sur la mise en œuvre du Programme pour l’habitat montre que notre pays s’est efforcé de mettre en place le cadre juridique et les institutions requis pour une planification méthodique du développement urbain, afin de rester en phase avec la croissance du taux d’urbanisation qui est passée de 61% en 1994 à 62,8% en 2000.  Nous partageons l’opinion professée par la communauté internationale selon laquelle un développement durable et équilibré des villes et des communautés urbaines ne peut être réalisé que grâce à des programmes visant l’éradication de la pauvreté.  En Tunisie, le taux de pauvreté est passé de 6,2% en 1995 à 4,2% en 2000.  Conscient de l’interdépendance entre un environnement sûr et un développement durable, notre pays a développé un programme national pour la propreté et la protection de l’environnement, des programmes de lutte contre la pollution, la désertification, l’érosion et les inondations, ainsi que l’utilisation rationnelle des ressources naturelles.  Nous espérons que le débat sur la mise en œuvre d’Habitat II aboutira à des concepts unifiés et à une meilleure compréhension des liens entre la stratégie internationale et les diverses stratégies nationales.  Le Président Zine El Abidi Ben Ali a ainsi appelé à la création d’un fonds de solidarité mondiale qui représenterait pour la communauté internationale un mécanisme d’éradication de la pauvreté et de promotion des régions du globe les moins favorisées, et qui serait financé grâce à des dons et des contributions volontaires.  Cette initiative s’inspire d’une expérience nationale réussie, la création d’un Fonds national de solidarité qui a permis de mobiliser 550 millions de dinars. 


M. LASZLO MIKLOS, Ministre de l'environnement de la Slovaquie : Le pays encourage les gouvernements et les organisations internationales à prendre en compte les aspects spécifiques à chaque pays des rapports entre la structure des établissements humains, le relief et les problèmes de l'environnement.  Ces rapports doivent être pris en compte dans l'établissement des priorités en matière d'investissement dans le développement durable, en ce qui concerne en particulier les schémas extérieurs d'assistance et de financement.  La Slovaquie recommande aux gouvernements et aux organisations internationales de renforcer le statut de l'aménagement du territoire en tant qu'instrument de développement durable et de protection de l'environnement et d'aider à faire accepter aux autres acteurs l'aménagement du territoire comme cadre intégré d'organisation de l'espace et de développement.


M. IM CHHUN LIM, Ministre de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de la construction du Cambodge : Dans mon pays, moins de 15% de la population vivent en ville.  Cependant, compte tenu du taux d’accroissement démographique annuel de 2,49%, il y a de fortes chances que la capitale et d’autres zones urbaines connaissent un afflux de ruraux d’ici les dix prochaines années.  Dans ce contexte, le Gouvernement met l’accent sur le développement rural et le développement économique des villes secondaires par le biais de l’investissement dans l’infrastructure.  Il y a actuellement quelques dizaines de milliers de familles de squatters à Phnom Penh et quelques milliers d’autres dans d’autres centres urbains.  Grâce à un Fonds établi par le Gouvernement et grâce à l’assistance financière et technique de la communauté internationale, la ville de Phnom Penh a pu mener un projet pilote permettant de réinstaller plus de 1 000 familles dans de nouveaux sites adéquats.  La pauvreté limite la possibilité de beaucoup de cambodgiens d’améliorer leurs conditions de logement.  En zone rurale, le logement est en général très simple mais fonctionnel.  Le problème concerne davantage l’eau potable, le contrôle des inondations, le système sanitaire, la sécurisation des droits fonciers.  Le manque d’infrastructures  physiques constitue également un frein aux nouvelles implantations humaines durables.  Le Gouvernement a déjà mis en place une stratégie de réduction de pauvreté basée sur une stratégie de développement multisectoriel dont l’objectif est de chercher à augmenter les revenus de la population rurale et de la population urbaine, en promouvant la stabilité macroéconomique, facilitant le développement du secteur privé, améliorant l’infrastructure physique, le développement de l’agriculture, la gestion des ressources en eau et encourageant la bonne gouvernance.  Le Gouvernement travaille à une politique de l’eau qui doit permettre à une population plus nombreuse de bénéficier de l’eau potable d’ici à 2005, soit 40% de ruraux contre 29% aujourd’hui.  Il travaille également à renforcer la sécurité foncière des occupants.  Le Gouvernement met en oeuvre le principe de la décentralisation fonctionnelle, optant pour un mécanisme de gestion décentralisée et participative.  Des comités de développement établis dans 30% des villages concentrent leur attention sur la participation et le renforcement de la capacité des hommes et des femmes grâce à la formation professionnelle, au développement de services communautaires de base, à la sécurité alimentaire, et à la création d’emplois à travers des programmes d’entrepreunariat au niveau rural.  En février 2002, lors des élections municipales, les 1 621 communes du pays éliront le premier Conseil municipal décentralisé. 


M. MOHAMMED BIN IBRAHIM AL-JARALLAH, Ministre des affaires municipales et rurales de l’Arabie Saoudite : Dans le domaine de la formulation de stratégies et de plans pour la promotion du développement durable des établissements humains et l’accélération de l’intégration entre les villes et les campagnes, l’Arabie saoudite a très tôt mis en place des stratégies pertinentes.  Cette politique a atteint ses objectifs de promotion d’établissements urbains ordonnés et d’amélioration de leurs services urbains et ruraux.  Plus récemment, le besoin de formuler une stratégie nationale à long terme d’aménagement du territoire s’est fait fortement sentir.  Dans ses efforts continus pour améliorer les conditions de vie dans les établissements humains, le Royaume d’Arabie Saoudite s’est lancé dans la formulation d’une stratégie complète pour le traitement des égouts et des déchets solides.  Les partenariats entre secteurs public et privé ne sauraient être un problème secondaire.  A ce propos, le Gouvernement saoudien a, depuis les années 70, poursuivi des politiques visant à élargir et renforcer le rôle du secteur privé. 


Il ne fait aucun doute que ce que le peuple palestinien souffre du fait de persécutions, destructions, meurtres et le fait que des innocents sont terrorisés par l’occupant israélien est absolument contraire aux principes des Nations Unies et aux  normes du droit international, sans parler des objectifs ni de l’esprit du Sommet d’Habitat II.  L’Arabie Saoudite appelle donc tous ses Etats Membres, en particulier les membres du Conseil de sécurité, à se montrer dignes de leurs obligations en mettant un terme aux hostilités contre le peuple palestinien et en donnant à ce dernier la possibilité d’exercer ses droits légitimes et de créer un Etat indépendant sur sa terre, avec Jérusalem pour capitale. 


M. ABREHA ASFEHA, Ministre des travaux publics de l'Erythrée : Les efforts du pays pour répondre aux besoins en matière de logement et de services sociaux ont été accomplis dans un contexte d'héritage de l'occupation, de conflit et d'invasion qui affecté de manière négative le développement.  Le conflit frontalier entre l'Erythrée et l'Ethiopie qui, au cours de ces trois dernières années, a affecté quelque 1,6 million de personnes, a créé différentes catégories de victimes parmi lesquelles on compte les personnes déplacées, les rapatriés volontaires et les expulsés.  Par ailleurs, il convient de rappeler que les principes et les objectifs de la gouvernance urbaine tendent à créer une relation étroite entre les instances de prise de décision et les exécutants que sont les autorités locales.  Bien qu'elle ait adopté une politique de décentralisation et mis en place des structures administratives à cette fin, l'Erythrée a constaté que l'absence de bases institutionnelle et financière a empêché le transfert du pouvoir administratif aux autorités locales.  Le renforcement du cadre institutionnel est donc essentiel à la réalisation d'une gouvernance urbaine efficace.  Pour assurer le succès d’un partenariat avec les autorités locales, il est important que la participation du secteur privé et des ONG, y compris le jumelage des villes, se fasse avec la pleine coopération de la communauté des donateurs et du Gouvernement central.


M. GUNTIS PUKITIS, Secrétaire d’Etat à la protection de l’environnement et à l’aménagement du territoire de la Lettonie : Les recommandations du Programme pour l’habitat, notamment le développement d’un réseau de localités inhabitées, la possibilité pour les habitants de vivre dans des logements qui leur convient et la stimulation de la construction de nouveaux logements, sont mises en oeuvre progressivement.  Le Gouvernement s’est fixé pour priorités l’amélioration du cadre législatif en matière de logement, le développement d’un cadre juridique pour des prêts immobiliers, l’amélioration des établissements existants et la construction de nouveaux établissements, l’élaboration de programmes de subventions et de garanties sociales de logement pour les citoyens à revenu modéré et les groupes vulnérables, ainsi que le renforcement des capacités du secteur du logement.  En 1993, 54% des logements appartenaient à l’Etat et aux communes.  En 1999, 70% des logements relevaient de la propriété privée.  Dans ce processus de privatisation, la Lettonie compte garder 20% des logements dont elles disposent pour en faire des logements sociaux ou les louer.  En 1999, seulement 4% des constructions étaient des constructions d’habitation.  Le Gouvernement s’est engagé dans l’élaboration de lois promouvant un système de prêts immobiliers dans le but de développer le marché immobilier d’habitation, de stimuler le secteur de la construction et de développement les marchés financiers.  La Lettonie a enregistré de grands progrès en matière de protection de l’environnement.  L’amélioration de la gestion des déchets est une autre priorité.  Le système d’approvisionnement en eau a été développé et la législation en matière de pollution d’air à été étayé.  La Lettonie bénéficie du soutien de programmes multilatéraux initiés par les Nations Unies, l’Union européenne, le Conseil nordique, la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement. 


M. ERICH STATHER, Secrétaire d’Etat au Ministère fédéral de la coopération économique et du développement de l’Allemagne : En Allemagne, nous sommes largement parvenus à assurer un logement adéquat aux familles nombreuses à faibles revenus, aux immigrants ainsi qu’aux personnes âgées et à améliorer continuellement leurs conditions d’habitat.  L’Allemagne dispose aujourd’hui d’un marché du logement équilibré.  Le droit au logement est respecté en Allemagne.  Pour faire face au risque de tension sociale et de polarisation dans les villes, le programme actuel de promotion de l’urbanisation a été complété par le programme «La ville sociale».  Au total, la Fédération affecte en 2001 un montant de 850 millions de DM à la promotion de la rénovation et du développement des villes, ce qui fait que la promotion de l’urbanisation ne donne pas seulement d’importantes impulsions urbanistiques, mais en même temps structurelles et en matière d’emploi et de conjoncture économique.  Dans le domaine du développement communal et urbain, l’Allemagne soutient 242 projets pour un montant de plus de 650 millions d’euros.  La coopération allemande au développement soutient la participation d’organisations non gouvernementales.  De plus en plus de villes allemandes développent des jumelages avec des villes des pays en développement. 


Le développement d’établissements humains est en premier lieu la tâche de chaque commune et de chaque pays.  Mais la communauté internationale est appelée à démontrer une responsabilité commune et à s’engager en vue de garantir l’avenir de la planète.  De nouvelles formes de coopération internationale sont nécessaires.  L’urbanisation se poursuivra au XXIe siècle et nous observons que, parallèlement, la pauvreté devient de plus en plus un problème urbain.  On compte aujourd’hui dans le monde 1,5 milliard de personnes qui vivent avec moins d’un dollar par jour, la majorité dans les zones urbaines.  Voilà pourquoi cette session


extraordinaire devrait se concentrer sur le renforcement des villes en tant que moteurs du développement économique et lieux d’intégration sociale.  Les villes ne doivent plus former le bouillon de culture de la pauvreté, elles doivent au contraire devenir un cadre de vie idéal pour la surmonter.  Nous devons donner au développement des villes une orientation plus compatible avec les exigences de l’environnement.  Les villes, avec leurs modèles de production et de consommation, doivent se demander si elles offrent à leurs habitants des conditions de vie saines et si leur utilisation des ressources naturelles est durable.


M. KAREL HAVLICEK, Vice-Ministre du développement local de la République tchèque : La session extraordinaire ne doit pas donner lieu à une renégociation du Programme pour l'habitat qui serait d'autant moins pertinente que ses mécanismes de mise en oeuvre sont en train d'être renforcés.  En conséquence, il convient de concentrer les efforts sur le cadre agréé des priorités pour faire du Programme un instrument utile et gérable en termes de mise en oeuvre, au niveau de chaque pays.  Le pays entend aussi apporter son concours à la création d'indicateurs applicables à chaque pays.  Par ailleurs, la République tchèque ne saurait trop insister sur l'importance des approches régionale, nationale et locale.  Pour illustrer cette importance, les ministres européens, réunis en septembre dernier à Genève dans le cadre de la 61ème session du Comité sur les établissements humains de la Commission économique pour l'Europe, ont adopté une "Stratégie pour une qualité de vie durable dans les établissements humains au 21ème siècle".


M. OLEKSANDR SHLAPAK, Vice-Ministre de l’économie de l’Ukraine : Mon pays a adopté des mesures normatives pour appliquer le Programme pour l’habitat.  Un plan d’action pour répondre aux difficultés que connaissent les villes, notamment le chômage, a été élaboré.  Le Gouvernement prépare également un plan pour assurer le logement des couches sociales les moins nantis et pour les jeunes.  Le processus de mondialisation est étroitement lié aux problèmes des villes, à la démographie, à la croissance du chômage et à la criminalité.  De plus, ces problèmes sont aggravés par les conséquences des catastrophes naturelles.  Ces problèmes universels nécessitent une solution universelle.  La session extraordinaire doit permettre d’élaborer un plan pour réaliser les objectifs d’Habitat II et améliorer ainsi les conditions de vie des populations.  


M. MOHAMMED AL-TALOA, Vice-Premier Ministre des travaux publics et du développement urbain du Yémen : Il nous faut mobiliser la communauté internationale afin que le Programme pour l’habitat soit mis en œuvre, que la cohésion entre zones urbaines et rurales soit renforcée et qu’un développement durable et complet soit réalisé.  Le gouvernement de mon pays a déployé de grands efforts pour faire face aux problèmes sociaux et économiques qu’il rencontre.  Il a notamment mis en place un filet de protection sociale et a garanti les droits de la femme dans sa Constitution.  Une loi de décentralisation a été adoptée récemment.  Nous voulons rappeler à la communauté internationale les difficultés que nous connaissons du fait de l’afflux de réfugiés fuyant les pays d’Afrique voisins et qui connaissent des problèmes sociaux, économiques et sanitaires.  En dépit de ces difficultés, le Yémen continue de s’efforcer d’appliquer le Programme pour l’habitat.  La Commission Mitchell a demandé le gel des implantations de colonies de peuplement israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.  Les Palestiniens qui sont sous occupation israélienne sont déplacés.  La communauté internationale doit affirmer l’illégalité de telles pratiques. 


M. JARGAISAIKHANY ENKHSAIKHAN (Mongolie) : Plutôt que de se concentrer sur les actions menées aux niveaux local et international, au cours de ces cinq dernières années, la session extraordinaire devrait porter sur les moyens de générer des ressources financières nouvelles et supplémentaires aux fins de la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat.  Il est évident que beaucoup reste à faire en matière de coopération locale, nationale et internationale et pour ce qui du renforcement du Centre des Nations Unies pour les établissements humains comme point focal de la mise en oeuvre du Programme.  A cet égard, la question consistant à fournir au Centre des ressources appropriées et prévisibles est au coeur même de ce renforcement.  Au vu de sa situation, la Mongolie est d'avis que les futurs investissements doivent être dirigés dans le développement des infrastructures et des services, en particulier dans les pays sans littoral.  Partant, le pays se félicite du "Projet de Route du millénaire"qui contribuera à son développement économique en reliant les cinq régions économiques du pays et en permettant à la population rurale d'accéder plus facilement au transport et aux services.


M. SERGIO VENTO (Italie) : L’Italie est un modèle de décentralisation. La population urbaine est concentrée dans un réseau de villes de petite et moyenne taille.  Les autorités locales sont notamment compétentes pour la politique de développement local et l’aménagement du territoire.  Cela signifie que les politiques visant un développement local et urbain durables sont définies au niveau local.  Afin de promouvoir une gouvernance efficace, transparente, responsable et juste, il est nécessaire d’adopter des approches intégrées plutôt que sectorielles.  L’Italie a connu de profonds changements économiques et démographiques dont le gel de l’accroissement de la population, un taux de naissance plus faible que la moyenne européenne et le vieillissement de la population.  La tendance est au renouveau et à la revitalisation des villes plutôt qu’à l’expansion.  Des programmes ont été menés pour revitaliser les régions périphériques et régénérer les villes.  Ces dernières années, le nombre de travailleurs immigrants a augmenté jusqu’à atteindre 2,2% de la population totale.  On constate que ces immigrants vivent dans des habitations précaires.  Des progrès ont été enregistrés dans le domaine de la protection de l’environnement, et en particulier en ce qui concerne la réduction des émissions de gaz carbonique, mais on peut tout de même déplorer que tous les changements de comportements de consommation et de production nécessaires n’ont pas été faits.  La consommation de pétrole a doublé en 10 ans et le nombre de véhicules privés a augmenté de plus de 30%, tandis que l’amélioration du réseau ferroviaire, y compris de fret, est trop lente.  L’Italie a réussi à atteindre son objectif de préserver au moins 10% de son territoire en créant des parcs nationaux et des réserves. 


La pauvreté, l’immigration et les catastrophes naturelles font partie des questions mondiales qui appellent un renforcement de la coopération internationale à tous les niveaux.  L’Italie réaffirme son engagement à augmenter la part de son budget alloué à des programmes visant l’application du Programme pour l’habitat.  La nouvelle politique de coopération donne la priorité aux programmes d’élimination de la pauvreté visant à fournir des infrastructures de base et un accès à l’eau potable, à de nouveaux services urbains et au renforcement des capacités des institutions et des capacités.  


M. ASHAR ALIYEV (Azerbaïdjan) : Le monde a atteint aujourd’hui une étape décisive de son développement.  Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la plus grande partie de la population mondiale vivra dans des villes.  Actuellement, 100 millions de personnes sont sans domicile fixe et un milliard de personnes vivent dans de mauvaises conditions.  Malheureusement, ces chiffres sont en augmentation.  Il est évident que les gouvernements nationaux sont les premiers concernés par les défis de l’urbanisation.  Mais sans assistance technique, financière et autre de la part des pays développés et des institutions internationales concernées, les pays en développement et les pays à économie en transition ne seront pas en position de réagir efficacement aux problèmes que l’urbanisation a générés à une grande échelle.  La création de conditions de vie appropriée pour sa population est une tâche prioritaire pour le Gouvernement de l’Azerbaïdjan.  Il fait de son mieux pour mettre en œuvre le Programme d’Istanbul. 


Malheureusement, le processus de démocratisation et de réformes économiques en Azerbaïdjan est mis à mal par l’agression militaire que la République d’Arménie mène contre mon pays et qui a abouti à l’occupation de 20% du territoire de l’Azerbaïdjan.  Depuis plus de 10 ans, l’Arménie impose un blocus à la région de Nakhichevan de l’Azerbaïdjan.  L’agression de l’Arménie a provoqué la destruction de villes et d’établissements humains datant de plusieurs siècles.  Dans les territoires occupés, plus de 900 villes, quelque 600 écoles, 250 établissements médicaux, tous les musées et les monuments historiques ou culturels ont été détruits.  Environ un million d’Azerbaïdjanais ont perdu leur maison et c’est la neuvième année qu’ils vivent sous des tentes, dans des conditions intolérables.  Depuis 1997, l’Agence pour la rénovation et la reconstruction des territoires libérés a restauré 2 145 maisons et infrastructures dans quatre régions administratives de l’Azerbaïdjan qui ont été libérées de l’occupation.  Il va sans dire qu’une paix complète et durable dans le monde est une condition préalable et fondamentale à la mise en œuvre réussie des programmes d’action nationaux et du Programme pour l’habitat.  La mise en œuvre du Programme est également une partie intégrante du processus d’élimination de la pauvreté et du développement durable. 


Mme AKSOLTAN ATAEVA (Turkménistan) : Le pays a mis en place un programme pour l'amélioration des établissements humains qui prévoit la construction de nouveaux logements, la construction et la reconstruction d'infrastructures d'approvisionnement en eau, en gaz et en électricité, la mise en place de réseaux routiers et la création d'espaces verts là où les gens vivent dans des conditions extrêmes de chaleur.  A ce jour, les canaux d'approvisionnement en gaz ont été installés sur toute l'étendue du pays permettant ainsi à la population d'utiliser de l'énergie non polluante pour ses activités quotidiennes. Le pays remercie donc les institutions des Nations Unies pour le rôle important qu'elles ont joué en matière d'assistance technique dans le cadre de la "Stratégie de transformations socioéconomiques pour la période allant jusqu'en 2010".


M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) : Le Centre des Nations Unies pour les établissements humains (Habitat) est un élément crucial de la mise en oeuvre du Programme pour l’habitat.  Il convient de prêter une attention particulière à la meilleure coordination entre Habitat et d’autres organismes des Nations Unies et les autres partenaires car le potentiel de leur synergie pourrait donner une nouvelle impulsion à la mise en oeuvre de la politique de développement durable.  Il est impératif, dans un esprit de coopération et avec un dessein commun de trouver une approche de solidarité pour apporter des solutions adéquates aux problèmes semblables auxquels sont confrontés les pays du Nord et du Sud.  La solution aux défis en matière d’établissements humains exige non seulement une volonté politique accrue mais également la mobilisation des ressources nouvelles et supplémentaires aux niveaux national et mondial.  Un aspect particulier de cette problématique est celui de l’exclusion des femmes, des jeunes et des enfants.  Nous devons donc nous engager d’une manière plus décisive à arrêter des politiques et mesures urgentes visant à garantir la participation pleine et égale des femmes et des jeunes à la planification des établissements humains et à la prise de décisions en la matière.  La Bulgarie est convaincue que le large partenariat avec la société civile dans son ensemble, la participation de tous ceux qui se sentent responsables à l’égard de la société et sont prêts à assumer leur part du fardeau des responsabilités, le dialogue ouvert et transparent, sont une condition préalable au succès du Programme pour l’habitat.  La bonne gouvernance urbaine à tous les niveaux doit être une des priorités d’actions que cette session doit recommander.  Les pouvoirs publics doivent créer une atmosphère de coopération entre tous les partenaires et encourager leur participation à la recherche des solutions pour rendre les villes plus sûres, plus viables, saines et équitables.  A cet égard, l’initiative des meilleures pratiques permet un échange de données concrètes et un apprentissage mutuel.  La décentralisation est un aspect important qui mérite une attention particulière.  Il constitue le premier pas vers la bonne gouvernance s’il va de pair avec l’octroi de ressources suffisantes. 


La Bulgarie a formulé une stratégie nationale centrée sur le logement, le développement social, l’élimination de la pauvreté, le développement économique, la gouvernance et la coopération régionale.  Les actions et les programmes du Gouvernement en matière d’établissements humains sont intégrés à la politique macroéconomique, sociale et environnementale.  Dans le domaine du logement, l’accent est mis sur la conservation des sites historiques et du patrimoine culturel, sur la rénovation et la modernisation urbaine.  Des actions en faveur des personnes vulnérables sont menées pour faire face à l’augmentation du chômage et à l’accroissement de la fracture sociale. 


M. ANUND PRIYAY NEEWOOR (Maurice) : Notre évaluation de la mise en œuvre du Programme pour l’habitat est loin d’être satisfaisante.  Il peut y avoir plusieurs raisons à cela mais nous pensons que la complexité de la Déclaration d’Istanbul et du Programme pour l’habitat a été un facteur important.  A cause du manque de ressources, de nombreux gouvernements n’ont pas pu entreprendre les différentes tâches nécessaires à cette mise en œuvre.  Nous savons que la fourniture de logements n’est pas une fin en soi.  C’est la première étape du processus d’urbanisation mais elle n’est pas complète sans la fourniture d’éléments aussi essentiels que l’électricité, un système de distribution de l’eau, une infrastructure routière, la gestion des déchets, la construction d’écoles et de nombreux autres services que les pays en développement doivent assurer avec des ressources extrêmement réduites.  L’urbanisation dans le monde est associée à une pléthore de problèmes et les responsables de la planification urbaine doivent, outre ces problèmes, satisfaire les besoins fondamentaux des citoyens.  Les habitants des zones urbaines attendent de leur gouvernement qu’il surmonte ces problèmes et satisfasse leurs aspirations légitimes à un logement convenable.  Là aussi, les gouvernements se heurtent au problème de ressources financières insuffisantes.  En tant que petit Etat insulaire, Maurice doit en outre trouver un équilibre entre l’expansion des zones résidentielles et les zones cultivées car l’agriculture est une importante source de revenu pour ce pays.


M. FOTIOS-JEAN XYDAS (Grèce) : Le lancement du programme de construction pour les Jeux olympiques qui doivent se tenir à Athènes en 2004 a déjà contribué à une amélioration substantielle de l'infrastructure urbaine.  Pour la Grèce, la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat exige des efforts collectifs et une coordination entre tous les acteurs.  La Grèce attache une importance particulière au rôle des autorités locales.  Une bonne gouvernance au niveau local qui facilite les approches globales, les processus participatifs et la transparence constituent la force motrice du développement durable des établissements humains. La Grèce conçoit le Programme pour l'habitat comme un point de rencontre des questions traitées par les conférences des Nations Unies et concernant l'environnement, la population, l'alimentation, la condition de la femme et l'équilibre de l'odre économique mondial.  En effet, c'est à l'intérieur des foyers que les effets de ces questions particulières se conjuguent.  C'est à l'intérieur des foyers que l'humanité réalise le bonheur, la justice et la dignité ou souffre du rejet, du désespoir et de la violence.


M. ION BOTNARU (République de Moldova) : Bien que des progrès ont été enregistrés dans le domaine des établissements humains, il reste à relever les défis de la pauvreté, de l’urbanisation, du manque de logements convenables, de la croissance rapide de la population, des migrations des campagnes vers les villes, de la stagnation économique et de l’instabilité sociale.  La Bulgarie estime que le meilleur moyen d’atteindre le développement d’établissements durables est de mener des initiatives sur la base des meilleures pratiques identifiées par Habitat.  La démarche en termes d’établissements humains doit consister au renforcement des capacités et à la création de partenariats.  A l’ère de la mondialisation, il est indispensable d’identifier plus clairement les problèmes et les domaines où des choses sont à faire en recherchant la participation active de tous les partenaires, y compris les organisations non gouvernementales et intergouvernementales concernées par les problèmes d’établissements humains.  La participation du secteur privé est un nouvel élément de la politique de la République de Moldova en matière d’application du Programme pour l’habitat.  Le développement d’établissements humains durables et la protection de l’environnement sont un préalable à la consolidation des démocraties.


M. WALTER BALZAN (Malte) : Pleinement conscient que la forte densité de population exige une utilisation des terres mieux organisée, le Gouvernement de Malte a adopté au début des années 90 un plan structurel sur la gestion de l’utilisation des terres.  Une autorité de planification a été créée pour surveiller l’application de ce plan.  Les initiatives encourageant la propriété de  logements individuels ont remporté un succès si considérable que 70% des foyers de Malte appartiennent à leurs occupants.  En outre, la Constitution maltaise protège contre l’expropriation et interdit le déni du droit de propriété.  La situation n’est malheureusement pas la même partout et trop de personnes vivent encore dans la pauvreté et sont misérablement logés.  Les gouvernements ont une responsabilité primordiale dans le développement durable de leurs pays mais il faut reconnaître que le progrès socioéconomique des pays en développement ne peut être réalisé sans une assistance des pays développés grâce, entre autres, au renforcement des capacités, la promotion des meilleures pratiques, des niveaux adéquats d’aide publique au développement et l’allègement de la dette.  Cette conférence offre une nouvelle occasion à la communauté internationale d’exprimer sa solidarité avec ceux qui vivent dans la pauvreté et ne disposent pas d’un logement convenable. 


Le problème n’a plus à être identifié, les mesures requises pour atteindre nos objectifs ont été identifiées, et pourtant, il reste beaucoup à faire.  Nous devons intensifier nos efforts afin que les expressions de solidarité soient traduites en actions concrètes visant l’atténuation des souffrances de plusieurs millions d’êtres humains. 


M. HUSSAIN SHIBAB (Maldives) : La fragmentation du pays et la répartition de la population sur un grand nombre de petites îles a obligé le Gouvernement à trouver des solutions novatrices pour mettre en oeuvre le Programme pour l’habitat et résoudre les problèmes de développement des établissements humains.  La politique de concentration démographique dans les grandes îles est une stratégie à long terme qui se révèlera sans aucun doute efficace pour résoudre les problèmes que connaissent les Maldives.  A long terme, il y aura un moindre nombre d’îles non habitées et les grandes îles pourront attirer les investissements indispensables à leur développement.  Pour faire face à la pénurie de logements, en particulier dans la capitale, un projet visant la création de nouveaux centres urbains a été élaboré.  Comme la pénurie de terres est le principal problème auquel fait face le pays, le Gouvernement a pris des mesures pour créer un marché du logement plus sain, notamment pour ce qui est de l’établissement d’un cadastre.  Les Maldives sont convaincues que pour trouver une solution durable aux problèmes du logement, il faut mettre en place un système de financement global de l’habitation, ce qu’elles font notamment par le biais de la création de système financier de prêts. 


M. KAMIL BAIALINOV (Kirghizistan) : Dans les questions de développement durable des établissements humains, le Kirghizistan place l’être humain au centre.  Le Gouvernement a élaboré un plan décennal qui vise notamment à attirer des investissements internes et étrangers dans le secteur du logement.  Aujourd’hui, la moyenne de la surface par habitant est de 12 mètres carrés.  Le nombre de citoyens ayant besoin d’un logement augmente d’une année sur l’autre.  La délégation du Kirghizistan reconnaît que la mobilisation des ressources intérieures et une politique rationnelle sont très importantes pour résoudre les problèmes du logement et relèvent d’abord du Gouvernement.  Toutefois, l’expérience et la coopération internationale sont indispensables.  2002 ayant été déclarée Année internationale des montagnes, une telle aide serait particulièrement bien accueillie dans notre pays montagneux.  Le Kirghizistan se félicite de la nouvelle vision stratégique du Centre des Nations Unies pour les établissements humains et de l’accent qu’il met sur la sécurité d’occupation et sur la gouvernance des villes, à travers ses deux campagnes mondiales. 


Mme NARELLE TOWNSEND, Présidente des ONG accréditées auprès de la Commission des établissements humains : De nombreuses ONG sont déçues par les mesures adoptées durant le processus préparatoire de la session extraordinaire visant à  les empêcher de jouer pleinement leur rôle comme partenaires de la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat, lequel rôle a pourtant été approuvé par la Conférence d'Istanbul.  Les ONG sont également préoccupées par la ligne dure défendue par certains Etats Membres concernant le droit au logement, un droit pourtant déjà reconnu par la Déclaration des droits de l'homme de 1948 et par le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels de 1966 et qui a été réaffirmé dans la Déclaration d'Istanbul et le Programme pour l'habitat. 


Les ONG sont convaincues que le droit à des conditions de vie décentes, appliqué à tous les citoyens, ne saurait affecter négativement les économies des pays.  Bien au contraire, il ne pourra qu'ajouter à la valeur et aux biens des communautés concernées et avoir un effet multiplicateur bénéfique sur les capacités et les ressources des hommes et femmes pauvres. 


Les ONG veulent participer à davantage de recherches menées au sein des Nations Unies sur les réformes juridiques.  Elles sont conscientes de la manière dont des législations restrictives et coûteuses empêchent la fourniture de logements abordables, éloignent les communautés des organes de prise de décisions et de planification, compromettent certains modes de vie, et entravent la participation des populations pauvres aux activités qui affectent la qualité de leur vie.


Droits de réponse


Le représentant de l’Arménie, répondant à une intervention du représentant de l’Azerbaïdjan, a déclaré qu’il s’agissait d’allégations absurdes et sans fondement.  Aujourd’hui, l’Arménie continue de souffrir du blocus imposé par l’Azerbaïdjan, a-t-il ajouté.  Il a regretté que cette délégation ait choisi d’adopter une approche destructive alors que les deux pays ont convenu de reprendre leurs négociations.


En réponse à la déclaration faite par la délégation d’Israël, l’Observateur de la Palestine a déclaré que le Ministre israélien de la construction et du logement a fait des allégations et présenté des faits de façon erronée.  C’est lui qui a déclaré, il y a dix jours, que de nouveaux logements seraient construits.  Ce Ministre est le responsable du crime de guerre que constitue la politique de colonisation menée par Israël.  Le crime perpétré par Israël n’est pas limité au Territoire de la Palestine; en fait, il y a de nombreux logements construits par Israël sur des terres volées aux Palestiniens.  Israël ne se contente pas d’empêcher les réfugiés de rentrer chez eux et de ne pas respecter les résolutions de l’Assemblée générale, mais refuse également de reconnaître que ses constructions sont illégitimes.  Depuis l’année dernière, Israël a lancé une campagne contre les Palestiniens et en a tué quelque 500.  Les Palestiniens s’efforcent de mettre en oeuvre les recommandations du rapport Mitchell et espèrent que l’approbation du rapport par Israël est sincère.  La déclaration faite cet après-midi ne semble pas aller dans ce sens.


Pour sa part, le représentant de l’Egypte a déclaré ne pas avoir été surpris par la déclaration d’Israël qui refuse d’admettre que les colonies de peuplement israéliennes représentent une activité illégale conformément à la quatrième Convention de Genève.  Peu importe que le représentant d’Israël essaie d’enjoliver ces pratiques en parlant de terrorisme pour dissimuler les colonies.  Les Palestiniens deviennent des cibles des attaques militaires lancées par Israël.  La communauté internationale doit prendre des mesures très fermes pour qu’Israël mette fin à sa politique de peuplement.


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