
L’Assemblée générale a adopté ce matin par 167 voix pour, 3 voix contre (Etats-Unis, Iles Marshall, Israël) et 4 abstentions (El Salvador, Lettonie, Maroc, Nicaragua), une résolution présentée par le Ministre des affaires étrangères cubain sur la nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les Etats-Unis d’Amérique. Dans cette résolution l’Assemblée exhorte de nouveau tous les Etats à s’abstenir de promulguer et d’appliquer des lois et mesures de caractère économique et commercial qui portent atteinte à la liberté des échanges internationaux, conformément aux obligations que leur imposent la Charte des Nations Unies et le droit international.
La grande majorité des délégations qui ont participé au débat ont déploré que l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba perdure malgré le nombre important de résolutions adoptées par l’Assemblée générale pour réclamer que les Etats-Unis y mettent fin sans délai. De nombreux représentants ont regretté que ces mesures coercitives continuent de porter préjudice au peuple cubain, qualifiant l’embargo d’inhumain. La plupart des intervenants ont insisté sur le fait que les relations internationales doivent reposer sur les principes de l’égalité entre les Etats, le respect de la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures ainsi que sur la non-discrimination des systèmes politiques, estimant à cet égard qu’aucun Etat ne peut être puni pour ses choix de développement.
De son côté, le Ministre des affaires étrangères de Cuba a déclaré que contrairement à ce qui a été répété avec une insistance suspecte le blocus contre Cuba n’a pas été assoupli mais a été, au contraire, renforcé par les dernières décisions législatives du Congrès américain. Imputant cette situation aux pressions exercées par «la communauté d’origine cubaine et ses alliés du leadership républicain», le Ministre des affaires étrangères a souligné que l’autorisation donnée aux compagnies américaines de vendre des produits alimentaires et médicaux à Cuba a été accordée sous de telles restrictions et de tels obstacles qu’elle est, dans la pratique, caduque. Illustrant ces propos, le Ministre des affaires étrangères s’est, par exemple, demandé comment Cuba pourrait acheter des aliments et des médicaments aux Etats-Unis si le transport aérien et maritime entre les deux pays reste interdit tout comme les relations entre les institutions bancaires et l’achat de la devise américaine
Le représentant des Etats-Unis, dans son explication de vote, a déclaré que le fait que son pays a choisi, à cause de la politique répressive de Fidel Castro, de ne pas faire de commerce avec Cuba, est un élément d’une politique qui vise à promouvoir la démocratie cubaine. La communauté internationale devrait concentrer son attention sur la promotion des droits de l’homme à Cuba plutôt que sur les activités économiques bilatérales des Etats-Unis destinées à promouvoir une transition pacifique dans le pays, a-t-il dit. Selon lui, la résolution adoptée aujourd’hui risque d’encourager le Gouvernement cubain à poursuivre sa politique inadmissible dans le pays.
Au titre de ce point, l’Assemblée était également saisie d’un rapport du Secrétaire général (A/55/172 et Add.1). Les représentants des pays suivants ont participé au débat: Bélarus, Myanmar, République-Unie de Tanzanie, Mexique, Viet Nam, République démocratique populaire Lao, République arabe syrienne, Malaisie, Angola, Ghana, Jamahiriya arabe libyenne, Afrique du Sud, Venezuela, Antigua-et- Barbuda, Iraq, Zambie, Nigéria, République islamique d’Iran, Namibie, Chine et Zimbabwe. Les représentants des délégations suivantes ont expliqué leur vote: Costa Rica, France au nom de l’Union européenne et des pays associés, Etats-Unis, Brésil, Norvège, Japon, Canada et Australie.
En cours de séance, le Président Holkeri avait annoncé plusieurs modifications de l’ordre du jour. Ainsi, l’Assemblée examinera le point intitulé “Application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux” le mardi 14 novembre 2000 dans la matinée. Elle se saisira de la question concernant l’assistance au déminage le mardi 28 novembre au matin.
L’Assemblée générale reprendra ses travaux demain, vendredi 10 novembre à partir de 10 heures. Elle examinera les points concernant la coopération entre l’ONU et la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, l’application d’un nouvel ordre du jour des Nations Unies pour le développement de l’Afrique dans les années 90, y compris les mesures et recommandations convenues lors de l’examen à mi-parcours ainsi que les incidences mondiales du problème informatique posé par le passage à l’an 2000. L’Assemblée se prononcera également sur le projet de résolution concernant le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Rapport du Secrétaire général
L’Assemblée générale prend note du rapport du Secrétaire général sur la nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique (A/55/172 et Add.1). Le rapport reproduit les réponses reçues au 14 juillet 2000 de la part des gouvernements, des institutions et organismes des Nations Unies en application la résolution 54/21.
Résolution (A/55/L.7)
Aux termes de la résolution intitulée «Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les Etats-Unis d’Amérique», l’Assemblée générale exhorte de nouveau tous les Etats à s’abstenir de promulguer et d’appliquer des lois et mesures du type visé dans le préambule de la présente résolution, conformément aux obligations que leur imposent la Charte des Nations Unies et le droit international, qui, notamment consacrent la liberté du commerce et de la navigation; elle demande de nouveau instamment aux Etats qui continuent d’appliquer des lois ou des mesures de ce type de faire le nécessaire , conformément à leur système juridique, pour les abroger ou pour en annuler l’effet le plus tôt possible. L’Assemblée prie le Secrétaire général d’établir, en consultation avec les institutions et organismes compétents des Nations Unies, un rapport sur l’application de la présente résolution, compte tenu des buts et principes énoncés dans la Charte et du droit international, et de le lui présenter à sa cinquante-sixième session; elle décide d’inscrire la question à l’ordre du jour provisoire de sa cinquante-sixième session.
Déclarations
M. SERGEI LING (Bélarus) a indiqué qu'il était nécessaire de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les Etats-Unis d’Amérique. Tous les débats des Nations Unies sur ce point montrent que le régime de mesures économiques infligé à Cuba va à l’encontre des principes de l’ONU. Le Bélarus a appuyé la résolution présentée au titre de ce point et réaffirme son opposition aux mesures de ce type. Le représentant a poursuivi en affirmant que son pays s’est toujours élevé contre les mesures unilatérales dont les répercussions affectent le sort de certains pays, mais aussi les Etats tiers et les intérêts des personnes sous leur juridiction. La République du Bélarus n’a jamais appliqué ce genre de mesures et n’a pas l’intention de le faire, a-t-il encore déclaré, insistant sur le fait que les différends entre Etats doivent se régler en tenant compte du principe du respect de leur souveraineté. Le représentant a encore considéré que les conditions existent aujourd’hui pour progresser en ce sens et demande que les deux parties fassent des efforts pour arriver à cet objectif.
M. MSUYA MANGACHI (République-Unie de Tanzanie) a exprimé le regret de son gouvernement face au maintien des mesures unilatérales imposées au peuple et au Gouvernement de Cuba par les Etats-Unis malgré les nombreux appels qui lui ont été lancés. Les souffrances injustes subies par le peuple cubain sont telles que le pape Jean-Paul II a lancé un appel à ce sujet l'an dernier, a-t-il rappelé. Les récentes mesures, limitées, d'assouplissement sont très éloignées de ce qui est nécessaire, à savoir la levée de l'ensemble des sanctions imposées au peuple cubain.
La normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba est, à notre avis, de l'intérêt des deux pays malgré leurs différends idéologiques, a-t-il fait valoir. Nous espérons qu'au moment où nous entrons dans le nouveau millénaire, les reliques héritées de la guerre froide vont être enterrées. La loi Helms- Burton a été rejetée par l'Assemblée générale, le Mouvement des pays non alignés et d'autres instances. Nous espérons que les Etats-Unis répondront aux appels lancés par l'Assemblée générale et reprendront le dialogue avec Cuba avec l'objectif de mettre fin à l'embargo et de normaliser les relations entre les deux pays.
M. MANUEL TELLO (Mexique) a indiqué que les principes de la Charte de San Francisco ainsi que le droit international constituent la norme de conduite du Mexique avec les autres Etats. Pour cette raison, il a déclaré que le Mexique s’est toujours opposé aux mesures unilatérales et coercitives dans les relations internationales et ne recourt jamais aux mesures extraterritoriales. Il a réitéré l’attachement de son pays au droit de tous les Etats à choisir leur système politique et a jugé que la loi Helms-Burton est une loi inacceptable qui porte atteinte à la souveraineté des Etats. Il a rappelé qu'une fois de plus aujourd’hui l’Assemblée générale de l’ONU exhorte les Etats Membres à éviter de prendre des lois de portée extraterritoriale, et qu’il n’est pas possible de continuer d’ignorer cet appel de la communauté internationale. En effet, le blocus imposé à Cuba a des effets dommageables sur les efforts que consent le peuple cubain pour assurer son bien-être, et ces effets pèsent plus lourdement encore sur les personnes les plus vulnérables, les enfants et les personnes âgées, a-t-il ajouté. Il a finalement souhaité qu’un dialogue franc, respectueux et soucieux de la paix, de la justice et de la liberté puisse prévaloir, afin que tous les Etats puissent construire, libres et souverains, leurs propres destinées nationales.
M. FELIPE PEREZ ROQUE, Ministre des affaires étrangères de Cuba, présentant le projet de résolution, a d’abord rappelé que l’Assemblée générale s'est prononcée, pendant huit années consécutives, en faveur de la fin du blocus économique, commercial et financier contre Cuba, «politique irrationnelle et inhumaine». Contrairement à ce qu’on a répété avec une insistance suspecte, a poursuivi le Ministre des affaires étrangères, le blocus contre Cuba n’a pas été assoupli mais a, au contraire, été renforcé par les dernières décisions législatives du Congrès américain. Imputant cette situation aux pressions exercées par “la communauté d’origine cubaine et ses alliés du leadership républicain”, le Ministre des affaires étrangères a souligné que l’autorisation donnée aux compagnies américaines de vendre des produits alimentaires et des médicaments à Cuba est soumise à tant de restrictions et d'obstacles qu’elle devient en pratique, caduque. Pour étayer ses propos, le Ministre des affaires étrangères s’est, par exemple, demandé comment Cuba pourrait-elle acheter des aliments et des médicaments aux Etats-Unis si le transport aérien et maritime entre les deux pays reste interdit, de même que sont interdits les relations entre les institutions bancaires et l’achat de la devise américaine. De plus, a indiqué le Ministre des affaires étrangères, pour la première fois depuis 40 ans, il est interdit aux citoyens américains de se rendre librement à Cuba. Evoquant d'autres mesures prises par les Etats-Unis, le Ministre des affaires étrangères a attiré l’attention sur un projet de loi, signé le 28 octobre, autorisant le Gouvernement américain de geler plus de 161 millions de dollars déposés dans des banques américaines et appartenant à des entreprises et à des banques de Cuba.
Tandis que les Etats-Unis continuent de durcir leur blocus «avec une rage sans précédent», Cuba bénéficie toujours plus de la solidarité et du soutien de la part de l’Assemblée générale des Nations Unies, a expliqué le Ministre des affaires étrangères, en citant les résolutions par lesquelles l’Assemblée s’était opposée aux décisions américaines. Parlant du Président des Etats-Unis, le Ministre des affaires étrangères a espéré qu’il réfléchira à ces actes contre Cuba alors que son pays «a normalisé ses rapports avec la Chine et le Viet Nam de même qu’avec un groupe de nations qualifiées autrefois de terroristes ou encore au moment où il sera dans l’avion en partance pour la République populaire démocratique de Corée, avec laquelle les Etats-Unis n’ont pas encore signé d’accord de paix».
M. ALOUNKEO KITTIKHOUN (République démocratique populaire lao) a indiqué que son pays continue de s'inquiéter de la non-application des résolutions de l'Assemblée générale demandant aux Etats-Unis de lever le blocus imposé à Cuba. Ce blocus, a-t-il fait valoir, n'a que trop duré et il est plus que temps qu'il prenne fin dans l'intérêt de la paix et de la stabilité mondiales. Comme d'autres délégations ont eu l'occasion de l'exprimer, nous considérons ce blocus comme un reliquat de la guerre froide et estimons que l'abrogation de ces pratiques commerciales restrictives entraînerait une amélioration du climat politique en général et dans cette région en particulier. Or, contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, ce blocus avec son impact extraterritorial se renforce, accentuant les souffrances du peuple cubain. Nous lançons donc un appel aux Etats-Unis pour qu'ils mettent fin à ce blocus anachronique et c'est dans cet esprit que ma délégation soutiendra le projet de résolution contenu dans le document A/55/L.7 visant à lever le blocus contre Cuba.
M. MIKHAIL WEHBE (République arabe syrienne) a indiqué que l’initiative visant à lever le blocus est conforme aux objectifs et aux principes de la Charte et que ces principes s’imposent de la même façon à tous les pays, y compris les grandes puissances. Il a rappelé que le blocus a des incidences graves sur les populations innocentes et que les sanctions, qu’elles visent Cuba, la Libye ou l’Iraq, ne sauraient être maintenues car elles constituent une pression intolérable sur les secteurs les plus vulnérables de la société et empêchent l’élimination de la pauvreté. Le représentant a déclaré que la Syrie était favorable à l’instauration d’un dialogue entre les Etats-Unis et Cuba afin que les deux pays aboutissent à un règlement pacifique des différends qui subsistent. Mais, a demandé le représentant, de quel méfait Cuba s’est-il rendu coupable si ce n’est d’avoir choisi son propre système culturel et politique? Toute atteinte à ce droit est une atteinte à la souveraineté des Etats, a déclaré le représentant. Indiquant en conclusion que son pays était en faveur de la résolution, le représentant a exprimé le souhait que la politique américaine se conforme enfin à la position adoptée par cette Assemblée.
M. MOHAMMAD KAMAL YAN YAHAYA (Malaisie) a rappelé que, depuis huit ans, l'Assemblée générale avait adopté à une large majorité des résolutions exprimant clairement le rejet, par la communauté internationale, de l'embargo imposé par les Etats-Unis à Cuba. Il a souhaité que cette année, cette condamnation soit encore plus vigoureuse avant de rappeler que la Conférence ministérielle des pays non alignés tenue à Carthagène en avril 2000, puis le Sommet Sud du Groupe des 77 tenu à La Havane du 10 au 14 avril 2000, avaient été l'occasion pour les Etats Membres de prendre position contre les mesures coercitives économiques et commerciales. Il a ajouté que, malgré un infléchissement favorable à Cuba de la part des Etats- Unis ces derniers temps, ces derniers devaient prendre conscience que la tendance actuelle était à la destruction des obstacles et à la construction de ponts entre les Etats afin de leur permettre de relever les défis de la mondialisation.
M. JOSE PATRICIO (Angola) a condamné fermement l'embargo économique, financier et commercial imposé à Cuba, ajoutant que l'Angola défendait les principes de liberté du commerce international et de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. A ce titre, il a considéré que le peuple cubain avait le droit d'établir des relations commerciales libres avec d'autres pays dans le cadre de son développement économique. Il a rappelé que l'Angola avait voté en faveur de la levée de l'embargo contre Cuba car ces mesures affectent les conditions de vie du peuple cubain. Il a souhaité que les différentes parties fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour rétablir le dialogue politique qui permettra de parvenir à la levée de l'embargo, dans l'intérêt commun de Cuba et des Etats-Unis.
M. NANA EFFAH-APENTENG (Ghana) a regretté qu'en dépit du fait que de nombreux pays ont appuyé l'Assemblée générale dans sa démarche visant à obtenir la levée de l'embargo, celui-ci soit toujours en vigueur. Il a ajouté que le Ghana étant fermement attaché aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, à savoir l'égale souveraineté des Etats ainsi que la non-ingérence et la non- interférence dans les affaires intérieures des Etats, conteste aussi bien l'embargo que les lois nationales de portée extraterritoriale telle que la loi Helms-Burton relative à des mesures coercitives contre des pays tiers. Le représentant a ajouté que les mesures prises à l'encontre de Cuba avaient gravement compromis ses efforts en faveur du développement économique et social et affecté les conditions de vie des populations les plus vulnérables telles que les enfants, les femmes et les personnes âgées. Il a ajouté que l'usage des embargos à des fins de résolution de différends entre Etats avait été rejeté de longue date par la communauté internationale au profit du dialogue, de la négociation et de l'arbitrage. Evoquant l'appel de Cuba en faveur d'une solution négociée avec les Etats-Unis, le délégué a émis l'espoir que cet appel sera entendu pour que les deux pays puissent entrer dans une ère nouvelle de coopération bilatérale.
Le représentant s'est félicité des mesures d'allègement de l'embargo prises par les Etats-Unis notamment pour l'exportation vers Cuba de nourriture et de médicaments, exprimant néanmoins la préoccupation de son pays face aux restrictions financières. Il a ajouté que de telles mesures ne pouvaient favoriser le développement de bonnes relations entre les deux pays et qu'il fallait procéder à la levée totale de l'embargo. Il a souligné les efforts faits par le gouvernement et le peuple cubains pour poursuivre leurs efforts de solidarité internationale malgré les conditions sévères auxquelles ils sont exposés, rappelant que Cuba avait assisté son pays dans les domaines de la santé et de l'éducation. Il a conclu en déclarant que les Etats Membres des Nations Unies devaient s'engager à renoncer à des pratiques héritées de la guerre froide et que le Ghana voterait en faveur du projet de résolution.
Par ailleurs, il a cité certaines tentatives de pays qui se sont opposés aux Etats-Unis et qui, de ce fait, n’ont plus reçu leur assistance. Il nous faut œuvrer à gagner le respect de nos peuples et non pas celui des Etats-Unis, a déclaré le représentant de la Jamahiriya arabe libyenne. Fidel Castro a servi son peuple sans appliquer les ordres des puissants et des plus forts. Il a invité le peuple cubain à remercier les Etats-Unis. Tous les pays à qui les Etats-Unis imposent leurs sanctions devraient les remercier, car ils les forcent ainsi à mobiliser leur potentiel et leurs ressources intellectuelles pour trouver des solutions locales à leurs problèmes spécifiques, a-t-il poursuivi. Le représentant a encore constaté que certains Américains se rendent à Cuba pour se faire soigner. Cuba a envoyé des milliers de médecins en Afrique pour traiter notamment le paludisme. Qui est alors la grande nation quand on constate en comparaison que les Etats-Unis interdisent la vente de médicaments et d’aliments à d’autres pays, a demandé le représentant.
Les médecins cubains servent les populations qui ont besoin de leurs services loin du confort des grands hôtels, a-t-il dit. Les grands Etats sont ceux qui volontairement prêtent leurs services à ceux qui en ont besoin. La Floride est citée en exemple et Cuba est qualifiée de pays non démocratique. Les résultats des élections américaines tendent à prouver que c’est nous qui sommes les démocrates, a encore déclaré le représentant de la Libye. Il a estimé que la contribution des Etats-Unis au monde est uniquement superficielle et superflue. Les Etats-Unis ne placent leurs investissements que là où le profit est possible pour eux. Ce n’est pas nous qui condamnons les Etats-Unis mais leurs propres actes, a-t-il encore ajouté, estimant qu’il ne reste que peu de temps aux Etats- Unis pour entendre la voix de la raison car le monde va s’unir contre eux. Nous n’avons pas besoin de leur blé ou de leurs médicaments puisque nous l’achetons à ceux qui veulent collaborer avec nous et qui respectent notre indépendance et notre souveraineté, a dit le représentant, estimant que le respect mutuel est la base de nos relations et doit devenir un modèle universel pour s’opposer à la force et éduquer les générations à venir au fait que Cuba demeurera libre et souveraine.
M. IGNACIO ARCAYA (Venezuela) a réaffirmé que le multilatéralisme est la voie la plus appropriée pour promouvoir des solutions à des problèmes d’intérêt commun. Ces questions exigent en effet des réponses collectives fondées sur le dialogue et la coopération internationale, a-t-il ajouté. Il a observé ayant préoccupation que des mesures unilatérales avec des effets extraterritoriaux, comme la loi Helms-Burton, sont appliquées en violation du droit international et des principes de bonne entente entre les nations. Le représentant a dénoncé la loi Helms-Burton car cette loi porte atteinte à la souveraineté des Etats, affecte les intérêts légitimes des entités ou des citoyens qui se trouvent être sous la juridiction de tiers et viole également les principes du commerce international tels qu’énoncés par l’Organisation mondiale du commerce. A l’heure où les Etats sont de plus en plus interdépendants, le représentant a souligné que l’application de telles mesures est en contradiction flagrante avec les principes de libre accès aux marchés des biens et des services et avec le processus d’intégration régionale en cours. Il a enfin émis le souhait que soit mis un terme à des mesures qui se situent en marge de la légalité internationale.
M. PATRICK LEWIS (Antigua-et-Barbuda), s'exprimant au nom des pays de la CARICOM, s'est opposé à l'embargo financier, économique et commercial imposé par les Etats-Unis à Cuba, appelant au respect des principes juridiques internationaux de libre circulation des marchandises, de libre navigation et de souveraineté des Etats. Il a déclaré que, dans le cadre des relations de bon voisinage entre pays des Caraïbes et dans le respect de la Charte des Nations Unies, les Etats membres de la CARICOM souhaitent favoriser l'intégration économique de Cuba dans la sous- région en privilégiant le commerce et la coopération. A ce titre, le représentant a rejeté les politiques qui dressent des barrières artificielles dans la région des Caraïbes et compromettent le commerce et la coopération dans la région. Il a conclu en souhaitant la promotion du dialogue entre les deux parties et s'est prononcé en faveur du projet de résolution.
Le cas de Cuba illustre la politique de la force appliquée par les Etats- Unis dans leurs relations extérieures avec plus de 70 sanctions mises en oeuvre, a-t-il fait valoir. C'est ainsi qu'ils persistent à tuer les enfants iraquiens malgré les rapports des organisations internationales qui affirment que ces sanctions constituent des violations au droit de l'homme. M. Hasan a lancé un appel engageant les Etats-Unis à faire prévaloir le droit au détriment de la force déraisonnable et à mettre fin à leur politique de sanctions. Il a formulé l'espoir qu'il lançait cet appel pour la dernière fois.
M. MWELWA C. MUSAMBACHIME (Zambie) a affirmé que l'embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba est une violation des principes de la Charte des Nations Unies et des lois internationales, ajoutant que les lois Helms-Burton et D'Amato violaient l'intégrité territoriale des autres Etats et le principe de libre circulation des marchandises reconnu par l'Organisation mondiale du commerce. Il a exprimé la préoccupation de son pays face aux conséquences de l'embargo sur les conditions de vie du peuple cubain, notamment sur les groupes les plus vulnérables tels que les enfants, les femmes et les personnes âgées. Il a ajouté que son pays rejetait les lois nationales de portée extraterritoriale, telle que la loi Helms-Burton, qui vont à l'encontre des principes d'égale souveraineté des Etats et de non-ingérence dans les affaires intérieures. Il a déclaré que la Zambie respectait ces principes et que, en tant qu'Etat enclavé, elle était sensible à la liberté de navigation et du commerce. Enfin, le représentant a regretté que des mesures héritées de l'ère de la guerre froide soient toujours en vigueur aujourd'hui et déclaré que la Zambie était favorable à la levée immédiate des sanctions contre Cuba afin de respecter les principes de la Charte des Nations Unies.
M. OLUSEGUN T. APATA (Nigéria), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a déclaré être résolument en faveur du projet de résolution et a indiqué que le blocus unilatéral imposé à Cuba, ainsi que toutes les lois ayant des conséquences extraterritoriales, sont contraires au droit international. Il a rappelé que les chefs d’Etat et de gouvernement du Groupe des 77, réunis à La Havane en avril dernier, se sont engagés en faveur de l’établissement de relations Nord-Sud saines. Le représentant s’est déclaré très préoccupé de l’usage excessif qui est fait des sanctions. Les sanctions ne sauraient être imposées qu’en dernier recours, par les Nations Unies seulement et être dans tous les cas assorties de mandats clairs, a-t-il ajouté. Il s’est déclaré convaincu que remplacer le blocus par une plus grande coopération mènerait à un échange constructif entre les deux pays dont les destins sont liés par l’histoire et la géographie.
M. HADI NEJAD HOSSEINIAN (Iran) a déclaré que l’embargo économique, commercial et financier contre Cuba enfreint toutes les normes et les principes régissant les relations internationales, les dispositions de la Charte des Nations Unies ainsi que les normes et conventions régissant le commerce. Tous les Etats Membres ici présents, quelle que soit notre position sur toute autre question, sommes d’avis que la promotion de la coopération internationale et des relations amicales entre les Etats ainsi que du renforcement de nos engagements en faveur des buts et principes de la Charte des Nations Unies et du droit international, constitue l’objectif fondamental de la création même de cette Organisation mondiale. C’est pourquoi, M. Hosseinian a souligné que le respect de l’égalité souveraine des Etats, la non-ingérence dans les affaires intérieures, et le règlement pacifique des différends figurent parmi les objectifs majeurs des Nations Unies. En outre, plus que jamais auparavant, la communauté internationale réaffirme que les efforts communs visant à régler les crises et à promouvoir les relations amicales entre Etats, à la fois aux niveaux régional et mondial, sont impératifs pour assurer le maintien de la paix et de la sécurité et pour réaliser le développement.
Dans le cadre mondial général établi pour la promotion d’un climat international propice en faveur du renforcement d’un dialogue et d’un partenariat, le recours à des mesures économiques coercitives unilatérales constitue une anomalie, et en conséquence, est inacceptable pour la communauté internationale. Les principes et normes du droit international interdisant ces pratiques sont nombreux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la Déclaration sur les principes de droit international concernant les relations amicales et la coopération entre les Etats. A cet égard, M. Hosseinian a regretté que l’on continue de recourir à ces mesures. Il est donc impératif pour la communauté internationale de rejeter la promulgation et l’application des mesures
Tout en réaffirmant qu’il est indéniable pour chaque Etat d’opter pour le système politique, économique, social et culturel de son choix, M. Hosseinian a plaidé en faveur de la levée et de l’élimination de l’ensemble de l’embargo économique et commercial imposé contre Cuba et a estimé que les divergences entre les Etats devraient être réglées par des moyens pacifiques.
M. HAROLDT URIB (Namibie) a réaffirmé l'opposition de son pays à l'embargo commercial et financier imposé par les Etats-Unis à Cuba et déclaré que les lois Helms-Burton et D'Amato étaient des violations des lois internationales et des principes de la Charte des Nations Unies. Il a jugé ces mesures contraires à la coopération qui devrait prévaloir entre les Etats à l'heure de la mondialisation et appelé les Etats-Unis à lever l'embargo. Le représentant a rappelé que cet embargo affectait principalement les conditions de vie des populations les plus vulnérables et ajouté que le monde ne pouvait rester passif face à une telle injustice. Il a rappelé le rejet de l'embargo par la communauté internationale, notamment lors du Sommet Sud du Groupe des 77, tenu à La Havane en avril 2000, et souligné que sa levée serait favorable tant à Cuba qu'aux Etats-Unis. Il a conclu en annonçant que son pays voterait en faveur du projet de résolution.
M. SHEN GUOFANG (Chine) a fait observer qu'une fois de plus l'Assemblée Générale lançait un appel en faveur de la liberté commerciale et du respect de la Charte des Nations Unies. L'embargo inflige au peuple cubain des souffrances notamment en matière de santé qui sont autant d'atteintes aux libertés fondamentales, a-t-il déclaré. Ces mesures portent aussi atteinte aux intérêts des autres pays. La Chine a toujours considéré que les Etats ont le droit de choisir leur mode de vie et leur système politique et qu'aucun pays n'a le droit de faire pression pour faire prévaloir ses idées.
Le représentant a formulé l'espoir que la pratique obsolète du blocus prendra fin et que le dialogue entre Cuba et les Etats-Unis reprendra. Il a indiqué que, si des mesures limitées d'allègement avaient bel et bien été prises, le blocus n'en restait pas moins en vigueur et qu'en conséquence, la communauté internationale devait poursuivre ses efforts en espérant que les Etats-Unis donneront suite aux demandes qui lui sont faites. Il a déclaré que la Chine soutenait la résolution présentée.
M. TICHAONA J.B. JOKONYA (Zimbabwe) a déploré le fait que, depuis plus de 30 ans, Cuba ait à subir un blocus imposé unilatéralement en violation flagrante des buts et principes des Nations Unies. De plus, les répercussions extraterritoriales de ce blocus affectent les partenaires commerciaux de Cuba, minant les fondations et les piliers de la coopération internationale et du multilatéralisme, a ajouté le représentant. Il a par ailleurs exhorté la communauté internationale à venir en aide aux victimes et à défendre les principes de souveraineté nationale et d’intégrité territoriale inscrits dans la Charte. En accord avec les principes propres aux Etats souverains siégeant à l’Assemblée générale, il a appelé les Etats à voter en faveur de la résolution.
Le représentant du Costa Rica a indiqué que son pays allait voter en faveur du projet de résolution et qu'il condamnait l'imposition unilatérale de mesures économiques exerçant une pression sur le peuple cubain. Le blocus imposé à Cuba par les Etats-Unis et la loi Helms-Burton violent le droit international et la Charte, a-t-il fait valoir, tout régime de sanctions devrait être décidé au sein d'organismes internationaux exclusivement. Le représentant a déploré les effets de l'embargo sur la santé et l'alimentation du peuple cubain et a estimé qu'il était essentiel de permettre à Cuba de s'intégrer aux marchés mondiaux.
Le représentant de la France a indiqué qu'il s'exprimait au nom de l'Union européenne, des pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne (Bulgarie, Hongrie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) et des pays associés (Chypre et Malte) ainsi que de l'Islande en tant que pays de l'AELE, membre de l'Espace économique européen. L'Union européenne, a-t-il déclaré estime que la politique commerciale des Etats-Unis à l'égard de Cuba demeure essentiellement une question bilatérale. Cela dit, l'Union a aussi clairement exprimé son opposition à l'extension extraterritoriale de l'embargo décrété par les Etats-Unis, telle qu'elle figure dans les lois «Cuban Democracy Act» de 1992 et Helms-Burton de 1996.
Le représentant a rappelé également qu'en 1998 à Londres, l'Union européenne et les Etats-Unis ont arrêté un ensemble de mesures qui comprenaient des dérogations aux titres III et IV de la loi Helms-Burton, l'engagement du Gouvernement américain de ne plus adopter de législation extraterritoriale de cette nature et un accord prévoyant les modalités de renforcement de la protection des investissements. L'Union européenne constate avec regret que le Gouvernement américain n'a pas encore donné suite à ses propres engagements, a souligné le représentant. Nous invitons le Gouvernement américain à le faire car nous considérons qu'il s'agirait d'un point essentiel de résolution de ce différend.
Le principal objectif de l'Union dans ses relations avec Cuba est d'encourager un processus de transition progressif et pacifique vers une démocratie pluraliste et le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que vers le redressement économique et une amélioration du niveau de vie du peuple cubain. L'Union européenne reconnaît à cet égard que certains progrès ont eu lieu ces dernières années mais continue à être préoccupée par la situation économique et politique à Cuba.
Le représentant des Etats-Unis a déclaré que les mesures économiques imposées à Cuba sont une matière qui relève exclusivement de la politique économique bilatérale et ne doit donc pas être examinée par les Nations Unies. S’opposant à la politique répressive de Fidel Castro, les Etats-Unis ont choisi de ne pas faire de commerce avec Cuba, considérant qu’il s’agit d’un élément politique qui vise à établir la démocratie dans le pays. L’Administration Clinton a maintenu des contacts avec le peuple cubain et les organisations non gouvernementales. Le Gouvernement américain a été généreux dans son aide humanitaire et l’objectif de cette politique est d’encourager la mise en place d’un gouvernement démocratique et la promotion des droits de l’homme, en aidant la société civile à fournir au peuple cubain la prospérité économique que lui refuse son gouvernement.
Le représentant du (Brésil) a indiqué que, comme les années précédentes, les pays membres du Mercosur, au nom desquels il prenait la parole, voteront en faveur de la résolution sur le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba. Les controverses entre les Etats doivent être résolues par des moyens pacifiques. Les méthodes coercitives telles que les sanctions et les embargos, sont des exceptions à cette norme générale auxquelles il ne faut recourir qu'une fois épuisés tous les autres moyens et, dans tous les cas, elles doivent se baser strictement sur le droit international. Les sanctions et les embargos contredisent le droit international et intensifient les tensions. Ils affectent également l'intérêt des Etats.
Le représentant a rappelé que l'embargo imposé à Cuba par les Etats-Unis a été rejeté par l'Assemblée générale et par une série de forums internationaux. Il a indiqué que le Mercosur se joignait à la quasi-unanimité de la communauté internationale pour rejeter ces mesures unilatérales.
Le représentant de la Norvège a fait valoir qu'il existait une distinction claire entre des mesures unilatérales telles que celles exercées à l'encontre de Cuba et celles adoptées dans le cadre des Nations Unies. C'est pour cette raison que la Norvège a soutenu le projet de résolution. Pour autant nous souhaiterions voir s'améliorer la situation des droits de l'homme à Cuba mais nous pensons que cela peut être réalisé par le dialogue.
Le représentant du Japon a indiqué qu'il partageait les préoccupations exprimées à propos des applications extraterritoriales telles qu'elles sont prévues par la loi Helms-Burton. Mon pays a suivi de près l'application de cette loi, a-t-il déclaré, et ces préoccupations demeurent; c'est pourquoi le Japon a voté en faveur de la résolution. Mon pays se demande toutefois si l'Assemblée générale est le meilleur endroit pour se pencher sur cette question et invite les deux pays à engager le dialogue. Le représentant a également indiqué que la situation des droits de l'homme à Cuba préoccupait le Japon.
Le représentant du Canada a indiqué que son pays s'opposait au blocus et aux mesures extraterritoriales inacceptables notamment sur la population de Cuba, mais qu'il considérait que Cuba devait faire face à ses responsabilités également.
La représentante de l'Australie a déclaré que son pays avait voté en faveur du projet de résolution. Elle a ajouté que, bien que l'Australie soit préoccupée par la situation des droits de l'homme et des libertés publiques à Cuba, elle considère que l'isolement économique et les sanctions ne sont pas un moyen efficace de faire avancer les réformes politiques et les droits de l'homme. Elle a rappelé que l'Australie s'était toujours opposée à la promulgation et à l'application par des Etats Membres des Nations Unies de lois et mesures à effet extraterritorial qui vont à l'encontre de la souveraineté des Etats. Elle a ajouté que de telles mesures allaient à l'encontre des règles internationales régissant le commerce et la navigation. Elle a enfin exprimé la préoccupation de l'Australie face à la loi Helms-Burton qui renforce l'embargo en prenant des mesures contre les investisseurs étrangers à Cuba.
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