
L'Assemblée générale a adopté ce matin par consensus et telle qu'amendée oralement, une résolution présentée par l'Inde visant à établir une relation nouvelle et renforcée entre l'Union interparlementaire et les Nations Unies.
De nombreux représentants ont estimé qu’il fallait apporter une dimension parlementaire aux travaux de l'Organisation des Nations Unies, dans un souci de démocratisation des procédures de prises de décisions. «Les parlements ont un rôle légitime à jouer pour faire entendre la voix des peuples dans les prises de décisions internationales», a fait valoir le représentant de la Norvège. De façon générale, une coopération renforcée a été réclamée afin de faire avancer les objectifs communs. Ainsi, le représentant de l'Australie a-t-il suggéré que les deux organisations accordent leur ordre du jour et étudient ensemble des sujets tels que l’impact de la mondialisation sur le marché du travail ou l’élaboration de stratégies pour lutter contre le VIH/sida.
Plusieurs délégations dont les pays viennent de renouer avec la démocratie ont souligné l'aide précieuse que l'Union interparlementaire apporte à la construction de la démocratie. Ainsi, le Nigéria après de nombreuses années de dictature militaire, a salué l'importance de la coopération qui vise à renforcer les pouvoirs législatifs et les parlements. Il a également été souligné que les programmes de développement institutionnel de l’UIP ont beaucoup apporté à plusieurs pays africains. Le représentant du Bangladesh s'est félicité du rôle de l’UIP dans la consolidation de la démocratie, et plus particulièrement des efforts déployés en faveur de la parité homme/femme qui permettront aux parlements nationaux de devenir des institutions représentatives modernes. Le représentant du Burkina Faso a déclaré que l’Union interparlementaire est l’expression institutionnelle de la coopération interparlements avant d’estimer qu’elle constitue pour le jeune parlement de son pays un cadre d’information, d’échanges et de renforcement.
Par ailleurs, plusieurs délégations ont souhaité qu'en raison du rôle de premier plan que l'UIP doit être amenée à jouer dans les travaux de l'ONU, elle acquière le statut d'Observateur permanent auprès des Nations Unies. Au titre de ce point, l'Assemblée était saisie du rapport du Secrétaire général sur la coopération entre l'Organisation des Nations Unies et l'Union interparlementaire.
L'Assemblée générale a, par ailleurs, décidé de prolonger les travaux de la Quatrième Commission jusqu'au 17 novembre 2000. Le Président a annoncé que le point 44 intitulé «Incidences mondiales du problème informatique causé par le passage à l'an 2000» sera examiné le vendredi 10 novembre comme troisième point de l'ordre du jour.
L'Assemblée reprendra ses travaux demain, jeudi 9 novembre, à 10 heures et examinera le point 35 de l'ordre du jour consacré à la nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les Etats-Unis d'Amérique.
Rapport du Secrétaire général
Le rapport du Secrétaire général consacré à la Coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union interparlementaire (A/55/409) fait suite à la résolution 54/12 de l’Assemblée générale en date du 27 octobre 1999. Il décrit les initiatives prises par les deux organisations pour faire en sorte que les parlements apportent leur contribution aux principales activités organisées récemment par l’ONU, et notamment le Sommet du millénaire. Il présente également l’action parlementaire coordonnée par l’UIP pour soutenir ou compléter les travaux de l’ONU, en particulier dans les domaines de la paix et de la sécurité, du développement économique et social, du droit international et des droits de l’homme, de la démocratie, de la gouvernance et des questions de sexospécificité.
Résolution (A/55/L.20)
Aux termes de sa résolution, l’Assemblée générale se félicite de la tenue, à l’Organisation des Nations Unies, du 30 août au 1er septembre 2000, de la Conférence des présidents de parlements nationaux, au terme de laquelle a été adoptée à l’unanimité une déclaration se rapportant à la vision parlementaire de la coopération internationale à la veille du troisième millénaire. L’Assemblée rappelle avec satisfaction la Déclaration du millénaire dans laquelle les Etats Membres ont décidé de renforcer la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et les parlements nationaux, représentés par l’Union interparlementaires, dans divers domaines, notamment la paix et la sécurité, le développement économique et social, le droit international et les droits de l’homme, la démocratie et la parité entre les sexes.
L’Assemblée se félicite des efforts que fait l’Union interparlementaire pour élargir l’appui que les parlements fournissent à l’Organisation des Nations Unies et prie le Secrétaire général, en consultation avec les Etats Membres et avec l’Union interparlementaire, de rechercher les moyens d’établir, entre l’Union interparlementaire et l’Assemblée générale et ses organes subsidiaires, une relation nouvelle et renforcée et de faire rapport à ce sujet à l’Assemblée générale, au plus tard en mai 2001.
Déclarations
M. KAMALESH SHARMA (Inde), introduisant le projet de résolution concernant la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union interparlementaire, a déclaré qu’il existe un potentiel pour une meilleure contribution des parlements nationaux aux travaux de l’ONU à travers l’action de l’UIP. La Déclaration du millénaire, adoptée par les chefs d’Etat et de gouvernement, met également en évidence le besoin de renforcer la coopération entre les Nations Unies et les parlements nationaux dans de nombreux domaines, y compris la paix et la sécurité, le développement économique et social, le droit international et les droits de l’homme ainsi que la parité entre les sexes.
M. SERGEI LING (Bélarus) a déclaré que son pays accorde une importance particulière à la coopération entre les Nations Unies et l’Union interparlementaire. Il s’est félicité de la tenue, en marge du Sommet du millénaire de la Conférence des présidents des parlements nationaux qui a raffermi les liens entre les Nations Unies et l’UIP. Le représentant a ajouté que le rapport du Secrétaire général montre que l’UIP est de plus en plus étroitement liée aux activités des Nations Unies. Il a déclaré que, dans le cadre du développement du parlementarisme, la République du Bélarus a organisé des élections ouvertes et démocratiques garanties par la présence d’observateurs internationaux qui ont permis de mettre en place un Parlement démocratique qui participera aux travaux de l’UIP. Il a conclu en assurant que son pays demeurerait actif dans le renforcement des liens entre les Nations Unies et l’UIP.
M. ARNE B. HONNINGSTAD (Norvège) a déclaré que les parlements nationaux sont composés d'hommes et de femmes élus pour représenter le peuple, et que de ce fait les parlements ont un rôle légitime à jouer pour faire entendre la voix des citoyens dans les prises de décision internationales. De plus, une interaction accrue entre les parlements nationaux et les institutions multilatérales, y compris l'ONU, pourrait améliorer la transparence et la responsabilité de ces institutions et renforcer leur capacité à mettre en oeuvre des programmes et des politiques préalablement décidés, a-t-il déclaré. Il a ajouté que les gouvernements ont besoin du soutien des parlements nationaux pour être efficaces sur la scène internationale.
Le représentant a rappelé que les pays nordiques ont choisi d'inclure des parlementaires dans leurs délégations à l'Assemblée générale et aux conférences spéciales et a recommandé que cela devienne une pratique courante, afin que la dimension parlementaire soit présente dans les travaux de l'ONU. Le représentant a souhaité que l'on accorde à l'Union interparlementaire un nouveau statut plus formel et plus en adéquation avec ses activités, et en particulier a souhaité que les Nations Unies ne considèrent pas l'UIP comme une organisation non gouvernementale.
M. HENNADIY UDOVENKO (Ukraine) a indiqué que son pays, nouveau membre de l’UIP, est coauteur du projet de résolution présenté à l’Assemblée, qu’il espérait voir adopté par consensus. L’Union, a-t-il fait observer, a montré qu’elle partage les valeurs de l’ONU et qu’elle contribue à leur réalisation. Il s’est félicité de ce que la Conférence des présidents des parlements nationaux ait beaucoup contribué à forger la prise de conscience des parlementaires du monde sur les objectifs du nouveau millénaire et les activités des Nations Unies.
Le respect des droits de l’homme et des minorités nationales, la réalisation de la justice sociale domineront la vie des gens dans le siècle à venir, a-t-il déclaré; sans eux, il n’y aura pas de sociétés stables et il n’y aura pas de paix. L’Ukraine a réussi pendant les années d’indépendance à préserver la paix et la stabilité nationales malgré la présence de 130 minorités ethniques sur son sol. Le représentant a rappelé que son pays présentait la candidature de son ancien Ministre des affaires étrangères à la vice-présidence de l’OSCE en charge des minorités nationales.
M. JEAN-DAVID LEVITTE (France) au nom de l’Union européenne, des pays d’Europe centrale et orientale associés (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) et les pays associés (Chypre, Malte, Turquie) a déclaré qu’au cours des derniers mois, la communauté internationale a réaffirmé, de manière solennelle et au plus haut niveau, son souhait de voir le rôle des Parlements dans la vie internationale plus nettement confirmé. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé dans la Déclaration du millénaire de «renforcer davantage la coopération entre l’ONU et les parlements nationaux, représentés par leur organisation mondiale, l’Union interparlementaire, dans divers domaines, notamment la paix et la sécurité, le développement économique et social, le droit international et les droits de l’homme, la démocratie et la parité entre les sexes».
L’adoption à l’unanimité de la Déclaration des Présidents de Parlements intitulée «la vision parlementaire de la coopération internationale à l’aube du troisième millénaire», confirme pour l’avenir que la voix des parlementaires peut et doit être entendue dans le concert des Nations. En appelant l’ONU à une relation nouvelle et renforcée avec l’UIP, l’Assemblée générale fait la preuve de son engagement en faveur de l’ouverture des Nations Unies aux peuples eux-mêmes, aux opinions publiques, à la société civile internationale, a encore déclaré le représentant.
M. DIETER SCHLOTEN (Allemagne) est intervenu au nom du «Groupe des 12 + de l'UIP», et s’est prononcé en faveur d'une dimension parlementaire élargie dans les relations internationales, et par conséquent, entre l'ONU et l'UIP. M. Schloten a déclaré qu'il importe désormais de dépasser les simples liens de coopération pour construire de vrais rapports basés sur une interaction mutuelle. Les deux organisations seront plus fortes et plus efficaces si elles cherchent ensemble à consolider les mécanismes du contrôle démocratique et la légitimation des Nations Unies, a-t-il déclaré.
M. IBRA DEGUENE KA (Sénégal) s’est félicité de la tenue, du 30 août au 1er septembre 2000, de la Conférence des présidents des parlements nationaux, organisée à l’occasion de l’Assemblée du millénaire. Il a ajouté que l’UIP inscrivait ainsi sa démarche dans la trajectoire d’un partenariat nouveau qui ambitionne de couvrir des domaines déterminants et sensibles des relations internationales comme celui de la paix et de la sécurité, celui du développement économique et social, de la promotion des droits de l’homme et de la solidarité panhumaine. Il a considéré qu’un Parlement mondial peut apporter aux Gouvernements représentés dans une Communauté des nations une contribution déterminante dans l’équilibre de la planète, l'enracinement de la paix, du progrès économique et social et de la primauté de la personne humaine.
Il a ensuite déclaré que parmi les objectifs prioritaires qui interpellent aujourd’hui l’ONU et l’UIP, figure la nécessité de promouvoir le développement des pays pauvres, rappelant que, lors de la Conférence de Berlin en 1999, l’UIP avait débattu de la nécessité d’une révision en profondeur de l’architecture financière internationale et demandé que des initiatives spéciales soient prises en faveur des pays du Sud. Le représentant a ensuite rappelé que, au cours de cette année, l’UIP a continué d’examiner des questions relatives au désarmement, à la paix et à la sécurité internationales, au Dialogue des civilisations et des cultures à la question du Moyen-Orient, au développement économique et social, à l’environnement, à la démocratie, à la bonne gouvernance et à la parité hommes/femmes. Le représentant a conclu en soulignant que pour trouver sa vocation et sa fonction optimale, notre monde a besoin que Gouvernements et Parlements, se trouvent réunis autour de valeurs communes et d’idéaux partagés.
M. MAKMUR WIDODO (Indonésie) a estimé que la coopération entre l’Union interparlementaire et les Nations Unies est essentielle dans le processus de réforme de l’ONU en vue d’une plus grande efficacité et en réponse aux attentes de la majorité des Etats Membres, à savoir les pays en développement. Il a déclaré que la 104ème Conférence de l’UIP qui s’est tenue à Djakarta le mois dernier a permis de franchir un pas important vers un renforcement de la coopération internationale à ce niveau. Cette conférence a réaffirmé que la démocratie constitutionnelle est la condition préalable au respect des droits de l’homme. Elle s’est prononcée en faveur d’une participation de toutes les composantes de la société, y compris les femmes et les minorités, au système démocratique, de la promotion du dialogue pour le règlement des conflits ainsi que d’une culture de la démocratie et de bonne gouvernance.
M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a rappelé qu’à travers ses activités, l’Union interparlementaire œuvre pour la paix et la coopération entre les peuples et pour l’affermissement de la démocratie représentative en favorisant les contacts, la coordination et l’échange d’expériences entre les parlements et les parlementaires de tous les pays. Il a ajouté qu’en ce début de troisième millénaire, il est définitivement établi dans toutes les nations civilisées que le principe de la démocratie représentative et de la gouvernance constitue un impératif absolu à toute perspective de développement, de paix et d’émancipation des peuples. Il s’est félicité de la mise en place, au plan international, d’une diplomatie parlementaire qui permet aux différents parlements de se concerter et d’œuvrer davantage à créer les conditions démocratiques pour la paix sociale, la sécurité, le développement et la coopération internationale. Il a ensuite indiqué que l’Union interparlementaire est l’expression institutionnelle de la coopération interparlements, avant d’estimer qu’elle constitue pour le jeune parlement du Burkina Faso un cadre d’information, d’échanges et de renforcement. Il a rappelé que son pays a été désigné pour abriter la 106ème Conférence interparlementaire qui se tiendra à Ouagadougou du 9 au 15 septembre 2001 et ajouté que le Burkina Faso apporte tout son appui au projet de résolution dont il est coauteur.
Le représentant a en effet considéré qu’il est important que se développe la coopération entre les Nations Unies et l’UIP, la première étant la principale source du droit international, la seconde, l’institution d’acceptation du droit international en droit interne. Il a conclu en proposant que l’UIP, à l’instar de certaines autres organisations, ait un statut d’observateur permanent auprès des Nations Unies.
M. MOHAMMED BULKACHUWA (Nigéria) a exprimé sa satisfaction à coparrainer le projet de résolution présenté par l’Inde. Il a indiqué que son pays attachait une grande importance à la coopération entre les Nations Unies et l’Union interparlementaire alors qu’il vient de renouer avec la gouvernance démocratique après de nombreuses années de dictature militaire. C’est un fait bien connu, a-t- il fait observer, que la première victime de tout changement de gouvernement par la force est la branche législative. Par voie de conséquences, ses moyens et ses prérogatives restent faibles dans les démocraties émergentes. Il est donc important d’adopter des mesures au niveau national, sous-régional, régional et même mondial pour renforcer les activités de cette branche du gouvernement qui, avec l’exécutif et le judiciaire, fonde la représentation démocratique moderne.
M. SHAHAB UDDIN (Bangladesh) a déclaré que le Bangladesh appréciait beaucoup le rôle de l’Union interparlementaire en appui aux initiatives des Nations Unies dans les domaines de la paix et de la sécurité, du développement économique et social, du droit international et des droits de l’homme, de la gouvernance, de la démocratie et de la parité. Il a souhaité que tous les pays et parlements du monde œuvrent en commun pour la réalisation de ces objectifs et pour la mise en place d’une culture de la démocratie. Il a assuré, en sa qualité de Président du parlement du Bangladesh, que son pays fera tout pour consolider la démocratie et a salué l’engagement de son peuple en 1971 qui a lutté pour l’établissement de la démocratie.
Il a déclaré que, bien que son pays soit considéré comme faisant partie des pays les moins avancés, il ne fait pas partie des démocraties les moins avancées et qu’à ce titre, il souhaite bénéficier davantage de la mondialisation et du développement économique mondial. Il a ajouté que son pays se réjouissait du rôle de l’UIP dans la consolidation de la démocratie, particulièrement des efforts déployés en faveur de la parité homme/femme qui permettront aux parlements nationaux de devenir des institutions représentatives modernes. Il a souhaité la participation de l’UIP aux initiatives des Nations Unies, notamment dans le cadre de l’Année internationale de la culture de la paix et de la Décennie pour la culture de la paix et de la non-violence pour les enfants du monde. Il a ensuite déclaré que l’UIP pouvait jouer un rôle majeur dans la consolidation et la promotion des idéaux de paix, de bonne gouvernance et de développement économique et social, avant de considérer que la coopération entre l’UIP et les Nations Unies était importante et qu’à ce titre, son pays s’était porté coauteur du projet de résolution.
M. ALAN FERGUSON (Australie) a rappelé que l’Union interparlementaire est composée de membres des parlements et des assemblées nationales de 140 pays et de 38 organisations internationales ayant reçu le statut d’observateur. A ce titre, l’UIP constitue un forum de discussion unique sur un grand nombre de sujets, de la protection de la paix et de la sécurité internationales à la promotion des droits de l’homme ou la protection de l’environnement. Les conférences et les rapports de l’Union offrent des perspectives qui reflètent les points de vue des gouvernements mais aussi les intérêts politiques et les inquiétudes de certains groupes communautaires, organisations non gouvernementales, du milieu des affaires et des syndicats.
M. MOHAMMED AL-HUMAIMIDI (Iraq) a indiqué que la Conférence des Présidents des parlements nationaux qui s’est tenue du 30 août au 1er septembre, en marge de l’Assemblée du Millénaire, constitue un jalon important dans la coopération des deux organisations. Il a souligné toute l’importance que revêtait la prise de conscience par les Nations Unies des décisions des gouvernements. Alors qu’un pays comme les Etats-Unis s’efforce de dominer l’opinion mondiale, les Nations Unies ont besoin plus que jamais d’entendre l’opinion des peuples, a-t-il déclaré.
Depuis sa création, l’UIP n’a cessé de s’intéresser aux problèmes internationaux, a-t-il fait observer. La 104ème Conférence interparlementaire, réunie à Djakarta en octobre dernier, a notamment adopté une résolution sur l’imposition de sanctions dans laquelle elle indique qu’il faut éviter d’imposer des sanctions économiques et quand on ne peut éviter d’y recourir, il faut les limiter dans le temps et prévoir des dérogations pour raisons humanitaires. En ce qui concerne le cas de l’Iraq, cette résolution appelle le Conseil de sécurité à lever toutes les sanctions globales. Il s’agit, a déclaré le représentant, d’une résolution reflétant la préoccupation du monde qui souhaite mettre fin aux souffrances des peuples visés par les sanctions. Nous lançons un appel à l’Union interparlementaire pour qu’elle s’assure de l’exécution de sa résolution. Le représentant a conclu en indiquant que sa délégation se portait coauteur du projet de résolution.
M. BRUNO RODRIGUEZ PARRILLA (Cuba) s'est prononcé en faveur d'une collaboration plus étroite encore entre l'ONU et l'UIP, et s'est félicité de ce que la Conférence des Présidents des parlements nationaux, organisée à l'occasion de l'Assemblée du millénaire, ait offert l'occasion de réaffirmer l'engagement de l'UIP en faveur des principes de l'ONU. Il a également déclaré que l'ouverture, en mars 1998, du Bureau de liaison de l'UIP à l'ONU, à New York, a grandement facilité l'établissement d'une coopération plus étroite. Cependant, le représentant a regretté que le Président de l'Assemblée nationale de Cuba, M. Alarcon de Quesada, se soit vu refuser un visa et n'ait pu de ce fait participer à la Conférence des Présidents, en violation flagrante d'un principe fondamental de l'UIP. En effet, jusqu'à cette date, l'UIP ne tenait ses réunions qu'à la condition que tous les membres et observateurs invités aient pu recevoir leur visa pour leur permettre d’y participer. Le représentant de Cuba a rappelé que ce principe est toujours en vigueur et qu'il ne pourra être ignoré. Il a en conclusion invité tous les membres et observateurs de l'UIP, sans exception, à participer à la prochaine Conférence de l'UIP qui se tiendra à La Havane du 1er au 7 avril 2001.
M. JULIAN VASSALLO (Malte) a estimé que les Nations Unies et les parlements nationaux ont une responsabilité égale quand il s’agit de relever les défis internationaux. Etablir une hiérarchie reviendrait à débattre de l’efficacité comparée des gouvernements nationaux ou locaux en matière d’amélioration des conditions de vie de tout un chacun. La vérité est qu’aucun des deux ne peut produire de résultats satisfaisants sans la coopération et le soutien de l’autre. Malte considère que les ordres du jour de l’Union interparlementaire et des Nations Unies sont liés dans de nombreux domaines et que la solution à des problèmes auxquels les deux organisations sont confrontées peut être trouvée grâce à une meilleure collaboration entre les deux institutions. Il faut cependant respecter la division du travail qui découle des natures différentes des deux organisations, a encore déclaré le représentant de Malte.
Les différences entre les pratiques de l’ONU et des gouvernements nationaux sont évidentes, a-t-il poursuivi, notant que les parlementaires sont capables d’user de la rhétorique alors que les assemblées législatives affichent un sens de l’urgence plus prononcé pour arriver rapidement à des conclusions. Les Nations Unies sont confrontées à des situations politiques et autres qui requièrent un nouvel examen à chaque session de l’Assemblée générale, mais est-ce vraiment le cas de toutes les résolutions qui lui sont présentées tous les ans, a interrogé le représentant? Selon lui, il faut que les Nations Unies en tant qu’institution et les Etats Membres revoient la manière dont est utilisée cette organisation indispensable. La collaboration avec l’Union interparlementaire fournit l’occasion pour les Nations Unies d’entamer un exercice d’autocritique. Le représentant a encore cité en exemple le travail de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Méditerranée et rappelé que c’est l’UIP qui avait servi de première plate-forme pour engager un dialogue politique dans la région.
Le représentant a annoncé que son pays était coauteur de la résolution. Il s'est déclaré convaincu que les Nations Unies et l'Union interparlementaire deviendront des instruments efficaces de promotion et de développement des initiatives de la communauté internationale et a souhaité que leur coopération soit étendue et renforcée.
M. AHMED DARWISH (Egypte) a indiqué que la délégation égyptienne accordait une importance particulière au renforcement de la coopération entre l’ONU et l’UIP en qui elle voit l’homologue populaire des Nations Unies et qu’elle considère comme un forum important où s’expriment les représentations des peuples du monde. Il a également fait remarquer que ce renforcement répondait aux objectifs définis par les chefs d’Etat lors du Sommet du millénaire.
Cette coopération s’est manifestée lors de la Conférence des présidents des parlements nationaux, a-t-il fait valoir. La déclaration finale a notamment permis de cerner les principaux défis mis en avant par l’Union et la manière dont les parlementaires entendent les relever en se référant aux valeurs fondatrices: démocratie, primauté du droit et respect des droits de l’homme. Les Nations Unies doivent être à l’écoute de ses décisions, a-t-il souligné.
Le représentant a attiré l’attention sur la résolution adoptée lors de la Conférence interparlementaire sur la question de la Palestine qui condamne Israël pour ses provocations. Cette résolution qui précise que le non-respect des Lieux saints par Israël a mis le feu aux poudres, qui condamne l’usage abusif de la force par Israël et demande son retrait des territoires occupés, a recueilli l’appui de plus de 1 000 représentants des parlements du monde a-t-il déclaré. Il a indiqué que sa délégation appuyait le projet de résolution et qu’elle demandait une adoption par consensus.
M. VLADIMIR Y. TARABRIN (Fédération de Russie) a rappelé que la Conférence des Présidents des parlements nationaux, réunie à New York en marge de l’Assemblée du millénaire, avait souligné l’importance de la diplomatie parlementaire qui est devenue partie intégrante du système international. Il a par ailleurs souhaité que, par le biais de l’UIP, les parlements nationaux puissent participer davantage à la résolution des problèmes auxquels est confrontée l’humanité, à savoir la paix et la sécurité, les droits de l’homme, la parité entre les sexes, le développement économique et social et la démocratie. Il a ajouté que la Fédération de Russie apportait une contribution significative au sein de l’UIP dans la lutte pour la paix et la stabilité, mentionnant également la participation des femmes parlementaires russes aux rencontres internationales de femmes parlementaires. Il a affirmé que cette coopération permettait aux parlementaires nationaux de mieux connaître la vie politique internationale, prenant l’exemple des 250 Traités et Accords internationaux ratifiés par l’Assemblée fédérale russe au cours des quatre dernières années.
Droits de réponse
Le représentant d’Israël a dénoncé le fait que le représentant de l’Egypte ait utilisé le débat pour lancer une attaque politique à l’égard d’Israël. Il a réfuté l’affirmation selon laquelle la résolution condamnait Israël. Cette résolution ne condamne pas Israël mais demande aux parties de retourner à la table de négociations, a-t-il indiqué. Il a rappelé que l’Egypte a accueilli le Sommet de Charm el-Cheikh et a fait valoir que les déclarations du représentant de l’Egypte ne reflétaient pas le rôle de facilitateur joué par son pays et son Président dans les négociations de Charm el-Cheikh.
Le représentant de l’Egypte a indiqué qu’une fois de plus Israël cherchait à déformer la réalité. Il a déclaré que la violence dans la région était une conséquence directe de la visite provocatrice d’Ariel Sharon à l’Esplanade des Mosquées et des atteintes aux droits de l’homme commises par les forces israéliennes armées jusqu’aux dents. Il a fait valoir que les agressions sont dirigées contre tous les Palestiniens, jeunes ou vieux. Israël ne veut pas admettre sa responsabilité qui a pourtant été reconnue par l’Assemblée générale, la Commission des droits de l’homme et la Conférence interparlementaire. Est-il possible que la communauté internationale se trompe et qu’Israël ait raison? Israël ne peut tromper tout le monde tout le temps, a-t-il poursuivi. Il est important que les autorités israéliennes travaillent avec leurs partenaires palestiniens à rétablir une paix durable dans la région en se fondant notamment sur le principe «Terre contre paix».
Le représentant d’Israël a jugé regrettable que le représentant dépeigne les actions d’Israël en termes religieux, car le conflit actuel n’a rien à voir avec des dissensions religieuses. Les atteintes les plus flagrantes viennent des Palestiniens qui s’en sont pris à des sites chrétiens et ont abattu des Juifs dans des sites religieux comme cela s’est produit à Beit-Jalla. Il a posé la question de savoir comment se fait-il que la visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées soit considérée comme un affront à l’Islam, alors qu’une présence juive est attestée à Jérusalem depuis plus de trois mille ans. Le représentant d’Israël a également cité les dégradations de la Tombe de Rachel et du Tombeau de Joseph comme des atteintes à la religion. Evoquant la fermeture forcée du Mur des lamentations à la veille du Nouvel An juif, il a expliqué qu’il s’agit en l’occurrence d’un affront comparable à la fermeture de Saint-Pierre ou de la Mecque, à la veille d’un événement important. Concernant la mort d’enfants palestiniens, il a déclaré que la question reste posée: que faisaient ces enfants dans les zones de conflits? Il semblerait que les Palestiniens se félicitent de pouvoir utiliser chaque nouvelle victime, a-t-il fait valoir.
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