26 juillet 2000


Communiqué de Presse
CNUCED/255



LE SECRETAIRE GENERAL DE LA CNUCED EXHORTE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A FAIRE PREUVE D'AUDACE ET DE PRAGMATISME ENVERS LES PAYS LES PLUS PAUVRES

20000726

CNUCED, Genève -- "La communauté internationale sera jugée sur la manière dont elle traite ses membres les plus vulnérables", a réitéré le Secrétaire général de la CNUCED en inaugurant la première session du comité préparatoire intergouvernemental (New York, 24-28 juillet) de la troisième Conférence sur les pays les moins avancés (PMA-III), qui se tiendra à Bruxelles (14-20 mai 2001) et sera accueillie par l'Union européenne. Ce Comité est présidé par l'ambassadeur Jacques Scavée (Belgique).

La question centrale qui se pose, a poursuivi M. Ricupero, est celle de la crédibilité des engagements contractés par la communauté internationale. En effet, le Programme global d'action, adopté lors de PMA-II (Paris, 1990), n'a pas été couronné d'un grand succès. Il est donc légitime que les PMA se demandent si PMA-III ne risque pas de n'être qu'une conférence de plus, au cours de laquelle seront élaborés de nouveaux objectifs sans que soient fournis les moyens de les mettre en œuvre. Le but de la conférence n'est pas de procéder à une nouvelle évaluation de l'économie mondiale et de ses implications sur les pays en développement, les conclusions de la Xème CNUCED (Bangkok, février 2000) restant pertinentes, mais d'élaborer une approche novatrice qui débouche sur des résultats concrets. Il est important de faire preuve d'audace et pragmatisme.

Il ne s'agit pas d'ignorer les questions traditionnelles - amélioration de l'accès aux marchés, promotion de l'investissement, allégement de la dette, aide publique au développement - mais de changer la manière d'aborder ces problèmes. Sans abandonner la recherche d'initiatives globales, il faut saisir l'occasion de PMA-III pour convenir d'engagements spécifiques entre différents partenaires du développement et bailleurs de fonds, tels que le secteur privé et la société civile dans son ensemble, a précisé le Secrétaire général.

La conférence doit aboutir à l'adoption d'un acte final concis et de portée opérationnelle, a déclaré l'ambassadeur Jean David Levitte (France), qui s'exprimait au nom de l'Union européenne. Pour le Président du Groupe des 77 à New York, l'ambassadeur Arthur C.I. Mbanefo (Nigeria), il importe également que PMA-III élabore un programme d'action souple permettant de tenir compte des changements intervenant sur la scène économique mondiale et comportant des objectifs mesurables et un calendrier précis de mise en œuvre.

Les PMA savent ce qu'ils attendent de PMA III, a souligné M. Ricupero. Ils veulent une diminution de leurs handicaps structurels, une réduction de leur vulnérabilité afin de pouvoir saisir les nouvelles opportunités économiques, et une implication de tous les acteurs pertinents - secteur public et privé, société civile. Ils souhaitent également que la conférence instaure un mécanisme de suivi pour que chacun des PMA, dans son programme national d'action, puisse trouver un moyen de traduire les avantages théoriques de la catégorie PMA en avantages concrets. En d'autres termes, il s'agit de veiller à ce que les résultats de PMA-III permettent un renforcement des capacités locales de production et une amélioration des indicateurs de développement humain. M. Levitte a précisé que l'Union européenne considère l'éradication de la pauvreté comme l'objectif central de PMA-III.

"Un objectif d'autant plus essentiel que la situation prévalant dans les PMA s'est détériorée" a indiqué le Président du comité préparatoire. Plus de la moitié des habitants de ces pays vivent avec moins d'un dollar par jour et leur espérance de vie est de 50 ans, contre 78 ans dans les pays industrialisés. Pour M. Mbafeno, il est moralement inacceptable de négliger le potentiel économique et humain des PMA. Ce groupe de pays qui totalise 10% de la population mondiale ne représente que 0,4% des importations mondiales et 0,6% des exportations.

M. Levitte a également souligné la faiblesse des capacités productives des PMA, leur marginalisation dans les flux commerciaux et financiers privés internationaux ainsi que leur retard dans l'accès aux nouvelles technologies. "Dans un contexte de fort endettement, cette situation est particulièrement préoccupante puisqu'elle risque, sans mobilisation de l'ensemble de la communauté internationale, de transformer les PMA en laissés pour compte de la mondialisation", a-t-il ajouté. Quels que soient les efforts déployés par les PMA, a insisté l'ambassadeur A. K. Chowdhury (Bangladesh), Coordonnateur du groupe des PMA, ces derniers ne pourront relever le défi de la mondialisation sans bénéficier de fortes mesures d'appui internationales. L'ampleur des besoins de développement des PMA et les faibles capacités de croissance de plusieurs d'entre eux impliquent l'instauration de relations de partenariat à long terme.

La première session du comité préparatoire va être marquée par des débats interactifs sur des thèmes tels que : cadre de politique nationale, mesures d'appui international; développement social; enseignements tirés du Programme d'action pour les années 90. Elle aboutira également à l'adoption du format de la conférence. La deuxième réunion du comité préparatoire aura lieu à New York en mars 2001.

Le processus préparatoire s'organise aux plans national, régional et mondial. Dans chaque PMA a été établi un comité national préparatoire chargé d'élaborer un plan d'action national traduisant les besoins et les priorités du pays et constituant une stratégie nationale de développement pour la prochaine décennie. La réunion du Comité intergouvernemental a été précédée par trois réunions d´experts: à Addis Abbeba (Ethiopie) pour les PMA africains anglophones (27- 29 mars 2000), Katmandou (Népal) pour les PMA d'Asie et du Pacifique (3-5 avril 2000), et Niamey (Niger) pour les PMA francophones (18-20 avril 2000).

Le nombre des PMA a presque doublé (de 25 à 48) depuis l'établissement de cette catégorie par les Nations Unies en 1971. Cette catégorie est basée sur une série de critères associés aux indicateurs suivants : PIB par habitant (avec un seuil d'entrée de 800 dollars en 1997), indice de développement du capital humain

(santé, nutrition, éducation), indice de diversification économique (part du secteur manufacturier dans le PIB, part du secteur industriel dans la main d'œuvre, consommation d'énergie et concentration des exportations). Ces critères sont en cours de révision au sein du Conseil économique et social (ECOSOC) et un nouvel ensemble de critères devrait être adopté cette année par l'Assemblée générale des Nations Unies. Cette révision, la troisième en 30 ans, devrait notamment aboutir à l'adoption d'un nouveau critère de vulnérabilité économique.

* *** *

Ce communiqué de presse est disponible sur Internet à l'adresse suivante : http://www.unctad.org, section presse et référence

Pour plus de renseignements, s'adresser à Muriel Scibilia, chargée de presse, CNUCED; téléphone: 41 22 907 5725/5828; télécopieur: 41 22 907 00 43; ou courrier électronique: press@unctad.org