21 juillet 2000


Communiqué de Presse
PMA/100



LE COMITE PREPARATOIRE DE LA TROISIEME CONFERENCE DE L’ONU SUR LES PAYS LES MOINS AVANCES TIENDRA SA PREMIERE REUNION DU 24 AU 28 JUILLET AU SIEGE

20000721

“Si les années 80 ont été qualifiées de décennie perdue pour les pays en développement et pour les pays les moins avancés en particulier, les années 90 sont devenues pour ces derniers synonymes de marginalisation, d’inégalité, de pauvreté et d’exclusion sociale croissantes”, constate le Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) dans son rapport sur les pays les moins avancés (PMA) pour 1999. Ainsi s’explique la résolution de l’Assemblée générale par laquelle elle a décidé de convoquer la troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés qui se tiendra du 13 au 20 mai 2001 à Bruxelles, au siège du Parlement européen. Par la même résolution en date du 18 décembre 1997, l’Assemblée générale a noté avec préoccupation la marginalisation persistante des PMA, la réduction des flux de ressources destinées à financer leur développement et leur grave problème d’endettement.

Face à ce sombre bilan, la troisième Conférence aura pour tâche de répondre à trois questions majeures. Tout d’abord, il faut se demander pourquoi les efforts déployés par les acteurs nationaux et internationaux pour régler les problèmes de développement des PMA, notamment le Programme d’action pour les années 90 en faveur des PMA adopté lors de la deuxième Conférence sur les PMA qui s’est tenue à Paris en 1990, n’ont pas abouti aux résultats escomptés. Deuxièmement quels sont les facteurs fondamentaux qui contribuent à la baisse du niveau de vie dans ces pays et les empêchent de participer au commerce mondial à hauteur de leurs possibilités? Et, troisièmement, comment ces obstacles peuvent-ils être surmontés afin d’accroître les capacités de production et la compétitivité des PMA?

Etat des lieux

C’est en 1971 que la communauté internationale a pour la première fois reconnu l’existence d’une catégorie de pays qui se distinguaient non seulement par le niveau de pauvreté de leur population mais aussi par la faiblesse de leurs ressources économiques, institutionnelles et humaines. C’est pour répondre à ce défi au développement que la première Conférence des Nations Unies sur les PMA a été convoquée à Paris en 1981. Au vu de la dégradation de la situation dans les années 1980, une deuxième Conférence s’est réunie à Paris en 1990, conduisant à l’adoption du Programme d’action pour les années en 1990 qui avait pour objectifs essentiels d’empêcher la situation économique des PMA de se dégrader davantage,


de relancer et d’accélérer leur croissance et leur développement, et de les mettre ainsi sur la voie d’une croissance et d’un développement durables. Les mesures adoptées à cette fin portaient notamment sur la mise en place d’un cadre macro- économique propice à une croissance soutenue et à un développement à long terme, sur la mise en valeur et la mobilisation des ressources humaines, sur le renforcement, le développement et la modernisation des capacités de production et sur la promotion d’une politique intégrée de développement rural visant à accroître la production alimentaire, les revenus ruraux et les activités non agricoles.

Depuis l’adoption du Programme d’action pour les années 90, les grands changements qui se sont produits à l’échelle internationale -- comme l’accélération du double processus de mondialisation et de libéralisation -- ont eu des incidences considérables sur son application. Ils ont influé sur le rôle joué par l’Etat dans le développement et sur la nature des relations entre divers acteurs -- Etats, donateurs, secteur privé et société civile -- en matière de développement. Deux facteurs imprévus se sont également conjugués pour réduire le volume des ressources financières dont disposent les PMA afin d’appuyer leurs réformes intérieures : la diminution brutale de 22,6% (en valeur réelle) de la part d’aide publique au développement (APD) allouée aux PMA et l’augmentation du nombre de pays figurant sur la liste des PMA, qui sont aujourd’hui 48 au lieu de 42 en 1990 (seul le Botswana est sorti de la catégorie des PMA). Les PMA totalisent aujourd’hui une population de 610,5 millions, soit 10,5% de la population mondiale.

A la veille du XXIe siècle, le problème le plus urgent qui se pose aux PMA est celui des contraintes pesant sur l’offre qui sont à la base de la faible capacité de production et de la faible compétitivité de ces pays. Il ne faut pas pour autant sous-estimer les autres obstacles au commerce dans le domaine de l’accès aux marchés, en particulier les crêtes tarifaires et les droits de douane progressifs imposés sur les produits présentant un intérêt particulier pour les PMA. Il importe également que les partenaires du développement respectent leurs engagements et consacrent 0,15% de leur produit national brut (PNB) à l’APD conformément au Programme d’action adopté lors de la première Conférence des Nations Unies sur les PMA (Paris, 1981).

Le processus préparatoire

La première réunion du Comité préparatoire intergouvernemental se tiendra à New York du 24 au 28 juillet 2000, la deuxième sera organisée au premier trimestre 2001. Lors de cette première réunion, le Comité préparatoire examinera les progrès de la préparation de la Conférence, notamment les rapports de trois conférences régionales d’experts et les programmes nationaux élaborés par les PMA, et évaluera les progrès de la mise en œuvre du Programme d’action pour les années 90 en faveur des PMA. Il sera également chargé d’examiner l’ordre du jour provisoire et l’organisation des travaux de la Conférence ainsi que son règlement intérieur.

La CNUCED est l’organe principal chargé de préparer la Conférence. M. Rubens Ricupero, Secrétaire général de la CNUCED, a été désigné comme Secrétaire général de la Conférence et Mme Anna Kajumulo Tibaijuka, Coordonnateur spécial pour les PMA, comme Secrétaire exécutive. Outre les trois réunions préparatoires d’experts, une pour les PMA africains anglophones, une pour les PMA africains francophones et Haïti et une pour les PMA d’Asie et du Pacifique, l’Assemblée générale a demandé au Programme des Nations Unies et à la Banque mondiale d’organiser des tables rondes et de faire des contributions substantielles aux préparatifs de la Conférence. Le Groupe des Nations Unies pour le développement aura également pour tâche de s’assurer que les coordonnateurs résidents dans les pays s’impliquent également dans le processus préparatoire. En outre, le secrétaire de la Conférence a institué un Forum consultatif, qui a déjà tenu deux réunions, en vue de favoriser le dialogue et la formation de consensus entre les organismes et institutions des Nations Unies et des autres parties intéressées.

Au niveau des pays, chaque PMA aura la possibilité de présenter sa situation particulière et un plan national d’action. Ces programmes nationaux d’action devraient ensuite s’articuler en un cadre de coordination de l’aide internationale en faveur des PMA au cours des dix prochaines années. Il est attendu que certains PMA seront en mesure de présenter leurs programmes nationaux ou du moins un exposé des résultats de leur programme d’action pour les années 90 afin que ces documents puissent être examinés lors de la première réunion du Comité préparatoire intergouvernemental. L’Assemblée générale a décidé, par sa résolution 54/235 en date du 23 décembre 1999, de financer la participation de deux représentants du gouvernement de chacun des PMA aux réunions du comité préparatoire et à celle de la Conférence proprement dite. Pour sa part, l’Union européenne a alloué 80 000 écus à chaque PMA afin de faciliter les préparatifs au niveau des pays. Des comités préparatoires nationaux ont été créés et trois coordonnateurs régionaux ont été nommés afin de fournir un appui technique aux comités et aux spécialistes nationaux.

Le bureau du Comité préparatoire intergouvernemental sera constitué de dix membres, à savoir un président, huit vice-présidents et un rapporteur en tenant compte de la nécessité d’assurer une répartition géographique équitable. En outre, le Président du Conseil du commerce et du développement, l’Union européenne, hôte de la Conférence, et le coordonnateur des PMA seront associés, de plein droit, à ses travaux.

Par sa résolution 52/187 en date du 18 décembre 1997, l’Assemblée générale des Nations Unies a confié à la troisième Conférence des Nations Unies sur les PMA le mandat suivant : 1) d’évaluer les résultats du Programme d’action pour les années 90 au niveau des pays, 2) examiner la mise en œuvre de mesures internationales d’appui, notamment dans les domaines de l’aide publique au développement, de la dette, des investissements et des échanges et 3) examiner la possibilité de formuler et d’adopter, aux niveaux national et international, des politiques et mesures appropriées en vue du développement durable des PMA et de leur intégration progressive à l’économie mondiale.

Les 48 pays les moins avancés sont les suivants: Afghanistan, Angola, Bangladesh, Bénin, Bhoutan, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cap-Vert, Comores, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Guinée équatorial, Haïti, Iles Salomon, Kiribati, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Mauritanie, Mozambique, Myanmar, Népal, Niger, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao, République-Unie de Tanzanie, Rwanda, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tchad, Togo, Tuvalu, Vanuatu, Yémen et Zambie.

L’ordre du jour du Comité préparatoire intergouvernemental, assorti de la liste de documents dont il sera saisi, est paru sous la cote A/CONF.191/IPC/1.

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