24 novembre 1999


Communiqué de Presse
AG/974



L'ASSEMBLEE ENGAGE LES PARTIES EN CONFLIT DANS LA ZONE DE L'ATLANTIQUE SUD A ENGAGER UN DIALOGUE POLITIQUE AFIN D'EN FAIRE UNE VRAIE ZONE DE PAIX

19991124

Elle engage toutes les nations à observer la trève olympique pendant les XXVIIemes Olympiades de Sydney

La réalisation des objectifs énoncés dans la déclaration instituant, depuis 1986, la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud ne peut être que facilitée par le renforcement de la coopération entre les Etats d'Afrique et d'Amérique du Sud. Forte de cette conviction, l'Assemblée générale a, cet après- midi, demandé à tous les Etats de s'abstenir d'actions incompatibles avec ces objectifs, en particulier d'actions qui risqueraient de susciter ou d'aggraver la tension et le risque de conflit dans la région. Par une résolution adopté par 97 voix pour et une abstention (Etats-Unis), telle qu'amendée oralement, l'Assemblée exhorte plus particulièrement toutes les parties congolaises à s'engager sans tarder sur la voie du dialogue politique et des négociations. Elle réaffirme que les Etats Membres doivent contribuer par tous les moyens à l'instauration d'une paix réelle et durable en Angola et réitère que la crise en Angola et le blocage du processus de paix tiennent essentiellement à ce que les dirigeants de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola ont failli aux obligations que leur imposent les "Acordos de Paz", le Protocole de Lusaka et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. En ce qui concerne la Guinée-Bissau, elle demande à la communauté internationale et au Gouvernement de ce pays d'appuyer le relèvement économique et la consolidation de la démocratie. Les Etats membres de la zone sont par ailleurs priés instamment de promouvoir la coopération régionale afin de lutter contre tous les aspects du problème des drogues et des infractions connexes.

Le représentant de l'Argentine, qui a présenté le projet de résolution, a encouragé la coopération technique, économique, ainsi que le commerce et les investissements parmi les Etats membres de la zone. Expliquant son vote sur le texte, le représentant des Etats-Unis a toutefois estimé que les zones de coopération devraient être créées dans des forums multilatéraux et non pas dans le cadre des Nations Unies.

(à suivre 1a)

- 1a - AG/974 24 novembre 1999 Au cours du débat qui a précédé l'adoption de la résolution, le représentant de l'Angola a expliqué que l'intransigeance des rebelles qui ne respectent pas leurs obligations a plongé le pays dans un processus de violence et de déstabilisation qui empêche le bon fonctionnement des institutions. Dans ce contexte, il a appelé la communauté internationale a renforcer son appui au Programme d'aide humanitaire pour les 3 millions de civils ayant fui les zones de combat.

Le problème de la prolifération des armes légères sur le continent africain a été soulevé par plusieurs délégations, dont le représentant du Togo qui a souligné le lien entre ce fléau et la criminalité transnationale, notamment le trafic de drogue. Le représentant du Nigéria a pour sa part fait état des mesures prises par son pays, telles la conclusion d'accords bilatéraux avec des Etats limitrophes pour contrôler le trafic illicite des armes légères, l'octroi de licences pour les armes de petit calibre, y compris les armes fabriquées localement et la mise en place d'un registre de fabricants incluant les armes produites localement.

Le représentants des pays suivant ont fait une déclaration : Togo, Nigéria, Brésil, Angola et Bénin.

Par un autre texte, l'Assemblée générale a demandé aux Etats Membres d'observer la trêve olympique pendant les Jeux des XXVIIèmes Olympiades qui se tiendront à Sydney du 15 septembre au 1er octobre 2000. La résolution, adoptée sans vote, exhorte ces Etats à chercher, conformément aux buts et principes de la Charte, à régler tous les différends internationaux par des moyens pacifiques. Le représentant de Monaco a cité en exemple l'Association internationale pour le sport sans violence de son pays, qui s'élève contre les formes de négations de l'esprit sportif que sont la tricherie, le chauvinisme et le dopage. Pour sa part, le représentant des Etats-Unis s'est félicté de ce que 12 000 coureurs se soient récemment réunis devant l'ONU pour le marathon de New York dont le Ministre des affaires étrangères de l'Allemagne. Les représentants des pays suivants ont pris la parole : Chypre, Croatie, Etats-Unis, Argentine, Fédération de Russie, Jamaïque et Monaco.

Le Président de l'Assemblée générale a annoncé que le point 31 intitulé "Coopération entre les Nations Unies et l'Organisation de l'Unité africaine" serait examiné le mardi 7 décembre, au matin. L'examen des rapports de la Sixième Commission aura lieu le mardi 9 décembre après-midi et celui du point 28, "Coopération entre les Nations Unies et l'Organisation de la coopération économique", le mardi 9 décembre au matin à la place du lundi 6 décembre.

L'Assemblée générale reprendra ses travaux le lundi 29 novembre, à partir de 10 heures, pour examiner le point intitulé "Appui du système des Nations Unies aux efforts déployés par les gouvernements pour promouvoir et consolider les démocraties nouvelles ou rétablies".


POUR L'EDIFICATION D'UN MONDE PACIFIQUE ET MEILLEUR GRACE AU SPORT ET A L'IDEAL OLYMPIQUE (Point 22)

Adoption de la résolution

Aux termes de la Résolution pour l'édification d'un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l'idéal olympique (A/54/L.26) adoptée sans vote, l'Assemblée générale, rappelant la reprise de l'antique tradition grecque de l'ekekheiria ou "Trêve olympique", suivant laquelle toutes les hostilités cessent durant les Jeux olympiques, ralliant ainsi les jeunes à la cause de la paix, demande instamment aux Etats Membres d'observer la trêve olympique pendant les Jeux de la XXVIIe Olympiade qui se tiendront à Sydney (Australie) du 15 septembre au 1er octobre 2000. Elle exhorte également les Etats membres à prendre l'initiative d'observer cette trêve et à chercher, individuellement et collectivement, conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, à régler tous les différends internationaux par les moyens pacifiques. L'Assemblée demande à tous les Etats Membres de coopérer aux efforts menés par le Comité international olympique pour faire de la trêve un instrument de paix, de dialogue et de réconciliation dans les zones de conflit au-delà de la période où se tiendront les Jeux olympiques. Elle réaffirme la Déclaration et le Programme d'action en faveur de paix, et accueille avec satisfaction la décision du CIO de faire appel à l'ensemble des organismes sportifs internationaux et des comités nationaux olympiques des Etats Membres pour qu'ils adoptent des mesures concrètes visant, sur le plan local, national, régional et mondial, à promouvoir et renforcer une culture de paix dans l'esprit de la trêve olympique. Elle accueille également avec satisfaction la création par le Comité international olympique d'un forum olympique international du développement qui servira d'instance de concertation aux organisations intergouvernementales et organisations non gouvernementales pour les questions ayant trait à l'essor de l'éducation physique et du sport pour tous, ainsi que d'un centre international pour la trêve olympique, et prie le Secrétaire général de promouvoir l'observation de cette trêve par les Etats membres.

Fin du débat

M. SOTOS ZACKHEOS (Chypre) a déclaré que le nombre important de pays qui se sont portés coauteurs du projet de résolution intitulé "Pour l'édification d'un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l'idéal olympique" reflète l'intérêt de la communauté internationale pour l'idéal olympique. Il faut à présent traduire en réalité l'application de la trêve olympique pendant les Jeux olympiques d'été et d'hiver, en commençant par les Jeux olympiques d'été qui débuteront l'année prochaine à Sydney, en Australie, a estimé le représentant qui a également insisté sur la nécessité d'adhérer à l'idéal olympique, en luttant en particulier contre l'usage des produits anabolisants et autres drogues illicites.

La proposition du Président Glafkos Clerides, de démilitariser Chypre est l'ultime preuve de la détermination de Chypre de devenir une patrie d'harmonie et de compréhension pour toutes les communautés qui y vivent.

C'est avec une immense satisfaction que le peuple de Chypre a accueilli la décision du Comité olympique international d'organiser les Jeux olympiques de 2004 en Grèce, pays qui est le berceau de cette manifestation.

M. IVAN SIMONOVIC (Croatie) a déclaré que peu de sujets parviennent à faire l'unanimité de la presque totalité des Etats Membres des Nations Unies comme le fait l'idéal olympique. En tant qu'Etat né dans une période conflictuelle, la Croatie chérit particulièrement les valeurs de l'idéal olympique. Alors qu'elle était victime d'une guerre d'agression au lendemain de sa reconnaissance internationale, la Croatie a participé avec distinction aux Jeux olympiques de Barcelone. Le symbolisme qu'ont représenté l'acceptation de la Croatie en tant qu'Etat Membre des Nations Unies et sa participation aux Jeux olympiques constitue un événement merveilleux dans l'histoire de la Croatie. Tout en souhaitant que les initiatives entre le Mouvement olympique et les Nations Unies se développent davantage encore, le représentant a expliqué que les Etats Membres contribueront à la réalisation des objectifs que poursuivent les deux institutions en renforçant leur coopération dans des domaines d'intérêt commun. La Croatie accueille avec satisfaction les appels lancés par le Comité olympique international en faveur d'une trêve olympique et espère que cette trêve sera observée dans toutes les régions du monde affligées par des conflits.

M. HUGH DUGAN (Etats-Unis) a rappelé que son pays était un fervent défenseur de l'idéal olympique. Il encourage tous ceux qui y contribuent quotidiennement, les athlètes, les entraineurs, les familles et les organisations à faire en sorte que cet idéal devienne réalité. M. Dugan a regretté que M. Belk, entrepreneur et philanthrope, et à ce titre délégué public de la délégation américaine, n'ait pu tenir ce discours comme prévu. Le délégué public est une institution établie par Eleanor Roosevelt pour permettre d'apporter directement les perspectives et l'expérience du peuple américain à l'Assemblée générale lors de débats d'intérêt public. M. Belk, un homme qui a suivi tous les Jeux olympiques depuis 1960 et été membre du Comité olympique des Etats-Unis. Il a également servi au sein de nombreux conseils d'administration d'institutions d'enseignement supérieur, y inaugurant de nombreux complexes sportifs. M. Belk a notamment inauguré le Centre international de performances humaines L.T. Walker, qui a la particularité de fournir aux athlètes et aux entraineurs olympiques étrangers des techniques et un savoir qui permettent, un fois retournés au pays, d'améliorer tous leurs programmes sportifs. Le représentant s'est félicité de ce jour historique où la résolution présentée est celle qui a réuni le plus grand nombre de coauteurs de l'histoire des Nations Unies. Si l'ONU en distribuait, ces 180 coauteurs mériteraient une médaille d'or, a déclaré M. Dugan.

Le représentant a estimé qu'en déclarant la trêve olympique, les Etats membres donnent un exemple puissant aux jeunes de ce monde afin qu'ils mettent le sport au service du développement harmonieux humain, et au service de l'établissement et au maintien de la paix. Il a félicité le Président de l'Assemblée, qui, en tant qu'athlète olympique et membre du CIO, maintient vivante cette tradition. Mais l'idéal olympique implique également l'éducation à travers la culture. Le représentant s'est félicité de ce que le CIO et l'UNESCO aient décidé de faire de l'éducation à une culture de la paix une priorité. Le forum olympique international pour le développement réunit également différentes organisations dans cet esprit. Le représentant a rappelé que 12 000 coureurs se sont récemment réunis devant l'ONU avant le marathon de New York. Il a félicité le Ministre des affaires étrangères de l'Allemagne d'y avoir participé, et le Secrétaire général d'avoir lancé la première balle lors des "World series" de baseball. Le représentant a ajouté que la trêve et le mouvement olympique étaient également une action humanitaire en direction des enfants dans les camps de réfugiés, ceux qui travaillent, ceux qui s'ennuient. En coopération avec le UNHCR et l'UNDP, cela permet de leur apprendre les valeurs du sport, de la paix et de l'amitié. M. FERNANDO PETRELLA (Argentine) a rappelé l'appel des Nations Unies aux parties en conflit afin qu'elles suspendent leurs hostilités pendant la trêve olympique. L'idéal Olympique, fondé sur la tolérance, la solidarité et le respect de la vie humaine va au delà du sport car il n'admet aucun type de discrimination dans la recherche de l'excellence, a fait observer le représentant. Ainsi le sport fait partie de la vie de tous les peuples, riches et pauvres, de même que le talent sportif encourage les nations à laisser de côté leurs différences. Il peut également devenir un précieux instrument pour atténuer les conséquences de certains fléaux sur les catégories des populations les plus vulnérables, a-t-il précisé. Dans ce contexte, l'Argentine appuie la création au sein du Comité international olympique d'un forum olympique international pour le développement. Le représentant a souligné la fonction unificatrice du sport qui permet notamment, dans le cadre des opérations de maintien de la paix, la réinsertion des anciens combattants et dans le domaine social, celle des marginalisés. Le sport est également un moyen d'intégrer l'homme à son milieu et de valoriser ainsi les questions environnementales.

M. ALEXANDRE ZMEEVSKI (Fédération de Russie) a estimé que le sport et la paix sont des concepts apparentés et qui découlent l'un de l'autre puisque la guerre doit être absente pour permettre la compétition sportive. Le rôle du sport comme ambassadeur de la paix est donc particulièrement important. En juin dernier, le Président de la Fédération de Russie, Boris Eltsine a proposé une conception du monde au 21ème siècle qui tendrait à créer une nouvelle culture de la paix pour un monde exempt de guerres et de conflits. L'un des éléments de cette conception est la création des conditions propices à l'instauration de la paix, notamment grâce au sport.

Le représentant a observé que l'année 2000, proclamée Année internationale de la paix, est en même temps une année olympique. Il a rappelé que son pays a toujours été un participant actif au mouvement olympique. Outre leurs performances, les sportifs russes sont connus pour leur esprit de compétition ouvert et honnête. Après avoir accueilli les Jeux olympiques en 1980, la Fédération de Russie a organisé en juillet 1998 les premiers championnats mondiaux de la jeunesse, un événement qui a bénéficié d'un large écho. Vu son potentiel considérable pour l'esprit olympique, ce concept de championnats mondiaux de la jeunesse mérite d'être développé, a estimé le représentant. En septembre 2000, parallèlement à l'Assemblée du millénaire, à l'occasion de laquelle les dirigeants mondiaux se retrouvont pour discuter des questions liées à la paix et à la sécurité dans le monde, la flamme des XXVIIèmes Jeux olympiques s'allumera à Sidney. La Fédération de Russie souhaite grand succès aux prochaines olympiades, convaincue de ce que les idéaux olympiques connaîtront un nouvel écho à l'aube du 21ème siècle.

Mme PATRICIA DURRANT (Jamaïque) a appuyé l'appel en faveur du respect de la trêve olympique pendant les Jeux olympique d'été de Sydney en septembre 2000 et la réaffirmation de la trêve olympique avant chacun des Jeux olympiques d'été et d'hiver. La Jamaïque a une riche tradition d'excellence dans le domaine sportif depuis les années 40 et est aujourd'hui considérée comme l'une des nations sportives de premier plan dans plusieurs disciplines. L'athlétisme est sans doute le domaine où les sportifs jamaïcains ont récolté le plus grand nombre de médailles. C'est presque un miracle que, sans les ressources financières, l'équipement adéquat et l'entraînement formel, de nombreux jeunes jamaïcains soient devenus des athlètes de classe mondiale. Certains d'entre eux ont utilisé leurs talents pour parfaire leur éducation et tous ont reconnu la valeur du sport, en particulier des sports d'équipe, pour leur stabilité, la stabilité de leur communauté et celle du monde. Dans de nombreuses communautés en Jamaïque, les gens ont créé leurs propres équipes et infrastructures sportives et organisent des tournois, conscients de ce que le sport a le pouvoir de favoriser la paix et de prévenir la délinquance juvénile. Fort de cette conviction, le Gouvernement de la Jamaïque a pris des mesures résolues pour reconnaître le lien entre les sports et les activités culturelles d'une part, et la croissance et le développement des jeunes, de l'autre.

De l'avis de la Jamaïque, le sport peut à la fois contribuer au développement économique et constituer une distraction pour les jeunes sans emploi. Aussi, la construction d'infrastructures sportives a-t-elle constitué l'une des priorités du Fonds d'investissement social de la Jamaïque qui appuie les projets à base communautaire dans ce domaine. Les avantages tirés par la Jamaïque de sa participation à diverses activités sportives, y compris les Jeux olympiques, sont tangibles et substantiels. C'est pourquoi, elle s'est portée coauteur du projet de résolution, a déclaré la représentante, souhaitant plein succès aux Jeux olympiques d'été qui se dérouleront à Sydney en septembre 2000.

M. JACQUES BOISSON (Monaco) a déclaré que comme pour l'art et la culture, l'intérêt pour le sport est en Principauté de Monaco une authentique vocation. Il a notamment évoqué le marathon international de Monaco, ainsi que les nombreuses associations et fédérations sportives qui peuplent la Principauté et contribuent largement à la diffusion de l'esprit olympique au sein de la jeunesse monégasque. Monaco est également le siège de nombreuses associations sportives internationales, dont l'Association internationale pour le sport sans violence, qui s'élève contre les formes de négation de l'esprit sportif que sont la tricherie, le chauvisnisme, le dopage. Le représentant a rappelé que la Principauté fait tout ce qui est en son pouvoir pour promouvoir le sport tant à l'école, dès le plus jeune âge, qu'au niveau du sport de masse et de compétition.

Le représentant a souligné l'importance de la coopération entre l'ONU et le CIO pour stimuler les valeurs olympiques, le respect de l'adversaire et l'amitié entre les peuples, en particulier depuis 1994. Il a notamment évoqué la contribution du CIO au PNUD en vue de la promotion d'activités en faveur de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Lors des XXVIèmes olympiades d'Atlanta, les athlètes s'y sont associés et ont participé à des actions nationales ou internationales. Le CIO semble également attaché à renforcer la compréhension interethnique menée avec la FAO sous forme de projets-pilotes au Burkina Faso, au Cambodge, en Equateur et en Tanzanie, et avec le HCR pour les réfugiés au Népal, au Ghana et dans les Balkans. Le CIO collabore également avec le PNUE et le Programme des Nations Unies contre la drogue, notamment concernant le fléau du dopage. Le représentant s'est félicité à ce titre de la création de l'Agence mondiale contre le dopage à Lausanne. Il a invité les gouvernements et les Nations Unies à poursuivre leur action pour promouvoir l'esprit olympique.

ZONE DE PAIX ET DE COOPERATION DE L'ATLANTIQUE SUD (Point 41)

Rapport du Secrétaire général (A/54/447)

Par la résolution 53/34 adoptée l'année dernière, l'Assemblée générale demandait entre autres au Secrétaire général de lui présenter à sa cinquante quatrième session un rapport sur les mesures prises par les Etats Membres et les institutions du système des Nations Unies pour prêter assistance aux pays de la zone de l'Atlantique Sud dans le cadre de leur action commune visant à mettre en oeuvre la déclaration instituant une zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud.

Pour donner suite à cette demande, le Secrétaire général a envoyé le 24 mai 1999 une note verbale aux gouvernements des Etats Membres des Nations Unies ainsi qu'aux institutions du système pour solliciter leurs vues au sujet de l'application de la déclaration instituant une zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud. Deux gouvernements, ceux de l'Argentine et du Brésil, et cinq organisations et organismes des Nations Unies, le

Département des affaires de désarmement, le Département de l'information, le Bureau de coordination des affaires humanitaires, l'UNESCO et le Bureau du contrôle des drogues et de la prévention du crime, ont envoyé leur réponse. Ce sont ces réponses que reproduit le présent rapport.

L'Argentine est convaincue que la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud offre des possibilités de dialogue sans précédent et constitue un excellent cadre pour renforcer les stratégies de développement et les échanges commerciaux entre les deux continents. Au terme de la cinquième réunion ministérielle des Etats membres de la zone, tenue à Buenos Aires les 21 et 22 octobre 1998, ceux-ci ont adopté par consensus une déclaration finale et un plan d'action qui soulignent la détermination à accroître la coopération dans des domaines d'intérêt commun comme: la préservation des ressources halieutiques, le développement du commerce et de l'investissement, le développement de la coopération technique, la lutte contre le trafic de drogue, la préservation des réserves d'eau douce et l'élaboration d'une réglementation appropriée du transport par mer de déchets radioactifs. L'Argentine réaffirme sa conviction que les objectifs de paix et de coopération ne pourront être réalisés que si les institutions démocratiques jouent leur rôle et si un respect total des droits de l'homme et des libertés fondamentales est garanti. Elle considère également que la zone offre un contexte favorable pour proposer à toute nation qui en ferait la demande ses bons offices dans le règlement pacifique des conflits. Il importe de souligner que la persistance d'une situation coloniale aux Malvinas, en Géorgie du Sud et dans les îles Sandwich du Sud porte atteinte à l'intégrité territoriale de l'Argentine. La solution de ce sérieux problème permettrait de consolider définitivement la coopération et la stabilité de l'Atlantique Sud.

Le Gouvernement brésilien estime qu'il y a trois domaines prioritaires dans lesquels le potentiel de la zone pourrait être utilisé avec beaucoup de profit: la dénucléarisation de la région, la protection du milieu marin et la coopération dans la lutte contre le trafic de drogue. Pour atteindre pleinement ses objectifs, la zone a également besoin de l'appui constant des organismes des Nations Unies, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement et les institutions financières internationales.

Le Département des affaires de désarmement a appuyé et encouragé les efforts faits par les Etats de la région de l'Atlantique pour consolider le régime instauré par le Traité de Tlatelolco et le Traité de Pelindaba, de sorte qu'ils entrent en vigueur le plus rapidement possible. Il a également organisé deux séminaires sur la circulation illicite des armes sous les auspices de ses nouveaux Centres régionaux pour la paix et le désarmement en Afrique et en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Le Département de l'information a accordé une large place à la zone dans les émissions radiophoniques d'information, dans la revue trimestrielle Afrique relance et dans ses publications.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires a mené ses activités dans certains pays de la zone touchés par un conflit comme l'Angola, la République démocratique du Congo, la République du Congo et la Sierra Leone. Des cadres stratégiques ont été élaborés dans des pays en crise en vue de définir une action multisectorielle des Nations Unies cohérente et efficace. Le Bureau a créé en outre un système d'intervention en cas de catastrophe naturelle à Genève fonctionnant 24 heures sur 24 et sept jours par semaine.

Le rapport décrit également les activités de la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO qui concernent l'Atlantique Sud.

Le Bureau du contrôle des drogues et de la prévention du crime est en train de mettre en place des relations techniques et des synergies opérationnelles pour favoriser la coopération dans les deux domaines suivants: action visant à empêcher le trafic de drogue du Brésil vers l'Afrique, et toxicomanie et prévention de l'infection VIH et sida parmi les consommateurs de drogues par voie intraveineuse.

Adoption d'une résolution

Aux termes de la résolution intitulée Zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud (A/54/L.35) adoptée par 97 voix pour et une abstention (Etats-Unis) telle qu'amendée oralement, l'Assemblée générale demande à tous les Etats de contribuer à la réalisation des objectifs énoncés dans la déclaration instituant la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud et de s'abstenir de toute action incompatible avec ces objectifs ou avec la Charte des Nations Unies et les résolutions applicables de l'Organisation, en particulier d'actions qui risqueraient de susciter ou d'aggraver la tension et le risque de conflit dans la région.

L'Assemblée générale se félicite de l'accord de paix signé le 7 juillet 1999 à Lomé par le Gouvernement sierra-léonais et le Front uni révolutionnaire, et demande aux deux parties de s'engager à l'appliquer intégralement. Elle demande également l'application intégrale de l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka, du 10 juillet 1999, concernant la République démocratique du Congo, et exhorte toutes les parties congolaises à s'engager sans tarder sur la voie du dialogue politique et des négociations, et demande à la communauté internationale de fournir à l'Organisation de l'unité africaine, à l'Organisation des Nations Unies et à la Commission militaire mixte l'appui dont elles ont besoin pour exécuter leur mandat sans plus tarder.

Elle réaffirme que les Etats Membres doivent contribuer par tous les moyens dont ils disposent à l'instauration d'une paix réelle et durable en Angola, et réitère à cet égard que la crise en Angola et le blocage du

processus de paix tiennent essentiellement à ce que les dirigeants de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola ont failli aux obligations que leur imposent les "Acordos de Paz", le Protocole de Lusaka et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

L'Assemblée générale constate avec préoccupation que la situation actuelle en Angola a des incidences humanitaires sur la population civile et salue à cet égard l'action entreprise par les Etats Membres, y compris le Gouvernement angolais, et par les organisations humanitaires en vue de fournir une aide humanitaire à ce pays, et les prie instamment de poursuivre et d'intensifier leur effort dans ce domaine.

L'Assemblée générale note que le Gouvernement provisoire de Guinée-Bissau s'est engagé à organiser des élections législatives et présidentielles le 28 novembre 1999, et demande à la communauté internationale et à ce Gouvernement d'appuyer le relèvement économique et la consolidation de la démocratie en Guinée-Bissau.

L'Assemblée souligne l'importance de l'Atlantique Sud pour le commerce et la navigation maritime dans le monde et se déclare résolue à préserver dans la région la possibilité de mener toute activité visant des fins pacifiques ou protégée par le droit international, en particulier par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

Elle invite les Etats Membres à poursuivre leurs efforts en vue de réglementer de façon appropriée le transport par mer des déchets radioactifs et toxiques, en tenant compte des intérêts des Etats côtiers, conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et à la réglementation de l'Organisation maritime internationale et de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Elle constate avec préoccupation l'accroissement du trafic des drogues et des infractions liées à la drogue, y compris la toxicomanie, et demande instamment aux Etats membres de la zone de promouvoir la coopération régionale afin de lutter contre tous les aspects du problème des drogues et des infractions connexes.

Elle constate en outre que, vu le nombre, la gravité et la complexité des catastrophes naturelles et autres situations d'urgence, il est indispensable que les Etats membres de la zone renforcent la coordination de l'assistance humanitaire pour être à même de réagir en temps voulu et efficacement à ces situations.

L'Assemblée générale prie les organisations, organes et organismes compétents des Nations Unies de prêter aux Etats membres de la zone toute l'assistance qu'ils pourraient demander à l'appui des efforts qu'ils font en commun pour mettre en oeuvre la déclaration instituant la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud.

Explication de vote

Le représentant des Etats-Unis a déclaré que son pays s'est abstenu car ils estiment que les zones de coopération devraient être créées dans des forums multilatéraux et non pas dans le cadre des Nations Unies.

Présentation de la résolution A/54/L.35

M. FERNANDO PETRELLA (Argentine) a rappelé que depuis sa création, la zone a été une région ouverte aux débats entre les Etats africains et latino américains. L'Argentine se félicite des progrès réalisés dans le cadre des objectifs fixés, il y a 14 ans. Ainsi la zone a permis à des pays très différents du point de vue socio-culturel de réaliser ensemble des efforts en faveur de la paix, du développement économique et social, ainsi que de l'environnement. Le représentant a signalé que cinq réunions ministérielle des Etats membres de la zone ont déjà eu lieu, la dernière s'étant tenue en octobre 1998 en Argentine. Il a précisé que l'un des objectifs de la zone est de régler tous les différends qui subsistent dans l'Atlantique Sud par des moyens pacifiques et des négociations. Ces objectifs ne peuvent être atteints sans le respect des institutions démocratiques, a-t-il estimé, notant les progrès réalisés dans les domaines de la bonne gouvernance et de la transparence au niveau de la région. Il est également important de promouvoir la coopération technique, économique, ainsi que le commerce et les investissements parmi les Etats membres de la zone. Le représentant a salué les réalisations de l'initative "Casques blancs" qui sont intervenus dans des pays tels que l'Angola, l'Argentine, le Brésil, la Guinée équatoriale et la Sierra Leone.

M. KOFFI ESAW (Togo) a rappelé que la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud présente un immense potentiel qui pourrait être utilement mis à profit par les Nations Unies dans ses efforts tendant à l'édification d'un monde de paix, tourné vers le développement. Il a estimé que pour atteindre un degré d'efficacité appréciable, les efforts déployés par les Etats membres de la zone devraient se concentrer sur les secteurs prioritaires que sont le désarmement, la protection du milieu marin et de ses ressources ainsi que la lutte contre le trafic de drogues. En ce qui concerne plus précisément le désarmement nucléaire, M. Esaw a indiqué que l'adoption des Traités de Tlatelolco et de Pélindaba constitue un jalon important dans la réalisation de cet objectif. La dénucléarisation du Pacifique Sud, dans le cadre des Traités de Rarotonga et de Bangkok participe de la même démarche, a-t-il poursuivi. Il a également estimé que les récentes activités menées par le Département des affaires de désarmement en corrélation avec la zone visent à accélérer l'entrée en vigueur des Traités de Tlatelolco et Pélindaba.

M. Esaw a rappelé que la circulation des armes légères et de petit calibre est à la base des conflits armés dans la zone et constitue un ferment pour la criminalité transnationale organisée et le trafic des drogues. Il a réaffirmé, à cet égard, la nécessité pour les Nations Unies d'accroître leur assistance aux Etats membres de la zone dans ces domaines grâce, notamment à son Programme pour le développement, de son Programme pour le contrôle international des drogues et aux institutions de Bretton Woods. Pour ce qui est de la criminalité transnationale organisée, du trafic et de l'usage des drogues, M. Esaw, a exprimé l'espoir que la coopération qui se développe sur ce plan entre les Etats membres de la zone continuera d'être appuyée par les actions concertées de la communauté internationale et que le Comité spécial pour l'élaboration d'une convention sur la criminalité organisée transnationale débouchera bientôt sur des résultats concrets et positifs.

M. Esaw a déploré l'incapacité des Etats de la zone de surveiller de façon adéquate leur espace maritime, et ce, du fait de leur faible niveau de développement technologique. Il a reconnu qu'il appartient à ces Etats de prendre les mesures propres à la réglementation du transport de déchets dangereux et à l'intensification des échanges d'informations au sujet des flottes de pêches de l'Atlantique, tout en rappelant que le système des Nations Unies a un rôle important à jouer dans le cadre de la concrétisation des objectifs de la zone touchant ces aspects particuliers.

M. G.B. PREWARE (Nigéria) rappelant que les pays de la zone s'efforcent de créer un Atlantique Sud exempt d'armes nucléaires, a attiré l'attention sur le fait qu'avec l'adhésion du Brésil au Traité sur la non-prolifération nucléaire, tous les Etats de la zone souscrivent à présent à ce Traité important. Des progrès considérables ont aussi été accomplis récemment pour prévenir l'immersion de déchets radioactifs et dangereux. Partant, le Nigéria invite les Etats nucléaires à respecter le souhait des peuples de l'hémisphère sud de préserver la zone de la menace des armes nucléaires. Il a rappelé les progrès réalisés au cours de l'année écoulée dans les domaines de la paix et de la sécurité dans la zone et plus particulièrement en Afrique et s'est félicité du rétablissement de la paix et de la démocratie en Sierra Leone et au Libéria, où l'Ecomog, la force d'interposition de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a joué un rôle décisif. Il a appelé le Gouvernement sierra-léonais et le Front révolutionnaire unifié à respecter les engagements auxquels ils ont souscrit en signant l'Accord de paix. La création de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) constitue une évolution positive dans la recherche d'une paix durable dans la sous-région et le Nigéria est disposé à jouer son rôle dans cette Mission en vue de faciliter la mise en oeuvre de l'Accord de Lomé. Le représentant a aussi appelé le Gouvernement provisoire de Guinée-Bissau et les Etats Membres à appuyer la reconstruction économique et la consolidation de la démocratie dans ce pays.

Le Nigéria est préoccupé par l'augmentation du trafic de drogues et du blanchiment d'argent dans la région car ces activités illégales corrompent les structures administratives des gouvernements et des institutions financières au détriment des économies nationales mais aussi du tissu moral de la société. Le Nigéria qui a été victime de ce fléau est résolu à s'en débarasser et continuera à appuyer les efforts internationaux visant à éliminer les fléaux de la drogue, du blanchiment d'argent et de la corruption. Dans ce contexte, il a remercié le Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID) pour l'aide reçue pour l'élaboration et l'application d'un plan d'ensemble de lutte contre les stupéfiants au niveau national. Ces efforts portent leurs fruits puisque les trafiquants de drogue sont de plus en plus nombreux à éviter délibérémment les ports nigérians. Le Nigéria se félicite de l'adoption de la Convention interaméricaine contre la fabrication et le trafic illicites d'armes à feu et de la décision sur la prolifération illicite, la circulation et le trafic des armes légères adoptée par l'Organisation de l'unité africaine (OUA) lors de son dernier Sommet qui renforcent davantage la volonté de lutter contre ce fléau. Il se félicite également de l'initiative de la CEDEAO visant à imposer un moratoire sur l'importation, l'exportation et la fabrication des armes légères. De son côté, le Nigéria a pris plusieurs mesures, telles que la conclusion d'accords bilatéraux avec des Etats limitrophes pour contrôler le trafic illicite des armes légères, l'octroi de licences pour les armes de petit calibre, y compris les armes fabriquées localement et la mise en place d'un registre de fabricants incluant les armes produites localement.

M. LUIZ TUPY CALDAS DE MOURA (Brésil) s'est félicité de ce que le débat sur la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud ait révélé l'intérêt que portent les deux côtés de l'Atlantique à ce cadre important d'efforts concertés en faveur de la paix et du développement. En ce qui concerne le Brésil, la zone peut avoir un intérêt immédiat dans trois domaines, a déclaré le représentant. Le mouvement en faveur de la dénucléarisation de la zone, initié par les Traités de Tlalelolco et de Pelindaba, a encore été renforcé par l'adhésion du Brésil au TNP. La zone constitue une autre contribution à cet effort. Le représentant a déclaré que dans le domaine de la protection du milieu marin, la zone pouvait renforcer la Convention sur le droit de la mer, en empêchant les accidents et en favorisant l'échange d'informations et la coopération. Enfin, dans le domaine de la lutte contre la drogue, les accords entre Etats du Sud de l'Atlantique, ainsi que les activités multilatérales, telles que l'initiative anti-drogue de la quatrième rencontre ministérielle de Somerset West, renforcent les actions contre le crime organisé. Il s'est félicité du suivi organisé à ce sujet par le Bureau des Nations Unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime. Pour parvenir à ces objectifs, la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud a besoin du soutien continu du système des Nations Unies, y compris du PNUD et des institutions financières internationales. Enfin, il a fait observer que le Plan d'action adopté lors de la cinquième Réunion ministérielle de la zone à Buenos Aires, en octobre 1998, contient des initiatives mutuellement bénéfiques qui peuvent renforcer la coopération entre Etats membres, et doivent être encouragées.

M. JOSEFA COELHO DA CRUZ (Angola) a rappelé que depuis 13 ans, la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud s'est révélée propice au dialogue et au renforcement des efforts pour atteindre les objectifs concrets des Etats membres, en ce qui concerne la coopération Sud-Sud et le développement. Le représentant a évoqué certains domaines prioritaires qui occupent la zone, dont la démilitarisation et la dénucléarisation. Il a expliqué que les Etats membres de la zone cherchent en appuyant la mise en oeuvre des Traités de Pelindaba et de Tlatelolco à atteindre cet objectif. Il a indiqué qu'ils s'attachent à trouver les meilleurs moyens de mettre fin à la prolifération des armes de destruction massive, ainsi qu'au trafic illégal d'armes de petit calibre, et continuent à participer à l'action antimines. Il a déploré que certains pays qui ont consacré toute leur énergie au règlement de leurs conflits internes ou à leur processus de réconciliation nationale n'aient pas pu mettre en oeuvre pleinement certaines de ces dispositions, notamment celles concernant la lutte contre le trafic des armes de petit calibre et le trafic de drogues, de même que les mesures relatives à la protection de l'environnement marin et la pêche illégale.

En ce qui concerne l'Angola, M. Da Cruz a rappelé que le Gouvernement et l'Unita ont signé depuis 5 ans le Protocole de Lusaka. Toutefois, a-t-il continué, les objectifs de paix durable et de désarmement complet de l'Unita n'ont pas été atteints. Il a expliqué que l'intransigeance des rebelles qui ne respectent pas leurs obligations a plongé le pays dans un processus de violence et de déstabilisation qui empêche le bon fonctionnement des institutions. Le représentant a indiqué que le pays connaît actuellement une situation humanitaire critique. Trois millions de civils, a-t-il précisé, ont quitté leur domicile pour se réfugier dans des zones contrôlées par le Gouvernement, qui a mis en place un programme national d'aide humanitaire. M. Da Cruz a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle poursuive et renforce l'aide apportée à ce Programme.

M. SAMUEL AMEHOU (Bénin) a félicité le Gouvernement argentin pour avoir accueilli à Buenos Aires les 21 et 22 octobre 1998, la cinquième Réunion ministérielle des Etats de la zone de l'Atlantique Sud au cours de laquelle ont été adoptés par consensus une Déclaration et un Plan d'Action. Ces documents, a- t-il précisé, sont très importants pour l'organisation de la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud. Pour le Bénin, la zone doit être épargnée par la course aux armements nucléaires et, c'est pourquoi on peut se féliciter de l'existence sur chacune des deux rives de l'Atlantique Sud des Traités de Pelindaba et de Tlatelolco, concernant la dénucléarisation de la région.

M. Amehou a déploré les situations de conflit, dues à l'intransigeance et soutenues par des forces opposées à toute évolution démocratique et à un développement durable, qui mobilisent les Etats membres de la zone. Face au phénomène de mondialisation, le représentant a indiqué que les défis à relever pour garantir la paix et le bien-être sont plus que jamais communs et appellent des solutions communes. A cet égard, il a invité les Etats membres de la zone à soutenir le processus de paix et de réconciliation en Angola, en Guinée Bissau, au Libéria, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo, ainsi qu'à déployer des efforts communs pour faire revenir la paix

entre l'Ethiopie et l'Erythrée. Le représentant a mis l'accent sur la nécessité de l'appui constant des organismes des Nations Unies pour atteindre pleinement les objectifs de la Zone, et notamment du Programme des Nations Unies pour le développement et des institutions financières internationales. M. Amehou a par ailleurs rappelé que le Bénin est toujours prêt à accueillir la Sixième Réunion ministérielle de la zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud.

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