
Pour le représentant de l'Inde, la question de la modification du barème des quotes-parts ne devrait être abordée qu'une fois la crise financière résolue
La Commission administrative et budgétaire (Cinquième Commission) a poursuivi, cet après-midi, son débat sur "l'amélioration de la situation financière de l'Organisation". Les intervenants ont estimé qu'il n'y a qu'une solution possible à la crise actuelle, à savoir le paiement intégral, inconditionnel et en temps voulu des contributions dues par chaque Etat Membre. Reconnaissant que plus de la moitié des arriérés est due par un seul Etat Membre, le représentant de l'Afrique du Sud a néanmoins fait remarquer que le montant à verser par les Etats-Unis ne représente pas la totalité de la somme des contributions non acquittées, qui s'élève à 2,5 milliards de dollars. "Ceci veut dire que de nombreux autres pays ne s'acquittent toujours pas de leurs obligations" a-t-il conclu. Pour le représentant de l'Inde, la mauvaise santé financière de l'Organisation ne doit pas faire oublier qu'il y existe aussi un réel problème de financement des activités humanitaires et des activités de développement dans des régions qui attirent peu l'attention des médias. Dans ce domaine également, il faudrait assurer le financement stable des activités, a-t-il estimé. En attendant, les questions concernant la répartition des dépenses et le barème des quotes-parts ne devraient être abordées qu'une fois la crise financière actuelle résolue. La Présidente de la Commission a, de son côté, estimé que de nombreuses délégations ont, au cours de ce débat, formulé des propositions concrètes pour remédier à la crise financière. Désormais, des discussions approfondies devront avoir lieu au sein de la Commission pour leur donner suite.
Ont participé, cet après-midi, à la poursuite du débat général sur la situation financière de l'Organisation, les représentants des pays suivants: Arabie Saoudite, Inde, Afrique du Sud (au nom du Mouvement des pays non- alignés), Costa Rica, Japon, République de Corée et Guatemala.
La prochaine réunion de la Commission aura lieu le 15 octobre, à 15 heures.
M. FAWZI BIN ABDUL MAJEED SHOBOKSHI (Arabie Saoudite) a exprimé sa vive préoccupation devant la situation financière critique de l'Organisation. L'Arabie saoudite n'accepte pas la modification proposée du barème des quotes- parts car elle estime que la solution réside dans le versement inconditionnel, complet et sans retard de l'ensemble des quotes-parts dues par les Etats- Membres.
M. KAMALESH SHARMA (Inde) a rappelé que depuis plus de 10 ans, l'ONU se trouve dans une situation financière difficile qui ne cesse de s'aggraver. Pendant ce temps, les mandats toujours plus importants sont confiés à l'Organisation par la communauté internationale. Or le manque de liquidités financières empêche l'ONU d'assumer de manière satisfaisante les activités. La cause de cette crise est évidente et il faut reconnaître l'obligation impérative qu'ont les Etats Membres à faire face à leurs engagements conformément à la Charte. Certes, certains pays ou régions ont dû faire face à des difficultés particulières qui ne leur ont pas permis de payer entièrement et à temps leurs contributions. Mais l'Inde estime que la racine du problème se situe ailleurs. Pour sa part, l'Inde continue d'être débiteur auprès de l'Organisation en ce qui concerne la fourniture de troupes et de matériel pour le maintien de la paix. A ce titre, elle se félicite de la déclaration faite ce matin par M. Holbrooke.
Les discussions sur la vaste réforme de l'Organisation, tenues au sein du Groupe de travail de haut niveau à composition non limitée, n'ont pas abouti aux résultats voulus en matière financière. C'est pourquoi, l'heure est venue de prendre désormais toutes les décisions concernant la restructuration de l'Organisation sur la base d'un véritable consensus. La situation est telle que la possibilité d'emprunter sur le budget de maintien de la paix est de plus en plus réduite. Désormais, et au moment où les activités de maintien de la paix connaissent un fort regain, la question se pose de savoir ce que l'on pourra faire le jour où les fonds pour le maintien de la paix ne seront plus disponibles. Or, l'ONU doit avoir les moyens de jouer, sur la scène internationale, le rôle de premier plan que l'on attend d'elle. L'Inde estime que toute solution, acceptée par consensus, exige que tous les Membres s'engagent à payer leurs contributions et à s'acquitter de leurs arriérés, en publiant à cet effet un calendrier de paiement. Il ne faut pas, par ailleurs, oublier qu'il y a un réel problème de financement des activités humanitaires et pour le développement dans des région qui attirent peu l'attention des médias. Alors que les appels au renforcement du financement des activités de développement n'ont cessé de se multiplier, les ressources disponibles à ce titre n'ont elles cessé de diminuer. Et nous ne sommes malheureusement toujours pas d'accord sur un système de financement de ces activités qui assurerait la stabilité, a regretté le représentant, avant de conclure que toutes les questions concernant la répartition des dépenses et le barème des quotes-parts ne devraient être abordés qu'une fois la crise financière actuelle résolue.
Mme NAZARETH INCERA (Costa Rica) s'est associée à la déclaration du représentant du Guyana qui a parlé ce matin au nom du groupe des 77 et de la Chine. De l'avis de la représentante, la seule solution véritable aux difficultés financières des Nations Unies est le versement intégral des quotes-parts sans retard ni condition par tous les Etats Membres et en particulier par l'Etat dont la quote-part est la plus élevée. Le Costa Rica fait des efforts à cet égard dans la mesure de ses possibilités. La représentante s'oppose toutefois fermement à la réduction des quotes-parts, qui doivent refléter la véritable capacité de paiement de chaque pays, et considère que ce barème n'est pas à la source de la crise actuelle. Elle s'est, enfin, déclarée gênée par la politisation de l'examen de cette question, qui devrait être traitée de façon technique et financière.
M. JUICHI TAKAHARA (Japon) a indiqué que sa délégation continuera d'appuyer l'initiative de réforme du Secrétaire général pour parvenir à une organisation plus efficace. Il s'est félicité du nombre croissant d'Etats Membres ayant versé, à la fin du mois de septembre, la totalité de leurs contributions. Ceci témoigne d'un effort réel pour que l'ONU bénéficie d'une assise financière solide. Toutefois, le niveau des cotisations non versées demeure inacceptable. L'Organisation ne survit qu'en différant le remboursement dû au titre des prêts de matériel et de contingents, la plupart du temps effectués par des pays en développement. Le représentant a pris acte des suggestions faites par le Secrétaire général et notamment de son intention d'augmenter le fonds de réserve. Il s'est dit cependant convaincu que la crise ne peut être surmontée que grâce à un versement intégral, inconditionnel et en temps voulu, de l'ensemble des obligations qui incombent à chaque Etat
M. PARK HAE-YUN (République de Corée) a déploré les mornes perspectives financières de l'Organisation. La mauvaise santé financière est désormais chronique, les Etats Membres versant en retard leur contribution financière et le montant des arriérés ne cessant de croître. Le représentant a aussi regretté la poursuite des emprunts croisés sur le budget des opérations de maintien de la paix, les pays fournisseurs de contingents subissant déjà des retards dans le remboursement des dépenses qu'ils ont engagées. Si une solution n'est pas trouvée, l'Organisation ne sera pas en mesure de répondre au défi du prochain siècle qui se pose. Cette absence de souplesse financière jette aussi une ombre sur la capacité de l'ONU à répondre aux demandes d'opérations de maintien de la paix qui se sont récemment multipliées. Il n'y a pas de solution durable sans une volonté politique réelle et sans le versement intégral et inconditionnel des quotes-parts de chacun. Des efforts urgents et concertés sont à cet égard nécessaires.
M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) s'est félicité des exposés lucides faits ce matin par le Secrétaire général et le Secrétaire général adjoint à la gestion. L'ONU est l'Organisation intergouvernementale par excellence à travers le monde; on lui a confié certains devoirs et les moyens de les honorer. Le cercle vertueux consiste en ce que tous les Membres soient satisfaits par les travaux de l'Organisation et contribuent en conséquence à ses dépenses sans réticence. Le cercle vicieux, au contraire, serait que l'insatisfaction des Membres conduise ces derniers à ne plus financer l'Organisation. Le représentant a estimé que nous nous trouvons dans une situation anormale, puisque les Gouvernements se déclarent raisonnablement satisfaits, mais que certains d'entre eux ne s'acquittent pas de leurs obligations financières. L'ONU essaie de faire les mêmes choses avec moins d'argent et devient aussi donc plus efficace mais aussi plus sélective. Ce faisant, elle s'affaiblit progressivement et risque de tomber dans le syndrome du cercle vicieux. Les pays qui ont des arriérés doivent se mettre à jour. L'érosion des effectifs nuit à l'excellence des travaux de l'ONU. Dans tous les cas, l'efficacité et l'économie ne doivent pas être synonymes de réduction des dépenses.
Financement de la Mission de vérification des Nations Unies en Angola (UNAVEM) et de la Mission d'observation des Nations Unies en Angola (MONUA) (point 129)
Suite du débat général
Mme MARGARIDA ROSA DA SILVA IZATA (Angola) s'est dite pleinement consciente des difficultés rencontrées par la Mission d'observation lorsqu'elle a essayé de s'acquitter de son mandat. Les efforts et la concertation dont les protagonistes ont fait preuve laissent désormais espérer
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