14 juin 1996

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et des Accrédidations
HAB/IST/24



LA PLENIERE D'HABITAT II ACHEVE SON DEBAT DE HAUT NIVEAU


   





    








Conférence HABITAT II                                  HAB/IST/24
17ème séance (matin)                                   14 juin 1996









	LA PLENIERE D'HABITAT II ACHEVE SON DEBAT DE HAUT NIVEAU

      Le Président de Cuba, M. Fidel Castro, plaide en faveur
de la consécration du logement en tant que droit universel de 
l'homme


	La Plénière de la Deuxième Conférence des Nations Unies sur les 
établissements humains (Habitat II) a terminé, ce matin, sous la présidence 
de M. Süleyman Demirel, Président de la Turquie et de la Conférence, son 
débat de haut niveau, qu'elle avait entamé le 12 juin.

	 Dans une allocution, le Président de la République de Cuba, 
M. Fidel Castro Ruz, a fait remarquer que la colossale explosion 
démographique n'a pas eu lieu dans un monde juste. Des siècles de 
colonialisme, d'esclavage et d'exploitaion économique l'ont en effet 
précédé. Il a indiqué que ceux-là mêmes qui ont presque détruit la planète 
se révèlent être les moins intéréssés à sauver l'Humanité. En effet, 
combien de chefs d'Etat ou de Gouvernement des pays développés, assistent-
ils à cette réunion? Lors de cette Conférence, Cuba se joint à tous ceux 
ayant défendu les points de vue les plus justes et les vérités les plus 
évidentes. 
	
	"Nous avons le droit de vivre en paix et avec honneur; que les blocus 
économiques injustes et criminels ne soient plus acceptés; que nous ne 
soyons plus expoités, ni pillés, ni méprisés, ni traités avec la plus 
répugnante des xénophobies", a plaidé M. Castro avant de promettre que 
"nous poursuivrons la lutte, car en fin de compte, nous sommes le monde et 
le monde n'admet pas de maître, ni de politiques suicidaires".





	(à suivre)





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	Au titre de son débat de haut niveau, la Conférence a également 
entendu les allocutions des personnalités suivantes : M. Ricardo Marquez 
Flores, Premier Vice-président du Pérou; M. Apas Dj. Djumgulov, Premier 
Ministre de la République kirghize; M. Maris Gilis, 
Vice-Premier Ministre, Ministre de la protection de l'environnement et du 
développement de la Lettonie; M. Edmundo Hermosilla, Ministre du logement 
et de l'urbanisme du Chili; M. Donald Capelle, Secrétaire à la santé et à 
l'environnement des Iles Marshall; M. Eric Raoult, Ministre délégué à la 
ville et à l'intégration de la France; M. Jan Wagner, Ministre de 
l'économie de la Répubique tchèque; M. Mohammed
Al-Jarallah, Ministre des affaires municipales et rurales d'Arabie 
saoudite; M. Klaus Töpfer, Ministre fédéral de l'aménagement du territoire 
de la construction et de l'urbanisme de l'Allemagne; M. Said El Fassi, 
Ministre de l'habitat du Maroc; M. Joao Cardonna Gomez Cravinho, Ministre 
de l'équipement, de la planification et de l'administration territoriale du 
Portugal; M. Nimal Siripala de Silva, Ministre de la construction de 
logements et des services publics de Sri Lanka; et de M. Juan Gabito 
Zóboli, Vice-Ministre du logement, de l'aménagement des terres et de 
l'environnement de l'Uruguay.

	 La Plénière a également entendu la déclaration du Maire de la ville 
d'Accra (Ghana), qui est intervenu au nom des autorités locales, ainsi que 
celle de la représentante du Caucus des organisations non gouvernentals de 
jeunes.

	La Conférence reprendra ses travaux cet après-midi, à partir de
16 heures 30. Elle adoptera les rapports de ses deux commissions, ainsi que 
la Déclaration d'Istanbul et le Programme pour l'habitat, avant de clôturer 
ses travaux. 




	
	(à suivre)	


























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Conclusion du débat de haut niveau


	M. APAS DJ. DJUMAGULOV, PREMIER MINISTRE DE LA REPUBLIQUE KIRGHIZE: 
les générations futures évalueront de façon objective les succès d'Habitat 
II. C'est pourquoi, il importe que la conférence adopte des recommandations 
concrètes et objectives. Nos villes connaissent de nombreux maux. Mon pays 
appuie les Nations Unes qui se sont lancées dans la noble entreprise qui 
consiste à les traiter. La République kirghize, qui a connu depuis la fin 
des années 80 de profonds bouleversements, a réussi à faire face à nombre 
des nouveaux problèmes qui ont émergé, mais n'a pas réussi jusqu'à présent 
à surmonter celui du manque de logements. Il faut complètement repenser 
l'habitat du pays, qui se compose essentiellement de maisons faites de 
terre. Le Gouvernement cherche également à promouvoir la création de 
petites villes satellites. Au niveau international, il s'efforce de mettre 
en place une coopération multilatérale et bilatérale avec d'autres pays, 
des organisations internationales et des organisations non 
gouvernementales. A cet égard, il convient de souligner que mon pays a 
signé au cours de cette conférence un mémorandum de coopération avec 
l'organisation non gouvernementale"Habitat pour l'humanité". La République 
kirghize s'engage à mettre en oeuvre les recommandations d'Habitat II. 

	M. EDMUNDO HERMOSILLA, MINISTRE DU LOGEMENT ET DE L'URBANISME
DU CHILI: dans la perspective de la Conférence d'Istanbul, le Chili a 
élaboré une Charte, qui outre qu'elle reflète l'importance de la 
problématique des établissements humains, recommande des actions concrètes 
sur les questions prrioritaires que sont la lutte contre la pauvreté, la 
participation active et organisée des couches sociales et les progrès, 
indispensables, au dépassement des pénuries de logements et de services 
urbains. Le Chili souhaite par conséquent tirer avantage de sa stabilité 
politique, macro-économique et sociale pour aller de l'avant vers des 
établissements humains libérés des difficultés du déracinement et de la 
dégradation de l'environnement. Les questions de la ville et du logement 
sont des questions éminement politiques, qui requièrent la participation 
des citoyens, sûrs de leurs droits mais également mûs par le sens de leurs 
responsabilités. Le Chili est convaincu pour sa part, que le défi des 
établissements humains réside dans l'élimination de la pauvreté urbaine, 
qui touche en premier lieu les groupes les plus vulnérables. Les 
délégations des Etats présents à Istanbul ne sauraient regagner leurs pays 
respectifs les mains vides. Qu'Istanbul soit plus qu'une espérance. Qu'elle 
soit la manifestation de l'engagement de tous pour une vie meilleure.      

	M. DONALD CAPELLE, SECRETAIRE A LA SANTE ET A L'ENVIRONNEMENT
DES ILES MARSHALL: le manque de terres, les effets des radiations et une 
forte croissance démographique constituent les grands défis que les Iles 
Marshall doivent relever en matière de développement durable des 
établissements humains. Le Gouvernement a pris des engagements en faveur de 
la santé, de l'hygiène et de la sécurité des communautés. Il continue à 
négocier avec les Etats-Unis pour assurer un contrôle

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scientifique par des organismes indépendants et respectés de toutes les 
décisions concernant le retour de populations dans des zones irradiées 
telles que l'atoll de Rongelap. Le Gouvernement essaie également de 
ralentir la forte croissance démographique du pays. A cette fin, un Conseil 
national de la santé et de la population a été établi. Nous espérons 
qu'Habitat II donnera un nouvel élan aux efforts visant à traiter les 
déchets radioactifs et nettoyer les zones contaminées qui menacent le 
développement et la durabilité de nos établissements humains.

	M. RICARDO MARQUEZ FLORES, VICE-PRESIDENT DU PEROU: convaincu de la 
valeur de la coopération régionale en matière d'établissements humains, le 
Pérou a activement participé à la réunion ministérielle de Santiago de 
Chile, organisée sous les auspices de la CEPAL, en novembre dernier. Les 
recommandations qui y ont été adoptées au titre du Plan régional d'action 
sont la manifestation de la volonté politique d'une région décidée à 
entreprendre des actions concrètes et significatives en vue de dépasser la 
situation de sous-développement de l'un de ses domaines les plus sensibles, 
en l'occurence celui du logement. Le Pérou accorde une importance 
particulière à l'intégration du Plan régional d'action de l'Amérique latine 
et des Caraïbes en annexe du Programme mondial pour l'habitat qui sera 
adopté aujourd'hui. 

	La stratégie de développement du Pérou ne saurait limiter la 
politique du logement à la seule construction d'unités. Il s'agit en fait 
d'aller au-delà, afin d'intégrer le citoyen au processus de production et 
du développement socio-économique. Qui plus est, et dans le cadre de la 
célébration de la Décennie internationale des populations autochtones, le 
Pérou s'engage à satisfaire les besoins en logement de ce segment de sa 
population, en respectant toutefois son environnement et son identité 
socio-culturelles.    

	M. FIDEL CASTRO RUZ, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE CUBA: la colossale 
explosion démographique n'a pas eu lieu dans un monde juste. Des siècles de 
colonialisme, d'esclavage et d'exploitaion économique l'ont en effet 
précédé. Certains ont tout et d'autres n'ont rien eu. Les soit-disant 
sociétés de consommation ont été fondées sur le sang et la sueur des masses 
exploitées. Ceux-là mêmes qui ont presque détruit la planète et empoisonné 
l'air, les mers, les fleuves et le sol se révèlent être les moins 
intéréssés à sauver l'Humanité. En effet, combien de Chefs d'Etat ou de 
Gouvernement des pays développés, assistent-ils à cette réunion?

	Les mouvements migratoires internationaux et internes sont la 
résultante de ce même développement inégal et injuste dans et hors des 
pays. Si l'on ne comprend pas cela, l'on ne cernera pas l'enjeu des 
établissements humains. A l'heure où l'économie mondiale et les progrès 
technologiques sont tant à l'ordre du jour, à quoi servent-ils s'ils ne 
résolvent pas les problèmes de l'homme, si les pays nantis s'enrichissent 
davantage alors que la pauvreté demeure le lot des plus déshérités ? Cette 
Conférence ne saurait faire oublier les campagnes, qui sont de plus en plus 
abandonnées. L'échange inégal entre la ville et la campagne est similaire à 
celui existant entre les pays pauvres et les pays riches. 

                         (à suivre)




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	Dans les deux prochaines décennies, et rien qu'en Amérique latine, 
l'on estime que 85% de la population sera concentrée dans les villes. 
Quelles seront les conditions de vie de ces innombrables masses? Jusqu'à 
quand pourront-elles résister, dans ces conglomérats ingouvernables, à la 
pauvreté, l'insalubrité, la faim, l'exploitation, à la mort? L'Etat peut-il 
vraiment se libérer de toute responsabilité dans la solution de ces 
problèmes? Est-il juste de ne pas considérer le droit au logement comme 
fondamental à l'homme? 

	Lors de cette Conférence, Cuba se joint à tous ceux ayant défendu les 
points de vue les plus justes et les vérités les plus évidentes. Nous ne 
pouvons dire qu'il n'y a pas suffisamment de fonds. A l'heure de la fin de 
la Guerre froide, comment peut-on en effet continuer à dépenser des 
millions de dollars en armements et en opérations militaires et développer 
ce commerce? Comment peut-on encore tromper ainsi l'Humanité? 

	Nous devons proclamer haut et fort notre droit à respirer un air pur, 
boire de l'eau potable, bénéficier d'un emploi digne, nous nourrir de 
denrées saines, être instruits, soignés, à être moins pauvres, lorsque 
d'autres sont plus riches. Nous devons proclamer que nous sommes plus 
l'homme de la jungle car celle-ci n'existe même plus. Il est juste que 
chaque famille dispose d'un logement décent et qu'il soit considéré comme 
un droit universel de l'homme. 

	Nous avons finalement, le droit de vivre en paix et avec honneur; que 
les blocus économiques injustes et criminels ne soient plus acceptés; que 
nous ne soyons plus expoités, ni pillés, ni méprisés, ni traités avec la 
plus répugnante des xénophobies. Nous poursuivrons notre lutte, nous 
proclamerons toujours au monde nos vérités car en fin de compte, nous 
sommes le monde et le monde n'admet pas de maître, ni de politiques 
suicidaires. Le monde n'admet pas qu'une minorité d'égoïstes, de déments et 
d'irresponsables nous mènent à l'extermination.     

	M. ERIC RAOULT, MINISTRE DELEGUE A LA VILLE ET A L'INTEGRATION DE LA 
FRANCE: trois résultats significatifs d'Habitat II doivent être mis en 
avant. Habitat II a d'abord permis de prendre conscience de l'importance 
déterminante des enjeux liés au mouvement d'urbanisation: nous savons 
désormais que notre avenir se joue dans les villes. Cette prise de 
conscience collective était indispensable. Istanbul doit être aux villes ce 
que Rio a été pour l'environnement. Deuxième motif de satisfaction: 
Istanbul a inscrit l'évolution des villes dans les perspectives de 
développement durable définies lors du Sommet de la terre et dans le 
respect des principes communs pour un monde responsable et plus solidaire 
affirmés lors des précédentes conférences des Nations Unies. Je me réjouis 
tout spécialement qu'Istanbul fasse solennellement figurer le droit au 
logement parmi l'un des droits de l'homme à valeur universelle. Troisième 
avancée positive d'Habitat II: la reconnaissance du rôle fondamental du 
partenariat. Je suis convaincu que la ville de demain se fera en s'appuyant 
tout autant sur l'urbain que sur l'humain. La Conférence Habitat II a été 
la première à associer aussi activement les partenaires non 
gouvernementaux. 


                         (à suivre)

         


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	Il nous faut aujourd'hui consacrer autant d'énergie aux suites de la 
Conférence qu'à sa préparation. Habitat II n'est pas un aboutissement, ce 
doit être un point de départ. Au niveau local, la conduite des projets 
urbains doit relever d'élus démocratiquement responsables, seuls capables 
d'entraîner l'adhésion des citoyens. Istanbul aura marqué l'engagement 
solennel des maires du monde dans une démarche de développement urbain 
durable. A l'échelon national, la volonté de donner sa pleine portée au 
partenariat doit faire évoluer le rôle de l'Etat. Au plan international, 
les collectivités locales ont également un rôle important à jouer. La 
coopération décentralisée entre villes du Nord et villes du Sud qui a déjà 
fait ses preuves doit être vivement encouragée. Tout en favorisant ce 
mouvement, les institutions internationales devront mettre davantage 
l'accent sur les politiques urbaines dans leurs programmes d'aide au 
développement. Il est essentiel de rendre l'urbanité à nos villes. Celles-
ci doivent retrouver leur rôle de foyer de civilisation, de carrefour 
social et de lieu d'échanges entre tous les hommes.

	M. TOMAS LANE, DONNANT LECTURE D'UNE MESSAGE DE M. JAN KARA, MINISTRE 
DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA REPUBLIQUE TCHEQUE: la délégation tchèque 
attache une grande importance aux questions discutées dans le cadre 
d'Habitat II et espère qu'au terme de celle-ci tous les Etats Membres des 
Nations Unies	pourront adopter un document aussi ferme que substantiel 
capable de guider à l'avenir les efforts concertés de la République 
tchèque. En effet, la République tchèque est préoccupée par le manque de 
compréhension mutuelle apparu lors du processus préparatoire, qui s'est 
traduit par la mise entre crochets de nombreux passages du Programme pour 
l'habitat. Notre tâche ici est de supprimer ces crochets sans que cela ne 
crèe d'incohérences ou de perte de substance, en évitant de réécrire ou de 
"recycler" des accords conclus antérieurement.

	La situation évolue actuellement en République tchèque et le pays est 
déterminé à jouer un rôle plus actif en matière de coopération 
internationale, tant bilatérale que multilatérale. Pour partie, sa 
stratégie consiste à accroître son soutien aux pays en développement, y 
compris ceux de sa propre région. A cet égard, la République tchèque aborde 
Habitat II de deux façons. La Conférence constitue, d'une part, un exercice 
qui consiste à appréhender ses problèmes à une plus large échelle, ce qui 
est une source puissante d'inspiration et de conseil. D'autre part, Habitat 
II et le suivi de sa mise en oeuvre représentent un lieu d'échanges 
d'expériences précieuses acquises lors du processus de transition qu'elle a 
connu avec d'autres pays. La coopération dans ce domaine doit devenir 
partie intégrante et vitale du programme tchèque d'assistance au 
développement qui est en cours d'élaboration.

	M. MOHAMED AL-JARALLAH, MINISTRE DES AFFAIRES MUNICIPALES
ET RURALES DE L'ARABIE SAOUDITE: au cours des vingt dernières années, le 
royaume d'Arabie saoudite a connu une croissance et une modernisation 
rapides couplée à une urbanisation sans précédent de la population qui 
représentait 79% en 1995. Pour soutenir ce processus d'urbanisation, le 
pays s'est doté de plans quinquennaux de développement qui mettent l'accent 
sur le développement durable et la modernisation des

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établissements humains. En vingt ans, le gouvernement a dépensé près de 187 
milliards de dollars pour la construction d'infrastructures de base telles 
que l'adduction d'eau, l'électrification et transport, ainsi que pour les 
services de santé et d'éducation. L'importance des différents types d'aide 
financière apportés par la Gouvernement de l'Arabie saoudite à de nombreux 
pays, par le truchement des institutions financières locales, régionales et 
internationales, atteste des engagements qu'elle a pris en faveur d'un 
développement durable et global du monde. Ainsi depuis les années 70, le 
pays a consacré 5,5% de son revenu intérieur brut à l'aide internationale 
ce qui dépasse de loin l'objectif de 0,7% que s'était fixée la communauté 
internationale il y a une vingtaine d'années.

	M. KLAUS TOPFER, MINISTRE FEDERAL DE L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, DE 
LA CONSTRUCTION ET DE L'URBANISME DE L'ALLEMAGNE: Habitat II a renforcé la 
conviction que le monde du 21ème siècle sera urbain. Nous ne vivrons pas 
dans un village mondial mais bien dans une agglomération mondiale. La ville 
est donc porteuse d'avenir -économique, social et écologique-. Elle peut 
par conséquent être synonyme de durabilité. Si l'urbanisation occupe une 
grande part du problème, il s'agit pour nous d'en faire une partie de la 
solution. La croissance économique urbaine est une condition essentielle de 
la satisfaction des besoins de la croissance démographique. Toutefois, 
cette croissance ne aurait davantage se faire aux dépens de l'environnement 
et de la stabilité sociale. La solution des problèmes urbains dans les pays 
en développement est indissoluble des changements dans les pays 
industrialisés. Les autorités locales doivent être associées à la mise en 
oeuvre internationale du Programme pour l'habitat. Cela signifie  qu'elles 
doivent avoir leur mot à dire au niveau institutionnel, à commencer par la 
Commission des Nations Unies sur les établissements humains. La 
décentralisation des processus de prise de décision, la réalisation du 
principe de subsidiarité, le renforcement de la démocratie locale et de 
l'autorité municipale et la participation de tous les secteurs sont 
essentielles au développement urbain de l'avenir. Le dialogue si bien 
inauguré à Istanbul doit se poursuivre au niveau politique le plus élevé.  

	M. SAID EL FASSI, MINISTRE DE L'HABITAT DU MAROC: le Maroc a 
activement participé au processus préparatoire d'Habitat II. Les efforts de 
la Conférence ont porté leurs fruits tant au niveau local que national, 
régionaux qu'international. La Déclaration de Rabat en est le témoignage. A 
un moment où les pays du nord connaissent des progrès et des avancées 
technologiques considérables, ceux du Sud assistent à une détérioration de 
leurs établissements humains. C'est pourquoi, il importe de soutenir 
l'existence d'un environnement et d'un développement durables. Le Maroc s'y 
emploie, à travers ses politiques, notamment celles consacrées à la 
décentralisation et au renforcement de l'aménagement des sols et de 
l'aménagement urbain. Il cherche à développer les zones rurales grâce à un 
stratégie planifiée qui a pour objectif de lutter contre l'exode rural. Il 
faut, comme aime à le dire notre Roi, que les architectes s'inspirent du 
génie des lieux. Le Maroc a pris des mesures et procédures en faveur des 
petits établissements humains pour les équiper en eau et en électricité. En 
matière de


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logement, il procède à des incitations pour que la population prenne elle-
même en charge son développement. Un renforcement de la participation des 
femmes aux processus d'amélioration est également recherché. Sur la base 
des propositions faites par le Maroc, Habitat II est à même de renforcer et 
de développer de façon durable les établissements humains.
	
	M. MARIS GAILIS, VICE-PREMIER MINISTRE ET MINISTRE DE LA PROTECTION 
DE L'ENVIRONNEMENT ET DU DEVELOPPEMENT DE LA LETTONIE: jusqu'à 
l'effondrement de l'Union Soviétique, la politique de logement appliquée à 
la Lettonie répondait aux principes soviétiques de la subvention à 
l'arbitraire, de l'allocation des logements et de l'établissement des 
loyers et taxes. En 1991, la Lettonie a entamé un processus de 
privatisation des logements. Il est important de promouvoir un 
environnement social, économique et politique en vue de faciiter la 
construction de logements privés à des termes favorables aux emprunteurs. 
Dans ce cadre, des efforts sont entrepris pour inciter les institutions 
financières internationales à accorder des prêts avantageux à la 
construction à la Lettonie. 

	M. JAO CRAVINHO, MINISTRE DE L'EQUIPEMENT, DE LA PLANIFICATION ET DE 
L'ADMINISTRATION TERRITORIALE DU PORTUGAL: le Portugal soutient les 
principes que l'Italie, au nom de l'Union européenne, a déjà présentés, en 
particulier ceux de la participation, de la solidarité et de l'égalité, qui 
forment à notre avis, le noyau du concept du droit à la ville qui est en 
train de se créer. Ce droit nous impose quelques conditions, notamment 
l'impératif d'une plus grande qualité et le développement durable des 
établissement humains; la responsabilité d'assurer un logement adéquat pour 
tous; et l'éradication des situations de pauvreté et d'exclusion, en 
particulier, celles des groupes sociaux les plus vulnérables. L'adhésion 
aux principes de la Déclaration d'Istanbul vient consacrer les valeurs de 
notre développement urbain, ouvert aux syncrétismes culturels, 
caractéristique des villes du Portugal et de celles qu'il a contribué à 
bâtir sur tous les continents. 

	Au cours des trentes dernières années, le Portugal a connu de grandes 
transformations qui sont à l'origine des dysfonctions et des nouveaux 
problèmes posés par une société, qui est en train de devenir urbaine. Pour 
répondre à ces défis, le Portugal est en train de repenser le cadre 
législatif de son système de planification territoriale. Il cherche aussi à 
coordonner les politiques sectorielles destinées à satisfaire le besoin en 
logements, en général, et des groupes sociaux les plus sensibles, en 
particulier. Dans les questions urbaines et du logement, notre action et 
notre intérêt dépassent le cadre du territoire national et restent un des 
éléments de la coopération, en particulier avec les pays de langue 
officielle portugaise. Le Portugal veut contribuer à l'élaboration des 
conclusions de cette conférence, et est prêt à s'engager en faveur du 
programme d'action qui fera suite à nos travaux.



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	M. NIMAL SIRIPALA DE SILVA, MINISTRE DU LOGEMENT ET DES SERVICES 
PUBLICS DU SRI LANKA: qualité de vie et qualité des établissements humains 
vont de pair. Quels que soient les changements gouvernementaux survenus 
depuis cinquante ans, la question des établissements humains a toujours 
constitué une priorité au Sri Lanka. En complément des schémas 
d'irrigation, le pays a mis en oeuvre des projets de développement 
villageois, d'éléctrification rurale et de construction de logements sur 
l'ensemble du territoire. Par ce biais, le Sri Lanka a réussi à renverser 
le processus de migrations rurales vers les villes. Le défi qui se pose 
désormais est d'établir une hiérarchie des villes prioritaires, 
susceptibles de générer un développement rapide dans les domaines 
industriel et des services. Le Sri Lanka est convaincu que dans le 
développement urbain réside la solution à l'augmentation du sous-emploi et 
de l'aggravation de la pauvreté. La Déclaration de Colombo émanant des 
membres de l'Association de développement des Etats de l'Asie du Sud, 
adoptée en mars dernier, proclame que le principal obstacle à la 
réalisation de l'objectif d'un logement pour tous réside dans la pérennité 
de la pauvreté et de l'incapacité de la plus garnde partie de la population 
à générer un surplus économique susceptible d'être investi dans les 
activités liées au logement. 
 
	M. JUAN A. GABITO ZOBOLI, VICE-MINISTRE DU LOGEMENT, DE L'AMENAGEMENT 
DU TERRITOIRE ET DE L'ENVIRONNEMENT DE L'URUGUAY: l'Uruguay jouit d'une 
longue tradition de respect des droits de l'homme qui lui a permis 
d'atteindre un niveau remarquable de développement social. Aujourd'hui, le 
pays gère sa politique en matière d'habitat de manière intégrée qui 
s'inscrit dans le cadre  du concept du développement durable. Cette 
Conférence a permis à l'Uruguay d'actualiser les informations et de 
s'enrichir des expériences et points de vue d'autres pays, organismes 
internationaux. La Conférence constitue surtout l'occasion d'un examen de 
la validité des stratégies en vigueur. L'Uruguay émet l'espoir que ce 
rendez-vous aboutira à un suivi et à une application concrets.   
 
 	M. NAT NUNO AMARTEIFIO, MAIRE D'ACCRA (GHANA), AU NOM DES AUTORITES 
LOCALES: je me félicite de pouvoir intervenir dans le cadre du débat de 
haut niveau d'Habitat II, au nom des autorités locales, ce qui constitue 
une première. J'appuie pleinement les recommandations qui seront adoptée 
aujourd'hui dans le cadre du Programme pour l'habitat. Les autorités 
locales reconnaissent l'importance de la participation de tous les acteurs 
du développement. Il importe que les Nations Unies élaborent avec nos 
autorités locales une Charte mondiale de la gestion locale qui 
contiendraient les principes permettant de parvenir à un développement 
durable des établissemens humains. L'Assemblée des villes, qui s'est tenue 
juste avant Habitat II, a rassemblé plus de
500 maires du monde entier. Elle a lancé une coordination permanente 
d'associations et leur a permis de s'exprimer d'une seule voie. Le 
Programme pour Habitat reprend un grand nombre des recommandations faites 
par les autorités locales, notamment en ce qui concerne la reconnaissance 
du rôle majeur des autorités locales en matière de développement.          
                                             



                           (à suivre)   




                              -10-                 HAB/IST/24  
                                                   14 juin 1996


	MME ZEYNEP OZBIL, CAUCUS DES JEUNES DES ORGANISATIONS NON 
GOUVERNEMENTALES: le plus grand défi d'Habitat réside peut-être dans la 
célébration de l'unité dans la diversité. Nos foyers se doivent de devenir 
les lieux où nos besoins les plus fondamentaux sont satisfaits et nos 
droits réalisés. "Bâtir notre foyer mondial" doit être notre guide. A 
Istanbul, les jeunes ont entrepris des efforts louables pour accroître leur 
participation au processus d'Habitat; ils ont partagé leurs meilleures 
pratiques et déja planifié la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat au 
niveau local.       




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