13 juin 1996
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et des Accrédidations
HAB/IST/23
AU DEBAT DE HAUT NIVEAU D'HABITAT II, LES
ORATEURS POURSUIVENT LA DEFENSE DU PARTENARIAT ENTRE TOUS LES
ACTEURS DE LA SOCIETE CIVILE
Conférence HABITAT II HAB/IST/23
16ème séance (après-midi et soir) 13 juin 1996
AU DEBAT DE HAUT NIVEAU D'HABITAT II, LES ORATEURS POURSUIVENT
LA DEFENSE DU PARTENARIAT ENTRE TOUS LES ACTEURS DE LA SOCIETE
CIVILE
La Plénière de la Deuxième Conférence des Nations Unies sur les
établissements humains (Habitat II) a poursuivi, cet après-midi et ce soir,
son débat de haut niveau, qu'elle avait entamé dans la matinée du mercredi
12 juin.
A ce titre, la Conférence a entendu les allocutions des hautes
personnalités suivantes : M. Volodymyr Handogiy, Vice-Ministre des affaires
étrangères de l'Ukraine; M. P. Mosisili, Vice-Premier Ministre du Lesotho;
M. Dontcho Konaktchiev, Vice-Premier Ministre de la Bulgarie; M. Valentin
Cunev, Vice-Premier Ministre de la République de Moldova; M. Alhaji
Abdullah Adamu, Ministre d'Etat des travaux publics et du logement du
Nigéria; M. Kamel Hakimi, Ministre de l'habitat de l'Algérie; M. Gunnar
Berge, Ministre des collectivités locales et du travail de la Norvège; M.
John Carmichael, Ministre du logement et de l'urbanisme du Swaziland; M.
Jean Traoré, Ministre de l'urbanisme et de l'habitat de la Guinée; M.
Martin Bartenstein, Ministre fédéral de l'environnement, de la jeunesse et
de la famille de l'Autriche;
M. Abbas Akhondi, Ministre du logement et de l'urbanisme de l'Iran;
M. Brendan Howlin, Ministre de l'environnement de l'Irlande; M. Landing
Sané, Ministre de l'Equipement et des transports terrestres, chargé de
l'urbanisme et de l'habitat du Sénégal; et M. Roberto Costlety White,
Ministre des travaux publics et du logement du Mozambique.
De même, la Plénière a entendu des déclarations des membres du
gouvernement suivants: M. Francisco Gonzalez, Ministre de l'urbanisme du
Venezuela; M. Fernand Boden, Ministre du logement du Luxembourg;
M. Censu Galea, Ministre du logement de Malte; M. Cherif Chako, Ministre de
l'équipement et des infrastructures du Niger; M. Habib J. Hayat, Ministre
des travaux publics et Ministre d'Etat aux affaires de logement du Koweït;
M. John Humphrey, Ministre du logement et des établissements humains de
Trinité-et-Tobago; M. Pablo Vijil Icaza, Ministre de la construction et des
transports du Nicaragua; M. Josef Zlocha, Ministre de l'environnement de la
République Slovaque; M. Bala Ram Gharti Magar, Ministre du logement et de
l'aménagement du territoire du Népal; M. E.C. Chikowore, Ministre de la
construction et
(à suivre)
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du logement national du Zimbabwe; M. Dinos Michaelides, Ministre de
l'intérieur de Chypre; M. Van Molyvann, Ministre d'Etat chargé de la
culture et des beaux-arts, de l'aménagement du territoire, de
l'urbanisation et de la construction du Cambodge; M. Charlie Nako, Ministre
des affaires intérieures de Vanuatu; Mme Elissavet Papazoe, Vice-Ministre,
Ministère de l'environnement de l'aménagement du territoire et des travaux
publics de la Grèce; ainsi que M. Hailé Assegide, Ministre des travaux
publics et du développement urbain de l'Ethiopie.
Les responsables suivants ont également pris part au débat de haut
niveau: M. Jawad Salim AL-Arayed, Ministre d'Etat de Bahreïn;
M. D.K.J. Tommel, Secrétaire d'Etat au logement, à la planification et à
l'environnement des Pays-Bas; M. Peter Gurtner, Secrétaire d'Etat au
Département fédéral de l'économie publique de la Suisse; M. Pál Kara,
Secrétaire d'Etat adjoint au Ministère de l'intérieur de la Hongrie; M.
K.S. Sharma, Secrétaire, Département de l'emploi urbain et de la réduction
de la pauvreté de l'Inde; et M. Dionisio C. de la Serna, Membre du Cabinet
et Président du Conseil de coordination pour le logement et l'urbanisme des
Philippines.
Les représentants des Iles Salomon, de Panama, du Bangladesh et du
Honduras sont également intervenus.
En fin de séance, la Turquie et Chypre ont exercé leur droit de
réponse.
En début de séance, et aux termes d'un projet de résolution, la
Plénière de la Conférence a adopté le rapport de la Commission de
vérification des pouvoirs, relatif aux pouvoirs des représentants de la
Deuxième Conférence des Nations Unies sur les établissements humains.
La Conférence achèvera son débat de haut niveau demain, vendredi 14
juin, à partir de 10 heures.
(à suivre)
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Poursuite du débat de haut niveau
M. ALHAJI ABDULLAHI ADAMU, MINISTRE D'ETAT CHARGE DES TRAVAUX PUBLICS
ET DU LOGEMENT DU NIGERIA: le gouvernement et le peuple du Nigéria appuient
pleinement la convocation d'Habitat II au moment crucial que constitue
l'aube du 21ème siècle. Le Nigéria a activement participé, dès le début, au
processus préparatoire de la Conférence. Le phénomène d'urbanisation
représente pour le Nigéria et l'Afrique dans son ensemble un défi
important. Pour le relever, il importe d'associer toutes les personnes
concernées, tant au plan local que national. Le Gouvernement a établi des
plans nationaux de développement du logement en 1991 et 1994, ainsi qu'un
Programme de développement urbain en 1993. Le Nigéria est d'avis que le
Programme pour l'habitat nécessite une coopération accrue et un
renforcement du partenariat à l'échelle mondiale. Le Nigéria et l'Afrique
se félicitent de la compréhension qu'ont manifestée les pays représentant
les différents groupes régionaux en ce qui concerne le rôle du Centre des
Nations Unies pour les établissements humains (HABITAT) pour la mise en
oeuvre et la coordination du Programme pour l'habitat et la Déclaration
d'Istanbul.
M. KAMEL HAKIMI, MINISTRE DE L'HABITAT DE L'ALGERIE: les
déséquilibres liés au niveau du développement économique et social et à la
croissance démographique ont engendré une concentration urbaine aggravant
le préjudice subi par un monde rural qui n'a pas toujours bénéficié d'un
intérêt soutenu et d'une allocation équitable de ressources pour sa
stabilisation et son épanouissement. Dans la perspective d'Istanbul,
l'Algérie a mis en place un comité préparatoire, regroupant l'ensemble des
partenaires sociaux en vue de faire converger les actions et les
initiatives qui peuvent contribuer à freiner la déterioration des
conditions de vie des populations. Une stratégie nationale du logement a
été élaborée en vue de maîtriser la crise à travers la libération de toutes
les initiatives, notamment celles du secteur privé, dont l'efficacité et
les performances seront soutenues par de nouveaux mécanismes de
financement. L'Algérie encourage toutes les formes de coopération
internationale, en particulier le partenariat, qui présente l'avantage de
préserver les intérêts mutuels de tous.
M. D.K.J. TOMMEL, SECRETAIRE D'ETAT AU LOGEMENT, A LA PLANIFICATION
ET A L'ENVIRONNEMENT DES PAYS-BAS: le partenariat sera à l'avenir la clé du
succès. Nous avons besoin d'un partenariat qui inclue les autorités
locales, les organisations de femmes, les ONG, les syndicats et le secteur
privé. Le partenariat est une relation d'engagements. Il signifie le
partage. Au-delà des frontières nationales, il s'agit de trouver des voies
et moyens novateurs pour s'aider et s'inspirer les uns les autres. Des
objectifs quantifiables doivent être établis. Des établissements humains
durables signifient davantage que le simple fait de satisfaire les besoins
en logements. Il s'agit de stimuler la croissance afin d'améliorer
l'environnement humain. Trois conditions sont nécessaires au maintien de
l'esprit d'Istanbul: l'évaluation de sa mise en oeuvre; l'encouragement des
"meilleures pratiques"; et l'édification des capacités nationales.
(à suivre)
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M. REX S. HOROI (ILES SALOMON): Habitat II revêt une importance
vitale pour le peuple des Iles Salomon qui est une jeune nation qui n'a
accédé à l'indépendance qu'en 1978. La beauté de nos îles tropicales ne
doit pas cacher la pauvreté et la détérioration des établissements humains,
ainsi que les dommages qu'elles causent aux groupes de personnes les plus
vulnérables de notre société. La planification mise en place par le
Gouvernement est essentiellement axée sur le logement, l'eau potable et
l'assainissement. A cet égard, il est prévu de lancer en 1998 un programme
national. En association avec les assemblées et communautés provinciales,
le Ministère des terres et du logement élabore actuellement des programmes
à court, moyen et long termes. La Déclaration d'Istanbul du Groupe des 77
et de la Chine, que les Iles Salomon appuient et mettront pour leur part en
oeuvre, considère que cette conférence est un témoignage de la
préoccupation de tous de voir endiguée la vague de la misère humaine, du
désespoir et de la pauvreté.
M. GUNNAR BERGE, MINISTRE DES COLLECTIVITES LOCALES ET DU TRAVAIL DE
LA NORVEGE: les gouvernements centraux et les autorités locales doivent
étroitement oeuvrer avec l'ensemble des partenaires, tant les zones
urbaines que rurales. En Norvège, cela signifie la participation active du
mouvement cooopératif. La Norvège estime que le droit au logement fait
partie intégrante des droits de l'homme les plus fondamentaux. Il est
urgent que les gouvernements prennent une part active à tous les niveaux de
la planification et de la prise de décision. La réalisation du
développement durable est tributaire de la modification par tous les pays
mais particulièrement les pays développés, des schémas de consommation et
de production en vigueur. Les pays nantis ont le devoir de réduire leur
gaspillage d'énergie, d'eau, et d'autres ressources et accroître leurs
efforts en faveur du développement durable. Toutefois, la Norvège estime
que l'amélioration des conditions de vie passe par l'élimination de la
pauvreté qui tend à se muer en une menace à la paix et à la sécurité
internationales. La Norvège saisit cette occasion pour rappeler les devoirs
de chacun vis-à-vis des pays les moins avancés.
M. JOHN CARMICHAEL, MINISTRE DU LOGEMENT ET DE L'URBANISME DU
SWAZILAND: Habitat II revêt un intérêt particulier pour le Swaziland. En
effet, le gouvernement a lancé, l'an passé, une initiative dans le cadre du
processus préparatoire à la conférence qui a mobilisé tous les acteurs
concernés et dont les résultats seront largement repris dans la Stratégie
de développement national qu'adoptera prochainement le pays. Le Swaziland a
démocratisé les instances décisionnaires locales et procédé à un
décentralisation des pouvoirs. Le pays connaît une urbanisation rapide. La
communauté internationale doit trouver une solution durable pour mettre un
terme aux différents conflits qui ensanglantent le monde. Le gouvernement
du Swaziland est fermement engagé en faveur des buts et objectifs d'Habitat
II.
(à suivre)
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M. JEAN TRAORE, MINISTRE DE L'URBANISME ET DE L'HABITAT DE LA GUINEE:
la crise découlant des effets difficilement maîtrisables de l'explosion
démographique et de l'urbanisation accélérée n'épargne pas la Guinée. Le
Gouvernement est plus que jamais déterminé à aller
au-delà des résultats déja enregistrés depuis une décennie. Pour ce faire,
il faut bien évidemment la participation plus accrue de tous les acteurs
urbains aux niveaux international, national et local. Dans cette
perspective, le Gouvernement s'attache à la promotion de toutes les formes
et de tous les niveaux de partenariat nécessaires à la mobilisation des
ressources et des investissements indispensables.
M. MARTIN BARTENSTEIN, MINISTRE FEDERAL DE L'ENVIRONNEMENT, DE LA
JEUNESSE ET DE LA FAMILLE DE L'AUTRICHE: Habitat II est la dernière des
grandes conférences initiées par Action 21. Aussi, doit-elle fonder ses
recommandations sur celles des précédentes conférences des Nations Unies.
Mais Habitat II permet également de dégager de nouveaux enseignements.
Grâce à cette conférence, la communauté internationale a accompli des
progrès considérables dans son approche des villes. Habitat II a également
innové en accordant une aussi grande place à la présentation des meilleures
pratiques et en soulignant l'importance de la coopération internationale
entre les villes. De plus, cette Conférence met la communauté
internationale devant une situation choquante d'extrême pauvreté, celle des
sans-abris.
S'agissant du développement durable des établissements humains, je
souhaiterai souscrire à nombre des recommandations faites lors de la
première Conférence des ministres européens consacrée aux politiques de
logement durable qui s'est tenue à Copenhague en début d'année. Parmi les
nombreux points abordés par la conférence de Copenhague, j'aimerais mettre
en avant la nécessité d'une réduction de la demande en matière de transport
et d'une utilisation écologiquement rationnelle des ressources naturelles.
Comme l'a souligné la déclaration faite plus tôt par l'Italie, au nom de
l'Union européenne, la réaffirmation du droit à un logement décent, c'est-
à-dire le droit pour chacun de vivre dans la sécurité, la paix et la
dignité, représente l'une des plus grandes réussites d'Habitat II. Les
villes doivent rester ou redevenir des centres de civilisation et
d'interaction culturelle, où les personnes peuvent se sentir chez elles;
des lieux où les personnes peuvent vivre ou travailler en harmonie avec
l'environnement.
VOLODYMYR HANDOGIY, VICE-MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
DE L'UKRAINE: les villes connaissent des phénomènes négatifs et
particulièrement complexes auxquels l'Ukraine n'échappe pas. Cette
situation a particulièrement été aggravée par la catastrophe de Tchernobyl
de 1986 qui a eu pour conséquence de déclarer 2 villes et 76 établissements
humains zones mortes. Actuellement, l'Ukraine achève la mise en oeuvre d'un
Programme de déplacement de 140,000 personnes. Tous le pays doivent assurer
le droit à un logement décent et veiller à l'utilisation rationnelle du
patrimoine foncier et à la protection de l'héritage culturel urbain.
L'avenir des villes et partant, du monde, sont tributaire des efforts
sincères en faveur de la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat à
l'échelle mondiale.
(à suivre)
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M. ABBAS AKHOUNDI, MINISTRE DU LOGEMENT DE L'IRAN ET DU DEVELOPPEMENT
URBAIN: les objectifs d'Habitat II courent le risque de rester vains sans
la participation de l'ensemble des acteurs de la société civile aux
processus de prise de décision et de mise en oeuvre des politiques et
programmes. Dans ce cadre, la communauté internationale a la responsabilité
de compléter les efforts nationaux par l'apport d'une assistance technique
et financière. La question d'un environnement économique international
favorable est également très importante pour la mise en oeuvre des
objectifs d'Habitat II. Il serait illusoire de croire que les pays en
développement seront capables d'honorer seuls les engagements d'Habitat II
à l'heure où ils affrontent les conséquences de l'endettement, de la
difficulté d'accès aux marchés mondiaux, du manque de ressources, des
fluctuations des marchés financiers, de la pauvreté et du chômage.
M. BRENDAN HOWLIN, MINISTRE DE L'ENVIRONNEMENT DE L'IRLANDE: dans la
déclaration qu'il a faite au nom de l'Union européenne, mon collègue, le
Ministre italien des travaux publics, a souligné les questions-clés qui
devraient guider les actions futures. Le gouvernement irlandais appuie sans
réserve la déclaration de l'Union européenne. Il prépare actuellement une
Stratégie nationale de développement durable qui mettra l'accent sur la
nécessité d'intégrer les préoccupations relatives à l'environnement et au
développement dans le processus de prise de décision. La Stratégie vise
également à apporter des réponses à une série d'autres questions telles que
l'utilisation des terres, la durabilité urbaine et la recherche d'un
difficile équilibre entre zones urbaines et rurales. Le gouvernement a
reconnu l'importance du rôle des familles et des foyers en matière de
durabilité. Cette conférence nous fournit l'occasion d'élaborer un plan
mondial d'action pour l'avenir des établissement humains.
M. LANDING SANE, MINISTRE DE L'EQUIPEMENT ET DES TRANSPORTS
TERRESTRES DU SENEGAL: de 1996 à l'an 2000, trois grands axes constitueront
les lignes directrices de la politique de l'Etat dans le secteur de la
production du logement. Il sagira de produire des parcelles viabilisées en
grand nombre en améliorant la gestion foncière; construire des logements à
des coûts adaptés aux possibilités économiques du plus grand nombre; et
réglementer et coordonner les activités du secteur du logement et renforcer
le rôle régulateur de la puissance publique. Le Sénégal en appelle à la
communauté des bailleurs de fond et aux institutions internationales afin
qu'elles accordent les ressources techniques et financières nécessaires à
la mise en oeuvre des conclusions d'Istanbul, y compris par l'annulation ou
l'allègement du fardeau de la dette. A cet égrad, le Centre Habitat, la
CEA, Shelter-Afrique et d'autres institutions financières régionales
devraient être étroitement impliquées dans le Programme "Initiative
spéciale pour l'Afrique" récemment lancé. Le Sénégal plaide en faveur de la
proposition visant à confier au Centre Habitat un triple rôle de
coordination, d'impulsion et de suivi du Programme pour l'habitat.
(à suivre)
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M. PETER GURTNER, SECRETAIRE FEDERAL, DEPARTEMENT FEDERAL DE
L'ECONOMIE PUBLIQUE DE LA SUISSE: dans le contexte d'une urbanisation
croissante du monde, les efforts de la Suisse visent, tant aux niveaux
international que national, à améliorer les conditions de vie aux plans
national, régional et local. La politique de coopération de la Suisse en
matière de développement urbain a pour objet d'offrir un développement
équitable aux zones urbaines et rurales; de résoudre les problèmes de
logement des plus défavorisés; et d'accorder une priorité au logement des
personnes, en mettant l'accent sur les dimensions communautaires et
familiales. Depuis de nombreuses années, les programmes de construction
suisses visent à satisfaire les nouvelles demandes de logement. La
situation économique défavorable et le fort taux de chômage que connaît la
Suisse font que le pays est confronté chaque jour davantage à la pauvreté,
qui se caractérise notamment par une offre inéquitable en matière de
logement. La Suisse mobilisera tous les moyens dont elle dispose pour
honorer l'engagement pris par le Plan mondial d'action d'Habitat II de
relever le défi essentiel du 21ème siècle qui est de réconciler les besoins
humains avec les contraintes écologiques.
M. DIONISIO C. DE LA SERNA, PRESIDENT DU CONSEIL DE COORDINATION POUR
LE LOGEMENT ET L'URBANISME DES PHILIPPINES: si les Philippines se
félicitent de la reconnaissance du droit au logement, ils demeurent
parfaitement conscients que chaque droit a un devoir correspondant. Cette
vision correspond à la politique de mise en valeur des ressources humaines
appliquée aux Philippines. Le principe de la participation populaire est un
élément clé de la vision de développement du pays. Ainsi, la collaboration
entre le Gouvernement et la communauté des ONG et le secteur privé, a
accéléré un changement social positif. Les Philippines reitèrent leur
préoccupation pour le sort des travailleurs migrants et de leurs familles.
Elles sont d'avis qu'elles méritent la protection et l'attention des pays
d'accueil, notamment en matière de logement, d'éducation, de soins de santé
et d'emploi. Les Philippines appellent tous les Etats membres à ratifier la
Convention internationale sur la protection des travailleurs migrants et à
appuyer l'idée d'une conférence internationale sur les migrations et le
développement.
M. P. MOSISLI, VICE-PREMIER MINISTRE ET MINISTRE
DES COLLECTIVITES LOCALES ET DU DEVELOPPEMENT URBAIN ET RURAL: le
Gouvernement considère que la décentralisation du pouvoir est vitale au
développement d'établissements humains durables. Il a entrepris un
programme de privatisation visant à mobiliser l'investissement national et
étranger dans tous les secteurs, parmi lesquels celui des établissements
humains. Le Lesotho se félicite que le Programme pour l'habitat prévoit
l'élimination totale de la pauvreté. Il s'agit là d'un défi qui dépasse les
villes et asseoit la nécessité d'un équilibre entre l'urbain et le rural.
Au Lesotho, le développement rural est la première priorité, illustré par
le Programme national visant à l'élimination de la pauvreté. Ses deux
composantes sont le renforcement des capacités et l'autonomisation des
collectivités locales par le biais de la formation et la participation
populaire. Il est important de souligner ici que les efforts nationaux
entrepris au Lesotho ont bénéficié du complément indispensable que
représente la coopération internationale.
(à suivre)
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M. ROBERTO COSTLEY WHITE, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS ET DU LOGEMENT
DU MOZAMBIQUE: pour assurer le succès des nombreuses actions qu'il a
entreprises depuis le retour à la paix au pays, le Mozambique a besoin d'un
important financement qui dépasse ses capacités actuelles. La communauté
internationale a d'ores et déjà apporté une précieuse contribution au
financement de nos efforts et nous espérons que celui-ci augmentera à
l'avenir. Le Mozambique a réussi avec succès la transition de la guerre à
la paix et à la démocratie, le passage de l'urgence au développement. La
route est longue. Elle requiert nécessairement l'amélioration des
établissements humains du Mozambique aussi bien dans les zones rurales
qu'urbaines. Le Mozambique a donné la priorité au partenariat avec le
secteur privé. Il a, par conséquent, créé et développé un environnement
favorable aux investissements nationaux et étrangers. Il considère que le
logement est un besoin fondamental. Il est convaincu que les résultats
d'Habitat II seront extrêmement importants pour la durabilité des
établissements humains à travers le monde, en particulier sur son
territoire. Les documents que nous approuverons à l'issue de cette
conférence sont primordiaux et décisifs pour la réalisation de ces
objectifs. Cependant, il nous faut faire de notre mieux pour parvenir
effectivement au compromis atteint lors de cette conférence et pour
traduire concrètement ses recommandations.
M. PAL KARA, MINISTERE, SECRETAIRE D'ETAT ADJOINT: les questions du
fonctionnement des autorités locales, de la modernisation de la
planification urbaine, de la participation des divers groupes sociaux à la
prise de décision sont de plus en plus mises en évidence. Ce sont justement
ces défis qui sont à l'origine d'Habitat II. La Hongrie est convaincue que
les recommandations d'Istanbul sont à même de permettre la réalisation des
objectifs de la modernisation, de la planification du développement urbain
et du développement durable. La Hongrie estime que les travaux de la
Commission des Nations Unies sur les établissements humains sont de grand
bénéfice. Elle s'engage dans ce contexte à apporter toute l'assistance au
centre d'Habitat à Budapest.
M. JAWAD SALIM AL-ARAYED, MINISTRE D'ETAT DU BAHREIN: nos économies
et nos sociétés bénéficient et souffrent à la fois de l'urbanisation
croissante de nos pays. Manama, la capitale du Bahreïn, qui n'est pourtant
pas un pays grand, a l'une des plus fortes densités démographiques du
monde. C'est pourquoi, le Bahreïn a entrepris de créer deux nouvelles
villes. Le lancement de ce projet lui a d'abord permis de constater que les
villes ne peuvent être construites isolément des autres communautés. Il a
pu ensuite appréhender le fait que tout processus de planification urbaine
doit comprendre, évaluer et programmer les connexions entre les centres de
population. Cela lui a également rappelé que les personnes, qu'elles soient
jeunes ou vieilles, vivent dans les villes. Or, quelques fois, les
architectes et urbanistes semblent oublier cette donnée fondamentale.
Enfin, chaque ville et chaque société étant unique, il faut veiller à
maintenir les éléments de cette unicité qui définissent la société et la
communauté tout en satisfaisant les besoins des peuples qui y vivront.
C'est pourquoi, nous devons humaniser nos architectures, offrir des
structures qui non seulement répondent aux besoins fondamentaux de l'homme,
mais stimulent l'élévation spirituelle et intellectuelle de chacun des
membres de nos sociétés.
(à suivre)
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M. FRANCISCO GONZALEZ, MINISTRE DE L'URBANISME DU VENEZUELA: le taux
d'urbanisation élevé en Amérique latine doit devenir un avantage
comparatif. Les pays de l'Amérique latine et des Caraïbes s'engagenet à
combler le déficit en logements des familles à faible revenu. A l'instar
d'autres pays de la région, le Venezuela fait face à une crise économique
qui l'a obligé à adopter des mesures drastiques contenues dans l'Agenda
pour le Venezuela, en vue de vaincre l'inflation et le déficit budgétaire.
Il s'agit toutefois de s'assurer que toute politique économique tienne
désormais compte de la dimension urbaine pour être véritablement durable et
éviter ainsi la répétition des crises. Le Venezuela saisit cette occasion
pour apporter son soutien au Programme pour l'habitat qui sera adopté.
M. FERNAND BODEN, MINISTRE DU LOGEMENT DU LUXEMBOURG: il n'existe
guère d'exemple de développement urbain de grande envergure réussi. Au
contraire, les centres urbains les plus importants reconnaissent la défaite
de leurs stratégies. Il ne peuvent plus répondre aux besoins de logements,
de transport, de sécurité et de gestion de l'environnement,
particulièrement en matière d'eau potable, d'air propre et d'élimination
des déchets. La Conférence d'Istanbul constitue pour l'être humain une
chance réelle pour redécouvrir l'habitat, pour accorder à toutes les
populations leur propre droit à un habitat adéquat. Pour ce faire, il faut
rétablir et conserver la dualité de l'habitat urbain et de l'habitat rural
moyennant la restauration de l'équilibre entre ces deux systèmes de vie
complémentaires. Nous sommes conscients que, pour réaliser le développement
durable des établissements humains à l'échelle mondiale, la solidarité et
la coopération internationales sont essentielles et indispensables.
L'exercice de cette coopération internationale devrait dépasser la simple
conduite d'une réflexion commune en matière d'aménagement du territoire, de
logement, de protection de l'environnement, de développement social et
économique. Elle devrait viser à élaborer et réaliser des projets de
développement communs et à définir les conditions d'une coopération
pratique au-delà des frontières et des continents.
MME. ELISSAVET PAPAZOE, VICE-MINISTRE DE L'ENVIRONNEMENT, DE
L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DES TRAVAUX PUBLICS DE LA GRECE: bien que la
Grèce ne connaisse pas de problèmes de logement, les récents
bouleversements survenus en Europe orientale ont entraîné l'arrivée de plus
d'un demi-million d'immigrants clandestins, provoquant des pressions sur le
secteur de la construction. La Grèce serait capable de multiplier ses
efforts en vue d'améliorer ses villes si elle n'était pas forcée de
consacrer plus de 7% de son budget national à la défense en raison des
menaces constantes dont elle est l'objet.
M. CENSU GALEA, MINISTRE DU LOGEMENT DE MALTE: Malte a l'une des plus
fortes densités démographiques du monde, puisque près de 400 000 personnes
gagnent leur vie, ramassent leurs récoltes et passent leurs loisirs sur les
316 kilomètres carrés des trois îles qui composent son territoire. La
politique de logement de mon gouvernement tend à faciliter le plus possible
l'accession des familles à la propriété, ainsi qu'à leur offrir un logement
décent. Malte croit au développement
(à suivre)
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durable. Le pays s'est doté d'un Plan structurel qui détermine les
utilisations durables des terres. Une assistance publique est également
mise en place afin d'encourager la rénovation des logements anciens pour
assurer la disponibilité de logements abordables. La politique de logement
et de développement reconnaît tant le rôle des secteurs privé que public.
Inspiré par le principe de solidarité, mon pays s'engage à soutenir
fermement les initiatives et recommandations
d'Habitat II qui visent à rendre nos sociétés plus humaines et nos
établissements urbains habitables.
M. DONTCHO KONAKTCHIEV, VICE-PREMIER MINISTRE DE LA BULGARIE: la
Bulagrie a élaboré une stratégie du développement urbain et territorial
d'ici à l'an 2010. La nouvelle stratégie vise à dépasser les conséquences
négatives de la planification antérieurement en vigueur. Sofia a accueilli
en octobre 1995 la troisième conférence ministérielle sur le thème de
l'environnement en Euope qui a permis la synthèse des progrès et des
propositions pour la promotion du futur plan pour l'Europe centrale et
orientale. La stratégie nationale en matière de développement des
établissements humains respecte les critères en vigueur en Europe en
matière de planification territoriale et les principes de politique
durable.
M. K. S. SHARMA (INDE): l'Inde s'est dès le début fortement impliquée
dans le processus préparatoire d'Habitat II. Elle estime qu'à Istanbul, il
ne faut pas seulement réaffirmer l'importance de la coopération
internationale en matière d'accès à tous d'un logement décent et de
développement durable des établissements humains dans un monde de plus en
plus urbanisé, mais aussi définir les voies et les moyens de renforcer une
telle coopération. Le développement du logement en milieu rural est une
priorité de l'Inde dans la mesure où près de 75% de sa population y habite.
Au cours des prochaines décennies, nos politiques viseront à réduire le
nombre de personnes sans abri grâce à la mise à la disposition des
différents groupes de revenus de terrains viabilisés et de financements
adéquats. D'ores et déjà, l'Inde a couplé ses programmes de logement avec
ses programmes d'élimination de la pauvreté afin que l'amélioration des
revenus et des logements devienne une activité intégrée. Demain, nous
adopterons la Déclaration d'Istanbul et le Plan mondial d'action et nous
fixerons la mission qu'il nous faudra remplir au cours des 25 prochaines
années. On peut déjà affirmer que l'un des plus grands succès de cette
conférence est la réaffirmation de la nécessité de faire que le droit au
logement devienne à terme un droit fondamental à part entière. L'Inde
attache une importance toute aussi grande aux droits économiques, sociaux,
culturels que politiques. Pour elle, le Programme pour l'habitat est un
appel mondial en faveur d'une action à tous les niveaux.
M. VALENTIN CUNEV, VICE-PREMIER MINISTRE DE MOLDOVA: s'il est vrai
que la coopération internationale ne saurait être la panacée de nos
problèmes, elle pourrait devenir l'élément catalyseur du processus positif
lancé en faveur de la promotion d'opportunités économiques. Les problèmes
de Moldova sont non seulement dûs au manque de mécanismes financiers
adéquats mais également à un faible niveau de connaissance dans les
domaines de la planification régionale et municipale. Moldova est prête à
créer les conditions d'un environnement favorable à la coopération
internationale avec de nombreux partenaires.
(à suivre)
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M. CHERIF CHAKO, MINISTRE DE L'EQUIPEMENT ET DES INFRASTRUCTURES DU
NIGER, DONNANT LECTURE D'UN MESSAGE ADRESSE PAR LE PRESIDENT,
M. IBRAHIM MAINASSAR BARE: les villes sont devenues des lieux de refuge des
exclus, des déçus en quête d'espoir. Les villes du prochain siècle doivent
cesser d'être des espaces d'une autre déception. Elles doivent être des
espaces d'harmonie des pensées et d'actions des citoyens qui les habitent.
Habitat II constitue le cadre approprié pour attirer plus que vivement
l'attention de la communauté internationale sur la question du financement
des établissements humains en général et sur celui de l'amélioration du
patrimoine existant en particulier. Habitat II est un excellent cadre pour
susciter une prise de conscience mondiale et nationale sur les problèmes
que vivent nos établissements humains. Pour prendre part à ce grand
rendez-vous de l'histoire, le Niger a élaboré un rapport sur la situation
des établissements humains et adopté un plan d'actions national qui doit
permettre d'améliorer les conditions de vie et d'habitat des Nigériens. Il
convient cependant de ne pas interpréter Habitat II comme un développement
des centres urbains aux dépens de nos campagnes. Le plan d'action mondial
d'Habitat doit entre autre favoriser: le processus de partenariat et de
participation communautaire; l'identification de mécanismes adéquats de
financement de l'habitat et de l'urbanisation; l'encouragement à une
gestion foncière et urbaine équitable et durable; l'implication des espaces
urbains dans la lutte contre la pauvreté et la misère; la prise en compte
des groupes vulnérables; et la préservation de l'environnement.
M. SURAPONG POSAYANOND (THAILANDE): un tiers de la population
thaïlandaise est urbanisée et ce chiffre sera de 50% en l'an 2005. Dans la
mesure du possible, la Thaïlande cherchera à développer ses villes
régionales afin de réduire les disparités et la pauvreté rurale. Elle
encourage le développement de son réseau urbain de manière à améliorer le
bien-être des populations rurales et urbaines. L'éducation et les
infrastructures de communications dans les zones rurales méritent d'être
améliorées. La politique thaïlandaise vise à encourager le concept de
partenariat entre les secteurs public d'une part et privé, les ONG et les
autorités locale d'autre part, en vue de l'amélioration du logement de
tous.
M. HABIB J. HAYAT, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS ET MINISTRE D'ETAT
CHARGE DU LOGEMENT DU KOWEIT: le monde arabe étant le berceau des premières
civilisations, le Koweït, à travers les politiques qu'il a mises en place,
déploie des efforts pour le protéger. Son gouvernement essaie de faciliter
l'accès des familles à un logement décent. Dans ses programmes, il cherche
à mettre l'accent sur les femmes et sur les jeunes qui constitueront les
communautés de demain. Il essaie de tenir compte du droit des générations
futures à utiliser les ressources naturelles. Tous les droits fondamentaux
constituent la pierre angulaire d'une société stable et du développement
durable. Le droit international doit se fonder sur l'équité et sur la
solidarité, notamment en cas de catastrophes naturelles. Le Koweït vise à
favoriser la venue de capitaux étrangers afin de reconstruire le pays qui a
été
(à suivre)
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ravagé par la guerre. Pour sa part, la communauté internationale doit
veiller à protéger l'héritage mondial que représentent des villes telles
que Jérusalem. Elle doit, de même, envisager la création d'un fonds spécial
pour les pauvres afin de les aider à accéder à un logement décent.
M. JOHN HUMPHREY, MINISTRE DU LOGEMENT ET DES ETABLISSEMENTS HUMAINS
DE TRINITE-ET-TOBAGO: les parties pauvres de Port-of-Spain vivent toujours
dans des conditions aussi précaires. Habitat II a reconnu la valeur des
meilleures pratiques. Les ressources ne sont pas dirigées pour servir les
besoins de l'ensemble de la population du monde. Les disparités augmentent.
La notion de valeur est toute relative. Le logement est un droit de tous.
Je propose qu'après Habitat II, l'on demande aux Nations Unies d'organiser
un Sommet sur le système monétaire. Une telle rencontre pourrait peut-être
répondre à la question de savoir quel est l'homme qui a le plus de valeur.
Il faut espérer qu'Habitat III, quand elle se tiendra, sera une Conférence
de réjouissance.
M. PABLO VIGIL ICAZA, MINISTRE DE LA CONSTRUCTION ET DES TRANSPORTS
DU NICARAGUA: la tenue d'Habitat II marque une nouvelle étape. Tous les
gouvernements de la communauté internationale, les secteurs organisés et
les Nations Unies font preuve de compromis et manifestent leur volonté
d'intégrer les concepts du logement à la problématique plus large du
développement afin d'améliorer les conditions de vie de nos populations.
Dans ce contexte, il convient de rappeler la proposition qu'a faite le
Chili, au nom des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes, afin que le plan
d'action régional dont s'est doté la zone soit repris intégralement dans le
plan mondial d'action du Programme pour l'habitat. Le Nicaragua a adopté un
Plan national d'action pour les années 1996-2000 qui est le fruit des
efforts conjoints de tous les acteurs concernés. A partir de 1990, le
gouvernement qui a hérité d'une situation économique particulièrement
dégradée en raison de la guerre qu'a connue le pays, a initié un processus
de relance économique, de réconciliation nationale et de renforcement des
institutions. Dès 1993, la Banque du logement du Nicaragua a lancé des
projets de construction de logements sociaux. De même, une Commission
nationale du logement et des établissements humains a été mise sur pied.
Nous sommes convaincus que les efforts consacrés à l'élaboration de notre
plan national seront fortement utiles pour l'examen et la mise en oeuvre
des accords et compromis qui seront adoptés par Habitat II. Il importe de
rappeler l'importance de la coopération internationale multilatérale et
bilatérale pour l'application des programmes relatifs au logement et aux
établissements humains des pays en développement.
M. JOSEF ZLOCHA, MINISTRE DE L'ENVIRONNEMENT DE LA REPUBLIQUE
SLOVAQUE: les préoccupations en faveur de l'environnement ont encouragé la
Slovaquie à adpoter une politique nationale en la matière, approuvée par le
Parlement en 1993. Ses principes s'appliquent d'ores et déja aux
établissements humains. Le projet national de l'aménagement du territoire
vise en particulier à harmoniser le développemnt régional et social avec
les potentialités régionales existantes; le soutien
(à suivre)
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économique et la stabilisation des régions les moins avancés; et un
développement équilibré entre les communautés urbaines et rurales. Depuis
1990, les communes ont acquis des pouvoirs importants susceptibles
d'influencer leur développement futur.
M. BALA RAM GHARTI MAGAR, MINISTRE DU LOGEMENT ET DE L'AMENAGEMENT DU
TERRITOIRE DU NEPAL: l'amélioration de notre habitat nécessite une
mobilisation collective de la sagesse et des ressources d'une nation, des
nations entre elles, des gouvernements centraux et locaux, des secteurs
publics et privés, des organisations non gouvernementales et
communautaires, des universités, des responsables de la société civile et
des personnalités influentes. La promesse d'un plus grand comfort et d'une
meilleure satisfaction de leurs besoins attire de plus en plus de personnes
dans les villes. Le Népal est confronté aux nombreux problèmes qui
découlent de ce phénomène. Il a activement participé au processus
préparatoire d'Habitat II. Pour lui, la Conférence intervient à un moment
opportun, alors qu'il met en oeuvre son neuvième Plan de développement. Il
serait malheureux que tous les engagements pris à Istanbul restent sans
effets, soient éphémères. Le renforcement de la coopération, la
mobilisation de ressources supplémentaires et le développement des
transferts de nouvelles technologies au profit des pays les plus
désavantagés et enclavés et les moins avancés exigeront de notre part le
respect de nos objectifs communs d'un logement décent pour tous et d'un
développement durable des établissements humains. La communauté
internationale devrait accorder une attention particulière aux
établissements humains des régions montagneuses écologiquement fragiles
telles que l'Himalaya.
M. E.C. CHIKOWORE, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS ET DU LOGEMENT
NATIONAL DU ZIMBABWE, DONNANT LECTURE D'UN MESSAGE DU PRESIDENT ROBERT
MUGABE: l'opportunité de la Conférence Habitat II mérite d'être mentionnée.
Le Zimbabwe adhère pleinement aux buts et principes de la Conférence et
reconnaît le droit des individus à un logement décent dans les zones
urbaines et rurales. A cet égard, le pays s'est doté d'un Plan d'action qui
guidera les efforts de la nation en faveur de l'amélioration des
établissements humains au cours des 15 prochaines années. Dans le cadre du
programme de lutte contre la pauvreté, des mesures ont été prises pour
améliorer les conditions de vie des femmes et des autres groupes
vulnérables. Le Zimbabwe reconnaît que la mise en oeuvre de ses plans de
développement lui incombe en premier lieu. Il saisit toutefois cette
occasion pour souligner que les contraintes de la transition économique et
des catastrophes naturelles comme la sécheresse, appellent la participation
de la communauté internationale.
M. DINOS MICHAELIDES, MINISTRE DE L'INTERIEUR DE CHYPRE: jusque dans
les années 30, l'aspect le plus important du développement de la population
à Chypre n'était pas la croissance de la population urbaine, mais
l'accroissement du nombre de personnes qui vivaient en zone rurale. Après
la deuxième guerre mondiale, le pays a connu de très forts taux
d'urbanisation, qui sont passés de 26% en 1946 à 42% en 1973. Les progrès
considérables que Chypre a accomplis après l'indépendance en 1960 ont été
stoppés par l'invasion turque en 1974,
(à suivre)
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l'occupation de 37% de son territoire par l'armée turque et l'expulsion de
200 000 personnes de leurs foyers ancestraux. Les propriétés abandonnées
par les Chypriotes grecs ont été distribuées par les forces d'occupation à
d'autres que leurs propriétaires légaux, y compris à des soldats et à des
colons illégaux venus de Turquie estimés à 70 000. Le processus de
colonisation continue.
Confronté à un situation aussi tragique et pressante, le gouvernement
de la République de Chypre a mis en oeuvre des mesures immédiates pour
répondre aux besoins socio-économiques des réfugiés, qui représentaient un
tiers de la population totale du pays. Dans le même temps, il a formulé et
mis en place une stratégie à long terme, de façon à accroître et à
améliorer le parc immobilier. La politique de logement mise aujourd'hui en
oeuvre par le gouvernement met toujours l'accent sur la population
déplacée. Les conditions de logement à Chypre sont satisfaisantes pour la
plupart de la population, reflétant le niveau de vie relativement
comfortable dont jouit la population. Cependant, certains problèmes
fondamentaux demeurent tels que les difficultés rencontrées par les foyers
de non-réfugiés, dont la plupart ont des revenus faibles ou moyens.
Nous croyons que dans la recherche de nouvelles politiques,
programmes et approches, l'humanité peut profiter de l'échange
d'expériences. Cela peut s'opérer grâce à une coopération internationale
accrue, à travers notamment la conclusion d'accords bilatéraux et
multilatéraux.
Alors que le gouvernement de Chypre continue à combattre le problème
des familles de réfugiés en vue de rendre leurs vies la plus confortable
possible, la solution politique du problème de Chypre reste sa plus grande
priorité. Dans ce but, nous avons fait une série de propositions
constructives sur la démilitarisation de Chypre qui envisagent le retrait
des troupes et des colons étrangers, le démantèlement de la Garde nationale
et l'utilisation de tout l'argent épargné au développement en faveur de
l'ensemble de la population et plus particulièrement de celle des zones les
moins développées.
M. VANN MOLYVANN, MINISTRE D'ETAT CHARGE DE LA CULTURE ET DES BEAUX
ARTS, DE L'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, DE L'URBANISME ET DE LA CONSTRUCTION
DU CAMBODGE: aujourd'hui, le Cambodge est engagé dans une période de
reconstruction et la question des établissements humains y tient une place
centrale. Mais les années dramatiques ont laissé le pays exsangue. Grâce à
l'aide internationale, bilatérale et multilatérale, qui fournit un effort
financier et technique depuis trois ans, la reconstruction des
infrastructures, le soutien à l'économie rurale et urbaine et au
fonctionnement de l'administration ont pu démarrer. Dans le domaine de
l'habitat qui connaît pourtant une situation dramatique avec 20% de la
population urbaine installée dans des abris très précaires et 80% dans des
logements surpeuplés, les projets sont plus lents à démarrer mais nous
allons commencer d'ici quelques semaines un projet de développement
communautaire et de réhabilitation d'un quartier très pauvre.
(à suivre)
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13 juin 1996
Ce projet pilote, conduit par le Centre Habitat et réalisé en
co-financement avec le Gouvernement britannique, est extrêmement important
car il permettra, à partir d'une action concrète, de mettre en place des
politiques d'habitat et d'aménagement urbain intégrant toutes les
composantes et tous les acteurs sociaux nécessaires à l'amélioration des
conditions de vie des habitants des quartiers pauvres. Dans ce contexte,
les débats de cette conférence et le Programme pour l'habitat seront des
guides et une aide précieuse dans la définition de notre propre politique,
pour un développement durable des établissements humains et la réduction de
la pauvreté.
Or, l'organisation et l'action ont fait naître au sein des
populations pauvres de grands espoirs de changement de leur condition de
vie. Mais, comment répondre à leurs besoins et mobiliser les capitaux
nécessaires lorsque le pays ne dispose méme pas des ressources nécessaires
au fonctionnement minimum de l'Etat et des Municipalités? Le Cambodge
voudrait insister sur la nécessité de développer la solidarité mondiale,
d'amplifier et de diversifier la coopération internationale pour que tous
les pays puissent espérer voir au moins une partie du « Programme pour
l'habitat » devenir réalité.Il est le lieu de souligner l'importance des
coopérations initiées par les villes des pays développés. Au Cambodge il
s'agit notamment de la coopération entrec les Villes de Paris et de Phnom
Penh.
M. CHARLIE NAKO, MINISTRE DES AFFAIRES INTERIEURES DU VANUATU: le
Vanuatu, qui est un l'un des petits Etats insulaires de l'océan Pacifique,
a des ressources limitées et une faible population. Ainsi, 80% de sa
population vit dans les zones littorales. Le pays est souvent victime de
catastrophes naturelles telles que les cyclones, les séismes et les
éruptions volcaniques. Le Gouvernenent du Vanuatu ne peut à lui seul
assouvir les besoins de son peuple. Il doit jouer un rôle d'habilitation et
mettre en place des politiques, des institutions et des cadres légaux.
Conscient des besoins de notre peuple et du développement de notre pays,
nous nous rendons aussi compte des difficultés à atteindre les objectifs
fixés, à cause du manque de ressources financières, de connaissances
technologiques, de capacités humaines et de ressources matérielles. Nous
faisons appel à la communauté internationale pour nous aider dans le but de
mettre en place un développement économique soutenu. La communauté
internationale a à cette conférence, une technique de collaboration qui
sans le moindre doute a déjà fait preuve de sa convenance et de son
utilité. Nous devons intensifier notre coordination, aussi bien au sein que
parmi les régions. Nous avons tous l'intention de faire ainsi, car l'enjeu,
n'est pas seulement le développement durable de nos économies, mais aussi
dans plusieurs cas, de notre survie.
M. LEONARDO KAM (PANAMA): le logement, pierre angulaire de la
famille, est un droit social reconnu dans la Constitution. Tous les
citoyens de Panama doivent jouir des mêmes droits. Ainsi, de la propriété
de la terre. Le Panama s'engage devant la communauté internationale à
fournir un logement digne à chaque Panaméen; à redoubler d'efforts pour
trouver les mécanismes susceptibles d'élargir l'offre de logements;
éliminer les établissements illégaux et faire de leurs habitants des
citoyens jouissant du droit à la propriété à un logement décent; et
promouvoir le cadastre et la propriété foncière.
(à suivre)
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M. HASINUR RAHMAN (BANGLADESH): les défis de l'urbanisation
anarchique et galopante sont bien connus au Bangladesh. La solution des
maux qui l'accompagnent requiert une coopération régionale et
internationale. Au niveau national, le Bangladesh a défini les champs
d'action prioritaires, en l'occurence l'élimination de la pauvreté, le
développement communautaire, l'accès à un logement décent, le renforcement
des droits des femmes, et la protection de l'environnement. Le Bangladesh
émet l'espoir qu'il quittera Istanbul armé de solides engagements.
Toutefois, ceux-ci doivent être accompagnés d'une assistance financière et
technique de source bilatérale et multilatérale, nécessaire à la mise en
oeuvre des projets et programmes au Bangladesh.
M. OSCAR KAFATTI (HONDURAS): Honduras reconnaît dans sa constitution
la nécessité de disposer d'un logement comme besoin fondamental de ses
citoyens. C'est pourquoi, le Gouvernement du Honduras appuie sans réserve
les deux thèmes centraux
d'Habitat II. Il a adopté un plan de transformation de sa structure
étatique. Il s'est fixé pour objectif la réduction de l'appareil étatique,
notamment en ce qui concerne la sécurité et l'administration. Il a créé un
fonds social pour le logement qui a pour but le développement des zones
résidentielles en milieux rural et urbain. Il a également établi un régime
des investissements privés. Si la coopération internationale est importante
pour réaliser les objectifs d'um logement décent et d'établissements
humains durables, il faut toutefois veiller à ce que chaque pays dispose
d'une économie et d'un développement durables.
M. HAILE ASSEGIDE, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS ET DU DEVELOPPEMENT
URBAIN DE L'ETHIOPIE: le projet de Programme pour l'habitat montre que les
problèmes des pays en développement sont graves. Il convient de favoriser
la coopération internationale afin de renforcer les établissements humains
aux niveaux nationaux. La situation de l'Ethiopie ressemble à celle de
nombreux pays en développement. Ayant mis fin en mai 1991 à plus de 20 ans
de guerre, elle a pu adopter une politique nationale du logement qui a
notamment pour but de coordonner et de maîtriser les activités de
construction des logements, d'effectuer une étude sur l'état de
l'environnement, de décentraliser les pouvoirs et d'améliorer la situation
des zones urbaines. Les établissements humains doivent faire l'objet de
politiques qui tiennent compte des spécificités de chaque pays tout en
ménageant un rôle important aux Nations Unies à l'échelle mondiale. Nous
espérons qu'Habitat II tiendra compte des intérêts de tous les pays,
notamment des pays en développement de façon à favoriser l'émergence
d'établissements humains durables.
(à suivre)
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13 juin 1996
Droits de réponse
LE REPRESENTANT DE LA TURQUIE, EXERCANT SON DROIT DE REPONSE:
s'agissant de la question de Chypre qui a été évoquée précdémment par un
intervenant, des affirmations ont été faites qui exigent une réponse de ma
délégation, qui a eu la possibilité de présenter récemment sa position sur
la question. Les représentants de la soi-disante République de Chypre
parlent seulement au nom des Chypriote grecs. Ils ne peuvent pas
représenter tous les Chypriotes. Depuis décembre 1963, la prétendue
République de Chypre qui ne regroupe que des Chypriotes grecs a dénié tout
droit aux Chypriote turcs. Ceux-ci ont été déplacés et ont vécu dans la
peur pendant 11 ans ce qui a entraîné le conflit de 1974 et ceux qui ont
suivi. Le représentant de la République de Chypre a évoqué une occupation
imaginaire de la Turquie, car celle-ci assure une présence en vertu de
l'accord de garantie qu'elle a signé. Ce sont les Chypriotes grecs qui ont
refusé les propositions de conclusion de pactes de non aggression.
LE REPRESENTANT DE CHYPRE, EXERCANT SON DROIT DE REPONSE: a souhaité
apporter des éclaircissements sur l'intervention que le Ministre de
l'intérieur de Chypre avait faite précédemment. Les commentaires du
Ministre étaient très clairs et visaient à faire état de la situation qui
résulte de l'occupation par la Turquie de notre pays à la suite de
l'intervention de 1974. La République de Chypre a été créée en 1960. Elle
est reconnue par tous les pays du monde, à l'exception de la Turquie. En
1963, les Chypriotes turcs n'ont pas été expulsés, mais ont suivi une
politique d'auto-isolement que leur a dictée la Turquie. Le Ministre de
l'intérieur de la République de Chypre a fait cet après-midi, à la fin de
son intervention une proposition visant à la démilitarisation de Chypre
dont il faut tenir compte.
LE REPRESENTANT DE LA TURQUIE, EXERCANT SON DROIT DE REPONSE: une
nouvelle fois le représentant de la République de Chypre a déformé la
réalité. La soi-disante République de Chypre est un Etat inconstitutionnel
et illégal administré seulement par des Chypriotes grecs. Il importe de
parvenir à un accord politique négocié acceptable par les deux parties.
LE REPRESENTANT DE CHYPRE, EXERCANT SON DROIT DE REPONSE: le
représentant de la Turquie devrait lire le rapport du médiateur des Nations
Unies qui date des années 1963/1964. Il convient également de rappeler les
résolutions 541 (1983) et 550 (1984) du Conseil de sécurité qui condamnent
les actions de sécession de Chypre.
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