12 juin 1996

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et des Accrédidations
HAB/IST/20



LA CONFERENCE HABITAT II INAUGURE SON DEBAT DE HAUT NIVEAU EN PRESENCE DE NOMBREUX DIRIGEANTS DU MONDE


 
 
Conférence HABITAT II                               HAB/IST/20 
13ème  séance (matin)                                 12  juin 
1996 
 

 
  LA CONFERENCE HABITAT II INAUGURE SON DEBAT DE HAUT NIVEAU 
         EN PRESENCE DE NOMBREUX DIRIGEANTS DU MONDE 
 
Le Secrétaire général souligne que les décisions prises à Ista 
nbul 
        sont un fondement solide pour le progrès futur 
 
 
     Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Boutros 
Boutros-Ghali, a solennellement inauguré, ce matin,  le  débat 
de haut niveau de la Deuxième Conférence des Nations Unies sur 
les établissements humains (Habitat II), et ce, en présence de 
plusieurs  Chefs  d'Etat et de Gouvernement  du  monde,  parmi 
lesquels,  le  Président de la République  du  pays  hôte,  la 
Turquie, M. Süleyman Demirel. 
 
      Au  cours  de  cette première séance du  débat  de  haut 
niveau, dont les assises se tiendront jusqu'au 14 juin,  outre 
le   Président de la République de Turquie et Président de  la 
Conférence, M. Süleyman Demirel, les dignitaires suivants  ont 
prononcé  une  allocution: S.E. Mme. Benazir  Bhutto,  Premier 
Ministre de la République islamique du Pakistan; S.E.M. Daniel 
Toroitich  Arap Moi, Président du Kenya; S.E.M.  Ion  Iliescu, 
Président  de  la  République  de  Roumanie;  S.E.  Aleksander 
Kwaniewski, Président de la République de Pologne;  S.E.  Ezer 
Weizman, Président de l'Etat d'Israël; ainsi que S.E.M.  Omari 
Ali Juma, Vice-Président de la République-Unie de Tanzanie et 
S.E.M.  Ahamad Shah Ahmadzai, Premier Ministre par intérim  de 
l'Etat islamique d'Afghanistan. 
 
      Dans  son discours d'inauguration, le Secrétaire général 
des Nations Unies, M.Boutros Boutros-Ghali a émis l'espoir que 
de la Conférence d'Istanbul, émane un message qui perdure bien 
après l'achèvement de ses travaux, et ce message doit être que 
toutes  les  nations et tous les peuples entendent  collaborer 
sur  un  pied  d'égalité et partager les responsabilités  d'un 
monde  unique.  Soulignant que c'est vers  les  établissements 
humains  que  le monde se tourne pour trouver  une  source  de 
croissance économique et d'emploi pour les générations future, 
M.  Boutros-Ghali  a  plaidé pour qu'ils  deviennent  viables, 
productifs, sûrs et sains. 
 
 
 
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      Le  Secrétaire  général  a attiré  l'attention  sur  une 
réalité:  la solution de problèmes communs exige un  programme 
mondial,  ajoutant  qu'à Istanbul, une  voie  nouvelle  a  été 
tracée.  La  Conférence Habitat, a été  remarquable  à  maints 
égards.   Il   s'en  dégage  deux  points   saillants   :   la 
prépondérance  accordée  à  la  constitution  d'alliances   et 
l'expression  d'idées novatrices, a t-il estimé.  M.  Boutros- 
Ghali a conclu son allocution en insistant sur le fait que  le 
moment   est   venu  de  montrer  la  clairvoyance,   l'esprit 
d'organisation  et  la  volonté  politique  nécessaires   pour 
relever  les  défis  lancés par la Conférence.  Les  décisions 
prises  à  Istanbul constituent en effet un  fondement  solide 
pour  le  progrès futur. Mais il faut les traduire en  mesures 
concrètes,  en politiques nationales, en formes  nouvelles  de 
coopération internationale, en une collaboration plus  étroite 
entre gouvernement et société civile. 
 
      Dans  son  allocution, le Président de la République  de 
Turquie  et Président de la Conférence Habitat II, M. Süleyman 
Demirel, a estimé que la Déclaration d'Istanbul indiquera  non 
seulement,  dans les termes les plus fermes, la  détermination 
et  la volonté politique de la communauté internationale, mais 
enverra  un  message politique fort et clair au monde  entier. 
Nous  sommes tous dans le même camp. Nous sommes tous du  côté 
de   l'humanité.   Nous  devons,  par  conséquent,   embrasser 
l'"esprit  d'Istanbul" et, ensemble, nous montrer capables  de 
chercher  les  voies et moyens de le traduire concrètement  et 
même  de  le  transcender.  J'ai confiance  en  la  communauté 
internationale  et en sa sagesse collective pour  relever  les 
défis  considérables  auxquels elle est  confrontée.  Je  suis 
convaincu  que le débat de haut niveau et la Conférence  elle- 
même   seront  couronnés  de  succès  afin  de  répondre   aux 
aspirations de l'humanité à un avenir meilleur et d'ouvrir  la 
voie à la réalisation de ces attentes. 
 
      Au  cours  de  son  intervention,  le  Président  de  la 
République du Kenya, M. Daniel Toroitich Arap Moi,  a  rappelé 
qu'à plusieurs reprises les dirigeants africains ont, dans  le 
cadre   de  conférences  internationales,  exhorté  les   pays 
développés à examiner sérieusement leurs appels en faveur d'un 
allègement  de la dette et d'une amélioration des  termes  des 
échanges  commerciaux  pour permettre  à  leurs  économies  de 
progresser. Les gouvernements africains sont convaincus que ce 
tte  conférence  réalisera des progrès  substantiels  dans  la 
réalisation  de cet objectif. Le Kenya, a-t-il poursuivi,  est 
fier  d'accueillir le Siège du Centre des Nations  Unies  pour 
les   établissements  humains  (HABITAT)  à   Nairobi.   C'est 
pourquoi,  la  délégation du Kenya souhaite  qu'HABITAT,  sous 
l'autorité  de la Commission des établissements  humains  soit 
renforcé et se voie confier la coordination, le contrôle et le 
suivi  de la mise en oeuvre des recommandations d'Habitat  II. 
Dans  cet esprit, le Kenya s'engage à tout faire pour  réussir 
la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat. 
 
 
 
 
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      Le  Président  de la Roumanie, M. Ion  Iliescu,  a  fait 
valoir 
qu'Habitat  II s'inscrit dans la dynamique positive  du  cycle 
des conférences mondiales organisées par l'ONU. Selon lui, les 
nations  et  les collectivités sont devenues plus  conscientes 
que, sans une action en faveur de l'augmentation de la qualité 
de  la  vie,  la  société sera exposée à des coûts  et  à  des 
risques   inacceptables.  Pour  le   Président   roumain,   la 
Conférence Habitat II a mis en évidence le caractère global du 
développement  des  établissements humains,  qui  suppose  une 
approche  et des solutions globales concertées. Il  a  indiqué 
que son pays apprécie hautement la coopération internationale, 
à  même de soutenir l'effort de chaque pays. La Roumanie, a-t- 
il  conclu,  est intéressée par le succès de cette  conférence 
qui  doit  contribuer à l'instauration d'un  partenariat  réel 
pour le développement économique et social. 
 
      M.  Aleksander Kwasniewski, Président de la  Pologne,  a 
souligné   que les chefs d'Etat et de gouvernement, ainsi  que 
les ministres réunis à Istanbul doivent satisfaire, dans leurs 
pays  respectifs, les besoins en logement de  leurs  citoyens. 
Ils doivent se battre pour une meilleure gestion des terres et 
combattre  les pathologies urbaines. "En nous aidant  les  uns 
les autres, nous aiderons aussi les autres", a déclaré 
M.  Kwasniewski. Le Président polonais a proposé  la  création 
d'un  centre  régional  pour  le logement,  la  recherche  sur 
l'aménagement foncier et la coopération technique  pour  venir 
en aide au pays, tel que le sien, qui connaissent de profondes 
transformations  politiques  et économiques.  La  Pologne  est 
disposée  à  initier  la  création  d'un  tel  centre   et   à 
l'accueillir  sur son territoire. Elle approuve les  documents 
finaux  d'Habitat  II  et  estime  que  le  développement  des 
établissements  humains  est  l'un  des  éléments   clés   des 
programmes économiques et sociaux des Nations Unies. 
 
       Le Premier Ministre du Pakistan, Mme. Benazir Bhutto a, 
pour sa part, souhaité qu'Istanbul sonne le clairon d'une  ère 
nouvelle.   Une   ère  au  sein  de  laquelle  la   communauté 
internationale sera appelée à définir son avenir. La ville, a- 
t-elle  fait  remarquer, se meut bien souvent en  un  lieu  du 
rêve.  Mais les rêves frustrés ont souvent pour corollaire  la 
frustration,  la  colère,  l'aliénation,  le   crime   et   la 
toxicomanie,  terreaux fertiles de l'extrêmisme.  Il  est  par 
conséquent l'heure de clamer "assez!". Une solution doit  être 
trouvée,  car  elle  existe. Les villes  doivent  devenir  les 
centres   de   l'épanouissement   des   individus   brillants, 
talentueux et travailleurs. Les opportunités qu'elles  offrent 
ne sauraient se perdre du fait de la surpopulation. 
 
     Le Président de l'Etat d'Israël, M. Ezer Weizman a 
indiqué  que  la  vision de la paix dans la région  du  Moyen- 
Orient  prend  désormais une tournure réelle. Les  traités  de 
paix déja conclus et ceux à venir, si Dieu le veut, mettent en 
place  un  cadre nécessitant d'un contenu: l'amélioration  des 
conditions  de vie de l'ensemble de la région. Il s'agit  d'un 
dormidable défi qui nécessite l'effort de tous les Etats,  des 
organisations  et  des  individus.  Il  s'est  en  outre   dit 
peronnellement convaincu de la poursuite du processus de  paix 
par le nouveau Gouvernement dirigé par M. Benjamin Nethanyahu. 
 
 
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      Le Vice-Président de la République de Tanzanie, M. Omari 
Ali  Juma,  a indiqué que son pays est désormais convaincu  du 
rôle crucial de la participation des secteurs communautaire et 
privé  ainsi  que  des ONG et des autorités locales.  L'on  ne 
saurait  par ailleurs ignorer les conséquences des guerres  et 
des  conflits sur l'habitat humain. A elle seule, la  Tanzanie 
est  le  havre  de  plus de 1,3 million de réfugiés.  Dans  ce 
contexte, les efforts visant à l'amélioration et à la  gestion 
des  établissements humains doivent aller  de  pair  avec  des 
mesures  de prévention et de règlement des conflits  dans  les 
pays concernés. 
 
     Enfin, le Premier Ministre par intérim de l'Afghanistan, 
M.  Ahmad Shah Ahmadzai, a indiqué que le manque de ressources 
financières  et  de crédits demeure le principal  obstacle  au 
développement en Afghanistan. Convaincue du caractère vain  de 
la  poursuite  du  conflit armé, la politique  gouvernementale 
tente  de  promouvoir la poursuite du dialogue entre  Afghans. 
Dans  ce cadre, le Président Rabbani s'est déclaré prêt  à  se 
rendre personnellement dans les fiefs de l'opposition afin d'y 
entamer  des  négociations  de paix.  L'Afghanistan  prie  les 
institutions  des  pays développés et des Nations  Unies,  les 
ONG,  les Banques islamique, asiatique et mondiale de  fournir 
l'assistance dont l'Afghanistan a cruellement besoin  pour  sa 
reconstruction. 
 
      Le débat de haut niveau se poursuivra, cet après-midi, à 
partir de 15 heures. 
 
 
 
 
 
 
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Ouverture du débat de haut niveau 
 
 
      M.  SULEYMAN DEMIREL, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE TURQUE, 
PRESIDENT  DE LA CONFERENCE: la nation turque et la population 
d'Istanbul,  en  particulier, sont grandement honorées  et  se 
félicitent  d'accueillir la dernière des  grandes  conférences 
des  Nations  Unies à l'aube du 21ème siècle. Les  conférences 
poursuivient l'objectif de trouver des solutions mondiales aux 
questions  planétaires. Sur la base des observations formulées 
tout  au  long  de  l'échange de vues général,  la  communauté 
internationale doit désormais afficher sa détermination et une 
volonté politique résolue à résoudre les problèmes relatifs  à 
"un  logement adéquat pour tous" et au "développement  durable 
des  établissements humains" afin que cette volonté  politique 
se  reflète  dans la mise en oeuvre effective des  politiques. 
C'est  notre  tâche, une tâche que nous devons accomplir  pour 
les générations futures. 
 
      L'adoption et la mise en oeuvre de la Déclaration et  du 
Programme  pour  l'habitat, ainsi que leur  contrôle  dans  le 
cadre  des  structures  existantes  des  Nations  Unies   nous 
servirons  de  guide. La Déclaration d'Istanbul indiquera  non 
seulement,  dans les termes les plus fermes, la  détermination 
et  la volonté politique de la communauté internationale, mais 
enverra un message politique fort et clair au monde entier. 
 
      Nous sommes tous dans le même camp. Nous sommes tous  du 
côté  de  l'humanité.  Nous devons, par conséquent,  embrasser 
l'"esprit  d'Istanbul" et, ensemble, nous montrer capables  de 
chercher  les  voies et moyens de le traduire concrètement  et 
même  de  le  transcender.  J'ai confiance  en  la  communauté 
internationale  et en sa sagesse collective pour  relever  les 
défis  considérables  auxquels elle est  confrontée.  Je  suis 
convaincu  que le débat de haut niveau et la Conférence  elle- 
même   seront  couronnés  de  succès  afin  de  répondre   aux 
aspirations de l'humanité à un meilleur avenir et d'ouvrir  la 
voie à la réalisation de ces attentes. 
 
      La  Turquie, qui est un pays qui s'achemine  lentemement 
vers  l'urbanisation et déploie de nombreux  efforts  dans  la 
limite  de ses moyens pour surmonter les problèmes relatifs  à 
"un  logement adéquat pour tous" et au "développement  durable 
des établissements humains", ne se contentera pas d'essayer de 
traduire  les  conclusions  d'Habitat  II  en  des  politiques 
nationales   efficaces,  mais  contribuera  à  la  coopération 
internationale,  à  la  collaboration et  à  la  solidarité  à 
l'échelle  mondiale.  La Turquie fera montre  de  zèle  et  de 
ferveur   au   niveau  national  et  assumera   sa   part   de 
responsabilité.   Elle  s'engage  à  garder  vivant   l'esprit 
d'Istanbul. 
 
      M. BOUTROS BOUTROS-GHALI, SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS 
UNIES: 
il  doit émaner de cette Conférence d'Istanbul un message  qui 
perdure  bien après l'achèvement de ses travaux, et ce message 
doit être que toutes les nations et tous les peuples entendent 
collaborer   sur   un   pied   d'égalité   et   partager   les 
responsabilités d'un monde unique. 
 Nous traversons une époque de bouleversements, qui nous ouvre 
cependant des perspectives et nous donne l'espoir de bâtir  un 
monde  nouveau, de promouvoir le progrès social et d'accroître 
les chances offertes à tous les êtres humains. 
                           (à suivre) 
 
 
 
 
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      Ces  objectifs  devront être atteints dans  les  villes, 
grandes  et  petites,  comme  dans  les  établissements   plus 
modestes  d'un  monde  en  voie  d'urbanisation  rapide.   Une 
civilisation  mondiale  d'un type urbain  aura  en  effet  des 
répercussions   profondes  sur  les  schémas   de   croissance 
économique et de développement national et international. Nous 
ne   saurions  faire  abstraction  de  ses  conséquences  pour 
l'utilisation des ressources naturelles et la viabilité de nos 
activités du point de vue écologique. L'urbanisation n'est pas 
simplement  un  phénomène démographique:  les  rapports  entre 
villes  et campagnes, comme la physionomie des centres urbains 
autant que des villages, s'en trouvent modifiés. 
 
      Nous ne pouvons continuer d'agir comme nous l'avons fait 
dans  le  passé;  nous devons réagir. Si  nous  nous  attelons 
ensemble  à la tâche, dans le cadre d'un partenariat  mondial, 
nos chances de succès seront certainement meilleures. 
 
      Déjà,  l'exode  rural  a  eu pour  effet  d'aggraver  la 
pauvreté  dans  les villes, surtout parmi les  femmes  et  les 
enfants,  le  manque  de logements et  de  services  de  base, 
le  chômage  et le sous-emploi, les tensions ethniques  et  la 
violence,  la toxicomanie, la criminalité et la désintégration 
sociale.  L'apparition  de mégapoles s'est  accompagnée  d'une 
dégradation  des sols, d'un engorgement de la circulation,  et 
d'une  pollution  de  l'air, de l'eau  et  du  sol.  Tous  les 
établissements  humains,  grandes  agglomérations,  villes  et 
villages,   subissent   des   contraintes   économiques   sans 
précédent. 
 
     Mais c'est vers ces mêmes établissements humains que nous 
devons  nous  tourner  pour trouver une source  de  croissance 
économique et d'emploi pour les générations futures.  Il  faut 
par conséquent qu'ils deviennent viables, productifs, sûrs  et 
sains. 
 
      Il  faut  pour  cela  apporter des réponses  à  quelques 
questions très difficiles. Comment améliorer la gestion et  le 
financement  des  établissements humains ? Quelles  politiques 
permettront  d'améliorer  les  conditions  d'existence  et  de 
travail  des  déshérités, des familles et des collectivités  ? 
Comment  stimuler  la croissance économique et  accroître  les 
possibilités  d'emploi dans les grandes villes sans  provoquer 
des  dommages  écologiques à long terme et un  gaspillage  des 
ressources  naturelles de la planète ? Comment faire  profiter 
les   villes   et   les   campagnes  des  maigres   ressources 
disponibles  ?  Comment offrir des logements et  des  services 
abordables à la population croissante du monde ? 
 
 
                          (à suivre) 
 
 
 
 
 
 
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      Ces questions ne s'adressent pas uniquement aux pays  en 
développement du Sud. L'évolution économique et sociale  jette 
aussi une ombre sur les grandes villes des pays industrialisés 
du  Nord.  Des problèmes communs exigent un programme  mondial 
commun si nous voulons les résoudre. 
 
       Mais  ici,  à  Istanbul,  nous  avons  tracé  une  voie 
nouvelle.  Nous  avons  lancé un  processus  nouveau  pour  un 
partenariat  à  l'échelle  mondiale,  en  vue  de  créer   des 
établissements  humains  viables  dans  un  monde   en   cours 
d'urbanisation.   En  agissant  ainsi,  nous   faisons   aussi 
progresser    les   engagements   pris   par   la   communauté 
internationale    lors   des   conférences    marquantes    de 
l'Organisation des Nations Unies, à commencer  par  le  Sommet 
"Planète Terre" de Rio en 1992. 
 
     La Conférence Habitat, a été remarquable à maints égards. 
Il  s'en  dégage  deux  points saillants  :  la  prépondérance 
accordée à la constitution d'alliances et l'expression d'idées 
novatrices. 
 
      Aucune  autre conférence des Nations Unies n'a bénéficié 
de   contributions  d'un  si  grand  nombre   de   groupements 
spécialisés  de  parties  prenantes.  Collectivités   locales, 
entreprises,      organisations     non      gouvernementales, 
parlementaires,  groupes de femmes, syndicats,  académies  des 
sciences   et  des  techniques,  groupes  religieux,  sociétés 
culturelles, fondations et jeunes  - chacun, dans son lieu  de 
rencontre, a pu examiner et façonner son propre rôle en faveur 
des objectifs de la Conférence. 
 
      La  Conférence a établi un mécanisme qui a permis à  ces 
protagonistes   d'exposer   leurs  idées,   d'exprimer   leurs 
préoccupations  et  de  procéder  à  des  échanges  avec   des 
représentants de gouvernements. Ainsi, Habitat est la première 
Conférence des Nations Unies à avoir offert, dans le cadre  de 
son  dispositif officiel, une tribune aux représentants de  la 
société   civile.  C'est  une  conférence   où   de   nouveaux 
partenariats ont commencé à prendre forme, en vue  d'atteindre 
un  objectif commun. Qui plus est, ce processus a été renforcé 
par  les nombreuses manifestations parallèles qui ont eu  lieu 
pendant la Conférence elle-même. 
 
      Il  convient, en raison de sa contribution technique  et 
concrète,  de  souligner un aspect important de la  Conférence 
Habitat.  Il  s'agit  de la mise en évidence  des  "meilleures 
pratiques", en tant que modèles de pensée novatrice et sources 
d'inspiration pour le progrès urbain. 
 
                          (à suivre) 
 
 
 
 
 
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  Ainsi,  Habitat a été une pépinière d'idées susceptibles  de 
changer  la  vie  des gens, idées que l'on  a  toute  latitude 
d'utiliser et d'adapter au profit de toutes les communautés en 
quête  d'une vie meilleure. Pareille innovation a donné  à  la 
Conférence   un   caractère   exceptionnel   et   promet   des 
répercussions concrètes. 
 
      Je constate avec une satisfaction particulière que c'est 
véritablement  l'ensemble du système  qui  a  oeuvré  à  cette 
entreprise. La coopération entre les organismes et  programmes 
des  Nations  Unies,  y  compris les institutions  de  Bretton 
Woods,  a été féconde dans le cadre tant des délibérations  de 
la Conférence que des nombreuses manifestations parallèles. Je 
ne  négligerai  aucun  effort  pour  faire  en  sorte  que  ce 
vigoureux  esprit  de collaboration et d'interaction  persiste 
dans la prochaine phase - cruciale - consistant à traduire vos 
décisions en mesures concrètes. 
 
     A ce propos, je tiens à insister sur trois éléments : 
 
      -  Les  différentes composantes du système  des  Nations 
Unies doivent entreprendre des activités complémentaires. Cela 
est   particulièrement  important  en  raison   du   caractère 
multidisciplinaire de la Conférence. 
 
      -  Le suivi de la Conférence doit s'intégrer aux mesures 
prises   pour   mettre   en  oeuvre  les  résultats   d'autres 
conférences mondiales récentes. Le cadre de ce suivi intégré a 
été  mis  en  place  par  les  équipes  spéciales  thématiques 
constituées  au  sein  du  système  des  Nations  Unies.   Les 
questions  traitées  par ces équipes  spéciales  -  emploi  et 
moyens   d'existence  durables,  environnement  favorable   et 
services sociaux -, ainsi que l'accent mis sur la lutte contre 
la  pauvreté, revêtent une importance critique pour la mise en 
oeuvre des décisions auxquelles est parvenue la Conférence. 
 
      -  Il nous faut donner une nouvelle impulsion à la phase 
de  suivi afin de renforcer les relations de partenariat entre 
les  Nations Unies et la société civile, dont la participation 
active  et les divers apports à la Conférence l'ont rendue  si 
singulière et féconde. 
 
      Le  moment est venu de montrer la clairvoyance, l'esprit 
d'organisation  et  la  volonté  politique  nécessaires   pour 
relever les défis lancés par la Conférence. En tant que  chefs 
d'Etat  ou  de  gouvernement, vous  êtes  ceux  qui,  à  titre 
individuel et collectif, faciliteront la mise en oeuvre de  ce 
processus. 
 
      Les décisions prises à Istanbul constituent un fondement 
solide  pour  le progrès futur. Mais il faut les  traduire  en 
mesures   concrètes,  en  politiques  nationales,  en   formes 
nouvelles  de coopération internationale, en une collaboration 
plus étroite entre gouvernement et société civile. 
 
                         (à suivre) 
 
 
 
 
 
                           -9-                     HAB/IST/20 
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1996 
 
 
 
 
 
     Allocutions 
 
      MME.  BENAZIR BHUTTO, PREMIER MINISTRE DE LA  REPUBLIQUE 
ISLAMIQUE  DU PAKISTAN: parmi les cent mégapoles  de  plus  de 
trois   millions  d'habitants, huit se trouvent  au  Pakistan. 
Certes, l'urbanisation est parfois synonyme d'avantages.  Mais 
ses  inconvénients sont également légion, tant il est vrai que 
la surpopulation produit des réactions anormales. A l'heure où 
la  communauté  internationale  est  toute  entière  réunie  à 
Istanbul  pour  promouvoir une meilleure gestion  des  villes, 
elle  ne doit pas pour autant négliger les campagnes. L'époque 
actuelle  est confrontée à des défis nouveaux, parmi  lesquels 
la  surpopulation, l'urbanisation galopante et la  dégradation 
de l'environnement. 
 
      Le logement est la condition matérielle sine qua non  de 
la  communauté, du développement, de la famille, de la  ville. 
Il  est  l'illustration du droit à la sécurité. Toutefois,  il 
est  de la responsabilité de tous de ramener le sens de la Vie 
au  sein  des  villes.  Il s'agit pour ce  faire,  d'affronter 
courageusement  les défis de la création des richesses  et  de 
l'élimination  de  la  pauvreté. Il s'agit  de  promouvoir  un 
développement équilibré entre les villes et les campagnes,  de 
lutter  contre le cancer des bidonvilles et en  faveur  de  la 
durabilité des zones urbaines. Le rôle des gouvernements  doit 
jtre  défini ainsi que les voies optimales de la participation 
du secteur privé au développement urbain. 
 
      Qu'Istanbul sonne le clairon d'une ère nouvelle. Une ère 
au  sein de laquelle la communauté internationale sera appelée 
à  définir  son  avenir. Le Pakistan offre l'exemple  le  plus 
clair  des  contrastes  de  la  planification  urbaine  et  du 
développement. L'urbanisation a atteint un tel niveau  qu'elle 
colporte désormais avec elle une série de fléaux et de  vices, 
voire d'horreurs non dites. La ville est également le lieu  du 
rêve.  Mais les rêves frustrés ont souvent pour corollaire  la 
frustration,  la  colère,  l'aliénation,  le   crime   et   la 
toxicomanie,  terreaux fertiles de l'extrêmisme.  Il  est  par 
conséquent l'heure de clamer "Assez". Une solution  doit  être 
trouvée, car elle existe. 
 
      Le  monde doit joindre ses efforts pour créer des villes 
nouvelles.  Il  doit satisfaire les besoins en infrastructures 
du  monde rural pour arrêter le rythme insensé des migrations. 
Le  défi  est  à  la hauteur de l'enjeu: il  s'agit  de  gérer 
croissance  de  la  population de l'Asie,  qui  est  de  trois 
milliards et demi d'habitants. Les villes doivent devenir  les 
centres   de   l'épanouissement   des   individus   brillants, 
talentueux et travailleurs. Les opportunités qu'elles  offrent 
ne  sauraient se perdre du fait de la surpopulation. C'est  la 
raison  de  notre présence ici: le partage des expériences  et 
l'inauguration  du  chemin  vers un  avenir  de  développement 
durable pour tous. 
 
 
                          (à suivre) 
 
 
 
 
 
                             -10-                   HAB/IST/20 
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1996 
 
 
 
      M. DANIEL TOROITICH ARAP MOI, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE 
DU  KENYA: il est véritablement choquant de constater  que  de 
nos  jours, plus d'un milliard de personnes à travers le monde 
ne  disposent  pas d'un logement décent et que  plus  de  cent 
millions  autres n'ont pas de maison du tout. La  plupart  des 
pays  africains  connaissent  une  urbanisation  rapide,   des 
établissements  humains non planifiés et  une  dégradation  de 
leur   environnement.  Nos  gouvernements   appréhendent   les 
problèmes  des  établissements humains  de  concert  avec  les 
autres  besoins  fondamentaux que  sont  l'emploi,  la  santé, 
l'éducation,  la  nourriture  et  l'environnement.   Dans   ce 
contexte, permettez-moi, au nom de mes collègues africains, de 
rendre  un  hommage  particulier  au  Secrétaire  général  des 
Nations  Unies,  M. Boutros Boutros-Ghali,  pour  avoir  lancé 
l'Initiative   spéciale  des  Nations  Unies  en   faveur   de 
l'Afrique. 
 
     La communauté internationale dispose de différents moyens 
pour  aider  l'Afrique et les autres pays en  développement  à 
parvenir  à  une  croissance  économique  et  à  améliorer  la 
situation  des  établissements humains. A plusieurs  reprises, 
dans  le  cadre  de  conférences internationales,  nous  avons 
exhorté les pays développés à examiner sérieusement nos appels 
en  faveur  d'un allègement de la dette et d'une  amélioration 
des  termes  des  échanges commerciaux pour  permettre  à  nos 
économies de progresser. Notre souhait est de voir les efforts 
pour  la paix et la stabilité sociale constituer l'axe central 
des politiques en faveur de l'Afrique. Les grandes conférences 
des  Nations Unies ont toutes souligné la nécessité  d'adopter 
une   action   concertée  pour  améliorer   la   qualité   des 
établissements  humains.  Nous  sommes  convaincus  que  cette 
conférence   réalisera  des  progrès  substantiels   dans   la 
réalisation de cet objectif. 
 
      Il y a quelques mois, j'ai lancé un programme-cadre pour 
le  Kenya,  qui contient les réformes économiques  qui  seront 
entreprises  d'ici à 1998. J'ai souligné dans ce document  que 
la  pauvreté  et  le  chômage sont les deux  principaux  défis 
auxquels  est confrontée notre nation. Tout en protégeant  les 
personnes   les  plus  vulnérables,  nous  devont   encourager 
l'esprit  d'entreprise dont fait preuve notre  peuple.  A  cet 
égard,  au Kenya, il existe un programme connu sous le nom  de 
"Jua  Kali", qui en swahili signifie littéralement  travailler 
sous  un  soleil brûlant. Il vise à résoudre les problèmes  de 
sécurité   sur   les  lieux  de  travail,  à   améliorer   les 
compétences,   la  distribution  d'eau  et  d'électricité,   à 
désenclaver   les   endroits  reculés  par   la   construction 
d'infrastructures  routières,  à  allouer  des  terres  et   à 
enseigner le marketing. 
 
      Le  Kenya  est fier d'accueillir le Siège du Centre  des 
Nations  Unies  pour  les établissements humains  (HABITAT)  à 
Nairobi.  C'est  pourquoi, ma délégation souhaite  qu'HABITAT, 
sous  l'autorité  de la Commission des établissements  humains 
soit  renforcé et se voit confier la coordination, le contrôle 
et le suivi de la mise en oeuvre des recommandations d'Habitat 
II.  Dans  cet esprit, nous nous engageons à tout  faire  pour 
réussir la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat. 
 
 
 
                          (à suivre) 
 
 
 
 
 
                            -11-                 HAB/IST/20 
                                                 12 juin 1996 
 
 
      M.  OMARI ALI JUMA, VICE-PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE-UNIE 
DE  TANZANIE:  la Tanzanie a entrepris d'énormes efforts  pour 
mettre  en  oeuvre  les  64  objectifs  adoptés  lors  de   la 
Conférence  de  Vancouver. Des réussites ont été  enregistrées 
mais  certains  échecs doivent être reconnus.  La  Tanzanie  a 
adopté  une  approche holistique du développement,  convaincue 
que  le  développement socio-économique et  la  protection  de 
l'environnement  sont  susceptibles  de  bien   compléter   le 
développement  durable.  Dans ce contexte,  et  conscient  des 
limites du secteur public, le pays est désormais convaincu  du 
rôle crucial de la participation des secteurs communautaire et 
privé  ainsi  que  des  ONG  et  des  autorités  locales.   Le 
Gouvernement   est   déterminé  à   assurer   un   partenariat 
authentique   dans  la  planification,  la  mobilisation   des 
ressources   et   l'investissement  dans  les   établissements 
humains. 
 
      En  dépit de ces prémisses, force est de reconnaître  la 
faiblesse  des  capacités  des  autorités  locales,  qui   ont 
longtemps été dépendants des subventions gouvernemntales.  Les 
autorités  locales requièrent un appui financier et en  termes 
d'édification de capacités afin de leur permettre  d'élaborer, 
mettre  en  oeuvre  et gérer les programmes  de  développement 
urbain.   La  Tanzanie  saisit  cette  occasion  pour  attirer 
l'attention  sur  le  fardeau de la  dette,  qui  continue  de 
handicaper   ses  efforts.  De  même,  certains  comportements 
culturels   ont   frustré  les  efforts  vers   de   meilleurs 
établissements humains. 
 
     L'on ne saurait ignorer par ailleurs les conséquences des 
guerres et des conflits sur l'habitat humain. Les statistiques 
indiquent qu'entre 1985 à 1993, le nombre de réfugiés dans  le 
monde  a doublé pour atteindre les 19 millions. A elle  seule, 
la  Tanzanie est le havre de plus de 1,3 million de  réfugiés. 
Dans ce contexte, les efforts visant à l'amélioration et à  la 
gestion des établissements humains doivent aller de pair  avec 
des  mesures  de prévention et de règlement des conflits  dans 
les  pays  concernés. Toutefois, il est clair que la  solution 
durable  à  ces  déplacements  de  populations,  notamment  en 
Afrique,  demeure tributaire de la promotion des  institutions 
démocratiques, d'un bon gouvernement, du respect des droits de 
l'homme et de la transparence. 
 
      La  Tanzanie  est  d'avis  que la  corruption  contribue 
considérablement  à  l'échec  des  efforts  gouvernemntaux  en 
faveur  de  la  promotion des développements tant  urbain  que 
rural dans la plupart des pays en développement. La communauté 
internationale   doit  reconnaître  que  l'Afrique   vit   une 
situation  particulièrement complexe qui  rend  impérative  la 
préparation  adéquate des populations à la mise en  oeuvre  de 
concepts nouveaux. 
 
     La pauvreté et la dégradation de l'environnement sont des 
phénomènes  intimement liés. Ils contribuent tous  deux  à  la 
mise  en place d'établissements humains socialement insécures. 
La   Tanzanie   est  activement  engagée  dans  un   processus 
d'identification  des causes et de l'ampleur  de  la  pauvreté 
dans  le  pays. Qui plus est, le Gouvernement mène  un  double 
effort qui vise à améliorer la qualité de vie de la population 
rurale  afin de dissuader les migrations anarchiques vers  les 
villes d'une part, et la réalisation de programmes globaux  de 
développement  urbain  tenant compte des nouvelles  politiques 
économiques, d'autre part. 
 
                          (à suivre) 
 
 
 
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      Le  Gouvernement tanzanien est convaincu que  le  Centre 
Habitat,  de concert avec la Commision des Nations Unies  pour 
les   établissements  humains,  constituent  les  institutions 
idoines pour la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat. Il 
est  impératif  dans  ce contexte d'accroître  les  ressources 
financières et humaines du Centre. 
 
 
      M.  ION  ILIESCU, PRESIDENT DE LA ROUMANIE:  Habitat  II 
s'inscrit  dans la dynamique positive du cycle des conférences 
mondiales   organisées   par  l'ONU.  Le   développement   des 
établissements humains et de l'urbanisation offrent  en  égale 
mesure  les  possibilités pour la promotion  avec  succès  des 
politiques  globales  visant  un  développement  durable.  Les 
conditions d'amélioration de la qualité de la vie urbaine sont 
à  présent  plus  favorables et, c'est pourquoi,  pendant  les 
dernières   années,   nous   avons   pu   constater   beaucoup 
d'initiatives  menées en cette direction. Il est  à  remarquer 
l'importance   des  réunions  d'experts  en  habitat   et   en 
urbanisme,  comme l'Association internationale des experts  en 
urbanisme, qui a récemment eu lieu à Bucarest et qui a formulé 
des  recommandations utiles concernant l'utilisation  efficace 
des  terres,  la restructuration des villes et la création  de 
conditions  décentes de vie. Les nations et les  collectivités 
sont  devenues  plus  conscientes que, sans  une  action  pour 
l'augmentation  de  la  qualité de la  vie,  la  société  sera 
exposée à des coûts et à des risques inacceptables. 
 
     A partir de 1990, la Roumanie s'est engagée dans un ample 
processus  irréversible visant la consolidation d'une  société 
démocratique, d'un Etat de droit, tout en adoptant un  nouveau 
modèle  de  développement économique et  social,  ayant  comme 
fondement  l'économie de marché, avec une  composante  sociale 
adéquate.  Pendant  cette période de transition  d'un  système 
économique et politique centralisé vers une économie de marché 
et une démocratie stable, un nouveau système social a commencé 
à  s'esquisser et à se développer, dans lequel la redéfinition 
sur  un  fondement durable du développement des établissements 
humains  est  en train de devenir une priorité des  politiques 
nationale et locales. 
 
      La  Conférence Habitat II a mis en évidence le caractère 
global  du  développement  des  établissements  humains,   qui 
suppose  une  approche  et des solutions globales  concertées. 
Dans   ce   contexte,  la  Roumanie  apprécie   hautement   la 
coopération  internationale, à même de  soutenir  l'effort  de 
chaque pays. La Roumanie est intéressée par le succès de cette 
conférence   qui   doit   contribuer  à  l'instauration   d'un 
partenariat réel pour le développement économique et social. 
 
 
      M. AHAMAD SHAH AHMADZAI, PREMIER MINISTRE PAR INTERIM DE 
L'ETAT  ISLAMIQUE  D'AFGHANISTAN: 19,000 des  22,000  villages 
existants  en  Afghanistan ont été détruits  par  l'occupation 
soviétique  et  les autres conflits ayant sévi dans  le  pays. 
Plus  de  3 millions d'Afghans sont des réfugiés et plus  d'un 
million   des   personnes  déplacées.  Grâce  à  la   relative 
amélioration  de la situation politique dans le pays,  l'année 
1996  a  été  témoin  d'une  augmentation  des  rapatriements. 
Toutefois,  des mesures doivent être adoptées pour  satisfaire 
les besoins des réfugiés en matière de transports, de soins de 
santé et d'abris provisoires. Il 
 
                         (à suivre) 
 
 
 
 
                            -13-                   HAB/IST/20 
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1996 
 
 
   serait  plus  avantageux  cependant  de  s'atteler   à   la 
reconstruction de l'infrastructure des villages et  des  zones 
rurales.  Le  manque de ressources financières et  de  crédits 
demeurent les principaux obstacles au développeemnt  rural  en 
Afghanistan.  Pour sa part, le Gouvernement est  engagé  à  la 
promotion  d'activités et du retour à des  conditions  de  vie 
normales.  Pour cette raison, et convaincue du caractère  vain 
de  la poursuite du conflit armé, la politique gouvernementale 
tente  de  promouvoir la poursuite du dialogue entre  Afghans. 
Dans  ce cadre, le Président Rabbani s'est déclaré prêt  à  se 
rendre personnellement dans les fiefs de l'opposition afin d'y 
entamer  des  négociations  de paix.  L'Afghanistan  prie  les 
institutions  des  pays développés et des Nations  Unies,  les 
ONG,  les Banques islamique, asiatique et mondiale de  fournir 
l'assistance dont l'Afghanistan a cruellement besoin  pour  sa 
reconstruction. 
 
 
 
      M. ALEKSANDER KWASNIEWSKI, PRESIDENT DE LA POLOGNE: nous 
pourrons  relever les défis auxquels est confrontée l'humanité 
à  l'aube d'un nouveau millénaire que si nous garantissons les 
perspectives  d'un  développement des établissements  humains. 
Nous  pourrons surmonter de tels défis que si nous ouvrons  la 
voie  à  la  satisfaction des besoins fondamentaux  des  êtres 
humains,  et plus particulièrement des familles, que  si  nous 
ouvrons  la  voie  à un logement décent. Je partage  l'opinion 
qu'a exprimée il y a quelques jours le Secrétaire général  des 
Nations  Unies  selon laquelle le problème est mondial  et  ne 
peut  être  résolu  par des initiatives isolées.  Je  souhaite 
cependant  souligner  que  nous les Présidents,  les  Premiers 
Ministres et Ministres réunis à Istanbul, nous devons  surtout 
agir   avec  vigueur  dans  nos  propres  pays.  Nous   devons 
satisfaire  les  besoins en logement  de  nos  citoyens.  Nous 
devons  nous battre pour une meilleure gestion des  terres  et 
combattre les pathologies urbaines. En nous aidant les uns les 
autres, nous aiderons aussi les autres. 
 
     Les expériences que la Pologne a accumulées en matière de 
rédéfinition  du  logement, de construction  et  d'aménagement 
foncier  sont  typiques de celles qu'acquièrent les  pays  qui 
connaissent   de  profondes  transformations   politiques   et 
économiques. Nous avons nos expériences, nos succès  et  aussi 
nos  échecs. Il pourrait, par conséquent, être utile de  créer 
un   centre  régional  pour  le  logement,  la  recherche  sur 
l'aménagement  foncier  et la coopération  technique  pour  ce 
groupe  de  pays.  La Pologne est disposée  à  en  initier  la 
création et à accueillir sur son territoire un tel centre. 
 
      Le  Gouvernement polonais créé maintenant les conditions 
d'un développement des établissements humains sur la base  des 
économies  locales  des pays développés et  en  harmonie  avec 
l'environnement  naturel. Nous devons  désormais  ajuster  nos 
dispositions  réglementaires et nos programmes aux  normes  en 
vigueur dans les pays de l'Union européenne et à celles de  la 
Commission économique des Nations Unies pour l'Europe. 
 
 
 
                             (à suivre) 
 
 
 
 
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1996 
 
      La  Pologne  approuve  les  documents  finaux  de  cette 
Conférence  et  estime que le développement des établissements 
humains  est l'un des éléments clés des programmes économiques 
et  sociaux des Nations Unies. Conscients de la responsabilité 
qui  nous  incombe dans le succès du village planétaire,  nous 
soutiendrons   activement  les  efforts   de   la   communauté 
internationale    afin   d'assurer   les    conditions    d'un 
développement  permanent des établissements  humains  dans  le 
monde entier. 
 
       M.   EZER   WEIZMAN,  PRESIDENT  DE  L'ETAT   D'ISRAEL: 
l'absorption satisfaisante, dans les domaines du  logement  et 
de  l'emploi,  de plusieurs vagues d'immigrants  constitue  un 
défi  majeur qu'Israël a su relever. Israël a en outre  engagé 
des programmes visant à améliorer l'infrastructure, élever  le 
niveau  de vie, et réduire les disparités sociales.  Qui  plus 
est,  l'ensemble  des investissements dans la construction  de 
logements   et  de  routes  est  mis  en  oeuvre  en   étroite 
coordination  avec les autorités chargées de la protection  de 
l'environnement. La vision de la paix dans la région du Moyen- 
Orient  prend  désormais une tournure réelle. Les  traités  de 
paix déja conclus et ceux à venir, si Dieu le veut, mettent en 
place  un  cadre  nécessitant un contenu:  l'amélioration  des 
conditions  de vie de l'ensemble de la région. Il s'agit  d'un 
formidable défi qui nécessite l'effort de tous les Etats,  des 
organisations et des individus. 
 
     Israël considère la Turquie comme un élément important et 
central de stabilité. Il appuie ainsi l'adhésion de ce pays  à 
l'Union européenne. En ce qui concerne le Moyen-Orient, Israël 
partage  avec  la  Turquie les mêmes valeurs démocratiques  et 
modernes.  Je demeure peronnellement convaincu de la poursuite 
du processus de paix par le nouveau Gouvernement dirigé par M. 
Benjamin  Nethanyahu. A l'instar de la Turquie,  Israël  lutte 
pour éliminer le terrorisme avec la même détermination qu'elle 
déploie  pour gagner la paix. Malgré les  actes de  terrorisme 
enregistrés  au cours des dernières 72 heures et  la  réaction 
incompréhensible des dirigeants arabes à la suite du  résultat 
des  élections, Israël saisit cette occasion pour rassurer  la 
communauté   internationale  sur   la   volonté   du   nouveau 
gouvernement à poursuivre le processus de paix. 
 
 
                            * *** *