12 juin 1996
Service des
Informations
et des Accrédidations
HAB/IST/20
LA CONFERENCE HABITAT II INAUGURE SON
DEBAT DE HAUT NIVEAU EN PRESENCE DE NOMBREUX DIRIGEANTS DU
MONDE
Conférence HABITAT II HAB/IST/20
13ème séance (matin) 12 juin
1996
LA CONFERENCE HABITAT II INAUGURE SON DEBAT DE HAUT NIVEAU
EN PRESENCE DE NOMBREUX DIRIGEANTS DU MONDE
Le Secrétaire général souligne que les décisions prises à Ista
nbul
sont un fondement solide pour le progrès futur
Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Boutros
Boutros-Ghali, a solennellement inauguré, ce matin, le débat
de haut niveau de la Deuxième Conférence des Nations Unies sur
les établissements humains (Habitat II), et ce, en présence de
plusieurs Chefs d'Etat et de Gouvernement du monde, parmi
lesquels, le Président de la République du pays hôte, la
Turquie, M. Süleyman Demirel.
Au cours de cette première séance du débat de haut
niveau, dont les assises se tiendront jusqu'au 14 juin, outre
le Président de la République de Turquie et Président de la
Conférence, M. Süleyman Demirel, les dignitaires suivants ont
prononcé une allocution: S.E. Mme. Benazir Bhutto, Premier
Ministre de la République islamique du Pakistan; S.E.M. Daniel
Toroitich Arap Moi, Président du Kenya; S.E.M. Ion Iliescu,
Président de la République de Roumanie; S.E. Aleksander
Kwaniewski, Président de la République de Pologne; S.E. Ezer
Weizman, Président de l'Etat d'Israël; ainsi que S.E.M. Omari
Ali Juma, Vice-Président de la République-Unie de Tanzanie et
S.E.M. Ahamad Shah Ahmadzai, Premier Ministre par intérim de
l'Etat islamique d'Afghanistan.
Dans son discours d'inauguration, le Secrétaire général
des Nations Unies, M.Boutros Boutros-Ghali a émis l'espoir que
de la Conférence d'Istanbul, émane un message qui perdure bien
après l'achèvement de ses travaux, et ce message doit être que
toutes les nations et tous les peuples entendent collaborer
sur un pied d'égalité et partager les responsabilités d'un
monde unique. Soulignant que c'est vers les établissements
humains que le monde se tourne pour trouver une source de
croissance économique et d'emploi pour les générations future,
M. Boutros-Ghali a plaidé pour qu'ils deviennent viables,
productifs, sûrs et sains.
(à suivre)
-2-
HAB/IST/20
12 juin 1996
Le Secrétaire général a attiré l'attention sur une
réalité: la solution de problèmes communs exige un programme
mondial, ajoutant qu'à Istanbul, une voie nouvelle a été
tracée. La Conférence Habitat, a été remarquable à maints
égards. Il s'en dégage deux points saillants : la
prépondérance accordée à la constitution d'alliances et
l'expression d'idées novatrices, a t-il estimé. M. Boutros-
Ghali a conclu son allocution en insistant sur le fait que le
moment est venu de montrer la clairvoyance, l'esprit
d'organisation et la volonté politique nécessaires pour
relever les défis lancés par la Conférence. Les décisions
prises à Istanbul constituent en effet un fondement solide
pour le progrès futur. Mais il faut les traduire en mesures
concrètes, en politiques nationales, en formes nouvelles de
coopération internationale, en une collaboration plus étroite
entre gouvernement et société civile.
Dans son allocution, le Président de la République de
Turquie et Président de la Conférence Habitat II, M. Süleyman
Demirel, a estimé que la Déclaration d'Istanbul indiquera non
seulement, dans les termes les plus fermes, la détermination
et la volonté politique de la communauté internationale, mais
enverra un message politique fort et clair au monde entier.
Nous sommes tous dans le même camp. Nous sommes tous du côté
de l'humanité. Nous devons, par conséquent, embrasser
l'"esprit d'Istanbul" et, ensemble, nous montrer capables de
chercher les voies et moyens de le traduire concrètement et
même de le transcender. J'ai confiance en la communauté
internationale et en sa sagesse collective pour relever les
défis considérables auxquels elle est confrontée. Je suis
convaincu que le débat de haut niveau et la Conférence elle-
même seront couronnés de succès afin de répondre aux
aspirations de l'humanité à un avenir meilleur et d'ouvrir la
voie à la réalisation de ces attentes.
Au cours de son intervention, le Président de la
République du Kenya, M. Daniel Toroitich Arap Moi, a rappelé
qu'à plusieurs reprises les dirigeants africains ont, dans le
cadre de conférences internationales, exhorté les pays
développés à examiner sérieusement leurs appels en faveur d'un
allègement de la dette et d'une amélioration des termes des
échanges commerciaux pour permettre à leurs économies de
progresser. Les gouvernements africains sont convaincus que ce
tte conférence réalisera des progrès substantiels dans la
réalisation de cet objectif. Le Kenya, a-t-il poursuivi, est
fier d'accueillir le Siège du Centre des Nations Unies pour
les établissements humains (HABITAT) à Nairobi. C'est
pourquoi, la délégation du Kenya souhaite qu'HABITAT, sous
l'autorité de la Commission des établissements humains soit
renforcé et se voie confier la coordination, le contrôle et le
suivi de la mise en oeuvre des recommandations d'Habitat II.
Dans cet esprit, le Kenya s'engage à tout faire pour réussir
la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat.
(à suivre)
-3-
HAB/IST/20
12 juin 1996
Le Président de la Roumanie, M. Ion Iliescu, a fait
valoir
qu'Habitat II s'inscrit dans la dynamique positive du cycle
des conférences mondiales organisées par l'ONU. Selon lui, les
nations et les collectivités sont devenues plus conscientes
que, sans une action en faveur de l'augmentation de la qualité
de la vie, la société sera exposée à des coûts et à des
risques inacceptables. Pour le Président roumain, la
Conférence Habitat II a mis en évidence le caractère global du
développement des établissements humains, qui suppose une
approche et des solutions globales concertées. Il a indiqué
que son pays apprécie hautement la coopération internationale,
à même de soutenir l'effort de chaque pays. La Roumanie, a-t-
il conclu, est intéressée par le succès de cette conférence
qui doit contribuer à l'instauration d'un partenariat réel
pour le développement économique et social.
M. Aleksander Kwasniewski, Président de la Pologne, a
souligné que les chefs d'Etat et de gouvernement, ainsi que
les ministres réunis à Istanbul doivent satisfaire, dans leurs
pays respectifs, les besoins en logement de leurs citoyens.
Ils doivent se battre pour une meilleure gestion des terres et
combattre les pathologies urbaines. "En nous aidant les uns
les autres, nous aiderons aussi les autres", a déclaré
M. Kwasniewski. Le Président polonais a proposé la création
d'un centre régional pour le logement, la recherche sur
l'aménagement foncier et la coopération technique pour venir
en aide au pays, tel que le sien, qui connaissent de profondes
transformations politiques et économiques. La Pologne est
disposée à initier la création d'un tel centre et à
l'accueillir sur son territoire. Elle approuve les documents
finaux d'Habitat II et estime que le développement des
établissements humains est l'un des éléments clés des
programmes économiques et sociaux des Nations Unies.
Le Premier Ministre du Pakistan, Mme. Benazir Bhutto a,
pour sa part, souhaité qu'Istanbul sonne le clairon d'une ère
nouvelle. Une ère au sein de laquelle la communauté
internationale sera appelée à définir son avenir. La ville, a-
t-elle fait remarquer, se meut bien souvent en un lieu du
rêve. Mais les rêves frustrés ont souvent pour corollaire la
frustration, la colère, l'aliénation, le crime et la
toxicomanie, terreaux fertiles de l'extrêmisme. Il est par
conséquent l'heure de clamer "assez!". Une solution doit être
trouvée, car elle existe. Les villes doivent devenir les
centres de l'épanouissement des individus brillants,
talentueux et travailleurs. Les opportunités qu'elles offrent
ne sauraient se perdre du fait de la surpopulation.
Le Président de l'Etat d'Israël, M. Ezer Weizman a
indiqué que la vision de la paix dans la région du Moyen-
Orient prend désormais une tournure réelle. Les traités de
paix déja conclus et ceux à venir, si Dieu le veut, mettent en
place un cadre nécessitant d'un contenu: l'amélioration des
conditions de vie de l'ensemble de la région. Il s'agit d'un
dormidable défi qui nécessite l'effort de tous les Etats, des
organisations et des individus. Il s'est en outre dit
peronnellement convaincu de la poursuite du processus de paix
par le nouveau Gouvernement dirigé par M. Benjamin Nethanyahu.
(à suivre)
-4- HAB/IST/20
12 juin 1996
Le Vice-Président de la République de Tanzanie, M. Omari
Ali Juma, a indiqué que son pays est désormais convaincu du
rôle crucial de la participation des secteurs communautaire et
privé ainsi que des ONG et des autorités locales. L'on ne
saurait par ailleurs ignorer les conséquences des guerres et
des conflits sur l'habitat humain. A elle seule, la Tanzanie
est le havre de plus de 1,3 million de réfugiés. Dans ce
contexte, les efforts visant à l'amélioration et à la gestion
des établissements humains doivent aller de pair avec des
mesures de prévention et de règlement des conflits dans les
pays concernés.
Enfin, le Premier Ministre par intérim de l'Afghanistan,
M. Ahmad Shah Ahmadzai, a indiqué que le manque de ressources
financières et de crédits demeure le principal obstacle au
développement en Afghanistan. Convaincue du caractère vain de
la poursuite du conflit armé, la politique gouvernementale
tente de promouvoir la poursuite du dialogue entre Afghans.
Dans ce cadre, le Président Rabbani s'est déclaré prêt à se
rendre personnellement dans les fiefs de l'opposition afin d'y
entamer des négociations de paix. L'Afghanistan prie les
institutions des pays développés et des Nations Unies, les
ONG, les Banques islamique, asiatique et mondiale de fournir
l'assistance dont l'Afghanistan a cruellement besoin pour sa
reconstruction.
Le débat de haut niveau se poursuivra, cet après-midi, à
partir de 15 heures.
(à suivre)
-5- HAB/IST/20
12 juin 1996
Ouverture du débat de haut niveau
M. SULEYMAN DEMIREL, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE TURQUE,
PRESIDENT DE LA CONFERENCE: la nation turque et la population
d'Istanbul, en particulier, sont grandement honorées et se
félicitent d'accueillir la dernière des grandes conférences
des Nations Unies à l'aube du 21ème siècle. Les conférences
poursuivient l'objectif de trouver des solutions mondiales aux
questions planétaires. Sur la base des observations formulées
tout au long de l'échange de vues général, la communauté
internationale doit désormais afficher sa détermination et une
volonté politique résolue à résoudre les problèmes relatifs à
"un logement adéquat pour tous" et au "développement durable
des établissements humains" afin que cette volonté politique
se reflète dans la mise en oeuvre effective des politiques.
C'est notre tâche, une tâche que nous devons accomplir pour
les générations futures.
L'adoption et la mise en oeuvre de la Déclaration et du
Programme pour l'habitat, ainsi que leur contrôle dans le
cadre des structures existantes des Nations Unies nous
servirons de guide. La Déclaration d'Istanbul indiquera non
seulement, dans les termes les plus fermes, la détermination
et la volonté politique de la communauté internationale, mais
enverra un message politique fort et clair au monde entier.
Nous sommes tous dans le même camp. Nous sommes tous du
côté de l'humanité. Nous devons, par conséquent, embrasser
l'"esprit d'Istanbul" et, ensemble, nous montrer capables de
chercher les voies et moyens de le traduire concrètement et
même de le transcender. J'ai confiance en la communauté
internationale et en sa sagesse collective pour relever les
défis considérables auxquels elle est confrontée. Je suis
convaincu que le débat de haut niveau et la Conférence elle-
même seront couronnés de succès afin de répondre aux
aspirations de l'humanité à un meilleur avenir et d'ouvrir la
voie à la réalisation de ces attentes.
La Turquie, qui est un pays qui s'achemine lentemement
vers l'urbanisation et déploie de nombreux efforts dans la
limite de ses moyens pour surmonter les problèmes relatifs à
"un logement adéquat pour tous" et au "développement durable
des établissements humains", ne se contentera pas d'essayer de
traduire les conclusions d'Habitat II en des politiques
nationales efficaces, mais contribuera à la coopération
internationale, à la collaboration et à la solidarité à
l'échelle mondiale. La Turquie fera montre de zèle et de
ferveur au niveau national et assumera sa part de
responsabilité. Elle s'engage à garder vivant l'esprit
d'Istanbul.
M. BOUTROS BOUTROS-GHALI, SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS
UNIES:
il doit émaner de cette Conférence d'Istanbul un message qui
perdure bien après l'achèvement de ses travaux, et ce message
doit être que toutes les nations et tous les peuples entendent
collaborer sur un pied d'égalité et partager les
responsabilités d'un monde unique.
Nous traversons une époque de bouleversements, qui nous ouvre
cependant des perspectives et nous donne l'espoir de bâtir un
monde nouveau, de promouvoir le progrès social et d'accroître
les chances offertes à tous les êtres humains.
(à suivre)
-6- HAB/IST/20
12 juin
1996
Ces objectifs devront être atteints dans les villes,
grandes et petites, comme dans les établissements plus
modestes d'un monde en voie d'urbanisation rapide. Une
civilisation mondiale d'un type urbain aura en effet des
répercussions profondes sur les schémas de croissance
économique et de développement national et international. Nous
ne saurions faire abstraction de ses conséquences pour
l'utilisation des ressources naturelles et la viabilité de nos
activités du point de vue écologique. L'urbanisation n'est pas
simplement un phénomène démographique: les rapports entre
villes et campagnes, comme la physionomie des centres urbains
autant que des villages, s'en trouvent modifiés.
Nous ne pouvons continuer d'agir comme nous l'avons fait
dans le passé; nous devons réagir. Si nous nous attelons
ensemble à la tâche, dans le cadre d'un partenariat mondial,
nos chances de succès seront certainement meilleures.
Déjà, l'exode rural a eu pour effet d'aggraver la
pauvreté dans les villes, surtout parmi les femmes et les
enfants, le manque de logements et de services de base,
le chômage et le sous-emploi, les tensions ethniques et la
violence, la toxicomanie, la criminalité et la désintégration
sociale. L'apparition de mégapoles s'est accompagnée d'une
dégradation des sols, d'un engorgement de la circulation, et
d'une pollution de l'air, de l'eau et du sol. Tous les
établissements humains, grandes agglomérations, villes et
villages, subissent des contraintes économiques sans
précédent.
Mais c'est vers ces mêmes établissements humains que nous
devons nous tourner pour trouver une source de croissance
économique et d'emploi pour les générations futures. Il faut
par conséquent qu'ils deviennent viables, productifs, sûrs et
sains.
Il faut pour cela apporter des réponses à quelques
questions très difficiles. Comment améliorer la gestion et le
financement des établissements humains ? Quelles politiques
permettront d'améliorer les conditions d'existence et de
travail des déshérités, des familles et des collectivités ?
Comment stimuler la croissance économique et accroître les
possibilités d'emploi dans les grandes villes sans provoquer
des dommages écologiques à long terme et un gaspillage des
ressources naturelles de la planète ? Comment faire profiter
les villes et les campagnes des maigres ressources
disponibles ? Comment offrir des logements et des services
abordables à la population croissante du monde ?
(à suivre)
-7- HAB/IST/20
12 juin 1996
Ces questions ne s'adressent pas uniquement aux pays en
développement du Sud. L'évolution économique et sociale jette
aussi une ombre sur les grandes villes des pays industrialisés
du Nord. Des problèmes communs exigent un programme mondial
commun si nous voulons les résoudre.
Mais ici, à Istanbul, nous avons tracé une voie
nouvelle. Nous avons lancé un processus nouveau pour un
partenariat à l'échelle mondiale, en vue de créer des
établissements humains viables dans un monde en cours
d'urbanisation. En agissant ainsi, nous faisons aussi
progresser les engagements pris par la communauté
internationale lors des conférences marquantes de
l'Organisation des Nations Unies, à commencer par le Sommet
"Planète Terre" de Rio en 1992.
La Conférence Habitat, a été remarquable à maints égards.
Il s'en dégage deux points saillants : la prépondérance
accordée à la constitution d'alliances et l'expression d'idées
novatrices.
Aucune autre conférence des Nations Unies n'a bénéficié
de contributions d'un si grand nombre de groupements
spécialisés de parties prenantes. Collectivités locales,
entreprises, organisations non gouvernementales,
parlementaires, groupes de femmes, syndicats, académies des
sciences et des techniques, groupes religieux, sociétés
culturelles, fondations et jeunes - chacun, dans son lieu de
rencontre, a pu examiner et façonner son propre rôle en faveur
des objectifs de la Conférence.
La Conférence a établi un mécanisme qui a permis à ces
protagonistes d'exposer leurs idées, d'exprimer leurs
préoccupations et de procéder à des échanges avec des
représentants de gouvernements. Ainsi, Habitat est la première
Conférence des Nations Unies à avoir offert, dans le cadre de
son dispositif officiel, une tribune aux représentants de la
société civile. C'est une conférence où de nouveaux
partenariats ont commencé à prendre forme, en vue d'atteindre
un objectif commun. Qui plus est, ce processus a été renforcé
par les nombreuses manifestations parallèles qui ont eu lieu
pendant la Conférence elle-même.
Il convient, en raison de sa contribution technique et
concrète, de souligner un aspect important de la Conférence
Habitat. Il s'agit de la mise en évidence des "meilleures
pratiques", en tant que modèles de pensée novatrice et sources
d'inspiration pour le progrès urbain.
(à suivre)
-8- HAB/IST/20
12 juin 1996
Ainsi, Habitat a été une pépinière d'idées susceptibles de
changer la vie des gens, idées que l'on a toute latitude
d'utiliser et d'adapter au profit de toutes les communautés en
quête d'une vie meilleure. Pareille innovation a donné à la
Conférence un caractère exceptionnel et promet des
répercussions concrètes.
Je constate avec une satisfaction particulière que c'est
véritablement l'ensemble du système qui a oeuvré à cette
entreprise. La coopération entre les organismes et programmes
des Nations Unies, y compris les institutions de Bretton
Woods, a été féconde dans le cadre tant des délibérations de
la Conférence que des nombreuses manifestations parallèles. Je
ne négligerai aucun effort pour faire en sorte que ce
vigoureux esprit de collaboration et d'interaction persiste
dans la prochaine phase - cruciale - consistant à traduire vos
décisions en mesures concrètes.
A ce propos, je tiens à insister sur trois éléments :
- Les différentes composantes du système des Nations
Unies doivent entreprendre des activités complémentaires. Cela
est particulièrement important en raison du caractère
multidisciplinaire de la Conférence.
- Le suivi de la Conférence doit s'intégrer aux mesures
prises pour mettre en oeuvre les résultats d'autres
conférences mondiales récentes. Le cadre de ce suivi intégré a
été mis en place par les équipes spéciales thématiques
constituées au sein du système des Nations Unies. Les
questions traitées par ces équipes spéciales - emploi et
moyens d'existence durables, environnement favorable et
services sociaux -, ainsi que l'accent mis sur la lutte contre
la pauvreté, revêtent une importance critique pour la mise en
oeuvre des décisions auxquelles est parvenue la Conférence.
- Il nous faut donner une nouvelle impulsion à la phase
de suivi afin de renforcer les relations de partenariat entre
les Nations Unies et la société civile, dont la participation
active et les divers apports à la Conférence l'ont rendue si
singulière et féconde.
Le moment est venu de montrer la clairvoyance, l'esprit
d'organisation et la volonté politique nécessaires pour
relever les défis lancés par la Conférence. En tant que chefs
d'Etat ou de gouvernement, vous êtes ceux qui, à titre
individuel et collectif, faciliteront la mise en oeuvre de ce
processus.
Les décisions prises à Istanbul constituent un fondement
solide pour le progrès futur. Mais il faut les traduire en
mesures concrètes, en politiques nationales, en formes
nouvelles de coopération internationale, en une collaboration
plus étroite entre gouvernement et société civile.
(à suivre)
-9- HAB/IST/20
12 juin
1996
Allocutions
MME. BENAZIR BHUTTO, PREMIER MINISTRE DE LA REPUBLIQUE
ISLAMIQUE DU PAKISTAN: parmi les cent mégapoles de plus de
trois millions d'habitants, huit se trouvent au Pakistan.
Certes, l'urbanisation est parfois synonyme d'avantages. Mais
ses inconvénients sont également légion, tant il est vrai que
la surpopulation produit des réactions anormales. A l'heure où
la communauté internationale est toute entière réunie à
Istanbul pour promouvoir une meilleure gestion des villes,
elle ne doit pas pour autant négliger les campagnes. L'époque
actuelle est confrontée à des défis nouveaux, parmi lesquels
la surpopulation, l'urbanisation galopante et la dégradation
de l'environnement.
Le logement est la condition matérielle sine qua non de
la communauté, du développement, de la famille, de la ville.
Il est l'illustration du droit à la sécurité. Toutefois, il
est de la responsabilité de tous de ramener le sens de la Vie
au sein des villes. Il s'agit pour ce faire, d'affronter
courageusement les défis de la création des richesses et de
l'élimination de la pauvreté. Il s'agit de promouvoir un
développement équilibré entre les villes et les campagnes, de
lutter contre le cancer des bidonvilles et en faveur de la
durabilité des zones urbaines. Le rôle des gouvernements doit
jtre défini ainsi que les voies optimales de la participation
du secteur privé au développement urbain.
Qu'Istanbul sonne le clairon d'une ère nouvelle. Une ère
au sein de laquelle la communauté internationale sera appelée
à définir son avenir. Le Pakistan offre l'exemple le plus
clair des contrastes de la planification urbaine et du
développement. L'urbanisation a atteint un tel niveau qu'elle
colporte désormais avec elle une série de fléaux et de vices,
voire d'horreurs non dites. La ville est également le lieu du
rêve. Mais les rêves frustrés ont souvent pour corollaire la
frustration, la colère, l'aliénation, le crime et la
toxicomanie, terreaux fertiles de l'extrêmisme. Il est par
conséquent l'heure de clamer "Assez". Une solution doit être
trouvée, car elle existe.
Le monde doit joindre ses efforts pour créer des villes
nouvelles. Il doit satisfaire les besoins en infrastructures
du monde rural pour arrêter le rythme insensé des migrations.
Le défi est à la hauteur de l'enjeu: il s'agit de gérer
croissance de la population de l'Asie, qui est de trois
milliards et demi d'habitants. Les villes doivent devenir les
centres de l'épanouissement des individus brillants,
talentueux et travailleurs. Les opportunités qu'elles offrent
ne sauraient se perdre du fait de la surpopulation. C'est la
raison de notre présence ici: le partage des expériences et
l'inauguration du chemin vers un avenir de développement
durable pour tous.
(à suivre)
-10- HAB/IST/20
12 juin
1996
M. DANIEL TOROITICH ARAP MOI, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
DU KENYA: il est véritablement choquant de constater que de
nos jours, plus d'un milliard de personnes à travers le monde
ne disposent pas d'un logement décent et que plus de cent
millions autres n'ont pas de maison du tout. La plupart des
pays africains connaissent une urbanisation rapide, des
établissements humains non planifiés et une dégradation de
leur environnement. Nos gouvernements appréhendent les
problèmes des établissements humains de concert avec les
autres besoins fondamentaux que sont l'emploi, la santé,
l'éducation, la nourriture et l'environnement. Dans ce
contexte, permettez-moi, au nom de mes collègues africains, de
rendre un hommage particulier au Secrétaire général des
Nations Unies, M. Boutros Boutros-Ghali, pour avoir lancé
l'Initiative spéciale des Nations Unies en faveur de
l'Afrique.
La communauté internationale dispose de différents moyens
pour aider l'Afrique et les autres pays en développement à
parvenir à une croissance économique et à améliorer la
situation des établissements humains. A plusieurs reprises,
dans le cadre de conférences internationales, nous avons
exhorté les pays développés à examiner sérieusement nos appels
en faveur d'un allègement de la dette et d'une amélioration
des termes des échanges commerciaux pour permettre à nos
économies de progresser. Notre souhait est de voir les efforts
pour la paix et la stabilité sociale constituer l'axe central
des politiques en faveur de l'Afrique. Les grandes conférences
des Nations Unies ont toutes souligné la nécessité d'adopter
une action concertée pour améliorer la qualité des
établissements humains. Nous sommes convaincus que cette
conférence réalisera des progrès substantiels dans la
réalisation de cet objectif.
Il y a quelques mois, j'ai lancé un programme-cadre pour
le Kenya, qui contient les réformes économiques qui seront
entreprises d'ici à 1998. J'ai souligné dans ce document que
la pauvreté et le chômage sont les deux principaux défis
auxquels est confrontée notre nation. Tout en protégeant les
personnes les plus vulnérables, nous devont encourager
l'esprit d'entreprise dont fait preuve notre peuple. A cet
égard, au Kenya, il existe un programme connu sous le nom de
"Jua Kali", qui en swahili signifie littéralement travailler
sous un soleil brûlant. Il vise à résoudre les problèmes de
sécurité sur les lieux de travail, à améliorer les
compétences, la distribution d'eau et d'électricité, à
désenclaver les endroits reculés par la construction
d'infrastructures routières, à allouer des terres et à
enseigner le marketing.
Le Kenya est fier d'accueillir le Siège du Centre des
Nations Unies pour les établissements humains (HABITAT) à
Nairobi. C'est pourquoi, ma délégation souhaite qu'HABITAT,
sous l'autorité de la Commission des établissements humains
soit renforcé et se voit confier la coordination, le contrôle
et le suivi de la mise en oeuvre des recommandations d'Habitat
II. Dans cet esprit, nous nous engageons à tout faire pour
réussir la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat.
(à suivre)
-11- HAB/IST/20
12 juin 1996
M. OMARI ALI JUMA, VICE-PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE-UNIE
DE TANZANIE: la Tanzanie a entrepris d'énormes efforts pour
mettre en oeuvre les 64 objectifs adoptés lors de la
Conférence de Vancouver. Des réussites ont été enregistrées
mais certains échecs doivent être reconnus. La Tanzanie a
adopté une approche holistique du développement, convaincue
que le développement socio-économique et la protection de
l'environnement sont susceptibles de bien compléter le
développement durable. Dans ce contexte, et conscient des
limites du secteur public, le pays est désormais convaincu du
rôle crucial de la participation des secteurs communautaire et
privé ainsi que des ONG et des autorités locales. Le
Gouvernement est déterminé à assurer un partenariat
authentique dans la planification, la mobilisation des
ressources et l'investissement dans les établissements
humains.
En dépit de ces prémisses, force est de reconnaître la
faiblesse des capacités des autorités locales, qui ont
longtemps été dépendants des subventions gouvernemntales. Les
autorités locales requièrent un appui financier et en termes
d'édification de capacités afin de leur permettre d'élaborer,
mettre en oeuvre et gérer les programmes de développement
urbain. La Tanzanie saisit cette occasion pour attirer
l'attention sur le fardeau de la dette, qui continue de
handicaper ses efforts. De même, certains comportements
culturels ont frustré les efforts vers de meilleurs
établissements humains.
L'on ne saurait ignorer par ailleurs les conséquences des
guerres et des conflits sur l'habitat humain. Les statistiques
indiquent qu'entre 1985 à 1993, le nombre de réfugiés dans le
monde a doublé pour atteindre les 19 millions. A elle seule,
la Tanzanie est le havre de plus de 1,3 million de réfugiés.
Dans ce contexte, les efforts visant à l'amélioration et à la
gestion des établissements humains doivent aller de pair avec
des mesures de prévention et de règlement des conflits dans
les pays concernés. Toutefois, il est clair que la solution
durable à ces déplacements de populations, notamment en
Afrique, demeure tributaire de la promotion des institutions
démocratiques, d'un bon gouvernement, du respect des droits de
l'homme et de la transparence.
La Tanzanie est d'avis que la corruption contribue
considérablement à l'échec des efforts gouvernemntaux en
faveur de la promotion des développements tant urbain que
rural dans la plupart des pays en développement. La communauté
internationale doit reconnaître que l'Afrique vit une
situation particulièrement complexe qui rend impérative la
préparation adéquate des populations à la mise en oeuvre de
concepts nouveaux.
La pauvreté et la dégradation de l'environnement sont des
phénomènes intimement liés. Ils contribuent tous deux à la
mise en place d'établissements humains socialement insécures.
La Tanzanie est activement engagée dans un processus
d'identification des causes et de l'ampleur de la pauvreté
dans le pays. Qui plus est, le Gouvernement mène un double
effort qui vise à améliorer la qualité de vie de la population
rurale afin de dissuader les migrations anarchiques vers les
villes d'une part, et la réalisation de programmes globaux de
développement urbain tenant compte des nouvelles politiques
économiques, d'autre part.
(à suivre)
-12- HAB/IST/20
12 juin 1996
Le Gouvernement tanzanien est convaincu que le Centre
Habitat, de concert avec la Commision des Nations Unies pour
les établissements humains, constituent les institutions
idoines pour la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat. Il
est impératif dans ce contexte d'accroître les ressources
financières et humaines du Centre.
M. ION ILIESCU, PRESIDENT DE LA ROUMANIE: Habitat II
s'inscrit dans la dynamique positive du cycle des conférences
mondiales organisées par l'ONU. Le développement des
établissements humains et de l'urbanisation offrent en égale
mesure les possibilités pour la promotion avec succès des
politiques globales visant un développement durable. Les
conditions d'amélioration de la qualité de la vie urbaine sont
à présent plus favorables et, c'est pourquoi, pendant les
dernières années, nous avons pu constater beaucoup
d'initiatives menées en cette direction. Il est à remarquer
l'importance des réunions d'experts en habitat et en
urbanisme, comme l'Association internationale des experts en
urbanisme, qui a récemment eu lieu à Bucarest et qui a formulé
des recommandations utiles concernant l'utilisation efficace
des terres, la restructuration des villes et la création de
conditions décentes de vie. Les nations et les collectivités
sont devenues plus conscientes que, sans une action pour
l'augmentation de la qualité de la vie, la société sera
exposée à des coûts et à des risques inacceptables.
A partir de 1990, la Roumanie s'est engagée dans un ample
processus irréversible visant la consolidation d'une société
démocratique, d'un Etat de droit, tout en adoptant un nouveau
modèle de développement économique et social, ayant comme
fondement l'économie de marché, avec une composante sociale
adéquate. Pendant cette période de transition d'un système
économique et politique centralisé vers une économie de marché
et une démocratie stable, un nouveau système social a commencé
à s'esquisser et à se développer, dans lequel la redéfinition
sur un fondement durable du développement des établissements
humains est en train de devenir une priorité des politiques
nationale et locales.
La Conférence Habitat II a mis en évidence le caractère
global du développement des établissements humains, qui
suppose une approche et des solutions globales concertées.
Dans ce contexte, la Roumanie apprécie hautement la
coopération internationale, à même de soutenir l'effort de
chaque pays. La Roumanie est intéressée par le succès de cette
conférence qui doit contribuer à l'instauration d'un
partenariat réel pour le développement économique et social.
M. AHAMAD SHAH AHMADZAI, PREMIER MINISTRE PAR INTERIM DE
L'ETAT ISLAMIQUE D'AFGHANISTAN: 19,000 des 22,000 villages
existants en Afghanistan ont été détruits par l'occupation
soviétique et les autres conflits ayant sévi dans le pays.
Plus de 3 millions d'Afghans sont des réfugiés et plus d'un
million des personnes déplacées. Grâce à la relative
amélioration de la situation politique dans le pays, l'année
1996 a été témoin d'une augmentation des rapatriements.
Toutefois, des mesures doivent être adoptées pour satisfaire
les besoins des réfugiés en matière de transports, de soins de
santé et d'abris provisoires. Il
(à suivre)
-13- HAB/IST/20
12 juin
1996
serait plus avantageux cependant de s'atteler à la
reconstruction de l'infrastructure des villages et des zones
rurales. Le manque de ressources financières et de crédits
demeurent les principaux obstacles au développeemnt rural en
Afghanistan. Pour sa part, le Gouvernement est engagé à la
promotion d'activités et du retour à des conditions de vie
normales. Pour cette raison, et convaincue du caractère vain
de la poursuite du conflit armé, la politique gouvernementale
tente de promouvoir la poursuite du dialogue entre Afghans.
Dans ce cadre, le Président Rabbani s'est déclaré prêt à se
rendre personnellement dans les fiefs de l'opposition afin d'y
entamer des négociations de paix. L'Afghanistan prie les
institutions des pays développés et des Nations Unies, les
ONG, les Banques islamique, asiatique et mondiale de fournir
l'assistance dont l'Afghanistan a cruellement besoin pour sa
reconstruction.
M. ALEKSANDER KWASNIEWSKI, PRESIDENT DE LA POLOGNE: nous
pourrons relever les défis auxquels est confrontée l'humanité
à l'aube d'un nouveau millénaire que si nous garantissons les
perspectives d'un développement des établissements humains.
Nous pourrons surmonter de tels défis que si nous ouvrons la
voie à la satisfaction des besoins fondamentaux des êtres
humains, et plus particulièrement des familles, que si nous
ouvrons la voie à un logement décent. Je partage l'opinion
qu'a exprimée il y a quelques jours le Secrétaire général des
Nations Unies selon laquelle le problème est mondial et ne
peut être résolu par des initiatives isolées. Je souhaite
cependant souligner que nous les Présidents, les Premiers
Ministres et Ministres réunis à Istanbul, nous devons surtout
agir avec vigueur dans nos propres pays. Nous devons
satisfaire les besoins en logement de nos citoyens. Nous
devons nous battre pour une meilleure gestion des terres et
combattre les pathologies urbaines. En nous aidant les uns les
autres, nous aiderons aussi les autres.
Les expériences que la Pologne a accumulées en matière de
rédéfinition du logement, de construction et d'aménagement
foncier sont typiques de celles qu'acquièrent les pays qui
connaissent de profondes transformations politiques et
économiques. Nous avons nos expériences, nos succès et aussi
nos échecs. Il pourrait, par conséquent, être utile de créer
un centre régional pour le logement, la recherche sur
l'aménagement foncier et la coopération technique pour ce
groupe de pays. La Pologne est disposée à en initier la
création et à accueillir sur son territoire un tel centre.
Le Gouvernement polonais créé maintenant les conditions
d'un développement des établissements humains sur la base des
économies locales des pays développés et en harmonie avec
l'environnement naturel. Nous devons désormais ajuster nos
dispositions réglementaires et nos programmes aux normes en
vigueur dans les pays de l'Union européenne et à celles de la
Commission économique des Nations Unies pour l'Europe.
(à suivre)
-14- HAB/IST/20
12 juin
1996
La Pologne approuve les documents finaux de cette
Conférence et estime que le développement des établissements
humains est l'un des éléments clés des programmes économiques
et sociaux des Nations Unies. Conscients de la responsabilité
qui nous incombe dans le succès du village planétaire, nous
soutiendrons activement les efforts de la communauté
internationale afin d'assurer les conditions d'un
développement permanent des établissements humains dans le
monde entier.
M. EZER WEIZMAN, PRESIDENT DE L'ETAT D'ISRAEL:
l'absorption satisfaisante, dans les domaines du logement et
de l'emploi, de plusieurs vagues d'immigrants constitue un
défi majeur qu'Israël a su relever. Israël a en outre engagé
des programmes visant à améliorer l'infrastructure, élever le
niveau de vie, et réduire les disparités sociales. Qui plus
est, l'ensemble des investissements dans la construction de
logements et de routes est mis en oeuvre en étroite
coordination avec les autorités chargées de la protection de
l'environnement. La vision de la paix dans la région du Moyen-
Orient prend désormais une tournure réelle. Les traités de
paix déja conclus et ceux à venir, si Dieu le veut, mettent en
place un cadre nécessitant un contenu: l'amélioration des
conditions de vie de l'ensemble de la région. Il s'agit d'un
formidable défi qui nécessite l'effort de tous les Etats, des
organisations et des individus.
Israël considère la Turquie comme un élément important et
central de stabilité. Il appuie ainsi l'adhésion de ce pays à
l'Union européenne. En ce qui concerne le Moyen-Orient, Israël
partage avec la Turquie les mêmes valeurs démocratiques et
modernes. Je demeure peronnellement convaincu de la poursuite
du processus de paix par le nouveau Gouvernement dirigé par M.
Benjamin Nethanyahu. A l'instar de la Turquie, Israël lutte
pour éliminer le terrorisme avec la même détermination qu'elle
déploie pour gagner la paix. Malgré les actes de terrorisme
enregistrés au cours des dernières 72 heures et la réaction
incompréhensible des dirigeants arabes à la suite du résultat
des élections, Israël saisit cette occasion pour rassurer la
communauté internationale sur la volonté du nouveau
gouvernement à poursuivre le processus de paix.
* *** *