12 juin 1996
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HAB/IST/19
LE SECRETAIRE GENERAL INAUGURE LA SESSION DE HAUT NIVEAU
DE LA CONFERENCE HABITAT II
Conférence HABITAT II HAB/IST/19
12 juin 1996
LE SECRETAIRE GENERAL INAUGURE LA SESSION DE HAUT NIVEAU
DE LA CONFERENCE HABITAT II
On trouvera ci-après le texte de la déclaration qu'a
prononcée aujourd'hui, à Istanbul, dans le cadre de la
Conférence Habitat II, le Secrétaire général, M. Boutros
Boutros-Ghali, lors de la cérémonie d'ouverture de la session
de haut niveau:
Istanbul, 12 juin 1996,-- "C'est avec un grand plaisir et
une vive satisfaction que je m'adresse aujourd'hui aux
éminents dirigeants des pays du monde, qui se sont rassemblés
ici à Istanbul pour réfléchir à la voie que doit suivre
l'humanité en vue de préparer son avenir commun
au XXIe siècle.
Il doit émaner de cette conférence d'Istanbul un message
qui perdure bien après l'achèvement de ses travaux, et ce
message doit être que toutes les nations et tous les peuples
entendent collaborer sur un pied d'égalité et partager les
responsabilités d'un monde unique.
Nous traversons une époque de bouleversements, qui nous
ouvre cependant des perspectives et nous donne l'espoir de
pouvoir bâtir un monde nouveau, promouvoir le progrès social
et accroître les chances offertes à tous les êtres humains.
Ces objectifs devront être atteints dans les villes,
grandes et petites, comme dans les établissements plus
modestes d'un monde en voie d'urbanisation rapide.
Une civilisation mondiale d'un type urbain aura des
répercussions profondes sur les schémas de croissance
économique et de développement national et international. Nous
ne saurions faire abstraction de ses conséquences pour
l'utilisation des ressources naturelles et la viabilité de nos
activités du point de vue écologique.
(à suivre)
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Des changements de cet ordre sont déjà en cours, sous
l'impulsion de la mondialisation et de la libéralisation de
l'économie internationale, de la démocratisation et de la
révolution technologique. L'urbanisation n'est pas simplement
un phénomène démographique : les rapports entre villes et
campagnes, comme la physionomie des centres urbains autant que
des villages, s'en trouvent modifiés.
Nous ne pouvons continuer d'agir comme nous l'avons fait
dans le passé; nous devons réagir. Il s'agit là de réelles
gageures, auxquelles tous les pays doivent faire face sans
tarder. Si nous nous attelons ensemble à la tâche, dans le
cadre d'un partenariat mondial, nos chances de succès seront
certainement meilleures.
Déjà, l'exode rural a eu pour effet d'aggraver la
pauvreté dans les villes, surtout parmi les femmes et les
enfants, le manque de logements et de services de base,
le chômage et le sous-emploi, les tensions ethniques et la
violence, la toxicomanie, la criminalité et la désintégration
sociale. L'apparition de mégapoles s'est accompagnée d'une
dégradation des sols, d'un engorgement de la circulation, et
d'une pollution de l'air, de l'eau et du sol. Tous les
établissements humains, grandes agglomérations, villes et
villages, subissent des contraintes économiques sans
précédent.
Mais c'est vers ces mêmes établissements humains que nous
devons nous tourner pour trouver une source de croissance
économique et d'emploi pour les générations futures. Il faut
par conséquent qu'ils deviennent viables, productifs, sûrs et
sains.
Il faut pour cela apporter des réponses à quelques
questions très difficiles. Comment améliorer la gestion et le
financement des établissements humains ? Quelles politiques
permettront d'améliorer les conditions d'existence et de
travail des déshérités, des familles et des collectivités ?
Comment stimuler la croissance économique et accroître
les possibilités d'emploi dans les grandes villes sans
provoquer des dommages écologiques à long terme et un
gaspillage des ressources naturelles de la planète ? Comment
faire profiter les villes et les campagnes des maigres
ressources disponibles ? Comment offrir des logements et des
services abordables à la population croissante du monde ?
Ces questions ne s'adressent pas uniquement aux pays en
développement du Sud. L'évolution économique et sociale jette
aussi une ombre sur les grandes villes des pays industrialisés
du Nord. Des problèmes communs exigent un programme mondial
commun si nous voulons les résoudre.
Nous nous trouvons face à un avenir pour lequel le passé
ne saurait nous servir de guide. Mais ici, à Istanbul, nous
avons tracé une voie nouvelle. Nous avons pris des mesures
audacieuses. Nous avons lancé un processus nouveau pour un
partenariat à l'échelle mondiale, en vue de créer des
établissements humains viables dans un monde en cours
d'urbanisation. En agissant ainsi, nous faisons aussi
progresser les engagements pris par la communauté
internationale lors des conférences marquantes de
l'Organisation des Nations Unies, à commencer par le Sommet
"Planète Terre" de Rio en 1992.
(à suivre)
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La Conférence Habitat, a été remarquable à maints égards.
Il s'en dégage deux points saillants : la prépondérance
accordée à la constitution d'alliances et l'expression d'idées
novatrices.
Aucune autre conférence des Nations Unies n'a bénéficié
de contributions d'un si grand nombre de groupements
spécialisés de parties prenantes. Collectivités locales,
entreprises, organisations non gouvernementales,
parlementaires, groupes de femmes, syndicats, académies des
sciences et des techniques, groupes religieux, sociétés
culturelles, fondations et jeunes - chacun, dans son lieu de
rencontre, a pu examiner et façonner son propre rôle en faveur
des objectifs de la Conférence.
La Conférence a établi un mécanisme qui a permis à ces
protagonistes d'exposer leurs idées, d'exprimer leurs
préoccupations et de procéder à des échanges avec des
représentants de gouvernements. Ainsi, Habitat est la première
Conférence des Nations Unies à avoir offert, dans le cadre de
son dispositif officiel, une tribune aux représentants de la
société civile. C'est une conférence où de nouveaux
partenariats ont commencé à prendre forme, en vue d'atteindre
un objectif commun.
Ce processus a été renforcé par les nombreuses
manifestations parallèles qui ont eu lieu pendant la
Conférence elle-même. Dialogues, séminaires, colloques,
groupes de discussion et exposés de toutes sortes ont abordé
les grandes questions de fond dont la Conférence était saisie,
élargissant et approfondissant ainsi un ordre du jour déjà
vaste et complexe. La grande diversité des questions abordées
n'a eu pour égale que la diversité de leurs auteurs. Je
félicite le Gouvernement turc et la municipalité d'Istanbul
d'avoir facilité ce processus et d'avoir pris une part très
active à l'organisation des travaux et à leur soutien.
Il convient, en raison de sa contribution technique et
concrète, de souligner un aspect important de la Conférence
Habitat. Il s'agit de la mise en évidence des "meilleures
pratiques", en tant que modèles de pensée novatrice et sources
d'inspiration pour le progrès urbain. Ainsi, Habitat a été une
pépinière d'idées susceptibles de changer la vie des gens,
idées que l'on a toute latitude d'utiliser et d'adapter au
profit de toutes les communautés en quête d'une vie meilleure.
Pareille innovation a donné à la Conférence un caractère
exceptionnel et promet des répercussions concrètes.
Je constate avec une satisfaction particulière que c'est
véritablement l'ensemble du système qui a oeuvré à cette
entreprise. La coopération entre les organismes et programmes
des Nations Unies, y compris les institutions de Bretton
Woods, a été féconde dans le cadre tant des délibérations de
la Conférence que des nombreuses manifestations parallèles. Je
ne négligerai aucun effort pour faire en sorte que ce
vigoureux esprit de collaboration et d'interaction persiste
dans la prochaine phase - cruciale - consistant à traduire vos
décisions en mesures concrètes.
(à suivre)
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A ce propos, je tiens à insister sur trois éléments :
- Les différentes composantes du système des Nations
Unies doivent entreprendre des activités complémentaires. Cela
est particulièrement important en raison du caractère
multidisciplinaire de la Conférence.
- Le suivi de la Conférence doit s'intégrer aux mesures
prises pour mettre en oeuvre les résultats d'autres
conférences mondiales récentes. Le cadre de ce suivi intégré a
été mis en place par les équipes spéciales thématiques
constituées au sein du système des Nations Unies. Les
questions traitées par ces équipes spéciales - emploi et
moyens d'existence durables, environnement favorable et
services sociaux -, ainsi que l'accent mis sur la lutte contre
la pauvreté, revêtent une importance critique pour la mise en
oeuvre des décisions auxquelles est parvenue la Conférence.
-Il nous faut donner une nouvelle impulsion à la phase de
suivi afin de renforcer les relations de partenariat entre les
Nations Unies et la société civile, dont la participation
active et les divers apports à la Conférence l'ont rendue si
singulière et féconde.
Mesdames et Messieurs,
Le moment est venu de montrer la clairvoyance, l'esprit
d'organisation et la volonté politique nécessaires pour
relever les défis lancés par la Conférence. En tant que chefs
d'Etat ou de gouvernement, vous êtes ceux qui, à titre
individuel et collectif, faciliteront la mise en oeuvre de ce
processus.
Les décisions prises à Istanbul constituent un fondement
solide pour le progrès futur. Mais il faut les traduire en
mesures concrètes, en politiques nationales, en formes
nouvelles de coopération internationale, en une collaboration
plus étroite entre gouvernement et société civile.
Je vous remercie, Monsieur le Président, de votre
direction éclairée et de la ferme détermination dont vous avez
fait preuve pour assurer le succès de la Conférence.
Nous tenons également à remercier le Maire d'Istanbul et
les habitants de cette ville magnifique, de la chaleur de leur
accueil et de leur généreuse hospitalité.
Pour terminer, au nom du système des Nations Unies, je
remercie la République turque d'avoir rendu possible cette
manifestation véritablement exceptionnelle. Ce pays et sa
population peuvent être fiers à juste titre de la contribution
qu'ils ont apportée, par cette Conférence, à l'édification
d'un monde meilleur.
* *** *