10 juin 1996
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et des Accrédidations
HAB/IST/16
LA CONFERENCE HABITAT II CELEBRE LA DECENNIE INTERNATIONALE DES POPULATIONS
AUTOCHTONES
Conférence HABITAT II HAB/IST/16
10ème séance (matin) 10 juin 1996
LA CONFERENCE HABITAT II CELEBRE LA DECENNIE INTERNATIONALE
DES POPULATIONS AUTOCHTONES
Elle poursuit son échange de vues sur la situation
des établissements humains et les stratégies pour l'améliorer
La Plénière de la Deuxième Conférence des Nations Unies sur les
établissements humains (Habitat II) a célébré, ce matin, la Décennie
internationale des populations autochtones, en présence de M. Ibrahima
Fall, Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, et de M. Wally N'Dow,
Secrétaire général d'Habitat II, qui ont tous deux prononcé une allocution.
M. Fall, qui est également Coordonnateur de la Décennie
internationale, a jugé particulièrement approprié qu'Habitat II,
Conférence, qui va discuter des besoins en logement du 21ème siècle, se
penche sur les nécessités spécifiques des populations autochtones, dont les
besoins économiques et autres dépendent, pour une large majorité d'entre
elles, de leurs terres. Il est également souhaitable que la Conférence
reconnaisse les besoins spécifiques des populations autochtones dans les
villes. En conclusion, M. Fall a lancé un appel à tous les Etats afin
qu'ils déploient tous leurs efforts pour mettre en oeuvre la Décennie
internationale, et en particulier, le Programme d'activité qui a été
préparé par l'Assemblée générale.
Pour sa part, M. N'Dow, Secrétaire général d'Habitat II , a déclaré
que le message d'Habitat II est aussi valable pour les communautés
autochtones puis qu'il promeut l'autonomisation, le contrôle sur la prise
de décisions et les ressources, ainsi que la lutte pour l'égalité. En
appelant à l'égalité d'accès au logement, à l'éducation, aux services de
santé, à l'eau potable, aux programmes de formation, le Programme pour
l'habitat cherche à améliorer la qualité de vie et ouvrir de nouvelles
opportunités socio-économiques aux populations autochtones. La mise en
oeuvre du Programme pour l'habitat est à même de renforcer leur voix sur la
scène politique et leur capacités à regagner le contrôle sur les ressources
foncières.
(à suivre)
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10 juin 1996
Outre MM. Fall et N'Dow, les personnalités suivantes ont prononcé une
allocution dans le cadre de la célébration de la Décennie internationale:
M. Edmundo Hermosilla, Ministre du logement du Chili; M. Ole Lovig-
Simonsen, Ministre du logement et de la construction du Danemark; M. Li
Zhaoxing, et Vice Ministre des affaires étrangères de la Chine. Les
représentants du Brésil, du Canada et de la Norvège ont également pris la
parole.
Auparavant, la Plénière avait poursuivi l'échange de vues général
qu'elle a entamé le 3 juin dernier, sur le thème de la situation des
établissemsnts humains et les stratégies à suivre pour l'améliorer.
A ce titre, la Conférence a entendu les déclarations de
M. John Humphrey, Ministre du logement et des établissements humains de
Trinité-et-Tobago et de M. Hamadou Moustapha, Vice-Premier Ministre, chargé
de l'urbanisme et de l'habitat du Cameroun. Les représentants de Malte, du
Pakistan et de Madagaskar ont également pris part à l'échange de vues.
Mme Elizabeth Dowdeswell, Directrice exécutive du Programme des
Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et M. Pierre Vinde, Secrétaire
général adjoint de l'Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE) ont pris la parole.
Sont également intervenus, les représentants des organisations non
gouvernementales International Religious Foundation, Brahma Kumaris et
Human Settlements Caucus.
Le représentant du Nigéria a exercé son droit de réponse.
La Plénière de la Conférence reprendra son débat général, demain,
mardi 11 juin, à 10 heures.
(à suivre)
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Poursuite de l'échange de vues général
MME ELIZABETH DOWDESWELL, DIRECTRICE EXECUTIVE DU PROGRAMME DES
NATIONS UNIES POUR L'ENVIRONNEMENT (PNUE): les villes , qui ont longtemps
constitué les principaux centres de production et de consommation, sont
maintenant perçues comme les responsables et les victimes des dommages
causés à l'environnement. En tant que dernière conférence internationale de
ce siècle, Habitat II a l'obligation de fournir des réponses concrètes à la
crise de l'environnement. Les défis auxquels nous sommes confrontés sont
gigantesques et sans précédent. Habitat II doit s'efforcer de relier entre
elles les deux définitions de l'habitat: un établissement humain et un
écosystème. La précarité des conditions de vie dans les zones urbaines des
pays en développement souligne la vulnérabilité des plus pauvres face aux
nombreux problèmes d'environnement. Pour y répondre, il faut d'abord
améliorer l'accès à l'eau potable et les conditions d'hygiène. Il faut
résoudre la question des déchets solides. Il importe de réduire la
pollution atmosphérique. Il faut également veiller aux questions
d'implantation de logements et d'industries dans les zones écologiquement
sensibles. Enfin, il faut rédéfinir les infrastructures de transport. Pour
sa part, le PNUE cherche les voies et moyens de rendre le développement
durable significatif au niveau local. Il a lancé divers programmes, dont le
Programme des villes durables, en collaboration avec le Centre des Nations
Unies pour les établissements humains et a adopté une "Planification des
services stratégiques".
M. JOSEPH CASSAR (MALTE): les engagements qui seront pris lors de
cette confértence auront des conséquences non seulement sur les
institutions nationales chargées de leur mise en oeuvre mais également sur
chaque individu. Malte accorde une importance particulière à la promotion
d'établissemsnts humains durables. Cete démarche puise sa source dans le
respect de la dignité humaine. De ce fait, les politiques de développement
de Malte s'illustrent par une approche intégrée. Elle demeure convaincue
que le développement durable ne saurait se limiter à la seule croissance
économique. En effet, la durabilité exige le respect simultané d'un
équilibre entre les demandes et besoins sociaux et des droits et intérêts
des générations à venir. Le développement social ne saurait être entrepris
isolément mais intégrer les dimensions des droits de l'homme et des
libertés fondamentales, de la dignité humaine et des besoins des groupes
les plus vulnérables.
Le Programme pour l'habitat en cours de négociation souligne la
nécessité d'un examen global de ces problématiques, en tenant compte de
faire participer tous les secteurs de la société. Le secteur non
gouvernemental détient en effet bien souvent la connaissance, lèsprit
d'initiative et l'expertise nécessaires lélaboration, la planification, et
la mise en oeuvre de solutions durables et solidaires. Les partenaires non
gouvernementaux méritent par conséquent de continuer à jouer ce rôle
d'interlocuteurs incontournables au sein du processus de développement.
(à suivre)
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MME SHAHNAZ WAZIR ALI (PAKISTAN): à l'instar de nombreux pays en
développement, le Pakistan, qui jusqu'à présent était un pays à dominante
rurale, s'est rapidement urbanisé. En vingt ans, sa population urbaine est
ainsi passée de 6 à 46 millions. A ce rythme, en l'an 2000, la moitié de la
population du pays vivra en zone urbaine. Pour réduire l'exode rural, il
importe désormais de promouvoir et de revitaliser le secteur agricole afin
d'offrir de plus grandes occasions aux populations de rester dans les
campagnes. Il est regrettable de voir le peu d'attention accordé en
matière de développement durable des établissements humains aux villes
petites et moyennes. Le Gouvernement du Pakistan, sous la conduite de son
Premier Ministre, a adopté une série de mesures pour corriger les erreurs
de certaines politiques relatives aux établissements humains. Sa politique
du logement fait partie intégrante des priorités économiques et sociales du
gouvernement. Le Pakistan a également pris des dispositions spécifiques et
recourt à une approche intégrée dans le domaine du logement. Le Pakistan
estime que le Programme pour l'habitat qui sera adopté par Habitat II doit
définir les rôles et les responsabilités des différents acteurs aux niveaux
national, régional et mondial. Le succès des efforts déployés au niveau
national dépend de l'instauration d'un système économique mondial équitable
et du renforcement de la coopération internationale.
M. PIERRE VINDE, SECRETAIRE GENERAL ADJOINT DE L'ORGANISATION DE
COOPERATION ET DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUES (OCDE): il serait illusoire de
se convaincre qu'une croissance économique poursuivie isolément serait à
même d'atténuer l'impact des problèmes sociaux et écologiques des villes.
Il s'agit au contraire de reconnaître la complexité des problèmes et
chercher des solutions multidimensionnelles. Istanbul est le signe que les
questions urbaines et rurales dépassent le simple cadre local voire
national. Elles font partie de l'ordre du jour d'une économie devenue
interdépendante. De nombreux pays disposent des ressources et des capacités
de faire face aux défis des développements urbain et rural. Il s'agit dès
lors d'établir les priorités. L'OCDE a mis en place un cadre multilatéral
efficace au sein duquel ses Etats membres poursuivent des politiques leur
ayant permis de tirer davantage profit de la tendance à la mondialisation
de l'économie. Pour être réellement efficaces, les politiques doivent
traiter des forces et faiblesses des zones urbaines et rurales. Ainsi, en
1994, l'OCDE a créé un Service du développement du territoire, chargé de ce
problème. En mars dernier, et dans la perspective d'Habitat II, l'OCDE et
le Gouvernement allemand ont tenu, à Berlin, une Conférence sur le
développement urbain durable. A cette occasion, l'OCDE a publié son rapport
sur la ville écologique, qui démontre que le progrès social, politique et
technique est à même de pousser très loin les limites de l'innovation. Les
Nations Unies et les organisations intergouvernementales, comme l'OCDE,
doivent assumer leur responsabilité d'aider les gouvernements à établir des
objectifs; à lever les obstacles en vue d'un changement positif; et
coordonner l'introduction de politiques et programmes optimaux.
(à suivre)
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M. JOHN HUMPHREY, MINISTRE DU LOGEMENT ET DES ETABLISSEMENTS HUMAINS
DE TRINITE-ET-TOBAGO: Trinité-et-Tobago reconnaît, y compris dans sa
Constitution, que le logement est un droit fondamental de tous les peuples.
L'Etat, qui a la chance de posséder plus de 50% des terres, est disposé à
les distribuer de façon planifiée et durable. A Trinité-et-Tobago, près de
60% des chefs de famille sont des femmes. Aussi, le gouvernement s'est
engagé à les traiter sur un pied d'égalité avec les hommes dans les
dispositions relatives à l'accès par tous à un logement décent. Outre la
nécessité de renforcer le partenariat entre le gouvernement et la société
civile de Trinité-et-Tobago, il importe désormais d'instaurer des relations
de travail réciproques avec les pays amis et l'ensemble du système des
Nations Unies, y compris avec le Centre des Nations Unies pour les
établissements humains (HABITAT). Trinité-et-Tobago a commencé à mettre en
oeuvre le programme "Sou-Sou Land" qu'il avait présenté lors de la
Conférence des Nations Unies qui s'est tenue en 1987, à Nairobi.
M. HAMADOU MOUSTAPHA, VICE-PREMIER MINISTRE CHARGE DE L'URBANISME ET
DE L'HABITAT: en Afrique, les problèmes traditionnels de développement sont
aggravéspar une croissance urbaine jamais égalée. Au-delà d'une solidarité
nationale, les pays africains ont besoin d'une solidarité internationale
plus marquée: commele souligne le Programme d'action, il y va de la paix,
de la sécurité et de la stabilité internationales. Pour sa part, et en
dépit d'un contexte difficile, le Gouvernement camerounais s'emploie à
relever le défi d'offrir à chaque habitant le meilleur cadre de vie
possible aussi bien en ce qui concerne le logement que son environnement
immédiat. Il va sans dire que ces efforts devront être soutenus par la
communauté internationale dont l'appui a toujours constitué un appoint au
développement sous toutes ses formes. S'agissant des prépartifs de cette
Conférence, le Cameroun a lancé en octobre 1994, le processus préparatoire
qui a été animé par quatre types de structures: une Commission nationale de
supervision; une cellule de coordination technique composée de repréentants
des administrations publiques, des collectivités locales, des ONG, des
médias, des universitaires et du secteur privé; des
sous-comités techniques chargés de dresser des rapports sectoriels sur les
thèmes de la Conférence; et des comités provinciaux et locaux chargés de
présenter les spécificités de leurs régions respectives. Ces travaux ont
abouti, entre autres, à la préparation d'un rapport national qui fait le
point des actions politiques menées depuis la Conférence de Vancouver et
qui propose un plan d'action national pour les 20 prochaines années.
Le Cameroun est d'avis qu'un Programme aussi important que celui des
indicateursvurbains et du logement devra être complété et intégré dans un
réseua d'information national, régional et mondial avec toutes les
garanties nécessaires à une gestion et une exploitation durables. Les
engagements pris lors de cette Conférence devront viser le renforcement des
mécanismes existants et la création de nouveaux mécanismes et de nouvelles
sources de financement publiques, privées, multilatérales ou bilatérales,
aux niveaux international, régional, national, et local de manière à
favoriser une gestion et une allocation efficaces, rentables et
responsables des ressources.
(à suivre)
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MME YOLANDE RASENDRANIVO, COORDONNATEUR NATIONAL POUR HABITAT II,
DIRECTRICE DE L'URBANISME, DE L'HABITAT ET DU LOGEMENT DU MADAGASCAR:
physiquement, les villes sont et resteront le témoin de l'évolution d'un
pays, et de surcroît, de la situation de l'économie. Le rôle des villes est
important dans toute vélléité de transformation sociale. La dimension
humaine trouve sa vraie valeur dans la dimension urbaine. La politique du
gouvernement malgache est axée depuis quelques années sur la promotion des
villes pour un développement régional intégré. Il s'agit de remettre les
villes à leur région respective, en intégrant et en impliquant les
populations dans les prises de décisions et les mises en oeuvre. Le
gouvernement est d'avis qu'un développement régional régulier et stable
permettrait aux villes principales et aux villes secondaires de trouver une
nouvelle ressource. Participation, mobilisation et responsabilisation
devraient être les maîtres-mots du deuxième millénaire. Il s'agira alors de
mettre en place des observatoires plus que des orientations ou des
directions. Il s'agira ainsi d'appuyer et de soutenir au lieu de se
susbstituer aux acteurs urbains. L'expérience malgache, bien qu'ayant
débuté tardivement a permis d'aboutir à un plan d'action dans lequel chaque
groupe de participants a pu concevoir et gérer des actions dans leur milieu
de vie pour le développement.
LE REVEREND CHUNG HWAN KWAK, INTERNATIONAL RELIGIOUS FOUNDATION
(ONG): l'anonymat inhérent à la vie urbaine est le terreau fertile à la
déchéance de la famille et à l'addiction aux formes les plus extrêmes de la
dépravation. L'absence de beauté naturelle est la cause de pressions et
devient la source de maladies tant physiologiques que mentales. La vie
spirituelle y devient impossible. De ce fait, la campagne répond davantage
aux besoins fondamentaux et plus sophistiqués de l'homme. L'accès au monde
rural ne saurait se muer en un privilège d'élites, en quête d'air et d'eau
non contaminés. Les Gouvernements et l'ensemble des partenaires doivent
soutenir et protéger la famille.
MME DADI JANKI, BRAHMA KUMARIS (ONG): Habitat II ne traite pas
seulement des villes et des établissements humains, mais aussi des droits
que nous avons en tant qu'êtres humains. J'ai consacré les soixante
dernières années de ma vie à chercher à parvenir à une meilleur vision de
moi-même et du monde. Si pour construire une maison il faut des briques,
c'est avec son coeur que l'on bâtit un foyer. Grâce à la pratique et à
l'étude spirituelles nous pouvons changer nos consciences afin de mieux
nous connaître nous-mêmes et de nous révéler en tant qu'êtres spirituels et
prendre conscience de la vérité éternelle que nous sommes des âmes. Le
Brahma Kumaris invite les éducateurs du monde entier à s'engager, tant à
titre personnel que collectif, en faveur d'une éducation morale et
spirituelle. On peut compléter la réflexion de Shakespeare "Qu'est-ce
qu'une ville si ce n'est des personnes?" par "Qu'est-ce qu'une personne
privée d'âme?".
(à suivre)
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MME SANDRA HERNANDEZ-COLON, HUMAN SETTLEMENTS CAUCUS (ONG): à l'heure
où le taux de la population urbaine croît, nous assistons à l'urbanisation
de la pauvreté et à la diffusion des maladies. Le logement et les
infrastructures l'accompagnant sont des sources potentielles d'emplois
productifs. Le logement est un droit de l'homme. La mise en oeuvre de la
Stratégie mondiale du logement d'ici à l'an 2000 et du chapitre 7 d'Action
21 est tributaire des conditions suivantes: un partenariat entre les
secteurs public, privé et communautaire; la participation de l'ensemble des
citoyens à la prise de décisions; la sensibilisation des communautés à
leurs droits, responsabilités et engagements; et l'application de pratiques
de gestion foncière capables de générer des environnements urbains et
ruraux économiquement et financièrement sains. La mise en oeuvre
satisfaisante du Programme pour l'habitat dépend de la volonté des
gouvernements, appuyés par les actions des partenariats privé et public.
Droit de réponse
LE REPRESENTENT DU NIGERIA, EXERÇANT SON DROIT DE REPONSE:
l'attention du Nigéria a été attirée sur un paragraphe d'une intervention
faite, vendredi dernier, par le représentant d'une Organisation non
gouvernementale. Ce dernier prétent que la sécurité au Nigéria n'est guère
assurée. Utilisant cet argument et cette tribune, ce représentant a essayé
de ridiculiser le gouvernement d'un Etat membre des Nations Unies, et ce,
en flagrante violation du règlement intérieur de la Conférence. Le Nigéria
condamne cette tentative de dénigrement d'un Etat membre et l'utilisation
de ce forum à des fins politiques, qui au demeurant, ne se fondent
nullement sur les faits réels.
Célébration de la Décennie internationale des populations autochtones du
monde
DECLARATION DE M. IBRAHIMA FALL, SOUS-SECRETAIRE GENERAL AUX DROITS
DE L'HOMME, COORDONNATEUR DE LA DECENNIE INTERNATIONALE DES POPULATIONS
AUTOCHTONES DU MONDE: l'Assemblée générale des Nations Unies, par sa
résolution 50/157 du 21 décembre 1995, a demandé que la Décennie
internationale des populations autochtones soit l'objet d'une cérémonie
officielle, à l'occasion de la présente Conférence sur les établissements
humains. Il m'est donc particulièrement agréable d'exprimer ma
reconnaissance aux Etats Membres et au Secrétaire général de la Conférence,
pour cette occasion qui nous est offerte d'attirer l'attention sur les
questions d'habitat auxquelles sont confrontés quelque 300 millions
d'autochtones qui vivent à travers le monde. Cette réflexion se poursuivra
après la présente cérémonie solennelle, dans le cadre d'une table ronde sur
"Les autochtones, l'habitat et la terre".
(à suivre)
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L'évolution de ces dernières années témoigne bien d'un changement
fondamental au sein des Nations Unies pour ce qui est des populations
autochtones et des activités qui leur sont consacrées. Malgré tout, force
est de constater que les populations autochtones continuent d'être victimes
de violations des droits de l'homme, et notamment de ces droits qui sont au
coeur des réflexions de la présente conférence: le droit à un niveau de vie
adéquat pour la santé et le bien-être, et le droit au logement.
Aussi est-il est particulièrement approprié que cette Conférence, qui
va discuter des besoins en logement du 21ème siècle, se penche sur les
nécessités spécifiques des populations autochtones, dont les besoins
économiques et autres dépendent, pour une large majorité d'entre elles, de
leurs terres, au présent comme à l'avenir. Il est également souhaitable que
cette Conférence reconnaisse les besoins spécifiques des populations
autochtones dans les villes, et notamment leur désir de maintenir leur
langue, leurs traditions, leurs pratiques religieuses, leur organisation
communautaire en matière de logement et leurs structures de soutien. En
conclusion, je lance un appel à tous les Etats afin qu'ils déploient tous
leurs efforts pour mettre en oeuvre la Décennie internationale sur les
populations autochtones, et en particulier, le Programme d'activité qui a
été préparé par l'Assemblée générale.
DECLARATION DE M. WALLY N'DOW, SECRETAIRE GENERAL DE LA CONFERENCE
HABITAT II, A L'OCCASION DE LA CELEBRATION DE LA DECENNIE INTERNATIONALE
DES POPULATIONS AUTOCHTONES: le message d'Habitat II est aussi valable pour
les communautés autochtones puis qu'il promeut l'autonomisation, le
contrôle sur la prise de décisions et les ressources, ainsi que la lutte
pour l'égalité. Les dispositions suivantes du Programme intéressent plus
particulièrement les populations autochtones. Il s'agit de la gestion de la
terre par les communautés de base; l'élimination de la pauvreté; et la
pleine participation des populations rurales et autochtones à la mise en
place de priorités en faveur d'un développement régional écologiquement
rationnel. Le Programme appuie implicitement et explicitement leur combat
pour le contrôle de leurs terres ancestrales et traditionnelles. En leur
accordant ce droit, le développement durable des régions fragiles serait
assuré. En appelant à l'égalité d'accès au logement, à l'éducation, aux
services de santé, à l'eau potable, aux programmes de formation, le
Programme pour l'habitat cherche à améliorer la qualité de vie et ouvrir de
nouvelles opportunités socio-économiques aux populations autochtones. La
mise en oeuvre du Programme pour l'habitat est à même de renforcer leur
voix sur la scène politique et leur capacités à regagner le contrôle sur
les ressources foncières.
(à suivre)
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M. GERALDO HOLANDA CAVALCANTI (BRESIL): le Brésil attache un intérêt
particulier auz résultats des travaux d'Habitat II, notamment en ce qui
concerne la promotion de la condition des populations autochtones et de
leur habitat. Le principal objectif de la Décennie internationale des
populations autochtones est de renforcer la coopération internationale pour
résoudre leurs problèmes, ce qui est parfaitement cohérent avec les
objectifs du Programme pour l'habitat. La Constitution du Brésil définit
les terres traditionnellement occupées par les populations autochtones
comme étant celles "de ceux qui y vivent de façon permanente, celles où ils
ont leurs activités productives, celles qui sont indispensables pour la
préservation des ressources environnementales nécessaires à leur bien-être
et à leur reproduction physique et culturelle, conformément à leurs usages
et à leurs traditions". Les populations autochtones du Brésil représentent
près de 230.000 personnes, occupent environ 11% du territoire, soit plus de
900.000 km2. Nous espérons que grâce à la Décennie internationale et à la
mise en oeuvre du Programme pour l'habitat et du Plan mondial d'action, il
sera possible de mobiliser l'aide apportée aux pays en développement pour
répondre aux besoins particulier de leurs populations autochtones et leur
fournir un logement adéquat.
MME. JEAN AUGUSTINE, DEPUTEE DU CANADA: le Canada est fier d'avoir
co-parrainé la résolution des Nations Unies qui a lancé la Décennie visant
à reconnaître la contribution des populations autochtones à travers le
monde. Habitat II est une occasion importante pour se rappeler que les
Gouvernements ont promis d'améliorer la situation de plus de 300 millions
d'autochtones dans le monde, notamment dans les domaines des droits de la
personne, de l'environnement, du développement, de l'éducation et de la
santé. Le Canada continue pour sa part, de donner suite à ses engagements à
l'égard des questions autochtones, notamment par le biais des objectifs et
priorités qu'il défend à cette Conférence. L'un de ses objectifs est
justement de souligner l'importance de la participation des autochtones à
l'administration des établissements urbains et ruraux où ils vivent. A cet
égard, le Canada a récemement été l'hôte d'un séminaire d'experts des
Nations Unies sur les expériences pratiques concernant les droits et les
revendications de nature territoriale des autochtones. Sur le plan
national, le Canada a décrété la date du 21 juin "Journée nationale des
Autochtones".
M. EDMUNDO HERMOSILLA, MINISTRE DU LOGEMENT ET DE L'URBANISME DU
CHILI: au Chili, qui compte 14 millions d'habitants, les populations
autochtones représentent 500 000 personnes, soit 3,6% de la population du
pays. Depuis quelques années, les pays d'Amerique se préoccupent de plus en
plus de la situation des populations autochtones. Le Chili a créé, au début
de cette décennie, une Société nationale pour le développement des
populations autochtones et a promulgué une nouvelle loi relative aux
populations autochotnes qui, grâce à des actions concrètes consacrées aux
terres, au développement social et économique, contribue à promouvoir
l'intégration de ces groupes non par
(à suivre)
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l'assimilation mais par la coexistence. Il convient de féliciter les
organisateurs de la présente conférence d'avoir décidé de célébrer la
Décennie internationale des peuples autochtones. Cette décision représente
une reconnaissance explicite de l'importance que doivent occuper les
populations autochtones dans le Plan mondial d'action qu'adoptera Habitat
II, ainsi que dans les plans nationaux que mettront en oeuvre chaque pays.
M. OLE LOVIG-SIMONSEN, MINISTRE DU LOGEMENT ET DE LA CONSTRUCTION DU
DANEMARK: le Gouvernement danois et le Gouvernement autonome du Groenland
s'associent pleinement aux objectifs de la Décennie. Le Danemark est l'un
des rares pays à avoir prévu une stratégie officielle d'aide aux
populations autochtones. Il accorde une importance prioritaire à l'adoption
rapide de la Déclaration des Nations Unies sur les populations autochtones
ainsi qu'à la mise en place d'un forum permanent des populations
autochtones au sein du système des Nations Unies. Ces populations sont
généralement marginalisés sur le plan politique et n'ont pas souvent
l'occasion de travailler aux niveaux national et international afin de
revendiquer leurs droits politiques. Le droit au logement est un élément
important de l'ensemble des droits des populations autochtones. Leurs
besoins spécifiques doivent figurer dans les textes en voie d'adoption. En
1994, un secrétariat des populations autochtones de l'Arctique a été créé à
la suite d'une proposition du Gouvernement danois et du Gouvernement
autonome du Groenland. Le secrétariat, dont le siège se trouve à
Copenhague, coordonne une série d'activités de développement dans les
régions arctiques.
M. LI ZHAOXING, VICE-MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA CHINE:
bien qu'il n'y ait pas de populations autochtones en Chine, le peuple et le
Gouvernement chinois ont toujours manifesté de la sympathie pour leurs
souffrances. La Chine est d'avis que les populations autochtones sont des
membres à part entière de la société humaine et leurs cultures doivent être
considérées comme un trésor de la civilisation. A l'orée du 21ème siècle,
la Chine souhaite que la communauté internatioanle prie tous les
gouvernements concernés, d'adopter des mesures efficaces en faveur de la
promotion des droits des populations autochtones.
MME.INGER LINDGREN (NORVEGE): la Norvège applique une politique du
logement qui tient compte du respect des traditions culturelles des
populations autochtones. Généralement, les populations autochtones vivent
adns des régions marginales. Leurs activités tournent autour de
l'utilisation optimale des ressources disponibles, souvent limitées. Ces
conditions méritent d'être combinées avec les demandes en termes
d'infrastructures et de planification modernes. Dans son article 27, le
Pacte relatif aux droits civils et politiques fournit les modalités de
protection des minorités, comme le sont le Sami de Norvège, contre toute
forme de discrimination. Cet article dispose en poutre que le concept de
culture peut être compris comme étant ses piliers matériels ainsi que les
conditions nécessaires à sa sauvegarde. En 1990, la Norvège a ratifié la
Convention 169 de l'OIT sur les populations autochtones et tribales. la
politique norvégienne à l'égard des Sami a été consacrée par son
intégration au sein de la Constitution, à l'article 110 A.
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