10 juin 1996

Service des Informations
et des Accrédidations
HAB/IST/16



LA CONFERENCE HABITAT II CELEBRE LA DECENNIE INTERNATIONALE DES POPULATIONS AUTOCHTONES


	


Conférence HABITAT II                           HAB/IST/16
10ème séance (matin)                            10 juin 1996






	LA CONFERENCE HABITAT II CELEBRE LA DECENNIE INTERNATIONALE
	DES POPULATIONS AUTOCHTONES



	Elle poursuit son échange de vues sur la situation
des établissements humains et les stratégies pour l'améliorer 

 
	La Plénière de la Deuxième Conférence des Nations Unies sur les 
établissements humains (Habitat II) a célébré, ce matin, la Décennie 
internationale des populations autochtones, en présence de M. Ibrahima 
Fall, Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, et de M. Wally N'Dow, 
Secrétaire général d'Habitat II, qui ont tous deux prononcé une allocution. 
 

	M. Fall, qui est également Coordonnateur de la Décennie 
internationale, a jugé particulièrement approprié qu'Habitat II, 
Conférence, qui va discuter des besoins en logement du 21ème siècle, se 
penche sur les nécessités spécifiques des populations autochtones, dont les 
besoins économiques et autres dépendent, pour une large majorité d'entre 
elles, de leurs terres. Il est également souhaitable que la Conférence 
reconnaisse les besoins spécifiques des populations autochtones dans les 
villes. En conclusion, M. Fall a lancé un appel à tous les Etats afin 
qu'ils déploient tous leurs efforts pour mettre en oeuvre la Décennie 
internationale, et en particulier, le Programme d'activité qui a été 
préparé par l'Assemblée générale. 

	Pour sa part, M. N'Dow, Secrétaire général d'Habitat II , a déclaré 
que le message d'Habitat II est aussi valable pour les communautés 
autochtones puis qu'il promeut l'autonomisation, le contrôle sur la prise 
de décisions et les ressources, ainsi que la lutte pour l'égalité. En 
appelant à l'égalité d'accès au logement, à l'éducation, aux services de 
santé, à l'eau potable, aux programmes de formation, le Programme pour 
l'habitat cherche à améliorer la qualité de vie et ouvrir de nouvelles 
opportunités socio-économiques aux populations autochtones. La mise en 
oeuvre du Programme pour l'habitat est à même de renforcer leur voix sur la 
scène politique et leur capacités à regagner le contrôle sur les ressources 
foncières.      

                         (à suivre)








                            -2-                    HAB/IST/16   
                                                   10 juin 1996




	Outre MM. Fall et N'Dow, les personnalités suivantes ont prononcé une 
allocution dans le cadre de la célébration de la Décennie internationale: 
M. Edmundo Hermosilla, Ministre du logement du Chili; M. Ole Lovig-
Simonsen, Ministre du logement et de la construction du Danemark; M. Li 
Zhaoxing, et Vice Ministre des affaires étrangères de la Chine. Les 
représentants du Brésil, du Canada et de la Norvège ont également pris la 
parole. 

	Auparavant, la Plénière avait poursuivi l'échange de vues général 
qu'elle a entamé le 3 juin dernier, sur le thème de la situation des 
établissemsnts humains et les stratégies à suivre pour l'améliorer.      
	A ce titre, la Conférence a entendu les déclarations de 
M. John Humphrey, Ministre du logement et des établissements humains de 
Trinité-et-Tobago et de M. Hamadou Moustapha, Vice-Premier Ministre, chargé 
de l'urbanisme et de l'habitat du Cameroun. Les représentants de Malte, du 
Pakistan et de Madagaskar ont également pris part à l'échange de vues.

	Mme Elizabeth Dowdeswell, Directrice exécutive du Programme des 
Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et M. Pierre Vinde, Secrétaire 
général adjoint de l'Organisation de coopération et de développement 
économiques (OCDE) ont pris la parole. 

	Sont également intervenus, les représentants des organisations non 
gouvernementales International Religious Foundation, Brahma Kumaris et 
Human Settlements Caucus.

	Le représentant du Nigéria a exercé son droit de réponse.

	La Plénière de la Conférence reprendra son débat général, demain, 
mardi 11 juin, à 10 heures.  

















                            (à suivre)






                              -3-                    HAB/IST/16  
                                                     10 juin 1996



Poursuite de l'échange de vues général



	MME ELIZABETH DOWDESWELL, DIRECTRICE EXECUTIVE DU PROGRAMME DES 
NATIONS UNIES POUR L'ENVIRONNEMENT (PNUE): les villes , qui ont longtemps 
constitué les principaux centres de production et de consommation, sont 
maintenant perçues comme les responsables et les victimes des dommages 
causés à l'environnement. En tant que dernière conférence internationale de 
ce siècle, Habitat II a l'obligation de fournir des réponses concrètes à la 
crise de l'environnement. Les défis auxquels nous sommes confrontés sont 
gigantesques et sans précédent. Habitat II doit s'efforcer de relier entre 
elles les deux définitions de l'habitat: un établissement humain et un 
écosystème. La précarité des conditions de vie dans les zones urbaines des 
pays en développement souligne la vulnérabilité des plus pauvres face aux 
nombreux problèmes d'environnement. Pour y répondre, il faut d'abord 
améliorer l'accès à l'eau potable et les conditions d'hygiène. Il faut 
résoudre la question des déchets solides. Il importe de réduire la 
pollution atmosphérique. Il faut également veiller aux questions 
d'implantation de logements et d'industries dans les zones écologiquement 
sensibles. Enfin, il faut rédéfinir les infrastructures de transport. Pour 
sa part, le PNUE cherche les voies et moyens de rendre le développement 
durable significatif au niveau local. Il a lancé divers programmes, dont le 
Programme des villes durables, en collaboration avec le Centre des Nations 
Unies pour les établissements humains et a adopté une "Planification des 
services stratégiques". 

	M. JOSEPH CASSAR (MALTE): les engagements qui seront pris lors de 
cette confértence auront des conséquences non seulement sur les 
institutions nationales chargées de leur mise en oeuvre mais également sur 
chaque individu. Malte accorde une importance particulière à la promotion 
d'établissemsnts humains durables. Cete démarche puise sa source dans le 
respect de la dignité humaine. De ce fait, les politiques de développement 
de Malte s'illustrent par une approche intégrée. Elle demeure convaincue 
que le développement durable ne saurait se limiter à la seule croissance 
économique. En effet, la durabilité exige le respect simultané d'un 
équilibre entre les demandes et besoins sociaux et des droits et intérêts 
des générations à venir. Le développement social ne saurait être entrepris 
isolément mais intégrer les dimensions des droits de l'homme et des 
libertés fondamentales, de la dignité humaine et des besoins des groupes 
les plus vulnérables. 

	Le Programme pour l'habitat en cours de négociation souligne la 
nécessité d'un examen global de ces problématiques, en tenant compte de 
faire participer tous les secteurs de la société. Le secteur non 
gouvernemental détient en effet bien souvent la connaissance, lèsprit 
d'initiative et l'expertise nécessaires lélaboration, la planification, et 
la mise en oeuvre de solutions durables et solidaires. Les partenaires non 
gouvernementaux méritent par conséquent de continuer à jouer ce rôle 
d'interlocuteurs incontournables au sein du processus de développement. 

                          (à suivre)





                           -4-                    HAB/IST/16 
                                                  10 juin 1996  



	MME SHAHNAZ WAZIR ALI (PAKISTAN): à l'instar de nombreux pays en 
développement, le Pakistan, qui jusqu'à présent était un pays à dominante 
rurale, s'est rapidement urbanisé. En vingt ans, sa population urbaine est 
ainsi passée de 6 à 46 millions. A ce rythme, en l'an 2000, la moitié de la 
population du pays vivra en zone urbaine. Pour réduire l'exode rural, il 
importe désormais de promouvoir et de revitaliser le secteur agricole afin 
d'offrir de plus grandes occasions aux populations de rester dans les 
campagnes. Il est regrettable de voir le peu d'attention accordé  en 
matière de développement durable des établissements humains aux villes 
petites et moyennes. Le Gouvernement du Pakistan, sous la conduite de son 
Premier Ministre, a adopté une série de mesures pour corriger les erreurs 
de certaines politiques relatives aux établissements humains. Sa politique 
du logement fait partie intégrante des priorités économiques et sociales du 
gouvernement. Le Pakistan a également pris des dispositions spécifiques et 
recourt à une approche intégrée dans le domaine du logement. Le Pakistan 
estime que le Programme pour l'habitat qui sera adopté par Habitat II doit 
définir les rôles et les responsabilités des différents acteurs aux niveaux 
national, régional et mondial. Le succès des efforts déployés au niveau 
national dépend de l'instauration d'un système économique mondial équitable 
et du renforcement de la coopération internationale.

	
	M. PIERRE VINDE, SECRETAIRE GENERAL ADJOINT DE L'ORGANISATION DE 
COOPERATION ET DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUES (OCDE): il serait illusoire de 
se convaincre qu'une croissance économique poursuivie isolément serait à 
même d'atténuer l'impact des problèmes sociaux et écologiques des villes. 
Il s'agit au contraire de reconnaître la complexité des problèmes et 
chercher des solutions multidimensionnelles. Istanbul est le signe que les 
questions urbaines et rurales dépassent le simple cadre local voire 
national. Elles font partie de l'ordre du jour d'une économie devenue 
interdépendante. De nombreux pays disposent des ressources et des capacités 
de faire face aux défis des développements urbain et rural. Il s'agit dès 
lors d'établir les priorités. L'OCDE a mis en place un cadre multilatéral 
efficace au sein duquel ses Etats membres poursuivent des politiques leur 
ayant permis de tirer davantage profit de la tendance à la mondialisation 
de l'économie. Pour être réellement efficaces, les politiques doivent 
traiter des forces et faiblesses des zones urbaines et rurales. Ainsi, en 
1994, l'OCDE a créé un Service du développement du territoire, chargé de ce 
problème. En mars dernier, et dans la perspective d'Habitat II, l'OCDE et 
le Gouvernement allemand ont tenu, à Berlin, une Conférence sur le 
développement urbain durable. A cette occasion, l'OCDE a publié son rapport 
sur la ville écologique, qui démontre que le progrès social, politique et 
technique est à même de pousser très loin les limites de l'innovation. Les 
Nations Unies et les organisations intergouvernementales, comme l'OCDE, 
doivent assumer leur responsabilité d'aider les gouvernements à établir des 
objectifs; à lever les obstacles en vue d'un changement positif; et 
coordonner l'introduction de politiques et programmes optimaux.  


                           (à suivre)  




                              -5-                HAB/IST/16
                                                 10 juin 1996


	M. JOHN HUMPHREY, MINISTRE DU LOGEMENT ET DES ETABLISSEMENTS HUMAINS 
DE TRINITE-ET-TOBAGO: Trinité-et-Tobago reconnaît, y compris dans sa 
Constitution, que le logement est un droit fondamental de tous les peuples. 
L'Etat, qui a la chance de posséder plus de 50% des terres, est disposé à 
les distribuer de façon planifiée et durable. A Trinité-et-Tobago, près de 
60% des chefs de famille sont des femmes. Aussi, le gouvernement s'est 
engagé à les traiter sur un pied d'égalité avec les hommes dans les 
dispositions relatives à l'accès par tous à un logement décent. Outre la 
nécessité de renforcer le partenariat entre le gouvernement et la société 
civile de Trinité-et-Tobago, il importe désormais d'instaurer des relations 
de travail réciproques avec les pays amis et l'ensemble du système des 
Nations Unies, y compris avec le Centre des Nations Unies pour les 
établissements humains (HABITAT). Trinité-et-Tobago a commencé à mettre en 
oeuvre le programme "Sou-Sou Land" qu'il avait présenté lors de la 
Conférence des Nations Unies qui s'est tenue en 1987, à Nairobi.


	M. HAMADOU MOUSTAPHA, VICE-PREMIER MINISTRE CHARGE DE L'URBANISME ET 
DE L'HABITAT: en Afrique, les problèmes traditionnels de développement sont 
aggravéspar une croissance urbaine jamais égalée. Au-delà d'une solidarité 
nationale, les pays africains ont besoin d'une solidarité internationale 
plus marquée: commele souligne le Programme d'action, il y va de la paix, 
de la sécurité et de la stabilité internationales. Pour sa part, et en 
dépit d'un contexte difficile, le Gouvernement camerounais s'emploie à 
relever le défi d'offrir à chaque habitant le meilleur cadre de vie 
possible aussi bien en ce qui concerne le logement que son environnement 
immédiat. Il va sans dire que ces efforts devront être soutenus par la 
communauté internationale dont l'appui a toujours constitué un appoint au 
développement sous toutes ses formes. S'agissant des prépartifs de cette 
Conférence, le Cameroun a lancé en octobre 1994, le processus préparatoire 
qui a été animé par quatre types de structures: une Commission nationale de 
supervision; une cellule de coordination technique composée de repréentants 
des administrations publiques, des collectivités locales, des ONG, des 
médias, des universitaires et du secteur privé; des
sous-comités techniques chargés de dresser des rapports sectoriels sur les 
thèmes de la Conférence; et des comités provinciaux et locaux chargés de 
présenter les spécificités de leurs régions respectives. Ces travaux ont 
abouti, entre autres, à la préparation d'un rapport national qui fait le 
point des actions politiques menées depuis la Conférence de Vancouver et 
qui propose un plan d'action national pour les 20 prochaines années. 

	Le Cameroun est d'avis qu'un Programme aussi important que celui des 
indicateursvurbains et du logement devra être complété et intégré dans un 
réseua d'information national, régional et mondial avec toutes les 
garanties nécessaires à une gestion et une exploitation durables. Les 
engagements pris lors de cette Conférence devront viser le renforcement des 
mécanismes existants et la création de nouveaux mécanismes et de nouvelles 
sources de financement publiques, privées, multilatérales ou bilatérales, 
aux niveaux international, régional, national, et local de manière à 
favoriser une gestion et une allocation efficaces, rentables et 
responsables des ressources. 

                           (à suivre)






                            -6-                    HAB/IST/16  
                                                   10 juin 1996




	MME YOLANDE RASENDRANIVO, COORDONNATEUR NATIONAL POUR HABITAT II, 
DIRECTRICE DE L'URBANISME, DE L'HABITAT ET DU LOGEMENT DU MADAGASCAR: 
physiquement, les villes sont et resteront le témoin de l'évolution d'un 
pays, et de surcroît, de la situation de l'économie. Le rôle des villes est 
important dans toute vélléité de transformation sociale. La dimension 
humaine trouve sa vraie valeur dans la dimension urbaine. La politique du 
gouvernement malgache est axée depuis quelques années sur la promotion des 
villes pour un développement régional intégré. Il s'agit de remettre les 
villes à leur région respective, en intégrant et en impliquant les 
populations dans les prises de décisions et les mises en oeuvre. Le 
gouvernement est d'avis qu'un développement régional régulier et stable 
permettrait aux villes principales et aux villes secondaires de trouver une 
nouvelle ressource. Participation, mobilisation et responsabilisation 
devraient être les maîtres-mots du deuxième millénaire. Il s'agira alors de 
mettre en place des observatoires plus que des orientations ou des 
directions. Il s'agira ainsi d'appuyer et de soutenir au lieu de se 
susbstituer aux acteurs urbains. L'expérience malgache, bien qu'ayant 
débuté tardivement a permis d'aboutir à un plan d'action dans lequel chaque 
groupe de participants a pu concevoir et gérer des actions dans leur milieu 
de vie pour le développement.


	LE REVEREND CHUNG HWAN KWAK, INTERNATIONAL RELIGIOUS FOUNDATION 
(ONG): l'anonymat inhérent à la vie urbaine est le terreau fertile à la 
déchéance de la famille et à l'addiction aux formes les plus extrêmes de la 
dépravation. L'absence de beauté naturelle est la cause de pressions et 
devient la source de maladies tant physiologiques que mentales. La vie 
spirituelle y devient impossible. De ce fait, la campagne répond davantage 
aux besoins fondamentaux et plus sophistiqués de l'homme. L'accès au monde 
rural ne saurait se muer en un privilège d'élites, en quête d'air et d'eau 
non contaminés. Les Gouvernements et l'ensemble des partenaires doivent 
soutenir et protéger la famille.  

	MME DADI JANKI, BRAHMA KUMARIS (ONG): Habitat II ne traite pas 
seulement des villes et des établissements humains, mais aussi des droits 
que nous avons en tant qu'êtres humains. J'ai consacré les soixante 
dernières années de ma vie à chercher à parvenir à une meilleur vision de 
moi-même et du monde. Si pour construire une maison il faut des briques, 
c'est avec son coeur que l'on bâtit un foyer. Grâce à la pratique et à 
l'étude spirituelles nous pouvons changer nos consciences afin de mieux 
nous connaître nous-mêmes et de nous révéler en tant qu'êtres spirituels et 
prendre conscience de la vérité éternelle que nous sommes des âmes. Le 
Brahma Kumaris invite les éducateurs du monde entier à s'engager, tant à 
titre personnel que collectif, en faveur d'une éducation morale et 
spirituelle. On peut compléter la réflexion de Shakespeare "Qu'est-ce 
qu'une ville si ce n'est des personnes?" par "Qu'est-ce qu'une personne 
privée d'âme?".  

	(à suivre)






                            -7-                    HAB/IST/16   
                                                   10 juin 1996
	



	MME SANDRA HERNANDEZ-COLON, HUMAN SETTLEMENTS CAUCUS (ONG): à l'heure 
où le taux de la population urbaine croît, nous assistons à l'urbanisation 
de la pauvreté et à la diffusion des maladies. Le logement et les 
infrastructures l'accompagnant sont des sources potentielles d'emplois 
productifs. Le logement est un droit de l'homme. La mise en oeuvre de la 
Stratégie mondiale du logement d'ici à l'an 2000 et du chapitre 7 d'Action 
21 est tributaire des conditions suivantes: un partenariat entre les 
secteurs public, privé et communautaire; la participation de l'ensemble des 
citoyens à la prise de décisions; la sensibilisation des communautés à 
leurs droits, responsabilités et engagements; et l'application de pratiques 
de gestion foncière capables de générer des environnements urbains et 
ruraux économiquement et financièrement sains. La mise en oeuvre 
satisfaisante du Programme pour l'habitat dépend de la volonté des 
gouvernements, appuyés par les actions des partenariats privé et public.  


	Droit de réponse

	LE REPRESENTENT DU NIGERIA, EXERÇANT SON DROIT DE REPONSE: 
l'attention du Nigéria a été attirée sur un paragraphe d'une intervention 
faite, vendredi dernier, par le représentant d'une Organisation non 
gouvernementale. Ce dernier prétent que la sécurité au Nigéria n'est guère 
assurée. Utilisant cet argument et cette tribune, ce représentant a essayé 
de ridiculiser le gouvernement d'un Etat membre des Nations Unies, et ce, 
en flagrante violation du règlement intérieur de la Conférence. Le Nigéria 
condamne cette tentative de dénigrement d'un Etat membre et l'utilisation 
de ce forum à des fins politiques, qui au demeurant, ne se fondent 
nullement sur les faits réels. 



Célébration de la Décennie internationale des populations autochtones du 
monde

	DECLARATION DE M. IBRAHIMA FALL, SOUS-SECRETAIRE GENERAL AUX DROITS 
DE L'HOMME, COORDONNATEUR DE LA DECENNIE INTERNATIONALE DES POPULATIONS 
AUTOCHTONES DU MONDE: l'Assemblée générale des Nations Unies, par sa 
résolution 50/157 du 21 décembre 1995, a demandé que la Décennie 
internationale des populations autochtones soit l'objet d'une cérémonie 
officielle, à l'occasion de la présente Conférence sur les établissements 
humains. Il m'est donc particulièrement agréable d'exprimer ma 
reconnaissance aux Etats Membres et au Secrétaire général de la Conférence, 
pour cette occasion qui nous est offerte d'attirer l'attention sur les 
questions d'habitat auxquelles sont confrontés quelque 300 millions 
d'autochtones qui vivent à travers le monde. Cette réflexion se poursuivra 
après la présente cérémonie solennelle, dans le cadre d'une table ronde sur 
"Les autochtones, l'habitat et la terre". 

	(à suivre)





                             -8-                 HAB/IST/16
                                                 10 juin 1996



	L'évolution de ces dernières années témoigne bien d'un changement 
fondamental au sein des Nations Unies pour ce qui est des populations 
autochtones et des activités qui leur sont consacrées. Malgré tout, force 
est de constater que les populations autochtones continuent d'être victimes 
de violations des droits de l'homme, et notamment de ces droits qui sont au 
coeur des réflexions de la présente conférence: le droit à un niveau de vie 
adéquat pour la santé et le bien-être, et le droit au logement. 

	Aussi est-il est particulièrement approprié que cette Conférence, qui 
va discuter des besoins en logement du 21ème siècle, se penche sur les 
nécessités spécifiques des populations autochtones, dont les besoins 
économiques et autres dépendent, pour une large majorité d'entre elles, de 
leurs terres, au présent comme à l'avenir. Il est également souhaitable que 
cette Conférence reconnaisse les besoins spécifiques des populations 
autochtones dans les villes, et notamment leur désir de maintenir leur 
langue, leurs traditions, leurs pratiques religieuses, leur organisation 
communautaire en matière de logement et leurs structures de soutien. En 
conclusion, je lance un appel à tous les Etats afin qu'ils déploient tous 
leurs efforts pour mettre en oeuvre la Décennie internationale sur les 
populations autochtones, et en particulier, le Programme d'activité qui a 
été préparé par l'Assemblée générale. 

	
	DECLARATION DE M. WALLY N'DOW, SECRETAIRE GENERAL DE LA CONFERENCE 
HABITAT II, A L'OCCASION DE LA CELEBRATION DE LA DECENNIE INTERNATIONALE 
DES POPULATIONS AUTOCHTONES: le message d'Habitat II est aussi valable pour 
les communautés autochtones puis qu'il promeut l'autonomisation, le 
contrôle sur la prise de décisions et les ressources, ainsi que la lutte 
pour l'égalité. Les dispositions suivantes du Programme intéressent plus 
particulièrement les populations autochtones. Il s'agit de la gestion de la 
terre par les communautés de base; l'élimination de la pauvreté; et la 
pleine participation des populations rurales et autochtones à la mise en 
place de priorités en faveur d'un développement régional écologiquement 
rationnel. Le Programme appuie implicitement et explicitement leur combat 
pour le contrôle de leurs terres ancestrales et traditionnelles. En leur 
accordant ce droit, le développement durable des régions fragiles serait 
assuré. En appelant à l'égalité d'accès au logement, à l'éducation, aux 
services de santé, à l'eau potable, aux programmes de formation, le 
Programme pour l'habitat cherche à améliorer la qualité de vie et ouvrir de 
nouvelles opportunités socio-économiques aux populations autochtones. La 
mise en oeuvre du Programme pour l'habitat est à même de renforcer leur 
voix sur la scène politique et leur capacités à regagner le contrôle sur 
les ressources foncières.      





                           (à suivre)





                             -9-                  HAB/IST/16
                                                  10 juin 1996



	M. GERALDO HOLANDA CAVALCANTI (BRESIL): le Brésil attache un intérêt 
particulier auz résultats des travaux d'Habitat II, notamment en ce qui 
concerne la promotion de la condition des populations autochtones et de 
leur habitat. Le principal objectif de la Décennie internationale des 
populations autochtones est de renforcer la coopération internationale pour 
résoudre leurs problèmes, ce qui est parfaitement cohérent avec les 
objectifs du Programme pour l'habitat. La Constitution du Brésil définit 
les terres traditionnellement occupées par les populations autochtones 
comme étant celles "de ceux qui y vivent de façon permanente, celles où ils 
ont leurs activités productives, celles qui sont indispensables pour la 
préservation des ressources environnementales nécessaires à leur bien-être 
et à leur reproduction physique et culturelle, conformément à leurs usages 
et à leurs traditions". Les populations autochtones du Brésil représentent 
près de 230.000 personnes, occupent environ 11% du territoire, soit plus de 
900.000 km2. Nous espérons que grâce à la Décennie internationale et à la 
mise en oeuvre du Programme pour l'habitat et du Plan mondial d'action, il 
sera possible de mobiliser l'aide apportée aux pays en développement pour 
répondre aux besoins particulier de leurs populations autochtones et leur 
fournir un logement adéquat.


	MME. JEAN AUGUSTINE, DEPUTEE DU CANADA: le Canada est fier d'avoir 
co-parrainé la résolution des Nations Unies qui a lancé la Décennie visant 
à reconnaître la contribution des populations autochtones à travers le 
monde. Habitat II est une occasion importante pour se rappeler que les 
Gouvernements ont promis d'améliorer la situation de plus de 300 millions 
d'autochtones dans le monde, notamment dans les domaines des droits de la 
personne, de l'environnement, du développement, de l'éducation et de la 
santé. Le Canada continue pour sa part, de donner suite à ses engagements à 
l'égard des questions autochtones, notamment par le biais des objectifs et 
priorités qu'il défend à cette Conférence. L'un de ses objectifs est 
justement de souligner l'importance de la participation des autochtones à 
l'administration des établissements urbains et ruraux où ils vivent. A cet 
égard, le Canada a récemement été l'hôte d'un séminaire d'experts des 
Nations Unies sur les expériences pratiques concernant les droits et les 
revendications de nature territoriale des autochtones. Sur le plan 
national, le Canada a décrété la date du 21 juin "Journée nationale des 
Autochtones".   


	M. EDMUNDO HERMOSILLA, MINISTRE DU LOGEMENT ET DE L'URBANISME DU 
CHILI: au Chili, qui compte 14 millions d'habitants, les populations 
autochtones représentent 500 000 personnes, soit 3,6% de la population du 
pays. Depuis quelques années, les pays d'Amerique se préoccupent de plus en 
plus de la situation des populations autochtones. Le Chili a créé, au début 
de cette décennie, une Société nationale pour le développement des 
populations autochtones et a promulgué une nouvelle loi relative aux 
populations autochotnes qui, grâce à des actions concrètes consacrées aux 
terres, au développement social et économique, contribue à promouvoir 
l'intégration de ces groupes non par


	(à suivre)




                              -10-                  HAB/IST/16
                                                    10 juin 1996


l'assimilation mais par la coexistence. Il convient de féliciter les 
organisateurs de la présente conférence d'avoir décidé de célébrer la 
Décennie internationale des peuples autochtones. Cette décision représente 
une reconnaissance explicite de l'importance que doivent occuper les 
populations autochtones dans le Plan mondial d'action qu'adoptera Habitat 
II, ainsi que dans les plans nationaux que mettront en oeuvre chaque pays. 

	M. OLE LOVIG-SIMONSEN, MINISTRE DU LOGEMENT ET DE LA CONSTRUCTION DU 
DANEMARK: le Gouvernement danois et le Gouvernement autonome du Groenland 
s'associent pleinement aux objectifs de la Décennie. Le Danemark est l'un 
des rares pays à avoir prévu une stratégie officielle d'aide aux 
populations autochtones. Il accorde une importance prioritaire à l'adoption 
rapide de la Déclaration des Nations Unies sur les populations autochtones 
ainsi qu'à la mise en place d'un forum permanent des populations 
autochtones au sein du système des Nations Unies. Ces populations sont 
généralement marginalisés sur le plan politique et n'ont pas souvent 
l'occasion de travailler aux niveaux national et international afin de 
revendiquer leurs droits politiques. Le droit au logement est un élément 
important de l'ensemble des droits des populations autochtones. Leurs 
besoins spécifiques doivent figurer dans les textes en voie d'adoption. En 
1994, un secrétariat des populations autochtones de l'Arctique a été créé à 
la suite d'une proposition du Gouvernement danois et du Gouvernement 
autonome du Groenland. Le secrétariat, dont le siège se trouve à 
Copenhague, coordonne une série d'activités de développement dans les 
régions arctiques.   

	M. LI ZHAOXING, VICE-MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA CHINE: 
bien qu'il n'y ait pas de populations autochtones en Chine, le peuple et le 
Gouvernement chinois ont toujours manifesté de la sympathie pour leurs 
souffrances. La Chine est d'avis que les populations autochtones sont des 
membres à part entière de la société humaine et leurs cultures doivent être 
considérées comme un trésor de la civilisation. A l'orée du 21ème siècle, 
la Chine souhaite que la communauté internatioanle prie tous les 
gouvernements concernés, d'adopter des mesures efficaces en faveur de la 
promotion des droits des populations autochtones. 

	MME.INGER LINDGREN (NORVEGE): la Norvège applique une politique du 
logement qui tient compte du respect des traditions culturelles des 
populations autochtones. Généralement, les populations autochtones vivent 
adns des régions marginales. Leurs activités tournent autour de 
l'utilisation optimale des ressources disponibles, souvent limitées. Ces 
conditions méritent d'être combinées avec les demandes en termes 
d'infrastructures et de planification modernes. Dans son article 27, le 
Pacte relatif aux droits civils et politiques fournit les modalités de 
protection des minorités, comme le sont le Sami de Norvège, contre toute 
forme de discrimination. Cet article dispose en poutre que le concept de 
culture peut être compris comme étant ses piliers matériels ainsi que les 
conditions nécessaires à sa sauvegarde. En 1990, la Norvège a ratifié la 
Convention 169 de l'OIT sur les populations autochtones et tribales. la 
politique norvégienne à l'égard des Sami a été consacrée par son 
intégration au sein de la Constitution, à l'article 110 A. 

	* *** *